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Le nomadisme est souvent associé à uneorganisation sociale de type tribal ou à ce que lesanthropologues appellent une « société segmentaire », c'est-à-dire une société structurée enlignages,clans,tribus et éventuellement confédérations tribales. De nos jours, seul ce type de sociétés pratique une économie nomade ou semi-nomade.
Certains groupes des peuplesRoms (parfois appelés tziganes), pratiquent également ce mode de vie, et d'autres groupes humains l'ont pratiqué dans un passé relativement récent et le pratiquent encore. Pour cela, les tziganes utilisaient en général desroulottes, et plus récemment descaravanes.
En Allemagne, en Suisse, en France et enAutriche, il existe ainsi un groupe de « Tsiganes blancs », lesYéniches dont lalangue semble être identique grammaticalement aux autres dialectes suisses alémaniques, l'origine du lexique mélange en revanche l'allemand, le romani, le yiddish et d'autres mots[1].
Campement de nomades Tibétains,Ngari méridional,Tibet.
En Norvège, et à un moindre degré enSuède et au Danemark, lesTaters ont souvent été confondus avec les Roms parce qu'ils étaient, comme ceux-ci, parfois employés à construire des routes et des chemins de fer. Leur nom vient d'une croyance selon laquelle ils seraient apparentés auxTatars.
Il y a enIrlande, auRoyaume-Uni et auxÉtats-Unis, un groupe appeléTravellers (« voyageurs ») ouIrish Gypsies (« Gitans irlandais »). EnÉcosse, on les appelleTinkers, de l'irlandaistinceard (« ferblantier »). Ce terme est devenu péjoratif, et le mot Irish Travellers est actuellement préféré, mais ils se nomment eux-mêmesPavees. Ils ne sont pas reliés génétiquement aux Rom, mais leur culture nomade a été influencée par ceux-ci. Leur langue, leshelta, est basée principalement sur un lexique gaélique et une grammaire basée sur l'anglais, avec des influences romani.
Récemment, de nouveaux groupes nomades sont apparus enEurope, constitués pour la plupart de musiciens jouant des musiques électroniques, dans la mouvancetechno.
Lesnomades de la mer sont des populations d'Asie du Sud-Est qui vivent sur des bateaux.
On désigne par « semi-nomadisme », des modes de vie intermédiaires, connaissant une pluralité de lieux de résidence, mais en nombre limité et sur des emplacements prédéterminés. En général, il s'agit de l'association d'une résidence principale et d'un ou plusieurs lieux de résidence secondaire, utilisés de façon régulière, pour une période restreinte, souvent au moment de latranshumance estivale dans les sociétés pratiquant l'élevage extensif.
L'apparition d'une résidence principalepeut être le fait d'une sédentarisation forcée, comme ce fut le cas lors du mouvement de collectivisation des terres dans les républiques ex-soviétiques[réf. nécessaire] d'Asie centrale. Le semi-nomadisme est ainsi le mode de vie de nombreux éleveurskazakhs et surtoutkirghizes.
En outre, les grandestranshumances estivales du monde moderne durant lesquelles les deux-tiers de l'Europe contemporaine se déplacent pour plusieurs semaines par an d'un bout à l'autre de l'Europe peuvent relever du mode de vie nomade car elles représentent une mobilité de masse.
LeXXe siècle a vu apparaître de nouveaux groupes nomades[2]. D'une part, certains individus se regroupent en communautés et pratiquent une nouvelle forme de nomadisme (ou de semi-nomadisme) pour le plaisir. D'autre part, certains groupessocio-professionnels soit sont contraints au nomadisme pour survivre, soit ont développé une activité nécessitant une vie nomade. Plusieurs exemples permettent de se rendre compte de l'importance de ces groupes.
Plusieurs communautés nomades ou semi-nomades sont nées auxÉtats-Unis, mais aussi à travers le monde, tels que lessnowbirds. Ce terme correspond aux Américains duCanada et du Nord des États-Unis qui passent tout ou partie de l'hiver dans desÉtats de laSun Belt dans descamping-cars. C'est un cas de semi-nomadisme car leur domicile d'été est fixe pour la plupart.
En France, Guilhem Chéron, cofondateur deLa Ruche qui dit Oui !, a présenté, lors duFestival d'Avignon dans le cadre des rencontres sur le thème « Le Monde d'après-demain » organisé parMediapart, son nouveau projet des « îles-prairies ». L'idée est de créer des lieux de vie écologiques et des lieux de culture et de sociabilisation pour des nouveaux nomades[3].
Nomadisme moderne dans la vie socio-professionnelle moderne
EnAmérique du Sud, après l'Europe, des milliers d'ouvriers et d'ingénieurs migrent pour construire desbarrages. Dès qu'un projet decentrale hydroélectrique voit le jour, ces travailleurs viennent et une ville éphémère naît autour du campement de ceux qui travaillent sur le barrage. Cela a été le cas, par exemple, pour lebarrage de Guri auVenezuela.
EnEurope, l'essor dunucléaire civil a eu pour conséquence la création d'une classe de travailleurs appelés lesnomades du nucléaire. Leur travail consiste à effectuer les tâches les plus dangereuses dans lesréacteurs, comme aller dans legénérateur de vapeur[4]. Ils vont et viennent d'un réacteur à l'autre en fonction de l'arrêt du cœur de celui-ci. Lors de l'arrêt de l'un d'eux, ces travailleurs viennent par centaines et s'installent de façon presque précaire dans des campings à proximité. À la reprise de l'activité du cœur, ils partent vers un autre réacteur pour effectuer les mêmes tâches sans pour autant dépasser la dose annuelle maximale de radiations admissible, qui est de20 mSv enFrance.
Les derniers nomades apparus sont des entrepreneurs voyageant afin de gérer sur place leur(s) société(s) et utilisant abondamment les technologiesnumériques nomades. Contrairement au premier cas, le nomadisme est pour eux une conséquence de leur réussite financière, et non pas une nécessité liée à leur emploi précaire et pas forcément choisi[5].
Certains voyagent à tel point qu'ils n'ont plus vraiment de « Home, Sweet Home » et n'ont plus de point d'attache[6].
Nomadisme en entreprise
Il ne faut pas oublier de mentionner le travailnomade enentreprise. Le travail nomade fait référence à toutes les formes de travail accomplies ailleurs qu'auposte de travail habituel dans l'entreprise. Il constitue d'ores et déjà une tendance lourde qui continue de fortement se développer. Le travail nomade ne se limite pas autélétravail à domicile. Tout collaborateur, quel que soit son profil, peut être concerné. Ainsi, tout salarié peut, à son échelle, développer des comportements nomades[7].
En 1912, les députés de laIIIe République votent une loi regroupant les personnes "présentant le caractère ethnique particulier aux romanichels, bohémiens, tziganes, gitanos" dans la catégorie administrative de "Nomades". Les populations concernées sont lesRoms, lesSinté, lesYéniches, lesGitans et les Voyageurs[9].
Isabelle Ohayon,La sédentarisation des Kazakhs dans l'URSS de Staline, collectivisation et changement social (1928-1945), Maisonneuve et Larose, Paris, 2006
Michel Maffesoli,Du nomadisme : Vagabondages initiatiques, La Table Ronde, 2006
Jones Lang LaSalle, Étude sur le travail nomade,, Paris, 32 pages
Managing “Climate Migration” in Mongolia: The Importance of Development Policies(ISBN978-3-319-14938-7)