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Nicolas Beaujon

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Nicolas Beaujon
Nicolas Beaujon, 1784
Fonctions
Conseiller d'État
Fermier général
Biographie
Naissance
Décès
Activités
Autres informations
Propriétaire de
Distinctions

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Nicolas Beaujon, né àBordeaux le et mort àParis le, est un importantfinancierfrançais duXVIIIe siècle.

Biographie

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Famille protestante et bourgeoise

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Son père, Jean Beaujon, se marie avec Thérèse Delmestre en 1713 dans la paroisse de Mérignac. Les deux familles sontprotestantes et originaires de l'Agenais. En 1715, Jean Beaujon acquiert le droit de bourgeoisie.

Le 28 février 1718, à 6 heures du matin, paroisse Saint-Pierre àBordeaux, Nicolas naît au 11 de la rue du Parlement-Saint-Catherine, à l’angle de la rue Métivier, dans l’imposanthôtel particulier de ses parents[1] qui appartenait auparavant à la famille Delmestre[2].

Négociant en céréales

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Associé de bonne heure aux affaires de son père, il est envoyé en 1740 en Bretagne, pour procéder à des achats de céréales pour le ravitaillement duLimousin, dont l'intendantAubert de Tourny l'a chargé. Lorsque ce dernier devientintendant à Bordeaux, il fait de nouveau appel à la famille Beaujon pour l'approvisionnement de laGuyenne à l'occasion de la disette qui ravage la région en 1747-1748. Jean Beaujon étant mort en 1745, c'est Nicolas qui gère cette affaire[2]. La réputation qu'il acquiert à cette occasion aide l'intendant Tourny à demander pour lui des lettres de noblesse en 1750.

Carrière dans la finance

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En 1748, il est nommé directeur de lachambre de commerce de Guyenne. L'année 1753 marque un tournant décisif dans sa carrière. C'est à cette date qu'il s'installe définitivement à Paris, s'affirmant dans le monde de la Cour et de la haute finance par son mariage avec Louise Elisabeth Bontemps, fille deLouis Bontemps, ancien premier valet de chambre ordinaire deLouis XV, gouverneur du palais des Tuileries, nièce du maréchal de Varenne et cousine des fermiers générauxAnge Laurent Lalive de Jully (1725-1779) etHonoré Chambon.

Nomméreceveur des finances de lagénéralité de Rouen et ayant mené ses opérations financières avec succès, il accède à un poste très important en 1770, celui de banquier du Roi et de la Cour, puisfermier général etconseiller d'État sousLouis XV.

Jacques Necker (1732-1804), ministre deLouis XVI, réduisant par l'édit d' le nombre dereceveurs généraux des finances de quarante-huit à douze, Nicolas Beaujon paye la somme d'un million delivres afin d'être l'un de ces douze receveurs. Il est donc maintenu comme receveur général des finances de lagénéralité de La Rochelle durant vingt-cinq années. L'édit d' crée quarante-huit nouveaux offices de receveurs généraux des finances, et Beaujon est pourvu de celui créé pour les années impaires en lagénéralité de Rouen, bien plus importante que celle de La Rochelle.Contrairement à ce que certains auteurs écrivent[Lesquels ?]cette charge est acquise en 1781[réf. nécessaire], et non en 1761. Il achète celle nouvelle charge940 000 livres qu'il paye àJoseph Micault d'Harvelay, garde duTrésor royal.

Il fait réaliser son portrait parÉlisabeth Vigée Le Brun, la portraitiste de la reineMarie-Antoinette.

Les immeubles de Nicolas Beaujon

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Sous le règne deLouis XV se forme unegrande bourgeoisie vivant comme la haute noblesse. Ses membres "sont banquiers, financiers, négociants. Ils n'investissent pas dans la terre, mais dans le commerce et dans l'industrie. Eux aussi étalent un luxe débordant et sans mesure. À Paris, M. de Beaujon, banquier de la cour, le financierLa Reynière et le banquierPerregaux étonnent l'Europe entière du faste de leur résidences et de la splendeur de leurs réceptions."[3] L'art de vivre de cette nouvelle « société d'argent » imite et rivalise alors avec celle des grands aristocrates.

