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Panthéon (Paris)

48° 50′ 46″ N, 2° 20′ 46″ E
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Pour les articles homonymes, voirPanthéon.

Article connexe :Liste des personnes transférées au Panthéon de Paris.
Panthéon
Présentation
Type
Église
Destination initiale
Originellement à vocationecclésiastique[note 1]
Destination actuelle
Style
Architecte
Construction
1757-1790
(projet : 1744)
Ouverture
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Hauteur
94 m
Religion
Gestionnaire
Patrimonialité
Visiteurs par an
949 760()[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Localisation
Pays
Commune
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LePanthéon de Paris, situé dans le5e arrondissement de la capitale, sur lamontagne Sainte-Geneviève et au cœur duQuartier latin, est un des hautslieux de mémoire de lanation française.

Construit auXVIIIe siècle par décision deLouis XV en tant qu'église dédiée àsainte Geneviève, destinée à abriter les reliques de la sainte, il est transformé au début de laRévolution française (1789-1799) en monument funéraire en l'honneur des grands personnages de l'histoire contemporaine, en premier lieu pour accueillir la dépouille ducomte de Mirabeau, mort en 1791 (mais qui en sera retiré quelques mois plus tard à la suite de découvertes compromettantes).

Portant sur son fronton la devise : « Aux grands Hommes, la Patrie reconnaissante », il abrite de nombreuses personnalités. Y sont notamment inhumésVoltaire,Jean-Jacques Rousseau,Victor Hugo,Louis Braille,Sadi Carnot,Émile Zola,Jean Jaurès,Félix Éboué,Jean Moulin,Jean Monnet,Pierre etMarie Curie,André Malraux,Alexandre Dumas (entré en 2002). Il s'agit en général de personnalités civiles, les militaires étant honorés aupanthéon militaire des Invalides[note 2].

De nombreuses entrées ont eu lieu depuis 2015 et notamment sous la présidence d'Emmanuel Macron :Germaine Tillion,Geneviève de Gaulle-Anthonioz,Jean Zay etPierre Brossolette le,Simone Veil (et son épouxAntoine Veil) le[2],Maurice Genevoix le,Joséphine Baker le,Missak,Mélinée Manouchian le etRobert Badinter le.

Le,Emmanuel Macron, le président de la République annonce sa décision d'y faire entrer l'historien et résistantMarc Bloch le.

Construit dans un stylenéo-classique sous la direction deJacques-Germain Soufflot (1713-1780), son architecture reprend notamment la façade duPanthéon deRome, construit auIer siècle avant notre ère. Il est surmonté d'un dôme inspiré duTempietto de l'église San Pietro in Montorio, aussi à Rome.

Les différents dessins de sa construction, sa décoration, les inscriptions et les symboles qui y figurent donnent un aperçu sur la construction de lanation française. Lieu de mémoire, l'édifice comporte aussi un dispositif scientifique spectaculaire : lependule de Foucault, suspendu au plafond du dôme et long de 67 mètres, permettant de constater le phénomène de larotation diurne de laTerre. Le Panthéon est ouvert au public et géré par leCentre des monuments nationaux.

Localisation

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Situé au centre de laplace du Panthéon, l'édifice s'ouvre à l'ouest sur la largerue Soufflot qui descend vers lejardin du Luxembourg, en créant une perspective longue d'environ300 mètres.Les autres rues menant au Panthéon ont une allure plus ancienne, lié au passé médiéval du Quartier latin : larue Cujas, larue Clovis, larue d'Ulm, etc.

La place du Panthéon est entourée par plusieurs édifices et institutions notables : lamairie du5e arrondissement, les universitésParis 2 Panthéon-Assas etParis 1 Panthéon-Sorbonne, labibliothèque Sainte-Geneviève, lelycée Henri-IV, lelycée Louis-le-Grand et l'église Saint-Étienne-du-Mont.

Origine du nom

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LePanthéon de Rome, construit en 27 av. J.-C.

Lenom du monument vient duPanthéon de Rome, qui date de l'Empire romain. On ne sait pas exactement quelle a été la fonction originelle de ce dernier, mais il semble avoir été un culte à la famille impériale et avoir été dédié à plusieurs dieux, ce qui lui aurait donné le nom latinPantheon, du grecπάνθειον /pántheion, « de tous les dieux »[3].

Longtemps après cette époque, à partir duXVIe siècle, ce Panthéon de Rome a été réemployé comme tombeau pour les hommes illustres, il contient en particulier les restes deRaphaël etVictor-Emmanuel II. Les humanistes de cette époque devaient penser qu'un monument dédié à la vénération des dieux pouvait servir à celle des grands hommes. Il avait alors un peu la même fonction que labasilique Saint-Denis en France ou que l'abbaye de Westminster à Londres.

Et donc, à l'imitation de ce monument, « Panthéon français » est choisi pendant la Révolution pour désigner le bâtiment pas encore consacré comme église Sainte-Geneviève dans son nouvel emploi de mausolée. Un rapport de 1791 proposait des alternatives comme « Portique » ou « Monument des grands hommes », « Basilique nationale », « Cénotaphe », « Mausolée des grands hommes »[4]. Le nom de « Panthéon » a dû plaire parce qu'il apparaissait comme une référence aux vertus romaines antiques, très mises en valeur à l'époque, même si en fait le panthéon-mausolée est une invention italienne.

Il se trouve qu'à ce moment il y avait déjà à Paris un bâtiment nommé Panthéon, qui était unthéâtre de divertissement auLouvre[5]. Il a été remplacé en 1792 par lethéâtre du Vaudeville. Le nom reprenait celui d'unthéâtre de Londres (en)[6], qui lui-même avait été construit en s'inspirant du Panthéon de Rome.

Architecture

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  • Carte des voies.
    Carte des voies.
  • Vue aérienne.
    Vue aérienne.

Description générale

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Le Panthéon est un bâtiment long de 110 m et large de 84 m. La façade principale est décorée d’un portique aux colonnescorinthiennes, surmonté d’unfronton triangulaire exécuté parDavid d'Angers. Ce fronton représente laPatrie (au centre) donnant laLiberté et protégeant à sa droite lesSciences – représentées par de nombreux grands savants (Xavier Bichat,Berthollet,Gaspard Monge,Laplace...), philosophes (Voltaire,Jean-Jacques Rousseau...), écrivains (Fénelon,Pierre Corneille...) et artistes (Jacques-Louis David...) – et à sa gauche l'Histoire – représentée par les grands personnages de l'État (Napoléon Bonaparte...) et les étudiants de l'École polytechnique.

L'édifice, en forme decroix grecque, est couronné par undôme haut de 83 mètres, coiffé d’unlanterneau. L’intérieur est décoré par des peintres académiques commePuvis de Chavannes,Antoine-Jean Gros,Léon Bonnat ouCabanel.

Vue panoramique de l'intérieur du Panthéon.

Triple coupole

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Coupe sur la triple coupole.
Panthéon vu de latour Montparnasse en 2016.

Un élément essentiel de la construction reste invisible aux yeux du visiteur. Alors que l'on pourrait penser qu'une seulecoupole soutient le lanterneau et la croix à son sommet, en réalité, trois coupoles sont emboîtées les unes dans les autres :

  • ledôme extérieur est en pierre recouverte de bandes deplomb, et non pas en charpente, comme il était de tradition à l'époque (comme àSaint-Louis-des-Invalides). Sa mise en œuvre constitue d'ailleurs une véritable prouesse technique. Adhémar, dans sonTraité de charpente[7], explique le choix d'une coupole en pierre par la stabilité nécessaire à un grand édifice d'ordinaire soumis, par le vent, à des oscillations ;
  • de l'intérieur, on peut voir unecoupole à caissons, ouverte au centre par unoculus (ouverture ronde). Cette coupole basse s'appuie sur la partie basse du tambour, au niveau de la colonnade extérieure, qui contrebute l'ensemble ;
  • entre ces deux coupoles, extérieure et intérieure, est construite une troisième coupole technique intermédiaire de la forme d'un demi-œuf, qui soutient lalanterne de pierre, laquelle pèse plus de cinq tonnes. C'est sur la face intérieure de cette coupole qu'est peinteL'Apothéose de sainte Geneviève d'Antoine Gros, visible à travers l'oculus de la coupole intérieure. Cette coupole intermédiaire n'est pas constituée d'un manteau de pierre continu comme le dôme extérieur : elle est ajourée par quatre arcs qui permettent de faire descendre les charges de la lanterne vers les piles. Les jours, quant à eux, laissent passer la lumière prise par les fenêtres en partie haute dutambour entre les deux coupoles inférieures pour nimber la peinture del'Apothéose.
Les trois coupoles.

Cette méthode de circulation de la lumière peut être comparée avec celle qu'ont adoptée les prédécesseurs de Soufflot ; par exemple, lePanthéon de Rome et son oculus central à ciel ouvert, ou la coupole desInvalides de Paris deHardouin-Mansart. Il existe aussi un dôme triple enveloppe à lacathédrale Saint-Paul de Londres, conçu peu de temps auparavant par l'architecte anglaisChristopher Wren, avec cependant un dôme charpenté. Le système de construction peut être examiné sur la maquette réalisée par Rondelet : elle se trouve exposée dans la chapelle annexe-nord du bâtiment[note 3],[note 4].

Dans la conception du dôme, d'un poids de 17 000 tonnes, Soufflot a utilisé la courbe de la« chaînette renversée », dans le dessin de la coupole intermédiaire[note 5],[8]. Celle-ci est influencée par la théorie du mathématicien anglaisRobert Hooke, publiée en 1678 : la courbe formée par une chaîne de suspension, lorsque renversée, donne la forme d'un arc de maçonnerie « parfait », suivant et contenant la ligne de poussée, et qui trouvera une formulation mathématique en 1691, parJacques Bernoulli,Leibniz, etHuygens.

Crypte

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Couloir de la crypte.

Lacrypte couvre toute la surface de l'édifice. En effet, elle est constituée de quatre galeries, chacune sous chacun des bras de la nef. Cependant, elle n'est pas véritablement enterrée comme une cave puisque des fenêtres, en haut de chaque galerie, s'ouvrent sur l'extérieur.

On pénètre dans la crypte par une salle décorée decolonnes doriques (en référence au temple de Neptune àPaestum, que Soufflot avait visité pendant son voyage en Italie). En avançant, on découvre, au centre du bâtiment, la vaste salle voûtée de forme circulaire et la petite pièce centrale, située juste sous le dôme. Les dimensions de la crypte font qu'elle paraît fort vaste. Les 81 hôtes actuels ne sont pas à l'étroit puisque la capacité totale d'accueil est d'environ 300 places. Une des hypothèses émises pour expliquer cela serait queLouis XV voulait en faire un mausolée pour lesBourbons.

Histoire

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Origines

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Louis XV, parti diriger ses armées engagées sur le front de l'Est dans laguerre de Succession d'Autriche, tombe gravement malade le, àMetz[9]. Son état empirant, la question de la communion et de l'extrême-onction se pose.François de Fitz-James, premier aumônier du roi, refuse de lui donner la communion tant que sa maîtresse,Madame de Châteauroux, n'a pas quitté les lieux[10]. Puis il impose au roi de demander pardon du scandale et du mauvais exemple qu'il donne[9]. Le, il n'accepte de lui donner l'extrême-onction que si sa maîtresse perd le titre de surintendante de la maison de la Dauphine. Madame de Châteauroux quitte Metz tandis que la reine arrive en hâte.

Le roi fait le vœu de faire construire une église dédiée àsainte Geneviève, dans le cas où il guérirait[11]. Devant l'incapacité des médecins à le soigner, un praticien messin juif, Isaïe Cervus Ullmann, est appelé au chevet du roi[12],[13]. Bien qu'il parvienne à sauver le roi, il n'en est pas récompensé : on ne peut attribuer la guérison du roi « Très Chrétien » à un Juif, aussi c'est un médecin lorrain, Alexandre de Montcharvaux, qui récolte tous les honneurs[14]. Le souverain échappe à la mort et fait construire l'église qu'il a promise en cas de guérison ; elle deviendra le Panthéon de Paris[15].

Construction

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Le projet architectural de Soufflot

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Premier projet deJacques-Germain Soufflot en 1756.

Le projet architectural deJacques-Germain Soufflot est une église àdôme, en forme decroix grecque, c'est-à-dire avec quatre branches courtes, égales en longueur et en largeur[16]. Pour le réaliser, il emprunte à différents styles architecturaux, ce qui fera écrire àMaximilien Brébion : « Le principal objet de M. Soufflot, en bâtissant son église, a été de réunir, sous une des plus belles formes, la légèreté de la construction des édifices gothiques avec la magnificence de l'architecture grecque »[17].

Soufflot était assisté par deux ingénieurs,Émiland Gauthey etJean-Baptiste Rondelet qui a achevé le monument à la mort de l’architecte en 1780. Pour la première fois, un monument a fait l’objet de calculs mathématiques afin d’évaluer les poussées et la résistance des matériaux. On avait même construit à cet effet une machine à écraser les pierres. Pour tenter de consolider la structure, toutes les pierres ont été armées avec des agrafes en fer[18].

Soufflot a composé son église en puisant dans différents registres :

Projet (réalisé) de façade.
Armatures dans la pierre.

En raison de ces différents styles, l'église Sainte-Geneviève sera considérée parPierre Lavedan etLouis Hautecœur comme le premier édificeéclectique[19]. Il est cependant généralement classé commenéo-classique, d'abord pour la période de sa construction, puis par le vocabulaire de l'architecture classique (colonnes, entablement, fronton, etc.) utilisé dans une volonté de retour à la simplicité antique en réaction au stylebaroque de la période précédente (la façade ne comporte qu'un seul ordre comme les temples grecs, et non des ordres superposés commeSaint-Louis des Invalides, les colonnes du péristyle d'entrée ont un entrecolonnement régulier comme les temples antiques, alors que l'usage classique était d'écarter davantage les colonnes centrales, le même ordre corinthien se retrouve à l'intérieur comme à l'extérieur, etc.)[20].

D'un point de vue structurel, les quatre nefs servent à contrebuter les poussées latérales du dôme. Cependant, le recours à l'armature de la pierre est nécessaire, compte tenu des poussées à contenir. Le portail contient une structure métallique invisible. Il s'agit véritablement depierre armée et non pas simplement chaînée comme il était souvent pratiqué à l'époque, la disposition des armatures étant déjà celle d'une poutre en béton armé[21]. Cependant, cette technique de construction nécessite un entretien régulier, pour éviter que l'humidité n'entre dans la maçonnerie et ne fasse rouiller le fer des armatures qui risqueraient de faire éclater la pierre.

Dès 1764, ce projet audacieux est l'objet de protestations de la part du clergé catholique qui s'élève contre la construction d'une église dont le plan au sol ne serait pas celui d'unecroix latine. Soufflot doit donc revoir son plan. Il allonge d'une travée le bras du chœur (branche est), ce qui permet de créer uneabside flanquée de deux tours abritant des chapelles au rez-de-chaussée et desclochers en élévation. À l'opposé, il allonge également le bras de la branche ouest en la dotant, à la manière des temples grecs de l'Antiquité, d'une sorte depronaos, c'est-à-dire d'un portique qui précède le sanctuaire.

