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| Parti démocrate populaire | |
| Présentation | |
|---|---|
| Anciens présidents | Georges Thibout(1924-1929) Auguste Champetier de Ribes(1929-1940) |
| Fondation | |
| Disparition | |
| Fusionné dans | Mouvement républicain populaire |
| Positionnement | Centre àcentre droit[1] |
| Idéologie | Démocratie chrétienne Catholicisme social |
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LeParti démocrate populaire (PDP) est unparti politiquefrançais. Fondé en 1924 et disparu en 1944, il s'agit du premier partidémocrate-chrétien d'envergure en France.
Il incarne lecatholicisme social et politique français. Il défend des positions démocrates-chrétiennes, et la réconciliation entre les nations européennes après 1918.
Il représente le tournant du catholicisme politique qui s'éloigne duconservatisme duXIXe siècle, se rallie à laIIIe République. Le PDP s'inscrit dans un mouvement européen de naissance de ladémocratie chrétienne et il est l'ancêtre duMRP, qui voit le jour après la Seconde Guerre mondiale.
Se qualifiant de « parti démocrate d’inspiration chrétienne », les fondateurs du PDP ont la vocation de rassembler les différentes composantes de ladémocratie chrétienne (démocrates-chrétiens, catholiques sociaux et catholiques libéraux).
En ce sens, les démocrates populaires se situent dans la filiation directe de la démocratie chrétienne, constituée de divers courant, depuis sa naissance avecFélicité Robert de Lamennais en 1830 et la fondation deL’Avenir. Seconde démocratie chrétienne, lecatholicisme social prend forme dans les années 1890 autour de l’Association catholique de la jeunesse française (ACJF) d’Albert de Mun (1886), de laChronique sociale de Lyon (1892) ou duSillon deMarc Sangnier (1894) qui aboutira à laLigue de la jeune République (1912). Enfin, le catholicisme libéral et conservateur fut symbolisé par l’Action libérale populaire (1902-1919), défenseur des libertés de l’Église.
La création du PDP trouve ses prémices dans le contexte favorable de l’immédiat après guerre, celui de la réintégration des catholiques dans la Nation par l’ « Union sacrée » et de la participation au pouvoir de catholiques durant leBloc national (1919-1924).
Ainsi, s’opère - à traversL’âme française lors des législatives de 1919 puis du Bureau d’action civique (BAC) fondé à l’automne 1923 – le rapprochement et la convergence entre les comités départementaux de la Seine et du Finistère des Républicains démocrates, les démocrates chrétiens et le catholicisme social (ACJF,CFTC, lesSemaines sociales de France, etc.). C’est à partir de la constitution après les législatives de 1924 d’un groupe parlementaire des démocrates populaires, dit « groupe des quatorze »[2], qu’éclot le PDP.
Fondé par le congrès des 15 et sous la présidence deGeorges Thibout et rassemblant 200 délégués, le PDP prône la volonté de réaliser « une tâche de rapprochement, de réconciliation autour de l'idée républicaine » par la définition d'une « nouvelle foi républicaine ». Les démocrates populaires prônent la concentration des républicains en s’opposant a ce que le fait religieux soit une ligne de partage entre la droite et la gauche. En ce sens, et contrairement à laLigue de la jeune République, la stratégie du PDP l’oriente à un recrutement au sein ducatholicisme social, le positionnant au centre-droit et en concurrence directe avec laFédération républicaine dont le vivier principal en est issu et qui a vocation a les rassembler depuis qu’elle englobe l’Alliance libérale populaire (ALP)[3]. Ainsi, il n’est pas étonnant que les membres fondateurs du PDP et son noyau dirigeant soit issu de l’ACJF et dans une moindre mesure duSillon[4].
Dès 1924, l’organisation du parti est calqué sur le modèle de laSFIO, accordant une importance tant à la centralisation de l’équipe dirigeante (Conseil national, commission exécutive, etc.) qu’au rôle dévolu aux fédérations départementales où les militants se regroupent en sections. Le rôle primordial au sein du PDP revient au secrétaire général, poste qu’occupera de 1924 à 1940Jean Raymond-Laurent.
