Animation montrant les découpages possibles en 5, 4, 3 ou 1 seul océan(s).Le grand océan planétaire, mis en valeur par laprojection de Fuller.
Unocéan est souvent défini, engéographie, comme une vaste étendue d'eau salée comprise entre deux continents. En fait, il s'agit plutôt d'un volume dont l'eau est en permanence brassée par des courants marins. Approximativement 70,8 % de la surface de laTerre est recouverte par l'océan mondial. Celui-ci est historiquement divisé en quatre océans — Pacifique,Atlantique,Arctique etIndien — ou en cinq pour les gouvernements ou organismes qui reconnaissent l'existence de l'océan Austral[1]. L'océan mondial comporte aussi plusieurs dizaines demers. Avec une profondeur moyenne de 3 682 mètres[2], les océans représentent 96 % du volumebiosphérique[3].
Longtemps, pour les Européens, toute étendue d'eau salée s'appelait « mer ». On désignait alors la plus grande d'entre elles, celle de l'Ouest, par le terme « mer océane », c'est-à-dire l'Atlantique, à une époque où la connaissance de l'Océan Indien se limitait à lamer d'Arabie (dite aussi mer d’Érythrée).
La nomination des mers de grande taille évoluera lors de la découverte du « grand Océan » que Magellan a parcouru à l'Ouest des Amériques, désigné ainsi par comparaison avec son homologue de l'Est. Il trouva cette étendue maritime bien calme et la dénomma « océan Pacifique »[12]. Par la suite, les progrès de l'océanographie ont aussi permis de mieux cerner les dimensions de la vaste étendue d'eau salée entre l'Afrique et l'Australie. C'est à ce moment-là que sur les cartes apparaissent enfin l'océan Atlantique, l'océan Pacifique, l'océan Indien, puis l'océan Austral et l'océan Arctique.
Depuis, les géographes et océanographes ont donné des critères : les mers sont plus petites, sans qu'il existe une taille limite[13]. L'océan Arctique est actuellement le plus petit des cinq, sachant qu'il correspond à l’agrégat des mers côtières du cercle arctique et de labanquise autour dupôle Nord (en tant qu'eau gelée). Par ailleurs, la définition d'un « océan Austral » indépendant reste contestée, dans la mesure où, en l'absence de délimitations nettes, il peut être rattaché à ses trois voisins plus au Nord.
Sur Terre, on appelle « océan Mondial », « océan Planétaire » ou encore plus simplement « l'Océan » (avec une majuscule)[14] la grande étendue d'eau salée ininterrompue encerclant lescontinents et lesarchipels. L'Océan a été traditionnellement subdivisé en trois grands ensembles (Atlantique,Indien etPacifique), séparés par des limites decontinents, mais aussi distingués par leurs caractéristiques structurelles, composition et circulation de l'eau.
Dans la culture générale, on parle de quatre ou cinq océans. Depuis le, la sociétéNational Geographic reconnaît l'océan Austral comme étant un cinquième océan[15],[16],[17]. Les voici par superficie décroissante :
C’est le plus grand et le plus profond des océans puisqu'il recouvre 1/3 de la surface de la planète. Levolcanisme aérien ou sous-marin y est important dans sa partie centrale et occidentale. Il est très ouvert au sud vers l'océan Antarctique et quasiment fermé au nord par ledétroit de Béring.
Selon le projet de l'Organisation hydrographique internationale, il devait entourer le continent antarctique avec pour limite nord le parallèle 60° sud.
Il est centré sur lepôle Nord et est de petite taille et peu profond. Il est entouré de nombreuses terres et recouvert d'une épaisse couche deglace. L'océan Arctique a été officiellement adopté par l'OHI, mais sa faible superficie lui vaut d'être parfois qualifié de « mer Glaciale Arctique »[14].
Découpage de l'Organisation hydrographique internationale
Si le découpage était à l'origine assez arbitraire, l'Organisation hydrographique internationale propose actuellement des délimitations précises pour chacun d'entre eux.
Le premier texte de référence date de 1928 ; celui-ci délimite sept océans[18] :
Dans l'édition courante deLimites des océans et des mers[19], l'océan Austral est inexistant car ses limites font l'objet de désaccords et n'ont pas été ratifiéesà ce jour[Quand ?].
