La chanson est uneballade décrivant le point de vue de deux amants qui vivent un amour que la société n'accepte pas. Le texte comporte undouble sens, commeJean-Claude Pascal le confirmera plus tard : les amants en question sont en fait des homosexuels, et l'homosexualité est encore discrète dans de nombreux pays occidentaux dans les années 1960. Cette nuance est subtilement distillée par le texte (rédigé de telle manière qu'on ne peut savoir si le chanteur s'adresse à un homme ou à une femme), et la plus grande partie du public ne la perçoit pas à l'époque[1],[2],[3]. Cependant, Jacqueline Joubert, présentatrice de l'Eurovision 1961, usera de sarcasmes au moment de remettre le prix au chanteur. Elle qualifie la chanson de "vengeresse" et semble s'amuser du fait que le prix soit remis à l'artiste par une très belle jeune femme, la danseuse Thessa Beaumont[4].
Elle est intégralement interprétée enfrançais, une des langues nationales du Luxembourg, comme le voulait la tradition avant 1966.
Il s'agit de la quatorzième chanson interprétée lors de la soirée, aprèsDario Campeotto qui représentait leDanemark avecAngelique et avantThe Allisons qui représentaient leRoyaume-Uni avecAre You Sure?. À l'issue du vote, elle a obtenu 31 points, se classant1re sur 16 chansons[5],[1] et permettant ainsi au Luxembourg d'atteindre le rare exploit de passer de la dernière à la première place dans les années successives.
↑Jean-Claude Pascal, acteur-chanteur,Hexagone Gay :« Ce que ses contemporains ne savent pas, à part le cercle averti des milieux homosexuels, c'est que les paroles de cette chanson ont été écrites pour dénoncer la répression contre les amours homosexuelles [...]. Mais ces paroles sont aussi prémonitoires car elles annoncent que “l'heure va sonner des nuits moins difficiles - et je pourrai t'aimer sans qu'on en parle en ville.…”. Jean-Claude Pascal reconnaîtra bien plus tard, cette belle farce qu'il a joué[e] à cette société qui n'y a vu que du feu… de l'amour, bien entendu. »
↑Dans sonDictionnaire des codes homosexuels : de A à H (Éditions L'Harmattan, 2008,p. 45),Philippe Ariño, voit, dans les paroles de cette chanson, des allusions à l'homosexualité :« Le personnage homosexuel se qualifie de personne "amoureuse" plutôt que d'"homosexuelle" pour éviter de se définir, de regarder ses propres actes, et d'aimer sur la durée. »