Habitants autochtones de Nouvelle-Calédonie, vers 1880.
LesKanaks,peuple autochtone de Nouvelle-Calédonie, font partie despopulations austronésiennes. Une étude génétique publiée en 2020 suggère que les racines profondes des locuteurs austronésiens sont originaires des populationsnéolithiques de l'Asie du Sud-Est et datent d'au moins 8 400 ans[5],[6]. Une autre recherche interdisciplinaire associant notamment archéologie, ethnobotanique et linguistique a permis de reconstituer une diffusion géographique des langues austronésiennes et de techniques agricoles. Selon la théorie dite « sortie de Taïwan » (Out of Taiwan), il y a 6 000 ans (4000av. J.-C.), des habitants du littoral de laChine du Sud, cultivateurs demillet et deriz, commencent à traverser le détroit pour s'installer àTaïwan. Vers2500av. J.-C., ces langues et ces techniques se diffusent de Taïwan vers lesPhilippines, puis des Philippines versSulawesi etTimor et de là, les autres îles de l’archipelindonésien. Vers1500av. J.-C., un autre mouvement mène desPhilippines enNouvelle-Guinée et au-delà, les îles duPacifique. LesAustronésiens sont sans doute les premiers navigateurs de l'histoire de l'humanité.
Comme l'attestent des fragments de poterieLapita retrouvés, les premiers habitants de la Nouvelle-Calédonie auraient posé le pied sur le territoire il y a environ 3 000 ans. On appelle Lapita la période de1300 à200av. J.-C. C'est àKoné sur la côte ouest de la Grande Terre que furent découverts les premiers vestiges de la civilisation Lapita. Selon l'archéologue Christophe Sand :« Si lesLapitas sont bien les ancêtres desKanaks, leur culture n’était pas du tout la même, ce qui n’est pas non plus facile à admettre. »
Durant la période suivante,Naia Oundjo (IIe siècle av. J.-C. -XIXe siècle), ce qui est appelé aujourd'hui la culture kanak commence à se différencier des autres cultures mélanésiennes, elles aussi issues de cette migration austronésienne. Ils maîtrisent l'art de la pierre polie, et fondent leur civilisation sur la culture de la terre (horticulturesur brûlis, principalementculture sur billons designames etculture en terrassesirriguées detaros) et une organisation sociale basée sur unestructure clanique[7]. Lors de rituels guerriers, desclans pratiquent aussi l'anthropophagie[8]. À partir du début duIIe millénaire et jusqu'à l'arrivée des premiers Européens, les clans se sédentarisent, leslangues kanak se singularisent et de grandes entités socio-linguistiques distinctes plus ou moins territorialisées, à l'origine des actuels « pays » ou « aires coutumières », apparaissent. Malgré cela, les échanges et alliances, notamment matrimoniales, restent importants d'un « pays » à l'autre, d'une île à l'autre, tandis que des apports extérieurs réguliers (notamment deWallis, dans le cadre destāvaka ou « voyages » d'exploration réalisés par les habitants de cette île, ou des archipels duVanuatu ou desFidji) influencent grandement certaines régions[9].
Le terme de « kanak », longtemps péjoratif et véhiculé à la colonisation sous la graphie « canaque », vient de l'hawaïen[10]kanaka. Le chef historique de la revendicationnationaliste et indépendantisteJean-Marie Tjibaou, à travers sa pièceKanaké écrite pour le festivalMélanésia 2000 en 1975, a joué sur l'homonymie de ce terme avec le nom du héros d'un mythe régional de l'airepaicî, « Tein Kanaké », afin, selon Mounira Chatti, maître de conférences en littérature comparée à l'université de la Nouvelle-Calédonie,« de réaliser le glissement de Kanaké, code onomastique donné au héros dans les différentes versions du récit originel, vers un nouveau Kanaké, héros national qui parle au nom de lanation kanak. La recherche de l'unité kanak amène le futur chef de file du mouvement indépendantiste à purger le mythe d'origine de son caractère régionaliste pour« le hisser au rang d'épopée nationale » (Bensa, 1987 : 428) »[11].
Le, l'enseigne de vaisseau James Colnett aperçoit à l'horizon uneterre inconnue des Européens. Il se trouve à bord du bâtiment commandé par le navigateur et explorateur anglaisJames Cook, leHMS Resolution, durant sondeuxième voyage. Cook baptise cette terreNew Caledonia en l'honneur de l'Écosse. En effet, l'aspect des côtes lui aurait rappelé cette région deGrande-Bretagne, dont le père de Cook est originaire (Caledonia est l'ancien nom latin de la province correspondant à l'Écosse britannique). Le premier contact avec desKanaks a lieu le lendemain, àBalade au nord-est de laGrande Terre, puis l'expédition britannique longe la côte Est et arrive jusqu'à l'île des Pins le[9].
Par la suite, à partir desannées 1820, l'essor de lachasse à la baleine et de l'exploitation du bois desantal ou d'autres ressources insulaires (nacre,coprah,holothuries,écailles detortues marines, etc.) amènent régulièrement des navires européens, essentiellement anglo-saxons, sur les côtes de cet archipel. Certains marins, aventuriers naufragés (beachcombers) ou négociants (traders), s'installent, fondent des familles avec des femmes mélanésiennes et créent de véritablescomptoirs pour assurer les échanges entre populations autochtones et bateaux européens[9]. C'est le cas, par exemple, de l'AnglaisJames Paddon à l'île des Pins puis surtout à l'île Nou[13].
À ces marins et négociants s'ajoutent rapidement les acteurs de l'évangélisation de l'Océanie. Lesmissionnaires anglais de laLondon Missionary Society,LMS décident, à partir de 1797, de christianiser le Pacifique. L’archipel néo-calédonien est atteint en 1840. Les missionsprotestantes reposent sur quelques hommes originaires d'autres archipels, lesteachers (« enseignants »), des catéchistes samoans et rarotongans (commePaoo). Ils débarquent en 1841 à l'île des Pins et en 1842 à Touaourou (Sud de la Grande Terre). Ils en sont chassés en 1842. La LMS s'installe auxîles Loyauté en 1841 avec plus de succès, le plus grand rencontré enMélanésie.
Les premières conversions d’Océaniens à la foi protestante incitent les pères de laSociété de Marie, missionnairescatholiques, à s’implanter en Mélanésie. Fin 1843, un navire de guerre français amène àBalade viaWallis un évêque,Guillaume Douarre[14],[15], et quatre missionnaires maristes, dont le PèreBenoît Forestier et le PèrePierre Rougeyron. Les missionnairesmaristes, comme les protestants, réprouvent l’anthropophagie et regrettent que la femme soit accablée de travaux. Ils luttent contre lapolygamie ou l’usage d’abandonner les malades. Mais les Kanak attaquent, en 1847, la mission deBalade où le frèreBlaise Marmoiton[16] est tué (étant considéré aujourd'hui comme unmartyr par les catholiques)[17]. Les maristes s'implantèrent, avec succès cette fois, à l'île des Pins en 1848, ce qui va servir de base à l'évangélisation de la Grande Terre. Les missionnaires catholiques revinrent à Balade en 1851.
Ces premiers contacts avec les Européens transforment rapidement et profondément les sociétés mélanésiennes, sur le plan technologique (l'outillage en fer remplaçant celui en pierre), alimentaire (introduction de nouvelles espèces, dont surtout le cochon, ou de l'alcool), religieux, social et démographique (abandon de la polygamie, de l'anthropophagie, des pratiques de régulation de la natalité, « choc microbien » et alcoolisme entraînant le début probable d'un déclin démographique)[9],[18].
Colonisation française de la Nouvelle-Calédonie (1853-1944)
Carte historique extraite de l'encyclopédie allemandeMeyers Konversations-Lexikon de la Nouvelle-Calédonie et des îles Loyauté.
LaFrance deNapoléon III cherche une terre nouvelle, libre de toute occupation européenne, pour y fonder unecolonie pénitentiaire. Par ailleurs, laFrance souhaite renforcer sa présence dans le Pacifique, encore faible face auxNéerlandais et surtoutBritanniques, alors que ces derniers envisagent d'annexer la Nouvelle-Calédonie. La Nouvelle-Calédonie est finalement proclamée colonie française àBalade le par le contre-amiralFebvrier-Despointes[19].
Puis, sous le commandement du capitaine de vaisseauLouis-Marie-François Tardy de Montravel, arrivés sur le navireLa Constantine, le, les militaires français fondent au sud-ouest de laGrande Terre Port-de-France pour servir de chef-lieu à la colonie[20], simple garnison qui devient rapidement une petite ville et prend le nom deNouméa le[21].
Le, la Nouvelle-Calédonie devient une colonie à part entière, affranchie de la tutelle deTahiti. Son premier gouverneur, nommé en 1862, le contre-amiralCharles Guillain, est chargé d'organiser la mise en place dubagne et donc de trouver des terres (non seulement pour garder les bagnards purgeant leur peine, mais aussi pour les terres confiées aux libérés qui ont l'obligation toutefois de doubler leur peine dans la colonie tout en étant « libres », le but étant de les pousser à s'installer définitivement). Il sera aidé dans sa tâche parAlbert Candelot (1840-1920), polytechnicien, promu lieutenant, qui devient chef du service topographique de 1864 à 1868, où il dresse la carte de l'île[22].
Charles Guillain va le faire en jetant les bases du futur statut de l'indigénat (qui va être formalisé en 1887), imposant une politique de cantonnement, fondée sur l'idée de « propriété collective » sur un modèlefouriériste et de « réserves autochtones » pour les Mélanésiens dont les terres sont organisées en « tribus » ou « chefferies ». Plus tard, en 1898, ces « tribus » vont être regroupées dans de « grandes chefferies » ou « districts »[23]. Le premier convoi pénitentiaire arrive le (250 transportés ou délinquants et criminels de droit commun, et relégués ou auteurs de délits ou petits crimes récidivistes) à bord de l'Iphigénie[24].
La Nouvelle-Calédonie participe à l'effort de guerre français pendant laPremière Guerre mondiale de 1914 à 1918 : 2 025 soldats partent rejoindre les 177 Néo-calédoniens déjà mobilisés en Métropole : 1 047 Européens et 979 Kanaks (surnommés les « Niaoulis », ceux-ci se battent principalement dans leBataillon mixte du Pacifique). 575 Néo-calédoniens sont déclarés morts pour la France : 382 Kanaks et193 citoyens français[30],[31]. Cette participation exacerbe les tensions créées par la colonisation, ce que confirme pour partie larévolte kanak de 1917.
En réponse à cette révolte, les autorités coloniales (tout particulièrement les gouverneursJoseph Guyon puisBernard Siadous) élaborent une « nouvelle politique indigène » à partir du milieu desannées 1920. Le but est de constituer une élite mélanésienneassimilée à la culture républicaine, notamment en ouvrant l'enseignement public à certains enfants kanaks (généralement fils de responsables coutumiers), en formant des « moniteurs indigènes » pour créer des écoles laïques dans lesréserves (où l'instruction était jusque là totalement abandonnée aux missions catholiques ou protestantes), en développant la culture du café ou l'exploitation ducoprah par lesKanaks ou en créant des « commissions municipales » (ancêtres des conseils municipaux) dans les terres coutumières[32]. À la même époque, en 1931, desKanaks sont exposés, dans un enclos de cases, auJardin d'acclimatation, à l'occasion de l'exposition coloniale de Paris[33].
Durant laSeconde Guerre mondiale, leralliement de la Nouvelle-Calédonie à laFrance libre intervient dès le. Unbataillon du Pacifique est recréé et se bat dans lesForces françaises libres aussi bien en Afrique du Nord qu'en Europe. La Nouvelle-Calédonie devient, de plus, à partir du une importante base arrière américaine dans laguerre contre leJapon. D'ailleurs, la flotte américaine composée de l'USS Enterprise (CV-6) qui se dirigeait versGuadalcanal avait séjourné àNouméa. La présence des « GI » permet la modernisation ou le développement des infrastructures (routes goudronnées, construction de ponts métalliques, agrandissement des quais, création de pistes d'aviation à l'origine des futurs aéroports deLa Tontouta ou deMagenta, électrification) et marque les modes de vie qui se modernisent (développement des « dancings », « snack-bars », « diners »,drive-in,Coca-Cola,chewing-gum, etc.). Des idées nouvelles se diffusent également (« égalité raciale »,communisme dans le bar-restaurant deJeanne Tunica). La nécessaire organisation de la détente et du repos des soldats permet la constitution d'une véritable économie de loisirs qui enrichit de nombreux Néo-calédoniens. Les Américains emploient une main-d'œuvre importante pour l'entretien du matériel et du réseau routier qu'ils recrutent parmi les « engagés »indonésiens ouChân Dăng ainsi que parmi les « Indigènes ». Pour travailler en tant que dockers sur le port deNouméa, ils font venir de nombreuxKanaks desîles Loyauté, qu'ils logent dans le camp deMontravel, contribuant ainsi à augmenter la présence mélanésienne en ville[34]. Les salaires augmentent pour toutes les couches de la société. Beaucoup de Néo-calédoniens ont gardé une certaine nostalgie de cette époque, et encore aujourd'hui, de nombreuses cérémonies commémorent tous les ans cette période autour du mémorial américain situé auPort Moselle deNouméa. Après-guerre, certaines demandes ont été envoyées àWashington pour faire de la Nouvelle-Calédonie le51e État d'Amérique[35].
Pendant laSeconde Guerre mondiale, la Nouvelle-Calédonie, située à moins de 1 500 kilomètres deGuadalcanal — théâtre de l’un des tournants majeurs de laguerre du Pacifique —, devint progressivement une base stratégique de première importance pour lesforces américaines. Jusqu’à 200 000 soldats américains y furent stationnés simultanément, alors que la population locale n’excédait pas 50 000 habitants. L’île abrita, à son apogée, le deuxième port de l’US Navy dans le Pacifique, après celui deSan Francisco[36].
Dans ce contexte, leprésident des États-Unis,Franklin D. Roosevelt aurait envisagé, un temps, l’annexion de la Nouvelle-Calédonie. Ce projet, conçu sans concertation avec legouvernement français, s’inscrivait dans une logique de compensation pour les importants soutiens matériels fournis à laFrance libre dans le cadre du programme de prêt-bail car Roosevelt estimant que laFrance libre serait incapable de rembourser lePrêt-bail. Roosevelt, qui entretenait des relations tendues avec legénéral de Gaulle, aurait également vu dans cette initiative un moyen de contrebalancer l’influence gaulliste dans lePacifique. Toutefois, ce projet fut rapidement abandonné, notamment en raison des enjeux diplomatiques liés à l’émergence de laguerre froide, de l'intransigeance du général De Gaulle sur lasouveraineté de laFrance et de la nécessité de préserver lesrelations avec la France dans le nouvel ordre mondial d’après-guerre[36].
Après la guerre, la France abandonne le terme de colonie et abolit le code de l'indigénat. LesKanaks obtiennent la citoyenneté française, et donc le droit de vote, en trois temps : d'abord limité à267 membres de l'élite mélanésienne (chefs coutumiers, anciens combattants ou religieux tels que curés, diacres ou pasteurs) en 1946 ; puis élargi à 60 % des Mélanésiens en âge de voter en 1951 ; finalement à toute la population majeure en 1957[37]. Pour contrer l'influence grandissante du communisme auprès de ces nouveaux citoyens, les missions chrétiennes s'accordent avec les représentants de l'État pour créer deux organisations politiques visant à fédérer les électeurs kanaks : l'Union des indigènes calédoniens amis de la liberté dans l'ordre (UICALO) du côté catholique, l'Association des indigènes calédoniens et loyaltiens français (AICLF) pour les protestants. Ils vont ensuite s'unir en 1953 dans un parti, l'Union calédonienne (UC), qui, également soutenu par les descendants des « petits colons » deBrousse ainsi que par les syndicats de laSociété Le Nickel ou de dockers, va dominer la vie politique locale jusque dans lesannées 1970. Car, désormaisTerritoire d'outre-mer (TOM), la Nouvelle-Calédonie obtient une assez forte autonomie avec laloi-cadre Defferre de 1956. Cette dernière est néanmoins réduite avec la mise en place de laVe République, d'autant qu' au début desannées 1960, la Nouvelle-Calédonie fut envisagée commesite d'essais nucléaires[38].