« L’océan Austral n’a pas toujours été reconnu. […] il disparaît en 1953 dans la troisième édition du texte de l’OHI. Depuis 2009, un groupe de travail s’occupe de mettre à jour ce texte, mais celui-ci n’a toujours pas été ratifié »
Un projet de quatrième édition[23] est consultable en ligne, mais le processus d'approbation a été interrompu en septembre 2002 et ce n'était qu'un document de travail. L'édition projetée découpait le monde maritime ainsi :
Ouverture et fermeture d'un océan, décrits sur cecycle orogénique.Quelques caractéristiques d'un bassin océanique.Si les océans s'asséchaient ?
Lagéologie marine décrit la structure du fond des océans :géologiquement, un océan est un plancher océanique recouvert par de l'eau. Le plancher oucroûte océanique se distingue de la croûte continentale, par :
sa composition : le plancher océanique est la fine couche debasalte volcanique solidifié qui recouvre lemanteau là où il n'y a pas de continents. La croute océanique a aussi unelithologie plus basique que la croûte continentale ;
unedensité plus importante de 3,24 à 3,27, contre 2,7 à 2,8 pour la croûte continentale.
Lacroûte océanique est aussi la plus jeune, puisqu'elle est formée par les épanchements delave au sommet desdorsales océaniques. Ainsi, les plus anciennes roches trouvées provenant de la croûte continentale datent de 3 700 millions d'années, tandis que les plus anciennes provenant de la croûte océanique datent de220 millions d'années. La transition entre croûtes océanique et continentale s'effectue au niveau duplateau continental, soit de façon graduelle (marge passive), soit de façon plus brutale avec une marge active ou zone desubduction. Les géologues observent que les océans se forment généralement dans des zones déjà fracturées, correspondant à la zone de suture d'anciennes chaînes de montagnes. Ainsi, l'océan Atlantique s'est formé en faisant rejouer des failles qui s'étaient déjà mises en place lors de l'orogenèse varisque (à l'origine de la Pangée).
L'eau des océans est loin d'être immobile : elle est au contraire constamment en mouvement, même quand l'absence de vent lui fait prendre l'aspect d'un miroir. il existe ainsi des mouvementsoscillatoires de faiblepériode (les vagues et la houle) ; des mouvements oscillatoires de plus grande période (marée,oscillation d'inertie, tsunamis et ondes de tempête) ; et les mouvements non oscillatoires, c'est-à-dire les courants marins non liés à des forces périodiques (courant géostrophique, courant d'Ekman). L'océanographie physique étudie les mouvements et propriétés des eaux marines.
Lesvagues peuvent être créées par le passage des objets dans l'eau (comme pour lesillage d'un bateau), par la rencontre de courants (comme pour lemascaret créé par la marée), mais le plus souvent sont créées par levent soufflant à la surface. Les fluctuations de pression associées à la turbulence du vent créent des ondes très courtes, lesvagues capillaires, mais aussi plus longues,vagues. La hauteur, la période et la longueur des vagues va s'accroître avec la force du vent (mesurée sur l'échelle de Beaufort), la distance sur laquelle il souffle (lefetch) et la durée pendant laquelle il souffle.
Si lamer du vent désigne les vagues activement générées par le vent local, lahoule désigne une mer du vent qui s'est propagée hors de la région où elle a été générée[43]. Cette « transformation » de la mer du vent en houle se produit aussi lorsque le vent faiblit et n'est capable que d'entretenir les vagues les plus courtes. Si le vent a soufflé suffisamment fort, longtemps et/ou sur une assez grande distance, la houle en sera d'autant mieux formée, avec une longueur plus élevée et une plus grandeénergie emmagasinée. La houle peut ainsi parcourir d'immenses distances, même en l'absence de vent[44] ; on parle alors de « houle résiduelle ». Malgré leur apparence régulière etsinusoïdale, les vagues et la houle ne sont pas parfaitement périodiques, et ne peuvent pas être réduites à une courbe mathématique simple. On utilise l'analyse spectrale pour les décomposer en somme d'ondes simples.
Mouvement de l'eau dans un train de vagues par faible profondeur (Animation).Mouvement de l'eau dans un train de vagues par grands fonds (Animation).
