Pour les articles homonymes, voirDefrêcheux.
| Naissance | Liège |
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| Décès | (à 49 ans) Liège |
| Activité principale | |
| Distinctions | Membre de laSociété de langue et de littérature wallonnes |
| Langue d’écriture | français,wallon liégeois |
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| Genres |
Nicolas Defrecheux, parfois orthographié Defrêcheux[note 1], né le àLiège où il meurt le, est un écrivain et poète wallon de renom.
Élève doué, Defrecheux entame des études aucollège Saint-Quirin deHuy, avant de poursuivre àLiège et àVisé. Attiré par l'Université, il doit quitter des études d'ingénieur des mines pour subvenir aux besoins de sa famille, à la suite du décès de son père[1]. Il exerce alors plusieurs métiers, dont celui d'employé aux établissements de laSociété des Mines et Fonderies de Zinc de la Vieille-Montagne. Après son mariage, en1851, il travaille dans la boulangerie de sa belle-famille.
En1854, Nicolas Defrecheux propose la publication d'un texte en wallon auJournal de Liège :Lèyîz-m' plorer, qui paraît le23 juin, devient d'emblée un succès populaire. Ce texte raconte le désespoir d'un homme face à la mort de celle qu'il aimait. La chanson, rapidement mise en musique, est éditée à des tirages exceptionnels pour l'époque. Elle bouleverse le peuple et renouvelle soudainement lalittérature wallonne, qui n'était encore le plus souvent une littérature circonstancielle. Elle devient un classique de la littérature wallonne et connaît plusieurs rééditions.
En1856, Defrecheux s'inscrit au concours de la Société philanthropique des Vrais Liégeois, à l'occasion du25e anniversaire de règne deLéopold Ier. Il y proposeL'avez-v' vèyou passer ?, un cråmignon dont l'écriture et le vocabulaire sont de grande qualité.
En1860, il devient secrétaire du recteur de l'université de Liège puis obtient le poste d'appariteur de la faculté de Médecine. Il continue à composer et collabore auxAlmanachs de Mathieu Laensbergh, dont il signe les parties wallonnes de1857 à1874. Il participe également auDictionnaire des spots et proverbes deJoseph Dejardin.
C'est son succès qui encourage la création d'une Société littéraire entièrement dévouée à la cause littéraire wallonne : laSociété liégeoise de littérature wallonne, qui deviendra plus tardSociété de langue et de littérature wallonnes.
En1861, son poèmeMès deûs lingadjes traite du rapport complexe entre la langue française et la langue wallonne au cœur de la société liégeoise.
Il meurt dans la commune deHerstal, en 1874, à l'âge de 49 ans. Il est inhumé auCimetière de Robermont àLiège.

SelonEdmund Gosse, il est à son époque« le seul parmi les poètes wallons à manifester un tempérament d'artiste et non simplement d'improvisateur »[2],[note 2].
Dans sonAnthologie de la littérature wallonne,Maurice Piron l'épingle comme étant« le plus connu des poètes dialectaux de Wallonie. [...] Defrêcheux n'en constitue pas moins un fait d'influence capital, un tournant décisif dans l'évolution de nos lettres dialectales »[3].

De nombreux hommages ont été rendus à la mémoire de Nicolas Defrecheux :
Plusieurs villes et communes lui ont consacré une rue, c'est le cas àLiège, àGrâce-Hollogne, àHerstal, àHeusy, àLouvain-La-Neuve, àSchaerbeek (voirRue Nicolas Defrêcheux).
À Liège, vers1895, un projet d'édification de monument à la mémoire de l'auteur avait été mis sur pied. Le projet final rassemblait quatre allégories et plusieurs personnages issus des poèmes de Defrecheux, ainsi que le portrait de l'auteur en médaillon. Finalement, seule l'allégorie nomméeLa Légende a vu le jour. À l'heure actuelle, elle est toujours située au cœur duparc de la Boverie à Liège[4].
Édith Piaf, lors d'une tournée à Liège avecLes Compagnons de la chanson (vers 1947), avait entendu cette chanson et en avait été bouleversée. Elle l'interprète en wallon liégeois dans l'un de ses disques et en a également réalisé une version adaptée en français, sous le titreGilles a perdu [sic][5]. On retrouve également cette chanson sur son album CD "Piaf chante Piaf", produit en 2005, accompagnée de la mention "Folklore hollandais" (sic). Ce titre, que l'on retrouve inscrit tel quel sur la pochette du disque, peut surprendre mais il s'agit d'une transposition littérale de la version wallonneDji l'a pièrdou (je l'ai perdue), pour tenter de conserver les sonorités. Edith Piaf ne le mentionne pas dans l'enregistrement sonore.
De nombreux artistes wallons reconnus ont interprété cette chanson célèbre, parmi lesquelsJules Bastin.
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