Depuis 2016, la population de Norilsk ne cesse d'augmenter. En 2017, pour la première fois, les migrations vers la ville dépassent les sorties. En 2018, selonKrasnoïarskstat[pas clair], la croissance naturelle de la population s'élève à 1357 personnes : 2381 personnes sont nées, 1024 personnes sont décédées. Sa population s'élevait à 182 701 habitants en2021.
Première maison en rondins de bois construite à Norilsk.
Leurs découvertes comblent largement leurs attentes mais les bouleversements de laRévolution russe vont rapidement les atteindre. Ils sont enrolés dans l'armée blanche de l'amiralAlexandre Koltchak qui contrôle la Sibérie et qui commence à s'intéresser au potentiel stratégique et économique de la région de Norilsk. Sotnikov et Ourvantsev repartent donc dans leurs expéditions du Grand Nord sibérien mais à leur retour, les Bolchéviques ont renversé Koltchak et exécutent Sotnikov. Ourvantsev, lui, prend la tête d'une nouvelle expédition qui s'étale sur une bonne partie des années 1920. Il s'installe dans ce qui va devenir Norilsk à l'occasion de plusieurs hivernages, avec la construction des premiers bâtiments rudimentaires, dont uneisba qui existe toujours[2]. Surtout, les prospections témoignent toutes de l'immense potentiel géologique et minier du territoire, ce qui vaut à Ourvantsev d'être décoré de l'ordre de Lénine[4].
Dans les années 1930, la décision de bâtir cette ville-usine est prise parStaline afin d'exploiter ces minerais pour l'Industrie de l'armement. Le dirigeant soviétique souhaite également que l'État s'investisse davantage dans le Grand Nord russe. Il signe en 1935 un décret secret qui fonde le goulag de Norilsk sous le nom deNorillag, où sont dès lors convoyés des prisonniers chargés de sa construction[2].
Durant les deux décennies suivantes, 500 000 prisonniers (dont le franco-polonaisJacques Rossi[2]) seront contraints d'extraire les matières premières de la région (nickel,cuivre,cobalt etcharbon). Ils doivent aussi ériger la cité, que Staline désire d'un esthétisme proche de celui deLeningrad[5]. Évoluant dans un climat glacial particulièrement défavorable et soumis à des restrictions alimentaires, des dizaines de milliers de déportés y meurent. Pendant laSeconde Guerre mondiale, les minerais de Norilsk, alorsville secrète, alimentent l'industrie de guerre soviétique[6].
Norilsk accède au statut decommune urbaine en 1939 et à celui de ville en 1956.
Des déportés protestent contre leurs conditions de vie lors de plusieurs révoltes, mais celles-ci sont durement écrasées. En 1953, la mort de Staline conduit à l'abandon dutravail forcé. En 1956, Norilsk cesse d'être un goulag mais conserve certaines restrictions d'accès. Le camp est supprimé mais lesanciens prisonniers doivent être remplacés pour que le minerai nécessaire à l'industrie nationale continue d'être extrait. En dépit de la rigueur du climat et de l'éloignement de Norilsk, une politique de séduction à l'égard des travailleurs volontaires est alors lancée, vantant des salaires plus élevés que dans le reste du pays, des billets d'avions gratuits ou encore des infrastructures publiques de meilleure qualité[2].
Cette extension a fait bondir le chiffre de la population de Norilsk de 132 000 à 213 000 habitants, sans ralentir le déclin démographique de la ville, dans ses nouvelles limites administratives.
Ayant encore le statut deville fermée, Norilsk est d'accès réglementé.
Le 29 mai 2020, l'effondrement d'un réservoir de stockage de carburant provoque undéversement de 21 000 mètres cubes dediesel dans les rivières locales.
L'extraction dunickel, ducuivre, ducobalt et du charbon, la métallurgie et les centrales thermiques et hydroélectriques, constituent l'activité principale de la ville. La mine denickel est l'une des plus importantes de la cité. Le complexe sidérurgique et minier de Norilsk est le premier du monde[2].
Autour de Norilsk,100 000hectares detoundra ont été détruits par despluies acides et des gaz toxiques, au point que l'herbe n'y pousse plus. L'été, beaucoup debaies sauvages et dechampignons portent des traces demétaux lourds. Les habitants sont contraints de les faire bouillir s'ils veulent les consommer[2]. Il n'y a presque plus aucune végétation dans un rayon de trente kilomètres autour de la fonderie de Norilsk[10].
Contrairement aux immeubles du centre-ville de meilleure qualité, surnommées les « maisons de Staline », des bâtiments plus récents reposent directement sur lepermafrost, gelé depuis des siècles. Les conduites d'eau et de chauffage en mauvais état entrainent alors la fonte progressive du sol, affaissant de nombreux édifices[2] et libérant duméthane.