Le mouvement des vagues est circulaire en eau libre, et son amplitude se réduit alors que la profondeur augmente. On considère qu'à une profondeur égale à la moitié de la longueur d'onde, le mouvement peut être considéré comme nul[14] ; les vagues ne concernent donc qu'une mince couche de l'océan. En eau peu profonde, en revanche, le mouvement s'aplatit : il devient elliptique près de la surface, et quasiment horizontal près du fond. Les vagues approchant d'une côte finissent donc par s'aplatir sur une pente douce (comme uneplage) mais au contraire se cambrent et finissent par déferler lorsque les fonds remontent plus brutalement. La morphologie du littoral entraîne aussi leurdiffraction etréfraction.
Parmi les vagues particulières, on peut citer lesseiches, ondes stationnaires générées dans les baies très fermées, et lesvagues scélérates, vague ou groupe de vagues isolé d'amplitude exceptionnelle rencontrées parfois par des navires.
La période de la houle peut atteindre plusieurs dizaines de secondes, mais dépasse rarement trente secondes. Des ondes plus longues existent : il y a d'une part les « infravagues » d'une période de trente secondes à cinq minutes[14], associées aux groupes de vagues ; d'autre part, les phénomènes exceptionnels que sont les ondes de tempête et les tsunamis. Les marées sont traitées dans la section suivante.
Lesondes de tempête surviennent sous unedépression ou uncyclone tropical : la baisse depression atmosphérique fait localement monter le niveau de la mer, ce que le vent et laforce de Coriolis peuvent aggraver. Si la configuration des côtes est telle que l'onde ainsi créée se déplace avec la dépression, un effet derésonance amplifie l'onde jusqu'à lui faire atteindre des proportions dévastatrices[45].
Lestsunamis sont causés par des phénomènes tectoniques :séisme,glissement de terrain sous-marin,éruption sous-marine. Ils peuvent aussi provenir d'une explosion nucléaire sous-marine ou de l'impact d'unemétéorite. Créés en profondeur avec une grande longueur d'onde (période de l'ordre de l'heure), ils transportent une énergie bien plus grande que la houle puisque l'onde parcourt toute la hauteur d'eau. Peu visibles en haute mer (leur amplitude ne dépasse guère le mètre), ils se déplacent à haute vitesse (~800km/h) et déferlent sur les côtes, pouvant dépasser les dix mètres d'amplitude.
Lesmarées sont un ensemble d'ondes longues, de période de 12 ou 24 heures généralement. Elles ont pour origine l'attraction gravitationnelle (plus précisément laforce de marée) de laLune et dans une moindre mesure de celle duSoleil. Cette onde se déplace à la surface des océans et se voit affectée par laforce de Coriolis et la configuration des terres : au lieu d'avoir une onde unique parcourant la Terre en suivant le mouvement de la Lune, on trouve des configurations complexes, comme des ondes tournant autour de points fixes (lespoints amphidromiques). L'onde-marée a une vitesse dépendant de la profondeur (de l'ordre de 400 nœuds dans l'Atlantique), et de même pour sa longueur d'onde. Celle-ci atteint 9 000 kilomètres dans l'Atlantique (par 4 000 mètres de fond) et 1 400 kilomètres enManche par100 mètres de fond[46].
Représentation des points amphidromiques, deslignes cotidales, de l'amplitude de la marée et du sens de déplacement de l'onde, pour le terme M2 (influence de la Lune).
La forme des côtes peut créer un effet de résonance amplifiant lemarnage ; les plus grandes marées se trouvent ainsi dans des baies formant un entonnoir, comme labaie d'Ungava, labaie de Fundy, lecanal de Bristol ou labaie du Mont-Saint-Michel. Inversement, les plus faibles marées se trouvent au milieu des océans très ouverts (0,2 mètre àTahiti) et dans les mers très fermées comme en Méditerranée ou dans la Baltique[46]. L'amplitude des marées varie aussi avec leslunaisons : les marées sont plus fortes aux nouvelles lunes et aux pleines lunes, lors dessyzygies, ce sont les marées de vives-eaux.
L'onde de marée comprend un terme semi-diurne (de période12 heures) et un terme diurne (de période24 heures). Selon les bassins, l'influence de chaque terme peut être plus ou moins grande. Sur les côtes d'Europe occidentale, le terme semi-diurne prévaut, il y a donc deux hautes mers et deux basses mers chaque jour. Le terme diurne prévaut par exemple enmer de Chine méridionale ou dans legolfe du Mexique. La marée peut aussi être mixte (comme àVictoria), semi-diurne avec des inégalités diurnes (comme àSeattle), ou encore être affectée par les côtes, comme àSouthampton où deux hautes mers se succèdent ou ledétroit de Cook où la basse mer succède rapidement à la haute mer.
