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Nouvelle-Marche

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Brandebourg sous la maison d'Ascanie vers l'an 1320, avec la Nouvelle-Marche au nord-est.

LaNouvelle-Marche (enallemand :Neumark, enpolonais :Nowa Marchia) est unerégion historique d'Europe centrale, dont le territoire est celui des acquisitions de l'anciennemarche de Brandebourg sur la rive est du fleuveOder. Depuis l'an1535, elle a constitué l'une des deux parties principales du Brandebourg, avec laMarche-Électorale (Kurmark) ; en1815, elle est incorporée dans ledistrict de Francfort au sein de laprovince prussienne de Brandebourg.

Après laSeconde Guerre mondiale, la région est attribuée à larépublique de Pologne par la démarcation de laligne Oder-Neisse en1945. La plus grande partie appartient aujourd'hui à lavoïvodie de Lubusz, alors qu'une petite partie se trouve dans lavoïvodie de Poméranie-Occidentale.

Géographie

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Cette région s'étend de la rive orientale de l'Oder le long des affluentsNoteć (Netze) etWarta (Warthe) jusqu'aux confins de laGrande-Pologne (l'anciengrand-duché de Posen à partir de 1815) à l'est. Elle est limitrophe, au nord, de la région dePoméranie et, à l'ouest, de l'Uckermark et de la Marche-Centrale (Mittelmark) sur la rive gauche de l'Oder. Au sud, lepays de Lubusz (pays de Sternberg) reliait la Nouvelle-Marche à la région deBasse-Silésie.

Histoire

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Depuis leVIIe siècle, des tribusslaves (« Polanes ») colonisaient les terrains, qui vers l'an960 venaient sous le règne des souverainspolonais de ladynastie Piast. Ils ont tenté à plusieurs reprises de soumettre les tribus desPoméraniens qui se sont établies au nord de la Noteć ; ce qui ne leur réussit que temporairement. À l'ouest, lamarche du Nord duSaint-Empire romain fut créée en965, mais était perdue déjà 20 ans plus tard.

Les ducs polonais ont stimulé le développement des domaines peu peuplés. Au cours de lacolonisation germanique, de nombreux paysans et citoyens sont venus notamment de laSaxe. Vers l'an1124, le ducBoleslas III Bouche-Torse, fonda l'évêché deLebus (Lubusz), incorporé dans l’archidiocèse de Gniezno, pour sauvegarder les domaines de part et d'autre de l'Oder moyen face à l'empereurHenri V. Néanmoins, de la mort de Boleslas en1138, la Pologne subit la période du démembrement territorial, une fragmentation progressive du pays en nombreux duchés. En l'absence d'état fort, le pays a subi également une forte pression de la marche de Brandebourg, nouvellement fondée en1157 parAlbert l’Ours, sur ses territoires occidentales.

AuXIIIe siècle, la région sur la rive oriental de l'Oder qui antérieurement faisait partie duduché de Grande-Pologne appartenait auduché de Silésie. Après la mort du ducMieszko de Lubusz en1242, son frèreBoleslas II le Chauve, duc deLiegnitz, a finalement livré les domaines aux margravesascaniens de Brandebourg. À partir de1248 les margraves étendirent leur domination vers l'est. Au cours des décennies suivantes,JeanIer etOthon III de Brandebourg ont fondé les villes deFrancfort-sur-l'Oder au nord de Lebus,Landsberg (aujourd'hui : Gorzów Wielkopolski) en face de la forteresse polonaise deSantok,Soldin (Myślibórz),Arnswalde (Choszczno)etBerlinchen (Barlinek) pénètrant le terrain marécageux aux fleuves Noteć et Warta jusqu'àDramburg (Drawsko) etSchivelbein (Świdwin) au nord-est. Vers l'an1300, aussi les forts de Santok et deDrezdenko sur la Noteć était entre les mains des Ascaniens.

Les territoires brandebourgeois au-delà de l'Oder sont d'abord désignées par l'expression« terra trans Oderan »,attestée en[1],[2], puis par l'expression« nova terra ultra Oderam », attestée en[1]. Le terme « Nova Marchia » fera sa première apparition en1397. Après l'extinction de la dynastie ascanienne en1320, le développement de la région a été longtemps négligé. En1402, l'Ordre Teutonique acquit la Nouvelle-Marche pour un montant initialement de 63 200 forints (puis finalement de 143 000 forints) à l'aide d'unprêt sur gage. L'Ordre en fit sa propriété effective en1429 et pacifia les territoires sous son autorité[3] ayant fait lapaix de Brest en1435.

