Pour les articles homonymes, voirParti de gauche,Parti communiste suédois etV.
| Parti de gauche (sv)Vänsterpartiet | |
Logotype officiel. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Président | Nooshi Dadgostar |
| Fondation | 1917 |
| Scission de | Parti social-démocrate suédois des travailleurs |
| Siège | Kungsgatan 84,Stockholm |
| Fondateurs | Zeth Höglund Carl Winberg (en) |
| Organisation de jeunesse | Jeunesse de gauche (en) |
| Positionnement | Gauche[1] àgauche radicale[2] |
| Idéologie | Socialisme[3] Écosocialisme[4] Euroscepticisme[5] |
| Affiliation nordique | Alliance de la Gauche verte nordique |
| Affiliation européenne | Alliance de la gauche européenne pour les peuples et la planète Maintenant le peuple |
| Groupe au Parlement européen | GUE/NGL |
| Adhérents | 28 873(2021)[6] |
| Couleurs | rouge |
| Site web | vansterpartiet.se |
| Présidents de groupe | |
| Parlement européen | Manon Aubry etMartin Schirdewan(GUE/NGL) |
| Représentation | |
| Députés | 22 / 349 |
| Députés européens | 2 / 21 |
| Conseillers de comté | 116 / 1597 |
| Conseillers municipaux | 750 / 12780 |
| modifier | |
LeParti de gauche (ensuédois :Vänsterpartiet), connu par son initiale « V », est un partisocialiste[3],[7],[8] etécologiste degauche[1],[9],[10]suédois fondé en1917, membre de l’Alliance de la Gauche verte nordique. Le parti s'est appelé successivement Parti social-démocrate de gauche de Suède (1917-1921), puis Parti communiste de Suède (1921-1967), puis Parti de gauche – Les communistes (1967-1990).
Sur les questions économiques, le parti s'oppose auxprivatisations et prône une augmentation des dépenses publiques. En politique étrangère, le parti esteurosceptique[11], critiquant l'Union européenne, s'opposant à l'atlantisme, à l'OTAN[12] et à l'entrée de la Suède dans lazone euro[13],[14],[15]. Il a tenté de faire adhérer la Suède auMouvement des non-alignés en1980, mais n'y est pas parvenu[16]. Le parti estécosocialiste[17] et soutient également l'antiracisme, leféminisme et lerépublicanisme[3],[8],[18].
LeParti social-démocrate de gauche de Suède (Sveriges socialdemokratiska vänsterparti, SVV) fut fondé le par des dissidents de l'aile gauche duParti social-démocrate, menés parZeth Höglund et opposés à la participation du social-démocrateHjalmar Branting au gouvernement du libéralNils Edén[19]. Deux ans plus tard le parti annonce rejoindre leKomintern et ainsi son soutien à larévolution bolchévique[19].

Lors de son quatrième congrès en 1921, le Parti social-démocrate de gauche se transforma enParti communiste de Suède (Sveriges kommunistiska parti, SKP), conformément à la dix-huitièmecondition d'admission à laIIIe Internationale[19].
En 1924,Zeth Höglund, suivi de 5 000 militants, quitta le Parti communiste, étant opposé à l'influence de Moscou sur l'Internationale communiste, pour fonder un parti du même nom, qui se fondit dans leParti social-démocrate deux ans plus tard.
En 1929 la scission la plus importante dans l'histoire du parti intervint. Les députésNils Flyg (sv),Karl Kilbom (sv),Ture Nerman, ainsi que la majorité des membres du parti furent exclus du Komintern. Sur les 17 300 membres que comptait alors le parti 4 000 demeurèrent loyaux à la ligne originelle. Les militants expulsés créèrent leParti communiste de Suède (Kilbommare) (en) (également connu sous le nom de Parti socialiste). Ces derniers récoltèrent 5,32 % des suffrages exprimés lors deélections législatives de 1932 contre seulement 2,98 % pour le SKP.
Malgré la politique deneutralité de laSuède durant la Seconde Guerre mondiale, le SKP fut menacé d'interdiction en 1940[20]. Au lendemain de la guerre, bien qu'une circulaire gouvernementale établissait que l'expression d'opinions communistes ou la lecture de la presse communiste ne pouvaient constituer des motifs d'enregistrement dans les fichiers de laPolice de sécurité, un recensement de l'ensemble des militants communistes fut organisé à partir d' pour des raisons de sécurité intérieure[20].
Les années 1960 représentèrent pour le SKP des années de divisions entre les partisans d'une ligne rénovatrice, favorable à un changement de nom du parti et à l'abandon de la mention« communiste » et les partisans d'une ligne plus traditionnelle. Entre 1964 et 1967, les membres du SKP discutèrent de la ligne à adopter, notamment en matière de politique internationale, ainsi que quant à la place du parti dans la société. Au terme de ces trois années, le secrétaire général du parti,Carl-Henrik Hermansson rappela l'attachement du parti à ladémocratie parlementaire et se refusa à prendre position dans le conflit entre l'URSS et laRépublique populaire de Chine, déniant par la même occasion auPCUS et auPCC un quelconque rôle dirigeant dans lebloc communiste[19].