Lescourants marins ont différentes origines. Lescourants de marée sont en phase avec la marée, et sont donc quasi périodiques ; ils peuvent atteindre plusieurs nœuds à certains endroits, notamment autour despointes. Les courants non périodiques ont pour origine les vagues, le vent et les différences de densité.
Levent et lesvagues créent des courants de surface (appelés « courants de dérive »). Ces courants peuvent se décomposer en un courant quasi permanent (qui varie à l’échelle de quelques heures) et un mouvement dedérive sous l’effet du mouvement rapide des vagues (à l’échelle de quelques secondes)[47]. Le courant quasi permanent est accéléré par le déferlement des vagues, et, dans une moindre mesure, le frottement du vent à la surface[48].
Cette accélération du courant se fait dans la direction des vagues et du vent dominant. Toutefois, quand l’eau est assez profonde, la rotation de la terre change la direction du courant au fur et à mesure que la profondeur augmente, tandis que les frottements diminuent leur vitesse. À une certaine profondeur, le courant voit même sa direction s’inverser et sa vitesse s’annuler : c’est laspirale d’Ekman. L’influence de ces courants se fait sentir essentiellement dans la couche mélangée à la surface de l’océan, parfois jusqu’à 400 à 800 mètres de profondeur maximum. Ces courants peuvent varier considérablement avec les saisons. Si la couche mélangée est très peu épaisse (10 à 20 mètres), le courant quasi permanent en surface a une direction très oblique par rapport à la direction du vent, et il est quasiment homogène sur la verticale, jusqu’à lathermocline[49].
En profondeur en revanche, les courants marins sont causés par les gradients de température et desalinité entre les masses d’eau.
En zone littorale, ledéferlement des vagues est si intense et la profondeur si faible, que les courants atteignent souvent 1 à 2 nœuds.
Bloc diagramme présentant les différentes masses d'eau et structures océaniques de l'océan Austral.
Les courants isolent desmasses d'eau qui se caractérisent par leur température, leur salinité et par les communautés d'organismes qu'elles abritent, en particulier les diverses espèces dephytoplancton et dezooplancton. Ces courants se traduisent ainsi par une structuration latitudinale des masses océaniques en fonction de leurs propriétés physiques, chimiques et biologiques[50].
Labiologie marine est lascience qui a pour objet d'étudier lavie marine, et donc océanique, sous toutes ses formes. Alors que la mer recouvre 71 % de la surface de notreplanète, de par leur profondeur, les océans représentent unvolume habitable300 fois supérieur à celui des habitats terrestres. C'est en cela que la vie océanique est particulière : les trois dimensions de l'espace sont beaucoup plus occupées que surTerre. La profondeur joue un rôle très important dans la répartition des espèces.
Lesespèces sont en général réparties en fonction de leurs rapports avec le milieu. Une dichotomie est fréquemment réalisée entre le domaine pélagique, peuplé par lepélagos, et le domaine benthique, peuplé par lebenthos. Le pélagos est l'ensemble des organismes occupant une colonne d'eau, alors que le benthos est l'ensemble des organismes occupant les fonds marins ou leur surface. Le pélagos est subdivisé enplancton etnecton, ce dernier étant l'ensemble des organismes dont la capacité de nage est telle qu'il peut se déplacer contre les courants, les organismes du plancton n'en étant pas capables.
Ce genre de classification aura toutefois des limites, car certains organismes peuvent par exemple être benthiques durant la plus grande partie de leur existence et devenir pélagiques pour se reproduire comme certainsAnnélidesPolychètes commeNéréis ouSyllis(de)[14], et de la même façon, on peut trouver des espèces qui sont benthiques le jour et pélagiques la nuit, tels de nombreuxcrustacés du genreCumacés[14].