Lancement du projet

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Le dôme du Panthéon.
Coupoles vus du rez-de-chaussée
Dômes vus du rez-de-chaussée.
Coupole interne.

Il s'agissait d'abord de trouver de l'argent pour réaliser ce projet. On majora le prix des troisloteries mensuelles, leur coût passant de 20 à 24 sols, ce qui rapporta400 000 livres.

Ensuite, il fallait trouver un terrain. On décida de le prendre sur la partie ouest du jardin de l'abbaye Sainte-Geneviève. Les travaux commencèrent en 1758. L'argent récolté ne permit de réaliser que les fondations, car le terrain était miné par les galeries qu'avaient forées, seize siècles plus tôt, les potiers gallo-romains pour extraire l'argile. On dénombra au moins sept puits de 25 mètres de profondeur, et une centaine d'autres, moins profonds.

Enfin, le,Louis XV vint poser la première pierre. On avait édifié pour l'occasion une reproduction du futur édifice, un trompe-l'œil grandeur nature, de toile et de charpente, représentant le futur portail de l'église[note 6].

Lors de la pose de lapremière pierre de la nouvelle église Sainte-Geneviève,Alexandre Guy Pingré, bibliothécaire de l'abbaye de sainte-Geneviève et franc-maçon rédigea le quatrain suivant[22] :

Lorsque, le Sceptre en main, Louis dicte des lois,
Dans son maître, un Français bénit un tendre père.
Si, pour fonder un temple, il prend en main l'Équerre,
Dans son frère, un maçon voit le plus grand des rois.

La construction avança malgré tout avec régularité : en 1769, les murs étaient élevés et en 1776, les voûtes terminées etdécintrées.

Mais le projet fut très contesté. Bien que cette idée fît école[23], il fut attaqué par de nombreux détracteurs. L'audace du projet, mais aussi, il est vrai, des tassements dans les maçonneries dus à une mauvaise exécution, alimentèrent libelles et mémoires explicatifs. La polémique fut très vive et c'est désespéré que Soufflot mourut le avant que le projet ne fût terminé. Les critiques principales tendaient à établir que les quatre groupes de trois colonnes destinées à soutenir les trois coupoles, imaginées par l'architecte, manquaient de solidité et que l'édifice allait s'écrouler.

La plupart despierres viennent descarrières duBassin parisien. Les parties inférieures, jusqu’à neuf pieds de hauteur, viennent des carrières d'Arcueil et sont constituées de banc franc réputé comme le cliquart pour sa finesse et la dureté de son grain. De la carrière deConflans-Sainte-Honorine, au confluent de laSeine et de l'Oise, on a extrait deux beaux blocs dits de banc royal qui ont été employés pour les angles du fronton. Du banc supérieur au banc royal, on trouve des pierres d'une dureté et d'une finesse un peu inférieure, dont on a extrait les blocs qui ont servi aux chapiteaux des colonnes corinthiennes[24]. Les pierres aux grains fins et serrés dont sont faits les fûts des colonnes proviennent des carrières souterraines de Bagneux[25].

Parmi les ouvriers qui ont participé à ce chantier, beaucoup venaient de laCreuse. Lesmaçons de la Creuse, qui ont participé à tous les grands chantiers de la capitale, évoquent le Panthéon dans une chanson :

[…]
Voyez le Panthéon,
Voyez les Tuileries,
Le Louvre et l'Odéon,
Notre-Dame jolie,
De tous ces monuments,
La France est orgueilleuse,
Elle en doit l'agrément,
Aux maçons de la Creuse
[…]

Achèvement de l'édifice par Rondelet et Brébion (1780-1790)

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La suite des travaux fut confiée à deux collaborateurs de Soufflot, les architectes Rondelet etBrébion aidés d'un parent de Soufflot, Soufflot dit le Romain[26].

Pour la structure, leur principal apport fut de substituer de massifs piliers aux colonnes imaginées par Soufflot pour soutenir le dôme. Pour tracer les fuseaux verticaux contenant les caissons du dôme, Rondelet s'est servi d'une méthode simple : accrochant un fil à plomb au sommet, il se servit de l'ombre portée directement sur la voûte déjà réalisée pour les matérialiser.

Ils assurèrent également le suivi du chantier. On trouvera sur le site italienVita e opere[27] de nombreuses gravures sur la construction de l'église Sainte-Geneviève, plans de coupe du bâtiment, croquis de machines de chantier pour tester la solidité de la pierre et pour le renforcement de la pierre par des armatures de métal.

Le sculpteurGuillaumeII Coustou réalisa le fronton.

Modifications de Quatremère de Quincy pour en faire un temple républicain

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Le, l'Assemblée constituante transforme la future église Sainte-Geneviève en « Panthéon des grands hommes ». Elle chargeQuatremère de Quincy d'adapter les lieux à cette nouvelle fonction[28].

Les choix de l'architecte modifient l'idée initiale de Soufflot : il change l'aspect extérieur, en supprimant lelanterneau et lesclochers, devenus inutiles. Intérieurement, il obture trente-huit des quarante-deux fenêtres, modifiant ainsi profondément la circulation de la lumière à l'intérieur du bâtiment. Alors que le projet initial était de faire entrer le plus de lumière possible, l'obturation des ouvertures plonge maintenant la base du lieu dans une semi-pénombre. Elle accentue la lumière zénithale issue de l'oculus de la coupole à caissons, comme c'est le cas pour lePanthéon de Rome.

La suppression de ces fenêtres perturbe la ventilation du bâtiment ; elle accroît en particulier le taux d'humidité et se trouve à l'origine, auXXe siècle, de fissures et d'érosion des structures métalliques.

Au milieu du bouillonnement des idées de laRévolution française, concernant le Panthéon, il faut retenir l'idée deCharles De Wailly, finalement non réalisée, qui aurait consisté à modifier l'édifice pour le mettre au goût de l'époque et lui donner le caractère de solidité qui semblait lui manquer.

Période napoléonienne

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Durant cette période, la polémique sur la solidité de l'édifice continue au point qu'un étayage intérieur est mis en place. Visitant l'édifice le,Napoléon s'intéresse de près aux remèdes possibles pour le consolider en proposant de mettre des piliers en fonte pour soutenir le dôme. Il attribue une somme de 600 000 francs à la réfection du bâtiment et, sur les conseils de son architecte, M. Fontaine, il charge Rondelet de cette mise en application[29].

Finalement la seule réalisation est, à l'arrière de l'édifice, la construction d'un escalier monumental pour descendre dans la crypte.

Affectation

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Les débuts d'une église royale

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Projet de Laurent Destouches en 1753.

En 1744, alors qu'il se trouve àMetz souffrant d’une grave maladie,Louis XV fait le vœu, s’il survit, de faire ériger une église dédiée àsainte Geneviève[30]. Rétabli, et de retour à Paris, il charge lemarquis de Marigny, directeur général des bâtiments, d'édifier le monument en lieu et place de l’ancienneabbaye Sainte-Geneviève, alors en ruine. Plusieurs architectes dont Laurent Destouches conçoivent les plans d'un nouvel édifice[31]. Mais, en 1755, le marquis de Marigny confie la responsabilité des plans à l’architecteJacques-Germain Soufflot, qui avait envoyé deRome, un projet adopté par acclamation.

Le chantier commence en 1757[32] et l'abbé de Sainte-Geneviève bénit le terrain le. Dès lors, on commence à creuser les fondations.

Louis XV pose la première pierre le, devant une grandiose préfiguration : le futur portail y figure, peint et représenté grandeur nature, comme un décor en toile tendu sur une charpente ; l'œuvre est due aux peintresPierre-Antoine Demachy et Callet. Le souverain est accompagné dudauphin, de l'abbé de Sainte-Geneviève, du marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments du roi, ainsi que de l'architecte Soufflot, qui lui présente son projet. Une médaille commémorative de la cérémonie est gravée parPierre-Simon-Benjamin Duvivier etCharles Norbert Roëttiers. Elle porte au droit l'effigie du roi et au revers l'élévation initialement prévue. Un exemplaire en or de cette médaille, offert par le roi àJean-Baptiste de Puisieux, collaborateur de Soufflot, est conservé aumusée Carnavalet (ND 20). Un célèbre tableau de Demachy représentant la cérémonie, présenté au Salon de 1765, et un grand dessin préparatoire à la plume et au lavis de bistre pour la composition de Soufflot sont également conservés aumusée Carnavalet (P 1931).

Cependant, des critiques s’élèvent bientôt, dès 1770, au sujet du dôme dont on prédit, notamment l’architectePierre Patte, que les bases ne suffiront pas à le porter et que, faute de remplacer les colonnes de soutènement par des piliers pleins et massifs, l’édifice est voué à l'effondrement. Bientôt l’idée est fermement ancrée chez beaucoup de Parisiens qui s’imaginent l’ouvrage destiné à s’écrouler à plus ou moins long terme.Mercier, par exemple, se fait l’écho de cette rumeur dans sonTableau de Paris :

« Le dôme ou la coupole de l'église de Sainte-Geneviève s’écroulera-t-il sur nos têtes ? Ou bien bravera-t-il, sur une base inébranlable, les clameurs et les alarmes de M. Patte ? Il a annoncé le danger, n’est-il qu’imaginaire ? S’il arrivait, il ne nous resterait donc que la majestueuse façade de ce monument ; morceau qui mérite les plus grands éloges »[33].

La construction prend du retard à cause de difficultés financières dues à la guerre et à la mort de Soufflot en 1780. L'édifice n'est achevé qu'en 1790, par les associés de Soufflot,Jean-Baptiste Rondelet etMaximilien Brébion.Ils dénaturent cependant le projet en le privant de la partie audacieuse et originale qui le caractérisait[réf. souhaitée]. C'est laRévolution, qui entrainera la nouvelle affectation du monument et une épuration de l'architecture : suppression des deux clochers prévus initialement, obturation des trente-neuf fenêtres de la nef, anéantissant définitivement l'esthétique lumineuse du temple, voulue par Soufflot[34].

De l'Église catholique et royale au temple républicain

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C'est à la mort deMirabeau, le, que l'on songe à réunir les tombes des grands hommes de France dans un endroit qui leur soit dédié, à l'image de l'abbaye de Westminster enAngleterre ou de l'église Saint-Étienne-du-Mont dans le passé en France.

L'édifice devenu « Panthéon », en 1795.
Transfert de Voltaire au Panthéon le (musée de la Révolution française).

La proposition d’Emmanuel Pastoret d'utiliser pour cela l'édifice qui vient d'être achevé et n'est pas encore consacré commeéglise, plutôt que larotonde de la Villette et leChamp-de-Mars, est retenue par l’Assemblée nationale. Cette dernière décide, par un décret du, que le bâtiment servira denécropole aux personnalités exceptionnelles qui contribuent à la grandeur de laFrance :

« Il ne suffit pas d’une action, fût-elle la plus sublime de toute, c’est par une longue suite de pensées, d’actions, et d’ouvrages, c’est en quelque sorte par toute une vie d’homme, conçue et exécutée sur des grandes vues qu’on mérite le titre de grand homme »

— Assemblée Constituante du 4 avril 1791.

Le discours d'Emmanuel Pastoret, procureur syndic du département de Paris, provoque l'acclamation de l'Assemblée entraînée parRobespierre et Barnave[35] :

« Messieurs,Le Directoire du département propose à l'Assemblée nationale de décréter :

  1. Que le nouvel édifice Sainte-Geneviève soit destiné à recevoir les cendres des grands hommes, à dater de l'époque de notre liberté ;
  2. Que l'Assemblée nationale puisse seule juger à quels hommes cet honneur sera décerné ;
  3. Que Honoré-Riquetti Mirabeau en est jugé digne ;
  4. Que les exceptions qui pourront avoir lieu pour quelques grands hommes, morts avant la Révolution, tels queDescartes,Voltaire,Rousseau, ne puissent être faites que par l'Assemblée nationale ;
  5. Que le Directoire du département de Paris soit chargé de mettre promptement l'édifice Sainte-Geneviève en état de remplir sa nouvelle destination, et fasse graver au-dessus du fronton ces mots : « Aux grands hommes la patrie reconnaissante ». »

Entre 1791 et 1793, le bâtiment est par conséquent profondément modifié parQuatremère de Quincy, qui lui donne son apparence actuelle afin qu'il devienne un « panthéon », c'est-à-dire un monument consacré à la mémoire des grands hommes de la nation.

Entre 1796 et 1801, un chantier de consolidation du monument voit se succéder de nombreuses expertises, de projets et de controverses entre des architectes, tels queAntoine-Marie Peyre, Viel,Charles de Wailly,Jean-François Chalgrin,Alexandre-Théodore Brongniart,Louis François Petit-Radel,Léon Vaudoyer et des ingénieurs et mathématiciens, tels quePierre-Simon de Laplace,Charles Bossut,Gaspard de Prony), dont triomphe pourtant,Jean-Baptiste Rondelet[34].

Les revirements historiques duXIXe siècle

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Sous lePremier Empire, par le décret du, le bâtiment prend le nom d'église Sainte-Geneviève ; c'est à la fois le lieu d’inhumation des grands hommes de la patrie et un lieu de culte. Lacrypte reçoit donc le cercueil de grands serviteurs de l'État, tandis que dans la partie supérieure se déroulent des cérémonies religieuses notamment liées aux commémorations impériales.

« [Au bivouac]… les soldats se dispersaient dans les environs pour aller déterrer des pommes de terre. Un champ était bientôt récolté, et le repas était bientôt préparé au feu du bivouac. Le silence durait tant que durait cette importante occupation ; mais elle ne durait pas longtemps et les provisions étaient épuisées avant que la faim ne fût apaisée. L'inépuisable gaieté du soldat français revenait alors. Ne doutant de rien, parlant de tout, lançant des saillies originales et souvent même instructives, tel est le soldat français. Un soir, on parlait politique et des nouvelles de Paris ; le propos était tombé sur les grands hommes qu'on avait fait entrer au Panthéon ou qu'on en avait successivement fait sortir, suivant l’esprit du jour et l’influence du parti régnant.
- Qui va-t-on mettre aujourd’hui, demanda quelqu'un ?
- Parbleu, répondit son voisin, une pomme de terre.
et tout le monde d’applaudir cette saillie, qui avait plus de portée que l'intention de son auteur n'avait probablement voulu lui donner. »

— Jean-de-Dieu Soult, Mémoires du maréchal-général Soult, 1854

Au début de la Restauration, le Panthéon reste un lieu d'inhumation pour les grands hommes. L'ordonnance royale du rend l'église Sainte-Geneviève au culte catholique, prévoyant la « suppression de tous les ornements et emblèmes étrangers au culte catholique ». En 1819, les lettres de bronze formant l'inscription du fronton sont enlevées, mais le texte reste lisible. C'est seulement en 1823 (pour le fronton) et en 1826 que les traces de l'ancienne fonction du Panthéon disparaissent finalement. En, les tombes deVoltaire et deRousseau avaient été déplacées pour ne plus être visibles du grand public tout en restant dans l'édifice : alors que ses courtisans demandaient àLouis XVIII s'il était bien convenable de laisser la dépouille de l'anticléricalVoltaire dans un lieu rendu à sa fonction d'église, le roi répondit : « Laissez-le donc, il est bien assez puni d'avoir à entendre la messe tous les jours »[36].