Le virage programmatique de 1967 s'accompagna d'un changement de nom du parti, dès lors nomméParti de gauche – Les communistes (Vänsterpartiet Kommunisterna, VPK).LePrintemps de Prague constitua un catalyseur des divisions au sein du VPK, ceux-ci se divisant en deux grands courants : une majorité condamnant l'invasion soviétique de laTchécoslovaquie et une minorité orthodoxe et fidèle à Moscou; auxquels s'ajoutaient deux petits courants : des ultra-réformistes qui allaient rejoindre les sociaux-démocrates et un courantpro-chinois, qui quitta le VPK pour fonder leur propre formation, également nomméeParti communiste de Suède[21].
Les députés communistes commencèrent alors vers la fin des années 1960 à apporter leur soutien aux gouvernements dirigés par leParti social-démocrate, remplaçant à ce rôle leParti du centre. Les sociaux-démocrates bénéficiaient alors du maintien du VPK au-dessus des 5 % des suffrages exprimés, le parti représentant tout à la fois l'assurance d'une majorité parlementaire que le réceptacle du vote contestataire. Ce dernier point s'incarnait parfaitement dans les grandes campagnes menées par le parti en faveur de laPalestine et deCuba ou encore contre le régime d'apartheid enAfrique du Sud, au nom de l'internationalisme prolétarien[19].
En 1977, face à la ligne réformiste eteurocommuniste adoptée par le VKP, les partisans d'une ligne plus orthodoxe fondèrent le Parti de travailleurs - Les communistes, parti qui porta également le nom de Parti communiste de Suède en 1995[20].
Lors de son29e congrès en, le parti décida par un vote serré (136 voix pour, 133 contre) de changer son nom et d'abandonner le terme« communiste », pour devenir simplement leParti de gauche (Vänsterpartiet)[19].
En 1998, le Parti de gauche obtient le meilleur score de son histoire lors d’élections générales, avec 12 % des suffrages exprimés au niveau national. Après les élections, le parti a passé un accord avec lessociaux-démocrates, leur apportant son soutien sans participer au gouvernement. Lors des élections de 2002, le Parti de gauche recule de 3 points au profit des sociaux-démocrates, les rapports de force entre droite et gauche demeurant quasi identiques. Le congrès de 2004 voit l’élection deLars Ohly en tant que président du parti. À la fin de l’année, une de ses prédécesseurs,Gudrun Schyman quitte le parti, devant parlementaire indépendant. S’étant lui-même qualifié de communiste,M. Ohly est plus tard revenu sur ces déclarations. Lors de son congrès de 1996, le parti se présente comme féministe. Lors desélections générales de 2006, le Parti de gauche subit un recul important. Avec 5,8 % des suffrages exprimés et 22 sièges auRiksdag (− 8), il retrouve son niveau d'avant 1998. Ajoutée à la régression électorale de son allié social-démocrate au sein de la coalition rouge-verte sortante, cette perte de terrain aura permis à la droite d'opposition, rassemblée au sein de l'Alliance pour la Suède d'emporter une courte victoire.
Crédité d'intentions de vote peu encourageantes[22], alors que le gouvernement bat des records d’impopularité et que le Parti social-démocrate côtoie les 40 % d’intentions de vote dans les sondages, le Parti de gauche, par l’intermédiaire de Lars Ohly, annonce qu’il rejette catégoriquement toute idée de formation d’une nouvelle coalition rouge-verte en vue des prochaines élections générales. Reconnaissant que les compromis sont nécessaires mais qu’il souhaite aussi marquer sa différence et proposer aux Suédois une « alternative claire à gauche »,M. Ohly souhaite tout de même maintenir les pourparlers avec les sociaux-démocrates et les verts, en précisant qu’il attend un geste de la part de ces deux partis. Cette nouvelle stratégie est justifiée par un désir de se différencier des autres partis traditionnels[23]. Après des tractations laborieuses, les trois partis de gauche annoncent finalement le la formation de leur première véritablecoalition, baptisée « LesRouges-verts », en vue des élections générales de 2010.
Auxélections européennes de 2009, le Parti de gauche perd l’un de ses deux sièges d’eurodéputé avec un score de 5,7 % des suffrages exprimés. Ce score équivalent à celui obtenu par le parti aux élections générales de 2006 est en revanche nettement inférieur à celui des élections européennes précédentes (moins 7 points). Son élue,Eva-Britt Svensson, est la dernière représentante de l’Alliance de la Gauche verte nordique parmi les 35 eurodéputés du groupe GUE/NGL. Candidate au poste de présidente du Parlement européen, elle recueillera 89 voix, contre 555 à son seul adversaire, le conservateur polonaisJerzy Buzek[24].
