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| El Hadj Oumar Tall | |
| Titre | |
|---|---|
| Empereur de l'Empire toucouleur | |
| – (16 ans) | |
| Prédécesseur | Amadou Amadou (Empereur du Macina) |
| Successeur | Tidiani Tall |
| Biographie | |
| Titre complet | El Hadj Omaral-Futi Tallal-Tijani |
| Dynastie | Dynastie Tall |
| Nom de naissance | Omar Foutiyou Tall ou Oumar Seydou Tall |
| Date de naissance | Entre1794 et1797 |
| Lieu de naissance | Halwar (Royaume du Fouta-Toro) |
| Date de décès | |
| Lieu de décès | Falaise de Bandiagara (Empire toucouleur) |
| Nationalité | Toucouleur |
| Père | Saidou Tall |
| Mère | Sokhna Adama Aïssé Thiam |
| Enfants | Aguibou Tall Ahmadou Tall Seydou Nourou Tall Habib Tall |
| Héritier | Tidiani Tall (neveu) |
| Profession | Ouléma |
| Religion | Islam |
| modifier | |
Sheikh Umar Fouti Tall, de son vrai nomOmar Foutiyou Tall (ouOumar Seydou Tall), appelé aussiAl Hajj Omar ou encoreAl-Fouti, né àHalwar dans leFouta-Toro, dans l’actuelSénégal, entre1794 et1797 et mort à une date inconnue à partir de1864, est un souverain,chef de guerre,érudit musulman et muqqadam dans la TariqaTijaniyya.
Né àHalwar dans leFouta-Toro, dans l’actuelSénégal, entre1794 et1797, il fonde un Empire Fulɓemusulman sur le territoire de ce qui est aujourd'hui laGuinée, leSénégal, laMauritanie et leMali[1].
Dès son jeune âge, il embrasse laTijaniyya et joue un rôle majeur dans la propagation de cette dernière[2] dans les territoires correspondant aujourd'hui auNiger, au Mali, en Mauritanie et au Sénégal (il s’attribue d'ailleurs le titre dekhalife de latariqa enAfrique sub-saharienne). Il disparaît mystérieusement dans lafalaise de Bandiagara (actuel Mali) le[3],[4].

Né entre 1794 et 1797 à Halwar, il est le fils de Saidou Tall et de Sokhna Adama Aïssé Thiam. Il est le quatrième fils de son père.Peul[5] issu d’une grande famille de notables et chefs religieux, il commença à approfondir sa connaissance de l’islam grâce à Abd el-Karim, lettré musulman originaire duFouta-Djalon, membre de la confrérieTijaniyya.
À partir de1827 et pendant dix-huit ans, Oumar Tall entreprend plusieurs voyages. Il se rend àHamdallaye sur leNiger où il rencontreCheikhou Amadou, le fondateur de l'empire théocratique du Macina, puis séjourne plusieurs mois àSokoto à la cour deMohammed Bello. Il traverse ensuite leFezzan et se rend auCaire avant d’atteindreLa Mecque où il reçoit, de la part deMuhammad Al Ghâlî[6], les titres d’El Hadj et de calife de la confrérie soufitidjane pour le Soudan (1828). Il rejoint ainsi la confrérie Tidjaniya en 1833, par l’intermédiaire de Mohammed el-Ghali Boutaleb, originaire deFès, qu’il avait rencontré et fréquenté à la Mecque.
Il séjourne ensuite à l’université al-Azhar du Caire, puis chez le sultan duBornou dont il épouse une fille, à la cour de Mohammed Bello dont il épouse également une fille, enfin de retour à Hamdallaye chezCheikhou Amadou. En1845, il passe une journée àMélakh et prend l'initiative d'y construire un village[7].
Pendant treize ans, il prêchel’islam sunnite à travers la doctrineacharite, la jurisprudencemalikite et la spiritualité de laTijaniyya, d’abord auFouta-Djalon, puis àDinguiraye (actuelle Guinée) en1848.

