Cette série d'attaques est plus rapide que lesoffensives allemandes de mars à juillet, et fait craquer le front à chaque fois, avec pour résultat la démoralisation définitive des armées allemandes et leur retraite, conclue par l'armistice signé àCompiègne et qui met fin aux opérations.
Les grandes offensives allemandes sur le front de l'Ouest débutées avec l'opération Michael en ont tourné court enjuillet. Les Allemands ont réussi à atteindre laMarne mais n'ont pas obtenu la percée décisive qu'ils recherchaient. Lorsque ces offensives prirent fin en juillet, le commandant suprême des forces alliées, le maréchal françaisFoch, ordonna une contre-offensive qui est connue sous le nom deseconde bataille de la Marne. Les Allemands, se rendant compte que leur position était intenable, se retirèrent de la Marne vers le nord.
Foch estime alors que le moment est venu pour les Alliés de repasser à l'offensive. Les Américains sont désormais nombreux en France et leur présence a ravivé le moral des troupes. Leur commandant, le généralJohn Pershing, tient à utiliser son armée de façon indépendante. L'armée britannique a quant à elle été renforcée par un grand nombre de soldats de retour decampagnes en Palestine et enItalie et par un grand nombre de réservistes retenus auparavant enGrande-Bretagne par le Premier ministreDavid Lloyd George.
Foch approuve une proposition du maréchalDouglas Haig, commandant ducorps expéditionnaire britannique, d'attaquer sur laSomme, à l'est d'Amiens et au sud-ouest du champ debataille de la Somme en 1916. La Somme a été choisie comme site approprié pour l'offensive pour plusieurs raisons. Comme en 1916, elle constitue la limite entre les armées britanniques et françaises, matérialisée par la route Amiens-Roye, permettant aux deux armées de coopérer. Ensuite, la campagnepicarde fournit un bon terrain pour les chars, ce qui n'est pas le cas enFlandre. Enfin, les défenses allemandes, assurées par la deuxième armée allemande du généralGeorg von der Marwitz, sont relativement faibles, ayant été soumises à des incursions continuelles par lesAustraliens dans un processus appeléPeaceful Penetration.
La bataille d'Amiens débute le8août 1918 par l'assaut de plus de dix divisions alliées (australiennes, canadiennes, britanniques et françaises) avec plus de 500 chars. Grâce à une préparation minutieuse, les Alliés bénéficient d'une surprise totale[1],[2]. L'attaque, menée par leCorps australien et le Corps canadien de la quatrième armée britannique, réussit à percer les lignes allemandes que les chars peuvent ainsi prendre à revers, semant panique et confusion. À la fin de la journée, une avancée de 24 kilomètres de long est créée dans les lignes allemandes au sud de la Somme[3]. Les Alliés ont fait 17 000 prisonniers et se sont emparés de 330 canons. Le total des pertes allemandes est estimé à 30 000, le, alors que les Alliés ont eu environ 6 500 tués, blessés et disparus. L'effondrement du moral allemand conduisitErich Ludendorff à surnommer ce jour« le jour noir de l'armée allemande »[1].
L'avancée se poursuivit pendant encore trois jours mais sans les résultats spectaculaires du, leur avancée rapide privant les assaillants du soutien de l'artillerie et de certains approvisionnements[4]. Au cours de ces trois jours, les Alliés ont cependant réussi à avancer de 19 kilomètres supplémentaires, certes moins que l'avance du seul premier jour, les Allemands ayant entre-temps reçu des renforts[5]. Le, les Allemands commence à se retirer du saillant qu'ils avaient réussi à occuper pendant l'opération Michael en mars et se replient sur laligne Hindenburg[6].
Le 15août 1918, Foch demande à Haig de poursuivre l'offensive d'Amiens, même si l'attaque souffre du manque d'approvisionnements et d'artillerie et si desréserves allemandes ont été amenées sur le secteur. Haig refuse et se prépare à lancer une nouvelle offensive de laIIIe armée britannique surAlbert qui débute le.
