Pour le Père Nithard, voirJohann Eberhard Nithard.
Pour le prince-évêque de Liège, voirNithard de Liège.
| Nom de naissance | Affilié auxPippinides par sa mère Berthe |
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| Naissance | Vers800 |
| Décès |
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| Activité principale |
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| Langue d’écriture | Latin |
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| Genres | Chroniques |
Œuvres principales
Histoire des fils de Louis le Pieux (842-843)
Compléments
Œuvre commandée par le roiCharles le Chauve
retranscription par écrit desSerments de Strasbourg en langue romane
Nithard (vers800 - †844 /845 ou858 /859), petit-fils deCharlemagne, est unchroniqueur franc. Il a retranscrit par écrit lesSerments de Strasbourg en langue romane considéré par certains comme « l'acte de naissance de lalangue française »[1],[2],[3].
Nithard est le fils deBerthe, fille deCharlemagne, et d'Angilbert[4], proche conseiller de Charlemagne et de son filsPépin d'Italie. Il eut un frère, Hartnid. Il semble que les enfants d'Angilbert et de Berthe soient nés hors mariage car Charlemagne s'opposait au mariage de ses filles[5],[6].
Nithard était donc le petit-fils de Charlemagne, le neveu de l'empereurLouis le Pieux et le cousin germain de ses trois filsLothaire,Louis II de Germanie etCharles II le Chauve.
Il fut, de ce fait, un membre important de l'aristocratie carolingienne et, à ce titre, prit part aux décisions, remplit plusieurs missions importantes et fut le témoin des querelles qui opposaient à la cour impériale les trois héritiers de Louis le Pieux.
Il fut un des conseillers deCharles II le Chauve après le partage de l'empire carolingien. Bien que laïc, il fut comme son père abbé de l'Abbaye de Saint-Riquier[4].
| Charlemagne | Hildegarde de Vintzgau | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Angilbert | Berthe | Louis le Pieux | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hartnid | Nithard | Lothaire | Louis II de Germanie | Charles II le Chauve | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Nithard fut nommé, comme son père Angilbert,comte de Ponthieu en814. Son autorité s'étendait sur le territoire compris entre le cours de laSomme au Sud et le cours de laCanche au nord. Sa mission était de défendre le littoral et l'arrière-pays des incursions Vikings qui s'intensifiaient à cette époque.
Il accéda à une date incertaine à la charge d'abbé (abbé laïc), de l'Abbaye de Saint-Riquier comme son père avant lui[7].
Ce fut l'un des principaux conseillers du jeuneCharles le Chauve, pour qui il accomplit des missions diplomatiques.
Il fut également un homme de guerre, qui prit part aux guerres entreCharles le Chauve etLothaire Ier : à labataille de Fontenoy en841, il commanda avec succès une aile de l’armée[8].
La date de sa mort est sujette à plusieurs hypothèses de la part des historiens spécialisés. Selon Joseph Calmette, Nithard aurait été tué durant une bataille opposantCharles le Chauve àPépin II d'Aquitaine le[9] près d'Angoulême. Hypothèse reprise par G. Bührer-Thierry et Ch. Mériaux[10]. D'autres historiens avancent la date du dans une bataille contre les Vikings[11]. Une autre hypothèse replace la mort de Nithard à l'année858-859 en luttant contre les Vikings lors de leurs ravages enNeustrie et enAmiénois[12],[13].
Les causes de sa mort sont par contre certaines. Son crâne porte les stigmates d'un coup de hache mortel porté lors d'un combat[14].
D’après laChronique de l'abbaye de Saint-Riquier d’Hariulf, il a été enseveli dans un sarcophage à Saint-Riquier aux côtés de son père. Leurs ossements sont retrouvés dans ce sarcophage en pierre d'Asnières sous le portail de l'abbatiale, lors de fouilles de sauvetage dirigées par le professeur Honoré Bernard, en[14].AuXIe siècle, à l'occasion de fouilles organisées par l'abbé de Saint-RiquierGervin, qui recherchait le tombeau d'Angilbert, la dépouille de Nithard fut redécouverte sous le portique de l'église[15]. Un des moines, un certain Mico, inscrivit une longue épitaphe sur son tombeau[16].
Les ossements supposés de Nithard, découverts en 1989 sur le parvis de l'abbatiale de Saint-Riquier, furent confiés à un anthropologue puis égarés pendant plusieurs années. Ils furent retrouvés à l'automne2011 dans un carton entreposé dans les combles de l'abbaye[17]. Après leur consolidation auCentre archéologique départemental deRibemont-sur-Ancre, le président duConseil général de la Somme les a restitués à la commune deSaint-Riquier, le[18]. L'identification reposait principalement sur une entaille observée sur le crâne, mais cet indice ne constituait pas une réelle démonstration.
En 2017, des analyses de datation de ces ossements furent réalisées. Elles mirent en évidence le fait que ces ossements ne pouvaient être ceux de Nithard[Note 1], comme le confirma la direction régionale des affaires culturelles[19].
Il fut l'un des rares historiens de son époque, avecÉginhard, qui ne soit pas homme d'Église. À la demande deCharles II le Chauve, il entreprit en841 de « fixer par écrit, pour la postérité, le récit des événements de son temps » par sonHistoire des fils de Louis le Pieux en latin, en quatre livres, qui vont de la mort deCharlemagne en 814 jusqu’en 843.
Il y traite d'événements dont il a été témoin oculaire et participant. Son œuvre tend à justifier la politique de Charles le Chauve qui n’avait, selon lui, aucune responsabilité dans les troubles de l’époque, qui résultaient des faiblesses de Louis le Pieux et des machinations deLothaire Ier.
SelonKarl Ferdinand Werner, sonHistoire des fils de Louis le Pieux a la valeur de véritables Mémoires politiques[20].
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