Il s'agit de la seule provincebilingue, avec lefrançais et l'anglais comme langues officielles. Elle est bordée par leQuébec au nord, legolfe du Saint-Laurent au nord-est, laNouvelle-Écosse à l'est, labaie de Fundy au sud-est, et elle partage également une frontière avec l'État duMaine, auxÉtats-Unis au sud-ouest. La province est boisée à 83 %, et sa moitié nord est occupée par lesAppalaches. Son climat estcontinental, avec des hivers neigeux et des étés tempérés.
Le roiGeorgeIII.Panneau routier bilingue de bienvenue au Nouveau-Brunswick.
Le Nouveau-Brunswick est nommé ainsi en l'honneur deGeorgeIII (1738-1820),roi de Grande-Bretagne de 1760 à sa mort et aussi duc de Brunswick[4],[5]. Leduché de Brunswick-Lunebourg correspond en partie à l'actuelleBasse-Saxe, enAllemagne. Il tire son nom de la ville deBrunswick,Braunschweig enallemand standard. Selon la tradition orale, la localité est créée à partir de deux villages, dont l'un est fondé en 861 par le comteBruno de Saxe[6],[7]. Le toponyme actuel serait une combinaison du nom Bruno et du motbas allemandwik, signifiant un endroit où les marchands se reposent et entreposent leurs biens ; le nom de la ville signifierait ainsi qu'il s'agit d'un lieu de passage idéal. Une autre explication veut que le nom de la ville provienne du motBrand, ou brûler, faisant allusion à un endroit s'étant développé surbrûlis[8]. Le toponyme de la ville fut mentionné pour la première fois en 1031, sous la formeBrunesguik[7].
LesMicmacs et lesMalécites n'ont pas l'habitude de donner de noms aux vastes étendues de terre[9]. La colonie française d'Acadie, regroupant le territoire actuel desProvinces maritimes, est fondée en 1604. Il se peut que son nom provienne de celui de l'Arcadie, enGrèce, que l'explorateurGiovanni da Verrazzano a donné en 1524 à lapéninsule de Delmarva, ou des mots micmacscadie (« terre fertile ») oualgatig (« lieu de campement ») ou encore dumalécite-passamaquoddyquoddy (« endroit fertile »)[10]. La région correspondant au Nouveau-Brunswick était appelée l'Acadie continentale ou l'Acadie occidentale.
William Alexander renomme ce territoireNew Alexandria (Nouvelle-Alexandrie) en 1624 mais ce nom n'a pas survécu[11]. La colonie est officiellement renommée Nouvelle-Écosse en 1713, à la suite de la conquêtebritannique. La partie continentale reçoit le nom de Nouveau-Brunswick en 1784, lorsqu'elle est séparée de la Nouvelle-Écosse.New Ireland (Nouvelle-Irlande) est auparavant proposé en 1778 par le sous-secrétaire d'État William Knox mais refusé parce que « l'Irlande n'était pas dans les bonnes grâces de la royauté »[4].Pittsylvania (Pittsylvanie) est l'un des autres noms proposés, en l'honneur deWilliam Pitt (1759–1806),Premier ministre du Royaume-Uni de 1783 à 1801 et de 1804 à 1806[4].
Latoponymie néo-brunswickoise respecte des règles générales à la francophonie mais dispose de nombreux génériques (noms communs) uniques ou ayant un usage différent, dont aboiteau, barachois, bogan, buttereau, côte, mal baie, mocauque, padou, placer, platin, pointu et rigouèche ; la variété est encore plus grande en anglais, avec des termes commechockey,cove,guzzle,oxbow,pug hole,rips etstretch. La toponymie est le fruit de plusieurs millénaires d'histoire amérindienne, acadienne et britannique ; son principal spécialiste est Alan Rayburn[12]. La Commission de toponymie du Nouveau-Brunswick, fondée en 2009, étudie les demandes de création et de modification des toponymes ; certains de nature discriminatoires ont été changés depuis lors tandis que des noms anglicisés ont été rétablis en français[13].
Le nom de la province seprononce /nuvobʁɔnzwik/. Le Nouveau-Brunswick est surnommé la « province aux mille panoramas »[14].
Le Nouveau-Brunswick est de genre masculin. Lorsqu’on utilise le mot « province », il est d’usage d’écrire « La province du Nouveau-Brunswick » comme avec les autres mots, par exemple, "Le gouvernement du Nouveau-Brunswick". Son abréviation est: N.-B. et il est le quatrième lorsqu'on ne précise pas l'ordre à suivre, étant donné qu'il est la quatrième des provinces et territoires à faire son entrée dans la confédération[15].
Le Nouveau-Brunswick est situé dans l'Est du Canada, à la fois dans les provinces maritimes et dans lesprovinces de l'Atlantique. Lamer est en effet omniprésente, aucun point du territoire n'étant à plus de180 kilomètres du littoral. Le Nouveau-Brunswick est bordé au nord par labaie des Chaleurs, à l'est par legolfe du Saint-Laurent et ledétroit de Northumberland et au sud par labaie de Fundy. La province partage une frontière avec l'État américain duMaine à l'ouest, avec le Québec au nord-ouest et la Nouvelle-Écosse au sud-est, avec laquelle elle est reliée par l'isthme de Chignectou. Il y a également une frontière maritime avec l'Île-du-Prince-Édouard, mais un pont les relie. Il y a seulement desdouanes à la frontière américaine.
Le relief est dominé par lesAppalaches. Les principaux sommets sont situés dans le Nord-Ouest et le point culminant, lemont Carleton, est haut de 820 mètres[17]. Le centre et l'Est de la province comptent des collines aux pentes douces alors que le Sud compte des collines aux pentes abruptes, notamment lescollines Calédoniennes. L'extrémité sud-est, à la frontière avec la Nouvelle-Écosse, est occupée par uneplaine.
Aucun lieu n'est situé à plus de 180 kilomètres de la mer. Les côtes sont longues de 2 269 kilomètres[18]. Le grand nombre de cours d'eau a déterminé l'emplacement de la plupart des localités, en plus de permettre un développement précoce de l'économie. Il y a de nombreux lacs dans le Sud, dont le principal est leGrand Lac, avec ses 30 km de long[17].
La majeure partie du territoire fut formée durant lePaléozoïque, en tant que portion d'une formation plus grande s'étendant du Sud-Est desÉtats-Unis àTerre-Neuve. Les roches du Nord et de l'Ouest de la province ont été formées en grande partie par des dépôts de sédiments marins durant l'Ordovicien. Ces roches ont ensuite subi des intrusions granitiques avant d'être recouvertes de couches delave. L'activité volcanique et les tremblements de terre ont atteint leur sommet il y a environ 350 millions d'années, durant l'orogenèse acadienne. Les roches du centre et de l'Est se sont surtout formées à la fin duCarbonifère, il y a environ 300 millions d'années, dans les rivières, les marécages et les lacs peu profonds[17].
Le territoire bénéficie d'unclimat continental adouci par la proximité de l'océan Atlantique. LeMadawaska, dans le Nord-Ouest, a le climat le plus rigoureux, où la température est inférieure à la moyenne provinciale de plusieurs degrés et où le tiers des précipitations tombent sous forme deneige. Les régions côtières sont plus chaudes l'hiver et sensiblement plus fraîches l'été tandis qu’elles ne reçoivent que 15 à 20 % de leurs précipitations sous forme de neige. Dans le Nord-Ouest, le nombre moyen de jours sans gel est de 100, alors qu'il est de 125 au bord de la baie de Fundy, dans le Sud[17].
Les nombreux barrages et ponts-jetées sont reconnus comme étant une menace environnementale. Larivière Petitcodiac, entravée parson pont-jetée depuis 1969, a été rouverte au libre cours de l'eau en 2010 et son écosystème se reformerait selon les premières observations. Larivière à l'Anguille (Eel) bénéficia de la même mesure plus tard dans l'année.
La population dechevreuils dans la province a chuté de 70 % depuis 1985[21].
Depuis 2014, le gouvernement du Nouveau-Brunswick permet aux entreprises forestières d’y récolter 20 % de bois de plus qu’auparavant[21].
