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La toute première version d'OS/2, fruit d'une collaboration entreIBM etMicrosoft est la 1.0. Elle sortit le, avec pour projet de la rendre disponible pour le premier trimestre 1988, (ce qui fut à l'époque une totale rupture dans les habitudes d'IBM de l'époque, qui préférait annoncer un produit une fois prêt à la mise sur le marché) et fut finalement disponible en[3].
Cette sortie fut importante pour IBM, intervenant parallèlement à la sortie d'IBM PS/2, voulant faire d'une pierre deux coups et lier les deux produits. Cependant, OS/2 avait été développé antérieurement pourIBM PC/AT et non PS/2, et OS/2 était d'ores et déjà compatible avec des machines compatibles PC.
IBM et Microsoft eurent pour OS/2 une division de l'affaire très stricte notamment en matière de marketing (très similaire à leur arrangement dans la vente deDOS). En effet, IBM offrait OS/2 directement à ses clients et fournissait uniquement un support pour les systèmes IBM alors que leur système était tout à fait compatible avec du matériel non-IBM tant qu'il était compatible IBM AT. Microsoft faisait de même en fournissant OS/2 pour les systèmes non-IBM et n'offrant de support qu'à ces systèmes (travaillant notamment avec lesfabricants commeCompaq, et non lesutilisateurs finaux). Ainsi, le prix d'OS/2 1.0Standard Edition était de 325 $ (plus élevé que leDOS 3.30) alors que les versionsOEM de Microsoft OS/2 (qui suivirent avec un léger retard en 1988) étaient beaucoup moins chères dues à leur intégration dans le matériel acheté.
OS/2, bien que différent sur bien des points par rapport à DOS, n'avait pas pour essence une rupture violente avec le fameux système enmode réel mais une transition progressive vers un nouveau système (ce qui se remarque dans la manière de le développer, dénommé parfois « DOS 5 » avant qu'un nom officiel ne soit choisi). La preuve en est que cette première version d'OS/2 utilise le même système de fichier que DOS (FAT), que la communication entre deux systèmes DOS et OS/2 est possible, que le double amorçage entre ces deux mêmes systèmes sur un même ordinateur est également possible (et avec une installation des deux systèmes sur la même partition !), que l'on pouvait exécuter des applications programmées pour DOS sous OS/2 de façon totalement native et qu'il existait même desapplications bimodes capables de s'exécuter indifféremment sous DOS ou sous OS/2.
La vraie différence d'OS/2 par rapport à DOS était la structure, claire et établie, d'APIs clairement définies que les programmes devaient utiliser (ce qui n'existait pas sous DOS). En effet, c'était une nouvelle philosophie : celle du mode protégé[3]
Jerry Pournelle, deByte, décrit comme une erreur demarketing qu'IBM mette son OS à 4 fois le prix du DOS alors qu'aucun bénéfice immédiat ne peut rentabiliser cetinvestissement pour l'utilisateur. Par malheur pour le produit, la période 1987-1988 correspond aussi à une envolée des prix de lamémoire vive qui jusqu'à présent avaient toujours baissé (et ne rebaisseront que quelques dizaines de mois après).
OS/2 1.1 sort àHalloween 1988. Cette nouvelle version dispose de l'interface graphique prévue,Presentation Manager (qui sera plus tard renomméWorkplace Shell). Elle supporte également lesdisques de plus de 32 Mo.
AvecOS/2 1.2 sorti auCOMDEX 1989 apparaissent lelangage de scriptREXX et le nouveausystème de fichiersHPFS. HPFS (High Performance File System) offre un stockage plus efficace des fichiers. HPFS est un peu le demi-frère deNTFS : ils portent le même "partition id" 0x07 dans latable de partitions. En outre, HPFS autorise des noms de fichiers de plus de8+3 caractères.
Le système possède cependant de graves incommodités. Par exemple, installer uneimprimante ne demande pas moins dehuit actions de l'utilisateur[4]. Excusables dans un monde demainframes où une imprimante s'installe souvent pour toute la vie de l'ordinateur, ces opérations deviennent dissuasives dans un contexte personnel. Par comparaison, Windows réalise la même chose en deux opérations. Microsoft ne fera pas bénéficier OS/2 de cet avantage.
En 1991,IBM sortOS/2 1.3, qui apporte une légère amélioration :Adobe Type Manager. Mais la nouvelle la plus importante est queMicrosoft abandonne le projet OS/2. Cependant,Microsoft continue individuellement le développement de ce qui s'appelle alorsOS/2 3.0 et qui deviendraWindows NT. De son côté, IBM continue de développerOS/2 2.0 mais n'annonce aucune date de sortie. La situation est telle qu'un article duWall Street Journal proclame la mort d'OS/2.
Annoncé comme « a better Windows than Windows » et « a better DOS than DOS » parIBM,OS/2 2.0 en 32 bits sort enfin. Il supporte les applications OS/2 32 et 16 bits,Windows 3.0, et DOS. Il permet de faire tourner plusieurssessions DOS simultanément sans que lecrash d'une des sessions n'influence les autres[5]. L'architecture est donc différente deWindows 3.1 qui possédait trois modes distincts : 8086, 80286 et 80386, le mode approprié étant soit choisi au démarrage par test du matériel (ou de la machine virtuelle, par exemple dans une émulation), soit forcé par l'utilisateur à une version inférieure (par exemple pour compatibilité) au moyen d'une option.
