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| Péninsule Courbet | ||
Carte de localisation de la péninsule Courbet dans l'archipel des Kerguelen. | ||
| Localisation | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Coordonnées | 49° 15′ sud, 70° 12′ est | |
| Océan Baies | Océan Indien Golfes du Morbihan etdes Baleiniers) | |
| Géographie | ||
| Superficie | 1 400 km2 | |
| Longueur | 58 km | |
| Largeur | 45 km | |
| Altitude | 979 m (Mont Crozier) | |
Géolocalisation sur la carte :îles Kerguelen | ||
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Lapéninsule Courbet forme la partie nord-est de lagrande Terre, l'île principale de l'archipel desKerguelen, dans lesTerres australes et antarctiques françaises. Couvrant environ 1 400 km2[1], elle est la plus vastepéninsule de l'île. La station permanente dePort-aux-Français y est implantée sur la côte sud.

Le nom de cette péninsule, qui fait référence à l'amiralAmédée Courbet (1827-1885), lui a été attribué en 1915 par leservice hydrographique de la Marine pour remplacer le nom allemand de « Observations Halbinsel » (la péninsule de l'Observation) donné par l'expédition allemande venue observer lepassage de Vénus devant le Soleil en 1874[T 1].
La péninsule Courbet est baignée au sud par legolfe du Morbihan, au nord par legolfe des Baleiniers. À l'est, elle fait face à l'immensité ouverte de l'océan Indien. À l'ouest, l'isthme du Lac, large d'environ 5 km entre l'anse de St-Malo et Port Kirk, marque la limite avec le reste de la Grande Terre.
Dans sa plus grande longueur, la péninsule Courbet s'étire sur environ 58 km, de l'isthme du Lac au cap Digby alors que dans l'axe perpendiculaire, près de 45 km séparent le cap Cotter des falaises de la presqu'île du Prince de Galles.
Deux régions très contrastées caractérisent la péninsule Courbet[2] :


Les montagnes de l'ouest étaient flanquées, jusqu'au milieu duXXe siècle, de petitsglaciers permanents qui ont tous aujourd'hui entièrement fondu[3]. Elles comptent plusieurs sommets remarquables aux versants souvent très escarpés. Outre le mont Crozier, on peut citer lesmonts Werth (908 m), Pierre Lejay (897 m),Trapèze (807 m), Hooker (759 m), Lyall (747 m) ou Moseley (733 m). On peut également signaler, à 652 m d'altitude, les « Créneaux »[4] qui dominent le cirque du Château et les sources de larivière du même nom[5].
Au centre de ces montagnes de nature essentiellementbasaltique, l'érosion a néanmoins dégagé, aux montagnes Vertes, une zone deroches plutoniques[6].
Toute cette partie ouest accidentée de la péninsule s'étend le long du golfe des Baleiniers, de labaie Accessible à labaie du Hillsborough. Sur l'autre rive, au sud, le bras Karl Luyken sépare Courbet des îles du golfe du Morbihan et notamment de la plus proche, l'île Haute[5].
L'ensemble du massif est coupé de part en part par une longue vallée tectonique, leval Studer[7] dont les eaux s'écoulent d'un côté par la rivière du Sud jusqu'entreMolloy et Port-aux-Français, de l'autre côté par la rivière Studer jusqu'à port Elisabeth[8].

