LesNoctuidae (ouNoctuidés) constituent unefamille delépidoptères (papillons) majoritairement nocturnes.Ils représentent une des familles de lépidoptères les plus diversifiées, avec environ 12 000espèces décrites[1].
En français, les Noctuidae font partie des espèces appelées « noctuelles ». Ce terme s'applique aussi à certainsErebidae qui faisaient auparavant partie des Noctuidae.
Leschenilles de certains Noctuidae sont appelées « vers gris » dans les contextes où elles sont considérées commeravageurs.
N.B. Les différentsgenres de la famille des Noctuidae peuvent se trouver dans des taxons inférieurs (sous-familles, tribus, sous-tribus) différents selon les classifications et les recherches récentes.
Certaines anciennessous-familles des Noctuidae ont été élevées au rang defamilles (les anciens Nolinae et Euteliinae, désormais appelésNolidae etEuteliidae). D'autres sous-familles ont été réattribuées à la famille desErebidae.
Nombre de noctuidés semblent moins vulnérables aux pesticides, peut-être parce qu'ils sont cachés le jour, et donc mieux protégés du contact direct avec les insecticides lors des épandages. Par contre, beaucoup d'espèces, comme d'autres espèces nocturnes, sont affectées par le phénomène dit depollution lumineuse. Une étude[2] a montré que les grandes espèces de papillons sont surreprésentées parmi celles qui sont attirées par les lampes émettant dans les petites longueurs d'onde[2]. Cette attraction fatale peut avoir des effets en cascade sur labiodiversité et le fonctionnement des écosystèmes, par exemple à cause de la pollinisation qu'ils n'effectuent plus ou les prédateurs qui ne trouvent plus que de petites proies là où ces papillons régressent. Les auteurs estiment[2] que des lampes éclairant dans les grandes longueurs d'onde du spectre visible permettraient de diminuer l'impact de la pollution lumineuse sur ces espèces (et au-delà sur leurs prédateurs et niches écologiques).
La présence de papillons dans le milieu souterrain (grottes, mines) a été signalée pour la première fois en 1907[3] et a depuis lors souvent été citée dans les travauxbiospéologiques[4],[5],[6],[7]. En particulier, cinq espèces de Noctuidaetrogloxènes réguliers (outroglophiles) sont courantes en toutes saisons sur la voûte et les parois des cavités du Midi de la France (Ouest de l'Hérault. Elles appartiennent à quatre sous-familles : lesAcronictinae avec la Maure (Mormo maura), lesAmphipyrinae avec la Noctuelle diffuse (Amphipyra effusa), lesNoctuinae avec la Découpure (Scoliopteryx libatrix) et le Spectre (Apopestes spectrum) et lesHypeninae avec l’Hypène des ponts (Hypena obsitalis). On les trouve en posture de repos, soit engourdies et comme « léthargiques », soit demeurées actives et capables de voler[5],[6],[7]. Dans tous les cas, les chenilles se nourrissent obligatoirement à l’extérieur sur les plantes des bois et de la garrigue. Parmi les espèces étudiées,Amphipyra effusa paraît la mieux adaptée au milieu souterrain : elle se tient immobile, jusque dans la zone profonde, souvent à plus de 100 m de l’entrée, solitaire ou accouplée. La copulation, qui peut durer plusieurs semaines, ne s’accompagne que de déplacements minimes[8].
Les Noctuidés souterrains sont parfois découverts « moisis » et supportent des fructifications cryptogamiques qui, dans leur cas particulier, peuvent devenir monstrueuses par leurs formes et leur volume.
↑ab etcLangevelde, F. van; Ettema, J.A.; Donners, M.; Wallis de Vries, M.F.; Groenendijk, D.,Effect of spectral composition of artificial light on the attraction of moths ; Biological Conservation 2011 (2011)144. -(ISSN0006-3207) - p. 2274 - 2281 (résumé)
↑Banta, A. M., « - The Fauna of Mayfield,s Cave. »,Carnegie Inst. Washing, 67, 114 pp.,
↑Turquin, M. J.,-| Lepidoptera in Encyclopaedia biospeologica, Tome I., Moulis (CNRS)-Bucarest.,,p. 333-339
↑a etbLopez, A., avec F. Marcou, « - L’association pariétale des cavités de la Montagne noire (Hérault). »,Mém. Biospéol., 8, p. 17-25.,
↑a etbLopez & al., « – La « galerie des Papillons » (mine de Marcory : Copujol, Monts de Pardailhan, Hérault), son association pariétale et l’environnement végétal. »,Bull. Soc. Et. Sci. nat. Béziers, 15, 56, p. 53-59.,
↑a etbLopez, A., « – Lépidoptères souterrains du Midi de la France : Ouest de l’Hérault. »,Lambillionea, 96, 1, 2, p. 263-274.,
↑Lopez, A., « – Observations sur le Lépidoptère souterrain Pyrois effusa Boisduval, 1829 (Noctuidae) et sa biologie sexuelle. »,in Congrès Marrakech. Mém. Biospéol., 24, p. 71-76.,