Les océans jouent un rôle majeur dans le contrôle du climat global, notamment en atténuant les différences de température entre les régions polaires et équatoriales : les eaux froides s'enfoncent près des pôles et sont redistribuées par lescourants océaniques profonds ; les eaux chaudes sont redistribuées de l'équateur vers les pôles par lacirculation océanique de surface. La forme des océans (globalement allongés nord-sud) a une grande importance, dans le passé géologique, elle a été différente au gré de ladérive des continents et l'influence des océans sur le climat a été quantitativement différente.
Les océans et lesmers épicontinentales jouent également un rôle crucial dans la régionalisation du climat, notamment en assurant un climat plus tempéré et plus humide à proximité des côtes qu'à l'intérieur des continents et en imposant un régime demoussons dans certaines régions du globe. Lescourants marins sont également importants, ils sont par exemple à l'origine de la différence climatique entre les bordures occidentale et orientale de l'Atlantique Nord.
Les océans sont aussi des acteurs importants ducycle du carbone, notamment par une forte dissolution dudioxyde de carbone près des pôles, son stockage en profondeur et un certain relargage dans les régions équatoriales. Globalement, les océans absorbent une partie importante du CO2 rejeté dans l'atmosphère par lesactivités humaines et atténuent ainsi leréchauffement climatique, par rapport à ce qu'il serait en leur absence. Mais l'efficacité de cette absorption diminue au fur et à mesure du réchauffement des eaux. L'augmentation de la concentration des eaux en CO2 augmente aussi leur acidité, avec des conséquences potentiellement critiques pour les organismes vivant en milieu marin.
Selon des données récentes[51] seuls 4 % environ de l'océan mondial serait relativement épargné par les activités humaines et environ 40 % serait très fortement affecté, essentiellement dans l'hémisphère Nord, près des pays industrialisés, en Manche-mer du Nord, mer de Chine et le long des littoraux nord-américains ainsi que du Sri Lanka[52].
La perception de la vulnérabilité de l'océan évolue. À titre d'exemple, mi-2009, 76 % des Français interrogés jugeaient mauvaise la santé des océans[53], 70 % d'entre eux estimant que les mesures de protection étaient insuffisantes[53]. 78 % approuvent le développement d’activités plus respectueuses de l’environnement pour protéger la mer, mais seulement 11 % souhaitent une diminution de ces activités[53].
des services de régulation : régulation du climat notamment (séquestration du carbone, émission duDMS, produit par le plancton, qui contrôle la formation des nuages et stabilise le climat selon l'hypothèse CLAW), prévention de l’érosion (mangroves, dunes),traitement des eaux usées ;
Une étude duGlobal ocean oxygen network (GO2NE), groupe de travail créé en 2016 par la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO, représentant21 institutions dans11 pays, révèle qu'au cours des50 dernières années[Quand ?], la proportion de zones de haute mer dépourvues de tout oxygène a plus que quadruplé et que les sites à faible teneur en oxygène situés près des côtes ont été multipliés par 10 depuis 1950. Les scientifiques estiment que la teneur en oxygène va continuer à chuter dans ces deux types de zones au fur et à mesure que la Terre se réchauffera ; pour mettre un terme à ce déclin, il est nécessaire de limiter le changement climatique et la pollution par les nutriments, en particulier les engrais et les eaux usées[62].
Une étude deWWF parue en 2019 indique que la quantité de déchets plastiques accumulée dans l’océan pourrait doubler d’ici 2030 et atteindre300 millions de tonnes[63].
Les gyres océaniques concentrent les matières polluantes mondiales causées par les rejets et les activités humaines. Ces zones polluées, appeléesvortex de déchets, sont présentes dans chacun des cinq principaux gyres océaniques, notamment celui duPacifique nord et celui de l'Atlantique nord. Cette pollution engendre la mort de nombreuses espèces de la faune marine, notamment par ingestion de matières plastiques. Cette pollution étant située dans les eaux internationales, aucun des États ne souhaite engager un nettoyage massif de ces zones de l'océan.
Uneconférence mondiale des océans[64] s'est réunie à Manado, en Indonésie, qui engage ses parties à mieux protéger l'océan mondial, et qui s'est conclue par unedéclaration (Déclaration de Manado[65]). La Commission européenne met en place une « stratégie en faveur du développement de la région de lamer Baltique »[66], qui invite et veut aider les États de la régionbalte à mieux prendre en compte l'environnement.