En parallèle, le Territoire connaît une croissance économique rapide et importante grâce à l'exploitation de « l'or vert » : c'est le « boom dunickel », la Nouvelle-Calédonie en devenant alors le troisième producteur mondial. Cela favorise de nouvelles vagues d'immigration, encouragées par les autorités françaises, en provenance des îles deWallis-et-Futuna. Entre 1969 et 1976, la population de l'île s'accroît de plus de 20 % avec près de 20 000 nouveaux immigrants. Cette bonne santé économique s'accompagne d'une urbanisation galopante àNouméa ainsi que dans ce qui commence à être sabanlieue et de grands travaux : lebarrage de Yaté construit entre 1955 et 1959, les infrastructures sportives desIIe Jeux du Pacifique Sud de 1966 dont lestade Numa-Daly ou la piscine olympique du Ouen Toro, le revêtement des routes et le développement du réseau électrique sur laGrande Terre, l'aménagement des remblais du port autonome de Nouméa dans lesannées 1970 transformant l'ancienne île Nou en une presqu'île artificielle désormais baptiséeNouville.
Les années 1980 voient les tensions entre opposants et partisans de l'indépendance atteindre leur paroxysme, les affrontements dégénèrent bientôt en insurrection quasi généralisée durant la période dite des « événements » (1984-1988). La violence culmine en 1988 avec laprise d'otages d'Ouvéa.
Cet épisode pousse les deux camps et leurs dirigeants à négocier. Les négociations sont symbolisées par une poignée de main qualifiée « d'historique » entre le loyalisteJacques Lafleur (député et président fondateur duRassemblement pour la Calédonie dans la République dit RPCR ou Rassemblement) et l'indépendantisteJean-Marie Tjibaou (président unitaire duFront de libération nationale kanak et socialiste ou FLNKS, qui est une confédération de plusieurs partis dont l'UC). Elles aboutissent à la signature desaccords de Matignon le prévoyant la mise en place d'un statut transitoire de dix ans devant se solder par un référendum d'autodétermination pour que les Calédoniens se prononcent pour ou contre l'indépendance. Le, le leader indépendantiste kanakJean-Marie Tjibaou est assassiné àOuvéa par un militant kanak radicalisé lors de la commémoration des événements de 1988.
On estime que durant cette période environ90 personnes sont tuées (gendarmes, militaires et civils) pour une population à l'époque de 160 000 habitants[39].
Les accords de 1988 sont complétés par l'accord de Nouméa du qui prévoit une autonomie forte et repousse leréférendum final sur la question de l'avenir institutionnel (indépendance ou maintien au sein de la République française) entre 2014 et 2018. En cas de rejet de l'indépendance, un second, puis un éventuel troisième référendum pourront être organisés selon des conditions précises[47]. À l'issue des votes toujours opposés à l'accession à la pleine souveraineté, un nouvel accord devra être négocié. Surtout, le préambule jette les bases d'une « citoyenneté néo-calédonienne » qui doit se construire sur les bases d'une « double légitimité » et d'un « destin commun » partagés par les différentes communautés (Kanaks et non-Kanaks).
Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie fixe en mars 2018 la date du référendum qui a lieu le[48], et pour lequel les corps électoraux sont gelés au préalable[49] afin que « seul le peuple concerné puisse voter au scrutin[réf. nécessaire] ». Environ 7 700 personnes sont ainsi privées du droit de vote[50],[51]. Le scrutin se tient le, la population étant amenée à répondre à la question :« Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? »[52]. Le « non » l'emporte par 56,4 % des votants[53],[54], et la Nouvelle-Calédonie reste ainsi au sein de laRépublique française. Toutefois, l'accord de Nouméa[55] prévoit la faculté d'organiser jusqu'à deux autres référendums. L'article 217 de la loi organiqueno 99-209 du relative à la Nouvelle-Calédonie en précise le mécanisme : le tiers des membres duCongrès de la Nouvelle-Calédonie peut, à compter du sixième mois suivant la consultation (soit le 5 mai 2019), demander l'organisation de deux nouvelles consultations dans les deux et quatre ans après le premier référendum[56]. Au sein du Congrèsélu pour la période 2014-2019, les indépendantistes détiennent ensemble25 sièges sur 54, soit un peu plus de 45 % de ses membres. Leréférendum de 2020 sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie initialement prévu le 6 septembre, est reporté au 4 octobre 2020 à la suite de lapandémie de covid-19[57]. Le « non » l'emporte à 53,26 %.
Conformément à l'accord de Nouméa, la demande officielle pour un troisième vote ne pouvant avoir lieu qu'à partir du, elle intervient le 8 avril, les deux groupes FLNKS auCongrès, l'Union nationale pour l'indépendance (UNI) et l'UC, demandant la convocation d'un troisième référendum pour2022 (l'UNI ayant initialement défendu un scrutin dès 2021)[58]. Le gouvernement français fixe au 12 décembre 2021 la date de cetroisième référendum[59]. Toutefois, une partie des organisations indépendantistes appelle à la non-participation au scrutin, et moins de 44 % des électeurs se déplacent pour voter[60]. Il donne comme résultat 96 % de non à l'indépendance et 3,5 % de oui[61].
Au-delà de la consultation des électeurs sur le plan juridique, les habitants s'entendent difficilement au sujet de leurs signes identitaires, plus précisément, les signes auxquels ils appartiennent en tant que « Calédoniens » (outre leur communauté, kanak, wallisienne, vietnamienne, européenne, etc.). C'est pourquoi des débats font polémique sur place et créent des tensions palpables, notamment concernantle ou les drapeaux devant représenter la Nouvelle-Calédonie, mais aussi le nom même du territoire pouvant également être modifié à l'issue favorable du processus d'indépendance (en vertu de l'article 5 de la Loi organiqueno 99-209 relative à la Nouvelle-Calédonie[62]). En effet la Nouvelle-Calédonie pourrait selon certains indépendantistes être renommée la Kanaky-Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Kanaky ou encore simplementKanaky (en référence au peuple kanak). Néanmoins ces décisions seront conditionnées et votées à la majorité des trois cinquièmes des membres du Congrès[63].
À la suite des trois référendums qui ont tous rejeté l'indépendance, des négociations s'ouvrent à partir de 2022 ou 2023 en « bilatérales » (État-indépendantistes et État-loyalistes) sur l'établissement d'un nouveau statut pour la Nouvelle-Calédonie au sein de laRépublique française.
En mai 2024, desémeutes ont lieu dans un contexte de débat sur un projet de réforme électorale sur le territoire, faisant14 morts dont 2 gendarmes[64],[65],[66]. L'état d'urgence est décrété[67].
Un an après le début des émeutes, le PIB a subi une décrue de 15%, 20% des salariés ont perdu leur emploi, l'ensemble des populations du territoire connaît des problèmes de subsistance, de logement, d'alimentation, d'approvisionnement de produits de première nécessité, les plus touchées étant les classes populaires les plus défavorisées. Les discussions sur l’avenir institutionnel de l’archipel sont au point mort, faute d’accord. Les propositions duministre des Outre-merManuel Valls, dans un texte de« souveraineté partagée » qui prévoyait un « transfert et une délégation immédiate des compétences régaliennes », se sont heurtées au désaccord desLoyalistes et duRassemblement qui y voient une« indépendance-association », mais aussi des membres du gouvernement français à l'origine du projet de révision constitutionnelle, parmi lesquelsGérald Darmanin etSébastien Lecornu (qui ont eu un temps la charge du dossier calédonien), ainsi queBruno Retailleau, etEmmanuel Macron lui-même[68].
En, l'Élysée et legouvernement français organisent des négociations qui aboutissent à la signature d'unaccord dit de Bougival d'évolution institutionnelle pour la Nouvelle-Calédonie entre les principaux dirigeants indépendantistes et non indépendantistes[69]. Celui-ci doit encore être approuvé par leParlement français ainsi que par leCongrès de la Nouvelle-Calédonie et les Calédoniens eux-mêmes.
Les îles Loyauté sont situées enmer de Corail à une centaine de kilomètres à l'est. Lifou est la plus vaste de ces îles, avec 1 196,1 km2, et est plus étendue que laMartinique. Viennent ensuite Maré (641,7 km2), Ouvéa (132,1 km2) et Tiga (11 km2[74]).
Certaines cartes indiquent la présence d'une grandeÎle de Sable (en anglaisSandy Island ouSable Island) située à l'ouest-nord-ouest de l'île principale, mais des scientifiques australiens ont déclaré, en novembre 2012, ne pas avoir trouvé cette île lors d'une expédition sur place[82].
Leclimat de Nouvelle-Calédonie esttropical, tempéré par l'influence océanique et influencé périodiquement par les phénomènesEl Niño etLa Niña, avec des vents dominants à l'est et au sud-est (lesalizés). Il comprend des températures relativement chaudes (la moyenne des températures établie sur 12 mois pour la période 1952-1965 est d'environ23,2°C, avec un pic inférieur à22,3°C en 1965 et supérieur à25°C en 1998[87]) et une humidité assez forte (la moyenne annuelle du taux d'humidité de l'air oscillant entre 73 et 81 %)[88].
Panneau de signalisation enxârâcùù indiquant la rivière Xürüchaa (Xwâ Xürüchaa) àCanala.
Le termeCalédonie dérive du nom donné par lesRomains (Caledonia) aux régions situées au nord dumur d'Hadrien, soit une partie de l'actuelleÉcosse, avec le sens de pays desCalédoniens, peuple dont l'ethnonyme brittonique est basé sur l'adjectifcaled- « dur » que l'on retrouve en bretonkaled et en galloiscaled, même sens[89]. Le suffixe « -one » se retrouve dans les ethnonymes de nombreux peuples celtes, continentaux ou brittoniques (Ligons, Santons, Pictons…).James Cook, lui-même d'origine écossaise par son père, baptisa ainsi l'île qu'il venait de découvrir en 1774New Caledonia en référence à cette région, en suivant la pratique traditionnelle des explorateurs européens d'employer des toponymes faisant référence à leur pays.James Cook avait fait de même pour l'archipel voisin desNew Hebrides (Nouvelles-Hébrides, actuellementVanuatu) etNew South Wales (Nouvelle-Galles du Sud) enAustralie.
Après la prise de possession par laFrance en 1853 de l'ensemble des îles qui forment aujourd'hui la Nouvelle-Calédonie puis le statut de colonie à part entière à partir de 1860, son nom officiel est « Nouvelle-Calédonie et dépendances »[90], le terme « dépendances » renvoyant auxîles Loyauté,Bélep, desPins et l'ensemble des petits îlots périphériques. Toutefois, par simplicité, et parce qu'il s'agit de l'île la plus importante, le nom de Nouvelle-Calédonie, voire de « Calédonie », est employé rapidement pour désigner tout à la fois l'île et l'ensemble de la colonie puis du Territoire. Quoi qu'il en soit, le nom officiel reste « Nouvelle-Calédonie et dépendances » jusqu'en 1988 (la loi du, dite statut Pons I, est la dernière à employer ce terme[91] et la loi du, dite statut Pons II, la première à désigner le Territoire comme simplement « Nouvelle-Calédonie »[92]). Parallèlement, tous les textes statutaires d'avant 1999 définissant la collectivité néo-calédonienne citent l'île principale comme « Nouvelle-Calédonie ou Grande Terre »[92],[93]. La loi organique du née de l'accord de Nouméa est le premier document officiel portant statut à n'employer que le terme de « Grande Terre »[94].
Le nom du pays peut néanmoins être appelé à évoluer, puisqu'il fait partie dessignes identitaires qui doivent être définis et adoptés à la majorité des trois cinquièmes duCongrès selon l'accord de Nouméa : « La loi constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie prévoira la possibilité de changer ce nom, par « loi du pays » adoptée à la majorité qualifiée » (article 1.5 alinéa 2).
La Nouvelle-Calédonie est aussi dénommée familièrement « le Caillou », tandis que le terme « Kanaky » a une connotation indépendantiste et identitaire en référence au termekanak, terme d'originehawaiienne, répandu dans lePacifique par les navigateurs européens pour désigner les populations insulaires autochtones, suivi du suffixe « -y » anglophone[95],[96]. Inventé dans les années 1970 par les indépendantisteskanak pour désigner l'archipel,Kanaky apparaît dans la presse pour la première fois dansLe Monde le 26 septembre 1984[97].A contrario, l'expression de « Territoire », qui faisait référence au statut deterritoire d'outre-mer et soulignait donc le lien à laFrance, relevait d'une phraséologie anti-indépendantiste[98]. La forte autonomie obtenue par la Nouvelle-Calédonie et la fin de ce statut deterritoire avec l'accord de Nouméa en 1998 ont contribué à l'emploi de plus en plus fréquent du terme « Pays » au sein de la classe politique, médiatique et de l'électorat néo-calédonien, qu'ils soient favorables ou opposés à l'indépendance.
Latoponymie et l'onomastique (nom des terres, îles, tribus et personnes…) en Nouvelle-Calédonie sont des questions liées à des problèmes d'ordre foncier, juridique, historique et linguistique, débattus sur un plan politique depuis de nombreuses années. L'accord de Nouméa prévoit ainsi : « Les noms kanaks des lieux seront recensés et rétablis. Les sites sacrés selon la tradition kanake seront identifiés et juridiquement protégés, selon les règles applicables en matière de monuments historiques » (article 1.3 alinéa 1)[99].
La Nouvelle-Calédonie se distingue notamment par unebiodiversité d'une grande richesse et originalité. Le taux d'endémie végétal est le troisième plus élevé au monde (80 %[100]) derrière la Nouvelle-Zélande (89 %) et Hawaï (82 %). Il s'agit de l'un des vingt-cinqpoints chauds de biodiversité définis en 2000 par l'organisation américaineConservation International.
Autresinvertébrés terrestres : environ 4 500 espèces inventoriées sur un total estimé supérieur à 15 000, avec un taux d'endémicité de 90 % à 100 %.
Faune etflorerécifales et marines. Le bilan des connaissances sur la biodiversité marine en Nouvelle-Calédonie fait état d'environ 20 000 espèces (IRD), (dont 5 % endémiques), avec bon nombre de « fossiles vivants et formes archaïques » (nautile,limule…). Mais de nombreux secteurs demeurent encore inexplorés, ce qui laisse à penser que la biodiversité est bien plus élevée encore.
Elle est tout de même en danger du fait, entre autres, de l'invasion depuis les années 1960 deWasmannia auropunctata et la pollution des lagons par les industries.
Les lagons de Nouvelle-Calédonie.Unegorgone du lagon de Nouvelle-Calédonie.
Du fait de sa position géographique (mer de Corail), la Nouvelle-Calédonie possède « plus de 75 % de la surface des récifs coralliens des territoires français, plaçant la France parmi les premiers pays coralliens du monde »[102] En longueur la barrière de corail est la plus longue du monde, mais reste derrière l'Australie au regard de la superficie.
En mai 2008, à la32e session se déroulant au Québec, l'UNESCO inscrit six sites récifaux aupatrimoine de l'Humanité avec la décision 32 COM 8.B10[105]. Il est toutefois relevé l'importance d'effort permanent de protection et d'une gestion durable des biens. « Il faudra améliorer la surveillance et le suivi pour faire face aux impacts potentiels de la pêche et de l'exploitation minière et, dans une moindre mesure, de l'agriculture et de l'aquaculture. Il est probable qu'à l'avenir le tourisme connaisse une expansion et il doit être bien planifié et bien géré. Des stratégies de financement durables sont nécessaires pour garantir l'équipement, les ressources humaines et financières indispensables pour la gestion à long terme du bien »[105].
En décembre 2014, l'UNESCO dans son « rapport périodique - Deuxième cycle Section II-Lagons de Nouvelle-Calédonie : diversité récifale et écosystèmes associés »[110] indique deux facteurs négatifs à impacts significatifs : les tempêtes et les espèces envahissantes (l'étoile de merAcanthaster planci), néanmoins l'état de conservation de ce bien par l'UNESCO reste sous la barre des 10 %[111].
La menace sur le récif est toutefois complexe, si les dégâts directs de l'homme (pêche, tourisme…) restent limités, le réchauffement climatique[112] et l'acidification favorisentla prolifération d'algues, de prédateurs voire la mort du corail.
En juillet 2019, le récif est pour l'UNESCO, « le premier baromètre du dérèglement climatique » selon les propos de sa directrice Audrey Azoulay[113]. Étant un des quatre pays ayant un bien inscrit au patrimoine mondial, la Nouvelle-Calédonie a cette responsabilité.
