

Le termepandoure oupandour désigne à l’origine les gardes desboyards dans les principautés chrétiennes vassales de l'Empire ottoman ; plus tard, ils sont présents dans les armées de l’Empire des Habsbourg d'Autriche comme troupes irrégulières (unités auxiliaires mobiles decavalerie légère et d’infanterie) ou comme gardes impériaux.
Aujourd'hui, le terme dePandur est parfois utilisé en allemand pour désigner un homme ou un soldat brutal.Pandur est également le nom d'un véhicule de combat moderne de fabricationautrichienne.
Son origine n'est pas déterminée avec certitude : on le relie soit au mot italienbandire (« bannir »), d'oùbandito (« banni », puis « bandit »), soit à un ancien mot serbepuntar (« rebelle »), venant de l'allemandBund (« alliance » dans l'ancien sens de « complot, rébellion »[1].
Le terme « pandoure » est probablement à l’origine du mot français « pandore », désignant ungendarme. Cet emploi est attesté en1853 dans la chansonPandore, ou les deux gendarmes deGustave Nadaud (1820–1893). Ce passage au français s'explique par les contacts divers qui ont eu lieu au cours de l'histoire entre des pandoures et des Français, notamment en Alsace en 1744 et dans lesîles Ioniennes pendant le règne deNapoléon.
Les « pandoures » sont signalés dès la fin duMoyen Âge dans lesprincipautés danubiennes vassales de l'Empire ottoman (Moldavie,Valachie etSerbie). Le terme de « pandoure » correspond aux corps de garde desboyards et desvoïvodesroumains. Ils sont distincts de l’armée régulière de ces principautés :dorobanți (infanterie),călărași (cavalerie) ouroșiori (chevau-légers), ainsi que des mercenaires (arnaoutes) et des irréguliers (akindjis), qui relevent directement duSultan ottoman.
Ils passent ensuite au service desHabsbourg. Ils sont particulièrement présents dans les territoires des « Confins militaires » (Militärgrenze) situés le long des frontières de l’Empire ottoman
Être pandoure représentait une possibilité d'ascension sociale pour les Slaves et les Roumains de l'Empire des Habsbourg, sujets de second rang par rapport auxAllemands et auxMagyars.
Une des unités de pandoures au service de l'Autriche les plus connues est celle dubaron de Trenck pendant laguerre de Succession d'Autriche (1740-1748).
Dans l'Autriche-Hongrie de la fin duXIXe siècle, les « Pandoures » disparaissent en même temps que lesConfins militaires, en1881[2].
En 1744, pendant laguerre de Succession d'Autriche,Saverne est prise par lebaron de Trenck et legénéral Ferenc Nádasdy, appelé en France à l'époque « Général Nadasti ». Leurs troupes prennent notamment le contrôle ducol de Saverne, situé sur laroute royale de Strasbourg à Paris. Saverne est reprise par leduc d'Harcourt le[3].
Cet épisode a laissé des traces dans la toponymie locale : un relais de poste près deSaverne était surnommé le « coupe-gorge des pandoures » et l'oppidum celtique du col de Saverne est toujours appelé « oppidum du Fossé des Pandours ». Le terme de « pandoure » est longtemps resté dans l'usage local pour évoquer une sorte decroquemitaine et la période de l’occupation de l’Alsace par les Autrichiens était appelée « le grabuge des pandoures » (Pandurenlärm).
Il a aussi suscité une légende, recensée par le folkloristeAuguste Stoeber auXIXe siècle[4]. Selon cette légende, les pandoures occupent lechâteau du Haut-Barr. Le jeune fils d'un fermier reste sur place, réfugié sur le plus haut rocher, se nourrissant du lait d’une chèvre qu’il a emmenée avec lui. De là-haut, il lapide les pandoures qui finissent par abandonner le château[5].
En 1800, dans laRépublique des Sept-Îles, constituée dans lesîles Ioniennes, prises par l’amiralFiodor Ouchakov lors dusiège de Corfou (1798-1799), les Russes forment une unité paramilitaire d’environ 3 000 réfugiésalbanais installés dans les îles après leur défaite face àAli Pacha, dans lepachalik deJanina.
Quand l’armée française prend en charge l’administration de l’archipel en1806, ces supplétifs albanais forment[6] le corps des « Pandoures d’Albanie »[7],[8].
Lors du retrait français en 1814, la plupart sont licenciés. Quelques-uns, qui n’étaient pas desArvanites (chrétiens) mais des Tsàmides (musulmans), sont transférés dans l’escadron desmamelouks de la Garde impériale nouvellement réorganisé[9]. Parmi les soldats licenciés, beaucoup s’engageront dans des unités organisées par les Britanniques, mais ils cessent alors d'être des « Pandoures ».
Par extension, on a appelé « pandoures » toute l’armée révolutionnaire deTudor Vladimirescu, en1821.
Pour la plupart, les « pandoures » de Vladimirescu étaient des ruraux sans terre issus des familles très nombreuses de l’époque. Vladimirescu les recrutait en parcourant les villages, un gros pain dans une main et un fusil dans l’autre. Ils lui ont permis de prendreBucarest et d’y proclamer laRépublique le, avant que les Ottomans rétablissent leHospodar sur son trône, avec de sérieuses représailles (plus de 800 victimes en août)[10].
« Despite additional recruitment among local Greeks, Italians and Dalmatian communities, it never reached its official establishment of 3,254. A battalion of Chasseurs à pied Grecs (Greek Foot Chasseurs), also known as Pandours de Albanie was raised by the French under an order of 10 March 1808 from Albanian and Greek refugees discovered on the Ionian Islands after the treaty of Tilsit. »