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| Notker le Bègue | |
Atelier deSaint-Gall,Xe siècle. | |
| bienheureux,moine,hymnographe | |
|---|---|
| Date de naissance | v.840 |
| Lieu de naissance | Jonschwil,royaume alaman |
| Date de décès | |
| Lieu de décès | abbaye de Saint-Gall,Francie orientale |
| Ordre religieux | Ordre de Saint-Benoît |
| Vénéré à | abbaye de Saint-Gall |
| Béatification | 1512 parJules II |
| Vénéré par | Église catholique romaine,Église orthodoxe |
| Fête | 7 avril |
| Attributs | bâton, habit bénédictin, livre dans une main et bâton dans l'autre avec lequel il frappe lediable |
| Saint patron | musiciens, également invoqué contre le bégaiement |
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Notker le Bègue (enlatinNotker Balbulus), ouNotker de Saint-Gall, né vers840, mort le, est unmoine de l'abbaye bénédictine de Saint-Gall,musicien,écrivain,poète, surtout connu pour ses travaux musicaux, et également considéré comme l'auteur desGesta Karoli Magni, recueil d'anecdotes sur la vie deCharlemagne dont certaines bénéficient encore d'une assez grande notoriété.
Notker est issu d'une famille aisée de la région deSaint-Gall, probablement deJonschwil, sur laThur, au sud deWil (Elgg est évoqué par d'autres sources[Lesquelles ?]). Il étudie à l'école monastique de Saint-Gall, où enseignentIso de Saint-Gall (de) († 871)[1] etMoengall (ancien abbé deBangor), dont il commente les textes. Il y devient l'ami deTutilo.
Devenu moine à Saint-Gall, il y acquiert une renommée commeprofesseur. Il est également cité commebibliothécaire en 890 et comme maître d'hôtes de 892 à 894[2].
Ekkehard IV, biographe des moines de Saint-Gall, fait son éloge et le dit : « délicat de corps mais pas d'esprit, hésitant par la langue mais pas par l'esprit, avançant avec courage dans les domaines du divin, instrument duSaint Esprit sans égal en son temps ».
Il rédige son œuvre littéraire essentiellement entre 880 et 888[3].
Il meurt en 912.
Il est béatifié en 1512 par le papeJules II.


Notker est surtout connu pour ses travaux musicaux réunis en unLiber Ymnorum (c'est-à-direLiber hymnorum : « Livre deshymnes ») : en fait,tropes etséquences, à l'origine desquels étaient des poèmes de naturemnémotechnique, servant à retenir la succession des notes chantées, dans lechant grégorien, lorsque celui-ci présente unmélisme (une vocalise), notamment celle de l'Alleluia[1]. L'hymneMedia Vita lui fut ainsi attribuée de façon erronée à la fin duMoyen Âge.
Ekkehard IV parle de cinquante séquences dont Notker serait l'auteur. Il doit à cela d'avoir été longtemps considéré comme l'inventeur de la séquence, nouveauté de la liturgie religieuse de son temps, mais cette théorie a été depuis remise en cause, bien qu'il ait introduit le genre enGermanie. Une coutume (probablement d'origine para-liturgique ou profane) consistait en particulier, à prolonger, dans laMesse avant l'Évangile, la vocalise finale de l'Alleluia, lejubilus, appelé aussi, en français, "jubilation". Notker apprit (pour seconder une mémoire déficiente comme la sienne nous annonce-t-il) à faire correspondre les syllabes d'un texte enlatin aux notes constituant ce développement. Cela devint d'abord « Séquence d'Alleluia » (« Ce qui suit l'Alleluia ») mais s'appliqua ensuite à toutes sortes de prières chantées. Vers 884, Notker dédia un recueil de telles pièces à l'évêqueLiutward de Verceil, en lui précisant le motif de sa composition de séquences dans la préface[1].

Il complète également leFragment d'Erchanbert, et laisse unmartyrologe, uneVita sancti Galli (Vie desaint Gall en forme deprosimetrum (qui fait donc alterner passages en prose et passages versifiés), ainsi qu'uneNotatio de viris illustribus (« Écrits sur les hommes illustres », sorte d'introduction à la littérature théologique) et divers opuscules.
On lui attribue désormaisles Hauts Faits de Charlemagne (Gesta Karoli Magni), dédiés àCharles le Gros, dont l'auteur se désigne comme "moine de Saint-Gall" (Monachus Sangallensis). Quelques autres indications que donne l'auteur sur lui-même rendent vraisemblable l'attribution de l'œuvre à Notker. Il s'agit en réalité d'un recueil d'anecdotes, conservé de manière incomplète, et qui reflète une vision idéalisée de Charles, hagiographique plus qu'historique. L'ouvrage comprend une introduction et deux livres : le premier rassemble 22 anecdotes sur la piété de Charlemagne, le second 10 anecdotes sur des opérations militaires. Un troisième livre annoncé sur la vie privée de l'empereur n'a pas été écrit ou n'a pas été conservé. Dans son ouvrage, il évoque l'école du palais, dans laquelle Charlemagne est censé avoir loué les enfants pauvres pour leur bon travail et rabroué les fils de nobles pour leur négligence[4].