Il y eut également d'autres batailles durant l'avancée des Alliés sur la ligne Hindenburg, celles de Savy-Dallon le, d'Havrincourt le 12, de Vauxaillon le 14 et d'Épehy le 18. Ces engagements considérés comme mineurs scandent la retraite allemande sur l'ensemble du front occidental en.
Le,Mangin (Xe armée) attaque au Moulin de Laffaux (128e DI) et sur Allemant (1er corps), puis emporte le plateau est de Vauxaillon et le mont des Singes (30e corps), Sancy, la ferme des Loges et Vailly. Ce jour-là, les régiments de la41e division (23e,4e ,128e) de la128e division (167e,168e,169e), de la5e division (5e,74e,224e) sur un front de 1 500 mètres, capturent 2 500 prisonniers. Au sud du massif de Saint-Gobain, les premières défenses de la ligne Hindenburg sont ébréchées.
VAUXAILLON 1918 est inscrit sur le drapeau des régiments engagés lors de cette bataille.
Foch planifie alors une grande offensive concentrique sur les lignes allemandes en France, les divers axes de progression convergeant surLiège enBelgique.
Les principales défenses allemandes sont ancrées sur la ligne Hindenburg, une série de fortifications défensives qui s'étend deCerny-en-Laonnois sur l'Aisne à Arras[8]. Avant le début de la principale offensive de Foch, les derniers saillants allemands restants à l'ouest et à l'est de la ligne furent enfoncés àHavrincourt et àSaint-Mihiel, le et àÉpehy et sur lecanal du Nord le[9].
La première attaque de la grande offensive de Foch est lancée le par le corps expéditionnaire américain dans l'offensive Meuse-Argonne. Deux jours plus tard, le groupe d'armées d'AlbertIer de Belgique et la seconde armée britannique du généralHerbert Plumer lancent une attaque près d'Ypres en Flandre (lacinquième bataille d'Ypres). Les deux assaillants progressent bien au début mais sont ensuite ralentis par des problèmes logistiques.
Du 27 au, les Canadiens de la 5ème Brigade d'infanterie canadienne prennent pied dans le petit village deChérisy (sud-est d'Arras) situé derrière les installations de la Ligne Hindenburg dans ce secteur. Cette percée constituera le point de départ de la retraite allemande en Artois. L'attaque aura coûté entre autres la quasi-totalité du 22ème bataillon Canadien-Français.
Cet effondrement force leHaut Commandement allemand à accepter la fin de la guerre. L'évidence de la démoralisation allemande convainc également de nombreux commandants des forces alliées et dirigeants politiques que la guerre pourrait être terminée en 1918, alors que les Alliés s'efforçaient de réunir une force suffisante pour lancer une vaste offensive décisive en 1919.
Au cours du mois d'octobre, les armées allemandes durent se retirer de tous les territoires conquis en 1914. Les Alliés repoussèrent les Allemands sur la ligne de chemin de fer reliantMetz àBruges (indiquée sur la carte en tête de cet article), qui avait servi à alimenter l'ensemble du front dans le nord de la France et la Belgique pendant une grande partie de la guerre. Lorsque les armées alliées atteignirent cette ligne, les Allemands furent contraints d'abandonner d'importantes quantités d'équipement lourd et de matériel, ce qui réduisit encore davantage leur moral et leur capacité de résistance.
Les pertes restèrent élevées dans l'ensemble des forces combattantes alliées ainsi que dans l'armée allemande en retraite. Des engagements d'arrière-garde eurent lieu àYpres,Courtrai,Selle,Valenciennes, sur laSambre et àMons, avec des combats se poursuivant jusqu'aux dernières minutes avant l'armistice qui prit effet à11 h le. Un des derniers soldats à mourir fut le CanadienGeorge Lawrence Price, à10 h 58[11]. Malgré cela, les tombes militaires présentent parfois des dates de décès postérieures au, il s'agit alors de soldats décédés des suites de leurs blessures survenues avant l'armistice.