Il y a huit cités au Nouveau-Brunswick. Saint-Jean possède la plus grande population à l'intérieur de la ville même : 70 063 habitants contre 69 074 pour Moncton. Cependant leGrand Moncton est laplus grande agglomération de la province avec 138 644 résidents contre 127 761 pour Saint-Jean. (Tout chiffre selon le recensement canadien de 2011). Fredericton est la capitale et la troisième ville en importance de la province.
Le territoire est habité depuis au moins dix mille ans, à l'origine par lesPaléoaméricains. Les Micmacs, lesMalécites et lesPassamaquoddys leur ont succédé durant les millénaires, une partie de la préhistoire est en effet inconnue. Les Micmacs habitaient à l'origine l'Est et le Nord du Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l'Île-du-Prince-Édouard et la côte sud de la Gaspésie. Les Malécites occupaient la vallée du fleuve Saint-Jean tandis que les Passamaquoddys résidaient au bord de larivière Sainte-Croix[25].
Des pêcheurs basques, bretons et normands visitèrent la région à partir duXIIIe siècle.Jacques Cartier mit pied àMiscou et explora le littoral de labaie des Chaleurs, en 1534. Les autochtones font du commerce avec les Européens, ce qui les rend dépendants de leur technologie tout en les exposant aux maladies[25].
L'Acadie est fondée en1604 parSamuel de Champlain etPierre Dugua de Mons à l'île Sainte-Croix, dans le Maine actuel, tout près du Nouveau-Brunswick. La colonie est abandonnée l'année suivante en raison des conditions de vie difficiles, et déplacée àPort-Royal dans l'actuelle Nouvelle-Écosse. Les Micmacs aident les Français à survivre et accueillent ceux restant dans la colonie après 1610[25].
Ces derniers explorèrent le reste de la région durant les années suivantes. Le Fort Sainte-Marie, aussi appelé La Tour, fut fondé en 1631 parCharles de Saint-Étienne de La Tour au bord du fleuve Saint-Jean. C'est le premier établissement permanent français. Charles de Menou d'Aulnay attaqua le fort. Après un siège de quatre jours, où Françoise Marie Jacquelin défendit avec bravoure le fort, il tomba aux mains de l'ennemi. D'Aulnay le fit brûler et construisit le fort Saint-Jean, sur la rive opposée du fleuve.
La plupart des Acadiens furent déportés dans lesTreize Colonies nord-américaines, mais ceux envoyés en Virginie furent rejetés par cette colonie et furent envoyés en Grande-Bretagne. De là, ils gagnèrent la France en 1763, à la signature du traité de paix entre la France et l'Angleterre, mettant fin à laguerre de Sept Ans. D'autres Acadiens, déportés deLouisbourg et de l'Île Saint-Jean (actuelle Île-du-Prince-Édouard), furent déportés directement en France à partir de 1758[27]. Environ la moitié des Acadiens déportés en France décidèrent en 1785 de repartir enLouisiane, où ils rejoignirent plusieurs milliers de leurs compatriotes ayant déjà exfiltré des Treize Colonies. Ils sont à l'origine de la communautécadienne, dont le nom dérive d'Acadiens. D'autres Acadiens réussirent à rentrer dans ce qui était désormais le Nouveau-Brunswick, d'autres s'installèrent àSaint-Pierre-et-Miquelon, seule colonie française restant en Amérique du Nord[28].
Après laproclamation royale de 1763, certains Acadiens revinrent s'établir avec ceux ayant échappé aux raids.
Quelques colons anglophones s'établirent dans la région surtout à partir de 1755. Avant larévolution américaine ils étaient majoritairement des colons venant de laNouvelle-Angleterre, connus sous le nom deplanters ou planteurs[29]. Des colons provenant de la colonie deRhode Island s'installèrent aux alentours de Sackville, dans le Sud-Est[30]. D'autres fermiers deYorkshire s'ajoutèrent à ce petit groupe avant 1771, ainsi que desAllemands de Pennsylvanie aucomté d'Albert vers 1766[31].
En outre, des colons de laPennsylvanie, sous l'influence d'un officier suisse dans l'emploi britannique, Georges Frédéric Wallet Desbarres, s'installèrent dans la région de Hopewell etMoncton (alors souvent écrit Monckton)[32].
Pourtant il fallut attendre la révolution américaine avant de voir plus de communautés anglophones se former. En effet, des milliers deloyalistes qui s'étaient opposés à la révolution, dépouillés de leurs terres et la plupart de leurs biens par le gouvernement de la nouvelle république américaine, s'échappèrent après letraité de Paris en 1783 et vinrent s'établir en Nouvelle-Écosse. Ceux qui reçurent des allocations de terres dans la vallée du fleuve Saint-Jean ou le long des côtes de la baie de Fundy ou le détroit de Northumberland devinrent bientôt mécontents d'être gouvernés d'aussi loin qu'Halifax. Alors le gouvernement britannique créa par décret le 18 juin 1784 la province du Nouveau-Brunswick en province séparée[33]. Le 10 septembre 1784, le Conseil privé de Grande-Bretagne approuve le sceau officiel de la province du Nouveau-Brunswick : il représente un bateau remontant le fleuve aux nobles pins sur chaque rive et il porte la devise « Spem Reduxit » (l’espoir renaît)[34].
Parmi les communautés colonisées par les loyalistes après 1783 sontSaint-Andrews,Saint-Jean et Sussex, ainsi que les petites communautés de la vallée du fleuve Saint-Jean. Le premier gouverneur de la province de Nouveau-Brunswick,Thomas Carleton choisit comme capitale de la province le hameau de Ste-Anne, renommé Frederick's Town (ensuiteFredericton) après le troisième fils deGeorgeIII[35]. En tous, quelque 14 000 à 15 000 réfugiés loyalistes, dont la plupart étaient nés en Amérique sont réputés d'être venus au Nouveau-Brunswick lors de cette migration[36].
Économiquement le Nouveau-Brunswick n'offre qu'un environnement marginal pour l'agriculture; de même que sa pêche, de loin inférieure à celle de la Nouvelle-Écosse. Le secteur minier offre peu de perspectives immédiates. La forêt du Nouveau-Brunswick est riche en bois, mais il s'agit également d'un fret volumineux et de faible valeur, et les marchés accessibles sont sévèrement limités. La province est un coin perdu de l'Empire, périphérique et mal connecté au monde nord-américain. « Ce fut essentiellement des événements géopolitiques survenus en Europe qui changèrent cette situation »[37]. Leblocus continental de 1806 instauré parNapoléon Bonaparte, oblige leRoyaume-Uni, qui s'alimente habituellement sur laBaltique, à importer du bois en provenance du Canada, stimulant le commerce du bois d’œuvre au Nouveau-Brunswick, mais aussi au Québec, particulièrementsur la rivière des Outaouais. Entre 1805 et 1812, au Nouveau-Brunswick, la quantité debois équarri exportée annuellement est multipliée par 20, totalisant près de 100 000 tonnes. Elle dépasse 240 000 tonnes en 1819, et, en 1825, atteint son plus haut niveau, 417 000 tonnes. Le niveau d'exportations se maintint au-dessus de 200 000 tonnes jusqu'en 1840 pour diminuer légèrement par la suite. Pendant cette même période, de 1800 à 1851, la province voit sa population croître de 25 000 à 200 000 habitants[37].
Au cours de ce siècle, le peuple acadien commença à se doter d'institutions et de tenter de se donner plus de place dans la province.
Plusieurs citoyens du Nouveau-Brunswick ne veulent pas de cette confédération élargie, craignant que les besoins de la région soient négligés au profit du reste du pays. Plusieurs politiciens militant pour cette option, tels queSamuel Leonard Tilley, se retrouveront sans siège à l'élection suivante.