En 2019, les scientifiques indiquent que le réchauffement des océans est beaucoup plus rapide que ce qui était précédemment estimé. Le nombre de jours de canicule marine a augmenté de 54 % entre les périodes 1925-1954 et 1987-2016. La fréquence des pics de chaleur a augmenté en moyenne de 34 % tandis que leur intensité s’est accrue de 17 %[67].
Chaque année, le 8 juin est la journée mondiale consacrée aux océans. En 2020, l'UNESCO prévoit un événement exceptionnel sur la compréhension des mondes marins dans le but d'encourager les bonnes pratiques et d'assurer la protection des milieux[69].
La représentation mythologique de l'océan a varié en fonction des époques et des cultures. Une représentation lui a été attribuée au sein des populations vivant à proximité de l'océan, mais également au sein de populations en étant plus éloignées. Parfois, l'océan est assimilé à la mer dans la mythologie et les récits religieux (dans les mythologies sémitiques, par exemple, où le terme mer signifie parfois également océan[70]). Parfois, il en est distingué (voir ci-dessous).
Dans lamythologie grecque, Océan est unTitan, fils d'Ouranos (le Ciel) et deGaïa (la Terre)[71]. Il est souvent représenté sous la forme d'un vieillard assis sur les vagues de l'océan, avec un pique à la main et un monstre marin à côté de lui. Il tient une urne et verse de l'eau, symbole de la mer, des fleuves et des fontaines[72]. L'océan Atlantique est associé parPlaton à l'île légendaire de l'Atlantide[73]. Les Grecs le représentent également comme un gigantesque fleuve encerclant le disque plat de la terre[74].
Il est difficile d'identifier une représentation unitaire ou dominante de l'océan à travers la mythologie celtique. Néanmoins, l'océan y fait l'objet de diverses légendes et pratiques cultuelles. Chez lesBretons, la mythiquecité d'Ys est localisée dans l'océan. LesDioscures, auxquels certains Celtes auraient voué un culte, étaient considérés comme des êtres venus de l'océan. Dans la mythologie irlandaise, leManannan Mac Lir est une divinité présentée comme étant le fils de l'océan.Avalon, le paradis celtique, était également représenté comme île de l'Atlantique, aux côtés de nombreuses autres îles légendaires de l'océan, telles que « Tir na n-Og », la Terre des Jeunes, « Tir na m-Beo », la Terre des Vivants, « Mag Meld », la Plaine de plaisir, « Tir Tairngine », la Terre du bonheur, « Mag Mor », la Grande Plaine, « Tir Aill », l'Autre Monde, ou encore « Tir na m-ban », la Terre des Femmes[75].
Les populations précolombiennes du Mexique ont, pour certaines, également fait une place mythologique à l'océan. C'est le cas des Aztèques, qui l'ont personnifiée en la divinité deChalchiutlicue. Dans la mythologie et religion mayas, la divinitéKukulkan a émergé de l'océan.
L'océan tenait dans la mythologie japonaise, et le shintoïsme, une place importante. Il était associé (sans lui être directement identifié) àRyujin, dragon-roi des océans, ancêtre du clan impérial japonais. Il est également le théâtre de nombreux récitsaïnous comme lesYukar et lesuepeker.
Latectonique des plaques ayant reconfiguré la physionomie de la Terre au cours desères géologiques, il a existé plusieurs océans par le passé, désormais disparus (cette liste n'est pas exhaustive, et les dates sont approximatives) :
Le terme « Panthalassa » est aussi utilisé pour tous les cas où la plupart des mers du globe se sont retrouvées réunies en un seul bassin principal : son usage est donc sujet à débat chez les géologues, ainsi que ses bornes historiques.
Il est possible qu'un environnement de type terrestre ait existé surVénus, avec des mers ou un océan, au début duSystème solaire quand leSoleil était moins lumineux qu'actuellement, d'environ un quart. Mais l'effet de serre s'étant emballé, l'eau s'est évaporée et a été décomposée par lesrayons ultraviolets solaires.
La missionMars Exploration Rover a montré que Mars a possédé de l'eau libre en au moins un endroit mais l'existence passée d'un océan sur l'hémisphère nord deMars, dénomméOceanus Borealis, reste sujet à débat, ainsi que ce qu'il en serait advenu. En 2023, il est proposé que l'escarpement concentrique de 6 km de haut entourantOlympus Mons a été formé par de lalave coulant dans de l'eau liquide, lorsque l'édifice était uneîle volcanique active à la fin duNoachien et au début de l'Hespérien[76].
