Militant breton, revendiquant l'autonomie culturelle de la Bretagne, il parlebreton et prend part à des groupements culturels et artistiques.
Élève deGabriel Fauré, cet enfant prodige s'est engagé de manière très active dans le mouvement culturel de saBretagne natale. Il a pour condisciplesMaurice Ravel,Florent Schmitt ouCharles Koechlin. Modeste, peu enclin aux mondanités, il quitteParis alors que sa notoriété lui promet une belle carrière. C'est donc à Nantes, sa ville natale, qu'il devient professeur auconservatoire en 1920. Ses œuvres sont imprégnées de la Bretagne et despays celtiques, dont il aime lesmélodies.
Paul Ladmirault est le fils d'Émile Ladmirault, négociant et raffineur de sucre, et de Louise Bournichon. Dans son enfance, il apprend lepiano, l'orgue et leviolon. Dès l’âge de huit ans, il compose ses premières œuvres et à onze ans unesonate pourviolon etpiano. Élève deseconde aulycée Clemenceau deNantes, il écrit à seize ans son premieropéra,Gilles de Rais, représenté en trois actes le à la salle des Beaux-Arts de Nantes[1].
Toute sa musique est empreinte de son attachement à la terre bretonne. On la retrouve dans les six numéros de saRhapsodie gaélique, dansla Brière,en Forêt et uneSymphonie en quatre mouvements. Celle-ci est créée à lasalle Pleyel dans le cadre du 4e concert de laSociété Musicale Indépendante le 14 juin 1912, elle était dirigée parDésiré-Émile Inghelbrecht[4].
Le balletLa Prêtresse de Korydwen est créé à l'Opéra de Paris le. Il écrit, aussi, unemusique de scène pour leTristan et Iseut (exaltation de l’âmecelte) deJoseph Bédier où il met le meilleur de lui-même.
Paul Ladmirault écrit peu d'œuvres à caractère religieux. On peut toutefois citer uneMesse brève pour orgue et chœur, composée pour l'ordination de son propre fils Daniel Ladmirault, ainsi qu'unTantum ergo pour voix, orgue et orchestre.
D'une atmosphère tout en douceur et en nuances, et ponctuellement plus brutale pour figurer les forges, ce poème décrit la vie âpre de ce pays de marécage. Il travaille aussi à la traduction de textesgallois anciens, comme le livre des Bardes[1].
Florent Schmitt déclare à propos de lui :« de tous les musiciens marquants de la génération qui monte, [il] est peut-être le plus doué, le plus original, mais aussi le plus modeste[9] ».
Un concert symphonique entièrement dédié à Paul Ladmirault a été joué en novembre 2025 par leVirginia Chamber Orchestra àWilliamsburg (Virginie), sous la direction du chef d'orchestre David Landis[11].
L'œuvre de Ladmirault fait explicitement référence à la Bretagne ou aulégendaire celtique :Suite Bretonne (1903),Rapsodie Gaélique (1909), ses poèmes symphoniquesBrocéliande au matin etLa Brière,Tristan et Iseult (1929). Son second opéraMyrdhin (Merlin) sera représenté pour la première fois en.
Il écrit de la musique religieuse, pour orgue notamment.
Marqué par la Première Guerre mondiale, il fait évoluer son style, qui devient plus intérieur, voire mélancolique, même si sa musique est facilement accessible. Il compose ainsi une pièce enfantine,Mémoires d'un âne, contant l'histoire de l'âne savantCadichon, inspirée d'une œuvre littéraire de lacomtesse de Ségur. Souvent comparée auCarnaval des animaux deCamille Saint-Saëns, cette pièce touche le cœur du public par sa simplicité et sa douceur[12].
↑Paul Damblay, « Les Concerts »,Le Petit Journal,(lire en ligne).
↑La Jeunesse de Cervantès, d'après l'épisode, lyrique d'Augustin Dupont, pour orchestre, avec piano conducteur, éditions musicales M. Evette,(lire en ligne).
↑Working paper pour le Département des langues et littératures celtiques de l'université Harvard.
↑« Le Trio Ladmirault fait vivre l’œuvre de son aïeul, le compositeur Paul Ladmirault, du Cap-Sizun aux États-Unis »,Le Télégramme,(lire en ligne, consulté le).
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Paul-André Bempéchat,Allons, enfants de quelle patrie? : Breton nationalism and the French Impressionnist Aesthetic. Working papers Series #106. Cambridge (Mass.). Harvard University, Department of Celtic Languages and Literatures.
Anne Bénesteau,Paul Ladmirault, l'homme et l'œuvre, mémoire de maîtrise. Université de Paris 4, 1977.
René-Yves Creston,Jorj Robin skulter vrezon, e vuhez, e ober. Jorj Robin sculpteur breton, sa vie, son œuvre (préface de Paul Ladmirault) ; Unvaniez arSeiz Breur, 1931 - plaquette commémorative éditée pourKeltia « Cahiers Interceltiques d'Art et de Littérature ».
Claude Debussy, « Paul Emile Ladmirault »,Gil Blas, 9 mars 1903.
Le lycée Clemenceau de Nantes. 200 ans d'histoire (collectif) ; Nantes, éd. Coiffard, 2008 (notice biographique,p. 415).
Marc Elder,Nantes. Salon d'automne, 5 et 6 novembre 1924 ; Nantes, Imprimerie armoricaine, (1924), [8]pp, ill. - contient une partition de Ladmirault intituléeLa Brière.
Le livre du Bardisme ou Abrégé du Barddas, traduit par Paul Ladmirault, Éditions Chacornac, Paris, 1931. Ré-impression : Éditions Lire Canada/Éditions Saint-Jacques, Saint-André d'Acton/Montrouge, 1997. E-bookdisponible en ligne aux éditions L'arbre d'Or.