Pour les articles ayant des titres homophones, voirOurs (homonymie) etOurse.
| l'Ource | |
L'Ource àAutricourt. | |
Cours de l'Ource (carte interactive du bassin de la Seine). | |
| Caractéristiques | |
|---|---|
| Longueur | 100,4 km[1] |
| Bassin | 737 km2[1] |
| Bassin collecteur | Seine |
| Débit moyen | 8,6 m3/s (Bar-sur-Seine (exutoire))[2] |
| Régime | Pluvialocéanique |
| Cours | |
| Source principale | Source de l'Ource |
| · Localisation | Beneuvre,plateau de Langres,Côte-d'Or |
| · Altitude | 430 m |
| · Coordonnées | 47° 41′ 21″ N, 4° 57′ 31″ E |
| Source secondaire | Source Prévetat |
| · Localisation | Poinson-lès-Grancey, plateau de Langres,Haute-Marne |
| · Altitude | 410 m |
| · Coordonnées | 47° 41′ 34″ N, 4° 58′ 22″ E |
| Confluence | Seine |
| · Localisation | Bar-sur-Seine /Merrey-sur-Arce,Aube |
| · Altitude | 156 m |
| · Coordonnées | 48° 05′ 47″ N, 4° 22′ 49″ E |
| Géographie | |
| Pays traversés | |
| Départements | Aube,Côte-d'Or,Haute-Marne |
| Régions traversées | Grand Est,Bourgogne-Franche-Comté |
| Sources :SANDRE:« F04-0400 »,Géoportail,Banque Hydro,OpenStreetMap | |
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L'Ource est unerivière française, un des premiersaffluents de la rive droite de laSeine dans son cours supérieur. Elle traverse deuxrégions, laBourgogne-Franche-Comté etGrand Est, dans les troisdépartements de l'Aube, laCôte-d'Or et laHaute-Marne.
Le nom de la rivière est attesté sous les formesUssia (1144) ;Ussa (1164) ;Ursa (1170) ;Oussa,Uxa (1177) ;Ursia (1271)[3].
« Ource » et issu de la racinehydronymiqueOurs /Ouss[Note 1], qui dérive d'une base*ors– /*oss–, probablementindo-européenne, un nom commun signifiant « cours d'eau ».
Larivière nait sur leplateau de Langres, près dePoinson-lès-Grancey, à l'extrême sud dudépartement de laHaute-Marne, au lieu-ditLa pelouse de la source Prévetat[4], site classézone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de type I. Une autre source[5] est citée sur la commune deBeneuvre, non loin de là, mais cette fois enCôte-d'Or.
La jeune rivière s'écoule d'une altitude d'environ 400 m, sur le versant occidental de laligne de crête d'où sont originaires laSeine et l'Aube qui l'encadrent. Son cours supérieur entaille lescalcaires durs duplateau de Langres, formant une vallée très encaissée. La rivière creuse ensuite savallée dans la côte-corallienne[Note 2] et descend en 100,4 kilomètres[1] jusqu'à sa confluence, peu avantBar-sur-Seine.
À hauteur du village deBelan-sur-Ource, l'Ource perce la côte calcaire duChâtillonnais et offre un site pittoresque. Le village est encadré d'escarpements rocheux de 30 mètres de haut[6], couverts de bois dechênes et dehêtres, alors que la rivière, dont le cours est parsemée d'îles, est marqué par des lignes desaules et depeupliers. Ce lieu est caractéristique des paysages des hauts plateaux bourguignons, à la fois austères et reposants.

Malgré son cours de 100,4 kilomètres, le bassin hydrographique de l'Ource, qui recouvre des terrains duJurassique moyen et supérieur, est modeste (736 km2).

La faiblesse du réseau tributaire limite le débit de la rivière à 8,6 m3/s lors de sa confluence avec laSeine[6], les affluents de l'Ource étant peu nombreux et de faible longueur. D'amont en aval, on retrouve :

L'Ource est une rivière assez peu régulière, à l'instar de ses voisines de la région de l'est du bassin de la Seine.Une station de mesure hydrologique est installée à la sortie d'Autricourt en direction deGrancey-sur-Ource et télétransmet à intervalles réguliers les données concernant la hauteur et le débit de l'Ource. Ces données sont consultables sur internet[7].
Sondébit a été observé durant une période de 26 ans (1969-1995), àCelles-sur-Ource, localité du département de l'Aube située au niveau de sonconfluent avec laSeine[2]. La surface ainsi étudiée y est de 730 km2, soit la quasi-totalité du bassin versant de la rivière qui en fait 736.
Lemodule de la rivière à Celles-sur-Ource est de 8,54 m3/s.
L'Ource présente des fluctuations saisonnières de débit bien marquées, comme très souvent dans la région. Les hautes eaux se déroulent enhiver et au début duprintemps, et se caractérisent par desdébits mensuels moyens allant de 11,6 à 18,4 m3/s, de décembre à avril inclus (avec un maximum très net en février). À partir du mois de mars cependant, le débit diminue quelque peu et cette baisse s'accélère en mai et en juin, ce qui mène aux basses eaux d'été qui ont lieu de juillet à septembre, accompagnées d'une baisse du débit mensuel moyen à, respectivement, 3,12 puis 1,9 et 2,06 pour ces trois mois, débits mensuels qui restent assez consistants. Mais il ne s'agit là que de moyennes, qui occultent des fluctuations bien plus prononcées sur de courtes périodes ou selon les années.

