La new wave est l'un des genres musicaux popularisés dans les années 1980 où synthétiseurs et boites à rythmes se font très présents[20] ; il se concrétise surMTV[21], et la popularité de nombreux artistes issus de cette scène est due à la popularité du genre présenté sur la chaîne. Au milieu des années 1980, elle commence à se mélanger avec d'autres genres musicaux[21],[22]. La new wave revient dans lesannées 1990, grâce à la« nostalgie » des artistes et fans du genre. Ce revirement n'est aperçu réellement qu'à partir de 2004 ; de ce fait, la new wave a influencé d'autres genres musicaux[9],[10],[11],[23],[24],[25],[26].
Blondie, 1976. De gauche à droite : Gary Valentine, Clem Burke, Deborah Harry, Chris Stein et Jimmy Destri.
La nature de la musique new wave est le sujet de nombreuses controverses et confusions. Ladiscographie deWho's New Wave in Music en 1985 liste des artistes dans plus de 130 catégories séparées[27]. LeNewRolling Stone Encyclopedia of Rock utilise le terme de« pratiquement dénuée de sens » dans sa définition de la new wave[28], tandis que le siteAllMusic mentionne une« diversité stylistique »[3].
La new wave est initialement identifiée sous la catégorie de musique rock dans lesannées 1970, par des critiques comme Nick Kent et Dave Marsh pour classifier des groupes originaires de New York commeVelvet Underground etNew York Dolls[29]. Il gagne une identité plus large en 1976 lorsqu'il apparaît dans desfanzines commeSniffin' Glue et autres magazines commeMelody Maker etNew Musical Express[30]. Dans un article datant de deMelody Maker, Caroline Coon utilise le terme deMalcolm McLaren,« new wave » pour décrire la musique de groupes musicaux qui ne sont pas catégoriséspunk, mais qui y sont liés et qui font partie de la même scène musicale[31]. Le terme est également utilisé par le journalisteCharles Shaar Murray dans sa critique surThe Boomtown Rats[32]. Pendant une courte période, entre 1976 et 1977, les termes de new wave et de punk deviennent en quelque sorte interchangeables[22],[33]. Fin 1977,« new wave » est remplacé par le terme« punk » dans sa définition de la nouvellemusique underground auRoyaume-Uni[30]. AuxÉtats-Unis, Seymour Stein, croyant que le terme« punk » qualifiait les ventes médiocres de son labelSire Records au clubCBGB, où apparaissent des groupes commeBlondie etThe B-52's, et lance une campagne« Don't Call It Punk » militant pour le remplacement du terme punk par celui de« new wave »[34].
Bernard Sumner, chanteur deNew Order et auparavant guitariste et aux synthétiseurs avecJoy Division.
La new wave, qui débute à la fin desannées 1970 pour s'éteindre vers 1986, est née du regain de créativité durock en 1978-1979 et de la nouvelle vague dessynthétiseurs et desboites à rythmes devenus accessibles aux jeunes musiciens ; la générationpost-punk ayant digéré l'influence d'artistes et de groupes novateurs majeurs tels queDavid Bowie,Klaus Nomi,Roxy Music,Brian Eno etKraftwerk. Courant musical à l'avant-garde durant les années 1980, plutôt européen et surtout britannique, la new wave se caractérisa comme étant un mouvement branché et underground grâce à des labels indépendants tel queFactory pourJoy Division,New Order etOrchestral Manoeuvres in the Dark ou Beggars Banquet pourGary Numan (ainsi que son premier groupe Tubeway Army)
EnAllemagne, il s'agit deNeue deutsche Welle (« nouvelle vague allemande », ou NDW)[36]. La new wave allemande a été particulièrement productive, avec des groupes commeAlphaville,DAF, Der Plan,Andreas Dorau,Spider Murphy Gang et le label Ata Tak,Palais Schaumburg, Die Tanzdiele,Grauzone, Xmal Deutschland. Der Plan se démarque par son côté onirique voire surréaliste dans sa première époque, l'emploi de synthétiseurs déjantés (de type Moog et analogiques), de boîtes à rythmes aux sons lourds, d'effetsvocoder sur les voix.
Le son new wave représente à la fin desannées 1970 une direction différente par rapport aux musiquesblues etrock 'n' roll de la fin desannées 1960 et durock du milieu desannées 1970. D'après le critique musicalSimon Reynolds, les musiciens de new wave jouaient souvent de la guitare rythmique houleuse à un tempo rapide. Les claviers démarraient ou arrêtaient la structure et la mélodie des chansons. Reynolds note que les chants de new wave paraissaienthauts, geeky et de banlieue[38]. La nervosité ringarde était une caractéristique des fans et de groupes commeTalking Heads,Devo etElvis Costello. Elle comprenait une forme de danse robotique, des voix aigües nerveuses, des costumes et de grosses lunettes[39]. La majorité des groupes de new wave masculins américains à la fin des années 1970 sont composés de blancs de classe moyenne, et critiquaient intentionnellement d'une manière ringarde leur« blancheur »[40]. La scènepub rock au milieu des années 1970 se compose de nombreux groupes new wave commeIan Dury,Nick Lowe,Eddie and the Hot Rods etDr. Feelgood[41].
Les auteurs-interprètes, commeElvis Costello,Joe Jackson,Graham Parker etBilly Idol, étaient« colériques »,« intelligents », et s'« intéressaient à la musique pop à l'attitude sardonique et l'énergie et agressive et intense du punk » faisaient partie de la scène new wave[42]. Un revirement britannique duska et du2 tone, dirigé parThe Specials sont plus politiquement conscients que les genres new wave.Madness,The Beat/English Beat, etSelecter sont associés à ce revirement[43].
Au-delà des discographies individuelles des artistes, on peut citer les productions du magazineFlexipop qui publia, joints au magazine papier, des disques (7 pouces flexi) voire des cassettes audio ou des albums vinyle.Ces productions sont regroupées sur plusieurs albums, difficilement trouvables aujourd'hui[Quand ?][réf. nécessaire].
↑a etb(en)The Death of New Wave, Theo Cateforis Assistant Professor of Music History and Cultures in the Department of Art and Music Histories, Syracuse University, 2009.
Guillaume Gilles,L'esthétique New Wave, Éditions : Camion Blanc, 2006,(ISBN978-2-9101-9648-6), ouvrage qui présente les influences et la naissance de la new wave, ainsi qu'une série d'analyses des albums et chansons clefs du genre.
Frédéric Thébault,Génération Extrême - 1975-1982, du punk à la cold-wave, Éditions : Camion Blanc, 2005, ouvrage présentant un panorama des mouvements musicaux de l'époque.
Christophe Bourseiller,Génération Chaos - Punk, New Wave 1975 - 1981,Éditions Denoël, 2008, ouvrage présentant un panorama des mouvements musicaux de l'époque.