De confession juive (son père Ismar Ehrlich était chef de la communauté juive locale), Paul Ehrlich poursuit ses études secondaires aulycée Sainte-Marie-Madeleine de Breslau. Après des études àBreslau,Strasbourg etLeipzig, il obtient en 1878 un doctorat en médecine, à la suite d’une thèse sur la coloration des tissus animaux. Il poursuit ses travaux sur lescolorants et démontre qu'ils peuvent être classés en trois catégories :basophiles,neutrophiles etacidophiles. Il montre en outre que ces colorants ont des affinités en fonction destissus ou desmicro-organismes avec lesquels ils sont mis en présence. Ainsi, par exemple, lebleu de méthylène colore letissu nerveux.
En 1882, il découvre une méthode de coloration dubacille de Koch, responsable de latuberculose, grâce à lafuchsine. Cette méthode de diagnostic de la tuberculose est devenue classique[3].
Le, il épousa Hedwige Pinkus dans lasynagogue deNeustadt enHaute-Silésie[4]. Le père de Hedwig, Josef Pinkus, qui a hérité de l'usine textile de Samuel Fränkel à Neustadt (appelée plus tard "Frotex"), a financé Ehrlich pour mettre en place un laboratoire moderne. Ehrlich s'installe à Neustadt, à la villa de la famille Fränkel[5].
En 1887, il est nommé professeur à la faculté de médecine àBerlin. Il s'intéresse par la suite aux problèmes d’immunité et développe une théorie de la réponse immunitaire centrée sur l’interaction entre lesantigènes et lesanticorps. Par ailleurs, sachant que certains colorants tuent les micro-organismes, il poursuit ses recherches afin d’utiliser ces colorants à des fins thérapeutiques. Il met également au point une méthode de standardisation dessérums antidiphtériques.
En1909, étudiant chezBayer les dérivés de l'atoxyl deBéchamp, il met au point unarsenical actif contre lasyphilis, l'arsphénamine, ou 606, premier médicament de synthèse véritablement efficace qu'il commercialise sous le nom deSalvarsan et qu'il perfectionne par la suite en Néosalvarsan[6]. Cette découverte eut un tel impact à l'époque qu'elle inspira àVincent Scotto une chanson[7] (« La formule 606 », interprétée par Paul Lack). Isolé au début des années 1920, l'élément actif de l'arsphénamine sera mis au point en 1936 par Tatum et Cooper et lancé sur le marché sous le nom deMapharsen. Il sera remplacé à partir de 1945 par lapénicilline.
Paul Ehrlich voudra affecter chaque maladie à un médicament. C'est le dogme de la boule magique[8], qui vaut à Paul Ehrlich d'être considéré par beaucoup comme « le père de lachimiothérapie ».
René Dumesnil et Flavien Bonnet-Roy ,Les Médecins célèbres (1947), éd. Mazenod, Paris, pp. 251 et suiv.
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Martha Marquardt,Paul Ehrlich als Mensch und Arbeiter. Erinnerungen aus dreizehn Jahren seines Lebens. 1902–1915. Mit einer Einführung vonRichard Koch(de). Deutsche Verlags-Anstalt, Stuttgart u. a. 1924. (Martha Marquardt war Ehrlichs langjährige Sekretärin)
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Fritz Sörgel et al.,Welche Berufsbezeichnung wird Ehrlichs Wirken gerecht. In:Chemotherapie Journal. Vol. 13, n°4, 2004, pp. 157–165. (fichier PDF, 340 kB)
Axel C. Hüntelmann,Paul Ehrlich: Leben, Forschung, Ökonomien, Netzwerke. Wallstein, Göttingen 2011(ISBN978-3-8353-0867-1).
Friedrich Hofmann(de),Tödliche Welten – Die unglaubliche Geschichte von drei Medizinern, die Millionen Menschen das Leben retteten. Herder, Fribourg-en-Brisgau 2010(ISBN978-3-451-06202-5).
Fritz Krafft(de) (éd.),Vorstoß ins Unerkannte. Lexikon großer Naturwissenschaftler. 3e éd. Weinheim/ New York/ Toronto/ Singapour 1999, pp. 132–134 (Paul Ehrlich).
↑Christine Debue-Barazer, « À l’origine de la chimie thérapeutique française : La Chimiothérapie allemande », dans « Les Implications scientifiques et industrielles du succès de laStovaïne :Ernest Fourneau (1872-1949) et la chimie des médicaments en France », dansGesnerus,vol. 64,no 1-2, 2007,pp. 40-46. (Texte intégral. Consulté le.)
(en)Biographie sur le site de lafondation Nobel (le bandeau sur la page comprend plusieurs liens relatifs à la remise du prix, dont un document rédigé par la personne lauréate — leNobel Lecture — qui détaille ses apports)