À son tour, lamonarchie de Juillet retire l'église Sainte-Geneviève au culte catholique et lui rend sa destination de panthéon qui est appelé alors « le temple de la Gloire ».David d'Angers refait le fronton et la célèbre devise « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante » réapparaît. Pourtant, durant cette période, personne ne serapanthéonisé. De 1848 à 1851, sous laDeuxième République, il est « temple de l'Humanité », sans succès non plus pour d'éventuels nouveaux locataires.

Sous leSecond Empire (1851-1870), l’édifice redevient une église et l’inscription disparaît à nouveau[37]. Le décret du n'abroge pas l'ordonnance de Louis-Philippe maintenant le caractère de sépulture nationale voulue par la Révolution. La cérémonie de reprise du culte a lieu le.

Un second décret, du, fixe les conditions d'exercice du culte. Ne s'agissant pas d'une paroisse ni de l'église d'une congrégation, l'État prévoit les modalités d'exercice suivantes :« Une communauté de prêtres est établie pour desservir l'église Sainte-Geneviève de Paris. Cette communauté est composée de six membres qui prennent le titre de chapelains de Sainte-Geneviève, et d'un doyen. Les chapelains de Sainte-Geneviève sont institués aux fins de se former à la prédication et de prier Dieu pour la France et pour les morts qui auront été inhumés dans les caveaux de l'église »[38].

« Il [Napoléon III] a enfoncé un clou sacré dans le mur du Panthéon et il a accroché à ce clou son coup d'État. »

— Victor Hugo, Napoléon le Petit'’ – Livre 2, chapitreVIII, 1852

Dès l'affermissement de laTroisième République, un débat s'engage sur la possibilité de rendre à l'église sainte-Geneviève son statut de panthéon. le, le rapporteurBenjamin Raspail présente un projet de loi intitulé : Proposition de loi relative au chapitre métropolitain des chapelains de sainte-Geneviève et au Panthéon. Après discussion, trois articles sont adoptés :

  • Article 1 : Le décret loi de l’Assemblée nationale, en date des 4-, est rétabli en ce qui concerne la consécration de l'église Sainte-Geneviève, à la mémoire des grands citoyens. Cet édifice reprendra la dénomination de Panthéon. L'inscription : « Aux grands hommes la patrie reconnaissante ! » sera maintenue sur son fronton.
  • Article 2 : La communauté de prêtres, portant le titre de chapelains de Sainte-Geneviève, avec doyen, est supprimée.
  • Article 3 : Le décret du, l'ordonnance du, les décrets du, et sont abrogés[39].

En 1885, à l'occasion du décès deVictor Hugo et de son inhumation au Panthéon, cette loi est mise en application. Désormais, le bâtiment est bien le lieu de repos des grands hommes honorés par laRépublique. Un ensemble de statues de huit saints prévues à l'origine pour l'église Sainte-Geneviève sont en conséquencein fine envoyées par l'État dans lacathédrale Notre-Dame-et-Saint-Vaast d'Arras (Pas-de-Calais)[40].

Textes législatifs modifiant l'affectation du Panthéon entre 1806 et 1851

Décret impérial du rendant le Panthéon au culte sous le nom de Sainte-Geneviève sans lui ôter son caractère de vocation à perpétuer le souvenir des grands hommes.

L’église Sainte-Geneviève sera terminée et rendue au culte, conformément à l'intention de ses fondateurs, sous l'invocation de sainte Geneviève, patronne de Paris. Elle conservera la destination qui lui avait été donnée par la Constituante, et sera consacrée à la sépulture des grands dignitaires, des grands officiers de l'Empire et de la Couronne, des sénateurs, des grands officiers de la Légion d'honneur, et, en vertu de nos décrets spéciaux, des citoyens qui, dans la carrière des armes ou dans celle de l'administration et des lettres, auront rendu d'éminents services à la patrie.

Leurs corps embaumés seront inhumés dans l'église. Le chapitre métropolitain de Notre-Dame, augmenté de six membres, sera chargé de desservir l'église Sainte-Geneviève. La garde de cette église sera spécialement confiée à un archiprêtre, choisi parmi les chanoines.


Ordonnance du

Notre conseil entendu, considérant qu'il est de la justice nationale et de l'honneur de la France que les grands hommes qui ont bien mérité de la patrie en contribuant à son bonheur et à sa gloire reçoivent, après leur mort, un témoignage éclatant de l'estime et de la reconnaissance publique,Considérant que pour atteindre ce but, les lois qui avaient affecté le Panthéon à une semblable destination doivent être remises en vigueur, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Art.1er : Le Panthéon sera rendu à sa destination primitive et légale ; l'inscription « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante » sera rétablie sur le fronton. Les restes des grands hommes qui auront bien mérité de la patrie y seront déposés.


Extraits du projet de loi de rétablissement du Panthéon du, signé du ministre de l'Intérieur (jamais exécuté)

En exécution de la loi du 4-, le Panthéon sera de nouveau destiné à recevoir les restes des citoyens illustres qui ont bien mérité de la patrie. L'inscriptionAux grands hommes, la patrie reconnaissante sera rétablie sur le fronton. Les honneurs décernés seront ou un mausolée, ou une inscription gravée sur une table de marbre. Les honneurs ne seront accordés qu'en vertu d'une loi, et dix ans au moins après le décès du citoyen qui en sera l'objet. Néanmoins, au, premier anniversaire de la Révolution de 1830, les restes de Foy, Larochefoucault-Lisancourt, Manuel et Benjamin Constant seront portés au Panthéon.

Seront gravées sur les murs du Panthéon les inscriptions suivantes :
Aux guerriers morts pour la patrie
Aux héros des journées de juillet ; les noms seront gravés au bas de cette inscription.

La présente loi sera gravée sur les murs du Panthéon.


Extraits du décret du rendant l'église Sainte-Geneviève au culte catholique

Le Président de la République, sur proposition du ministre des Cultes, vu la loi des 4 et, vu le décret du, vu l'ordonnance du et celle du, décrète :

L'ancienne église Sainte-Geneviève est rendue au culte, conformément à l'intention de son fondateur, sous l'invocation de sainte Geneviève, patronne de Paris. Il sera pris ultérieurement des mesures pour régler le culte catholique dans cette église. L'ordonnance du est rapportée. Le ministre des Cultes et le ministre des Travaux publics sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret qui sera inséré au Bulletin des Lois.
 

L'installation d'une croix surmontant l'édifice

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Le Panthéon en 1792, avecLa Renommée en son sommet.
La croix actuelle au sommet de lalanterne

La croix chrétienne qui surmonte actuellement le Panthéon, monument dédié aux grands hommes dans une république laïque, a une longue histoire. En 1790, lors de l'achèvement du dôme parJean-Baptiste Rondelet, architecte chargé de finir le monument après la disparition deJacques-Germain Soufflot, une croix provisoire est placée au sommet du dôme en attendant la statue de Geneviève qui doit surmonter l'édifice.

En 1791, l'Assemblée constituante décide de transformer l'église Sainte-Geneviève en mausolée pour accueillir les cendres deMirabeau. L’architecteQuatremère de Quincy fait donc remplacer la croix parLa Renommée, une statue deClaude Dejoux, de neuf mètres de hauteur, représentant une femme embouchant une trompette[28]. Le,Napoléon rend l'édifice à sa destination première, mais laisse la statue au sommet du dôme.

Le, l'église est finalement inaugurée. On place au sommet une croix en bronze doré. Le,Louis-Philippe Ier retransforme le bâtiment en panthéon. On enlève la croix et on la remplace par un drapeau. Le, par un décret du prince présidentLouis-Napoléon Bonaparte, le Panthéon est rendu au culte catholique et on replace une croix dorée sur le dôme.

Le, à la demande deJean Allemane, lesCommunards scient les petites branches de la croix et placent au sommet undrapeau rouge.

« Les canons de la place du Panthéon saluaient le drapeau qui venait remplacer la croix par laquelle le catholicisme impérial avait marqué sa prise de possession de l’édifice.
La Commune reprenait au clergé ce que le clergé avait usurpé. Le drapeau était rouge. Nous ne sommes pas de ceux que le rouge effarouche.
Ce n’est pas une couleur nouvelle pour nous. Pendant tout l’exil, le drapeau rouge a été le drapeau de la République proscrite ; et nous trouvons tout simple que la République rentre en France avec son drapeau. […]
Le drapeau tricolore, qui a été celui de la première République, a eu, certes, ses jours glorieux ; mais l’empire l’a traîné dans la boue de Sedan, et ce n’est pas nous qui l’y ramasserons ! »

— Auguste Vacquerie, Le Rappel,.

En, pendant les années du gouvernement d'« ordre moral » une croix en pierre est remise, haute de quatre mètres et pesant 1 500 kg avec son socle et sa boule. Pour le transfert des cendres de Victor Hugo en 1885, laTroisième République redonne à l'édifice le statut de « Panthéon », mais il n'est pas jugé nécessaire d'enlever la croix, qu'on surmonta par la suite d'un paratonnerre.

Décoration

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L'Apothéose de sainte Geneviève parAntoine-Jean Gros, 1811, fresque, version définitive.
L'Apothéose de sainte Geneviève parAntoine-Jean Gros, projet initial,musée Carnavalet.

Passées ces étapes de construction, le bâtiment ne subit plus de modification de structure.

Au gré de l'histoire desXIXe et XXe siècles, duPremier Empire au début de laQuatrième République, chaque pouvoir en place utilise la destination de cet édifice comme l'affirmation de sa conception de l'État, et en particulier de son rapport avec le pouvoir religieux.

L'étude et l'observation des différents éléments des décors intérieurs et extérieurs — tour à tour chrétiens, patriotiques, républicains, francs-maçons, philosophiques — rendent compte des âpres débats politiques de chaque période.

Ceux qui ont été retenus puis retirés, ceux qui ont été modifiés, ceux qui ont survécu, tout comme les projets refusés, l'ensemble de ces choix constitue une illustration de l'art officiel du moment.

Période révolutionnaire (1789-1799)

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Les symboles religieux sont enlevés et lefronton est modifié pour accueillir un motif révolutionnaire. Des fragments du fronton primitif sont encore visibles dans le bras-sud de la crypte, en particulier un profil deLouis XVI.

On détruisit les sculptures du fronton représentant une gloire rayonnante entourée d'anges et les bas-reliefs du péristyle illustrant quelques épisodes de la vie de sainte Geneviève.

Le nouveau motif, du sculpteurJean Guillaume Moitte qui en achève l'exécution en 1793, représente la Patrie couronnant la Vertu, tandis que la Liberté saisit par leur crinière deux lions attachés à un char qui écrase le Despotisme, et qu'un génie terrasse la Superstition.

L'inscription « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante » y est apposée.

Sous le péristyle, Boichet sculpte dans le bas-relief du centre « une déclaration des Droits de l'homme » avec les déesses de la Liberté, de l’Égalité et de la Nature se donnant la main.

Lesueur, Roland, Claudet et Fortet font les autres bas-reliefs au-dessus des portes représentantL'Institution du jury,L'Instruction publique,L'Empire de la Loi etLe Guerrier mourant pour la Patrie sur le champ de bataille.

Les quatre nefs furent également modifiées : elles furent consacrées successivement à la Philosophie, les Vertus patriotiques, les Sciences et les Arts.

Lors de labataille du13 prairial anII, le vaisseauLe Vengeur, faisant partie de l'escadre deBrest, sombre en livrant bataille contre une escadre britannique qui voulait empêcher le passage de 160 navires en provenance d'Amérique, chargés de blé, pour assurer le ravitaillement des Français. La légende raconte que pendant le naufrage du bateau les marins criaient « Vive la Nation ! Vive la République ». La Convention décrète alors qu’une maquette du bateau serait suspendue à la voûte du Panthéon et que les noms des membres de l’équipage seraient gravés sur les colonnes du monument. Le9 thermidor empêcha cette réalisation.

Plus tard, une statue commémorant l'événement est placée le long d'un des piliers (date inconnue).

Saint-Just propose que les noms des victoires soient inscrits sur ses murs et que des livres y soient déposés, portant le nom de tous ceux qui ont concouru à la Révolution ou qui en seront morts ou en auront souffert[41].

Consulat et Premier Empire (1799-1814)

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Sur un pendentif,La Mort par Carvallo.

Le Panthéon, inachevé pendant la révolution, était resté avec sa grande grue en place et se délabrait chaque hiver ; Mercier, après une visite fin 1795 le décrit avec ses échafaudages en place, la poussière de plâtre et les gravats de la construction inachevée ; le, le fils Soufflot reprend la direction des travaux, suivi de Rondelet à partir du.

Napoléon rend à l'édifice sa fonction d'église, mais il installe dans la crypte des dignitaires de l'Empire.

En 1801, Antoine Somer, facteur d'orgues parisien, y transfère l'orgue des Bénédictins britanniques.

Dès 1806, l'architecte Rondelet est chargé de consolider les piliers du dôme.

En 1811, Napoléon commande àAntoine-Jean Gros une peinture représentant l'apothéose de sainte Geneviève. Dans cette peinture, l'Empereur occupait naturellement une place importante, tenant à la main leCode civil français. Les changements politiques de 1815 nécessitèrent des transformations dans les personnages représentés :

« Napoléon le chargea [Gros] d'exécuter sur la surface intérieure du dôme du Panthéon, dans des proportions de quatre mètres,Clovis,Charlemagne,saint Louis, et lui-même, le fondateur de la nouvelle dynastie. Gros devait terminer le tout en deux ans, pour la somme de 36 000 francs, lorsque survint la funeste retraite de Russie, puis la campagne de France, enfin le retour des Bourbons : la coupole subit les conséquences de ces événements. Le, le ministre de la maison du roi fit écrire à Gros de placerLouis XVIII à la place de Napoléon, et on porta à 50 000 francs, la somme de 36 000 francs primitivement allouée. Le, nouvelle lettre ministérielle enjoignant à l'artiste de représenter Napoléon comme il l'avait commencé ; le prix de 50 000 francs était maintenu. Enfin le de la même année, après les Cent Jours, un troisième contre-ordre l'obligeait de placer de nouveau Louis XVIII à la place de Napoléon empereur. »

— Nouvelle Biographie générale, des temps les plus reculés jusqu’à nos jours, 1858

Sur les pendentifs, Carvallo peint, d'après des dessins deGérard, desallégories relatives au Premier Empire : la Gloire, la Mort, la Patrie, la Justice.

Un escalier monumental est construit pour descendre dans la crypte.

Première et seconde Restaurations (1814-1830)

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Louis XVIII décide de rendre le bâtiment à sa destination première par saconsécration : le, jour de la fête de la patronne de Paris, l'église est inaugurée par l'archevêque de Paris,Hyacinthe-Louis de Quélen, en présence de la famille royale.