ÀDinguiraye, il prépare ledjihad (guerre sainte). Il acquiert une réputation de saint et rassemble de nombreux disciples qui formeront les cadres de son armée. Son armée, équipée d’armes légères européennes reçues de trafiquants britanniques duSierra Leone, s’attaque aux noirs non musulmans, à partir de. Avec l'aide desMaures, il occupe les territoires desSérères,Wolofs,Soninkés,Khassonkés, et duBambouk (), puis attaque lesBambarasMassassi dont il prend la capitaleNioro (). En, il annexe leKaarta etDiangounté réprime sévèrement les révoltes.
Luttant contre l’armée coloniale française, il fait construire untata (unefortification) àKoniakary (77 km à l’ouest deKayes). En, il déclare la guerre auroyaume du Khasso et assiège lefort de Médine, qui sera libéré par les troupes du futur généralLouis Faidherbe le.
Entre et, El Hadj Oumar Tall s’attaque aux royaumes bambaras de Kaarta et deSégou (bataille de Ngano). Le, il conquiertSégou qu’il confie un an plus tard à son fils Ahmadou pour partir à la conquête d’Hamdallaye, capitale de l’empire peul du Macina qui tombera le après trois batailles faisant plus de 70 000 morts. Obligé de se réfugier dans les grottes de Deguembéré, près deBandiagara, il disparut mystérieusement dans la grotte.
Son neveuTidiani Tall sera son successeur et installera la capitale de l’empire Toucouleur à Bandiagara. Son filsAhmadou Tall règne à Ségou, Nioro et commandait le Niger de Sansanding à Nyamina, une partie des Bambaras du Beledougou, le Bakhounou, le Kaarta[8] jusqu’à la conquête française en[9]. Un autre de ses fils,Aguibou Tall, fut roi duDinguiraye avant d'être nommé sultan duMacina par les Français en 1892[10].
Mû par l’idéologie universaliste de l’islam et par un projet de rénovation égalitaire de la société, El Hadj Oumar encourage le libéralisme dusunnisme via la confrérie Tidjaniya, dont il est le représentant de l’époque, et se promet d’imposer une « fraternité transcendante» aux peuples duSoudan occidental.
El Hadj Oumar gouverne ses États comme unethéocratie, assisté par un conseil comprenant quelques grandsmarabouts, certains de ses frères et des compagnons de pèlerinage. La loi coranique est le principe fondamental du gouvernement. Sur le plan administratif, El Hadj Oumar s’inspire du modèle égypto-turc avec division du pouvoir entre un gouverneur civil (pacha) et un gouverneur militaire (bey). Chaque province dispose d’une puissanteforteresse (tata) commandée par un chef militaire dirigeant une importante garnison.
C’est, à l'instar de lacolonisationpeule conduite parModibbo Adama dans l'Adamaoua, le fondateur d'un État prospérant essentiellement par letrafic d'esclaves[11].
L’un des amis d’Oumar Tall, Mohamadou Allou Tyam, couche par écrit l’histoire de sa vie dans un récit, laKacida, qu’il rédige en`ajami, c’est-à-dire enpeul noté avec l’alphabetarabe[12]. Ce récit est traduit en français pour la première fois parHenri Gaden en 1935, puis plusieurs autres éditions et traductions plus proches du texte original, dont une en français par Samba Dieng en 1983[12]. L’épopée d’El Hadj Oumar connaît dans le même temps une ample diffusion orale parmi les populationspeules, notamment auSénégal et auMali, et devient un mythe fondateur de l’islamisation de l’Afrique de l’Ouest, l’épopée présentant El Hadj Oumar comme un messie annonçant les grands cheikhs musulmans de la région pour les décennies suivantes qu’allaient êtreMbaba Diakhou (fondateur d’une théocratie auRip) ou El HajjMalick Sy, ou encore CheikhIbrahim Niasse qui allaient lui succéder en tant qu'antenne de la Tijaniyya enAfrique subsaharienne.
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