Cet article est uneébauche concernant lapresse écrite.
| Paris-Midi | |
Logo deParis-Midi | |
| Pays | France |
|---|---|
| Langue | français |
| Périodicité | quotidien |
| Genre | presse généraliste |
| Fondateur | Maurice de Waleffe |
| Date de fondation | 1911 |
| Date du dernier numéro | 1944 |
| Ville d’édition | Paris |
| ISSN | 1256-0413 |
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Paris-Midi est un ancien journal quotidien national français, publié entre 1911 et 1944 et dirigé parMaurice de Waleffe[1]. Racheté en 1924 parJean Prouvost, il s'agit dans lesannées 1930 d'une édition deParis-Soir. Son siège est au 37rue du Louvre[2].
Paris-Midi est fondé parMaurice de Waleffe le[3],[4], un écrivain belge installé à Paris, où il veut fonder une association de la Presse Latine, pour tisser des liens entre journalistes de langue romane, de l’Europe à l’Amérique[5], projet qui n'aboutira qu'en les responsables de quatre-vingts journaux « latins » des deux rives de la Seine[6]. Il écrit aussi des articles oùJean Jaurès est la cible d’appels explicites au meurtre[7] mais aussi dansMidi-Paris le[8] dansL'Écho de Paris , dansParis-Midi en 1913, pour le dénoncer comme un traître et« l'intermédiaire entre la corruption allemande et les corrompus de l'antimilitarisme français »[8], puis le, juste avant son assassinat[8] pour demander qu'il soit « collé au mur »[8].
Après la Guerre,Midi-Paris est un journal de courses et de Bourse[9], dont le tirage a grimpé à 40 000 exemplaires grâce au « titres bandeaux » permettant de les lire dans la rue[4] mais qui baisse ensuite énormément[10],[11],[3].
Pendant laPremière Guerre mondiale, l'industrielJean Prouvost voit ses usines textiles du Nord détruites. Il acquiert en 1917 le quotidienLe Pays, jugédéfaitiste parGeorges Clémenceau[11], qui l'approche via le ministre de l'armementLouis Loucheur[11] pour lui demander discrètement de souscrire la moitié d'uneaugmentation de capital.Louis Loucheur assortit son offre de« conditions très favorables » en promettant que l'Agence Havas, alors proche du gouvernement, sera « fermement priée » de fournir de la publicité auPays[12].
En 1919,Louis Loucheur, toujours ministre de Clemenceau, se lance dans une série d'achats de journaux en province. Il devient propriétaire deParis-Midi mais aussi duPetit Journal[13], queLéon-Prosper Rénier, directeur de l'Agence Havas intègre au club des « Cinq grands » journaux favorisés dans la distribution de la publicité, avecLe Petit Parisien,Le Journal,L'Écho de Paris etLe Matin. Ces deux derniers vont comme lePetit Journal décliner ensuite[13].Louis Loucheur acquiert aussiLa Dépêche de Rouen,Le Journal de Thonon,Le Progrès du Nord etLa France de l'Est de Mulhouse[13] car il souhaite promouvoir des éditions en province, pour renouer avec sa grandeur de la fin duXIXe siècle, lorsque lePetit Journal était leader français avec deux millions d'exemplaires, avant de souffrir de son engagement conservateur dans l'Affaire Dreyfus.
En 1924,Paris-Midi ne tire plus qu'à 4 000 exemplaires[11], alors que l'économie est paralysée par une crise monétaire, qui ne se dénoue qu'avec lePlan Dawes en fin d'année, car l’Allemagne refuse de payer lesréparations de guerre, obligeantRaymond Poincaré à un relèvement massif de l'Impôt sur le revenu et à faireoccuper la Ruhr avant de chuter face auCartel des gauches lors deslégislatives de 1924[14].Louis Loucheur propose alors àJean Prouvost de racheterParis-midi en lui assurant que le tirage peut décupler, une fois la situation monétaire de la France rétablie rapidement[12]. Prouvost n'y voit pas de source de bénéfices[9] mais pour convaincre son ami, qui est intéressé par la presse en général,Louis Loucheur promet de s'arranger à nouveau pour que l'Agence Havas n'oublie pas de reconduire son contrat de distribution de la publicité àParis-Midi[15], malgré la forte baisse de son tirage.