Une étude parue en 2021 a observé une diminution des populations de 5 des13 espèces d’oiseaux marins recensés sur ces îlots (lePuffin du Pacifique, leFou masqué, leFou brun, leFou à pieds rouges et leNoddi noir) de l'ordre de 2 à 4 % par an entre 2002 et 2018. Les causes possibles de ce déclin sévère pourraient être la surpêche, le réchauffement de la mer, lapollution par les plastiques et le dérangement des colonies lors de la reproduction[114],[115],[116].
La population de la Nouvelle-Calédonie est de 264 596 habitants lors du recensement de 2025[117]. Entre 1996 et 2004, la population néo-calédonienne s’est accrue de 33 953 personnes (soit une croissance moyenne par an pendant cette période de 2,16 %), dont 28 000 au titre du solde naturel (naissances moins décès) et 6 000 au titre du solde migratoire apparent. Cette augmentation est de 14 791 entre 2004 et 2009 (1,28 % de croissance moyenne par an), soit 14 000 d'accroissement naturel et 1 000 de solde migratoire apparent, de 23 187 entre 2009 et 2014 (1,8 % de croissance annuelle moyenne) mais plus que de 2 640 entre 2014 et 2019 (0,2 % de croissance annuelle moyenne, avec pour la première fois depuis 1989 un solde migratoire apparent négatif de -9 900 et un accroissement naturel positif mais en baisse de 12 500).
Vue aérienne de l'embouchure de la Ouinné, sur la « Côte oubliée » àYaté, la région la moins dense de Nouvelle-Calédonie.
Et ce déséquilibre s'est accentué depuis la fin des années 1990 jusqu'aux années 2020 : si la part respective des trois provinces dans la population calédonienne était restée globalement stable entre 1983 et 1996, avec 68 % de la population dans le Sud, 21 % au Nord et 11 % aux îles, la part du Sud s'est ensuite renforcée (71,2 % en 2004 et presque 75 % en 2009, 2014 puis 2019 pour redescendre légèrement à un peu moins de 74 % en 2025) tandis que celles des Îles et du Nord se sont longtemps affaiblies avant de se stabiliser voire d'augmenter faiblement entre 2019 et 2025. De 1989 à 2019, la Province Sud a connu un taux d'accroissement annuel moyen de 2 % contre 1,2 % dans le Nord (avec surtout une légère baisse de sa population entre 2014 et 2019) et une stagnation à 0,08 % dans les Îles (qui a perdu des habitants entre 2004 et 2009 essentiellement). Le Grand Nouméa passe ainsi de 60 % de la population calédonienne en 1996 à 66,67 % en 2009, 66,79 % en 2014 et 67,18 % en 2019, avec une croissance annuelle moyenne entre 1989 et 2019 à 2,1 %. Nouméa maintient notamment une croissance assez forte entre 1996 et 2009, à 1,91 %, soit un taux à peu près égal que ce que le chef-lieu avait connu entre 1989 et 1996, avant de retomber à 0,48 % entre 2009 et 2014 et de connaître sa première baisse de population depuis laGrande Dépression entre 2014 et 2019, avec -1,16 % en moyenne par an. Ce sont surtout les communes de banlieue qui connaissent alors une croissance considérable du fait de lapériurbanisation, à l'image des autres agglomérations, d'abord pour celles de la proche banlieue (Dumbéa etMont-Dore) puis pourPaïta. Dumbéa a vu ainsi sa population augmenter en moyenne de 4,7 % annuellement entre 1989 et 1996 puis de 4,3 % de 1996 à 2009, de 5,7 % entre 2009 et 2014 et de 2,4 % entre 2014 et 2019, leMont-Dore de 3,3 % entre 1989 à 1996 puis seulement de 1,7 % de 1996 à 2009, de 1,12 % de 2009 à 2014 puis de 0,34 % seulement de 2014 à 2019 et surtout Païta qui est passé d'une croissance annuelle moyenne de 3,8 % entre 1989 et 1996 à 5,7 % entre 1996 et 2009 puis de 4,7 % de 2009 à 2014 et de 3,6 % de 2014 à 2019. Ainsi, le Grand Nouméa a grandi jusqu'en 2019, mais Nouméa, comme pour la plupart des villes-centres, a vu sa proportion en son sein diminuer : elle représentait 75 % de la population de son agglomération en 1976, 67 % en 1989, déjà plus que 59,6 % en 2009, 55,67 % en 2014 et finalement 51,7 % en 2019[118],[119],[3].
Or, la croissance naturelle est plus forte dans le Nord et les Îles que dans le Sud. Le creusement de ces déséquilibres s'explique donc essentiellement par une migration intérieure et notamment par la forte attractivité de l'agglomération nouméenne, fournisseuse d'emploi et de biens de consommation et d'équipement. Entre 1996 et 2004, le solde migratoire interne de la Province Sud est le seul ainsi à être positif (+3 764) quand ceux des provinces nord et îles sont particulièrement négatifs (-1 785 dans les Îles et -1 979 dans le Nord, si bien que les Loyautés finissent par voir leur population décroître entre 2004 et 2009). C'est pour limiter cetexode rural et lamacrocéphalie de Nouméa, entre autres, que des projets de développement d'autres pôles urbains ont été lancés, notamment celui deVoh-Koné-Pouembout-Poya (partie nord) (parfois appeléVKPP) autour du projet de développement de l'usine du Nord, ce qui a permis de redonner un dynamisme démographique à la Province Nord entre 2009 et 2014 avant que celui-ci ne retombe entre 2014 et 2019 en raison des difficultés rencontrées par cette usine dans un contexte de crise du nickel (à l'exception deKoné,Pouembout etTouho, qui conservent une assez forte croissance, et dePoindimié,Ponérihouen,Canala et lesBélep à l'augmentation plus faible, les 10 autres communes de la province perdent des habitants en raison essentiellement de soldes migratoires négatifs). Au déséquilibre Sud-Nord s'est alors substitué un déséquilibre Ouest-Est : sur les quatorze communes de la côte Est et de laChaîne centrale de laGrande Terre, 9 ont eu un taux de croissance annuelle négatif entre 2004 et 2009 (Kouaoua à - 3,24 %,Houaïlou à - 2,76 %,Ponérihouen à -2,65 %,Hienghène à -1,8 %,Canala à - 0,99 %,Thio à - 0,85 %,Touho à - 0,24 %,Poum à -0,03 % etPoindimié à -0,02 %), 4 entre 2009 et 2014 (- 1,69 % àSarraméa qui devient la commune la moins peuplée de l'archipel en 2014, - 1,47 % àTouho et àYaté et - 0,12 % àPonérihouen) et 9 entre 2014 et 2019 (- 2,7 % àPouébo, -2,15 % àOuégoa, - 2,1 % àKouaoua, - 1,4 % àHouaïlou, - 0,9 % àThio et àYaté, - 0,4 % àPoum et àSarraméa et - 0,24 % àHienghène) ; sur les cinq communes insulaires, 4 perdent des habitants entre 2004 et 2009 (Maré à -6,05 %,Ouvéa à -4,89 %,Lifou à -3,52 % et les îles Belep à -0,76 %), 3 entre 2009 et 2014 (les îles Belep à -1,19 %, l'Île des Pins etOuvéa à -0,11 %) mais plus qu'une de 2014 à 2019 (Lifou à -0,17 %)[3]. De plus, l'importance du chef-lieu du territoire est telle qu'aucune commune ne pourra vraiment la concurrencer démographiquement avant de nombreuses années.
Ces tendances s'inversent quelque peu entre 2019 et 2025, en raison essentiellement d'un assez fort déficit du solde migratoire de l'archipel causé par de nombreux départs d'habitants duGrand Nouméa à la suite des difficultés économiques entraînées par la crise du secteur du nickel et surtout auxémeutes de 2024. Ainsi, la Nouvelle-Calédonie connaît pour la première fois depuis 1946 une baisse démographique (-6 811), et notamment un solde migratoire de -18 000 personnes environ. Et des trois provinces, seul leSud voit sa population baisser (-0,68 % par an) tandis que leNord et lesÎles Loyauté augmentent faiblement (avec des taux de croissance annuelle respectifs de 0,34 % et 0,28 %). Plus particulièrement, les plus fortes baisses concernent leGrand Nouméa dont surtoutNouméa, leMont-Dore et, dans une moindre mesure,Dumbéa (tandis quePaïta est la seule commune de l'agglomération a continué sa croissance pour s'établir comme la3e municipalité la plus peuplée de Nouvelle-Calédonie). Les autres communes perdant des habitants durant cette période sont sur la côte Est (Poindimié,Houaïlou,Ponérihouen,Touho etYaté) ainsi que certaines îles (Bélep etOuvéa) ou deBrousse (La Foa uniquement). En revanche, les plus fortes hausses ont concerné une partie de la zoneVKPP (surtoutVoh etPouembout, cette agglomération atteignant ainsi en 2025 14 232 habitants) — qui continue son urbanisation malgré les difficultés et finalement la fermeture de l'usine du Nord — et l'extrême nord de laGrande Terre (Koumac,Ouégoa,Pouébo,Kaala-Gomen,Poum) ainsi que certaines communes minières (Poya,Canala,Kouaoua etThio), de petits villages broussards (Moindou etFarino) etMaré qui concentre à elle seule l'essentiel de la croissance des îles Loyauté. Les autres communes (Lifou,Koné,Bourail,Boulouparis,Hienghène, l'île des Pins etSarraméa) sont pratiquement stables. Cela ne remet toutefois pas en cause les déséquilibres structurels de la répartition de la population en Nouvelle-Calédonie[120].
Une population encore jeune bien que vieillissante
Jeunes tenant un étal au marché deNouméa, en 2018.
La population de la Nouvelle-Calédonie continue à rester particulièrement jeune comparativement à la moyenne nationale. Ainsi, la part des moins de20 ans dans la population totale était de 39,5 % en 1996 (20 % de la population néo-calédonienne dans la classe des moins de10 ans) contre 7,5 % alors pour les plus de60 ans et un âge moyen de27 ans et10 mois[121]. Toutefois, la population connaît depuis ces 20 dernières années un phénomène de vieillissement : la part des moins de20 ans est ainsi passée de 47 % en 1983 à 43,9 % en 1989, 39,5 % donc en 1996, 37 % en 2004, 34,4 % en 2009, 31,99 % en 2014 et 30,15 % en 2019, tandis que les plus de60 ans ont augmenté de 6,2 % en 1983 à 6,9 % en 1989, 7,5 % en 1996, 9,4 % en 2004, 11,2 % en 2009, 12,48 % en 2014 et surtout 14,5 % en 2019. L'âge moyen est ainsi en 2009 de30 ans, de33 ans en 2014 et de34,7 ans en 2019, soit légèrement plus élevé que dans les autres territoires français du Pacifique (31 ans enPolynésie française en 2012 et24 ans àWallis-et-Futuna en 2008) mais nettement moins qu'en métropole où l'âge moyen est de40,8 ans et où 20 % de la population a60 ans ou plus et 25 % moins de20 ans. La pyramide des âges néo-calédonienne reste donc globalement triangulaire, même si sa base a tendance à rétrécir et son sommet à s'élargir.
Là encore on observe de grosses disparités entre les Provinces tout en ayant une tendance à diminuer. Dans leNord et surtout auxÎles Loyauté, la jeunesse de la population est particulièrement visible : l'âge moyen est ainsi de27,5 ans en 2009, de31,5 ans en 2014 puis de33,4 ans dans les îles et près de 34,06 % de la population y a moins de20 ans (42 % en 2009 et 37 % en 2014), pour 31,42 % de la population dans la même tranche d'âge (37 % encore en 2009 puis 33,43 % en 2014) et un âge moyen de32,5 ans dans le Nord. L'écart se réduit ainsi avec le Sud, où l'âge moyen en 2019 est de35,3 ans, et où 29,48 % des habitants ont moins de20 ans. On voit apparaître dans ces deux provinces également un léger phénomène de vieillissement avec une augmentation des plus de60 ans, mais aussi par la chute des tranches d'âge entre15 et 30 ans, surtout dans les Îles, du fait du départ des jeunes versNouméa pour poursuivre leur scolarité ou trouver du travail[118].
Cette jeunesse s'associe à une assez forte croissance démographique naturelle, là encore toutefois avec une tendance à la stagnation, voire à la baisse : le taux d'accroissement naturel était ainsi de 2,13 % en 1981, de 1,71 % en 1996, de 1,25 % en 2004 et 2005, de 1,16 % en 2009, de 1 % en 2015 et plus que de 0,9 % en 2017[123]. Cela reste largement supérieur à la moyenne nationale (le taux de croissance naturelle pour la France était de 0,22 % en 2018). Deux raisons à cette forte croissance : une assez importante natalité qui a tendance toutefois à décroître, et une assez faible mortalité.
Il existe donc au sein même du territoire néo-calédonien de fortes disparités des données démographiques, la population y étant très inégalement répartie avec une domination macrocéphale duGrand Nouméa mais où l'âge moyen ou la croissance naturelle diffèrent également plus ou moins fortement selon où l'on se trouve, même si dans ces domaines les différences ont tendance à s'estomper. Cette diversité se retrouve dans la composition même de la population néo-calédonienne qui se répartit en plusieurs groupes principaux.
L’archipel français perd 6 811 habitants entre 2019 et 2025, ce qui constitue une première baisse démographique depuis le début du siècle[117].
Lesrecensements enregistrant lesdonnées faisant apparaître l'origine ethnique des personnes sont admis, par dérogation, en Nouvelle-Calédonie[124]. Ainsi, laCNIL a donné un avis favorable aurecensement de 2009 pour la Nouvelle-Calédonie, qui fait apparaître l'origine ethnique des personnes. Ces données étaient enregistrées jusqu'en 1996, mais ne l'avaient pas été pour le recensement de 2004. La CNIL rappelle une délibération de 2002, dans laquelle elle avait affirmé que « le recueil de l'appartenance ethnique des personnes, compte tenu des caractéristiques sociodémographiques propres au territoire de Nouvelle-Calédonie, répond à un motif d'intérêt public […] »[125].
Selon le recensement de 2019, la répartition ethnique de la population était la suivante[126] :
lesKanaks[127] (Mélanésiens) : 111 856 résidents et 41,21 % de la population totale (contre 86 788 individus et 44,09 % en 1996, 99 078 personnes et 40,34 % en 2009 et 104 958 résidents et 39,05 % en 2014) s'étant déclarés comme tels lors du recensement de 2019. Peuvent néanmoins s'y ajouter une partie des personnes ayant préféré se définir comme « Calédoniens », ou comme appartenant à la catégorie des « plusieurs communautés (métis) », deux catégories en constante augmentation.
Proportion de Kanaks par commune en 2019.
les « Européens » : 65 488 personnes et 24,13 % des Néo-calédoniens (contre 67 151 personnes et 34,12 % en 1996, 71 721 habitants et 29,2 % en 2009 et 73 199 personnes et 27,24 % en 2014) se sont déclarés Européens. Là encore, une partie de ceux inscrits comme « Calédoniens » ou issus de « plusieurs communautés (métis) » peuvent avoir des origines européennes, tandis que cette catégorie de la population peut se diviser traditionnellement en deux, voire trois catégories :
lesEuropéens issus d'une immigration plus récente datant de la deuxième moitié duXXe siècle ou du début duXXIe siècle, et principalement d'originefrançaise, appelés « Métros », « Zoreilles » ou « Zor' ». Ainsi, en 2019, environ 30 093 Européens (11,09 % de la population, et 45,95 % de la communauté européenne de l'archipel) sont nés enFrance métropolitaine (tous ne sont pas pour autant considérés comme « Zoreilles », certains pouvant être également desCaldoches »). Leur nombre a beaucoup baissé entre 2014 et 2019, ils étaient 36 975 et 13,76 % en 2014.