À l'intérieur des planètes géantes (Jupiter,Saturne,Uranus etNeptune), les gaz présents en surface deviennent de plus en plus denses avec la profondeur du fait de la pression. Ce faisant, ils se fondent assez rapidement en un océan d'hydrogène et d'héliumsupercritiques. Cependant, ces planètes ne peuvent pas posséder des océans d'eau liquide en dessous de leur atmosphère, les conditions de pression et de température ne correspondant pas à cet état et cette molécule étant extrêmement peu présente.
Il est enfin possible que lesplanètes nainesPluton etÉris possèdent d'anciens océans internes, désormais gelés.
Ganymède, également unsatellite galiléen deJupiter, est la plus grande lune duSystème solaire et la seule à posséder unchamp magnétique propre, d'origine interne. L'océan subglaciaire de Ganymède est essentiellement une prédiction des modèles de structure thermique de cette lune, mais l'existence d'aurores polaires (dues à des fluctuations du champ magnétique de Jupiter) sont considérées comme un indice de la présence d'eau salée en profondeur. Cet océan aurait un volume d'environ37,8 milliards dekm3[77],[78].
L'existence d'un océan sous la croûte de glace d'Encelade, un satellite deSaturne, est extrêmement probable : des panaches de vapeur d'eau sont régulièrement émis à travers des fissures de la croûte, et comme celle d'Europe, sa surface est très lisse donc régulièrement renouvelée. Le volume océanique serait d'environ0,01 milliard dekm3[77],[78].
Titan, le plus gros satellite deSaturne, a uneatmosphère principalement constituée d'azote mais riche enméthane et enéthane formant une brume orangée. Le méthane, qui se décompose à la lumière, pourrait être régulièrement réapprovisionné par leséruptions decryovolcans émettant de l'eau en provenance d'un océan subcrustal, d'un volume estimé à17 milliards dekm3[77],[78].
Les planètes-océans sont desexoplanètes, encore hypothétiques en 2026, qui seraient intégralement recouvertes d'un océan (d'eau ou d'autrescomposés volatils). Il s'agirait desuper-Terres possédant originellement un manteau deglace et ayant migré près de leur étoile, entraînant la fonte d'une partie de la glace.
L'exoplanèteGliese 1214 b pourrait être une planète-océan ; on ne l'a pas démontré, mais les estimations de sa taille, de sa masse et de sa distance de lanaine rougeGliese 1214 rendent cette hypothèse plausible.
↑Cette température moyenne des eaux profondes tempère l'impression moyenne d'une température variable des eaux superficielles qui va de−2 °C aux pôles à35 °C aux tropiques.
↑(OHI 2002)« This draft 4th edition of S-23 was developed from 1998 to 2002, based on the 1986 draft. It was submitted to IHO Member States in August 2002 for approval, but the voting process was interrupted by the IHB directing Committee in September 2002. It is a working document only. »
↑Les estimations vont de 357 à 361,2 millions de kilomètres carrés[28]. On trouve des estimations plus précises : 361 132 000 km2[29] ou 335 258 000 km2[30].
↑Voir lapage de présentation des ondes de tempête du Centre canadien de prévision d'ouragan.
↑a etbGuide de la marée, Les guides duSHOM, 1997, Réf OG941.
↑Étude de la dérive à la surface sous l’effet du vent,Observation and estimation of Lagrangian, Stokes and Eulerian currents induced by wind and waves at the sea surface, F. Ardhuin, L. Marié, N. Rascle, P. Forget et A. Roland, 2009 :J. Phys. Oceanogr.,vol. 39,no 11,p. 2820–2838.
↑Mesure de l’effet de frottement à la surface de la mer,Tangential stress beneath wind-driven air-water interfaces, M. L. Banner et W. L. Peirson,J. Fluid Mech.,vol. 364,p. 115–145, 1998.
↑Courants mesurés près de la surface,The drift current from observations made on the bouee laboratoire, Joseph Gonella, 1971 : Cahiers Océanographiques,vol. 23,p. 1–15.
↑FAO,La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture 2016. Contribuer à la sécurité alimentaire et à la nutrition de tous, Rome,(lire en ligne), p.2.