À l'est des monts du Château (652 m) et du mont Courbet (500 m), le relief s'abaisse très rapidement. Les collines de Bellevue (228 m) etla Citadelle (176 m) occupent encore un peu le centre de la péninsule Courbet[5], puis celle-ci devient une vaste plaine d'épandagemorainique dont n'émergent que trois reliques volcaniques[6] : le mont Campbell (143 m) au nord, le mont Peeper (187 m) au centre et le mont Bungay (69 m) au sud.
Cette étendue est parsemée de très nombreux étangs comme l'indiquent bien, du nord au sud, les noms de lieux : « les Hautes Mares », « la Camargue », « les Dombes ». La partie nord est un peu surélevée et vallonnée, la partie sud est extrêmement plate et marécageuse. De nombreux cours d'eau drainent cette région jusqu'à la mer : rivièresdu Château, Norvégienne, des Albatros, du Bungay, des Manchots. Quant à larivière de l'Est, elle se jette dans un grand lac côtier, lelac Marville[5].
La péninsule Courbet se prolonge au sud par une extension en forme de L, formée par l'isthme Bas puis le promontoire de lapresqu'île du Prince de Galles, enserrant ainsi une baie marine peu profonde, labaie Norvégienne[5].
Dans le golfe du Morbihan, les terres basses de la péninsule Courbet sont bordées par la baie de l'Aurore australe. Puis longeant la presqu'île du Prince de Galles jusqu'à la pointe Suzanne, le golfe s'ouvre vers l'océan par la Passe Royale, de l'autre côté de laquelle se dresse lapresqu'île Ronarc'h[5].
Remontant ensuite vers le nord et après avoir passé l'entrée de la baie Norvégienne, la façade océanique de Courbet s'étire en une longue côte monotone, marquée par quelques avancées terrestres à peine esquissées : la pointe du Morne, la pointe Charlotte, lecap Ratmanoff (point le plus oriental des Kerguelen), le cap Sandwich, le cap Digby. Enfin, le littoral s'élève en un alignement de petites falaises et s'arrondit nettement pour revenir vers l'ouest jusqu'à la baie Accessible, en passant par le point le plus septentrional de la péninsule, le cap Cotter[5].

La péninsule Courbet héberge de grandescolonies d'oiseaux[9] : pour certaines espèces, notamment lesmanchots, il s'agit des plus importantes de l'archipel. C'est aussi dans cette partie des îles Kerguelen que l'on compte la plus grande concentration d'éléphants de mer lors des périodes de reproduction[10].
Trois grandesrookeries demanchots royaux occupent les plages de part et d'autre du lac Marville, la plus importante près du cap Ratmanoff, les deux autres près du cap Digby[9]. En 1999, l'effectif total était estimé à 179 000 couples reproducteurs[11].
La côte nord est occupée par une série de manchotières degorfous dorés dont le nombre total de couples est estimé à 336 000[10].
L'abondance des étangs fait de la péninsule Courbet le principal territoire de présence descanards d'Eaton[10]. Les recensements effectués semblent montrer une remontée des effectifs depuis la fin desannées 1980. Alors que l'on recensait seulement 5 000 couples en 1989[10], les effectifs en 2015 étaient estimés à plus de 31 000 individus[12]. Les méthodes de comptage laissent cependant une marge d'incertitude très importante (entre 9 800 et 65 500 individus pour que l'intervalle de confiance soit à 95 %[12]).
D'autres espèces abondent également[10] :manchots papous (environ 8 800 couples),pétrels géants (700 à 800 couples),albatros hurleurs (300 couples),sternes des Kerguelen etsternes antarctiques,cormorans des Kerguelen,goélands dominicains,skuas antarctiques,petits chionis. Il existe également quelques colonies degorfous sauteurs dans les zones d'éboulis rocheux, la plus importante se trouvant au cap Kidder, près de Molloy, dans le golfe du Morbihan, les autres au nord autour du cap Phérivong[9].
En revanche, toutes les espèces depétrels fouisseurs ou presque sont absentes de la péninsule Courbet, parce que les sols et la végétation entièrement transformés par la prolifération deslapins ne sont plus propices au creusement deterriers d'oiseaux et parce que leschats, éventuellement lesrats et lessouris, exercent une pression deprédation contre laquelle la plupart des pétrels ne peuvent se défendre. Aucune étude ne permet cependant de connaître la situation qui existait avant que lesmammifères terrestresintroduits viennent bouleverser l'écosystème originel.
L'impact desrennes est également important[13]. Introduits en 1955-1956, les rennes s'échappèrent de l'île Haute où ils avaient été cantonnés et traversèrent le bras Karl Luyken à la nage pour se répandre et se multiplier sur la grande Terre. Leurs troupeaux, aujourd'hui présents sur la péninsule Courbet et leplateau Central, comptent plusieurs milliers de bêtes et causent de graves ravages aux coussins d'azorelle et auxlichens[14].