En 2016, l'eau de nettoyage d'une canalisation fuit dans la nature et provoque la coloration en rouge de la rivière Doldykane[11].
Le, unréservoir de diesel d'une centrale thermique appartenant à une filiale de Norilsk s'effondre, provoquant la fuite de 20 000 tonnes d'hydrocarbures. Les responsables tardent à réagir, mais la nouvelle de la pollution se répand sur les réseaux sociaux et l'état d'urgence est déclaré le. L'effondrement semble avoir été causé par la fonte dupergélisol. Le non respect des normes de sécurité parNorilsk Nickel a eu pour conséquence l'écoulement du diesel dans la rivière Ambarnaïa. En 2021, Norilsk Nickel est condamnée à une amende de 146,2 milliards de roubles, soit environ 1,6 milliard d'euros[12],[13].
La fermeture de l'usine de nickel en juin 2016 a constitué un pas important vers l'amélioration de la situation environnementale de la ville, et a permis de réduire les émissions annuelles de polluants de l'usine d'environ 400 000 tonnes.
Norilsk Nickel a déclaré que les émissions totales de ses activités en Russie étaient inférieures de 6 % en 2016 par rapport à 2015, principalement grâce à l'arrêt de la fonderie. Après l'achèvement d'un projet de grande envergure visant à moderniser le concentrateur de Talnakh, la capacité de l'entreprise a augmenté de plus de 30 %, passant de 7,6 à 10,2 millions de tonnes de minerai par an. En plus d'atteindre des taux de production plus élevés, l'objectif de la modernisation était également de réduire l'impact négatif sur l'environnement en augmentant la récupération du soufre du minerai aux résidus.
En 2017, Norilsk Nickel a annoncé avoir investi 14 milliards de dollars dans un important programme de développement visant à réduire les émissions de dioxyde de soufre à Norilsk de 75 % d'ici 2023, en prenant 2015 comme année de référence. L'une des plus grandes mesures prises pour lutter contre la pollution a été la fermeture de l'ancienne fonderie de Nornickel à Norilsk, principale source d'émissions deSO2[pas clair] dans les limites de la ville depuis 1942.
En 2018, Norilsk Nickel a annoncé le projet Sulfur, qui comprend la modernisation de l'usine de cuivre, située dans la ville, et la délocalisation de la production de cuivre blister vers l'usine de Nadezhda, en dehors de la ville. Le complexe de sport et de divertissement Arena de Norilsk dispose d'une salle d'exposition où l'on peut consulter des informations sur le programme Sulfur et les autres projets environnementaux de Norilsk Nickel.
En 2021, le projet Clean Norilsk a été lancé, avec le soutien du ministre fédéral des Ressources naturelles et de l'Écologie, Alexander Kozlov. L'objectif de cette initiative est de démolir environ 500 bâtiments et structures abandonnés, et d'éliminer environ 2 millions de mètres carrés de déchets industriels. Le projet Clean Norilsk a été inclus dans le programme environnemental national Clean Arctic.
La pollution a des effets graves : la population souffre davantage deproblèmes respiratoires ou dermatologiques, en particulier les enfants, si bien que l'espérance de vie y est de seulement 60 ans[2].
La ville a été conçue pour protéger ses habitants des rigueurs du climat. Les passages étroits entre les bâtiments font office de refuges en cas deblizzard. Les inscriptions des numéros sur les immeubles sont surdimensionnées pour faciliter le repérage en cas de tempêtes[2].
Comme dans les autres pays nordiques, la latitude élevée de Norilsk engendre une importante différence de lumière de jour entre l'hiver et l'été (nuit polaire de novembre à janvier, soleil presque jamais couché durant l'été)[2].
Les journées sont plus courtes au solstice d'hiver :
Une fois par mois, les jeunes de la ville se réunissent à la discothèque « Mekhanika ». C'est la seule opportunité, pour eux, de se rencontrer et de danser sur de lamusique moderne.
Fin janvier, les habitants ont pour coutume de célébrer la fête de laThéophanie (l'Épiphanieorthodoxe) par un bain des fidèles dans le lac de Norilsk. Une tradition qui réunit de nombreux habitants.
Le roman de Philip CarterLe secret des glaces (best-sellers,Robert Laffont, 2013), se déroule en partie à Norilsk.
Le roman deCaryl FéreyLëd (Les Arènes, 2021), se déroule à Norilsk[18], terrain dont il avait fait la reconnaissance dans son récitNorilsk (Paulsen, 2017).