Le fronton est modifié en conséquence. Il représente maintenant une croix de pierre au milieu de rayons fulgurants ; la formule « Aux grands hommes la patrie reconnaissante » est remplacée par l'inscription « D.O.M. sub invocat. S. Genovefae. Lud.XV dicavit. Lud.XVIII restituit ».

On aménage la chapelle, située sous l'ancien clocher nord, avec un décor de pilastres orange et une coupole en pierre, coupole à caissons ornés de roses finement sculptées.

La peinture d'Antoine Gros, remaniée, est visitée par le roiCharles X en 1824. Elle sera achevée à cette date ou en 1827 selon les auteurs. On y voitLouis XVIII remettant laCharte constitutionnelle et, dans le ciel,Louis XVI,Marie-Antoinette et le dauphinLouis XVII couronnés et sanctifiés. Ce temple des grands hommes de la République qu'est le Panthéon est ainsi placé par une ironie de l'Histoire sous les auspices des rois de France.

Monarchie de Juillet (1830-1848)

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Fronton où est inscrite l'épigraphe du Panthéon, orné du bas-relief sculpté parDavid d'Angers en 1837.

Louis-Philippe transforma à nouveau l'édifice en panthéon par l'ordonnance du. Le, le ministre de l'Intérieur fit paraître un projet de loi de rétablissement du Panthéon qui ne vit jamais le jour mais témoigne de l'intérêt porté par le nouveau régime au Panthéon.

Le en présence deLouis-Philippe, de ses fils, de l'empereurDon Pedro, des ministres et maréchaux de France, quatre tableaux avaient été commandés àFrançois Gérard parCharles X : la Mort, la Patrie, la Justice et la Gloire. Mort en 1837, ces tableaux furent achevés par ses élèves.

Entre 1831 et 1837,David d'Angers réalise une sculpture pour le frontonLa Patrie couronnant les hommes célèbres[42]. Le plâtre de cebas-relief est visible à lagalerie David d'Angers àAngers. Il est secondé dans ce travail parHippolyte Maindron. Le motif représente au centre La Patrie distribuant des couronnes aux grands hommes, entre la Liberté à droite qui donne les couronnes et l'Histoire à gauche qui inscrit sur ses tables les noms. Dans les cadres ménagés sous le péristyle, le statuaireNanteuil représenta un magistrat bravant le poignard d'un assassin, un guerrier refusant les palmes de la Victoire, les Sciences et les Arts travaillant à la gloire de la nation, l'Instruction Publique accueillant des enfants amenés par leurs mères. Dans le médaillon central, il disposa d'un groupe représentant la Patrie qui console, en lui offrant une palme, un citoyen mourant dont la Renommée proclame les hauts faits.

Détail du bas-relief, sculpté parDavid d'Angers, sur le fronton du Panthéon.

Alors que le gouvernement tente de faire supprimer l’effigie deLa Fayette, ce que David d'Angers refuse avec obstination, appuyé en cela par la presse libérale, le fronton est dévoilé sans cérémonie officielle.

En 1837, on commande àNanteuil troisbas-reliefs au centre dupéristyle, pour remplacer ceux de l'époque révolutionnaire. Ainsi se trouve désormais au-dessus de la porte centraleL'Apothéose du héros mort pour la patrie, encadrée parLes Sciences et les Arts etLa Magistrature.

D'autres travaux et aménagements sont également réalisés sous la direction des architectes Rondelet fils, Baltard et Destouches : le dallage et les escaliers du perron, le nivellement du pourtour et l'installation de portes en chêne. Enfin on décide d'entourer le monument d'une grille à palmettes. Son dessin ainsi que celui des deux candélabres en bronze sont dus àLouis-Pierre Baltard architecte et graveur. La réalisation en est confiée à l'architecte Destouches. Baltard rétablit également le lanterneau du dôme, supprimé à la Révolution.

Grille à palmettes.

Seconde République (1848-1852)

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Projet de mosaïque dePaul Chenavard : la Palingénésie sociale.

Pendant lesjournées de juin 1848 l'édifice, servant de refuge à un certain nombre d'insurgés qui furent délogés à coups de canon, endommageant gravement sa façade. La garde nationale lança ensuite le un assaut contre les derniers défenseurs[43].

En 1848,Ledru-Rollin et legouvernement provisoire passent commande au peintrePaul Chenavard de la décoration intérieure. Il mène pendant trois ans des recherches passionnées. Il imagine de réaliser une histoire de l'humanité et de son évolution morale, interprétée comme une suite de transformations devant aboutir à une fin générale et providentielle. La partie gauche représenterait l'ère païenne ; le chœur, avec unePrédication de l'Évangile, figurerait la fin des temps antiques et le début des temps nouveaux. À droite, des fresques illustreraient les temps modernes. Enfin, sur le pavage serait placée, au centre, une gigantesque synthèse de la « Philosophie de l'histoire », nouvelle École d'Athènes duXIXe siècle, entourée par l'« Enfer », le « Purgatoire », la « Résurrection » et le « Paradis »[44]. Ce projet est arrêté par le décret de 1851.

En 1849, l'astronome,Jean Bernard Léon Foucault entreprend de démontrer la rotation de la terre en vingt-quatre heures à l'aide d'un pendule suspendu à la voute du dôme. L'expérience débute le et est interrompue en décembre à cause ducoup d'État. Une boule de plomb recouverte de cuivre de 28 kg était suspendue à l'extrémité d'un filin d'acier de 67 mètres. D'une amplitude de six mètres, et d'une période de seize secondes, le pendule présentait une déviation de 2,5 mm à chaque battement. Au centre de la coupole, on attache unpendule de 67 mètres de long qui, en se balançant sous le dôme, entame dans ses oscillations deux monticules de sable. Ce pendule, si la terre était immobile, aurait tracé perpétuellement le même sillon dans le sable. Mais il y laisse des traces parallèles, attestant le déplacement du plan d’oscillation par suite de la rotation de la Terre.

Dans la dernière année de la Seconde République, le bâtiment redevient une église. Par décret, le, le président de la République,Louis-Napoléon Bonaparte rend l'ancienne église Sainte-Geneviève au culte, « conformément à l'intention de son fondateur », sous l'invocation de Sainte-Geneviève, patronne de Paris. Ce décret n'abroge pas l'ordonnance de Louis-Philippe, maintenant le caractère de sépulture nationale voulue par la révolution. L'inauguration a lieu le.

Un second décret du, fixa les conditions d'exercice du culte. Ne s'agissant pas d'une paroisse ni de l'église d'une congrégation, l'État en avait ainsi fixé les modalités d'exercice. Une communauté de prêtres est établie pour desservir l'église Sainte-Geneviève de Paris. Cette communauté est composée de six membres qui prennent le titre de chapelains de Sainte-Geneviève, et d'un doyen. Les chapelains de Sainte-Geneviève sont institués aux fins de se former à la prédication et de prier Dieu pour la France et pour les morts inhumés dans l'église.

Second Empire (1852-1870)

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Panthéon - Gustave Le Gray - 1859.
L’église Sainte-Geneviève en 1867.

L'église fait l'objet de nombreux aménagements sous l'Empire. Le mobilier religieux est remis en place et on enlève l'inscription « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante ». L'église devenant le siège d'un chapitre de chanoines les « Chapelains de Sainte-Geneviève », en plus de l'autel de l'abside en marbre blanc, on installe deux autels, l'un dédié à sainte Geneviève, l'autre dédié à saint Louis. L'autel du fond est séparé par une balustrade de communion de fer forgé doré et ciselé et entouré de stalles en bois. On entoure également de planches les tombeaux de Rousseau et de Voltaire pour qu'ils ne soient plus visibles[45].

La nécessité de grandes orgues se fait alors sentir. En novembre 1852, le génial facteur d'orguesAristide Cavaillé-Coll propose le projet d'un nouvel orgue en l’église Sainte-Geneviève. Le suivant, le ministre de l'Intérieur signe le marché, d'un montant de20 000 francs. En 1853, Cavaillé-Coll réalise et installe le nouvel instrument, un huit pieds de deux claviers-pédalier et de vingt-et-un jeux, qui participe ainsi au service de laliturgie.Clément Loret en est le titulaire.

L'État commande àHippolyte Maindron deux groupes de statues à placer sous le péristyle d'entrée :Attila etsainte Geneviève (1857) etLa Conversion deClovis parsaint Remi (1865). Ces deux grands ensembles ont été renvoyés aux réserves des musées lors de la dernière restauration du monument, et ne se trouvent donc plus sur place aujourd'hui[46]. Les ébauches de ces œuvres restent néanmoins visibles auMusée des Beaux-Arts d'Angers.

Les deux portes latérales sont posées : en bronze, dessinées parConstant-Dufeux et fondues par messieurs Simonnet père et fils, elles rappellent à la fois le chiffre de sainte Geneviève et l'inscription de la façade : « Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante ». Elles portent le millésime MDCCCL (1850).

La commande passée au peintrePaul Chenavard est arrêtée mais son projet, présenté en 1855, suscita à nouveau la polémique. L'Empereur, qui avait rendu l'édifice au culte catholique, ne pouvait pas trouver, dans ce syncrétisme encyclopédique, une affirmation suffisamment forte du rôle de l'Église dans la constitution de l'État français. Les cartons préparatoires de Chenavard sont actuellement auMusée des Beaux-Arts de Lyon.

Troisième République (1870-1940)

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Les événements de 1871
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Durant lesiège de Paris de 1870, la crypte du Panthéon est transformée en poudrière abritant des projectiles de toutes sortes. Les galeries souterraines servent également de refuge aux habitants du quartier victimes des bombardements prussiens. En effet, les Prussiens, instruits de l'existence de ce magasin, firent alors de la coupole un des principaux objectifs de leurs batteries deChâtillon, faisant tomber une pluie d'obus sur l'édifice, endommageant assez gravement le dôme[43].

Pendant laCommune de Paris en 1871, François Jourde, communard, annonce à la foule que le Panthéon sera retiré au culte religieux pour être affecté au culte des grands hommes. Le, on hisse un drapeau rouge au sommet de l'édifice. Le, les petites branches de la croix qui surmonte l'édifice sont sciées et le caporalJean Allemane y plante un drapeau rouge[47].

La Commune continue de s'en servir comme dépôt d'armes et de munition. Les insurgés l'utilisent commequartier général durant les combats de mai. Les Versaillais mirent deux jours pour emporter les barricades qui l'entouraient de tous côtés.Jean-Baptiste Millière, arrêté dans une maison voisine, est fusillé, à genoux sur les marches du monument, le[43].

Restauration de l'église jusqu'en 1885
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Le Panthéon en réparation, entre 1868 et 1871 (Charles Marville).

En, l'architecteLouis-Victor Louvet procède à des restaurations et replace la croix au sommet du dôme. En 1874, une commande est passée par le marquis de Chennevières, directeur des beaux-arts, qui charge l’abbé Bonnefoy, doyen de Sainte-Geneviève, d’élaborer le programme iconographique d'un grand cycle de peintures sur l'histoire de France. Ces huiles sur toile marouflée sont accrochées devant les fenêtres déjà obturées parQuatremère de Quincy, rendant ainsi quasi-définitivement impossible le retour au projet initial de Soufflot.

La propagande de l’Ordre moral souhaite affirmer les fondements catholiques et monarchiques de la France. Les sujets peints représentent trois figures ayant incarné cette nation :Clovis pour les mérovingiens,Charlemagne pour les carolingiens etsaint Louis pour les capétiens. Trois figures chrétiennes liées à la monarchie sont également présentes :saint Denis,sainte Geneviève etJeanne d'Arc.

La suite décorative consacrée à sainte Geneviève, est réalisée parPierre Puvis de Chavannes -La Prédication desaint Denis, parPierre-Victor Galland -Le Martyre de saint Denis, parLéon Bonnat -Sainte Geneviève rend le calme aux Parisiens à l'approche d'Attila, parJules-Élie Delaunay -La Vie desaint Louis, parAlexandre Cabanel -L'Histoire deJeanne d'Arc, parJules Lenepveu -La Mort de sainte Geneviève, parJean-Paul Laurens -Le Vœu de Clovis à labataille de Tolbiac,Le Baptême deClovis, parPaul-Joseph Blanc -L'Idée de la Patrie, l'Abondance, la Chaumière, la Peste, parFerdinand Humbert -Charlemagne couronné empereur protégeant les Arts, parHenri-Léopold Lévy.

Le peintreErnest Hébert conçoit le dessin de la mosaïque ducul-de-four de l'abside, représentantLe Christ enseignant à l'ange gardien de la France les destinées de la patrie (ANGELVM GALLIÆ CVSTODEM CHRISTVS PATRIÆ FATA DOCET)[note 7]. À sa droite, l'ange, debout, portant une épée puis, à genoux, la Ville de Paris portant leScilicet ; à sa gauche, sainte Geneviève debout et, à genoux, Jeanne d'Arc tenant un drapeau. Cette représentation de 42 m2 illustre les débats qui pouvaient agiter les débuts de la Troisième république entre laïcs et catholiques : sur les cinq personnages représentés, quatre ont une auréole, dont celui représentant la Ville de Paris ;Jeanne d'Arc en revanche, n'en porte pas. Elle ne sera canonisée par l'Église catholique qu'en 1920. La mosaïque est réalisée de 1875 à 1884, par l'atelier de mosaïstes Guilbert-Martin[48].

Entre la fin des années 1870 et le début des années 1880, l'échec politique de l'Ordre moral et l'arrivée des Républicains au pouvoir ne sont pas sans conséquences sur l'iconographie des cycles décoratifs. Ainsi, Joseph Blanc n'hésite pas à représenter plusieurs saints et personnages historiques sous les traits d'hommes politiques républicains souvent anticléricaux. SonTriomphe de Clovis figure ainsiLéon Gambetta enAurelianus (légat de Clovis),Antonin Proust enAvit de Vienne et le radicalGeorges Clemenceau enSaint Galactoire. La même œuvre représente l'acteurCoquelin aîné enVolusien[49].

Déconfessionalisation à partir de 1885
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GroupeLe Vengeur commémorant la bataille du13 prairial anII, parErnest Dubois, 1908, marbre.

En 1885, l'enterrement deVictor Hugo met en pratique la loi du rendant à l'édifice sa fonction de panthéon. On enlève le mobilier religieux et on remet l'inscription « Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante ». L'orgue se fait entendre une dernière fois dans ce lieu, car en 1891, par entente entre les départements de la guerre et des travaux publics, l’orgue est affecté à l’église de l’hôpital militaire du Val-de-Grâce où il est transféré la même année par le facteurJoseph Merklin. On commande àAuguste Rodin un monument à la gloire deVictor Hugo. Dans le même temps, Une statue deMirabeau est commandée àJean-Antoine Injalbert. Le projet avait été conçu parÉdouard Lockroy, en hommage aux grands hommes de l'histoire de France. Il devait comporter cent sculptures qui auraient été placées dans le transept nord. L'idée était de reconstituer la fierté nationale mise à mal par la défaite récente de 1870 face aux Prussiens. Or le comité chargé de juger les œuvres conclut que les propositions de Rodin ne s’harmonisent pas avec la statue de Mirabeau. Le modèle en plâtre de la statue deLazare Hoche modelée en 1900 pour le monument érigé àQuiberon parJules Dalou lui fait pendant.