Répartition de la communauté européenne sur le territoire néo-calédonien, par commune, lors du recensement de 2019.
les habitants se définissant comme appartenant à « plusieurs communautés », oumétis, étaient 30 758 et 11,33 % de la population totale (20 398 et 8,3 % en 2009 puis 23 007 et 8,56 % en 2014). Beaucoup d'entre eux appartiennent à la communauté « caldoche » qui, outre une ascendance européenne, est issue également de mélanges avec les populations mélanésiennes, asiatiques, polynésiennes ou les descendants des transportés (bagnards de droit commun), des relégués (petits délinquants) musulmans algériens («lesAlgériens du Pacifique») ou, de manière marginale des cent vingt-six déportés politiques de larévolte de Mokrani (1871), parfois dénommés les « Kabyles du Pacifique ».
lesWallisiens et Futuniens : 22 520 personnes et 8,3 % du total (17 763 et 9,02 % en 1996, 21 262 et 8,66 % en 2009, 21 926 et 8,16 % en 2014). Ils sont issus d'un véritable exode de la population des îlesWallis-et-Futuna vers la Nouvelle-Calédonie à partir desannées 1950, et sont désormais presque deux fois plus nombreux que ceux continuant à habiter leur archipel d'origine. La stagnation de leur nombre et le recul de la proportion s'explique par un ralentissement depuis les années 1980 de l'immigration originaire de cet archipel, et le métissage ou l'intégration à la communauté des « Calédoniens » de nombreux individus issus des deuxièmes ou troisièmes générations de natifs.
différents groupesasiatiques historiques, qui réunissent 7 197 individus et 2,65 % du total (7 825 et 3,98 % en 1996, 8 199 et 3,34 % en 2009, 7 542 et 2,81 %). D'autres peuvent se retrouver parmi les catégories « plusieurs communautés » ou « Calédoniens ». Ils descendent d'une ancienne main-d'œuvre venue à partir de la fin duXIXe siècle pour travailler essentiellement dans les caféries ou les mines. Ils se répartissent entre des :
Indonésiens : 3 859 habitants et 1,44 % des Néo-calédoniens (5 003 et 2,54 % en 1996, 3 985 et 1,62 % en 2009),
Vietnamiens : 2 506 résidents et 0,93 % de la population (2 822 et 1,43 % en 1996, 2 357 et 0,96 % en 2009),
« Autres asiatiques », dont surtout desChinois mais aussi quelques familles considérées commeCaldoches mais d'origine japonaise (Tsutsui, Nakamura, Takamatsu, Tanaka…)[128] ou descendants d'engagés indiens d'origine réunionnaise venus sous l'impulsion deGabriel Le Coat de Kerveguen, grand propriétaire cannier réunionnais désireux de faire cultiver la canne à sucre en Nouvelle-Calédonie (région de la Naïna) et qui a fait ainsi venir plusieurs familles de l'île de la Réunion et leur main-d'œuvre essentiellement composée de « Malabars ». Ce groupe constituait 1 177 habitants et 0,44 % du total (1 857 et 0,76 % en 2009). 1 116 Japonais furent internés à partir du puis expulsés vers l'Australie en 1942.
lesTahitiens : 5 608 personnes et 2,09 % de la population (5 171 individus et 2,63 % en 1996, 4 985 et 2,03 % en 2009).
lesNi-Vanuatu : 2 568 habitants et 0,96 % des Néo-calédoniens (2 244 et 1,14 % en 1996, 2 327 et 0,95 % en 2009).
6 604 personnes, soit 2,46 % de la population, n'ont pas déclaré leur appartenance à une communauté lors du recensement de 2014 (2 867 et 1,17 % en 2009).
La démographie est une donnée politique importante en Nouvelle-Calédonie. L'accord de Nouméa a fait de la composition ethnique du collège électoral un enjeu dans l'optique duRéférendum d'autodétermination (2018,2020,2021). Certains indépendantistes - dont surtout l'Union calédonienne et ses alliés - ont régulièrement dénoncé la volonté de l'État d'encourager l'immigration de façon à mettre en minorité les peuples autochtones et contrecarrer leurs objectifs d'autonomie ou d'indépendance. Ce point de tension a atteint son paroxysme en mai 2024, desémeutes ont lieu dans un contexte de débat sur un projet de réforme du corps électoral pour lesélections provinciales. À la suite de l'accord de Nouméa, ce droit est limité aux seulscitoyens néocalédoniens, c'est-à-dire aux citoyens français résidents de Nouvelle-Calédonie avant et à leurs descendants. Cecorps électoral« gelé » fait qu'un électeur potentiel sur cinq est ainsi exclu du corps électoral provincial, un dispositif jugé acceptable par laCour européenne des droits de l'homme en« dans le cadre d'un processus dedécolonisation » (puisque la Nouvelle-Calédonie est inscrite sur laliste des territoires non autonomes selon l'Organisation des Nations unies — donc considérée comme nondécolonisés —), mais« seulement à titre temporaire ». Cela fut mis en place pour satisfaire les exigences du camp indépendantiste vis-à-vis du voteauxtroisréférendums sur la question de l'indépendance, qui ont tous vu la victoire du non et alors que ces restrictions ont rendu les Kanak majoritaires au sein du corps électoral spécial d'après leFLNKS en 2018[129],[130]. La réforme vise alors à rendre le corps électoral des élections provinciales - et non pas celui pour les référendums d'autodétermination, qui n'est pas touché par cette réforme -« glissant », c'est-à-dire ouvert à des personnes ayant10 ans de résidence au moment du scrutin, et non plus« gelé ».
Les violences ramènent l'archipel dans un climat de guerre civile semblable à celui qui avait fait naître lesaccords de Matignon40 ans plus tôt. D'autres indépendantistes - comme leParti de libération kanak - estiment au contraire que ce sujet mériterait d'être« dépassionné », prenant à témoin le résultat du second tour desélections législatives de qui ont vu les scores cumulés des candidats indépendantistes dépasser ceux des non-indépendantistes en pourcentage des suffrages exprimés alors que le corps électoral n'est alors pas limité[131].
La populationkanak a atteint 50 000 vers 1973 et dépassé 100 000 en 2014, les personnes se déclarant Kanak lors des recensements sont les plus nombreuses en effectif, mais en proportion de la population totale, elles ne sont plus majoritaires depuis les années 1950 et se stabilisent depuis lesannées 1970 autour d'environ 40 % de la population totale, avec une légère hausse dans les années 2010 (augmentant de2 points entre 2014 et 2019)[132],[133]. De plus, en raison d'un fort métissage de la population, la part des Kanak et Kanak métissés est passée de 43 % en 2014 à 47,2 % en 2019[133].
Une volonté de mise en minorité a été définie au niveau étatique jusque dans les années 1970. Dans sa directive de 1972,Pierre Messmer[134], alorsPremier ministre, évoquait encore la réactivation de la politique decolonie de peuplement et la perspective de mise en minorité dupeuple autochtone kanak :
« La Nouvelle-Calédonie,colonie de peuplement, bien que vouée à la bigarrure multiraciale, est probablement le dernier territoire tropical non indépendant au monde où un pays développé puisse faire émigrer ses ressortissants.[...]À court et moyen terme, l’immigration massive de citoyens français métropolitains ou originaires des départements d’outre-mer (Réunion) devrait permettre d’éviter ce danger en maintenant et en améliorantle rapport numérique des communautés.À long terme, la revendication nationaliste autochtone ne sera évitée que si les communautés non originaire du Pacifique représentent une masse démographique majoritaire. Il va de soi qu’on n’obtiendra aucun effet démographique à long terme sans immigration systématique de femmes et d’enfants. »
L'immigration deMétropole est ainsi encouragée par des avantages fiscaux. Pour autant, la proportion de ceux se déclarant Européens n'a, pour sa part, fait que baisser depuis 1969 (où elle atteint 41 % des Néo-Calédoniens recensés cette année là, égalant presque les Kanak, pour redescendre à 33,6 % en 1989, 29 % en 2009 et 24 % en 2019)[133]. Les accords de Nainville-les-Roches (1983), deMatignon (1988) et deNouméa (1998) ont mis fin à cette politique d'encouragement de l'immigration. En parallèle detransferts de compétences (y compris en matière de droit du travail, avec des mesures de protection de l'emploi local) et de mesures de rééquilibrages territoriales, économiques et sociales entre communautés, un corps glissant puis gelé a progressivement été mis en place pour les élections auCongrès, aux assemblées provinciales (dont deux majoritairement kanak sur trois) et, de manière encore plus restreinte (pour les natifs, leurs descendants, et les personnes arrivées en 1994 ou avant) pour les consultations d'autodétermination[135]. Enfin, les difficultés économiques connues par l'archipel depuis les années 2010 ont entraîné, de fait, un solde migratoire négatif (−10 300 entre 2014 et 2019) touchant essentiellement des personnes non natives (3/4 des départs entre 2014 et 2019). Par conséquent, en 2019, les natifs constituaient 78 % de la population néo-calédonienne[133].
L'attractivité économique de la Nouvelle-Calédonie des années 1950 aux années 1970 (« Boom du Nickel ») et dans les années 2000 ont également favorisé une immigration importante de populations du Pacifique, principalement polynésiennes (notamment deWallis-et-Futuna, malgré un programme de développement spécifique dans cette autrecollectivité d'outre-mer, ainsi que dePolynésie française). Dans les années 1970 et depuis la fin des années 1980, lesWallisiens et Futuniens résidents en Nouvelle-Calédonie sont plus nombreux qu'àWallis-et-Futuna, et des conflits ethniques[136] se produisent avec lesMélanésiens (àSaint-Louis entre 2001 et 2004 tout particulièrement).
Cecosmopolitisme est également à l'origine de la présence de langues, dialectes et façons spécifiques de s'exprimer propres à l'archipel.
Lefrançais est lalangue officielle, avec unaccent et des expressions particulières au sein de la population européenne installée depuis plusieurs générations en Nouvelle-Calédonie ainsi que dans les autres communautés non européennes. En 2009, 180 809 habitants de plus de dix ans étaient capables au moins de parler lefrançais, soit la quasi-totalité de la population (98,9 %, dont 99,8 % desmétis et desTahitiens, 99,5 % desEuropéens et de ceux s'étant déclarés « autres », 99,4 % desKanaks, 98,9 % desNi-Vanuatu, 98,7 % desIndonésiens, 98,4 % des « non déclarés », 97,9 % desWallisiens et Futuniens et desVietnamiens et seulement 58 % des autres asiatiques). Parmi eux, 177 945 savaient le lire et l'écrire (98,4 % des francophones et 97,3 % de la population totale de plus de10 ans, dont 99,1 % desEuropéens, 98,9 % desmétis, 98,7 % des « autres », 98,1 % desKanaks, 97,7 % desTahitiens, 95,5 % des « non déclarés », 92,9 % desWallisiens et Futuniens, 92,1 % desIndonésiens, 91,5 % desVietnamiens, 88,8 % desNi-Vanuatu et 53,4 % des autres asiatiques), 1 160 seulement le lire (0,6 % des francophones et de la population totale).
La religion, essentiellementchrétienne, est aujourd'hui une composante identitaire forte pour la société et la culturekanakes ainsi que pour les autres populations océaniennes présentes en Nouvelle-Calédonie.
La majorité des cultes en Nouvelle-Calédonie sont chrétiens, surtoutcatholiques[15], mais égalementréformé oupentecôtistes notamment au sein des populations mélanésiennes ettahitiennes, ainsi que dans certaines famillesdescendantes de colons européens (surtout celles d'origines anglo-saxonnes ou allemandes), du fait de la présence dès le début duXIXe siècle, et avant même la prise de possession par laFrance, de missions d'évangélisation. Les premiers Calédoniens blancs furent lesmissionnaires, escortés par les militaires. Depuis les origines de la colonisation, on a assisté à une vive compétition entre les prêtres catholiques et les pasteurs protestants. En 1894, le gouverneurPaul Feillet ouvre laGrande Terre au prosélytisme protestant, jusqu'alors limité auxîles Loyauté. Les premiers prêtres catholiques kanak sont, après 1947, Luc Amoura et Michel Matouda.
D'autres spiritualités sont présentes et actives, sur le plan religieux ou non, parfois amicaliste, comme l'association des Malabars, Bourbonnais, Indiens de Calédonie et leurs amis (AMBICA)[152], parfois potentiellement sectaire[153].
L'histoire institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie est particulièrement complexe, l'île ayant connu une multitude de statuts différents. Colonie française de 1853 à 1946, elle devient ensuiteTerritoire d'outre-mer de 1946 à 1999 et enfin une Collectivitésui generis d'Outre-mer spécifiquement régie par le titre XIII de laConstitution française (articles76 et77)[154],[155]. En droit international, la Nouvelle-Calédonie est par ailleurs inscrite sur laliste des territoires non autonomes selon l'Organisation des Nations unies. De plus, dans les années 1980, les statuts d'autonomie interne se sont succédé pour essayer de faire face à la revendication indépendantiste croissante puis aux Événements : statutLemoine de 1984, statutFabius-Pisani de 1985, statutsPons I et II respectivement en 1986 puis 1988, enfin le statut de l'Accord de Matignon puis celui deNouméa[156]. UnComité des signataires réunit régulièrement (tous les12 ou 18 mois généralement) les partenaires historiques de l'Accord de Nouméa (représentants de l'État et tout ou partie des signataires historiques) ainsi que les dirigeants des institutions locales (depuis 2006) ou des représentants des formations politiques représentées auCongrès (depuis 2011), cela afin de suivre l'application des dispositions de cet accord[157].
Actuellement, les institutions de la Nouvelle-Calédonie sont définies par laloi organiqueno 99-209 du relative à la Nouvelle-Calédonie[158].
La Nouvelle-Calédonie est découpée en trois collectivités appeléesprovinces, créées par ledécret du, dans un souci de partage des institutions entre partisans et opposants de l'indépendance, et disposant d'un vaste champ de compétences (toutes celles qui ne reviennent pas spécifiquement ni à l'État, ni à la Nouvelle-Calédonie, ni aux communes).
Les membres des « Assemblées de Provinces » chargées de gérer ces circonscriptions (14 pour lesîles Loyauté, 22 pour laprovince Nord et 40 pour laprovince Sud) sont élus auscrutin proportionnel de liste à un tour, chaque parti devant rassembler 5 % des inscrits de la province pour pouvoir être représenté. Lesélections provinciales du ont démontré un fort éclatement (31 listes pour76 sièges et 120 000 électeurs), un peu moins marqué lors duscrutin suivant du (24 listes pour 135 000 inscrits),celui du (seulement17 listes pour 152 462 inscrits) etcelui du (remontant toutefois à25 listes pour 169 635 inscrits). Chaque Assemblée de Province élit en son sein un président et trois vice-présidents.
L'État est représenté dans chaque province, appelée alors « subdivision administrative », par un « commissaire délégué de la République » nommé par arrêté du ministre chargé de l'outre-mer. Les commissaires ont tous leurs locaux dans le chef-lieu de la province où il est en poste, sauf celui de laSubdivision administrative Sud qui lui siège àLa Foa tout en ayant une antenne àNouméa. Actuellement, les trois commissaires délégués sont :
Chaque province regroupe plusieurscommunes, pour un total de 33, dont treize dans leSud, seize dans leNord, trois dans lesÎles Loyauté et une à cheval entre le Nord et le Sud (Poya).
La première commune de droit général français estNouméa, depuis 1874. Elle reste la seule à avoir ce statut jusqu'en 1969. Entretemps, les différents centres de population européenne étaient dotés de commissions municipales nommées. En 1947, à la suite de l'abolition du régime de l'indigénat, les territoires majoritairement peuplés de Mélanésiens obtiennent la constitution de commissions régionales. Tous deviennent en 1961 des communes de droit particulier local, avec des maires élus, puis des communes de droit général français en 1969 : elles sont à l'époque 31. Deux autres sont créées par la suite par scission :Poum est séparée deKoumac en 1977 etKouaoua est distinguée deCanala en 1995.
La commune la moins peuplée est, depuis 2014,Sarraméa à l'intérieur de laChaîne Centrale de laGrande Terre enProvince Sud, avec581 habitants en 2025. Viennent ensuite les îlesBélep au large de l'extrémité nord-ouest de laGrande Terre enProvince Nord, avec686 personnes, ainsi que les voisines de Sarraméa à savoirFarino avec736 résidents etMoindou avec944 habitants en 2025.Farino est également la deuxième commune la plus petite (48 km2) aprèsNouméa.
Il élit en son sein, pour un mandat renouvelable chaque année, son président, son bureau, une commission permanente chargée de siéger en dehors des sessions ordinaires et les différentes commissions de travail. Depuis le, laprésidente du Congrès estVeylma Falaeo, la première femme ainsi que la première personnalité issue de la communautéwallisienne et futunienne à accéder à cette fonction, qui est également élue pourL'Éveil océanien de l'Assemblée de laProvince Sud.