OS/2 2.0 utilise également une nouvelle interface graphique : leWorkplace Shell(en). À cette époque, la grande majorité des magazines spécialisés considère qu'OS/2 est bien plus stable que Windows et plusieurs grandes entreprises l'utilisent pour leurs données stratégiques. Mais en nombre et qualité des logiciels applicatifs, Windows avait maintenant une avance considérable sur OS/2. Cette avance a été déterminante dans le choix des petits utilisateurs.
OS/2 est également très orienté objet (en conséquence, par exemple, le déplacement de quoi que ce soit sous OS/2, fichier ou application, entraîne la mise à jour automatique detous les raccourcis s'y rapportant, évitant les problèmes de « liens morts » de Windows dans le même cas).
Une version mise à jour d'OS/2 Warp 3 appelée « OS/2 Warp Connect » a été publiée en 1995, se concentrant sur les améliorations de la capacité réseau, le rendant prêt à se connecter à Internet.
Le public aurait encore pu passer sur ces défauts et essayer OS/2 comme successeur normal du DOS (son nom interne avait d'ailleurs été quelque tempsDOS 5, sans rapport avec le DOS 5 qui suivit), mais IBM commit une énorme erreur demarketing en le vendant 4 fois le prix du DOS. Le saut était trop grand pour être accepté par une clientèle de particuliers et de petites entreprises, et IBM se marginalisa encore un peu plus tandis que Windows (facturé séparément du DOS) annonçait un coût qui était moins de la moitié de celui de son concurrent.
Le matériel nécessaire pour faire tourner OS/2 2.0 était également peu courant et très cher à l'époque (architecture 32 bits).
Cette erreur fut stigmatisée, avec bien d'autres[6], parJerry Pournelle, rédacteur technique à la revueBYTE, et le sera plus durement encore par Merril Chapman[7]. Le service marketing d'OS/2 ne sut, ne voulut ou ne put (car les impératifs de marges de la direction générale étaient sévères, et la part revenant à Microsoft importante) suivre son conseil.
Quant àBill Gates, il déclara à la presse : « Oh, nous ne cherchons pas à tuer OS/2, au contraire ! Nous touchons davantage d'argent pour chaque OS/2 installé que pour chaque Windows installé, vous savez ! »[citation nécessaire]
Après 1990, Microsoft s'ingénia à promouvoir son produit Windows au détriment d'OS/2.
L'interface OS/2 fut discréditée[8] comme « trop compliquée » par rapport à celle deWindows 3.1. En fait, cette interface ressemblait beaucoup à celle deWindows 95 – et pour cause puisque, là aussi, c'était Microsoft qui avait conçu en grande partie cette interface, mais Microsoft gardait cette nouvelle interface sous le coude et en août 1994 diffusa Chicago[9] à ses beta-testeurs (nom de code deWindows 95) dans les semaines mêmes qui suivirent la disponibilité d'une couche d'émulation parfaite deWindows 3.1 dansOS/2 2.0. Là encore, l'émulation OS/2 faisait certes de lui, conformément à la promesse d'IBM, « un meilleur Windows que Windows » (notamment par l'usage dumultitâche)… mais ce n'était plus la bonne version de Windows. IBM était une fois de plus marginalisé, et l'interfaceWindows 95 encensée là où celle d'OS/2 avait été décriée.
Microsoft a encouragé ses utilisateurs à acquérir des nouveauxclaviers comportant 3 touches supplémentaires (105 au lieu de 102 dans les pays francophones, 104 au lieu de 101 aux États-Unis) pour disposer des nouvelles fonctionnalités deWindows 95. De ce fait, les trois touches supplémentaires n'avaient pas d'usage sous OS/2 et le faisaient apparaître comme un OS déjà dépassé.
De surcroît,deux de ces touches avaient le logo Windows, à l'image des touches « pomme » d'Apple. Bill Gates marquait ainsi son territoire en rappelant de façon persistante quele PC était une machine à faire tourner Windows avant toute autre chose.
Divers analystes considèrent en fait qu'IBM a confondu lebesoin avec lademande.
Un quadruplement du prix de la mémoire dans les mois qui précédèrent le lancement « n'aida certes pas » le décollage du produit[10], qui demandait plus de mémoire installée que le DOS.
L'intérêt essentiel d'OS/2 en 2014 était réduit aux besoins de sécurité et réseau. C'était un système « à part », qui n'était pas la cible des piratages de masse. Ses failles étaient méconnues, et n'étaient pas étudiées par les pirates. Cela le faisait apprécier pour des applications critiques ne demandant pas l'usage de périphériques récents, en particulier dans le domaine de lasécurité réseau (pratiquement à parité avecNovell).
IBM a annoncé[11] l'arrêt définitif d'OS/2, prévu pour le. Le support a été stoppé en. Une ouverture (et publication) du code, demandée par plusieurs utilisateurs et notamment les fidèles d'os2world.com n'a pu porter ses fruits, notamment à cause des origines d'OS/2 : une importante partie du code avait en effet été développée parMicrosoft et il aurait été extrêmement coûteux de chercher à la repérer et à l'extraire.
Pourtant, le, Harry McCracken crée la surprise dansTIME en annonçant que le « légendaire système d'exploitation » faisait de la résistance 25 ans après sa première annonce[12], en particulier dans les banques où sa robustesse était appréciée (« It’ll run for a decade without requiring rebooting. »).
↑Install the device drivers. Set up a printer queue. Create a printer object. Associate the device driver with the printer object. Associate the print queue with the printer object. Set up the COM port configuration for a serial printer. Use the SPOOL command to redirect printer output to the desired port. Specify optional printer settings.http://www.os2bbs.com/os2news/os2history.html
↑Ce que l'architecture 386 permet sans difficulté, mais que la compatibilité 286 exigée des versions antérieures rendait infaisable.