De 1902 à 1905,Édouard Detaille peint le triptyqueVers la gloire, qualifié d'hymne pictural à la République. En 1906, une copie duPenseur d'Auguste Rodin est placée devant le Panthéon. Elle a été retirée par la suite.

En 1913, on place un autel républicain dans l'espace initialement prévu par Soufflot pour l'autel religieux dans la destination première de l'édifice. C'estFrançois Sicard qui réalise cet ensemble, à la gloire de laConvention nationale en 1920.

Dans le transept, on installe le monument dePaul Landowski au nord dédiéà la mémoire des artistes dont le nom s'est perdu.

En 1924, on installe en face le monumentAux héros inconnus, aux martyrs ignorés morts pour la France. Monument en pierre de 6,50 m sur 2,20 m, commandé en 1913 au sculpteurHenri Bouchard, il est modifié après laPremière Guerre mondiale et finalement installé en 1924. Figurent au registre supérieur les allégories du Souvenir (avec la palme des martyrs) et de la Victoire (avec la couronne de lauriers). Au registre médian, les corps de combattants s’entassent. En dessous, le gisant d’un poilu est surmonté par le nom des champs de bataille et des lignes de front de 1914-1918. Sur les bas-côtés, des bas-reliefs symbolisent le sacrifice des parents (à droite) et la reconnaissance des enfants (à gauche). Cette sculpture est la seule du Panthéon, avec celle dePaul Landowski, à ne pas rendre hommage à de grands hommes identifiés mais à des héros inconnus.

En 1927, est apposée une plaque portant le nom des écrivains morts pour la France au cours de la période 1914-1918. Deux monuments sont installés dans le transept. Voir l'articleListe des personnes citées au Panthéon de Paris

Le Panthéon de Paris est classémonument historique en 1920.

Depuis la Libération

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Quatrième République
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Après laSeconde Guerre mondiale est apposée une plaque portant le nom des écrivains morts pour la France pendant la période 1939-1945.

De part et d'autre du Panthéon, sont érigées en 1952 deux nouvelles statues en pierre, en remplacement de deux statues envoyées à la fonte par lerégime de Vichy dans le cadre de lamobilisation des métaux non ferreux pour l'industrie de l'armement en 1942 : celle dePierre Corneille et celle deJean-Jacques Rousseau[50], pour cette dernière réalisée par le sculpteurAndré Bizette-Lindet.

La première statue de Rousseau avait été inaugurée en, en ouverture des célébrations du premiercentenaire de la Révolution française.

Cinquième République
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La grande nef duPanthéon en 2019 avec, en son centre, l'expérience dupendule de Foucault.

Cette période semble marquer une certaine stabilité ; aucun élément architectural n'a plus été modifié, retiré ou ajouté depuis 1958.

Pourtant, un élément de décoration symbolique est venu occuper le centre de la nef, jusqu’à ce jour restée vide et sans affectation : la reconstitution, en 1995, de l'expérience dupendule de Foucault. Depuis cette date, la boule de laiton partage l'univers en deux alors que tourne autour d'elle ladéesse égyptienneBastet, statue installée en 1996 pour la cérémonie du transfert des cendres d'André Malraux.

De 2005 à 2006, les membres d'une organisation, nomméeUntergunther, qui occupent clandestinement le Panthéon depuis plusieurs années, restaurent secrètement et à leur frais (4 000 euros), l'horloge Wagner, qui date de 1850, et qui ne fonctionne plus depuis 1965. Cette action leur vaut d'être traduit en justice par leCentre des monuments nationaux pour violation d'un espace privé ; ils sont finalement relaxés[51],[52]. Bien que parfaitement restaurée par les Untergunther, l'horloge n'est pas maintenue en fonctionnement.

Ce n'est qu'en 2018 que le Centre des monuments nationaux (CMN) décide de la remettre en service. L'appel d'offres est remporté par Jean-Baptiste Viot, horloger membre des Untergunther qui l'avait réparée en 2006[53].

Restauration duXXIe siècle

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L'époque contemporaine manifeste un souci évident de préservation et de conservation du monument, d'autant plus nécessaire que l'obturation des ouvertures imaginées par Soufflot modifie la ventilation du bâtiment et augmente le taux d'humidité, provoquant ainsi l'effritement des pierres et la corrosion de la structure métallique[54].

Déjà en 1984, l'architecte en chef des monuments historiques, Hervé Baptiste, est chargé de la restauration du bâtiment. En 1991, le Panthéon a 200 ans. Une nouvelle campagne de restauration est prévue[55].

Le projet de loi de finances pour 2006, prévoit la poursuite de la rénovation de l'édifice.

Un autre événement rend urgente la restauration : lors de la tempête du dimanche, la toiture du dôme subit des dégâts importants. La couverture est fortement endommagée ; des plaques de plomb se sont envolées, provoquant des dégâts aux alentours. Le ministère de la Culture, à l'époque, évalue les travaux à cinq millions de francs (MF) pour l'urgence, et à quarante MF pour la restauration définitive du dôme.

En 2007, plusieurs projets mineurs de rénovation et d'aménagement de visite sont en cours de réalisation :

En, le bâtiment continue de se dégrader, en particulier la couverture du dôme qui n'est plus étanche et des agrafes métalliques qui ceinturent l'édifice. LeCentre des monuments nationaux[56] duMinistère de la Culture[57] en partenariat avec le site definancement participatifMy Major Company lancent une campagne de mécénat « grand public » sur les chantiers de restauration de quatre monuments nationaux. Une de ses actions est : « Devenez tous mécènes du Panthéon et participez à sa restauration ! »[58]. Ce financement a permis de récolter 68 565 € de la part de 1 183 mécènes[58]. D'abord le dôme comprenant le tambour avec sa colonnade, la coupole et le lanternon. Puis la couverture et enfin la restauration de l’ensemble de la façade (péristyle). La campagne est lancée le avec un budget total de cent millions d'euros. Les travaux sont prévus pour durer jusqu'en 2022[59].

La campagne de restauration concerne successivement les parties hautes, le péristyle, les intérieurs de l'édifice, les parements extérieurs et enfin les sols extérieurs, pour rendre au Panthéon l'exceptionnel rayonnement qui fut le sien dans le paysage monumental parisien. Ce chantier est l’un des plus grands chantiers de restauration d’Europe. Il permet de résoudre de façon pérenne les problèmes structurels de l'édifice. La première étape de la campagne de restauration porte sur la coupole, le lanternon et le tambour avec sa colonnade. Cette restauration a été achevée en, ainsi que la deuxième étape portant sur le péristyle.

Sous réserve de crédits, les étapes suivantes seront :

  • étape 3 : les voûtes, supports et murs intérieurs, à partir de 2017 ;
  • étape 4 : les parements extérieurs, à partir de 2020 ;
  • étape 5 : les sols de l'enclos extérieur, à partir de 2022.

Seront également prévus des travaux d'amélioration des conditions de travail des agents et de mise en accessibilité du monument pour les publics handicapés notamment avec l'installation d’un ascenseur.

L'installation des échafaudages, une prouesse technique : la phase de préparation de chantier est exceptionnelle, car elle implique des installations particulièrement lourdes[60],[61]. Jusqu’en, sont montées les installations nécessaires à la première phase de restauration. Des micros-pieux de 17 mètres de profondeur servent de fondations au tabouret de l’échafaudage pesant 315 tonnes et s’élevant à 37 mètres de hauteur. Un des pieds du tabouret supporte une grue culminant à 96 mètres et pouvant lever quatre tonnes. La structure de l’échafaudage est elle-même autoportante, de manière à ne pas peser sur le monument historique et à le respecter totalement[62]. Pour réaliser cette rénovation, une nouvelle invention a été mise en place. Les ingénieurs ont fabriqué des amortisseurs spéciaux, des sortes de gros ressorts de 37 cm pour empêcher que l'échafaudage ne s'affaisse sur le Panthéon et ne le détruise.

Pendant les travaux, l'échafaudage est recouvert d'une bâche. Contrairement à d'autres chantiers où les échafaudages extérieurs servent de supports publicitaires, celui-ci fait l'objet d'une installation,Au Panthéon !, confiée à l'artisteJR. Inspirée du projetInside Out[63], le tambour porte les photos de milliers de portraits d'anonymes, en référence aux valeurs universelles et humanistes incarnées par le Panthéon. Du au, des portraits sont collectés, soit en déposant sa photo sur le site internet, soit dans le camion itinérant proche de huit monuments nationaux. Pour justifier ce choix, et non de se servir de cette bâche pour en faire un affichage publicitaire comme l'autorise le Code du patrimoine[64], Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux déclare le :« Lieu sacré de la République, le Panthéon est une nécropole. Les tombes ne peuvent servir de support à un message publicitaire. Le besoin de ressources propres ne justifie pas que l’on fasse n’importe quoi. On ne peut pas dire que le Panthéon est emblématique des valeurs de la République et y mettre le logo d'une marque ».

Le site reste ouvert aux visiteurs pendant les travaux[34].

  • Travaux au Panthéon.
  • Travaux vus du lycée Henri-IV.
    Travaux vus du lycée Henri-IV.
  • Travaux vus de la rue d'Ulm.
    Travaux vus de la rue d'Ulm.
  • Travaux vus de la rue Soufflot.
    Travaux vus de la rue Soufflot.
  • Détail de l'échafaudage et de la grue Potain MDT 178 (flèche : 60 m, charge en bout 1,5 t).
    Détail de l'échafaudage et de la grue Potain MDT 178 (flèche : 60 m, charge en bout 1,5 t).
  • Détail de l'échafaudage.
    Détail de l'échafaudage.
  • Le Panthéon de Paris décoré par JR pendant les travaux.
    Le Panthéon de Paris décoré par JR pendant les travaux.
  • Sol du Panthéon de Paris décoré par JR.
    Sol du Panthéon de Paris décoré par JR.
  • Coupole intérieure du Panthéon de Paris décoré par JR.
    Coupole intérieure du Panthéon de Paris décoré par JR.
  • Silhouette urbaine du 5e arrondissement avec la silhouette du Panthéon.
    Silhouette urbaine du5e arrondissement avec la silhouette du Panthéon.

Autres cérémonies

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Dans son rapport intitulé « Pour faire entrer le peuple au Panthéon » remis à François Hollande en, Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux, préconisait de rendre son attractivité au monument et d’en faire davantage usage dans la vie républicaine.

Cette préconisation se traduit dans les faits par des cérémonies de naturalisation :

  • le avec une première cérémonie de naturalisation, organisée par le nouvel administrateurGaëtan Bruel et présidée par le préfet de ParisMichel Delpuech[65], pour 183 personnes, venus des cinq continents et de soixante pays différents ;
  • le, le ministre de l’IntérieurGérard Collomb a présidé une cérémonie de naturalisation de 225 « nouveaux Français » venus de quarante pays différents ;
  • le, le ministre de l’IntérieurChristophe Castaner a présidé une cérémonie de naturalisation de 249 « nouveaux Français » en leur remettant leur livret du citoyen.

Temple républicain, lieu de mémoire collective

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Hommage de la Nation

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Article connexe :Hommage national.

Commençant avec laRévolution française dans un bâtiment neuf et encore non consacré comme église, la « panthéonisation » est une tradition reprise desÉgyptiens et qu'ont suivie ensuite lesGrecs puis lesRomains. Le choix de donner à un personnage l'hommage ultime de « grand homme » de la nation française, ainsi que la mise en scène de la cérémonie, varient suivant les périodes de l'histoire de France, mais reprennent toutes, depuis la fin duXVIIIe siècle, l'idée de promouvoir l'idéal d'une morale laïque sur le modèle de l'exemplarité religieuse et de la canonisation, la sacralisation progressive de la France dans la religion républicaine renvoyant à la morale religieuse et au processus derecharge sacrale[66].

En 1791, au moment de la création du concept de Panthéon français, c'est l'Assemblée constituante qui décide. LaConvention en 1794 prend le relais pour le choix de l'inhumation deJean-Jacques Rousseau, mais aussi pour retirerMirabeau en 1794 et plus tardMarat.

Pendant lePremier Empire, c'estNapoléon Ier qui s'attribue ce privilège.

Sous lesTroisième etQuatrième Républiques, ce sont les députés qui proposent et décident sous la forme d'une loi. Certains transferts, comme celui d’Émile Zola en 1908, déclenchent de violentes polémiques.

Sous laCinquième République, ce choix revient auprésident de la République, mais il s'agit plus d'un état de fait que d'un véritable droit, aucun texte officiel ne régissant ni les critères nécessaires ni la forme de la cérémonie. Plusieurs présidents de laCinquième République (Charles de Gaulle,François Mitterrand,Jacques Chirac, Emmanuel Macron) ont voulu ponctuer leur époque par des panthéonisations, symboliques de leur propre vision de l'histoire de la France.

La famille peut s'opposer à cette décision comme ce fut le cas pourCharles Péguy[Quand ?] ouAlbert Camus en 2009.

En 1984, l'historienneMona Ozouf estimait que cet hommage de la Nation est devenu un échec car le monument, dans sa froideur, peine à incarner le lieu du rassemblement de la nation. Selon elle, il est de plus perçu comme un instrument de propagande à laquelle le peuple a cessé de croire, et il ne répond plus au culte des grands hommes tombé en désuétude[67].

Personnalités inhumées au Panthéon

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Article détaillé décrivant les cérémonies d'inhumation :Liste des personnes transférées au Panthéon de Paris.

En 2025, on recense 83 personnalités dont le gouvernement au pouvoir a décidé la « panthéonisation », mais seules 74 personnalités ont une tombe, uncénotaphe ou une urne funéraire dans la partie inférieure du monument.

Parmi ces 83 personnalités, six femmes sont inhumées pour leur mérite propre :Marie Curie[68],Geneviève de Gaulle-Anthonioz,Germaine Tillion,Simone Veil,Joséphine Baker (première femme noire à y être honorée)[69] etMélinée Manouchian. A ces six femmes s'ajouteSophie Berthelot, épouse de Marcellin Berthelot, inhumée au Panthéon pour respecter leur souhait de ne pas être séparés dans la mort.

Cependant, certaines personnalités, après y avoir été admises, en ont ensuite été retirées. Il s'agit de :

PourDescartes,Bara etViala, si la décision a été prise, le transfert n'a pas été exécuté. De plus, le corps du généralBeaurepaire n'ayant pas été retrouvé, la cérémonie n'a pas eu lieu.

Quatre personnalités sont italiennes (le dernier doge de laRépublique ligurienne,Girolamo Luigi Durazzo, ainsi que les cardinauxGiovanni Battista Caprara,Ippolito-Antonio Vincenti-Mareri etCharles Erskine de Kellie), une néerlandaise (l'amiralJean-Guillaume de Winter) et une helvétique (le banquierJean-Frédéric Perregaux), les six s'étant ralliées àNapoléon Ier. Les cardinaux Caprara et Vincenti-Mareri ont été rapatriés en Italie en 1861.

Il faut ajouter quatre tombes placées ici pour des raisons particulières :

Le tableau ci-dessous détaille les dates d'inhumation.