LeCongrès élit à la proportionnelle les membres dugouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Chaque groupe politique constitué au sein de l'assemblée peut présenter une liste. Legouvernement est responsable devant leCongrès, qui peut le renverser par unemotion de censure, tandis qu'une séance plénière doit être organisée par session pour que les conseillers de l'assemblée posent des questions orales aux membres de l'exécutif local.
Dans les champs de compétence dévolus à la Nouvelle-Calédonie, leCongrès légifère en votant deslois de pays. Il a l'initiative des textes qu'il vote (lois de pays, délibérations, vœux), conjointement avec legouvernement.
Il siège aucentre-ville deNouméa, sur le boulevard Vauban (nom de rue régulièrement utilisé par métonymie dans les médias locaux pour désigner l'institution), sur un site occupé presque sans discontinuer par toutes les assemblées délibérantes néo-calédoniennes depuis le[164].
LeGouvernement est élu au scrutin de liste, chacun des groupes auCongrès en présentant une. Lors d'une séance préalable à cette élection, le Congrès se réunit une première fois pour décider du nombre de postes que comprendra ceGouvernement, pouvant aller de 5 à11 membres. Pratiquement tous les Gouvernements en ont compté jusqu'à présent 11, la seule exception étant ledeuxième Gouvernement Frogier qui lui en comportait 10. Une fois constitué, le Gouvernement élit en son sein, à bulletin secret et à la majorité absolue, unprésident et unvice-président chargé d'assurer l'intérim du premier. Par tradition, la présidence revient à un membre du camp majoritaire au Congrès (anti-indépendantiste de 1999 à 2021, indépendantiste depuis 2021) et la vice-présidence à un représentant de la tendance adverse (indépendantiste de 1999 à 2014 et de 2015 à 2021, vacant le reste du temps).
Il s'agit d'unGouvernement collégial, les principales forces politiques représentées aux Congrès y sont ainsi présentes et doivent donc s'entendre pour la gestion de la Nouvelle-Calédonie. « Le Gouvernement est chargé collégialement et solidairement des affaires de sa compétence » (article 128 de laloi organique). Ainsi, dans tous les domaines, les décisions ne peuvent être prises qu'à la majorité de ses membres. Toutefois, chaque membre du Gouvernement dispose d'un ou plusieurs secteurs qu'il est chargé d'« animer et de contrôler » mais, contrairement aux membres duGouvernement de laPolynésie française, il n'a ni le statut ni le titre de « ministre ».
Il a unpouvoir exécutif et règlementaire dans le sens où il « prépare et exécute les délibérations duCongrès et de sa commission permanente » (Article 126). Il est responsable devant le Congrès : leprésident, une fois élu, fait un discours devant l'assemblée pour présenter sa politique générale, et doit chaque année présenter un rapport devant le Congrès. Enfin, ce dernier peut renverser le gouvernement en déposant puis en votant unemotion de censure (Articles 95 et 96 de laloi organique) qui doit être signée par au moins un cinquième des membres du Congrès (11 membres) et qui doit être adoptée ensuite à la majorité absolue (soit au moins28 voix).
Le président dusénat coutumier est élu pour un an, avec un système de roulement entre lesaires[165]. Il s'agit de Hugues Vhemavhe, sénateur de l'aireHoot Ma Whaap. Il a été élu le 10 septembre 2022 à Canala. Il succède à Yvon Kona, sénateur de l'aireXârâcùù .
Ces aires regroupent chacune plusieursdistricts coutumiers (ou « grandes chefferies ») ou tribus indépendantes, eux-mêmes subdivisés en plusieurs tribus (ou « chefferies » ou « petites chefferies »).
28 membres désignés par des organisations professionnelles, des syndicats ou autres associations et organismes sociaux ou économiques dans le cadre desProvinces dont :
16 pour laProvince Sud (5 pour des organisations professionnelles que sont la Fédération patronaleMEDEF-NC, laCGPME, l'Union professionnelle artisanale de Nouvelle-Calédonie et le Groupement féminin de développement agricole de Nouvelle-Calédonie ; 5 pour des syndicats que sont l'USOENC, l'USTKE, laCFE-CGC, laCOGETRA-NC et la Fédération des syndicats des fonctionnaires, agents et ouvriers de la fonction publique ; 5 pour des associations à portée culturelle ou communautaire que sont l'Amicale Antilles-Guyane-Réunion, l'UFC-Que choisir, la Fondation des Pionniers qui regroupe des « Caldoches », le Collectif Handicaps et l'association écologiste Ensemble pour la planète EPLP ; 1 pour leCTOS).
4 pour celles desîles Loyauté (l'associationNengone Tourisme deMaré, le Comité du développement dudistrict de Wet àLifou, le Syndicat des pêcheurs d'Ouvéa et l'Association foire agricole, artisanale et folklorique deLifou).
2 membres désignés par le Comité consultatif de l'environnement en son sein (à partir de 2016, Jacques « Jacky » Mermoud qui est le vice-président d'EPLP et le président fondateur de l'association écologiste Point zéro baseline spécialisée dans la défense des écosystèmes de mangrove, candidat sur la liste d'union indépendantiste aux municipales duMont-Dore en 2014, ainsi que Jonas Téin, président de l'association Dayu Biik de préservation de l'environnement de Hienghène et notamment dumont Panié liée àConservation International, ancien conseiller municipalFLNKS deHienghène de 2008 à 2014).
Il élit ensuite en son sein un bureau qui comprend un président (depuis il s'agit deJean-Louis d'Anglebermes, nommé alors par legouvernement de la Nouvelle-Calédonie en tant que personne qualifiée), quatre vice-présidents, deux questeurs et un secrétaire.
L'article 4 du premier titre de la loi organiqueno 99-209[167] dispose :« Il est institué unecitoyenneté de la Nouvelle-Calédonie dont bénéficient les personnes de nationalité française qui remplissent les conditions fixées à l'article 188. » Ce dernier article prévoit notamment que seuls les citoyens français qui, au 8 novembre 1998, sont nés ou résident depuis au moins10 ans en Nouvelle-Calédonie, ou à défaut que leurs parents remplissent ces mêmes conditions, peuvent être inscrits sur leslistes électorales du territoire et participer ainsi aux élections organisées sur celui-ci.
L'article 5 du premier titre prévoit que :« Des signes identitaires du pays, nom, drapeau, hymne, devise, graphismes des billets de banque devront être recherchés en commun pour exprimer l'identité kanake et le futur partagé entre tous[168]. » Ceux-ci doivent être définis alors comme une marque de l'autonomie de la collectivité de Nouvelle-Calédonie, et non pas comme une accession à l'indépendance.
Un comité de pilotage sur les signes identitaires du pays (CPSIP), composé de25 membres représentant les différentes tendances politiques ou religieuses, les syndicats, la société civile et le monde associatif et dirigé parDéwé Gorodey, écrivainkanak et vice-présidente indépendantiste dugouvernement local, a été mis en place le. Cet organisme a depuis été chargé de définir les modalités des concours lancés auprès des artistes locaux pour trois des cinq signes identitaires (l'hymne, la devise et le graphisme des billets de banque) et de débattre sur les deux autres signes (drapeau et nom du territoire), plus sensibles à établir.
Le 26 juin 2008, date commémorative de la signature desaccords de Matignon, les choix définitifs pour l'hymne et la devise sont adoptés par legouvernement et présentés aux médias. Il s'agit alors :
hymne proposé :Soyons unis, devenons frères, de la chorale locale Mélodia, arrangé par le chef de chœurbulgare Plamen Tsontchev. Son refrain est chanté à la fois en français et ennengone,langue kanake parlée sur l'île deMaré proche dupolynésien et considérée comme l'une des plus faciles à maîtriser pour des non-locuteurs ;
Un premier échantillon de billets a également été présenté ce jour-là, le choix devant encore s'affiner. Enfin, ces signes devront encore être approuvés par leConseil d'État et par leCongrès avant de devenir officiels[169].
Ces trois propositions ont été adoptées par le Congrès le à travers une loi de pays.
La Nouvelle-Calédonie dispose aussi depuis de deux représentants auConseil économique, social et environnemental national. Il s'agit tout d'abord d'Octave Togna (FLNKS-UC etOuverture citoyenne), anciensénateur coutumier de l'aire coutumière Djubéa-Kaponé de 2010 à 2015, directeur fondateur de l'Agence de développement de la culture kanak (ADCK) et donc duCentre culturel Tjibaou de 1989 à 2006, fondateur en 1985 de la station indépendantisteRadioDjiido. Il est nommé en tant que personnalité qualifiée dans le domaine économique, social, scientifique et culturel, nommée par décret du Conseil des ministres à la demande du Premier ministre (alorsManuel Valls) le. Il remplace alors une personnalité qui lui est proche,Marie-Claude Tjibaou (FLNKS-citoyenne), veuve de l'ancien dirigeant indépendantisteJean-Marie Tjibaou et présidente du conseil d'administration de l'ADCK, qui avait été nommée par décret du Conseil des ministres à la demande du Premier ministre (alorsJean-Pierre Raffarin) en septembre 2004. Toutefois,Marie-Claude Tjibaou était conseillère économique et sociale depuis septembre 1999, ayant ainsi été auparavant membre du Groupe des représentants de l'Outre-mer de 1999 à 2004 après avoir été nommée par décret du Conseil des ministres sur proposition du secrétaire d'État chargé de l'Outre-mer d'alors (à savoirJean-Jack Queyranne).
Le second conseiller économique, social et environnemental représentant la Nouvelle-Calédonie est Didier Guénant-Jeanson, au titre du collège des représentants des activités économiques et sociales des départements et régions d’Outre-Mer, des collectivités d’Outre-Mer et de la Nouvelle-Calédonie. Auparavant secrétaire général de l'Union des syndicats des ouvriers et employés de Nouvelle-Calédonie (USOENC), première confédération syndicale néo-calédonienne en termes de représentativité, de 1998 à 2015, il est nommé par décret pris sur le rapport du ministre chargé de l'Outre-Mer (alorsGeorge Pau-Langevin) le. Il remplace Bernard Paul (Rassemblement-UMP), membre du Groupe de l'Outre-mer depuis sa nomination en Conseil des ministres sur proposition de la ministre de l'Outre-merBrigitte Girardin en septembre 2004. Il a été président du Conseil économique et social de Nouvelle-Calédonie d'avril 1998 à avril 2005.
L'État est représenté en Nouvelle-Calédonie par unhaut-commissaire de la République, qui a rang depréfet et est« nommé par décret du président de la République délibéré en Conseil des ministres » (Article 200 de la loi organique). Depuis l'Accord de Nouméa, les prérogatives du haut-commissaire sont nettement moindres qu'auparavant : seul chef de l'exécutif de 1989 à 1999, il se contente depuis lors de faire publier les lois de pays avec lecontreseing obligatoire du président du gouvernement. La loi organique définit son rôle, à l'article 200, ainsi rédigé :« Le haut-commissaire veille à l'exercice régulier de leurs compétences par les institutions de la Nouvelle-Calédonie et des Provinces et à la légalité de leurs actes ». Il est surtout chargé d'organiser et de gérer les services relevant des pouvoirs régaliens de l'État : les relations extérieures, le contrôle de l'immigration et des étrangers présents sur le Territoire, la monnaie (donc le Trésor public qui contrôle des recettes et des dépenses de l'État dans le territoire) et les changes, la défense (il peut ainsi notamment déclarer l'état d'urgence après avoir consulté le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie), mais surtout la justice, la fonction publique de l'État, ainsi que le maintien de l'ordre et de la sécurité civile. C'est le haut-commissariat notamment qui décide de déclencher les différents niveaux d'alerte en cas de cyclone et le haut-commissaire préside les cellules de crise en cas de catastrophes naturelles ou d’événements climatiques. Il est enfin président du Conseil des Mines[171]. Le haut-commissaire est actuellementJacques Billant, depuis le (nommé le9 avril précédent).
Le Haut-commissaire envoie pour le représenter et relayer les services du haut-commissariat des Commissaires délégués de la République (CDR), qui ont rang desous-préfets, dans trois subdivisions administratives qui correspondent aux trois Provinces. Ils ont respectivement leurs bureaux àLa Foa enProvince Sud (avec une antenne àNouméa) chargé essentiellement de traiter des dossiers relatifs aux communes de« Brousse », àKoné enProvince Nord (avec une antenne àPoindimié) et àWé surLifou pour lesÎles Loyauté[172].
Lesforces armées de Nouvelle-Calédonie (FANC) sont composées d'environ 2 000 hommes et femmes, dont220 civils, tous corps confondus mais horsservice militaire adapté (lerégiment du service militaire adapté de Nouvelle-Calédonie RSMA-NC emploie environ300 militaires inter-armes[173]) et horsgendarmerie (830 personnels,33 brigades territoriales plus celle deNouméa, deux hélicoptères Écureuil,500 véhicules et21 embarcations[174]). Elles sont dirigées par un commandant supérieur (COMSUP) qui a généralement au moins le grade degénéral de brigade. Depuis août 2009, il s'agit du général Olivier Tramond. Il est secondé par trois adjoints, un pour chaque armée (depuis 2008 colonel Hugues de Hauteclocque pour l'armée de terre, capitaine de vaisseau Philippe Long pour la marine et colonel Jean-Pascal Delcourt pour l'armée de l'air)
L'armée de terre en Nouvelle-Calédonie dispose de990 hommes et femmes répartis en sept compagnies et en trois bases du régiment d'infanterie de marine du Pacifique - Nouvelle-Calédonie (Plum auMont-Dore,Nouméa et Nandaï àBourail)[175].
Conformément à son statut institutionnel, la Nouvelle-Calédonie dispose de larges compétences internationales, reposant sur le principe de la « souveraineté partagée » instauré par l’accord de Nouméa. Il lui est ainsi possible, dans le respect des engagements internationaux de la France et sous le contrôle de l’État, de nouer des relations de coopération avec des États souverains du Pacifique, d’être membre à part entière d’organisations intergouvernementales régionales et de disposer de représentations officielles auprès de ces États et organisations. Dans ce cadre original, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie mène sa propre politique régionale, assise sur des relations bilatérales soutenues, une implication multilatérale reconnue et en plein développement.
Si les relations extérieures restent de la compétence de l'État français, le Territoire peut mener lui-même des actions de coopération régionale directe avec les pays voisins du Pacifique. Celle-ci n'a pris réellement forme que dans lesannées 1990, avec leVanuatu dans un premier temps, avec un premier accord relatif au développement de la coopération générale de cet État avec la Nouvelle-Calédonie le, suivi par une convention de coopération signée par l'État français, legouvernement de la Nouvelle-Calédonie et celui duVanuatu le, et de trois passées directement entre la Nouvelle-Calédonie et leVanuatu successivement le[182], le[183] et le[184]. Les relations avec l'Australie ont également été renforcées, notamment lors d'une visite officielle du 9 au d'une délégation emmenée par leHaut-commissaire de la RépubliqueYves Dassonville et le président dugouvernement de la Nouvelle-CalédoniePhilippe Gomès et comprenant huit personnes, dont les présidents des troisprovinces (Pierre Frogier,Paul Néaoutyine etNéko Hnepeune) et celui duCongrès (Harold Martin). Il s'agissait d'une première historique du fait du nombre de participants à ce déplacement. Ils rencontrent notamment lePremier ministreaustralien de l'époqueKevin Rudd. Le président dugouvernement, leHaut-commissaire et les trois dirigeants provinciaux signent avec le ministre australien de l'Environnement et des Arts une déclaration en faveur de la gestion durable de lamer de Corail le[185].
Photographie de groupe de participants de l'exercice militaire multinational« Croix du Sud » en 2025.
Depuis 1992, à la suite d'un accord militaire entre laFrance, l'Australie et laNouvelle-Zélande, les armées de ces trois pays (régulièrement rejointes par d'autres forces militaires de puissances régionales, dontcelles des États-Unis) mènent en Nouvelle-Calédonie tous les deux ans le plus vaste exercice d'entraînement aux interventions humanitaires et de gestion de catastrophes dans l'Océan Pacifique, l'exercice« Croix du Sud ».
