Cavaliers sur les coulées de lave en route pour le Paricutín visible au dernier plan sur la gauche.
Le Paricutín est situé dans le sud-ouest duMexique, dans l'ouest de l'État duMichoacán, à environ 300 kilomètres à l'ouest deMexico, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de la ville d'Uruapan et non loin de l'ancien village deSan Juan Parangaricutiro situé au nord-ouest. Il est immédiatement entouré par le Cerro Canicjuata à l'ouest, le Cerro Jarátiro et le Cerro Equijuata au nord, d'autres petits cônes de cendre, ainsi que par le Cerro Tancitaro au sud[5].
Cecône volcanique est couronné par uncratère dont l'un des rebords culmine à 2 774[1], 2 808,6[2], 3 170[3],[6] ou 3 174 mètres d'altitude[4], soit 424 mètres au-dessus des terrains environnants[2]. Il est flanqué au nord-est par le Nueva Juatita, une bouche éruptive latérale qui est à l'origine de la majorité descoulées de lave déversées par le volcan[7].
Le Paricutín en éruption en 1943.Vue nocturne du Paricutín en éruption en 1943.
Le Paricutín naît le dans un champ demaïs[7], au lieu-dit « Cuitzyutziro », sous les yeux de son propriétaire, Dionisio Pulido, et de sa femme, Paula Rangel, vivant au village deSan Juan Parangaricutiro[11]. L'évènement débute vers17 h alors que tous deux inspectent leurs champs après y avoir travaillé toute la journée et s'apprêtant à rentrer chez eux[11]. Ils sont alors témoins d'untremblement de terre accompagné d'un grondement sourd mais ils n'y prêtent pas plus d'attention, ce genre de phénomène étant courant depuis plus de huit jours[11]. Cependant Dionisio aperçoit non loin en direction de l'ouest de grandes flammes et une épaisse fumée sortant de terre, le tout dans un fort grondement[11] et accompagné d'une odeur de soufre[2]. Lafissure, ouverte dans le sol vers16 h, mesure un peu plus de cinquante mètres de longueur, cinquante centimètres de profondeur et cinq centimètres de largeur et les matériaux éjectés s'accumulent déjà sur trente centimètres de diamètre[2]. Terrifiés, ils regagnent le village en courant et font part de leur expérience[11]. Ces faits sont consignés le lendemain au cours d'une session extraordinaire duconseil municipal qui en informe notamment legouverneur duMichoacán et leprésident de la République[11].
Quatre jours après le début de l'éruption, le cône mesure 60 mètres de hauteur, projette destéphras à 500 mètres de haut et émet sa premièrecoulée de lavebasaltique[5],[2]. Les séismes sont de plus en plus nombreux et augmentent enmagnitude[2]. Les 733 habitants du village de Paricutín, le premier à être détruit, et les 1 895 de celui de San Juan Parangaricutiro sont contraints à l'exode sur de nouvelles terres qui forment un nouveau village appeléNuevo San Juan Parangaricutiro[5]. Une semaine après le début de l'éruption, le volcan atteint 130 mètres de hauteur, 293 en juillet, 393 en décembre et finalement 424 en juste après la fin de son éruption[12]. Cette activitéeffusive accompagnée d'unpanache volcanique et de retombées de téphras se poursuit jusqu'en1948 avec quelques variations d'intensité[2]. En janvier de cette année, l'activité cesse pour une durée de trois ans[2]. Début1952, la lave refait son apparition jusqu'au25 février, marquant la fin de son éruption[13],[2]. Au total, le Paricutín rejette au cours de cette éruption typiquementstrombolienne[10] d'indice d'explosivité volcanique de 4 un volume de 0,7[13] à 1,4 km3 de lave[6] qui recouvre 18,5[2] à 25 km2 de superficie[6] ; les 1,3 km3 de téphras[13] recouvrent quant à eux une superficie de 300 km2, détruisant la végétation[2]. Malgré la soudaineté de l'éruption, sa durée et les volumes de lave émis, seuls trois morts sont à déplorer en raison des éclairs provoqués par lepanache volcanique[6].
L'éruption représente un intérêt majeur pour lesvolcanologues qui peuvent assister à la naissance d'un volcan et aux différentes étapes de sa formation[9],[6].