Tableau d'entrées par période historique et par date
Période historiqueNombreDétails
Révolution française6 (- 4)
Premier Empire43
Première et Seconde Restauration1
Monarchie de Juillet, Deuxième République, Second EmpireNéant
Troisième République11 (+ 1)
  • Léon Gambetta (1838-1882), homme politique républicain, dirige le gouvernement de la Défense Nationale pendant la guerre de 1870-1871, après la chute de l’Empire deNapoléon III. Son cœur repose dans une urne placée dans l'escalier qui descend à la crypte. →[En savoir plus...]
État françaisNéant
Quatrième République5 (+ 1)
  • Louis Braille (1809-1852), professeur et inventeur de l’écriture pour les aveugles. Inhumé au Panthéon lors du centenaire de sa mort. →[En savoir plus...]
Cinquième République20
  • Jean Moulin (1899-1943), chef combattant de la Résistance.

« Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d’exaltation dans le soleil d’Afrique et les combats d’Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… » (André Malraux) →[En savoir plus...]

  • René Cassin (1887-1976), juriste, résistant, prix Nobel de la paix. À l’origine de la création de l’UNESCO et auteur de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. →[En savoir plus...]
  • Jean Monnet (1888-1979), économiste, père de l’idée d’Union européenne. Entre au Panthéon cent ans après sa naissance. →[En savoir plus...]

Marie Curie a obtenu un deuxième prix Nobel en continuant ses travaux après la mort de son mari. →[En savoir plus...]

  • Joséphine Baker (1906-1975), chanteuse, danseuse, actrice, résistante (elle reste cependant inhumée au cimetière de Monaco).

Inscriptions

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Article détaillé :Liste des personnes citées au Panthéon de Paris.

La patrie honore aussi ses fils en inscrivant leurs noms sur les murs du temple républicain. Plus de mille noms y sont inscrits (liste des personnes citées au Panthéon de Paris).

De part et d'autre du monument à laConvention nationale, on trouve les noms des écrivains morts pour la France pendant laguerre de 1914-1918 (ils sont 546 dontAlain-Fournier,Apollinaire,Charles Péguy,Victor Segalen), et ceux des écrivains morts pour la France pendant laguerre de 1939-1945 (ils sont 199 dontSaint-Exupéry,Pierre Brossolette,Robert Desnos,Max Jacob).

Sur le mur de la nef se trouvent quelques inscriptions concernant des personnages ayant marqué l'histoire de France par leur combat et leurs idées :

  • Henri Bergson :« Philosophe dont l'œuvre et la vie ont honoré la France et la pensée humaine »[70] ;
  • Antoine de Saint-Exupéry :« Poète, romancier, aviateur, disparu au cours d'une mission de reconnaissance le » ;
  • l'aviateurGeorges Guynemer :« À la mémoire du capitaine Guynemer, symbole des aspirations et des enthousiasmes de l'armée de la Nation » ;
  • legénéral Delestraint :« À la mémoire du général Delestraint, chef de l'armée secrète, Compagnon de la Libération ». Plaque apposée en 1989, à la mémoire de celui qui fut le premier chef de l'Armée secrète, créée en 1942. Arrêté par laGestapo à Paris le, il fut d’abord interné au camp de concentration duNatzwiller-Struthof, puis assassiné à celui deDachau, le, dix jours avant lalibération du camp.

Dans l'escalier monumental qui mène à la crypte, se trouve une plaque gravée en mémoire des soldats de laguerre de 1870 :« À la mémoire des générauxd'Aurelle de Paladines,Chanzy etFaidherbe, des colonelsDenfert-Rochereau etTeyssier ainsi que des officiers et des soldats des armées de terre et de mer qui en 1870-1871 ont sauvé l'honneur de la France ». La plaque est entourée de deux écussons rappelant les batailles livrées : Patay, Orléans, Belfort, Bapaume, Coulmiers, Bitche.

« À la mémoire des martyrs de la Révolution tombés en 1830 et 1848 pour que vive la Liberté ».

Dans la crypte, sont accrochées des plaques de bronze sur lesquelles on peut lire les noms des victimes de larévolution de 1830. Ces plaques ont été posées parLouis-Philippe lors d'une cérémonie le. Les noms des martyrs de larévolution de 1848 ont été ajoutés par la suite.« À la mémoire des martyrs de la Révolution tombés en 1830 et 1848 pour que vive la Liberté ».

On trouve également deux inscriptions proches du caveauXXVI où sont les cercueils deJean Jaurès,Félix Éboué, ainsi que ceux deVictor Schœlcher et de son pèreMarc :

  • à la mémoire deToussaint Louverture :« Combattant de la liberté, artisan de l'abolition de l'esclavage, héros haïtien mort déporté au Fort-de-Joux en 1803 » ;
  • à la mémoire deLouis Delgrès :« Héros de la lutte contre le rétablissement de l'esclavage à la Guadeloupe, mort sans capituler avec trois cents combattants auMatouba en 1802, Pour que vive la liberté ».

Un hommage aux « Justes de France ». Sur la plaque dévoilée le, on peut lire le texte suivant :« Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France dans les années d'occupation, des lumières, par milliers, refusèrent de s'éteindre. Nommés « Justes parmi les nations » ou restés anonymes, des femmes et des hommes, de toutes origines et de toutes conditions, ont sauvé des juifs des persécutions antisémites et des camps d'extermination. Bravant les risques encourus, ils ont incarné l'honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et d'humanité »[71].

Une plaque en hommage àAimé Césaire. Par un décret duJournal officiel[72], le mercredi, à17 h, cette plaque dédiée à sa mémoire et à son œuvre a été dévoilée en présence du président de la RépubliqueNicolas Sarkozy. Lors de cette cérémonie[73], près d'un millier de personnes étaient invitées dont sa famille et ses proches. Parmi elles, une centaine d'élèves de collèges et lycées de Martinique et de métropole, notamment du lycée parisienLouis-le-Grand et de l’École normale supérieure, dont Aimé Césaire fut l’élève. L’hommage a comporté également la lecture d'un de ses poèmes par une lycéenne martiniquaise et la diffusion d'un film de huit minutes sur sa vie, réalisé par la cinéasteEuzhan Palcy. Une fresque monumentale, constituée de portraits évoquant les grandes périodes de la vie du poète, a été installée au cœur de la nef. La cérémonie était retransmise en direct sur les chaînes de télévision françaisesFrance 2 etFrance Ô et sur des écrans géants installés à l'extérieur du bâtiment[74]. Conformément à la volonté d'Aimé Césaire, son corps restera en Martinique.

  • Inscriptions au Panthéon
  • Saint Exupéry.
    Saint Exupéry.
  • Bergson.
    Bergson.
  • Guynemer.
    Guynemer.
  • Delestraint.
    Delestraint.
  • Toussaint Louverture.
    Toussaint Louverture.
  • Louis Delgrès.
  • Martyrs 1830 1848.
    Martyrs 1830 1848.
  • Guerre 1870 71.
    Guerre 1870 71.
  • Écussons batailles guerre de 1870.
    Écussons batailles guerre de 1870.
  • Écussons batailles guerre de 1870.
    Écussons batailles guerre de 1870.
  • À la mémoire des Justes de France.
    À la mémoire des Justes de France.
  • Aimé Césaire.
    Aimé Césaire.
  • Plaque au sujet de l'histoire du bâtiment, sur la place.
    Plaque au sujet de l'histoire du bâtiment, sur laplace.

Tentatives de transfert

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Plusieurs tentatives n'ont pas été exécutées ou ont échoué (refus de la veuve ou de la famille, dispositions testamentaires contraires, oppositions diverses, pression ou manque d'intérêt des milieux politiques) :

  • René Descartes (1596-1650) philosophe. Il est honoré par la Convention nationale qui, en 1792, projetait de transférer ses cendres au Panthéon avec les honneurs dus aux grands hommes. Deux siècles plus tard, ses restes sont toujours dans une chapelle abbatiale de l’église Saint-Germain-des-Prés, à Paris. Le décret de la Convention du n’a toujours pas été appliqué et la période de dix ans après sa mort, fixée par le décret de, pour que quelqu'un soit considéré comme « candidat », est largement écoulée. Après bien des péripéties, son crâne est actuellement détenu par lemusée de l'Homme à Paris. AuXXIe siècle, le problème n'est toujours pas réglé. Le Premier ministreFrançois Fillon souhaite rapatrier le crâne dans laSarthe d'où est originaire le philosophe, pour le placer auPrytanée militaire de La Flèche, ville où il a fait une partie de ses études. Mais en 2011, trois députés,Gérard Charasse,Annick Girardin etAlbert Likuvalu ont déposé un projet à l'Assemblée nationale, le pour que cette relique soit déposée au Panthéon de Paris.
  • Nicolas Joseph Beaurepaire (1740-1792), général s'étant suicidé ou ayant été tué à cause de son refus de la reddition de la ville deVerdun. Son corps ayant déjà été inhumé au cimetière deSainte-Menehould, le transfert ne fut jamais exécuté.
  • Joseph Bara etJoseph Viala, proposition deRobespierre. Le8 nivôse anII, laConvention nationale rend un décret dans ce sens, mais les transferts n'eurent jamais lieu.
  • Louis XII etHenriIV, proposition faite le parCharles Lambert de Belan qui les décrivait comme« les seuls de nos rois qui se soient montrés les pères du peuple ». Leurs deux corps connaîtront le même sort que les autres dépouilles royalesexhumées de la basilique Saint-Denis[75].
  • En 1902,Maurice Couyba, député, fait une proposition de loi relative au transfert des cendres deMichelet, deQuinet, deRenan et deBalzac au Panthéon[76].
  • En 1910, le Parlement français refuse la panthéonisation deDiderot. À cette occasion,Mounet-Sully, lit à la Sorbonne des pages de Diderot[77].
  • Rouget de Lisle Le, on peut lire dans le journalGil Blas : « Ni Rouget de L’Isle, ni Chénier, ni Méhul n’ont eu les honneurs du Panthéon. La France n’a pas su marquer à Tyrtée sa reconnaissance. Injustice choquante, noire ingratitude qu’il conviendrait de réparer au plus tôt en célébrant l’apothéose de La Marseillaise et du Chant du départ par la translation au Panthéon des cendres de leurs auteurs »[78]. Cette idée est reprise en 1915 ; Le conseil de Paris, le (à l’unanimité) puis le Conseil des ministres du, décident pour le une cérémonie au Panthéon. Mais ce transfert soulève une difficulté juridique, car il faut un texte juridique pour ce transfert.
Extrait du livre du Président de la République Raymond Poincaré :Les Tranchées
Page 319 - : Le transfert des cendres de Rouget de l'Isle au Panthéon a soulevé des difficultés inattendues. M. Pierre, secrétaire général de la Chambre, homme charmant et terrible, gardien farouche et souriant des lois et des règlements, a découvert qu'il fallait un texte législatif pour conférer cet honneur posthume. Comme il est trop tard pour provoquer une séance des deux assemblées, le Conseil des ministres est obligé de renoncer à la cérémonie du Panthéon. Les restes de Rouget de l'Isle seront transportés de Choisy-le-Roi à l'Arc de triomphe et de là aux Invalides.
 

Cette affectationprovisoire aux Invalides est effectuée le.

Extrait du livre du Président de la République Raymond Poincaré :Les Tranchées

Page 320 - 14 juillet : Donc, c'est aux Invalides, et non pas au Panthéon, qu'ont été transportées les cendres de Rouget de l'Isle. Le ciel était bas et couvert. Il ventait assez frais et les avions français sillonnaient l'air, au-dessous des nuages, pour éloigner les « tauben ». Je me rends en automobile, avec Viviani, à l'Arc de triomphe. Foule nombreuse. Peu d'hommes, naturellement. Quelques blessés. Des infirmières, des vieillards, des enfants.


Page 321 - : Sous l'Arc de triomphe de Étoile , voici les cendres de Rouget de l'Isle. Le cercueil est placé sur un fourgon de la première République, que décorent des drapeaux et que gardent un piquet du génie. Quelques couplets de la Marseillaise sont chantés par Mme Delna. Puis le cortège se met en mouvement, descend les Champs-Élysées et gagne l'esplanade par l'avenue AlexandreIII. Encadré entre Dubost et Deschanel, je suis le char funèbre. L'attitude de la foule est très digne. Nous nous arrêtons dans la cour des Invalides et j'y lis mon discours légèrement remanié. Après y avoir brièvement rappelé la vie de Rouget de l'Isle et les circonstances dans lesquelles la Marseillaise a pris son vol à Strasbourg, je précise les responsabilités des empires du Centre dans la guerre qui nous a été déclarée et je poursuis : « Puisqu'on nous a contraints à tirer l'épée, nous n'avons pas le droit de la remettre au fourreau avant le jour où nous aurons vengé nos morts et où la victoire commune des Alliés nous permettra de réparer nos ruines, de refaire la France intégrale et de nous prémunir efficacement contre le retour périodique des provocations. De quoi demain serait-il fait, s'il était possible qu'une paix boiteuse vînt jamais s'asseoir, essoufflée, sur les décombres de nos villes détruites ? Un nouveau traité draconien serait aussitôt imposé à notre lassitude et nous tomberions pour toujours dans la vassalité politique, morale et économique de nos ennemis. Industriels, cultivateurs, ouvriers français, seraient à la merci de rivaux triomphants et la France humiliée s'affaisserait dans le découragement et le mépris d'elle-même… Non, non, que nos ennemis ne s'y trompent pas ! Ce n'est pas pour signer une paix précaire, trêve inquiète et fugitive entre une guerre écourtée et une guerre plus terrible, ce n'est pas pour rester exposée demain à de nouvelles attaques et à des périls mortels que la France s'est levée tout entière, frémissante, aux mâles accents de la Marseillaise… »
 

Le le députéGeorges Sarre dépose une proposition de loi visant au transfert des cendres de Rouget de Lisle au Panthéon[79].Le, le sénateurHenri d'Attilio pose une question écrite au ministre de la Culture et de la Communication, demandant si ce transfert ne pourrait pas avoir lieu le. Dans sa réponse, la ministre répond qu'en l'absence de décision du Président de la République ce transfert n'a pas été évoqué[80].