La suite de l'histoire donnera raison aux opposants : une fois laConfédération instaurée, les Maritimes éprouvent des problèmes économiques majeurs. De nouvelles politiques nationales et barrières commerciales viennent miner les relations commerciales traditionnelles entre la région et le Royaume-Uni. La situation au Nouveau-Brunswick est aggravée par le grand incendie de Saint-Jean en 1877 et par le déclin de l'industrie de la construction navale. Enfin, larécession provoquée par laPanique de 1893 fera considérablement baisser les exportations. Plusieurs travailleurs expérimentés perdent leur emploi et doivent s'exiler vers l'ouest ou aux États-Unis. L'économie commencera à se redresser au début duXXe siècle, notamment grâce à l'industrie manufacturière (textile). Également, la construction de plusieursscieries un peu partout dans la province permet d'implanter de plus grandes usines depâte à papier et papier. Le taux de chômage demeurera tout de même élevé et laGrande Dépression exacerbera la situation.
En 1871, le gouvernement instaure la gratuité scolaire, abolissant dans la foulée le catéchisme, la soutane et le français dans les écoles publiques. Contestée par les Acadiens et les Irlandais, la loi fut jugée constitutionnelle, car l'article 93 de laconstitution de 1867 ne s'applique pas aux provinces maritimes. Une émeute à Caraquet le 28 janvier 1875 se solde par le décès d'un militant et d'un policier. L'interdiction sera finalement levée à la suite de pressions politiques en 1877[38].
Plusieurs régions autrefois sauvages furent colonisées pour permettre aux gens touchés d'échapper à la pauvreté. Deux familles acquirent une fortune considérable après la crise: les Irving et les McCain.
Les tensions linguistiques se firent moins fortes vers la fin des années 1990. Toutefois, à la suite de la nouvelle majorité de la population francophone à Bathurst, les problèmes refirent surface. À la suite des pressions anglophones et francophones, le gouvernement provincial modifia la loi pour exiger que toutes les cités et municipalités ayant plus de 20 % de gens parlant l'une des deux langues officielles offrent des services dans cette langue.
Le Canada étant unefédération, laconstitution canadienne consiste en l'ensemble des droits fondamentaux et des règles qui définissent les principes politiques, les institutions, les pouvoirs ainsi que les responsabilités du fédéral et des provinces. La constitution canadienne est composée principalement de laLoi constitutionnelle de 1867, de laLoi constitutionnelle de 1982 et de son annexe, comportant une trentaine de lois et décrets[39].
La constitution néobrunswickoise est elle-même composée des dispositions de la constitution canadienne qui concernent les provinces canadiennes en général et le Nouveau-Brunswick en particulier, deslois organiques provinciales relatives à la répartition des pouvoirs de la province et des droits des personnes, la plupart des conventions constitutionnelles touchant les rapports entre laCouronne du Canada, l'Exécutif et le Parlement, les règles decommon law sur laprérogative royale exercée par lelieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick ainsi que de lajurisprudence des tribunaux du Nouveau-Brunswick etdu Canada[réf. nécessaire].
La constitution du Canada peut normalement être modifiée par un vote favorable du Sénat, de la Chambre des communes et d'au moins les deux tiers des législatures provinciales représentant au moins la moitié de la population canadienne, le tout avec l'accord du gouverneur général. Toutefois, une disposition de la constitution canadienne concernant uniquement le Nouveau-Brunswick (il existe plusieurs articles concernant le Nouveau-Brunswick, les droits linguistiques dans la province et l'égalité des communautés de langues officielles, tel que décrit plus bas) peut être modifiée par un vote favorable de la Chambre des communes du Canada, de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick ainsi qu'avec l'accord du Sénat et du gouverneur général du Canada. De plus, l'Assemblée législative seule peut modifier la constitution du Nouveau-Brunswick. En fait, toutes lestentatives de modification depuis 1982 ont échoué et seulement dix amendements mineurs ont été adoptés, dont un seul touchant la province.
Cette section doit êtreactualisée.(juillet 2021) Il manque des informations récentespertinentes etvérifiables, et certains passages peuvent annoncer des événements désormais passés, ou des faits anciens sont présentés comme actuels.Mettez à jour oudiscutez-en. Motif : Cette section ne tient pas en compte différents évènements politiques depuis 2018.
Il y a deux partis politiques dominants au Nouveau-Brunswick, le Parti libéral et le Parti progressiste-conservateur. LeNouveau Parti démocratique a déjà obtenu des sièges au parlement mais jamais la majorité. De temps à autre, d'autres partis comme leConfederation of Regions Party of Canada, le Parti vert du Nouveau-Brunswick et l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick ont obtenu des sièges au Parlement mais lors de ce qui est souvent vu comme un vote de protestation. Donc, le Nouveau-Brunswick est essentiellement dirigé tour à tour par les deux mêmes partis.
Après lesélections générales néo-brunswickoises de 2018 il y a quatre partis représentés à la législature: Libéral, Progressiste-conservateur, Parti vert et Alliance des gens. Le gouvernement précédent libéral essaie de former un gouvernement minoritaire, fort de 21 députés, alors que le parti progressiste-conservateur a 22 députés. Cependant les libéraux perdent unvote de confiance à la législature, et ensuite le chef progressiste-conservateur, Blaine Higgs, est invité à former un gouvernement[42].
Les dynamiques de la politique au Nouveau-Brunswick sont différentes de celles des autres provinces du Canada. Le fait qu'il n'y ait pas de ville dominante dans la province veut dire que le gouvernement doit se préoccuper de sujets affectant toutes les régions de la province. De plus, la présence d'une large minoritéfrancophone fait qu'un consensus politique est nécessaire, même quand il y a une majorité présente au gouvernement. De cette façon, la politique provinciale au Nouveau-Brunswick tend à s'aligner sur la situation de la scène fédérale plus concrètement que les autres provinces[réf. nécessaire].
Au cours des cinquante dernières années, il y a eu une tendance dans la province à élire de jeunes chefs et à leur donner de longs mandats avec une forte majorité. Tous les chefs récents étaientbilingues. Cette combinaison d'attributs tend à rendre les premiers ministres du Nouveau-Brunswick importants sur la scène fédérale[réf. nécessaire]. L'ancien premier ministre,Bernard Lord (progressiste-conservateur), a par ailleurs été considéré comme un successeur potentiel à la chefferie duParti conservateur du Canada si le premier ministreStephen Harper se retirait de la politique[43]. L'ancien premier ministre libéralFrank McKenna a été un candidat présumé à la succession dePaul Martin[44] mais a décidé de ne pas tenter sa chance[45].
Cette section doit êtreactualisée.(juillet 2021) Il manque des informations récentespertinentes etvérifiables, et certains passages peuvent annoncer des événements désormais passés, ou des faits anciens sont présentés comme actuels.Mettez à jour oudiscutez-en. Motif : Cette section ne tient pas en compte la dernière augmentation de la TVH.
Les principales sources de revenu du gouvernement provincial sont l'impôt sur le revenu des particuliers, l'impôt sur le revenu des entreprises, lataxe sur le carburant et lataxe foncière. L'impôt sur le revenu provincial est fixé à un taux de 55,5 % de l'impôt fédéral de base[40]. En1997, la taxe de vente provinciale et lataxe sur les produits et services (TPS) furent combinées pour former lataxe de vente harmonisée (TVH)[40], d'un taux de 13 % depuis2008[46]. Les impôts et la TVH sont perçus par le gouvernement fédéral mais redistribués à la province. Le quart des revenus provinciaux proviennent en fait des paiements depéréquation, un programme destiné à permettre aux provinces plus pauvres d'offrir un niveau de services publics standard. Un autre 10 % des revenus provient de divers programmes fédéraux d'infrastructures, de santé et d'éducation[40].
Les dépenses dubudget provincial s'élèvent à près de 8 milliards dedollars canadiens en 2010-2011, avec un déficit de près de 750 millions de dollars[47]. Les principales dépenses concernent la santé et les services sociaux, l'éducation, les municipalités et le service de la dette.
Chaque type de municipalité a un fonctionnement semblable, bien que les cités aient certaines obligations supplémentaires et que les villages n'ont pas à offrir autant de services publics que les autres municipalités. Une municipalité est gouvernée par unconseil municipal, présidé par unmaire. Les districts ruraux sont quant à eux gérés directement par le gouvernement et ne sont donc pas à proprement parler des municipalités mais leurs citoyens peuvent élire un conseil consultatif de trois à six membres dont un président qui conseille le ministre par l'intermédiaire d'un gestionnaire de district rural nommé par lui[48].
