Pour les autres membres de la famille, voirFamille Brontë.
Pour les articles homonymes, voirBrontë.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités | |
| Famille | |
| Conjoint | Maria Brontë(de à) |
| Enfants |
Le RévérendPatrick Brontë[ˈpʰætʃɹɪkˈbɹɒnteɪ][1], ( -) est unvicaire et un auteurbritannique, ainsi que le père des femmes de lettresCharlotte,Emily etAnne Brontë.
Issu d'une famille irlandaise de dix enfants, d'un milieu paysan très pauvre, il parvient, à force de volonté et de talent, à mener de brillantes études à l'Université de Cambridge.Ses enfants lui sont redevables du climat de curiosité intellectuelle et de culture qu'il sait insuffler à toute la maisonnée.
Premier des dix enfants d'Hugh Brunty et d'Eleanor McCrory, il naît à Drumballyroney, dans lecomté de Down, enIrlande du Nord.
L'étymologie du patronyme, d'abordPrunty (cf.infra), puis Brunty, dénote des originesceltiques. La famille pourrait descendre du clan irlandaismac Aedh Ó Proinntigh, traduit en anglais parson of Aedh, grandson of Proinnteach (« fils de Aedh, petit-fils de Proinnteach »).Aedh est un prénom masculin dérivé deaodh (« feu »)[2].Proinnteach (the bestower, « celui qui confère, qui donne ») trouve son origine dans un nom désignant une personne généreuse[N 1],[3].
C'est peut-être à l'instigation de Thomas Tighe que Patrick Brunty change son nom en Brontë, lors de son entrée à l'Université de Cambridge, en 1802. On peut penser que la ressemblance de ce nom avec le titre del'amiral Nelson, duc deBronte, pour qui Patrick Brontë avait une grande admiration, a joué un rôle dans ce choix[4].
Il est apprenti chez un maréchal-ferrant, en 1789[5], un marchand de lin et un tisserand[5], Robert Donald, avant de devenir enseignant en1798.
C'est un garçon doué qui a fréquenté l'école jusqu'à seize ans. Pour financer ses études, ses parents ont loué un peu plus de deux hectares de terres supplémentaires. Il a ensuite fondé une école ditepublic — c'est-à-dire, selon la terminologie employée en Grande-Bretagne (et en Irlande), privée — et a travaillé comme précepteur et fait quelques économies. Ce pécule lui permet d'entrer auSt John's College deCambridge. Il est exceptionnel qu'un Irlandais du sud et de souche si humble soit admis dans un collège aussi prestigieux queSt John's, égal en notoriété àTrinity College deCambridge. Normalement, les Irlandais intellectuellement compétents fréquentent leTrinity College deDublin.
Patrick doit cette admission à ses capacités reconnues par les autorités académiques, et aussi à la recommandation de Thomas Tighe.Juge de paix, fils de parlementaire et demi-frère de deuxmembres du parlement irlandais. Il vante ses mérites en connaissance de cause, puisque Patrick a supervisé les études de ses enfants pendant quatre ans[6]. De plus, il a vraisemblablement fait étudier à Patrick lelatin et legrec, prérequis de l'entrée à Cambridge, peut-être en paiement partiel de son préceptorat. Le jeune Brontë reçoit unesizarship, bourse particulière à l'université[N 2], qui supplémente son pécule. Ainsi, il peut étudier les disciplines générales, l'histoire ancienne et moderne, et lathéologie de 1802 à 1806, ce qu'il fait avec sérieux, à la différence de nombre de ses condisciples fortunés. Les documents relatifs à sa scolarité subsistent dans les archives de l'université et ils attestent que, de bout en bout, Patrick a reçu la distinction defirst class (« première classe »), ce qui correspond au minimum à notre mention « Bien »[7].
Il obtient son diplôme en1806, puis est nommévicaire à Wethersfield, dans l'Essex, où il est ordonnédiacre de l'Église d'Angleterre, avant d'accéder à la prêtrise en1807.
En 1809, il devient vicaire assistant à Wellington, dans leShropshire et, en1810, publie son premier poèmePensées de soirée d'hiver dans un journal local, suivi en1811 d'un recueil de vers moraux,Poèmes de cottage.
L'année suivante, il est nommé examinateur scolaire à l'Académie wesleyenne de Woodhouse Grove, près deGuiseley, où il rencontreMaria Branwell (1783-1821), avec laquelle il se marie le. Leurs deux premiers enfants,Maria, (1814-1825) etElizabeth (1815-1825) naissent après le déménagement des Brontë pour aller habiter Hightown, à l'époque où Patrick Brontë est en poste à Hartshead-cum-Clifton. En 1815, ils vont s'installer à Thornton, près de Bradford, où naîtront leurs quatre autres enfants,Charlotte, (1816-1855),Branwell (1817-1848),Emily, (1818-1848) etAnne (1820-1849)[8]. Patrick obtient la cure perpétuelle d'Haworth en, où il se rend avec sa famille en.
Sa belle-sœurElizabeth Branwell (1776-1842), qui a vécu avec la famille à Thornton en 1815, rejoint la maisonnée en1821 pour l'aider à élever les enfants et soigner Maria Brontë, qui est au stade terminal d'un cancer. Elle décide de rester à Haworth comme gouvernante de Patrick.
