
LesPanathénées (grec ancien :Παναθήναια /Panatếnaia) étaient des festivitésreligieuses et sociales de la cité d'Athènes. La fête annuelle des Panathénées avait lieu du 23 au 30 du mois d’hécatombéon — premier mois de l’année attique, équivalent à la deuxième moitié de notre mois dejuillet. Selon la tradition, elle est fondée par le roi mythiqueÉrichthonios en l'honneur d'Athéna Polias,Thésée lui donnant son nom de « Panathénée » lors dusynœcisme. Tous les quatre ans se tenaient également lesGrandes Panathénées, qui comprenaient des concours panathénaïques et qui étaient de trois ou quatre jours plus longs (par exemple des concours de danse, de musique et de récitation d’Homère). Ces concours étaient les plus prestigieux pour les citoyens d’Athènes mais ils n'étaient pas aussi importants que lesconcours olympiques ou les autresconcours panhelléniques.


Les Panathénées rassemblent tous les habitants de la cité y compris les femmes et les métèques. Les esclaves ne sont pas admis dans ces célébrations. On distingue les grandes Panathénées qui se tiennent tous les quatre ans, des petites qui se déroulent les trois autres années. Les premières grandes panathénées furent organisées parPisistrate en566 av. J.-C. et étaient inspirées des concours olympiques. Pisistrate y ajouta également des compétitions de poésie et de musique, présentes dans lesconcours néméens mais absentes des concours olympiques ; par exemple, un concours derhapsodes où l'on récitait des poèmeshomériques. Ce fut également le tyran qui distingua Panathénées annuelles et Grandes Panathénées, fêtes à l'opulence plus renforcée encore et qui avaient lieu tous les quatre ans. L'itinéraire emprunté débutait en dehors de l'enceinte de la ville et s'achevait sur l'Acropole d'Athènes où se situe leParthénon. Ce chemin était appelé la Voie sacrée.
On distinguait les concours réservés aux Athéniens et les concours ouverts à tous les Grecs. Ces derniers étaient à peu près les mêmes que ceux desconcours olympiques, avec de laboxe, de lalutte, dupancrace (pankration), dupentathlon et de lacourse de chars, l’épreuve la plus prestigieuse.
Comme le lieu de naissance d'Athéna est lelac Tritonis enAfrique du Nord[1], les Athéniens n'ont pas contesté la participation des Nord-Africains aux jeux panathénaïques car ils considéraient qu'ils avaient une culture similaire à celle deshellénistes, un exemple en est le princeMastanabal deNumidie, fils deMasinissa, qui a remporté pour laNumidie 4médailles d'or dans les courses de chars[2],[3].
Les concours réservés aux Athéniens étaient quelque peu différents. Ils incluaient une course à la torche jusqu'auParthénon (l’ancêtre du relais de torche qui a lieu avant les jeux olympiques modernes), des batailles d’infanterie et de cavalerie, un lancer de javelot à cheval, une course d’écuyers-voltigeurs (engrec ancien :ἀποϐάτης /apobátês) ; c’est l’athlète d'une course de char dans laquelle le conducteur devait sauter du chariot, courir à côté puis sauter dedans, lapyrrhique, une danse armée inventée parAthéna[4], des exercices militaires en musique et un concours de beauté parmi les athlètes, appelé l’euandrion. Dans les dernières années il y avait également une course detrières. Les vainqueurs sportifs étaient récompensés par une couronne d’olivier venant des oliviers sacrés d’Athéna, ainsi que desamphores d’huile d'olive, de même provenance. Ces vases, appelés « panathénaïques », ont été retrouvés en grand nombre enGrèce, enSicile et enItalie. Ils comportent d’un côté une représentation d’Athéna, de l’autre une illustration de l’épreuve dans laquelle s’était illustré le vainqueur. Les vainqueurs dans le domaine artistique remportaient, eux, une couronne d'or. La tribu dont la trière avait remporté la course gagnait une somme d’or, dont une partie était consacrée à un sacrifice àPoséidon. Les épreuves et concours étaient supervisés par des magistrats spéciaux tirés au sort tous les quatre ans, lesathlothètes (ἀθλοθέται).
Dans le cas du Parthénon, la frise des Panathénées a été sculptée en marbre puis peinte. Elle était située entre les colonnes et le toit. La frise commençait par décrire les jeunes filles puis les divinités, les jeunes filles apportant lepeplos, les sacrificateurs, les porteurs d'offrandes, les magistrats, les chars, les cavaliers et enfin les préparatifs de la procession. La taille de la sculpture était peu saillante ce qui a permis au sculpteur de mieux rendre le mouvement.
Les Panathénées sont parfois représentées dans la littérature grecque comme dans leParménide dePlaton où le récit se déroule à cette occasion.

Le point culminant des Grandes Panathénées était atteint le jour anniversaire de la déesse, le 28 du mois, quand la cité offrait àAthéna unpéplos, vêtement tissé pendant l'année par les Ergastines, et teint au safran des Indes (lecurcuma actuel). Le vêtement était porté en grande pompe dans toute la cité, puis ornait unestatue d'Athéna poliade (en grecΠολιάς /Poliás, « protectrice de la cité ») sur l'Acropole.
La procession comprenait lagrande prêtresse d'Athéna et des jeunes filles, lescanéphores, portant dans une corbeille les outils du sacrifice, des vieillards portant des rameaux d’olivier et des jeunes gens en armure d'hoplite, les anciens vainqueurs des concours, des ambassades des colonies athéniennes (et auVe siècle av. J.-C., des cités de laligue de Délos), etc. Le déploiement de magnificence au cours de cette fête est le signe de la glorification de l’État : Athènes est représentée comme corps politique et la puissance de son empire est soulignée par la participation des cités alliées qui prend un caractère de vassalité religieuse[5]. La participation à cette procession était un grand honneur et était l’apanage des grandes familles. AuVIe siècle av. J.-C., le fait d'avoir empêché la sœur d’Harmodios d’être canéphore déclencha un complot contre lesPisistratides et l’assassinat d'Hipparque. Lesmétèques aussi participaient à la cérémonie, mais derrière les citoyens. Pour la panathénée annuelle, la procession avait moins de faste et d'ampleur.
La plus célèbre représentation de cette procession figure sur lafrise du Parthénon, longue de 160 mètres, et qui compte 360 personnages, dont 143 cavaliers, et 220 animaux. L'ensemble, soigneusement composé, nous montre sur la partie occidentale les préparatifs du défilé, lequel est représenté sur les parties nord et sud, tandis que l’assemblée des dieux se tient sur la dernière partie.
Il y avait également un grandsacrifice (bœufs égorgés), en l'honneur d'Athéna et la viande des animaux sacrifiés était mangée lors d’un énorme banquet pour la clôture du festival.
La procession partait des portes duDipylon, pour traverser le quartier duCéramique, montait l'acropole et longeait le Parthénon pour arriver devant le grandautel d'Athéna.
Les Panathénées sont encore célébrées au milieu duIVe siècle,Himérios en parle au présent et les décrit avec détails. Un siècle plus tard,Proclus en parle au passé, et semble peu au fait des détails. Les dernières auraient pu avoir lieu en 391 ou 395. Leur disparition coïncidant avec l'édit de Théodose et l'attaque de la ville par les Wisigoths[6].
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