Les gouvernements locaux coexistent avec un système de divisions administratives plus ancien. La subdivision de base en est lecomté, qui sont au nombre de quinze. Chaque comté est subdivisé en paroisses, qui sont au nombre de 154. Les gouvernements locaux remplacent les anciennes municipalités de comtés, dissoutes en 1966. La population de chaque paroisse élisait des conseillers auconseil municipal, qui choisissaient à leur tour unpréfet. Le conseil siégeait dans unpalais de justice situé dans lechef-lieu. Les paroisses avaient certains pouvoirs, qu'ils perdirent graduellement en faveur des municipalités de comté. Certains chefs-lieux ont toujours une importance administrative alors que les comtés continuent d'être utilisés dans les différents découpages administratifs et pour lerecensement de la population. De plus, la plupart des paroisses civiles existent toujours en tant quedistricts de services locaux (DSL). Ces DSL seront toutefois abolis lors de la réforme municipale de 2023[48].
En 2008, leRapport sur la gouvernance locale proposait de réformer l'administration locale en modifiant la gestion ainsi que la fiscalité et en regroupant les actuelles municipalités et DSL en 12 « districts de services régionaux », ensuite subdivisés en « entités municipales ».
Le Nouveau-Brunswick compte traditionnellement un ministre auCabinet et dix sénateurs auSénat. Dix députés représentent actuellement la province à laChambre des communes[40].
En 1982, laLoi constitutionnelle de 1982 est promulguée avec plusieurs garanties linguistiques spécifiques pour le Nouveau-Brunswick. L'article 17 précise par exemple le droit d'employer le français ou l'anglais au Parlement fédéral, suivi par un deuxième alinéa soulignant le même droit de choix linguistique dans la législature de Nouveau-Brunswick. En 1993, le gouvernement provincial deFrank McKenna réclame, comme disposition additionnelle, un amendement à laConstitution du Canada reconnaissant non seulement les droits individuels au Nouveau-Brunswick (par exemple le droit d'un individu à s'exprimer dans la législature provinciale en français ou en anglais), mais aussi l'égalité descommunautés des langues officielles (avec leurs propres institutions sociales et culturelles, comme les commissions scolaires, etc). Une telle résolution est adoptée par laChambre des communes pour modifier l'article 16 avec deux alinéas supplémentaires affirmant les droits égaux des communautés linguistiques officielles néo-brunswickoises et l'obligation au gouvernement provincial de les protéger.
« Art. 16.1 (1993).
1. La communauté linguistique française et la communauté linguistique anglaise du Nouveau-Brunswick ont un statut et des droits et privilèges égaux, notamment le droit à des institutions d'enseignement distinctes et aux institutions culturelles distinctes nécessaires à leur protection et à leur promotion.
2. Le rôle de la législature et du gouvernement du Nouveau-Brunswick de protéger et de promouvoir le statut, les droits, et les privilèges visés au paragraphe (1) est confirmé (83.1)[49] »
LaCour provinciale du Nouveau-Brunswick (enanglais :Provincial Court of New Brunswick) est la cour de première instance jugeant les infractions au code criminel ou à d'autres lois fédérales ou provinciales[50].
LaCour du Banc du Roi du Nouveau-Brunswick (enanglais :Court of King's Bench of New Brunswick) entend tous les litiges en droit de la famille, en plus d'être le tribunal de première instance dans les affaires pénales et civiles de grande envergure. Elle a finalement compétence dans les appels de poursuites sommaires[51].
LaCour des successions du Nouveau-Brunswick (enanglais :Probate Court) a compétence sur les testaments et les biens de personnes décédées. Elle est présidée par un juge de la Cour du Banc du Roi, bien que distincte de cette dernière. De plus, la Cour des successions exerce les mêmes pouvoirs que la Cour du Banc du Roi en ce qui concerne l’exécution des jugements, et elle peut délivrer les mêmes ordonnances et moyens de contrainte[52].
LaCour d'appel du Nouveau-Brunswick (enanglais :Court of Appeal of New Brunswick) est le plus haut tribunal ainsi que la cour de dernier ressort, sauf lorsqu'il est possible d'interjeter appel à laCour suprême du Canada. La Cour siège généralement àFredericton. Elle compte cinq juges et un juge en chef, poste occupé après 2003 parJ. Ernest Drapeau, et depuis 2019 par Marc Richard[53],[54].
LaGendarmerie royale du Canada assure la sécurité publique mais certaines municipalités possèdent leur propre corps de police.
Le Nouveau-Brunswick a untaux d'homicide légèrement sous la moyenne canadienne, à 1,46 pour 100 000 habitants en 2016 pour 11 homicides, un taux stable depuis 2015[57].
L'économie du Nouveau-Brunswick est dominée par l'exploitation forestière depuis le début duXIXe siècle[58]. Les services occupent désormais une place importante, plus précisément les secteursfinanciers, de l'assurance et de lasanté.
L'industrie lourde est centrée àSaint-Jean, l'économie deFredericton est dominée par les services gouvernementaux, les universités et l'armée.Moncton est un centre commercial, de transport et de distribution, avec d'importantes infrastructures ferroviaires et aériennes.
En mars 2025, face aux nouveaux tarifs douaniers imposés par les États-Unis, la première ministre du Nouveau-Brunswick,Susan Holt, propose de créer une zone de libre-échange entre les provinces de l’Atlantique pour faciliter le commerce et la mobilité de la main-d’œuvre[59].
L'influence de lafamille Irving (propriétaire de la plus importante raffinerie du Canada, de vastes fermes et domaines forestiers, de journaux, de nombreuses scieries et papeteries, d'une flotte de bateaux et de camions, ou encore d'unréseau ferroviaire) sur le Nouveau-Brunswick est telle que la province est parfois décrite comme étant soumise à une forme deféodalisme économique. En 2016, lesquelque 200 entreprises qu'elle contrôle lui confèrent un capital d'environ 10 milliards de dollars[60].
Les activités du groupe sont soutenues par les autorités à travers de nombreuses exonérations fiscales et le versement de subventions, notamment par le biais du Programme d'achat d’énergie renouvelable pour la grande industrie. La province a également progressivement cédé au groupe Irving la gestion du patrimoine forestier relevant du secteur public, en abaissant régulièrement les normes. En 2014, le dernier réduit la taille des zones tampons entre les forêts et les sites habitables, autorise davantage decoupes à blanc, augmente le volume de production prévu et fait passer la proportion des zones protégées de 31 % à 22 %[60].
La famille détient la totalité des journaux anglophones de la province. Elle détient également plusieurs stations de radio et télévision locales. Pour l'universitaire Alain Deneault, « les conflits d’intérêts qui découlent de cette situation semblent caricaturaux : les médias du groupe se font essentiellement l'écho des positions de la famille Irving dans tous les champs de la vie sociale et industrielle où elle se trouve engagée. » Les informations transmises par le groupe et diffusées par la presse sont parfois questionnées (notamment en automne 2018, lors d'une explosion sur la raffinerie de Saint-Jean) mais rares sont les fonctionnaires, professeurs et députés à porter des dénonciations, les contributions financières de la famille aux universités et partis politiques lui procurant des moyens de pression[60].
Des biologistes, des universitaires ou encore Eilish Cleary, l'ancienne responsable de la province sur les questions de santé publique, ont indiqué avoir fait l'objet de fortes pressions (allant dans le cas d'Eilish Cleary jusqu'à un licenciement controversé[61]) alors qu'ils analysaient l'impact despesticides employés par le groupe et sa gestion opaque des forêts. Depuis les années 1970, tous les premiers ministres de la province ont été élus avec le soutien d'Irving. Blaine Higgs, premier ministre de 2018 à 2024, est un ancien cadre du groupe. D'après le journalisteMichel Cormier : « On pouvait peut-être remporter une élection sans l'appui tacite d'Irving, mais on pouvait difficilement aspirer au pouvoir s'il décidait de s'y opposer ouvertement[60]. »
Le Nouveau-Brunswick a connu plusieurs problèmes dans le domaine de l'agriculture, comme partout au Canada, ce qui a causé une baisse de la valeur de la production et l'abandon presque systématique de l'agriculture de subsistance[58]. Alors que la production est restée stable, le nombre de fermes est passé de près de 32 000 en 1941 à 3 000 actuellement[58]. La superficie des terres agricoles a perdu les deux tiers des350 000 hectares en 1941[58]. Le nombre d'emplois agricoles est passé de 26 834 en 1951 à 6 000 de nos jours[58]. Toutefois, durant la même période, la production est restée stable et le nombre d'emplois dans la transformation et le transport des produits agricoles a augmenté à 18 000[58].