L'Agence Havas a besoin alors d'améliorer son image, après avoir coupé les ailes à un rival des « Cinq grands »,Le Quotidien, soutien duCartel des gauches lancé en 1922 mais privé de publicité et plafonné, du au, à 60 000 abonnés car le distributeurHachette suit la même politique qu'Havas[16]. Cependant, cinq ans plus tard,Paris-Midi se dira déçu de l'Agence Havas. Les grandes agences publicitaires« ignorent et veulent ignorerParis-Midi », écriraPierre Lazareff[15].
Louis Loucheur était passé par leministère des Régions libérées, principal acteur de la reconstruction du nord-est de la France, avec des crédits aux entreprises détruites durant la guerre, dont celles deJean Prouvost etFerdinand Beghin, contestées car trop généreux, et qu'il s'est efforcé ensuite de diminuer en faisant baisser le coût du charbon[17].
Albert Béghin, grand industriel du Nord proche deJean Prouvost, qui investit dans le papier pour pouvoir emballer sa production de sucres, procure à ce dernier 500 000 francs pour acheter en 1924Paris-Midi[10],[11] dans le but d'écouler une partie de la surproduction de papier de ses usines[18],[19].
Prouvost confie les recrutements à Joseph Béneix, son ex-camarade dans l'armée, qui choisit son neveu, le polytechnicienPaul Gémon comme bras droit deJean Prouvost pour diriger le journal[4]. Il recrute rapidement à la rédaction Hervé Mille, puis en 1928, un parisien très motivé à l'âge de seulement 18 ans[20],Pierre Lazareff, qui avait remplacé le chroniqueur théâtre. Son style a plu àJean Prouvost, le décidant à lui offrir une page quotidienne d'échos de la vie culturelle parisienne puis à le promouvoir, à 23 ans, chef des informations àParis-Midi[21]. Ils vont faire grimper le tirage à 80 000 exemplaires[10] 102 500 exemplaires en 1939[11]. Le quotidien sort désormais à 11 heures, un peu avant l'heure du déjeuner : il est ainsi le seul à procurer des nouvelles fraîches de l'Assemblée et de la Bourse et des courses[12]. Il conserve ainsi ses rubriques Bourse et finance, tout en écrivant aussi désormais sur la vie parisienne et le monde des arts et des lettres[12], ce qui vaut à Jean Prouvost le surnom de « la Midinette »[12].
Jean Prouvost recrute aussiPierre Audiat, dont les avis sont parfois tirés à part dans une édition spéciale[15], le chroniqueur boursier réputéAlbert Lejeune et l'expert en courses de chevaux Edmond Pontié[15]. le[22]. Le succès auprès des turfistes deParis-Midi etL'Intransigeant enleva sa clientèle spécialisée au quotidienLa Presse, qui tirait à 85 000 exemplaires en, et précipita sa chute[22]. Le mouvement s'accélère quandLa Presse annonce à tort l'arrivée de Nungesser et Coli à New York le, ce qui lui cause une très mauvaise réputation[22].
Louis Loucheur fonde de son côté en 1927 la Société nouvelle de papeterie (Sonopa)[13], qui investit en 1928 sur les quais de la Seine près de Rouen, dans la première grosse usine à papier journal de France[23] après avoir acquis les terrains des Aciéries de Grand-Couronne, en faillite, grâce aux crédits des dommages de guerre. Mais le site connaîtra surtout une grande extension en 1932, quand les Papeteries Darblay deviennent majoritaires dans la Sonopa[24]. Car Loucheur« se sert rarement de sa chaîne de presse pour parler au grand public »[13] et n'embauche pas de grands reporters auPetit Journal, où il se concentre sur la réduction des coûts[13], pour afficher des bénéfices et les distribuer à ses actionnaires[13], qui sont cependant divisés par six entre 1928 et 1931[13], année de la mort de Loucheur.
Convoité, lePetit Journal est alors racheté trois fois entre 1932 et 1937[13]. Le gendre et héritier deLouis Loucheur, Francis Sarrade[25], dit d'abord non à l'éditeur Fayard et au Parti démocrate populaire[13], pour finalement céder en juin 1932 la majorité du capital duPetit Journal àRaymond Patenôtre« associé aux propriétaires deParis-Midi etParis-Soir, les industrielsFerdinand Beghin etJean Prouvost », représentés par un prête-nom, Henri de Zogheb[13]. Leur augmentation de capital de 17 millions de francs le porte alors de 27,5 à 43,5 millions[13]. Prouvost et Beghin se concentrent sur la croissance deParis-Soir, acquis deux ans plus tôt, et se retirent après 9 mois en[13] laissant Patenôtre en faire un journal politique[13] et supprimer deux suppléments imprimés pour la presse régionale,Le Petit Journal agricole etL'Agriculture moderne[13] et nomme deux techniciens de la presse, le rédacteur en chefAlfred Mallet, secrétaire politique dePierre Laval, venu deParis- Midi[13] etHenri Dumay l'ex-cofondateur deLe Quotidien en 1922-1923, ce qui marque son virage à gauche[13]. Le tirage tombe de 400 000 exemplaires exemplaires en 1928 à moins de 300 000 exemplaires en 1932 puis moins de 200 000 exemplaires en 1939[13].