Cependant, ce modèle organisationnel demeure plus théorique que pratique, les changements statutaires de 1932 et 1936 avalisant ce constat puisque le congrès national cesse d’être le centre de décision et que s’opère une perte d’influence des fédérations par rapport aux élus nationaux et au noyau dirigeant. En effet, les démocrates populaires peinent tant à s’implanter au-delà de ses bastions originels (région parisienne, l’ouest, l’Alsace-Lorraine et la région lyonnaise) qu’à devenir un parti de masse, l’effectif de ses militants variant de 6 000 en 1924 à 10 000 en 1937, avec un pic autour des 20 000 en 1934. Le faible poids politique du PDP démontre la particularité du cas français par rapport aux autres pays européens, celle de la marginalisation de la démocratie chrétienne dans la vie politique nationale. Outre l'originalité d’une République laïque, l’une des causes est le pluralisme politique et intellectuel des catholiques qui fait que les expériences sur le terrain politique (Le Sillon, l’ALP, laLigue de la jeune République, le PDP, etc.) seront modestes face à l’importance ducatholicisme social et de son rayonnement sur la sphère sociale[5].
Il existe une originalité des démocrates populaires au sein des droites de l’entre-deux-guerres notamment sur le plan du militantisme et de la propagande appliquant « la politique de la présence » dans la cité théorisée parJean Raymond-Laurent. Il en va de même dans l’importance particulière que le PDP accorde à la presse et qui s’exprime par la fondation dès 1924 de l’Association des journalistes démocrates que présideLouis Alfred Pagès[6], conçue comme une volonté d’extension de son influence au-delà de sa sphère directe. Les démocrates populaires tenteront ainsi d’établir un réseau de presse régional concurrent de celui de la droite conservatrice et réactionnaire entretenant des liens avec laFédération républicaine. Le cas duNouveau Journal créé en à Lyon symbolise l’échec de ce plan d’ensemble puisque le titre est racheté parLe Nouvelliste en 1932[7]. Seul le cas deL’Ouest-Éclair dirigé parEmmanuel Desgrées du Loû puisPaul Simon tranche par rapport à la situation générale.
Cependant, les démocrates populaires réussissent à faire duPetit démocrate, fondé en 1919 par les républicains démocrates de la Seine, l’organe officiel du parti dès 1926 dont la diffusion (autour de 18 000) dépasse largement celle deLa Nation (Fédération républicaine) ou deL’Alliance démocratique. De plus, les idées du PDP sont influentes dans la presse des élites catholique des années trente par le biais dePolitique créé parCharles Flory en 1927, desCahiers de la nouvelle journée dePaul Archambault et surtout par le quotidienl’Aube fondé parFrancisque Gay en[8].
Face auCartel des gauches, le PDP se range dans l’opposition parlementaire mais se tient largement à l’écart de laFédération nationale catholique (FNC) fondée par le généralÉdouard de Castelnau qui réactive la défense religieuse face aux lois anticléricales d’Édouard Herriot. Le PDP apportera un appui timoré aux ministères deRaymond Poincaré, séduite par la stabilisation de la situation économique mais hostile à l’absence et au recul de la législation sociale. Par delà, les démocrates populaires développent le thème du « parti central » ou de « Cartel des centres », expliquant leur soutien au ministèreAndré Tardieu ( –) qui le met en œuvre selon eux. Aspirant à la conjonction des républicains, la position du PDP est cependant critiquée tant par l’Alliance démocratique que par laFédération républicaine retenant la doctrine deRobert Cornilleau affirmant la possibilité de coopération entre son parti et laSFIO sur des objectifs précis[9].
Malgré sa position, le PDP a peu de poids dans les différentes coalitions gouvernementales entre 1926 et 1932 qui privilégient les viviers duParti radical-socialiste et les réseaux de l’Alliance démocratique. SeulAuguste Champetier de Ribes participe aux différents gouvernements entre 1929 à 1932[10].
Pourtant, le PDP acquiert une visibilité croissante tant sur le terrain local que par l’augmentation de ses élus à toutes les échelles (locale, départementale et nationale). Ainsi, il se heurte à laFédération républicaine sur le terrain du catholicisme social (ACJF, Semaines sociales, etc.) et plus fondamentalement à sa doctrine (conservatisme social, nationalisme, défense religieuse, opposition à la SDN, etc.). Les élections cantonales et législatives de 1928 en sont le révélateur puisque la plupart des élus du PDP (19 députés et 35 conseillers généraux ou d’arrondissement) le sont face à la droite. Très vite, laFédération républicaine s’oppose avec virulence aux démocrates populaires par les voix d’Henry de Kérillis qui les accusent d’avoir divisé les « nationaux » ou parVictor Perret, président de la fédération du Rhône, qui incrimine la stratégie du « centre catholique », source de confusion selon lui entre action politique et action religieuse. SeulGeorges Pernot préconise une collaboration entre son parti et le PDP. Plus largement, le PDP prend place à la fin des années vingt dans la recomposition des droites républicaine et parlementaire face à l’émergence de nouvelles droites radicales et est un symbole de la division profonde qui les affectent.