Au début du mois d', legouvernement de la Nouvelle-Calédonie finalise avec leministère des Affaires étrangères àParis le processus de recrutement de « représentants consulaires », ou « délégués » (au début 2011 pour le premier, puis en 2018 pour les quatre autres, à travers des épreuves écrites et un grand oral), de formation (d'un an, de à pour le premier puis de à pour les quatre suivants, à l'IEP deParis en partenariat avec leQuai d'Orsay), puis de positionnement (à partir de et finalement dejuillet-). Ceux-ci sont chargés de porter la voix propre de la Nouvelle-Calédonie dans les cinqambassades françaises enOcéanie (enAustralie, enNouvelle-Zélande, auVanuatu, enPapouasie-Nouvelle-Guinée et auxFidji), comme prévu par l'Accord de Nouméa[189]. La première convention officialisant l’hébergement et l’installation d'un de ces « délégués » est signée le avec l'ambassade de France en Nouvelle-Zélande, le premier titulaire de ce poste étant ainsi Yves Lafoy[190]. La deuxième délégation de Nouvelle-Calédonie est ouverte à l'ambassade de France en Australie le, avec de nouveau Yves Lafoy comme premier titulaire[191]. Les quatre autres « délégués » sont nommés et certifiés le, devant rejoindre leurs ambassades d'affectation entrejuillet et, à savoir : Rose Wete auxFidji à partir du ; Gaston Wadrawane auVanuatu à partir du ; Cécilia Madeleine enNouvelle-Zélande à compter du ; Alexandre Lafargue enPapouasie-Nouvelle-Guinée à partir du[192].
Les gisements miniers de Nouvelle-Calédonie semblent convoités par laChine, qui d'après un rapport de l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire la considère comme une« cible prioritaire », et sur laquelle elle a notamment lancé une campagne de propagande intense visant à l'intégrer dans son réseau d'influence[193].
En Nouvelle-Calédonie, leclivage politique traditionnel depuis lesannées 1970 est celui qui oppose les courantsindépendantistes, généralement associés ou revendiqués comme étant degauche, aux courantsloyalistes, couramment assimilés ou revendiqués comme étant dedroite. Ce paysage se diversifie au fur et à mesure que l'enjeu est, plus que le statut de l'île, sa gestion, tandis que des formations aux dimensions ethniques se sont ajoutées à côté de ces deux grands blocs.
L'économie de la Nouvelle-Calédonie est l'une des plus fortes et des plus dynamiques de l'outre-mer français, avec un PIB estimé à 855,5 milliards defrancs CFP (7,165 milliards d'euros ; 9,8 milliards dedollars US) en 2012[197], soit un PIB par habitant particulièrement élevé de 3,342 millions F.CFP (28 005 € ; 38 735 USD) en 2012, supérieur à ceux de pratiquement tous les États et territoires du Pacifique insulaire (dont laNouvelle-Zélande) et comparable à ceux de la plupart des régions métropolitaines. La croissance économique a été de +3,9 % en 2010, +3 % en 2011 et +2,2 % en 2012[197]. Le taux de chômage a reculé de 18,7 % au recensement de 1996 à 14,0 % au recensement de 2009[200], avec cependant encore des écarts très marqués entre leGrand Nouméa (taux de chômage de 8,7 % en 2009) et les zones rurales à prédominance kanak (Province Nord : 27,8 % de chômage en 2009 ;Îles Loyauté : 32,4 % de chômage en 2009)[201].
Le dynamisme économique de la Nouvelle-Calédonie est lié aux ressources du sous-sol. La Nouvelle-Calédonie détient entre 20 % et 30 % des réserves mondiales connues denickel[202],[203]. Celui-ci a été initialement extrait de lagarniérite, minerai devant son nom àJules Garnier qui l'a découvert en 1864 sur l'île. La présence de ce minerai est due à des roches appeléesophiolites, constituées depéridotite altérée en serpentine, qui finit par donner de la garniérite[204]. Avec l'épuisement rapide de ce minerai, l'extraction du nickel se fait à partir deslatérites riches en nickel et pauvres en fer, comme lasaprolite, qui sont transformées enferronickel[205]. Avec la mise en œuvre récente de deux nouveaux projets métallurgiques (KNS et Vale Nouvelle-Calédonie), le nickel devrait contribuer pour 30 à 40 % duPIB local et faire travailler près de 12 % de la population active.
Si l'économie locale a souffert de la baisse des cours de ce métal dans lesannées 1990 et depuis le début desannées 2010, elle a connu, dans lesannées 2000, un élan économique particulièrement important, dû au redressement de ces cours (du fait de la hausse de la demande en fer, le nickel étant un composant qui entre dans la fabrication d'aciers inoxydables) mais aussi à l'important apport d'investissements liés aux deux grands projets de construction d'usine :Goro Nickel dans le Sud parInco et Koniambo dans le Nord par une coopération entre le groupe local des Sociétés des Mines du Sud Pacifique et le géant canadienFalconbridge. Le nickel représente le principal produit d'exportation (les produits miniers représentaient près de 94 % des exportations en 2006), sans pour autant être la ressource dominante au sein du PIB néo-calédonien (18 % en 2007).
Bassin d'élévage des crevettes à la station aquacole de Saint-Vincent (Boulouparis).
L'agriculture est relativement peu développée du fait du manque de terre cultivable et d'un mode de production resté largement vivrier, notamment dans le cadre de la culture traditionnelle par lesKanak destaros etignames. Le territoire doit donc importer des denrées alimentaires, faute d'autosuffisance (12 % des importations en 2006). L'élevage (surtout de bovins) par contre est particulièrement bien implanté, notamment dans les grandes plaines herbeuses et les savanes de la côte ouest de laGrande Terre, et permet à la Nouvelle-Calédonie d'être pratiquement autosuffisante dans son approvisionnement en viande. L'archipel ne fournit pratiquement pas de produits laitiers, il s'approvisionne chez les deux gros producteurs voisins : l'Australie et laNouvelle-Zélande. Enfin, l'aquaculture de la crevette est un secteur en développement et essentiellement destiné à l'exportation vers les marchés porteurs d'Europe ou duJapon.
Les autres sources de revenu du territoire sont :
le tourisme, en provenance deFrance métropolitaine, duJapon, d'Australie et deNouvelle-Zélande. Ce secteur reste encore largement embryonnaire (avec moins de 225 000 touristes accueillis en 2007, dont 120 000 croisiéristes) et ne représente que 4 % du PIB du territoire ;
les transferts financiers depuis la métropole, qui restent une donnée fondamentale, comme dans les autres territoires ultramarins, de l'économie calédonienne, représentant 16 % du PIB du territoire en 2007.
La création d'unetaxe générale à la consommation (TGC, équivalent d'uneTVA sur les biens et les services) a été adoptée en 2016, pour le lancement d'une marche à blanc le et une mise en place définitive en[206]. Il a également été institué une taxe sur les plus-values (immobilières et mobilières) en 2015. Il n'y a pas de taxe d'habitation[207]. Les habitants de passage en Europe sont considérés comme des habitants appartenant à un pays tiers et peuvent donc bénéficier de la détaxe (bon de détaxe remis par commercant) sur leurs achats personnels.
La Nouvelle‑Calédonie est l’un des principaux producteurs mondiaux de nickel, une ressource qui structure profondément son économie. En 2023, les réserves calédoniennes représentaient environ 25 % des gisements de nickel connus, et le secteur minier assurait autour de 20‑25 % de l’emploi salarié ainsi que près de 90 % des exportations du territoire. Toutefois, cette dépendance au nickel expose l’économie locale aux aléas des cours mondiaux, à la concurrence internationale et à des coûts énergétiques élevés[208].
La Nouvelle-Calédonie est fortement atteinte par les inégalités sociales ; les 10 % les plus riches ont un niveau de vie huit fois supérieur aux 10 % les plus pauvres[210].
Lesystème éducatif est presque identique à celui du reste de laFrance, avec quelques adaptations liées au statut. En particulier l'instruction obligatoire commence dès l'âge de cinq ans. Les programmes de l'enseignement primaire s'appuient sur unsocle commun de connaissances, de compétences et de valeurs très semblable à celui établi pour les autres parties de la République, mais le contenu pédagogique peut être enrichi par les différentes collectivités pour y intégrer les spécificités culturelles, historiques et géographiques de l'archipel. La formation des enseignants du primaire relève également des compétences locales. Lecalendrier scolaire diffère lui aussi car la Nouvelle-Calédonie (avecWallis-et-Futuna), fait correspondre ses « grandes vacances » avec la saison chaude (appelée encore « été austral »), ce qui fait que l'année scolaire ou encore universitaire s'échelonne de fin février ou début mars à la fin du mois de décembre, donc sur une année civile et non comme le calendrier métropolitain (courant alors de septembre à mai voire juin de l'année suivante).
Logo de l'université de la Nouvelle-Calédonie de Nouville.
Il y a de nombreux lycées publics en Nouvelle-Calédonie qui peuvent proposer des sections européennes en Province Sud, notamment aulycée Lapérouse[212], lycée Dick-Ukeiwé (ancien lycée du Grand Nouméa)[213] et lycée Jules-Garnier[214]. Mais il existe également d'autres établissements privés, catholiques ou protestants[215].
Concernant l'enseignement supérieur, seule l'université de la Nouvelle-Calédonie est présente sur le territoire et c'est pourquoi de nombreux étudiants quittent provisoirement la Nouvelle-Calédonie pour étudier à l'étranger malgré les multiples formations proposées par l'établissement.
En Nouvelle-Calédonie, l'énergie est produite dans l'archipel lui-même. Lasociété Le Nickel en consomme les deux tiers. Le fioul, le diesel, le charbon constituent une part significative des importations vers l'archipel. Quelques productions d'énergie renouvelable existent aussi.
Deux ans après laloi sur la transition énergétique pour la croissance verte votée en Métropole, la Nouvelle-Calédonie a interdit à son tour l’utilisation des sacs plastique à usage unique distribués aux caisses des magasins, et des sacs plastiques non bio-sourcés pour les fruits et légumes. Effective à partir de juillet 2019, la loi prévoit également l’interdiction des objets à usage unique (gobelets, verres, pailles) en septembre 2019[217].
L’extraction dunickel représente une activité extrêmement polluante. En conséquence, les émissions degaz carbonique par habitant de la Nouvelle-Calédonie sont presque aussi élevées que celles des États-Unis en 2013 et sont en augmentation. LaSociété Le nickel, entreprise en grande partie détenue par la multinationaleEramet, exploite la majorité de ces mines. Les infrastructures de l'entreprise sont ainsi régulièrement ciblées par des habitants, qui dénoncent les atteintes à l’écosystème, les risques de pollution et d’assèchement des rivières[218],[58].
La Nouvelle-Calédonie est absente duprotocole de Kyoto : laFrance ne l’intègre pas dans ses calculs d’émissions de CO2. Elle n’est pas non plus concernée par les engagements pris par la France dans le cadre de l’Accord de Paris[58].
Selon "Notre Monde en Données", le "Global Carbon Project", l'"Agence Calédonienne de l'Énergie", la Nouvelle-Calédonie en 2020 émet27 tonnes deCO2 par habitant(10,2 tonnes en 2000). LaFrance métropolitaine a émis 5,3 tonnes de CO2 par personne en 2017[219].
Les réseaux de transport en Nouvelle-Calédonie sont soumis à un certain nombre de contraintes géographiques : l'insularité, l'aspect relativement étendu de l'île principale, la présence de laChaîne centrale, lamacrocéphalie duGrand Nouméa. S'y ajoute l'absence d'alternative à la route dans les transports intérieurs, à l'exception des liaisons maritimes inter-îles. La Nouvelle-Calédonie possède plusieurs opérateurs de transport en commun publics, possessions soit du Territoire, soit desprovinces, soit descommunes. Il existe plusieurs réseaux de bus publics dont les plus importants en termes de trafic et en nombre de passagers restent ceux de la ville deNouméa (Karuïa Bus) et duGrand Nouméa (CarSud). Depuis 2016, des travaux urbains sont réalisées pour la création d'une ligneNéobus[220] qui relira leMédipôle à la place de la Moselle, c'est un des plus grands projets de transports en commun de la Nouvelle-Calédonie.
En 2018, la STMU[221] annonce officiellement la création du réseauTanéo qui réunit l'ensemble des transports du Grand Nouméa (Carsud,Karuia et leNéobus) ; ce réseau sera mis en place en septembre 2019. Le réseauTanéo s'équipera des dernières technologies de cartes de transport, comme des cartes sans contact permettant le paiement du transport dans l'ensemble de ce réseau.
En termes de transport aérien, trois compagnies locales ont été créées :Aircalin pour les vols internationaux,Air Calédonie (Aircal) pour les vols locaux etAir Loyauté pour les vols inter-îles ainsi que de Koumac, Touho et Belep depuis le1er avril 2018. L'Aéroport international de Nouméa-La Tontouta, situé sur le territoire dePaïta, est la principale porte donnant sur l'extérieur en tant que seul aéroport international de l'archipel. L'aéroport de Magenta, àNouméa, est la plateforme centrale du réseau domestique. Le réseau local est composé de neuf aérodromes dont les infrastructures ne peuvent accueillir que des avions court-courrier : l'île des Pins, l'île de Tiga, l'aéroport de Koné, de Maré (La Roche), de Lifou, d'Ouvéa et enfin celui de Nouméa-Magenta. Le déplacement entre les îles reste essentiellement effectué en bateau.
Ces communications internationales sont rendues plus rapides à partir de 1893 par le câble sous-marin télégraphique Bundaberg-Téoudié. La nouvelle de la première Guerre mondiale parvient ainsi àNouméa le. Puis, latélégraphie sans fil (TSF) à partir de 1925 (depuis la station de Nouméa à lapointe de l'Artillerie) et l'aéropostale à partir de 1931 relie encore ponctuellement à quelques destinations du monde, surtoutParis,Saïgon etPapeete. LaSeconde Guerre mondiale et la présence américaine à partir de 1942 permet d'améliorer technologiquement le réseau et de le relier à davantage de destinations. Puis le passage à laradiotéléphonie en 1959 puis de latransmission par satellite en 1976, avec l'inauguration de la station et de l'antenne deNouville, permettent de faire face aux besoins croissants de communications internationales de l'archipel et d'améliorer son désenclavement[222]. Cette même antenne, gérée par « France Câbles et Radio » (FCR) Nouvelle-Calédonie de 1986 à 2008, une filiale à 100 % deFrance Télécom, permet le développement d'Internet à partir de 1996 et de latélévision par satellite (avec un seul bouquet,Canalsat) en 1999.
Le, le câble sous-marin defibre optique reliant la Nouvelle-Calédonie à l'Australie,Gondwana-1, permet largement d'augmenter la vitesse du réseau Internet néo-calédonien, permettant le développement duhaut débit[224] et de latélévision numérique terrestre (TNT) à compter de. La Nouvelle-Calédonie fait possiblement partie des sites bénéficiant du passage d'un autre câble sous-marin de fibre optique,Hawaiki Cable(de), envisagé pour 2018 entre l'Australie et lesÉtats-Unis[225].
La gestion des équipements et des réseaux de communication en Nouvelle-Calédonie mais aussi avec l'international, comme l'opération de service que ce soit pour latéléphonie fixe ou mobile, laposte, Internet et les communications radiomarines font l'objet de monopoles de la part de l'Office des postes et télécommunications de Nouvelle-Calédonie (OPT-NC), mis en service en 1958, dépendant initialement de l'État français puis de la Nouvelle-Calédonie à partir de 2003. Seul le marché desfournisseurs d'accès à Internet (FAI) est ouvert à la concurrence avec cinq opérateurs (L@goon qui est une marque d'une filiale de l'OPT-NC[226],Nautile,Micro Logic Systems ditMLS,Can'L etInternetNC). En 2014, près de 54 % des ménages néo-calédoniens disposaient d'un téléphone fixe (près des deux tiers dans leGrand Nouméa mais seulement deux cinquièmes dans leSudrural, un tiers enProvince Nord, un cinquième auxîles Loyauté) et jusqu'à 94,5 % d'entre eux avaient au moins untéléphone mobile (taux partout supérieur à 90 %, il monte jusqu'à 96 % dans le Grand Nouméa). Et alors qu'en 2009 le taux d'accès à Internet n'était que de 37,7 % des ménages, il est monté à 57,3 % en 2014 (mais avec de grands déséquilibres, allant de 68,2 % dans le Grand Nouméa à 17,4 % aux îles Loyauté, 33,6 % dans le Nord et 38,4 % dans le Sud rural)[227].