Entre-temps, les familles Beguin et Prouvost s'étaient à nouveau alliées pour acquérir le le quotidienParis-Soir[19], une idée originale lancée à Paris en 1923 par le journaliste pacifiste et anarchisteEugène Merle, qui s'était heurté à lacrise de la presse écrite de 1924. Repris dès 1924 parLe Journal, il ne tirait plus qu'à 60 000 exemplaires, soit moins queParis-Midi et servait surtout d'édition du soir auPetit Journal.
Comme il a besoin d'argent pour acheter du papier,Jean Prouvost s'associe à laFamille Beghin, dont il devient vite le meilleur client[20] car le tirage deParis-Soir monte plus vite que prévu : 130 000 exemplaires en 1931 et 260 000 exemplaires en[20], l'année où les Beghin font construire par les architectes Fernand Leroy et Jacques Cury un immeuble avec une imprimerie sur quatre profondeurs de sous-sol[20], sur un terrain de laRue du Louvre à Paris, qui est toujours en construction en 1933[20].Paris-Soir n'a annoncé qu'il devient« un grand quotidien d'informations illustrées » que dans son numéro du, présentant sa nouvelle formule[22]. Il affaiblit son rivalL'Intransigeant en misant sur des photos spectaculaires, imposant un papier satiné, fourni par les papeteries deFerdinand Béghin[11], qui fait ressortir le noir et blanc, ce qui permet d'acquérir« un relief jamais atteint dans un quotidien »[20]. Beghin souhaite plus que jamais écouler une partie de la surproduction de papier de ses usines, après la crise du tout début desannées 1930[18],[19] et se lance à l'assaut de la Province : les éditions deParis-Soir sont prêtes à être expédiées vers 17 heures, et arrivent en province en même temps que les éditions locales du matin de la concurrence[22] avec des informations plus fraîches, tandis qu'une édition plus limitée parait plus tôt sous le nom deParis-Midi.
Vendu à la criée,Paris-Soir truste le marché du lecteur qui« n'achète qu'un journal »[22], surtout à la fin des années 1930, quand la radio donne les principales nouvelles du matin[22] tandis que la réduction de la journée de travail permet aux employés et aux ouvriers de le lire en arrivant chez eux ou dans les transports[22]. L'expansion s'accélère bien avant : 480 000 exemplaires en, 800 000 exemplaires en 1933, 1 million en 1934, puis 1,6 million en 1937 et un pic de 1,7 million en 1939[20]. La rédaction deParis-Midi qui était encoreRue Royale[20], est installée au cinquième étage, autour de la cour[20], dans deux séries de petits bureaux dont ceux du service financier donnant sur laRue du Mail et laRue du Louvre[20], deux ont une bibliothèque et des boiseries.
En,Paris-Midi tire à 102 000 exemplaires[22]. Il est présenté comme uneannexe deParis-Soir[22]. À partir de 1940 et jusqu'en 1944, le journal prend un tournant résolumentcollaborationniste[26],[27]. Grâce à ses rubriques sur les spectacles et les courses hippiques, le journal tire à 35 000 exemplaires en 1943, mais il sert de relais à la propagande nazie qui en occupe généralement toute la une[28]. Hors les chroniques quotidiennes deFernand Divoire, Jean Monfisse etJean-Pierre Maxence, peu d'articles sont signés à l'exception des critiques littéraires et de spectacles, dues pour beaucoup à des collaborateurs habituels ou occasionnels spécialisés.
Après la guerreParis-Midi disparaît, tandis queParis-Soir devientFrance-Soir, en reprenant les lecteurs et les journalistes deDéfense de la France, le plus grand journal de résistants né dans la clandestinité[21], installé dans un immeuble de laRue Réaumur[21], qui entre et voit son tirage plus que doubler, puis dépasse le million d'exemplaires en 1954[21] et atteint un sommet de 1,35 million en 1957[21] avant de chuter au début desannées 1960[21].