Au lendemain desélections législatives de 2014, le Parti de gauche décide un soutien sans participation au gouvernement minoritaire des sociaux-démocrates alliés aux écologistes, mais à la condition que le gouvernement revienne sur les privatisations. Le parti propose également l’interdiction des profits dans les secteurs de la santé et de l’éducation pour les entreprises privées qui dépendent directement de crédits publics. En 2018,Jonas Sjöstedt, président du Parti de gauche, critique l’ambivalence des sociaux-démocrates : « Dans leur course au pouvoir, ils mènent une politique qui intègre la nouvelle gestion publique. Ils favorisent l’emprise croissante du marché[25]. » Le Parti de gauche renonce à son soutien au gouvernement en juin 2021 à la suite d'un projet gouvernemental visant à alléger les règles sur l'encadrement des loyers[26].
Le parti de gauche soutient le fait qu'il n'y a pas d'égalité sociale en matière de genre, enSuède. Le parti est favorable à la création d'un ministère de l'égalité sociale et de l'apprentissage de l'« auto-défense féministe » dans les lycées[27]. Le parti est aussi favorable à la mise en place d'une« aide spéciale à l'emploi » pour les réfugiés arrivés enSuède. Le parti est aussieurosceptique.
Sur le plan international, le parti soutient lasolution à deux États dans lesfrontières de 1967 pour résoudre leconflit israélo-palestinien, ainsi que leboycott contre Israël[28],[29].
Le parti propose des mesures environnementales tel que la préservation et la sauvegarde de labiodiversité, l'introduction d'instruments réduisant l'utilisation despesticides et dufumier dans l'agriculture, renforcer les considérations environnementales dans la législation, interdire le rayonnement de fond pour une pêche professionnelle durable. Le code de l'environnement et la législation minérale devraient être renforcés et la proportion de zones naturelles protégées de valeur devrait être augmentée afin de respecter les obligations internationales en matière debiodiversité. Il prévoit également d'accélérer les mesures de protections environnementales pour accomplir les objectifs que la Suède s'est engagée d'atteindre d'ici 2020[30].
| Année | Députés | Votes | % | Rang |
|---|---|---|---|---|
| 1917 | 11 / 230 | 59 243 | 8,0 | 4e |
| 1920 | 7 / 230 | 42 056 | 6,4 | 6e |
| 1921 | 7 / 230 | 80 355 | 4,6 | 5e |
| 1924 | 4 / 230 | 63 301 | 3,6 | 6e |
| 1928 | 8 / 230 | 151 567 | 6,4 | 5e |
| 1932 | 2 / 230 | 74 245 | 3,0 | 7e |
| 1936 | 5 / 230 | 96 519 | 3,3 | 6e |
| 1940 | 3 / 230 | 101 424 | 3,5 | 5e |
| 1944 | 15 / 230 | 318 466 | 10,3 | 5e |
| 1948 | 8 / 230 | 244 826 | 6,3 | 5e |
| 1952 | 5 / 230 | 164 194 | 4,3 | 5e |
| 1956 | 6 / 231 | 194 016 | 5,0 | 5e |
| 1958 | 5 / 231 | 129 319 | 3,4 | 5e |
| 1960 | 5 / 232 | 190 560 | 4,5 | 5e |
| 1964 | 8 / 233 | 221 746 | 5,2 | 5e |
| 1968 | 3 / 233 | 145 172 | 3,0 | 5e |
| 1970 | 17 / 350 | 136 659 | 4,8 | 5e |
| 1973 | 19 / 350 | 274 929 | 5,3 | 5e |
| 1976 | 17 / 349 | 258 432 | 4,8 | 5e |
| 1979 | 20 / 349 | 305 420 | 5,6 | 5e |
| 1982 | 20 / 349 | 308 899 | 5,6 | 5e |
| 1985 | 19 / 349 | 298 419 | 5,4 | 5e |
| 1988 | 21 / 349 | 314 031 | 5,8 | 5e |
| 1991 | 16 / 349 | 246 905 | 4,5 | 7e |
| 1994 | 22 / 349 | 342 988 | 6,2 | 5e |
| 1998 | 43 / 349 | 631 011 | 12,0 | 3e |
| 2002 | 30 / 349 | 444 854 | 8,39 | 5e |
| 2006 | 22 / 349 | 324 722 | 5,9 | 6e |
| 2010 | 19 / 349 | 334 053 | 5,6 | 7e |
| 2014 | 21 / 349 | 356 331 | 5,7 | 6e |
| 2018 | 28 / 349 | 518 454 | 8,0 | 5e |
| 2022 | 24 / 349 | 437 050 | 6,75 | 4e |
| Année | Députés | Votes | % | Rang | Groupe |
|---|---|---|---|---|---|
| 1995 | 3 / 22 | 346 764 | 12,9 | 4e | GUE/NGL |
| 1999 | 3 / 22 | 400 073 | 15,8 | 3e | |
| 2004 | 2 / 19 | 321 344 | 12,8 | 4e | |
| 2009 | 1 / 18 | 179 182 | 5,7 | 6e | |
| 2014 | 1 / 20 | 234 272 | 6,3 | 7e | |
| 2019 | 1 / 20 | 282 300 | 6,8 | 7e | |
| 2024 | 2 / 21 | 464 166 | 11,06 | 5e |