Les seuls mammifères naturellement présents sur ces îles subantarctiques sont lesmammifères marins. Chaque année, la population d'éléphants de mer est dénombrée, à l'occasion de la « manip tour Courbet[15] ». Après un fort déclin au cours des années 1960 à 1980, la population s'est stabilisée dans lesannées 2000 autour de 40 000 femelles reproductrices[16]. Des troupes d'otaries de Kerguelen sont aussi présentes et il n'est pas rare de rencontrer quelquesléopards de mer solitaires.
Alors que les rivières de Kerguelen étaient à l'origine vierges de tout poisson, lestruites ont colonisé l'ensemble du réseau hydrographique de la péninsule Courbet[17] à la suite de leur introduction entre 1955 et 1962 dans la rivière du Château et la rivière Studer[18].


Les installations humaines les plus anciennes de Courbet semblent se trouver au nord de la péninsule, près du cap qu'Aubert de la Rüe nomma en 1952 « pointe des Cabanes » pour y avoir trouvé les vestiges de plusieurs constructions faites de blocs rocheux et de bois de navires, témoignages manifestes du passage dechasseurs de baleines[T 2].
Dans les années 1825-1827, le naufragéJohn Nunn et ses trois compagnons aménagent sur le site de l'actuelle pointe Charlotte, unecabane en mottes d'herbe qu'ils baptisentHope Cottage, le chalet de l'Espoir[19].
En 1874, une mission astronomique américaine s'installe à lapointe Molloy pour étudier lepassage de Vénus devant le Soleil. À la même période, une mission allemande dirigée par leDr Carl Boergen est déposée par leSMS Gazelle au nord de la péninsule. Le drapeau de l'Empire allemand est hissé le pour inaugurer l'observatoire astronomique construit à l'anse Betsy[20].
En 1950, la missionSicaud implante la station de Port-aux-Français au fond de la baie de l'Aurore australe, près de l'anse de l'Échouage, dans une zone potentiellement favorable à la construction d'unaérodrome.
Entre 1973 et 1981, dans le cadre du programme franco-soviétique FUSOV,175fusées-sondesstratosphériquesM100 sont lancées depuis un pas de tir proche de Port-aux-Français jusqu'à 90 km d'altitude et retombent dans la plaine de la péninsule Courbet[21]. Ici et là, les queues de leurs fuselages enfoncées tête dans le sol émergent encore de la tourbe ou des graviers[22].

Plusieurs cabanes[23] ont été installées en différents sites de la péninsule Courbet pour abriter les équipements et les opérateurs des programmes de recherche scientifique, d'abord en géophysique (Molloy[C 1], Pointe Suzanne[C 2]), puis en hydrobiologie (Studer[C 3], Limnigraphe[C 4]) et en écologie des populations (Pointe du Morne[C 5], Estacade[C 6],cap Ratmanoff[C 7],cap Cotter[C 8], cap Noir[C 9], Cataractes[C 10], rivière du Nord[C 11]). Enfin, celle de Port-Raymond[C 12] et celle de la rivière des Manchots[C 13] ont été installées pour l'accueil touristique et celle de chez Jacky[C 4] (remplaçant celle du Limnigraphe) pour la détente des hivernants[24].
La péninsule Courbet est la seule partie des îles Kerguelen dotée d'un réseau de routes et pistes sommaires : quelques voies bétonnées relient les diverses installations de Port-aux-Français et il est possible de rejoindre entracteur ou envéhicule tout terrain, les sites ducap Ratmanoff, de pointe Suzanne (à l'extrémité de lapresqu'île du Prince de Galles) ou de la cabane Jacky (près de la rivière du Sud). Les déplacements motorisés hors de la base ne sont cependant autorisés qu'exceptionnellement pour certaines opérations logistiques, afin de limiter l'impact sur les milieux naturels.
Commissionterritoriale de toponymie etGracieDelépine (préf. Pierre Charles Rolland),Toponymie des Terres australes et antarctiques françaises, Paris,Territoire des terres australes et antarctiques françaises,, 433 p.(lire en ligne[PDF])
« Positionnement des cabanes dans les îles subantarctiques »,Institut polaire français Paul-Émile-Victor(consulté le)
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