  • Pendant laPremière Guerre mondiale (1914-1918), on forme le projet de faire en sorte que la nation tout entière puisse honorer ses morts. François Simon, Président de la section locale duSouvenir français, prononce un discours au cimetière de l'Est, àRennes, le, en pleine bataille de Verdun. « Pourquoi la France, y dit-il, n'ouvrirait-elle pas les portes du Panthéon à l'un de nos combattants ignorés, mort bravement pour la patrie, avec, pour inscription sur la pierre, deux mots : « un soldat » ; deux dates : « 1914-1917 » [sic] ? Cette inhumation d'un simple soldat sous ce dôme, où reposent tant de gloires et de génies, serait comme un symbole ; et plus, ce serait un hommage rendu à l'armée française tout entière »[81]. À la fin du conflit, cette idée de symboliser par unSoldat inconnu est reprise par des écrivains comme Binet-Valmer, maurassien, créateur du mouvement laLigue des chefs de section, qui en fait son cheval de bataille. On commence par imaginer la création d'une sorte de livre d'or, dédié à tous les morts de la Grande Guerre, qui serait placé au sein du Panthéon, à Paris. L'idée, relayée par la presse, est reprise dès le par un député d'Eure-et-Loir,Maurice Maunoury, qui en fait une proposition de loi. Les députés s'en emparent, la transforment, jusqu'à prendre la décision, le, d'inhumer « un déshérité de la mort » au Panthéon. Les anciens combattants tiquent sur le choix du lieu, le Panthéon abritant des gloires politiques et civiles, pas des soldats. Le gouvernement, plutôt préoccupé de reconstruction, laisse traîner l'affaire et ne se résout que le à un projet de loi entériné rapidement par leSénat. Il est prévu initialement que le cercueil soit placé au Panthéon, le même jour que le cœur de Gambetta, le. On confie à un Poilu,Auguste Thin, en garnison àVerdun, surnommé « l'ambassadeur des morts », le soin de choisir entre huit cercueils, celui d'un soldat suffisamment reconnaissable à ses habits pour être un soldat français, mais qui ne soit pas identifiable. Finalement, sous la pression d'une certaine partie de l'opinion – qui voit d'un mauvais œil que soit placé cet emblème dans le lieu où repose, entre autres,Émile Zola – c'est sous l'Arc de triomphe que sera placé le cercueil. Il faut attendre 1924, pour que la mémoire de laPremière Guerre mondiale soit présente au Panthéon avec le transfert des restes deJean Jaurès. Puis c'est en 1927, que l'on place sur les murs du bâtiment le nom des 546 écrivains morts pendant cette guerre.
  • En, les communistes demandent le transfert de l'écrivainRomain Rolland au nom de son engagement contre le fascisme, mais la famille s'y oppose.
  • Les gaullistes proposentCharles Péguy. La famille refuse. Mais son nom figure, depuis 1927, sur la plaque du Panthéon « Écrivains morts pour la France », dans rubrique : « Morts au champ d'honneur ».
  • LeMouvement républicain populaire (MRP) proposeHenri Bergson pour représenter les Juifs et les autres victimes durégime de Vichy. Une inscription à son nom a été inaugurée en 1967, par décret du président de la République de l'époqueCharles de Gaulle[82].
  • Alfred Dreyfus, à l'occasion de la cérémonie nationale du centenaire de sa réhabilitation le. Le projet est défendu comme une seconde réhabilitation par de nombreuses personnalités parmi lesquelles figurent Jack Lang et l'ancien ministre Olivier Stirn, arrière-petit-neveu d'Alfred Dreyfus, ainsi que le ministre de la Justice, Pascal Clément[83]. Mais le,Jacques Chirac annonce que le projet n'a pas été retenu[84]. À cette occasion, l'ancien garde des Sceaux,Robert Badinter déclare :« Dreyfus est une victime, certes d'un courage exceptionnel, mais une victime, et le propre du héros c'est d'avoir le courage de choisir son destin […]. Le héros de l'affaire Dreyfus, c'est Zola et il est au Panthéon ».
  • En, le présidentNicolas Sarkozy envisage de faire transférer les restes d'Albert Camus au Panthéon[85], mais les médias annoncent que le fils de celui-ci n'y est pas favorable.
  • Aimé Césaire (1913-2008). Une pétition a été lancée en faveur de l'arrivée du poète, le, jour de commémoration de l'abolition de l'esclavage[86]. En visite à la Martinique, en, le président de la République Nicolas Sarkozy a décidé de lui rendre hommage, en accord avec la sœur du poète, Mireille Millou. Une plaque sera scellée dans le mur du Panthéon en témoignant ainsi de « la reconnaissance de la France dans son ensemble ». L'Élysée, qui a diffusé un communiqué pour en faire état, souligne : « Son corps restera, conformément à sa volonté, sur cette terre de Martinique qu'il a si bien incarnée pendant plus d'un demi-siècle ».

Ouvertures et débats

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La Révolution de 1830 aboutit rapidement à replacer le Panthéon sous le régime de la loi du 4-. Toutefois, le choix initial de lamonarchie de Juillet de rendre le monument au culte des grands hommes n’apparaît plus comme une évidence lorsque « la Résistance » s’impose face au « Mouvement » dès 1831. Les longs débats sur lalaïcisation du Panthéon révèlent ainsi l’impossibilité d’établir un consensus pour ancrer le monument comme un véritable lieu de mémoire du nouveau régime.

Les prochains « grands hommes »

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Traditionnellement la décision de « panthéonisation » – la « panthéonade » selon le néologisme queRégis Debray a forgé par dérision – est prise par décret duprésident de la République, sur proposition duPremier ministre et sur rapport duministre de la Culture et de la Communication.

Deux conditions doivent d'abord être réunies : que l'impétrant soit denationalité française et qu'une partie de ses restes soient « disponibles ». Pourtant, plusieurs exceptions dérogent à ces règles :

Ensuite, les critères sont plus délicats à définir : bien sûr, il s'agit d'abord de rendre hommage à une personnalité exceptionnelle dont l'œuvre et la vie ont marqué l'Histoire et peuvent servir d'exemple. La panthéonisation est aussi une occasion, pour le pouvoir en place, de mettre en valeur une période de l'Histoire et d'y graver son empreinte.

Enfin, afin de donner le temps de la réflexion, de laisser reposer les émotions et d'éviter que certaines décisions soient prises à la hâte, est instauré par décret le[89] un délai de dix ans suivant la mort d'une personne avant qu'elle puisse entrer au panthéon.

PLUVIOSE an 3 (). --Décret portant que les honneurs du panthéon ne pourront être décernés à un citoyen que dix ans après sa mort. (B., t. LI,p. 125; Mon, du 22 pluviose an 3.)

LaConvention nationale décrète que les honneurs du Panthéon ne pourront être décernés à un citoyen, ni son buste placé dans le sein de la Convention nationale et dans les lieux publics, que dix ans après sa mort.

Tout décret dont les dispositions seraient contraires est rapporté.

L'opinion publique peut être également sollicitée. Ainsi, en,Le Petit Journal publie une série d’articles dans le cadre d’un concours qu'il a organisé pour proposer des candidats éventuels au transfert au Panthéon, et il invite ses lecteurs à voter en utilisant un bulletin à détacher pour chaque candidat imprimé dans le journal. La question à laquelle les lecteurs du journal sont invités le est celle-ci : « Quels sont les Français duXIXe siècle auxquels devraient être décernés les honneurs du Panthéon ? ». En 2013, une consultation est lancée par le président duCentre des monuments nationaux (CMN), qui vise à éclairer le président de la République quant aux personnalités qui mériteraient à l'avenir d'être honorées au Panthéon.

Des noms circulent dans l'opinion, en voici ci-dessous quelques-uns :

  • Pierre Mendès France (1907-1982). L'Institut Pierre Mendès France cherche à sensibiliser l'opinion au transfert des cendres de l'homme d'État au Panthéon. Dès 1982 et les funérailles nationales du maître à penser d'une partie de la gauche française, certains ont évoqué sa panthéonisation. Mais la tradition impose un délai de réflexion et de concertation. Ce n'est donc qu'en 1998 que la veuve de l'ancien penseur de la décolonisation, Marie-Claire Mendès France, a demandé et obtenu un entretien avec Jacques Chirac. Sans réponse du président de la République, qui consulte, l'Institut Pierre Mendès France a lancé une pétition dans la presse : plusieurs milliers de signatures, dont celles de 270 parlementaires de l'Assemblée et du Sénat, ont été récoltées par le vice-président honoraire du Sénat, Michel Dreyfus-Schmidt. Le, à occasion de la dépose d'une gerbe de fleurs devant la statue de P.M.F.Harlem Désir secrétaire duParti socialiste français a déclaré : « Je soutiens, au nom du Parti socialiste, l’entrée au Panthéon de Pierre Mendès France » ; il a ensuite ajouté « Il appartiendra au Président de prendre cette décision, mais je crois qu’elle donnerait du sens, de l’éthique, des valeurs, dans la profonde crise économique et civique que traverse notre pays. Ce serait le symbole fort d’une gauche qui à la fois dit la vérité et réforme la société ».
  • Charles-Michel de L'Épée (1712-1789). Plusieurs associations par voie de pétition demandent l'entrée de l'abbé de l'Épée au Panthéon. S'il n'a pas mis au point, pour les sourds, l'équivalent de ce queLouis Braille a inventé pour les aveugles, il est certain qu'il a exercé une grande influence sur la structuration sémantique de cette langue gestuelle qu'est la langue des Sourds, en s'arrangeant pour qu'il y ait une équivalence forte entre les signifiés du français écrit et les signifiés gestuels. De plus, il a conçu un vaste projet d'éducation de masse des sourds et ce projet a eu une influence internationale retentissante sur la pédagogie et la création d'un groupe socio-culturel tels que sont les Sourds (avec un « S », marque d'identité revendiquée par les personnes sourdes utilisant la Langue des Signes), à tel point que l'abbé de l'Épée est devenue l'icône universelle des Sourds, en France et hors de la France. Le fait qu'il ait été prêtre serait-il un frein ? Il est de fait que l'entrée de l'abbé Grégoire pour les célébrations du bicentenaire de la Révolution française avait ému l'Église catholique de France. La panthéonisation constitue en quelque sorte l'équivalent laïque de lacanonisation et donc fait concurrence.
  • Hector Berlioz (1803-1869). Jacques Barzun écrivait il y a un demi-siècle :« S’il existe une volonté réelle d’honorer la mémoire de Berlioz autrement qu’en jouant sa musique, il se trouve à Paris un vaste monument sur le fronton duquel on lit l’inscription « Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante ». Transférez au Panthéon les restes de Berlioz pour qu’il y prenne place parmi ses pairs »[90]. L’idée avait été présentée en 1968 au président de Gaulle par André Malraux sur la suggestion du députéJean Boyer (créateur et président de l’actuel festival Berlioz à La Côte-Saint-André), et il l’avait acceptée. Mais la démission de de Gaulle en 1969 mit fin à ce projet pour de nombreuses années. En 2000, en prévision du bicentenaire de sa naissance en 2003 le projet fut relancé, et le président Chirac donna son accord. Le vœu de Jacques Barzun semblait donc en voie d’être réalisé : les restes de Berlioz devaient être transférés au Panthéon le, et l’Orchestre de Paris allait jouer à cette occasionLa Symphonie funèbre et triomphale dans les rues de Paris. Mais ce projet fut ajournésine die[91]. En 2019,Bruno Messina, nommé par Emmanuel Macron coordinateur des célébrations de l'année Berlioz et directeur duFestival Berlioz à laCôte-Saint-André relance le débat d'une éventuelle panthéonisation.
  • Le, les Amis de la Commune ont symboliquement fait entrer au Panthéon toute une lignée de communardes et communards. « PourquoiJules Vallès, écrivain et communard, n’y serait-il pas reçu maintenant ? ».
  • En 2006, lors de la décision du chef de l'État de fêter le l'abolition de l'esclavage,Georges Sarre, le premier secrétaire du MRC, réitère sa demande de transfert deToussaint Louverture au Panthéon. Esclave noir, François Dominique Toussaint, dit Toussaint Louverture, fut un des chefs de la révolte des esclaves en 1791 àHaïti[92].
  • Denis Diderot (1713-1784). En, plusieurs journaux rapportent que le président de la RépubliqueFrançois Hollande s’est engagé, dans une lettre àJacques Attali (auteur d'une biographie de Diderot), à transférer les cendres du philosophe, actuellement à l’église Saint-Roch, au Panthéon pour le tricentenaire de sa naissance, en[93]. Le tombeau de Diderot ayant été profané en 1791 et ses restes déposés dans une fosse commune, ce transfert, s'il a lieu, serait symbolique et contreviendrait aux habitudes passées qui nécessitent qu'une partie des restes de l'impétrant soient effectivement « disponibles » pour que le transfert ait lieu.
  • Ont aussi été cités : le peintreClaude Monet, le marquis deLa Fayette, le naturalisteBuffon, l'abbé Pierre, l'historien et résistantMarc Bloch, ou encoreAmbroise Croizat, fondateur de laSécurité sociale et dusystème des retraites, l’industrielAndré Citroën[94]...
  • Molière. En 2019,Francis Huster lance une campagne pour sa panthéonisation en 2022, à l'occasion des400 ans de sa naissance. En 2020, cette campagne est relayée par la Mairie de Paris[95].
  • Robert Badinter, à la suite de son décès en 2024, le président Emmanuel Macron a annoncé son souhait de faire entrer cet ancien ministre de la Justice à l'origine de l'abolition dela peine de mort en France. Des discussions sont en cours avec la famille du défunt. Le président du Conseil constitutionnelLaurent Fabius juge cette entrée légitime et d'autres personnalités se sont élevées en sa faveur, telle que la présidente de l'Assemblée nationaleYaël Braun-Pivet ou le premier secrétaire du Parti socialisteOlivier Faure[96].

Femmes au Panthéon

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Seules sept femmes y reposent : la première admise, par ordre chronologique, a étéSophie Berthelot, non à titre personnel, mais pour ne pas la séparer de son mari, le chimisteMarcellin Berthelot ; la seconde,Marie Curie, a reçu deux fois leprix Nobel[69].

Lors de son discours en hommage à la Résistance, le auMont Valérien, François Hollande a annoncé le transfert de deux nouvelles femmes,Germaine Tillion etGeneviève de Gaulle-Anthonioz, aux côtés dePierre Brossolette etJean Zay[97]. Ces deux figures de la Résistance sont entrées au Panthéon le, lors de la journée nationale de la Résistance. Leurs corps reposent toujours dans leur lieu d'inhumation, leurs familles ayant refusé le transfert[98].

Le, le président de la République Emmanuel Macron annonce, en accord avec la famille, l’inhumation deSimone Veil au Panthéon, avec son époux,Antoine[99]. La cérémonie a lieu le.

Joséphine Baker fait son entrée au Panthéon le bien que son corps demeure à Monaco ; la cérémonie fut présidée par Emmanuel Macron.

Le, leprésident Emmanuel Macron annonce le transfert de la résistanteMélinée Manouchian, au Panthéon aux côtés de son mariMissak Manouchian. Le couple est panthéonisé le[100].

Femmes mentionnées sur les murs
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Sur les murs, les noms de treize écrivaines sont gravés :Berty Albrecht,Marguerite Aron,Manon Cormier, Suzanne Gaffré, Nanine Gruner, Olga Goutwein,Hélène Humbert-Laroche, Odette Lenoël,Marietta Martin, Annie de Monfort,Irène Némirovsky,Émilie Tillion, Marie-Hélène Wuilleumier.

Femmes souvent citées pour une panthéonisation
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Olympe de Gouges (1748-1793). Féministe avant que le mot n’existe[101], elle a été guillotinée le. Elle avait rédigé en 1791, laDéclaration des droits de la femme et de la citoyenne, avec cette phrase justement célèbre :

« La femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. »

Plusieurs organisations féministes demandent qu'elle soit inhumée au Panthéon. Après une première campagne en 1989, à l’occasion du bicentenaire de la Révolution, l’historienne Catherine Marand-Fouquet a lancé une nouvelle action en ce sens, en 1993, puisRené Viénet, éditeur d'une biographie sur Olympes de Gouges, parue en 2003, en a fait à nouveau la suggestion en 2011[102].