Les pommes de terre, surtout de plants, représentent la principale exportation agricole de la province, qui fournit 20 % de la production canadienne[58]. Les patates sont surtout cultivées dans la vallée du fleuve Saint-Jean, où les comtés de Carleton et de Victoria en produisent 80 % et le comté de Madawaska, 15 %[58]. La production laitière se concentre dans les comtés de Kings, de Westmorland et d'York.
Une douzaine d'offices regroupent les producteurs de lait, de dindon, d'œufs, de porc, de crème, de poulet, de pommes, de plantes d'aménagement extérieur ainsi que certains produits forestiers[58].
Lapêche, en déclin jusqu'aux années 1960, connaît ensuite un second souffle grâce à la modernisation des navires et des méthodes. De plus, l'extension des limites de la zone de pêche à 370 km des côtes en1977 profite à l'industrie. Toutefois, l'industrie souffre actuellement d'une baisse des prises et des stocks de poisson[58].
L'industrie des pêches néobrunswickoise représente 20 % de celle de la côte atlantique canadienne. La moitié de la production est exportée, principalement auxÉtats-Unis, alors que leJapon représente un marché de plus en plus important. En1995, les prises avaient une valeur de 100 millions $ et l'industrie comptait 8 000 pêcheurs travaillant sur environ 4 000 bateaux. L'industrie de la transformation crée 10 000 emplois dans 130 usines. Les principales zones de pêche sont legolfe du Saint-Laurent, ledétroit de Northumberland et labaie de Fundy. Lehomard représente la majeure partie de la valeur des produits transformés, suivi ducrabe, duhareng et dupétoncle. Lasalmoniculture du Sud-Ouest de la province est une industrie de 95 millions $. Latruite, leshuîtres et lesmoules sont aussi cultivées dans différentes régions[58].
Le Nouveau-Brunswick compte de nombreux ports de pêche, dont le plus lucratif et l'un des plus grands est leport de Shippagan, pouvant accueillir 90 bateaux[62]. Le seul chantier naval, celui deBas-Caraquet, a déjà été le principal chantier de réparation au Canada mais nécessite des investissements importants[63]. L'École des pêches du Nouveau-Brunswick, àCaraquet, offre des cours collégiaux dans les différents domaines de l'industrie.
Les règles en vigueur concernant les droits de pêche sur la section de Nouveau-Brunswick ont relativement évolué depuis la loi de 1988 qui està ce jour[Quand ?] une des lois les plus connues dans le monde juridique canadien[réf. nécessaire].
L'industrie forestière au Nouveau-Brunswick génère des revenus de 2,1 milliards dedollars[64], soit 11 % duPIB provincial. Les produits forestiers représentent 40 % de la valeur des exportations de la province. L'industrie crée environ 14 000 emplois directs et 13 000 emplois indirects[20]. Les emplois directs à eux seuls représentent unemasse salariale de 480 millions de dollars[20].
La province a unesuperficie de 7,2 millions d'hectares. 6,1 millions d'hectares sont couverts deforêt et de ce nombre, 5,9 millions d'hectares représentent un potentiel économique. Il y a deux types de terres à bois au Nouveau-Brunswick : laterre de la Couronne et les terres privées. Les terres de la couronne sont divisées en 10 zones (licences), qui sont louées à 6 grandes compagnies forestières (licenciés) et environ 50 sous-licenciés[réf. souhaitée].
Les terres de la couronne représentent 51 % des terres à bois, les terres fédérales 2 %, les terres privées des particuliers 29 % et les terres privées des compagnies forestières 18 %[réf. souhaitée].
Moins de 2 % (60 000 hectares) des terres publiques sont coupées à chaque année, et deux tiers repousseront naturellement[20].
La gestion des forêts de la province est particulièrement opaque. Spécialiste international de la corruption politique, Donald Bowser se dit « estomaqué de découvrir qu'il y a moins de transparence au Nouveau-Brunswick qu'auKurdistan, auGuatemala ou enSierra Leone, en dépit des fonds publics colossaux engagés dans l'exploitation des ressources naturelles »[60].
L'industrie minière est des plus développées au Nouveau-Brunswick, sa valeur s'élevant à près de 1,5 milliard$ en 2006[65] mais elle est de plus en plus en difficulté. L'industrie emploie 4 200 personnes[58]. Il y a trois mines produisant duzinc, duplomb et ducuivre, une mine souterraine depotasse et desel ainsi que 10 grandes carrières[65]. La mine Brunswick est la plus importante mine souterraine de zinc au monde[66]. La province produit moins de 2 % du cuivre canadien mais 25 % de l'argent, 30 % de l'antimoine, 31 % du zinc, 39 % du plomb et 91 % dubismuth[58]. Il y a 24 exploitants detourbières, situées pour la plupart dans lapéninsule acadienne et dans la région deBaie-Sainte-Anne[67]. Cette production représente 31 % du total canadien[58].
L'industrie minière a pourtant pris du temps à se développer. Les mines de charbon deMinto, exploitées depuis leXVIIe siècle, ont quand même contribué au développement de la région. L'un des premiers puits depétrole commercial au monde a été foré àMemramcook en1859. L'extraction du charbon a pratiquement cessé à partir des années 1960, à cause de l'adoption du développement de l'énergie hydroélectrique et du pétrole. Lepremier et ledeuxième choc pétrolier a relancé l'exploitation du charbon mais la découverte des mines du Nord-Est de la province a rapidement dépassé cette production[58]. La mine de charbon fermera ses portes en2010[68].
Le tiers du territoire est composé de roches du carbonifère, qui pourraient contenir dugaz naturel[69]. L'industrie s'est développéerécemment[C'est-à-dire ?], en particulier depuis la construction d'ungazoduc reliant laNouvelle-Écosse auxÉtats-Unis via le Sud de la province[69].
Le principal producteur et distributeur d'électricité estÉnergie NB. La pétrolièreIrving Oil est basée à Saint-Jean, où elle exploite la plus importanteraffinerie de pétrole au pays.
Cette section doit êtreactualisée.(juillet 2021) Il manque des informations récentespertinentes etvérifiables, et certains passages peuvent annoncer des événements désormais passés, ou des faits anciens sont présentés comme actuels.Mettez à jour oudiscutez-en. Motif : Le ministère a changé de nom.
Letourisme est l'un des piliers de l'économie provinciale. Leministère du Tourisme et des Parcs en assure le développement et la promotion. Les plages d'eau chaude, les paysages, les activités de plein air et la culture acadienne sont parmi les principaux thèmes des campagnes publicitaires. Les différents sites et activités sont associés à cinq routes panoramiques, identifiées par un logo sur les panneaux routiers[70]. En 2007, le tourisme procurait des emplois directs à l'équivalent de 23 000 travailleurs répartis dans 3 440 entreprises. Cette industrie, dont les bénéfices 791 millions de dollars, accapare 3,2 % duPIB[71]. en1994, 1,2 million de touristes visitaient, annuellement, la province[58].
Pays dans lesquelsMcCain Foods possède des usines.
Environ 17 000 emplois dépendent de l'industrie de la construction. La valeur des travaux s'élevait à 845,2 millions $ en 1992. Le plus grand projet des années 1980 a été la construction de lacentrale nucléaire de Point Lepreau[58].