Soucieux de donner une bonne éducation à ses filles, malgré ses moyens financiers limités, il envoie en 1824 les quatre aînées,Maria,Elizabeth, Charlotte et Emily, au pensionnat de Cowan Bridge (Clergy Daughters' School). Malheureusement, l'école est très mal tenue, et les deux filles aînées, ramenées d'urgence au presbytère au vu de leur état de santé alarmant, décèdent quelques semaines après de latuberculose. Patrick Brontë garde alors ses enfants pour un temps, s'occupant surtout de l'éducation de son fils Branwell, mais contribuant largement à l'éveil intellectuel de ses filles par la lecture et la discussion passionnée des journaux auxquels il est abonné, en particulier leBlackwood's Magazine.
En 1831, il envoie Charlotte à l'excellente école de Miss Wooler, à Roe Head ; Charlotte y enseignera elle-même en 1835, rejointe alors par Emily en tant qu'élève, rapidement remplacée par Anne.
Patrick Brontë est responsable de la construction d'uneécole du dimanche à Haworth, qui ouvre ses portes en1832. Il demeure actif pour des causes locales jusqu'à un âge avancé et, entre1849 et1850, organise l'action conduisant à l'aménagement d'un réseau d'eau potable pour Haworth, ce qui est effectivement réalisé en1856.
Après la mort de sa dernière fille survivante, Charlotte, neuf mois après le mariage de celle-ci avecArthur Bell Nicholls, il collabore avecElizabeth Gaskell à une biographie de sa fille et, avec son gendre qui écrit une préface, à la publication à titre posthume du premier roman de Charlotte,Le Professeur, en1857.
Patrick Brontë, qui survit à toute sa famille, décède six années après la mort de Charlotte[9], à 84 ans, après avoir subi deuxAVC (strokes) sans graves séquelles, souvent cloîtré dans son bureau où il prend depuis toujours ses repas, penché sur saBible et sonBook of Prayers, (« Bréviaire »). Jusqu'à son dernier souffle, il est aidé par son gendre, le RévérendArthur Bell Nicholls,vicaire (« curate ») de la paroisse, qui retourne après sa mort s'installer, après avoir quitté les ordres, dans son Irlande natale àBanagher, accompagné de Martha Brown qui reste à son service (celle-ci meurt à Haworth lors d'une visite à sa famille, et est donc enterrée au cimetière jouxtant l'église et le presbytère).
Selon Elizabeth Gaskell, Patrick Brontë, comme ses frères et sœurs, est d'une beauté frappante : même à un âge avancé, il conserve une grande prestance, très droit, avec un visage plein de caractère[4].
C'est un admirateur passionné deWellington[10], le vainqueur deWaterloo, au point d'enrouler autour de son cou, comme son héros, une large cravate blanche qui ne cesse de s'allonger et finit par lui couvrir le menton. La mode en est tout à fait passée de son temps, mais il ne l'abandonnera jamais sous le prétexte qu'il a la gorge fragile.
Elizabeth Gaskell, première biographe de Charlotte à la demande de Patrick, le décrit, suivant l'archétype du pasteur anglican, comme plutôt inflexible, rigide,hypocondriaque etmisanthrope, description reprise depuis par certains auteurs. Elle évoque en particulier au travers de deux anecdotes l'attitude rigoriste de Patrick Brontë envers tout ce qui peut induire chez les siens un amour coupable de la toilette, puisqu'il jette au feu des bottines de cuir qu'on avait offertes à ses enfants, et réduit en lambeaux une robe de soie que sa femme a oublié de garder sous clé[11] (cette dernière anecdote est généralement considérée aujourd'hui comme apocryphe).
Patrick Brontë se dépeint lui-même dans une lettre qu'il écrit en 1855 à Elizabeth Gaskell, au sujet de la biographie de Charlotte :
« Je n'ai absolument aucune objection à ce que vous me décriviez comme UN PEU excentrique, puisque vous-même et vos savants amis souhaitez qu'il en soit ainsi ; seulement, ne m'attaquez pas en me présentant comme un furieux brûlant le tapis de cheminée, coupant à la scie le dos des chaises, et déchirant les robes de soie de ma femme... Si j'avais fait partie des hommes calmes, dans la MOYENNE, de ce monde, je ne serais pas celui que je suis aujourd'hui, et, selon toutes probabilités, je n'aurais jamais eu d'enfants tels que les miens l'ont été[12]. »
En fait, Patrick, tout excentrique qu'il paraît (il ne se couche jamais sans deux pistolets chargés, pour se protéger des rôdeurs semble-t-il[13], qu'il vide à son réveil, par prudence, en tirant de sa fenêtre sur le clocher de son église, sur lequel les impacts sont toujours visibles, habitude prise après la révolte sociale dite desLuddites[14]), serait plutôt, comme l'a montré Juliet Barker, dansThe Brontës, 1995[N 3], à l'opposé de cette image : ouvert, intelligent, généreux comme tous les Branwell-Brontë, aimant profondément ses enfants[N 4]. Il les encourage à écrire, lire, courir la lande ou rêver. Après le tragique épisode de Cowan Bridge (l'école insalubre d'où Maria et Elizabeth ne rentrent que pour mourir de la tuberculose), il fait revenir ses filles au presbytère de Haworth où se poursuit leur éducation.
| Famille | ||
|---|---|---|
| Œuvres deCharlotte Brontë |
| |
| Œuvres d’Emily Brontë |
| |
| Œuvres d’Anne Brontë |
| |
| Juvenilia | ||
| Divers | ||