George Sand (1804-1876). « Son œuvre mérite largement de continuer à vivre, et le Panthéon est la garantie d'une vie éternelle » estime Christiane Smeet-Sand, sa descendante. Loin des clichés d'écrivain régionaliste, voire « champêtre », « Sand est le premier personnage féminin de son temps et de sa condition à avoir revendiqué sa liberté de femme par son travail », juge M. Georges Buisson, administrateur de la Maison-musée deNohant (Indre), rappelant que l'auteur deLa Mare au Diable etLa Petite Fadette est aussi la créatrice de deux journaux républicains. Parmi les personnalités favorables à cette idée, aux côtés de sa présidente d'honneur,Claudia Cardinale ; on y trouve aussiJuliette Binoche, qui a incarné George Sand au cinéma,Élisabeth Badinter,Benoîte Groult,Régine Deforges,Lambert Wilson ouJean-Claude Brialy. Un projet a été déposé en 1998, parÉlisabeth Badinter etSimone Veil. Le, Christiane Smeet-Sand a rencontré un conseiller deJacques Chirac sur ce sujet et lui a remis une pétition. En fait, le projet a échoué surtout en raison de la forte opposition des habitants du Berry très hostiles dans leur grande majorité[réf. souhaitée] au départ de la « bonne dame de Nohant » de chez eux.

Lucie Aubrac (1912-2007). Ses funérailles ont donné lieu à un hommage de la Nation, accompagné des honneurs militaires. Dans son message funèbre, le président de la République, Jacques Chirac a rappelé à son propos :

« que certains êtres d'exception portent au plus haut les valeurs de l'humanité. »

Incarnation du courage, figure emblématique de la résistance à toute forme d'oppression. Elle fut de tous les combats contre l'occupant allemand et l'idéologie nazie ; pour la vérité, la justice sociale, la reconnaissance des droits de la femme, sa lutte aux côtés des plus démunis et des opprimés.

Lili Boulanger (1893-1918). Compositrice, elle est parfois citée[Par qui ?] aussi pour représenter le monde des Arts.

Actualités en faveur de l'inhumation de femmes au Panthéon
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Du 7 au, une exposition sur la façade du Panthéon est l’occasion de rappeler combien certaines femmes éminentes ont, par leur vie au service de la science, des arts, de la philosophie, de la politique ou par leur engagement, mérité de faire partie de ce Panthéon laïque et républicain.

Du au, l'expositionD comme découvreuses se tient au Panthéon, à l'occasion de la journée internationale des droits de la femme[103]. L'exposition, en cinq parties, a abordé les thèmes suivants :

  • présentation de découvreuses emblématiques :Hildegarde de Bingen,Sophie Germain,Grace Hopper,Marie Curie,Rita Levi-Montalcini... et sous la forme d'une provocation, invitation à la controverse, « elles créent des enfants, mais pas des idées ! » illustrée par des documents anciens, des affiches et des clichés machistes ;
  • la deuxième partie pose la question « Le cerveau a-t-il un sexe ? », avec une approche tant neurobiologique que sociologique ;
  • la troisième partie aborde le sujet de la créativité, à tous les échelons, qu’il s’agisse d’inventions pratiques ou de découvertes importantes. Le but n’est pas de se concentrer sur l’élite, mais d’offrir des exemples auxquels les jeunes peuvent s’identifier : on y présente l’activité au quotidien de femmes travaillant à des tâches de recherche et contribuant à l’avancée des connaissances ;
  • la quatrième partie dresse un bilan, tant sur le parcours des filles que sur la discrimination, et invite au débat « Font-elles une science différente ? » ;
  • la dernière partie est résolument tournée vers l’actualité de la politique scientifique en Europe, les filières et les métiers.

Le,Marie-Jo Zimmermann, députée de laMoselle, attire l’attention de la ministre déléguée à la Parité et à l’Égalité professionnelle sur le fait que le gouvernement s’est engagé à promouvoir une politique active en matière d’égalité des droits entre les hommes et les femmes. À propos de la présence de femmes au Panthéon, elle dira :

« Ce déséquilibre flagrant [la proportion hommes-femmes au Panthéon] est d’autant moins acceptable que certaines femmes ont marqué l’histoire du pays par leur forte personnalité. Plusieurs d’entre elles ont notamment des titres éminents qui mériteraient au moins d’être examinés dans une logique d’entrée au Panthéon. Il s’agit en priorité d’Olympe de Gouges qui fut l’une des premières féministes. Participant à la Révolution et proposant l’émancipation des femmes par une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791), elle fut guillotinée en 1793. Dans la même logique, on peut citer la mathématicienneSophie Germain,Louise Michel, figure légendaire dumouvement ouvrier et de laCommune de Paris etSimone Weil, grande philosophe de la première moitié duXXe siècle[104]. »

Icône d'horloge obsolète.
Cette section doit êtreactualisée.(août 2021)
Il manque des informations récentespertinentes etvérifiables, et certains passages peuvent annoncer des événements désormais passés, ou des faits anciens sont présentés comme actuels.Mettez à jour oudiscutez-en.
Façade du Panthéon en 2009.

L'écusson informatif sur le Panthéon planté sur le trottoir entourant le bâtiment n'a pas été modifié après la panthéonisation de Marie Curie malgré l'intervention du sénateur Yann Gaillard lors de la séance au Sénat du[105]. Il indique toujours que « depuis 1907, y repose également une femme, il s'agit de l'épouse de Marcellin Berthelot… ».

Du 5 au, la Ville de Paris, en lien avec les Monuments nationaux, affiche neuf grandes figures historiques sur la façade du Panthéon :Olympe de Gouges,Simone de Beauvoir,Charlotte Delbo,Solitude,Colette,Maria Deraismes,Louise Michel,Marie Curie,George Sand.

Dès le décès deSimone Veil, le, une pétition est lancée en direction d'Emmanuel Macron, pour sa panthéonisation, idée aussi évoquée par diverses personnalités du monde politique et intellectuel. Les arguments invoqués sont notamment son parcours charismatique pour une femme duXXe siècle : survivante de laShoah dont elle s'engagera plus tard pour la mémoire,ministre de la Santé ayant mené le combat pour la loi sur l'IVG qui porte son nom (1974), premièreprésidente du Parlement européen élu au suffrage universel (1979) et première femme à ce poste par la même occasion, membre duConseil constitutionnel (1998-2007), membre de l'Académie française (élue en 2008). Elle est par ailleurs encore en 2016 considérée comme la2e personnalité préférée des Français[106], restant un symbole de l'émancipation de la femme, par ses combats menés avec succès dans un milieu politique alors trèsmachiste. Le, lors de l'hommage national auxInvalides, le président de la République Emmanuel Macron annonce sa décision, en accord avec sa famille, de transférer les dépouilles de Simone Veil et son mari Antoine au Panthéon.

Le Panthéon et l'histoire

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Articles détaillés :Panthéon de Paris et histoire de France etChronologie du Panthéon de Paris.

Depuis plus de 200 ans, le Panthéon a été témoin de nombreuses scènes de l'histoire de France.

Par sa situation dans le Quartier Latin, il est aux premières loges dès que quelques manifestants décident de transformer un mécontentement en révolution. On fait aussi appel à son « esprit » pour commémorer un événement, ou quand on estime l'intégrité de la France en danger.

Le Panthéon et la science

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Article détaillé :Panthéon de Paris et la science.

Lependule de Foucault est associé à l'histoire du Panthéon de Paris. Quand, en 1851, le physicienLéon Foucault cherche un bâtiment de grande hauteur pour démontrer la rotation de laTerre, le Panthéon, lieu civil, semble tout indiqué. 1902 marquera une autre étape, à la fois scientifique et politique d'une affirmation de l'esprit scientifique dégagé de toute influence religieuse. Depuis 1995, le pendule bat de nouveau dans la nef. Momentanément retiré pendant les travaux de restauration du bâtiment en 2014, il a été réinstallé le.

Par sa situation en hauteur dans Paris, le Panthéon servira de récepteur aux expériences sur la TSF d'Eugène Ducretet.

Une légende[réf. souhaitée] veut que le Panthéon, menacé par l'humidité du sol, aurait été sauvé par l'ingéniosité d'un architecte qui aurait eu l'idée de soulever le bâtiment pour injecter dessous du plomb fondu. Il aurait pratiqué à intervalles réguliers des trous du diamètre d'une barre à mine tout autour de la base de l'édifice, bourré ces trous de sciure de bois et arrosé copieusement le tout. Le bois mouillé aurait alors, en gonflant, soulevé le bâtiment de quelques millimètres, suffisamment pour y couler du plomb en fusion. En séchant, la sciure aurait alors redéposé le Panthéon en douceur sur sa base.

La croix du Panthéon a également servi de point fondamental pour laNouvelle triangulation de la France (NTF).

Le Panthéon et l'art

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Article détaillé :Panthéon de Paris et art.
Vue intérieure du Panthéon,Étienne Bouhot, vers 1810 (musée Carnavalet).
Le Panthéon et Saint-Étienne du Mont,Raoul Dufy, 1903.

Sa position dominante en haut de la colline Sainte-Geneviève comme sa forme originale ont su, dès sa construction, attirer l'œil d'artistes confirmés commeVan Gogh,Marc Chagall ou celui des amateurs. Symbole républicain, il sera mis en poème parVictor Hugo, il est aussi le sujet de plusieurs livres.

Il est maintenant aussi lieu d'exposition où des artistes contemporains commeGérard Garouste ouErnesto Neto profitent du vaste espace de la nef pour y accrocher leurs œuvres.

En revanche, le Panthéon ne compte que six écrivains, parmi lesquelsVictor Hugo,Alexandre Dumas,Émile Zola, un seul peintre (Joseph-Marie Vien, artiste officiel du premier Empire) et aucun musicien[107].

À partir de 2018, à l'occasion de l'entrée au Panthéon () de la dépouille de l'écrivainMaurice Genevoix, également ancien combattant de laPremière Guerre mondiale, le plasticienAnselm Kiefer exécute une commande du président de la République Emmanuel Macron en vue d'y installer des œuvres accompagnant l'événement[108]. Elles ne sont pas destinées à y perdurer indéfiniment, tout en restant néanmoins pérennes[109].

Accès

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Ce site est desservi par lesstations de métroCardinal Lemoine etPlace Monge, par la stationLuxembourg de laligne B duRER et par les lignes debus RATP :21,24,27,38,75,84 et89.

L'accès au Panthéon est payant[110].

Notes et références

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Notes

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  1. Ce monument devait être dédié àsainte Geneviève. Après la Révolution, le bâtiment devint un « temple républicain ». VoirLarousse.fr/Panthéon (définition de « panthéon » sur le site de l’Encyclopédie Larousse).
  2. Cette règle est strictement respectée depuis 1889. Néanmoins, certaines personnes sont depuis citées au Panthéon pour faits de guerre mais sans être (ou n'étant plus pour le résistantCharles Delestraint) en cours de carrière militaire commeGeorges Guynemer, qui s'engage après le début de la Première Guerre mondiale, et desrésistants.
  3. On peut également la visualiser sur le site Internet de l'université Columbia, photos d'architecture au format QT à l'adresseMaquette du Panthéon ousur celui-ci.
  4. Sur unautre panorama on peut voir également les clochers que Soufflot avait construits à l'origine et qui furent rasés par la suite.
  5. Cf lesMémoires du Ministère du Duc d'Aiguillon et de son commandement en Bretagne, parHonoré-Gabriel Riqueti de Mirabeau, 1792,p. 288 et suivantes.
  6. Une toile de Demachy au musée Carnavalet représente cette cérémonie.
  7. Une maquette en demi-grandeur de la mosaïque de l'abside est visible aumusée Hébert à La Tronche.

Références

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Voir aussi

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Bibliographie

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Par ordre chronologique de publication :

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  • Jean Rondelet,Mémoire historique sur le dôme du Panthéon français, Paris, Chez Du Pont imprimeur-libraire, an vii-1797, 120 p.(lire en ligne), 17 planches ;
  • Charles Ouin-Lacroix,Histoire de l'église Sainte-Geneviève, patronne de Paris et de la France, ancien Panthéon français, 1852, Paris, Sagnier & Bray, 152 pages ;
  • Eugène Viollet Le Duc - Edgar Quinet,Les Églises de Paris - Le Panthéon, 1883, Paris, Marpon & Flammarion, 294 pages,lire en ligne ;
  • Marie-Louise Biver (préf. Olivier Choppin de Janvry),Le Panthéon à l'époque révolutionnaire, Paris, Presses universitaires de France,, VIII-131 p.(ISBN 2-13-037399-2), 32 planches
  • Mona Ozouf, « Le Panthéon », dansLes lieux de mémoire, t. I :La République, Gallimard, Paris, 1984.
  • Barry Bergdoll (dir.),Le Panthéon, symbole des révolutions, Paris, Picard / CCA / CNMHS, 1989, 344 p., 306 ill. en noir et en couleurs.
  • Le Panthéon : livre avec un CD édition en braille, Pierre Wachenheim & Hoëlle Corvest, collection Sensitinéraires, éditeur Patrimoine Eds Dun(ISBN 285822904X).
    L’ouvrage retrace l’étonnant destin d’un monument exceptionnel, à partir de supports tactiles et auditifs pour les personnes déficientes visuelles.
  • Denis Bocquet,Panthéon ou église Sainte-Geneviève: les ambiguïtés d'un monument (1830-1885), Paris Sorbonne, 1992
  • François Macé de Lépinay.Peintures et sculptures du Panthéon, Éditions du Patrimoine, 1997.
  • Jean-Claude Bonnet,Naissance du Panthéon. Essai sur le culte des grands hommes, Fayard, 1998.
  • Alexia Lebeure,Le Panthéon, Temple de la nation, Paris, Éditions du Patrimoine,coll. « Itinéraires du Patrimoine »,(ISBN 2-85822-342-4).
  • Jean-François Decraene,Petit dictionnaire des Grands Hommes du Panthéon, Paris, Éditions du patrimoine,, 118 p.(ISBN 978-2-85822-836-2).
    Ce petit livre donne la liste complète des hôtes prestigieux du monument, leur biographie, et à quelle période de la vie politique française ils ont été accueillis, donc choisis.
  • Sous la direction d'Olivier Le Naire,Entrez au Panthéon ! À la redécouverte de notre histoire, éditions Omnibus, 2015
  • Édouard Leduc,Dictionnaire du Panthéon de Paris, Éditions Publibook, 2013.
  • Bruno Fuligni,L'Affreux du Panthéon, Gallimard, Paris, 2018(ISBN 9782710379041)
  • Maurice Ricolleau,Histoire du Panthéon. De l'église Sainte-Geneviève au mausolée des grands hommes,éditions Beauchesne, Paris, 2019.
  • Jean-François Boudet (dir.), « La panthéonisation des Grands Hommes (et des Grandes femmes) », inLes rites et usages funéraires : essais d’anthropologie juridique, Aix-Marseille, PUAM, coll. droits & religions, 2019,p. 123-144

Articles connexes

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