Les territoires du margraviat de Brandebourg-Custrin, 1535–1571.

En1454, la Nouvelle-Marche fut réintégrée dans la marche de Brandebourg par l'électeurFrédéric II Aux Dents de Fer de lamaison de Hohenzollern. Avec la marcheélectorale (en allemand :Kurmark), composée des régions deVieille-Marche (Altmark), Moyenne-Marche (Mittelmark),Prignitz etUckermark, la Nouvelle-Marche formait l'État de Brandebourg. Cette répartition remonte aux partages successoraux des Hohenzollern, après le décès d'électeurJoachimIer Nestor en1535 : son fils aînéJoachimII Hector reçut l'électorat de Brandebourg, son fils cadetJeanIer reçut, quant à lui, la Nouvelle-Marche et établit sa résidence àCustrin. Sa principauté comprenait également le pays deSternberg (Torzym) et l'ancien duché silésien deCrossen (Krosno Odrzańskie) avec les villes deZülichau (Sulechów) et deSommerfeld (Lubsko) au sud, ainsi que les seigneuries deCottbus et dePeitz dans laBasse-Lusace. Après son décès sans héritiers en1571, la Brandebourg-Custrin fut réunifiée à la marche de Brandebourg, gouvernée par l'électeurJean II Georges.

Dévastée par les troupes suédoises et impériales au cours de laguerre de Trente Ans, ainsi que par des épidémies depeste, la Nouvelle-Marche s'est consolidée sous le règne du « Grand Électeur »Frédéric-Guillaume de Brandebourg et de ses successeurs, les roisFrédéricIer et deFrédéric-GuillaumeIer de Prusse. Parmi les immigrants, il y avait de nombreuxHuguenots, qui s'étaient réfugiés de laFrance après l’édit de Fontainebleau signé par le roiLouis XIV en1685. En1816, le Nord de la Nouvelle-Marche — à savoir, les cercles deDramburg (Drawsko Pomorskie)[4],[5] et deSchivelbein (Świdwin)[4],[5] ainsi que le Nord de celui d'Arnswalde (Choszczno), autour deNörenberg (Ińsko)[4] — est rattaché à laprovince de Poméranie ; le reste de la Nouvelle-Marche, à laprovince de Brandebourg.

La fuite au cours de l'hiver 1944-1945 d'une partie la population allemande vers les régions de l'est et du centre de l'Allemagne est suivie par l'expulsion jusqu'en 1946 du reste des habitants germaniques remplacés par des Polonais déplacés de la partie occidentale de l'Ukraine annexée à l'Union soviétique[6].

Administration

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Jusqu'à1815, la Nouvelle-Marche comprenait :

  • les sept cercles dits « primitifs » :
    • les trois « cercles citérieurs » (en allemand :Vorderkreise), parfois appelés, en français, la « Marche citérieure »[7] :
      • le cercle deKœnigsberg (Königsbergische Kreis),
      • le cercle deLandsberg (Landsbergische Kreis),
      • le cercle deSoldin (Soldinische Kreis),
    • les quatre « cercles ultérieurs » (en allemand :Hinterkreise), parfois appelés, en français, la « Marche ultérieure »[7] :
  • les cercles dits « incorporés » (en allemand :Inkorporierte Kreise), parfois appelés, en français, la « Marche incorporée »[7] :
    • enMarche-Électorale (Kurmark), le pays (Land Sternberg) ou cercle deSternberg (Sternbergische Kreis), partie de l'ancienpays de Lebus (Land Lebus ouLebuser Land),
    • enBasse-Silésie, le pays (Land Crossen) ou cercle deCrossen (Crossensche Kreis), correspondant à l'ancien duché de Crossen (Herzogtum Crossen) :
    • enBasse-Lusace, le pays (Land Cottbus) ou cercle deCottbus (Kreis Cottbus), correspondant à l'anciennes seigneuries de Cottbus (Herrschaft Cottbus) et dePeitz.

Notes et références

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  1. a etbKöbler 2007,s.v.Neumark,p. 464,col. 1.
  2. Vogenbecket al. 2008,p. 24.
  3. Pierre Bernard,Histoire de la Prusse, depuis son origine jusqu'en 1846, Pagnerre, 1846.
  4. ab etcDietrich 1968,p. 197.
  5. a etbHeinrich 1968,p. 1018.
  6. Catherine Cousseff,Échanger les peuples, Paris, Gallimard,, 414 p.(ISBN 978-2-213-67189-5),p. 245-246.
  7. ab etcNapoléonIer 1806,p. 558.

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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