Aux étiages, leVCN3 peut chuter jusque 0,220 m3/s (220 litres/s), en cas de période quinquennale sèche, ce qui peut être considéré comme assez sévère pour un cours d'eau de cette taille. Mais ce fait est fréquent parmi les rivières de la région et de tout l'est du bassin de la Seine.
D'autre part, lescrues peuvent être importantes, compte tenu de la taille du bassin versant. LesQIX 2 et QIX 5 valent respectivement 50 et 72 m3/s. Le QIX 10 est de 86 m3/s, le QIX 20 de 100 m3, tandis que le QIX 50 se monte à pas moins de 120 m3/s. Ce sont là des débits de crue presque aussi élevés que ceux de l'Eure à Louviers, en fin de parcours, alors que cette importante rivière a un débit moyen (module) de plus de 26 m3/s, et possède un bassin de près de 6 000 km2.
Le débit instantané maximal enregistré à Celles-sur-Ource durant cette période de 26 ans, a été de 89,1 m3/s le 2 janvier 1991, tandis que la valeur journalière maximale était de 88,7 m3/s le même jour. Si l'on compare la première de ces valeurs à l'échelle des QIX de la rivière, l'on constate que cette crue était d'ordre décennal, et donc destinée à se répéter en moyenne tous les 10-12 ans environ.
L'Ource est une rivière assez abondante, bien alimentée par les précipitations élevées tombant surtout sur la partie supérieure de son bassin. Lalame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 371 millimètres annuellement, ce qui est nettement supérieur à la moyenne d'ensemble de la France, et aussi à la moyenne du bassin de laSeine (plus ou moins 240 millimètres par an). Ledébit spécifique (ou Qsp) atteint dès lors le chiffre solide de11,7 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.
La vallée de l'Ource, dans sa partie aval, appartient à laCôte des Bar, la partie la plus méridionale desvignobles de Champagne, à une centaine de kilomètres au sud-est d'Épernay. Ce sont lesRomains qui, après la conquête de laGaule, introduisirent lavigne dans les vallées de la Haute-Seine et de ses affluents dont les productions furent commercialisées dans de nombreuses provinces de l'Empire, à Rome tout particulièrement. Après le déclin duHaut Moyen Âge, le vignoble connut une renaissance, auXIIe siècle, grâce à la construction de l'abbaye cistercienne de Mores près deCelles-sur-Ource[8]. Au milieu duXIIIe siècle intervint un événement décisif :Thibaut IV,comte de Champagne, ramena deChypre uncépage qu'il associa à une variété locale pour donner lechardonnay permettant l'élaboration de vins de qualité[8]. AuXVIIIe siècle, un vin mousseux naturel, connu sous le nom deSaulte-Bouchon, était déjà produit mais c'est seulement au siècle suivant que se développa la commercialisation des vins de Champagne issus de la basse vallée de l'Ourse[Note 3]. Pourtant, cette production fut menacée par la crise du phylloxéra qui ravagea les vignobles de l'Aube au début duXXe siècle. LaCôte des Bar perdit son appellationChampagne en1908[Note 4] et ne la retrouva définitivement, après une longue lutte ponctuée de manifestations, d'affrontements atteignant leur apogée en1911[9], qu'en1927[8]. Aujourd'hui, Celles-sur-Ource compte une centaine de producteurs qui élaborent le champagne à partir de deux tiers depinot noir et d'un tiers de Chardonnay ; un million de bouteilles sont commercialisées chaque année[10].
La tranquillité de la vallée de l'Ource lui a valu d'attirer, à la fin duXIXe siècle, un des plus célèbres représentants de l'écoleimpressionniste. En effet, en1895,Auguste Renoir (1841-1919) s'installa àEssoyes (lieu de naissance d'Aline Charigot devenue son modèle et sa seconde épouse), rue de l'Extra, aménageant son atelier dans le jardin de la demeure familiale[11]. Même si le peintre ne résida pas en permanence dans le village, les paysages tranquilles de l'Ource, la luminosité particulière de la vallée furent source d'inspiration pour certaines de ses grandes toiles :Les laveuses,La marchande de pommes,La blanchisseuse et son enfant,La baigneuse endormie,Madame Renoir au jardin[Note 5]...
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