La droitisation du PDP est sensible lors de l’affaire Stavisky et lors desévénements du 6 février 1934 où le parti épouse l’argumentation des droites. Bien que séduit par le thème du « Tiers parti » élaboré par le radicalÉmile Roche, directeur deLa République, en 1934, les démocrates populaires se scindent pour la première fois en tendances opposées à partir de 1936 sous l’effet de l’évolution de la vie politique qui met à mal un positionnement centriste cohérent.
Années de reflux du nombre de ses adhérents et de ses élus, le PDP est victime de la dichotomie entre sa clientèle électorale issue de la droite et un groupe dirigeant qui tente de maintenir l’unité autour du compromis doctrinal initial alors que ses membres se divisent entre une aile gauche majoritaire incarnée parRobert Cornilleau et une aile droite derrièreHenri Teitgen. Dès lors, sa visibilité est amoindrie et son attrait - qui avait su s’affirmer et rallier de nombreuses individualités ducatholicisme social et de ladémocratie chrétienne jusqu’au début des années trente - s’efface.
Sur le plan international, le parti fait preuve dans son ensemble d’une lucidité certaine face à la montée de l’hitlérisme et plus globalement face aux régimes autoritaires, en Italie comme en Espagne. Ainsi,Jean Raymond-Laurent est le seul député catholique à se rendre en Espagne au sein de la délégation de députés lors d’un voyage d'information au début 1939. Il soutient la cause des républicains espagnols contre le régime deFrancisco Franco en affirmant que la principale menace pour la paix provient des régimes autoritaires d'extrême droite et non de l'URSS, attitude minoritaire au sein des droites imprégnées d’unanticommunisme virulent. L’attitude de fermeté prôné parGeorges Bidault,Auguste Champetier de Ribes ouPaul Simon se heurte cependant à une minorité favorable à la conciliation, démontrant l’existence de divisions internes malgré la voix officielle de la commission exécutive du parti qui s’oppose auxaccords de Munich en 1938.
Si la majorité des parlementaires de ce parti votèrent les pleins pouvoirs constituants auMaréchal Pétain le, le PDP fournit cependant le contingent le plus important d’opposants contre les pleins pouvoirs constituants au sein des droites, avecPierre de Chambrun,Auguste Champetier de Ribes,Paul Simon etPierre Trémintin. Comme l’ensemble des partis politiques, le PDP est mis en sommeil avec la naissance du régime de Vichy et sa dislocation pendant la drôle de guerre bloque toute tentative de ressusciter le parti comme force d’opposition aurégime de Vichy.
Ainsi, les démocrates populaires se divisent face au nouveau régime. Nombre de ses membres prennent des responsabilités au sein des organisations mises en place par Vichy (organisations agricoles, familiales, de jeunesse ou dans laLégion française des combattants). L’enthousiasme deLouis Alfred Pagès face aux orientations du pouvoir illustre la tentation au sein du PDP d’approuver une politique qui reprend des axes majeurs de son programme (tels la défense de la famille, l’instauration d’organisations professionnelles, la révision des institutions, etc.), ce queJean-Claude Delbreil nomme la « pente vichyste » que porte en elle la démocratie chrétienne[11].
