Othon — ouMarcus Salvius Otho — (latin :Imperator Marcus Otho Cæsar Augustus), né en32 et mort àBedriacum le, est unempereur romain qui régna de à. Il est l'un des trois empereurs qui se succédèrent rapidement à la tête de l'Empire en 68-69 avant queVespasien ne parvienne au pouvoir et n'impose la nouvelle dynastie desFlaviens.
Ses ancêtres étaient originaires du bourg de Ferentium. Né en32apr. J.-C. àFerentium enÉtrurie[3],[4], Marcus Salvius Otho est issu d'une famille de notables de lagensSaluia. Sa famille a depuis longtemps des liens étroits avec laDomus Augusta, la famille impériale. Son grand-père qui a étésénateur jouissait des bonnes grâces deLivie[5]. Son père, Lucius Othon, estproconsul d'Afrique sousTibère, et est élevé au rang depatricien par l'empereurClaude[6]. Il s'est attiré l'amitié de ce dernier en dénonçant une tentative d'assassinat organisée par un chevalier romain[7]. Son frère aîné,Lucius Salvius Otho Titianus, futconsul en 52. Par sa mère, il est issu de la gent desTerentii.
SelonSuétone, Othon était un personnage assez peu recommandable et disposé à tout pour parvenir à ses fins. Il séduisit ainsi une vieille courtisane dans le seul but d'entrer en contact avecNéron dont il devient l'un desfavoris et partage les frasques de jeunesse. Les auteurs soulignent sa coquetterie comme efféminée[8] et lui prêtent une complicitéhomosexuelle avec l'empereur[9] ou avec sesmignons[10].
Suétone prétend que, mis au courant de l'intention de Néron d'assassiner sa mèreAgrippine, il lui aurait prêté une assistance concrète en organisant un repas le soir du meurtre pour donner le change[9].
Il tombe cependant en disgrâce en refusant de restituerPoppée qu'il avait épousée pour plaire à Néron, mais dont il tomba réellement amoureux[11]. En conséquence, il est envoyé comme gouverneur enLusitanie, poste habituellement occupé par un ancienpréteur alors qu'il n'est qu'ancienquesteur. Selon Suétone, il y officie« avec une modération et un désintéressement exceptionnels ». Ce séjour forcé de dix ans doit l'assagir, car les auteurs anciens ne rapportent plus aucun scandale à son propos pour cette période, ni durant son bref règne[12].
Il devient un politicien respectable et, apprenant les événements qui accompagnent les derniers mois du règne deNéron et cherchant à se venger, Othon prend le parti deGalba en avril68 afin de renverser l'empereur. En raison de l'âge de Galba, il espère lui succéder[13], mais quand ce dernier adoptePison en janvier69, il voit s'écrouler ses rêves d'accession au pouvoir suprême. Criblé de dettes, il n'a d'autre solution que de se débarrasser par le meurtre du nouvel empereur et de Pison, avec l'aide de prétoriens qu'il soudoie. La conjuration est passablement improvisée, mais elle réussit : Galba est tué en pleinforum le[14]. Othon se présente aussitôt auSénat.
Il se veut le continuateur de Néron, et venge ce dernier en obligeant au suicide lepréfet du prétoireTigellin, qui avait trahi et abandonné l'empereur. Il poursuit la construction de laDomus aurea, avant queVespasien,Titus etTrajan ne la réaménagent en espaces publics et la délaissent. Il continue la politique de Claude d'extension aux provinciaux dudroit de cité, et l'accorde auxLingons. Il entretient également des relations avecSporus, favori de Néron.
Si Othon est reconnu par les armées duDanube, d'Orient et d'Afrique, l'armée duRhin est en état de rébellion depuis le. Son chefVitellius se fait proclamerImperator enGermanie inférieure. Il reçoit le soutien des légions deBelgique, d'Espagne, deBretagne et deRhétie. Othon répugne à la guerre civile. Aussi, avec l'accord du Sénat, il envoie une délégation prévenir le gouverneur de Germanie qu'il a été acclamé. Il lui propose également d'épouser une de ses filles et de l'associer au pouvoir afin de maintenir la concorde. Mais Vitellius, porté par les légions les plus valeureuses, marche sur l'Italie[15].
Le 14 mars, Othon quitteRome pour affronter Vitellius sans attendre le renfort de l'armée du Danube. Les auteurs antiques Suétone, Tacite et Plutarque insistent sur les présages défavorables survenus lors de sa sortie de Rome : inondation catastrophique duTibre, impiété marquée par l'inachèvement des cérémonies en l'honneur deMars et deCybèle et prodiges (prodigium(es)) multiples et inquiétants, autant de signaux négatifs dont Othon ne tient pas compte[16]. Après deux petites victoires dans le nord de l'Italie, Othon est vaincu le 14 avril àBedriacum près deVérone. Le 16 avril, aprèstrois mois de règne, il se donne la mort avec une dignité qui surprendSuétone. Tous les auteurs classiques, Suétone,Tacite,Dion Cassius rendent hommage au courage et au désintéressement d'Othon.