Nikolaï Stepanovitch Goumilev (enrusse :Никола́й Степа́нович Гумилёв), né le3 avril 1886 (dans le calendrier grégorien) àKronstadt et mort le près deSaint-Pétersbourg, est unpoèterusse influent, fondateur du mouvement poétique appeléacméisme. Époux de la célèbre poétesseAnna Akhmatova, il est le père de l'historienLev Goumilev. Son nom de famille compte de nombreuses variantes orthographiques : en anglaisGumilev,Goumilov,Goemilov,Goemiljow,Gumilyov, en français vieilliGoumileff,Gumileff, etc.
Né à Kronstadt, sur l'île de Kotline, Nikolaï est le fils de Stepan Iakovlevitch Goumilev (1836-1910), médecin de marine, et d'Anna Ivanovna Lvova (1854-1942). Il fait ses études secondaires aulycée de Tsarskoïe Selo, où il a notamment pour professeur le poète symbolisteInnokenti Annenski.
Le premier de ses poèmes à être publié paraît en : « Я в лес бежал из городов » (« J'ai fui les villes pour rejoindre la forêt »). Son premier recueil,La Route des conquistadors, est publié en 1905 ; ses poèmes portent sur des sujets exotiques :girafes dulac Tchad,crocodiles deCaracalla, etc. La plupart des critiques juge ce recueil bâclé.
En 1907, Goumilev voyage fréquemment en Europe, notamment enItalie et en France. Son recueilFleurs romantiques paraît en 1908. À Paris, il publie la revue littéraireSirius, dont trois numéros seulement paraissent. À son retour en Russie, il est l'un des fondateurs et des principaux contributeurs d’Apollon, revue de l'avant-garde poétique russe au cours des années qui précèdent laPremière Guerre mondiale. C'est à cette époque qu'il tombe amoureux deCherubina de Gabriak(en), qui s'avère n'être que le pseudonyme de deux poètes : Elisaveta Ivanovna Dmitrieva etMaximilian Volochine. Goumilev se bat en duel avec ce dernier le ; aucun des duellistes n'est blessé.
N'ayant jamais dissimulé le mépris qu'il porte auxbolcheviks, il est arrêté en1921 pour« complot monarchiste » dans ce que les historiens considèrent comme une des premières affaires montées de toutes pièces par laTcheka. Goumilev fut condamné sans procès au peloton d'exécution[1]. Il est exécuté enaoût1921 en compagnie des autres membres de laconspiration de Tagantsev.
Je suivais une rue inconnue Quand soudain j'entendis les corbeaux croasser, Les sons d'un luth, de lointains grondements, Devant moi filait un tramway.
Comment je me retrouvais sur le marchepied Fut une énigme pour moi, Même à la lumière du jour Il laissait une traînée de feu.
Il filait -tempête noire ailée, Il s'était égaré dans l'abîme des temps... « Arrêtez, conducteur, arrêtez, Arrêtez le wagon sur-le-champ. »
Trop tard! Nous avons contourné le mur, Nous avons traversé une palmeraie; Sur la Néva, le Nil, la Seine, Nos roues sur trois ponts ont grondé...
↑Ewa Berard-Zarzyska et collectif,Art et poésie russes 1900-1930 Textes choisis, Paris, Centre Pompidou-Troels Andersen,,p. 135.
↑texte en russe : Заблудившийся трамвайШел я по улице незнакомой И вдруг услышал вороний грай, И звоны лютни, и дальние громы, Передо мною летел трамвай.Как я вскочил на его подножку, Было загадкою для меня, В воздухе огненную дорожку Он оставлял и при свете дня.Мчался он бурей темной, крылатой, Он заблудился в бездне времен… Остановите, вагоновожатый, Остановите сейчас вагон.Поздно. Уж мы обогнули стену, Мы проскочили сквозь рощу пальм, Через Неву, через Нил и Сену Мы прогремели по трем мостам.