Le secteur manufacturier regroupe 1 600 entreprises employant plus de 50 000 personnes. Cette industrie est surtout basée sur la transformation des ressources naturelles locales, dont le tiers est lié à l'industrie forestière. L'industrie agroalimentaire, avec notammentMcCain Foods àFlorenceville-Bristol etGrand-Sault, arrive en deuxième. La Bathurst Mining & Smelting Company àBathurst et la raffinerie d'Irving Oil àSaint-Jean ont aussi un poids important dans l'économie[58].
La première voie ferrée, laligne de Saint-Jean à Pointe-du-Chêne du chemin de fer European & North American, fut achevée en1857. Lechemin de fer Intercolonial, inauguré en1872, relia toutes les provinces canadiennes à l'époque, une des conditions de la Confédération canadienne. Le réseau néobrunswickois est désormais réduit et relativement vétuste, servant surtout au transport des marchandises. Le plus ancien train de passagers deVia Rail Canada,L'Océan, relieMontréal àHalifax via neuf gares du Nord et de l'Est du Nouveau-Brunswick, six fois par semaine. Ce service est utilisé par 130 000 passagers néobrunswickois annuellement[73].
Il n'y a aucun réseau detramway, detrain de banlieue ou demétro. Moncton, Saint-Jean et Saint-Stephen ont toutefois déjà possédé des réseaux de tramway à traction électrique.
Le premier port du Nouveau-Brunswick et le troisième au pays est leport de Saint-Jean, où 25 millions de tonnes de marchandises ont été manutentionnées en 2008. Par ordre décroissant d'importance viennent ensuite les portsde Belledune,de Bayside,de Dalhousie etde Miramichi[73]. Le port de Saint-Jean accueille aussi des navires de croisière. La province compte également des dizaines de ports de pêche et de plaisance.
Unrecensement de la population est organisé tous les cinq ans parStatistique Canada. Selon le dernier recensement de 2021, il y avait 775 610 habitants, une hausse de 3,8 % depuis 2016. C'est légèrement plus que la population desÎles Salomon, le162e pays le plus peuplé du monde. Ladensité de population s'élevait à 10,9 habitants/km2, comparativement à 4,2 habitants/km2 au niveau national[1]. La densité de population du Nouveau-Brunswick est légèrement plus élevée que celle de laBolivie, le213e pays le plus densément peuplé du monde. Les données du recensement de 2021 n'étant pas encore toutes disponibles, les autres aspects de la démographie du Nouveau-Brunswick sont connus d'après le recensement de 2011. L'âge médian y était de 41,5 ans, comparativement à 39,5 ans pour le Canada, alors que 83,8 % de la population était âgée de plus de 15 ans, comparativement à 82,3 % au pays[78]. En 1996, 49 % de la population habitait en ville et 51 % à la campagne[14].
Lors du recensement de 2006, les répondants avaient la possibilité d'inclure une ou plusieurs origines ; 30,3 % des habitants se définissaient simplement comme Canadiens[80].
Panneau routier indiquant la route du littoral acadien au Nouveau-Brunswick.
LesAcadiens représentent près de 30 % de la population. En fait, 3,5 % des habitants se définissent comme tel et 26,5 % commeFrançais mais dans les faits, la majorité se considèrent eux-mêmes acadiens, la principale raison étant que l'option « acadien » ne figurait pas dans le recensement avant1982. Leur nombre officiel ne cesse de croître depuis cette époque[81]. Il y a effectivement quelques centaines de Français au Nouveau-Brunswick[82]. Les Acadiens descendent en grande partie de familles, pour la plupartfrançaises, établies dans l'ancienne colonie française d'Acadie dès sa fondation en 1604. À ces familles s'ajoutent de nombreuses arrivées jusqu'à ce jour[Quand ?]. Les Acadiens résident surtout dans le Nord et l'Est de la province, y compris àMiramichi etMoncton. Il y a également des Acadiens dans la plupart des autres localités de la province, notamment àFredericton,Minto,Nackawic etSaint-Jean. Près de 300 000 Acadiens résident dans les Provinces maritimes, d'où le nom d'Acadie donné à ses régions francophones, nom qui s'applique aussi par extension aux autres communautés acadiennes du monde[83].
La province comptait 68,6 % d'habitants d'originebritannique[84]. Plus précisément, lesAnglais représentent 25,5 % de la population, lesIrlandais 20,9 %, lesÉcossais 19,9 % lesGallois 1,4 % et moins de 0,1 % pour lesCorniques[80]. Ils sont communément appelés lesCanadiens anglais ou encore les Anglais ou les Anglos, des noms qui peuvent aussi s'appliquer à tout anglophone, peu importe son origine. Les Canadiens anglais sont présents dans toutes les provinces canadiennes. Les Canadiens anglais sont surtout issus de familles établies sur le territoire à partir de la fin duXVIIIe siècle. Ils résident surtout dans le Sud de la province et dans la vallée dufleuve Saint-Jean jusqu'à la hauteur deGrand-Sault, sans oublier d'importantes populations dans le Nord, àBelledune,Dalhousie etTide Head, et dans l'Est, àMiramichi etRexton et dans le Sud-Est, àDorchester,Port Elgin etSackville. Il y a finalement des minorités dans la plupart des localités de la province, notamment àBathurst etCampbellton, dans le Nord.
Les déménagements changent aussi la répartition de population car 9,8 % des gens résidaient dans une autre municipalité en 2001 alors que 4,6 % sont originaires d'une autre province[87].
Proportion d'habitants déclarant utiliser uniquement le français à la maison lors du recensement de 2016, par subdivision.Langue maternelle au Nouveau-Brunswick.
Majorité anglophone, moins de 33 % de francophones
Majorité anglophone, plus de 33 % de francophones
Majorité francophone, plus de 33 % d'anglophones
Majorité francophone, moins de 33 % d'anglophones
Données non disponibles
Carte deslangues officielles selon la municipalité. Bleu : français, rouge : anglais, orange : bilingue, beige : ne s'applique pas.
Tout comme pour leCanada, les deuxlangues officielles du Nouveau-Brunswick sont lefrançais et l'anglais. La province est en fait la seule du pays à être officiellementbilingue[88]. Lebilinguisme est en effet garanti par les articles16,16.1,17,18,19,20,21 et23 de laCharte canadienne des droits et libertés au niveau fédéral. LaLoi reconnaissant l'égalité des deux communautés linguistiques officielles au Nouveau-Brunswick et laLoi sur les langues officielles le protègent au niveau provincial. En somme, les législatures provinciales et fédérales ainsi que toutes les publications gouvernementales sont bilingues, les services publics sont bilingues, y compris les hôpitaux et la police, les employés du gouvernement provincial peuvent communiquer entre eux dans la langue de leur choix, les municipalités comptant plus de 20 % d'habitants parlant chaque langue officielle de même que toutes les cités sont bilingues, tous les habitants peuvent suivre un procès dans leur langue d'usage et l'accès à l'éducation enlangue minoritaire est garanti si le nombre le permet[88]. Nul n'est forcé de parler une langue ou l'autre, sauf dans certains emplois gouvernementaux qui exigent le bilinguisme, comme celui de lieutenant-gouverneur, selon unjugement de la juge en chef de laCour du Banc du Roi en 2022[89]. La commissaire aux langues officielles, dont le poste est occupé depuis janvier 2020 par Shirley MacLean pour un mandat de sept ans[90], a le mandat d'enquêter sur les plaintes liées aux langues officielles[91].
Environ 64,8 % de la population a l'anglais pourlangue maternelle et 32,6 % lefrançais[92]. De plus, 0,7 % des habitants déclarent plus d'une langue maternelle ; 0,6 % sont ainsi à la fois francophones et anglophones, alors que la plupart des autres ont appris l'anglais et une langue non officielle en premier, suivi de ceux ayant appris le français et une langue non officielle et finalement ceux ayant les deux langues officielles et au moins une langue non officielle comme langues maternelles[92]. Au niveau de la connaissance des langues, 56,3 % des habitants sont unilingues anglophones, 10,2 % sont unilingues francophones, 33,4 % connaissent les deux langues officielles et 0,1 % ne connaissent ni l'anglais, ni le français[93]. L'anglais est la langue usuelle - parlée à la maison - de 68,7 % de la population, le français de 29,4 %, les deux langues officielles de 0,6 %, l'anglais et une langue non officielle de 0,1 %, le français et une langue non officielle de moins de 0,1 %, tout comme pour les gens parlant à la fois le français, l'anglais et au moins une langue non officielle ; 1,2 % des habitants utilisent quant à eux une langue non officielle seule[93]. L'anglais est utilisé par 72,9 % des travailleurs, le français par 33,7 %, les deux langues officielles par 3,0 %, l'anglais et une langue non officielle par 0,1 %, le français et une langue non officielle par moins de 0,1 % et une langue non officielle seule par 0,2 %[94].