L'hôtel d'Évreux

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En1773, Beaujon achète l'hôtel d'Évreux (actuelpalais de l'Élysée), qu'il conserve jusqu'au 12 août1786, date à laquelle il le vend àJoseph Duruey, alors banquier du ministère des Affaires étrangères, pour la somme de 1,1 million de livres, qui s'empresse le lendemain de lerevendre en viager àLouis XVI[4]. Il fait transformer l'hôtel par l'architecteÉtienne-Louis Boullée. Il fait notamment prolonger l'aile des Petits Appartements vers les Champs-Élysées et aménager une galerie pour exposer sa superbe collection de tableaux, parmi lesquelsLa Bohémienne deFrans Hals etLes Ambassadeurs deHans Holbein. Il fait également réaménager le parc à l'anglaise.

Les talents de l'architecteÉtienne-Louis Boullée servirent les ambitions de Nicolas Beaujon dans la réalisation de quelques aménagements et embellissements de l'hôtel d'Evreux qu'il venait d'acquérir. Le, l'abbéJoseph Marie Terray, contrôleur général des finances, fut spécialement commis pour vendre à Beaujon, au nom du roi Louis XV, l'hôtel, les jardins et dépendances ainsi que les meubles, glaces, ornements et autres effets mobiliers destinés à l'usage de l'hôtel ou des jardins et dépendances. L'acte de vente stipulait que Beaujon ne pouvait emménager dans l'hôtel avant le, car les lieux étaient occupés par le Garde-meuble de la Couronne depuis 1768, le temps que la construction parAnge-Jacques Gabriel (1698-1782) du bâtiment de la place Louis XV, prévu à cet effet, soit achevée. Le financier pouvait cependant jouir des jardins et des lieux non occupés. La vente est faite moyennant la somme d'un million de livres remise au garde du Trésor Royal. Ce contrat de vente révèle l'histoire de ce palais, construit au début duXVIIIe siècle, et le nom des prestigieux propriétaires auxquels Nicolas Beaujon succédait (Louis Henri de La Tour d'Auvergne,Madame de Pompadour).

La Folie Beaujon

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Lachartreuse de laFolie Beaujon, en 1830.

À partir de 1781, l'architecteNicolas-Claude Girardin construit pour Nicolas Beaujon laFolie Beaujon, sur un domaine qui occupait douze hectares entre le faubourg du Roule et l'Étoile, au croisement des actuellesrue Balzac et deFriedland (qui jusqu'en 1864 s'appelait boulevard Beaujon). Unerue Beaujon percée en1842 se trouve à proximité. C'était une architecture à la mode de l'époque : une folie avec de petits appartements galants, escalier secret, porte dérobée. C'est dans une dépendance de cettefolie qu'Honoré de Balzac fait aménager son dernier « palais » (au 22 de l'actuelle rue Balzac). L'ensemble a été détruit.

Beaujon y ajoute un hospice destiné aux enfants pauvres, fondé en1784 dans un bâtiment dont l'entrée se trouve actuellement au 208rue du Faubourg-Saint-Honoré. L'institution elle-même est devenue l'hôpital Beaujon, migré àClichy.

La collection de Nicolas Beaujon

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Le statut de haut financier de Nicolas Beaujon exigeait le train de vie d'un grand seigneur ; il se distinguait par l'accumulation de somptueuses demeures magnifiquement décorées où il pouvait s'adonner à sa passion, la collection d'œuvres d'art.

Issu d'une famille bordelaise de négociants en grains, l'ambition, le travail et l'intelligence lui permettent d'arriver au rang des plus grands. Doté d'un goût sûr et s'entourant de gens avisés, Nicolas Beaujon rassemble en l'hôtel d'Évreux, actuelpalais de l'Élysée, une collection qui fit sa gloire et contribua à sa grande renommée.

Nicolas Beaujon parLouis-Michel van Loo (1748-55)
(Chaalis, Musée de l'Abbaye royale de Chaalis)

Une carrière menée avec un succès éclatant, les honneurs, l'estime et la satisfaction de tous, les premiers d'entre eux étant Louis XV et Louis XVI, Nicolas Beaujon était un homme parfaitement accompli. Il mit sa grande fortune au service des œuvres de bienfaisance et de l'art, ainsi que l'exigeait sa position, suivant les pas des grands financiers duXVIIIe siècle.