Parcuisine de la Nouvelle-Calédonie on peut entendre :
d'une part les recettes traditionnelles issues de la minorité autochtoneKanak, notamment lebougna ;
d'autre part des recettes résultant d'un mélange d'influences des cuisines respectives des différentes ethnies en présence sur le territoire :
cuisine chinoise : notamment par l'utilisation importante desauce de soja appelée localement « soyo » qui se retrouve dans plusieurs plats mais utilisé aussi comme sauce notamment dans leriz (présent en accompagnement de la plupart des plats calédoniens) ou lespâtes ;
cuisine réunionnaise : surtout l'utilisation d'achards comme condiments, mais aussi le « carry », plat composé de curry et de chair (de crabe, de viande…) ;
cuisine française : utilisant des produits souvent non issus du terroir et nécessitant donc une importation mais tout de même consommés couramment qui sont, outre les fruits et légumes des zones tempérées, levin, lefromage, lepain et laviennoiserie (produit localement à partir de céréales essentiellement importées), labière (produite localement : laNumber One) ;
cuisine australienne ounéo-zélandaise et anglo-saxonne en général : notamment des produits d'importation utilisés dans l'alimentation courante comme des biscuits ou sucreries souvent plus consommés que ceux des marques françaises (le chocolat en poudreMilo par exemple, ou encore les biscuits du groupeArnott's tels que lesTim tam ou les Sao) ;
cuisine tahitienne et polynésienne en général :salade tahitienne,po'e à savoir un dessert polynésien à base de fruits tropicaux comme de la banane ou de la citrouille mélangé à de l'amidon de maïs ;
cuisine vietnamienne :nem vendus dans toutes les épiceries ou magasins d'alimentation, généralement tenus par des personnes d'origines asiatiques, et qui ont la particularité alors d'être plus longs que ceux généralement trouvés en Métropole.
On trouve donc, à côté de plats typiques de ces cultures, des recettes qui, modelées par le contexte pluriethnique, et y intégrant les produits du terroir, constituent un réel patrimoine culinaire local.
La gastronomie kanak se distingue par l’utilisation d’ingrédients locaux (igname,taro,manioc, taros,patates douces,bananes poingo,noix de coco,fruits de mer,poissons) cuisinés selon des savoir-faire ancestraux[228],[229]. Le plat emblématique, lebougna, est une préparation cérémonielle à base de viande (poulet, porc, poisson, roussette…) ou de crustacés, accompagnée de tubercules, le tout enveloppé dans des feuilles de bananier puis cuit à l’étouffée dans un four traditionnel de pierres chaudes, souvent enterré[230]. Il symbolise la convivialité, le partage et la transmission culturelle, ponctué de chants et de danses lors des festivités (comme les fêtes de l’igname). L'igname, tubercule sacré, rythme le cycle social de l’alimentation kanak et peut représenter jusqu’à 145 variétés[231]. Ces traditions culinaires sont étroitement liées aux pratiques agricoles et rituelles, faisant de la cuisine kanak un pilier de l’identité communautaire et de la culture néo-calédonienne[229].
les Archives territoriales dans la presqu'île de Nouville, à côté du campus[232],
Deux bibliothèques :
labibliothèque Bernheim, installée dans un bâtiment de style colonial ayant servi de pavillon de la Nouvelle-Calédonie lors de l'Exposition universelle de 1900 àParis, démonté et reconstruit àNouméa, en bordure du centre-ville, par l'homme d'affaires philanthropeLucien Bernheim pour servir de bibliothèque-musée à la colonie (à partir d'une collection de livres réunies entre 1871 et 1874 par le gouverneur de La Richerie). En 1971, lemusée est déplacé sur un site qui lui est propre, au Quartier-Latin, et la bibliothèque est agrandie d'un deuxième bâtiment en 1981[233]. Elle est attributaire dudépôt légal pour la Nouvelle-Calédonie etWallis-et-Futuna depuis 1996[234], et sert d'équivalent à unebibliothèque départementale de prêt pour cette collectivité,
la médiathèque municipale de Rivière-Salée a été ouverte en dans le quartier populaire dont elle tire son nom, au nord deNouméa[235],
lemusée de Nouvelle-Calédonie, créé en 1971 (comme musée territorial) à partir des collections jusqu'alors exposées à labibliothèque Bernheim et de divers apports, il est consacré à l'archéologie et à l'ethnologie des populations océaniennes, essentiellement de la populationkanake (sculptures anciennes, totems, masques funéraires, poteries, parures, bijoux, monnaies kanaks, sagaies, flèches faitières, reproduction de pirogues et d'une grande case installée dans sa cour intérieure) mais aussi avec des œuvres provenant d'autres sociétés insulaires du Pacifique, notamment dePapouasie-Nouvelle-Guinée,Wallis-et-Futuna,Vanuatu ouFidji[236].
le musée de la Ville deNouméa, fondé en 1996 et installé dans un bâtiment de style colonial récemment rénové, en bordure de laplace des Cocotiers. Celui-ci avait, par le passé, servi tout d'abord de local à la Banque Marchand, première banque locale, de 1874 à 1880, puis, après la faillite retentissante de cet établissement financier, d'hôtel de ville de 1880 à 1975[233]. Il accueille plusieurs objets retraçant l'histoire du chef-lieu de la Nouvelle-Calédonie de sa création en 1854 à nos jours, issus de plusieurs collections privées (dont celle de la Société Le Nickel), mais aussi deux expositions permanentes : une au sous-sol sur la Nouvelle-Calédonie dans laGrande Guerre et la seconde à l'étage sur laSeconde Guerre mondiale.
le musée duBagne, installé dans l'ancienne boulangerie en pierre du bagne sur la presqu'île de Nouville, qui passe pour être le plus ancien bâtiment construit par l'administration pénitentiaire sur ce site, a été créé par l'association « Témoignages d'un passé ». Il n'est pas ouvert en permanence, mais se visite à la demande et est le point de départ d'un tour guidé des différentes infrastructures du bagne de Nouville : la chapelle, les anciens ateliers qui abritent aujourd'hui le département de droit, économie et gestion de l'université de la Nouvelle-Calédonie, l'ancien magasin aux vivres devenu le théâtre de l'Île, l'ancien hôpital du marais et actuelCHS Albert-Bousquet, la ferme Nord et la laiterie[238].
Deux théâtres, gérés par le Centre d'Art de la Ville de Nouméa :
leThéâtre de l'île, ouvert en 2000 dans un édifice massif en pierre taillée du bagne de Nouville construit en 1875 pour servir de cathédrale (fonction qu'il n'a jamais remplie) et qui a été successivement un magasin aux vivres de la pénitentiaire, lieu d'élevage de vers à soie à partir de 1930, salle de bal, centre de regroupement des prisonniers à partir de 1940 et salle de cinéma et de spectacle à partir de 1970. Entièrement réaménagé par la ville deNouméa à partir de 1994 pour l'adapter aux normes acoustiques et d'organisation de l'espace (avec une salle de354 places et l'aménagement de coulisses) d'un théâtre moderne. Dominant la mer, il est voisin du campus et des archives territoriales[239],
le théâtre de Poche est une salle de spectacle de petite taille et au caractère intimiste, et fait partie des locaux du Centre d'Art installés en 1996 dans les bâtiments de l'ancienne prison civile, à côté du palais de Justice. Le Centre d'Art, outre des locaux administratifs, accueille également des salles d'expositions et de répétitions mises à disposition des troupes de théâtre, chorales ou autre associations artistiques affiliées à cette institution[240],
leCentre culturel Tjibaou, véritable vitrine tant au niveau local, régional qu'international de la culturekanake, installé dans un complexe monumental réalisé entre 1995 et 1998 près du site qui avait accueilli en 1975 le festivalMélanésia 2000 organisé parJean-Marie Tjibaou, en bord de mer à l'est deNouméa, à côté du quartier résidentiel et du golf de Tina. Il est l'œuvre de l'architecte italienRenzo Piano qui a pris le parti d'allier modernité etarchitecture vernaculaire dans un style devenu mondialement célèbre, notamment pour ses dix hauts bâtiments nervurés et effilés en bois et acier, figurant des cases traditionnelles stylisées. Géré par l'Agence de développement de la culture kanak, fondé par lesAccords de Matignon, et inauguré dans le cadre de la signature de l'Accord de Nouméa les 4 et, il comprend une salle de spectacle couverte de400 places en bois (salle Sissia), une scène en plein air, un sentier kanak qui fait l'office d'une visite commentée, des salles d'expositions, de cours d'initiation aux arts et techniques de fabrication d'ouvrages traditionnels, de récit de contes et légendes kanaks et une médiathèque.
le Conservatoire de musique de Nouvelle-Calédonie, ancienne École territoriale de musique (ETM), est installé dans l'ancien consulat britannique, grand bâtiment de style colonial datant duXIXe siècle situé dans le quartier de l'Artillerie Nord. L'École de musique deNouméa, créée en 1974, s'y installe avant de se transformer en l'ETM puis en Conservatoire. Outre des leçons instrumentales et de solfège, le Conservatoire abrite également un auditorium servant à accueillir des concerts et récitals de musique orchestrale, classique ou non (notamment dejazz), ou de chants (choral, lyrique, etc.), réalisés par des artistes locaux ou internationaux[241]. Le conservatoire organise également des cours en dehors du chef-lieu du territoire, auMont-Dore, àDumbéa,Païta,Boulouparis,La Foa,Bourail,Koné,Koumac etWé àLifou[242],
laFédération des Œuvres Laïques (FOL) qui dispose, au sommet de la colline dite du Sémaphore qui domine le centre-ville, d'un bâtiment accueillant une salle de spectacle (où ont lieu essentiellement des représentations théâtrales, des manifestations comme l'élection de Miss Nouvelle-Calédonie, la plupart des spectacles de fin d'année des écoles nouméennes et des spectacles d'artistes ou d'humoristes locaux, métropolitains ou internationaux) de550 places, et une salle d'exposition[243].
le Café musiques municipal « Le Mouv' », « monolithe habillé d'une résille en bois et en métal, comme une double peau » installé dans le parc municipal de Rivière-Salée au nord de la ville et inauguré en. Il consiste en une salle de concert de 200 m2 et de400 places et en une scène de 100 m2[244],
12salles de cinéma au sein dumultiplexeCinéCity, en bordure du port et du centre-ville, soit un bâtiment de 5 niveaux comprenant un espace dejeux d'arcade, de restauration et la billetterie au rez-de-chaussée, les salles dans les trois premiers étages et enfin les bureaux de la société Hickson qui gère ce cinéma au dernier étage. Toutes les autres salles (celles du Rex, duCity, l'autre cinéma Hickson àNouméa, duPlaza et duLiberty) ont toutes été démolies ou reconverties. Le choix des films reste généralement limité et retardé vis-à-vis des sorties internationales et françaises[245],[246].
Il existe toutefois également des infrastructures du même type disséminées dans le reste de la Nouvelle-Calédonie :
leMusée de Bourail, la Villa-Musée (reconstitution d'une maison traditionnelle de colon-éleveur) dePaïta et le Musée de la Mine deThio,
les centres culturels municipaux deDumbéa (servant surtout de salle de spectacle et des fêtes), Goa Ma Bouarate deHienghène, duMont-Dore (essentiellement salle de spectacle, pour des représentations théâtrales ou des concerts), les deux centres culturels provinciaux deKoné et Yeiwéné Yeiwéné situé dans la tribu deHnainèdre àMaré, le carrefour culturel deBourail, la maison de la culture de l'Île des Pins, le centre socio-culturel deLa Foa et le dock socio-culturel dePaïta,
la salle de spectacle municipale du Colisée deBourail,
Un projectionniste itinérant parcourt également les différentes tribus et villages de la « Brousse »[245].
Enfin, leChapitô[247] de Nouvelle-Calédonie est une structure itinérante de diffusion, de création et d’éducation des arts vivants, au sein d'un grandchapiteau.
La Nouvelle-Calédonie connaît une certaine diversité musicale, témoin de sa diversité culturelle.
LeKaneka est une forme musicale née au milieu des années 1980, lors des événements politiques qui ont secoué l'île.Le Kaneka trouve son origine dans le battement binaire produit sur un tronc d'arbre central lors du « Pilou », rythme traditionnellement utilisé lors des cérémonies tribales kanakes. Le Kaneka se mêle parfois, et de plus en plus, à des rythmiques et des mélodies proches dureggae, qui est également un style musical très populaire en Nouvelle-Calédonie et notamment auprès desKanaks. De nombreuses figures internationales dureggae ont donné des concerts en Nouvelle-Calédonie :Jimmy Cliff,Israël Vibration ou encoreThe Wailers.
La population européenne, et surtout les Caldoches de Brousse, ou « Broussards », ont développé aussi un style musical assez typique mêlant des expressionscaldoches et une musicalité essentiellement empruntée à lamusique country.
À cela s'ajoutent les musiques traditionnelles des autres communautés, et surtout l'ensemble des styles musicaux importés deTahiti :tamure mais aussi la valse tahitienne (valse à deux temps)…
À côté de cela se développe de plus en plus des groupes dejazz,musique soul ourock. Des festivals musicaux se sont multipliés depuis les années 1990 et 2000 : le festivalLive en août[248] créé en 1991 par laGrande Brasserie de Nouvelle-Calédonie (GBNC) initialement pour mieux faire connaître les musiciens de jazz du territoire sous le nom deJazz en août avant de prendre sa dénomination actuelle en 1998, il réunit des groupes locaux et internationaux (essentiellement de la zone Pacifique toutefois, notamment australiens ou néo-zélandais) dejazz,rock,soul etfolk (notamment irlandaise) dans les bars, bistros, tavernes et restaurants essentiellement àNouméa mais de plus en plus sur l'ensemble du Territoire. Le festivalFemmes funk[249], créé en 1997 essentiellement pour promouvoir les artistes féminines de la zone Pacifique (mais pas seulement), organise sur un site à la fois des concerts d'artistes internationaux (soul,jazz,reggae,bossa nova,rock,slam,kaneka,hip-hop…) accompagné d'ateliers enfants ou d'initiation à l'artisanat traditionnel, tout d'abord surNouméa (généralement quatre jours sur le site duCentre culturel Tjibaou) puis en brousse à la fin du mois de septembre et au début du mois d'octobre. Enfin, du 8 au ont eu lieu, sur le site duCentre culturel Tjibaou àNouméa, les premièresFrancofolies de Nouvelle-Calédonie, marquant une nouvelle exportation de cefestival musical créé en 1985 àLa Rochelle. Les têtes d'affiches de cette première édition ont étéYoussoupha,Cali,Miossec,LEJ,Claudio Capéo,Black M,Boulevard des Airs etHubert-Félix Thiéfaine, aux côtés d'artistes locaux comme Édou. 6 à 7 000 visiteurs ont alors été attendus[250].
Si la Nouvelle-Calédonie s'est dotée de nombreuses salles de spectacles ou de concert, dont celles du Conservatoire, du café-musiqueLe Mouv' de Rivière-Salée et celles plus importantes de la salle Sissia duCentre culturel Tjibaou ou de la Fédération des Œuvres laïques (F.O.L), auxquelles s'ajoutent des salles en brousse (le centre culturel du Mont-Dore, le colisée de Bourail…). Mais elles restent de capacité réduite, et aucun espace adéquat pour accueillir des concerts plus importants n'a été jusqu'ici clairement délimité (ces dernières années, la plupart d'entre eux s'organisaient sur la presqu'île de Nouville à Nouméa, sur la plaine du Kuendu Beach). La construction d'une grande salle de concert est néanmoins en projet.
La Nouvelle-Calédonie a produit plusieurs écrivains dont le plus célèbre localement resteJean Mariotti[251]. Ses principales œuvres sont surtout :
Les Contes de Poindi, recueil de contes inspirés de légendes kanakes, publié en 1939 puis revu et corrigé en 1941 et traduit en anglais, en allemand et en slovaque notamment ;
Takata d'Aïmos[252], roman fantastique lui aussi inspiré d'une légende traditionnelle kanake[253] ;
Remords[254], roman psychologique sur les bagnards[255] ;
À bord de l'incertaine, récit de fiction se situant dans un pays imaginaire mais inspiré de son enfance dans le petit village calédonien deFarino[256] ;
Le Dernier voyage du Thétis, éd. Stock, Paris, 1947, recueil comprenant sept nouvelles :Le Dernier Voyage du Thétis,Paysage,Le Porto du Drafn,Toi y'en a monnaie ?,Simple histoire,L'épopée accidentelle,Nuit calédonienne[257] ;
également plusieurs ouvrages sur l'histoire, la géographie ou l'économie de la Nouvelle-Calédonie.