Lefrançais acadien est le principaldialecte du français. Le brayon, ou français de la vallée, est commun dans le Nord-Ouest de la province et auMaine[95]; il s'apparente fortement aufrançais québécois mais est influencé par le français acadien[96]. Lechiac, parlé dans les environs deMoncton, est parfois décrit comme un dialecte du français fortement influencé par l'anglais, parfois comme une langue à part entière. L'anglais canadien, ou plus précisément l'anglais des Maritimes, est le principal dialecte d'anglais.
La répartition des langues suit généralement la répartition des ethnies, la plupart des Canadiens anglais sont anglophones tandis que la plupart des Acadiens sont francophones. Ainsi, la région francophone occupe tout le Nord et l'Est, c'est-à-dire en amont du fleuve Saint-Jean, dans la région deSaint-Quentin ainsi que sur les rives de labaie des Chaleurs et dugolfe du Saint-Laurent. La région anglophone se situe dans le Sud, le centre et l'Ouest, en d'autres mots sur les rives de labaie de Fundy, en aval dufleuve Saint-Jean et dans la vallée de larivière Petitcodiac. Pour simplifier, on peut dire qu'une ligne diagonale allant du nord-ouest au sud-est sépare le Nouveau-Brunswick en deux « régions linguistiques ». La situation se complique dans les principales villes. Bien qu'elle soit située en région majoritairement francophone, la population deBathurst et deCampbellton est à près de 50 % anglophone. LeGrand Moncton est situé à la limite des deux régions linguistiques.Moncton est à 35 % francophone,Dieppe est à 80 % francophone etRiverview est majoritairement anglophone. Il y a en plus desenclaves, comme la population anglophone deMiscou et celle deCowans Creek, près deTracadie-Sheila.
Toutefois, le poids des francophones baisse de manière constante au niveau provincial. En se basant sur le critère de la langue maternelle, leur poids est ainsi passé de 35,9 % de la population du Nouveau-Brunswick en 1951, à 32,4 % à 2016 (et même à 31,8 % selon le critère de la première langue officielle parlée, qui inclut également les allophones utilisant le français en premier). Selon l'expert Ilyes Zouari, spécialiste du monde francophone, les Acadiens du Nouveau-Brunswick devraient avoir unindice synthétique de fécondité (ISF) de 2,7 enfants par femme, soit environ le double du niveau actuel (un des plus faibles au monde), afin de pouvoir maintenir leur poids au niveau provincial sur le long terme. Et ce, puisqu'il convient de tenir compte d'une immigration très majoritairement anglophone (à plus de 80 %, l'immigration étant gérée par un gouvernement principalement anglophone), du taux d'assimilation des francophones à chaque génération (environ 20 %, et particulièrement dans le sud-est) et du taux d'assimilation des immigrés francophones (censés pourtant renforcer la population de langue française de la province). À défaut d'atteindre ce niveau de fécondité, la création d'uneprovince acadienne, regroupant les territoires acadiens du Nouveau-Brunswick, serait alors inévitable selon ce même expert[98],[99].
Affichage bilingue sur une porte dans une rue deFredericton.
L'Association des droits anglophones du Nouveau-Brunswick (ARANB ouAnglophone Rights Association of New Brunswick) vise à représenter les droits et les intérêts des anglophones au Nouveau-Brunswick. Elle veut donner une voix collective et unifiée aux anglophones de la province et superviser les lois linguistiques qui les concernent[100]. Mais des anglophones estiment que l'ARANB tient un discoursraciste, opposé à ladiversité, et ne représente pas les anglophones[101].
LaSociété de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) est un organisme voué à la défense et à la promotion des droits et intérêts des communautés acadienne et francophone de la province. La Société compte environ 20 000 membres[102]. Elle milite pour le bilinguisme des hautes fonctions[89].
Lescatholiques romains représentent 53,6 % de la population en 2001. La majorité des catholiques sontacadiens, c'est-à-dire que ceux-ci sont concentrés dans le Nord et l'Est de la province[84].
Lesprotestants représentent la majeure partie du reste de la population. En ordre décroissant des confessions, 11,2 % sontbaptistes, 9,6 % sont membres de l'Église unie du Canada, 8,1 % sontanglicans et 2,8 % sontpentecôtistes. Les anglicans sont historiquement concentrés dans la basse vallée du fleuve Saint-Jean, les baptistes et les pentecôtistes sont concentrés dans la « zone biblique », autrement dit la région s'étendant du comté de Victoria, dans le Nord-Est, aux comtés d'Albert et de Westmorland, dans le Sud-Est, tandis que les fidèles de l'église unie sont répartis dans toutes les régions anglophones. Les autres confessions présentes sont surtout lespresbytériens, leswesleyens, lesTémoins de Jéhovah, lesluthériens ou les membres de l'Armée du salut[84].
Il y a de petites communautésmusulmanes etjuives, notamment à Moncton et Saint-Jean. Finalement, 8 % des habitants déclare êtreathées ouagnostiques[84].
La géographie, l'économie et la culture des différentes régions ont une influence sur la société et la politique. La vallée dufleuve Saint-Jean, dont les habitants descendent surtout desloyalistes et d'immigrants britanniques, a dominé la province jusque dans les années 1960. Le Nord et l'Est de la province en sont séparés à la fois par la forêt et les montagnes ainsi que par la culture, car la langue française et la religion catholiques y sont dominantes ; on y retrouve des villages de pêcheurs ou dépendant de l'industrie forestière. Plus précisément, dans le Nord-Ouest, la population prend modèle sur leQuébec, est consciente de ses liens avec lesAcadiens du Maine l'identitébrayonne est forte alors que dans les comtés deVictoria et deCarleton, la vie tourne autour de la foiévangélique et de la culture des patates. Dans le Sud-Ouest, dans lecomté de Charlotte, la société est marquée par l'industrie de la pêche et les liens avec les États-Unis. Dans le Sud-Est, les habitants des comtés d'Albert et deWestmorland, majoritairement anglophones, sont conscients de leur position centrale dans les Maritimes alors que la population francophone de Westmorland et ducomté de Kent tente de transformer la région en la métropole de l'Acadie[17].
L'intérêt pour les sciences et la technologie s'est développé de façon précoce par les programmes d'ingénierie et deforesterie de l'Université du Nouveau-Brunswick ainsi que les recherches de laNatural History Society of Saint John. La province reste un chef de file dans la recherche liée aux méthodes naturelles de lutte contre les insectes nuisibles et aux membres artificiels[104].
Le Nouveau-Brunswick dispose de quatrejournaux quotidiens. Le seul quotidien de langue française,L'Acadie nouvelle, est publié àCaraquet, mais diffusé à travers la province. Les quotidiens anglophones sont publiés parBrunswick News, filiale du groupeJ.D. Irving : il s'agit deThe Daily Gleaner de Fredericton, duTimes & Transcript de Moncton et duTelegraph-Journal, publié à Saint-Jean mais diffusé dans toutes les régions[105]. De nombreuses autres publications, tant françaises qu'anglaises, sont publiées localement, la plupart hebdomadairement.
CKLT-DT (CTV) situé à Saint-Jean, inauguré le 30 novembre 1954, rediffuse la programmation de CKCW Moncton.
CIHF-DT-2 (Global) situé à Saint-Jean et possède aussi des antennes numériques à Moncton et Fredericton et des antennes analogiques à Woodstock, St. Stephen et Miramichi.