Sans atteindre l'ampleur ni la qualité des collections rassemblées par les financiersRandon de Boisset ouAugustin Blondel de Gagny, la collection réunie par Nicolas Beaujon à l'hôtel d'Évreux suscitait l'admiration de ses contemporains qui énuméraient les peintures de maîtres, les bronzes dorés et les porcelaines qui ornaient ses appartements tandis que la baronne d'Oberkirch s'émerveillait devant l'ameublement de la Chartreuse où elle ne relevait que« des meubles anciens et des vernis-Martin admirables ».

Beaujon forma une partie de sa collection à partir des grandes ventes aux enchères de célèbres collectionneurs, organisées durant le dernier quart duXVIIIe siècle. Son choix se portait généralement sur des tableaux, avec une préférence marquée pour ceux de l'école des Pays-Bas : reflet d'une époque où les collectionneurs étaient particulièrement attirés par les peintures flamandes ethollandaises duXVIIe siècle.

L'école française occupait également une place importante dans la collection de tableaux de Nicolas Beaujon. Son goût s'était porté sur les grands peintres d'histoire duXVIIe siècle classique et il était également très friand des peintres des « fêtes galantes » qui côtoyaient les sujets mythologiques.

Les grands maîtres italiens de la Renaissance figuraient aussi dans la collection du financier. Quant aux objets d'art, Nicolas Beaujon n'en acheta que très peu dans ces ventes parisiennes, il semble qu'il se soit directement adressé à son architecteÉtienne-Louis Boullée, qui prévoyait les moindres détails de la décoration intérieure de ses appartements, ou aux marchands merciers, chez qui se vendaient toutes sortes de curiosités.

Beaujon avait réuni une collection de porcelaines d'une incroyable variété de formes et de couleurs qui produisaient un effet des plus élégant dans ses intérieurs : Japon, Chine, Sèvres, Saxe, etc. Des objets montés en granit, porphyre et albâtre agrémentaient sa collection.

Il collectionnait également les sculptures de marbre de célèbres artistes duXVIIIe siècle, des pendules signées d'excellents horlogers, des petits bronzes, ses contemporains évoquaient« l'éblouissement de cristaux de roche, de lustres en bronze et de girandoles, de bras, de feux et de flambeaux en bronze doré ».Des meubles exceptionnels provenant de la collection de Nicolas Beaujon furent redécouverts : une table de Martin Carlin, en laque du Japon, supportant un plateau de cent soixante et onze échantillons de marbres différents, conservée à la fondation Calouste Gulbenkian à Lisbonne, et un ensemble composé d'une commode portant l'estampille deJoseph Baumhauer et de deux secrétaires en armoire dont un est conservé àWaddesdon Manor, en sycomore peint réalisés sous l'investigation de son architecte Étienne-Louis Boullée.

La collection de Nicolas Beaujon était représentative du meilleur goût de son époque dominée par lenéoclassicisme, sans être avant-gardiste, il avait su s'entourer des tableaux et objets d'art les plus en vogue. Il ne pouvait en être autrement pour un grand financier. Mais Nicolas Beaujon n'était pas un vulgaire « suiveur » de mode, son goût sûr lui permit d'aménager ses intérieurs de façon élégante et harmonieuse. Il était savamment conseillé par son architecte Étienne Louis Boullée, qui prenait sous la dictée les volontés de son client, Boullée intervenait à tous les stades de la décoration de l'hôtel d'Evreux.

Hommage

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Rues portant son nom :

Notes et références

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Cet article comprend des extraits duDictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre desrègles de neutralité de Wikipédia.
  1. Cadish, « Un Nicolas à l’Élysée… déjà »,Sud Ouest,‎(ISSN 1760-6454,lire en ligne, consulté le)
  2. a etbPaul Butel relaté par Sylvia Marzagalli et Hubert Bonin,Négoce, ports et océans,XVIe – XXe siècles, Pessac, Presses Universitaires de Bordeaux,,p. 15, Ascension sociale et mobilité de la famille Beaujon auxXVIIe – XVIIIe siècles
  3. Jean deViguerie,Louis XVI: le roi bienfaisant, Rocher,(ISBN 978-2-268-04506-1),p. 191
  4. Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, Paris, 1939,p. 131 et suiv. — sur Gallica.

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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