Cependant, les membres du PDP qui s’engagent dans la résistance illustrent l’originalité de cette tendance politique. Si unGeorges Bidault est un membre majeur du réseauCombat à Lyon et sera le successeur de Jean Moulin à la tête duConseil national de la Résistance en, les démocrates populaires prendront une place importante dans la résistance intellectuelle et spirituelle à Vichy. Ainsi, la plupart de ses résistants rejoignent les rangs de la presse clandestine (Témoignage chrétien,Liberté, etc.) dont le symbole demeureJean Raymond-Laurent, fondateur avecEmmanuel Mounier deTemps nouveau (1940-1941) ouJean Letourneau, qui deviendra directeur de la presse au ministère de l'information en 1944. La propagande par pamphlets est surtout sensible dans la zone sud, révélant la spécificité du PDP dans la région lyonnaise (notamment dans le Rhône et la Loire) par rapport au parti durant l’entre-deux-guerres. Le 16 janvier 1944,Georges Bidault,François de Menthon etPierre-Henri Teitgen créent à Paris le Mouvement Républicain de Libération (MRL). Il s'agit de l'une des trois grandes entités démocrates-chrétiennes de résistance fondées ce jour-là avec les Comités de Coordination et d'Action Chrétienne (CCAC) dans le sud-est et Rassemblement Démocratique des Résistants d'Inspiration Chrétienne (RIC) dans le nord. Ces trois réseaux de résistance et la diffusion le 25 août 1944 du manifeste "Lignes d'action pour la Libération", rédigé en avril 1944 parAndré Colin etMaurice-René Simonnet, seront à l'origine de la création du futurMouvement républicain populaire (MRP).
Le PDP tient son dernier congrès sous la présidence de Champetier de Ribes et ratifie son intégration dans le MRP, qui se constitue officiellement le surlendemain[12].
La plupart des membres du PDP se retrouvent à la Libération au sein duMouvement républicain populaire (MRP), dontGeorges Bidault, qui le préside de 1949 à 1952,Jean Raymond-Laurent,Jean Letourneau etCharles Flory, qui participent à sa fondation, attirés par un parti qui s’oppose au clivage droite-gauche et mène un combat identitaire pour la démocratie chrétienne. L’expérience du PDP a été une étape décisive d’entrée en politique d’une mouvance jusque-là cantonnée dans la sphère intellectuelle et l’action sociale, un précédent dont le MRP — dans un contexte politique différent — saura récolter les fruits. Certains de ses membres (parmi lesquels legénéral Cochet,Rémy Roure,Alphonse Juge) refusent toutefois la transformation du PDP en MRP et fondent le Parti démocrate qui adhère auRassemblement des gauches républicaines avant de se fondre au sein de l'UDSR.
Elle peut se résumer dans les principes suivants et les propositions qui en découlent :
Classé dans les forces de « la droite » et non dans celles du « centre » parAndré Siegfried[14], le cas du PDP pose la question de l’adéquation entre sa doctrine centriste et la perception au sein de l’opinion d’un « parti démocrate d’inspiration chrétienne » qui le classe à droite par sa composante religieuse dont il ne peut s’affranchir, au contraire de l’Alliance démocratique née pour soutenir le ministère dePierre Waldeck-Rousseau et votant la loi de 1905.
Si sa ligne politique est résolument centriste, se distinguant des droites classiques républicaine et parlementaire par son esprit de rénovation (sur le plan démocratique, social, institutionnel, international, etc.), l'importance de la question religieuse en France et les conditions même de sa naissance sous leCartel des gauches fait que le PDP s’inscrit dans le clivage droite-gauche en naissant à droite. Si l’idéologie ducentrisme est par sa doctrine même l’une des composantes de la droite, l’on peut s’interroger sur la place et la spécificité du PDP dans ce courant puisqu’il se situe dans la continuité de ladémocratie chrétienne qui n’est née ni à droite ni à gauche et dont les démocrates populaires reprennent tant sa récusation de l’antagonisme droite-gauche que sa volonté de réconcilier les familles ennemies par l’idéologie du rassemblement.
La courte histoire du PDP a toujours été marqué par le souci de constituer un groupe charnière entre ceux de droite et ceux de gauche sans jamais y parvenir, à l’instar des tentatives de l’AD.
De 1924 à 1940, le PDP parvient cependant à avoir un groupe des démocrates populaires, qui demeure restreint, du « groupe des quatorze » originel en 1924 à un maximum de 19 députés et de 35 sympathisants lors de la législatures de 1928. Ce groupe ne parvient jamais à rassembler l’ensemble des catholiques sociaux (divisés entre les groupes de la Jeune République, desIndépendants d'action populaire ou du grouperépublicain et social deGeorges Pernot).
Le PDP ne compte que quelques membres isolés lors des diverses législatures, ces derniers se diluant dans les groupes centristes du Sénat.
La synthèse sur le Parti démocrate populaire :
Le Parti démocrate populaire et la démocratie-chrétienne :
Biographies surAuguste Champetier de Ribes