La Nouvelle-Calédonie a également vu naître ou a accueilli plusieurs auteurs renommés, en inspirant fortement tout ou partie de leur œuvre. C'est le cas notamment deFrancis Carco, qui a passé ses dix premières années sur le Territoire, ou encoreA. D. G., auteur deroman noir resté célèbre pour ses idées d'extrême droite véhiculées dans ses livres et pour avoir été témoin de la période de la montée de l'indépendantisme puis des évènements des années 1980.
Pour ce qui est de la littérature kanake, les auteurs les plus représentatifs restentDéwé Gorodey, actuellement membre du Gouvernement local chargé de la Culture, ou encore l'écrivain, poète et dramaturge Pierre Gope[258]. Une de ses pièces,Les Champs de la Terre, fable poétique inspiré du folklore calédonien et surtout kanak, a ainsi été représentée auFestival d'Avignon en 2006 et a fait ensuite l'objet d'une tournée en Europe.
De plus, l'un des auteurs calédoniens les plus prolifiques aujourd'hui estNicolas Kurtovitch[259], président fondateur depuis 1996 de l'Association des écrivains de Nouvelle-Calédonie, et dont le recueil de poésieLe Piéton du dharma[260] a reçu le prix dusalon du livre insulaire d'Ouessant, catégorie poésie[261]. On lui doit surtout des recueils de poésie, mais aussi un roman :Good night friends[262],[263], ainsi que plusieurs pièces de théâtre dont une en collaboration avec Pierre Gope :Les Dieux sont borgnes[264].Frédéric Ohlen est un autre poète réputé, auteur de quatre recueils qui allient profondeur du message et acuité de la forme[265]. Le plus récent,La Lumière du Monde[266], a reçu le prix du gouvernement au Salon international du livre océanien (SILO 2005).
En 1996 a été créé le prix Livre Mon Ami, décerné par des enfants âgés de9 à 13 ans vivant en Nouvelle-Calédonie à un ouvrage delittérature d'enfance et de jeunesse de parution récente et de langue française. L'auteur qui remporte le prix est ensuite invité à se rendre en Nouvelle-Calédonie pour rencontrer ses jeunes lecteurs.
La Brousse en folie deBernard Berger permet de découvrir les singularités de la société néo-calédonienne à travers une expression humoristique accessible à tous. Cette série de bande dessinée, née en 1984, est chaque année parmi les plus gros succès d'édition de l'île.
L'architecture traditionnellekanak comprend uniquement la case, véritable symbole de l'organisation de la société. Il en existe de plusieurs types : à la fois lieux des cérémonies ou palabres (grande case du clan ou des districts desÎles Loyauté, les plus représentatives et les plus chargées de symbolisme), d'habitat (avec des cases ordinaires pour les femmes) ou de stockage (greniers à igname). Ronde (forme qui représente un espace collectif de vie, propice aux palabres, aux échanges et au maintien d'un esprit communautaire) avec un toit conique offrant souvent une forte pente (pour permettre l'écoulement des eaux de pluie, tandis que la forme aérodynamique générale de l'édifice permet une forte résistance aux vents violents quelle que soit leur direction), elle est souvent construite, notamment sur laGrande Terre où les inondations sont courantes, sur un tertre surélevé par rapport au terrain naturel pour échapper aux dégâts des eaux. Sa construction n'utilise que des matériaux végétaux : murs et « pré-couverture » du toit (kötu en Xârâcùù)[267] en peau deniaouli (élément particulièrement étanche) généralement (et dans certaines régions avec dupandanus ou ducocotier), couverture du toit enpaille (bon isolant qui permet de maintenir une température ambiante constante et douce tout au long de l'année, même en période de fortes chaleurs), attaches de la structure avec deslianes (rendent l'édifice flexible et donc résistant aux intempéries) et éléments importants (flèche faîtière, poteau central, poteaux de tour de case, chambranle, linteau de la porte) en bois dehoup (arbre endémique de la Nouvelle-Calédonie, séculaire, représentant l'origine des clans et dont le bois est sacré). Chacune des pièces sculptées a une symbolique particulière[268],[269],[270] :
la flèche faîtière, qui domine la case, représente le « frère aîné », à savoir le chef de clan, ou, auxÎles Loyauté, le grand chef du district, et se compose d'un visage central, d'un tronc pied qui la rattache au sommet de la case et d'une partie supérieure qui représente la spécificité du clan (percée d'unetoutoute souvent pour les clans dits « de la mer », surmontée sinon d'un animal totémique ou d'une coiffe particulière). Elle est enlevée lorsque le « frère aîné »/grand-chef meurt et remplacée par celle de son successeur. Elle est devenue aujourd'hui l'un des principaux emblèmes de l'identitékanak (surtout sous sa forme percée d'unetoutoute) et est présente aussi bien sur ledrapeau indépendantiste kanak, les pavillons desProvinces des Îles Loyauté etNord, le logo dugouvernement local et, plus largement, le blason de la Nouvelle-Calédonie ;
le poteau central, qui supporte la structure, c'est contre lui que s'adosse le « frère aîné »/grand-chef et autour s'assoient ses « cadets » (chefs des clans qui composent le district auxÎles Loyauté ou des lignées mineures d'un clan). Il est souvent sculpté, avec des images retraçant l'histoire orale du clan ou le symbolisant. Selon les endroits, il représente le « frère aîné » ou bien le sorcier - ministre chargé du maintien des rites qui assurent le pérennité du clan. Entre lui et l'entrée est aménagé, à même le sol, un foyer qui a une double fonction : réchauffer l'intérieur durant les moments les plus frais de l'année, et préserver l'ossature et le bois contre le pourrissement et les termites par la fumée ;
les poteaux de tour de case représentent les clans/lignées « cadettes » dépendant de celui du grand-chef/« frère aîné » : ils rappellent ainsi qu'ils sont le support de l'unité du district/clan, et que sans eux celui-ci s'effondre. Ils comprennent généralement un visage central ;
les chambranles qui entourent la porte, ils symbolisent les esprits protecteurs du district/clan dont le visage est représenté ;
Lacolonisation de peuplement à partir du milieu duXIXe siècle a permis le développement d'un style architectural résidentiel particulier dit des « maisons coloniales » qui se retrouve, avec certaines variantes, dans d'autres anciennes colonies françaises (Réunion,Antilles,Polynésie française,Indochine) ou anglo-saxonnes (dans les États du Sud desÉtats-Unis ou l'Inde). Bien que de factures variables, elle offre généralement un certain charme et un élément identitaire important pour les populations locales, notamment d'origine européenne ouCaldoches, qui poussent pour leur préservation. Toutefois, les intempéries (notamment les cyclones), l'usure (rouille des toits, pourrissement et attaque de termites sur les éléments en bois) ou divers projets immobiliers ont entraîné la disparition de la plupart de ces maisons. Présentes dans la plupart des communes ayant connu une certaine implantation européenne, surtout sur la côte ouest, les plus célèbres et représentatives restent l'ancienne Banque Marchand ou Ancienne Mairie (première banque locale de 1874 à sa faillite retentissante pour la colonie en 1880, avant de servir d'hôtel de Ville de 1880 à 1975 et reconverti en 1996 en Musée de la Ville[233]), la Maison Cellières du Faubourg Blanchot (délabrée depuis le décès de sa dernière propriétaire en 1995 et « squattée » par plusieurs familles pendant des années, elle a été rachetée par un promoteur qui a eu la charge, en échange de la construction d'un immeuble sur une partie du terrain, de la reconstruire à l'identique de l'originale), le « château Hagen » ou encore le bâtiment historique de laclinique Magnin à la Vallée des Colons pourNouméa, le « Château Grimigni » àPouembout. Elles comprennent généralement[271] :
un corps principal, salles de détente, salon d'été, salle à manger, chambres, et agrémentée sur l'avant, ou tout autour de la bâtisse, d'unevéranda protégée d'une contre-pente avec frise de tôle découpée en pointe. Les murs sont percés d'assez larges fenêtres ou baies, aveccroisillons,persiennes ouverrières multicolores. Il y a souvent un étage avec des chambres ou plus généralement un grenier (remise à meuble ou, en milieu rural, entrepôt de produits de la ferme), parfois lui aussi doté d'unevéranda ornée degarde-corps de paliers ouvragés. Le toit en tôle à quatre pans enpignon (quelquefois avec un faux-pigeonnier) et surmonté de faux-pinacles ou faux-paratonnerres. Les maisons les plus travaillées disposent demarquises au-dessus des portes ou des fenêtres. Le sol est en plancher ;
une ou plusieurs annexes servant de caves (cellier, réserve à denrées,mûrisserie), d'ateliers ou d'abris pour les outils ou les matériaux, de cuisine qui sont ainsi généralement séparées du bâtiment principal, de sanitaires, debuanderie, de logements pour les employés de maison ou ouvriers agricoles.
La pratique dusport est assez répandue en Nouvelle-Calédonie, île dont les paysages variés offrent de multiples possibilités d'activités sportives et de plein air, en plaine, enmontagne et dans leslagons. Si cette pratique n'est pas aussi répandue qu'enFrance, certaines disciplines qui se retrouvent auxJeux du Pacifique sont beaucoup pratiquées par les Néo-calédoniens. La Nouvelle-Calédonie est le territoire le plus titré, autant en nombre total de médailles qu'en or, auxJeux du Pacifique Sud (devenus depuis2011 simplement les Jeux du Pacifique) et aux Mini-Jeux du Pacifique. Elle a organisé à trois reprises cette manifestation régionale : en1966, en1987 et en2011. Chacun de ces Jeux a été l'occasion d'importants chantiers d'infrastructures menés par les pouvoirs publics, surtout concentrés dans leGrand Nouméa[272]. Ayant servi également de cadre à plusieurs compétitions internationales en sport nautique par le passé, l'archipel a notamment accueilli une des étapes annuelles duKite Surf Pro[273].
↑La solution controversée de deux drapeaux (tricolore français etdrapeau de Kanaky) a reçu le soutien duPremier ministre,François Fillon, venu à Nouméa en juillet 2010, et a fait l'objet d'un vœu du Congrès calédonien[1]. Elle s'écarte cependant de la procédure législative prévue par l'accord de Nouméa, lequel recommande en outre l'élaboration d'un seul drapeau, illustrant la communauté de destin.
↑Depuis le recensement de 2009, de nombreux Calédoniens d'origine européenne ont choisi de ne plus cocher la case de la communauté "Européenne" mais de se déclarer "Calédonien(ne)" ou de ne déclarer aucune communauté. Les non-déclarés et ceux se déclarant "Calédoniens" représentaient 7,5 % de la population au recensement de 2019.
↑Personnes ayant coché la case "Autre" communauté et ayant écrit dans la case "Précisez" en dessous autre chose que "Calédonien(ne)"
↑Personnes ayant coché la case "Autre" communauté et ayant écrit "Calédonien(ne)" dans la case "Précisez" en dessous
↑Les résultats du recensement de 2019 publiés à ce jour agrègent ceux qui se sont déclarés "Calédoniens" et ceux qui n'ont déclaré aucune communauté, sans donner la ventilation entre les deux.
↑Personnes n'ayant coché aucune case dans la rubrique des communautés d'appartenance du bulletin de recensement, pas même la case "Autre" communauté.
↑Dorothy Shineberg, « Un grand français et un grand calédonien - James Paddon »,Bulletin de la Société d'Etudes Historiques de la Nouvelle-Calédonie,no 12,3e trimestre 1972, p1-4.
↑En fait, c'estEdmond de Bovis qui mène l'opération car l'amiral, fort malade, ne quitte guère son carré. Voir à ce sujet : Préface de Patrick O'Reilly,État de la Société tahitienne à l'arrivée des Européens d'Edmond de Bovis.
↑Frédéric Angleviel,De La Poussière Au Bitume : Du Sentier Kanak à la Savexpress. 150 Ans de Routes Calédoniennes, Nouméa, Agence concept,, 102 p., p. 15.
↑Alban Bensa et Isabelle Leblic,En pays kanak. Ethnologie, linguistique, archéologie, histoire de la Nouvelle-Calédonie, Les Editions de la MSH,,p. 217.
↑Louis-José Barbançon,L'archipel des forçats : histoire du bagne de Nouvelle-Calédonie, 1863-1931, Presses Univ. Septentrion,,p. 129.
↑"Histoire des Arabes et Berbères de Nouvelle-Calédonie" de Louis-José Barbançon et Christophe Sand- Ed : Association des Arabes et Amis des Arabes de Nouvelle-Calédonie. 2013
↑Joël Dauphiné en fait un récit détaillé dans son livre intituléCanaques de la Nouvelle-Calédonie à Paris en 1931 - de la case au zoo (éd. L'Harmattan - 1998), ainsi queDidier Daeninckx dansCannibales.
↑« Nouvelle-Calédonie : les émeutes, révélatrices d’une fracture entre le monde kanak et l’institution judiciaire »,Le Monde.fr,(lire en ligne, consulté le).
↑« Nouvelle-Calédonie : aux obsèques de la jeune Kanak tuée le 15 mai, « la lutte continue » »,Le Monde.fr,(lire en ligne, consulté le).
↑« Nouvelle-Calédonie : un huitième mort après une fusillade entre des gendarmes et des indépendantistes survenue lundi »,Le Monde.fr,(lire en ligne, consulté le).
↑« Nouvelle-Calédonie : l’état d’urgence levé mardi matin à Nouméa avec l’objectif de renouer le dialogue »,Le Monde.fr,(lire en ligne, consulté le).
↑Slogan touristique assez répandu, il a été repris dans un livre de vulgarisation océanographique publié par l'IRD comprenant plus de500 photographies du lagon calédonien et préfacé par Luc Besson : P. Laboute, M. Feuga, R. Grandperrin,Le Plus Beau lagon du monde, éd. Alizés, Nouméa, 1991, 272 p., réédité en 1999 par les éditions Catherine Ledru.
↑AlainGuille, PierreLaboute et Jean-LouisMenou,Guide des étoiles de mer, oursins et autres échinodermes du lagon de Nouvelle-Calédonie, ORSTOM,, 244 p.(lire en ligne).
↑Borsa P., Philippe A. et Le Bouteiller A., « Oiseaux marins des atolls d’Entrecasteaux (parc naturel de la mer de Corail) : bilan des observations des deux dernières décennies »,Bulletin de la Société zoologique de France,vol. 146,,p. 175-188(HALird-03499525v1,lire en ligne[PDF]).
↑Borsa P., « Avifaune marine des îles Chesterfield (mer de Corail) : richesse spécifique, tailles de population, menaces et tendances sur les trois dernières décennies »,Bulletin de la Société zoologique de France,vol. 146,,p. 111-122(HALird-03494685v1,lire en ligne[PDF]).
↑L'orthographe « canaque » est considérée comme désuète, péjorative et colonialiste.
↑"De 1892 à 1919, environ 5 500 travailleurs japonais ont été recrutés par des compagnies minières en Nouvelle-Calédonie" :Journal de la société des Océanistes, 2012-2, Yann Bencivengo, "L’immigration japonaise en Nouvelle-Calédonie"[1].
↑« Référendum en Nouvelle-Calédonie: pourquoi les «Zoreille» n'ont pas le droit de voter »,Slate,(lire en ligne).
↑Brigitte Whaap, Malia-Losa Falelavaki et Nicolas Fasquel, avec F.T., « Selon le FLNKS, les Kanak majoritaires sur la liste référendaire »,Nouvelle-Calédonie La 1re,(lire en ligne).
↑AlbanBensa et EricWittersheim, « En Nouvelle-Calédonie, société en ébullition, décolonisation en suspens : Un statut transitoire qui s’éternise »,Le Monde diplomatique,(lire en ligne).
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Frédéric Angleviel, « De l'engagement comme « esclavage volontaire ». Le cas des Océaniens, Kanaks et Asiatiques en Nouvelle-Calédonie (1853-1963) »,Journal de la Société des Océanistes,,p. 65-81(lire en ligne).
Frédéric Angleviel,Histoire de la Nouvelle-Calédonie : Approches croisées, Les Indes savantes,, 307 p.
AlexandreJuster,L’histoire de la Nouvelle-Calédonie en 101 dates, Roquebrune-sur-Argens, Éditions de Moana,, 177 p.(ISBN978-2-9556860-3-4,lire en ligne).