CHAU-TV (TVA) situé à Carleton-sur-Mer (Québec) possède aussi des antennes analogiques à Saint-Quentin, Tracadie et Kedgwick.
Il y a plusieurs stations deradio privées dans la province, la plupart des villes en possédant au moins une ou deux.
Un réseau de dix radios communautaires francophones desservent la population de la province, il s'agit d'ailleurs du plus grand nombre de stations communautaires francophones parmi toutes les provinces et territoires canadiens. Elles sont CFAI[106] (Edmunston), CFBO[107] (Dieppe), CHQC[108] (Saint-Jean), CIMS[109] (Balmoral), CJPN[108] (Fredericton), CJSE[110] (Shédiac),CKMA (Miramichi),CKUM (Moncton),CKRO (Pokenouche) et Route 17[111] (Kedgwick-Saint-Quentin). Elles sont regroupées en l'Association des radios communautaires acadiennes du Nouveau-Brunswick (ARCANB[112]) et membres de l'Alliance des radios communautaires du Canada (ARC du Canada[113]). Ensemble, elles rejoignent plus de 155 000 francophones[114].
Les principaux acteurs nés au Nouveau-Brunswick sontSam De Grasse (1875-1953) etDonald Sutherland (1935-). L'un des principaux réalisateurs estJoseph De Grasse (1873-1940). Le producteurLouis Mayer (1885-1957) a grandi à Saint-Jean.
Chez les Acadiens, jusque dans les années 1960, l'art est surtout pratiqué par quelques autodidactes ou de rares artistes formés à l'extérieur de la province, faisant surtout des décorations d'églises[118].
Deux des quatreCongrès mondiaux acadiens ont été organisés au Nouveau-Brunswick et le plus récent a eu lieu dans l'Acadie des terres et des forêts en 2014[note 1].
Lapatate (pomme de terre) est l'aliment de base et lesfruits de mer sont très populaires. Plusieurs plantes locales sont utilisées, telles que lepetit goémon, lestêtes de violon, lapasse-pierre et latétine de souris. Il y a plusieurs traditions culinaires. Bien que les cuisines des Premières nations ont été fortement influencées depuis quelques siècles, elles ont aussi influencé les autres cuisines locales. Leurs plats représentatifs incluent le banique, qui est un pain rond sanslevain, lacroustade auxbleuets, les patates à la vapeur, lerôti degibier épicé et lesteak d'orignal auxnouilles[128]. Lacuisine acadienne a des origines principalementfrançaises et a la particularité d'utiliser certains ingrédients provenant d'un commerce ancien avec lesAntilles et leBrésil. Parmi les nombreux plats figurent le fricot au poulet, la « mioche au naveau », le pâté à la viande, le pâté aux coques, lespets de sœurs, la tire à la mélasse, la tire blanche et lapoutine à trous. La cuisine duMadawaska est liée à la fois à la cuisine acadienne et à lacuisine québécoise, tout en possédant un caractère unique. Son plat le plus connu est laploye, unecrêpe à base desarrasin[129]. La cuisine néobrunswickoise à proprement parler puise ses origines dans lacuisine britannique. Ses nombreux plats incluent lachaudrée de poisson Fundy, les cigares auchou, lescroissants auhomard, les galettes de poisson, lepouding Yorkshire, lesaumon de la « Miramichi » sur le feu et latrempette au saumon[130].
Les valeurs traditionnelles sont remises en question durant les années 1960 et la poésie acadienne est la première à suivre cette tendance. Dans le domaine du roman,Antonine Maillet se démarque sur la scène locale et internationale. Elle reçoit leprix Goncourt en 1979 pour son romanPélagie-la-Charrette[135].
Il y a en tout80 musées au Nouveau-Brunswick[136] ainsi que deuxzoos et deuxaquariums[137]. Lemusée du Nouveau-Brunswick, fondé en 1845 àSaint-Jean parAbraham Gesner, est le plus ancien du Canada[138], il a attiré près de 70 000 visiteurs en 2008-2009[139] et comprend des expositions sur l'art, l'industrie, l'histoire maritime, les oiseaux, la géologie et les baleines.
La province compte 61bibliothèques publiques desservant la plupart des municipalités alors que quatrebibliobus desservent les autres localités. Leservice des bibliothèques du Nouveau-Brunswick en assure la gestion, de concert avec les municipalités. Certaines succursales possèdent des collections spéciales et labibliothèque publique L.-P.-Fisher deWoodstock constitue à elle seule un véritable musée. Les principales bibliothèques sont toutefois situées à l'extérieur de ce réseau, notamment les bibliothèques de l'Université de Moncton dont la bibliothèque Champlain, les cinq bibliothèques de l'Université du Nouveau-Brunswick dont la bibliothèque Harriet Irving et labibliothèque de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.
En 2013, le pianiste acadien Carl Philippe Gionet[146] fonde Musique sur mer en Acadie[147], un organisme à but non lucratif « dédié à l’éducation et à la diffusion de la musique classique en milieu minoritaire francophone »[148],[149].
Leblason des armoiries du Nouveau-Brunswick a été accordé par la reineVictoria en 1868. Lecimier et ladevise ont été accordés par le lieutenant-gouverneur en 1966 et les autres éléments des armoiries ont été accordés par la reineÉlisabeth II le à l'occasion d'une visite àFredericton. Lelion symbolise le lien avec l'Angleterre. Le navire représente la situation maritime de la province tout en rappelant son industrie deconstruction navale[153].
Ladevise provinciale est« Spem Reduxit », qui signifie « L'espoir fut restauré » enlatin[154]. L'emblème floral est laviolette cucullée (Viola cucullata)[154]. Letartan provincial a été adopté en 1969[154]. Lamésange à tête noire (Poecile atricapillus) fut proclamée oiseau-emblème en août 1983, à la suite d'un concours organisé par la Fédération des naturalistes du Nouveau-Brunswick[154]. Le, lesapin baumier(Abies balsamea) est devenu l'emblème arboricole provincial, pour sa présence dans les forêts et son importance autant pour l'industrie des pâtes et papier que pour la tradition de l'arbre de Noël[154].
↑Pour ce congrès, L'Acadie des terres et forêts signifiait le nord-ouest du Nouveau-Brunswick (comtés de Madawaska, Victoria, Restigouche), le comté d'Aroostook dans le Maine, et le comté de Témiscouata au Québec
↑H. Mack (1925):Überblick über die Geschichte der Stadt Braunschweig, in: F. Fuhse (ed.),Vaterländische Geschichten und Denkwürdigkeiten der Lande Braunschweig und Hannover, Band 1: Braunschweig,3e édition, Brunswick, Appelhans Verlag,p. 34.
↑Voir à ce sujet Naomi E.S. Griffiths,The Acadian deportation: deliberate perfidy or cruel necessity?, Copp Clark Pub. Co, 1969, qui présente les avis divergents émanant de plusieurs historiens.Plus récemment[C'est-à-dire ?] plusieurs auteurs ont proclamé que la déportation des Acadiens constituait une préfiguration d'épuration ethnique. See John Mack Faragher,A great and noble scheme: the tragic story of the expulsion of the French Acadians from their Acadian homeland, New York: W.W. Norton, 2005; 562 pages(ISBN0-393-05135-8).
↑Jean-François MouhotLes Réfugiés acadiens en France (1758-1785): L'Impossible Réintégration?, Québec, Septentrion, 2009, 456 p.(ISBN2-89448-513-1); Ernest Martin (1936)Les Exilés Acadiens en France et leur établissement dans le Poitou, Paris, Hachette, 1936
↑Michel Poirier,Les Acadiens aux îles Saint-Pierre et Miquelon 1758-1828, Moncton, NB: Les Éditions d'Acadie, 1984
↑Esther Clark Wright,Planters and Pioneers, Nova Scotia, 1749-1775, Hantsport, NS: Lancelot Press, 1978
↑Esther Clark Wright,The Loyalists of New Brunswick, 1940,p. 111.
↑Réal Fradette, « Péninsule: début des travaux préparatoires de la nouvelle route 11 », dansL'Acadie Nouvelle, 30 août 2008[lire en ligne (page consultée le 17 décembre 2008)].