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Nathalie Sarraute

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Pour les articles homonymes, voirSarraute.

Nathalie Sarraute
Portrait parFernand Michaud, festival d'Avignon, 1986.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Natasha Ilinitchna Tcherniak
Surnom
Tachok
Nationalités
Formation
Activités
Période d'activité
À partir deVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Raymond Sarraute(d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Autres informations
Mouvement
Distinctions
Œuvres principales
signature de Nathalie Sarraute
Signature.

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

Nathalie Sarraute, née Natalia Ilinitchna Tcherniak le àIvanovo-Voznessensk (Russie) et morte le àParis 16e (France), est unefemme de lettres française d'originerusse. Elle est l'une des figures duNouveau roman à partir de la publication deL'Ère du soupçon en 1956.

Biographie

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Origines

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Natalia Ilinitchna Tcherniak naît le[1] àIvanovo-Voznessensk, près deMoscou, dans une famille de la bourgeoisiejuive assimilée, aisée et cultivée. Ses parents, Ilya Tcherniak et Pauline Chatounowski, divorcent alors qu'elle est âgée de deux ans.

Jeunesse

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Sa mère l'emmène vivre avec elle àGenève, puis àParis, où elles habitentrue Flatters, dans lecinquième arrondissement. Natalia va à l'école maternelle larue des Feuillantines.

Chaque année, elle passe deux[2] mois avec son père, soit en Russie, soit en Suisse. Ensuite elle ira de nouveau vivre en Russie, àSaint-Pétersbourg, avec sa mère et le nouveau mari de celle-ci, Nicolas Boretzki.

Ilya Tcherniak, le père de Nathalie, qui connaît des difficultés en Russie du fait de ses opinions politiques, sera quant à lui contraint d'émigrer à Paris. Il crée une usine de matières colorantes àVanves. La jeune fille grandit ainsi près de son père à Paris et avec Véra, la seconde femme de son père, et bientôt avec sa demi-sœur Hélène, dite Lili. Cette période, entre 1909 et 1917, sera difficilement vécue par elle.

Études

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Elle reçoit une éducation cosmopolite et, avant de trouver sa voie, poursuit des études diverses : elle étudie parallèlement l'anglais et l'histoire àOxford, ensuite lasociologie àBerlin, puis fait des études dedroit àParis. Elle devientavocate, et s'inscrit au barreau de Paris.

Carrière

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Le àParis 6e, elle épouse Raymond Sarraute,avocat.

Parallèlement, Nathalie Sarraute découvre la littérature duXXe siècle, spécialement avecMarcel Proust,James Joyce etVirginia Woolf, qui bouleversent sa conception duroman. En 1932, elle écrit les premiers textes de ce qui deviendra le recueil de courts textesTropismes dans lequel elle analyse les réactions physiques spontanées imperceptibles, très ténues, en réponse à une stimulation :« mouvements indéfinissables qui glissent très rapidement aux limites de la conscience ; ils sont à l'origine de nos gestes, de nos paroles, des sentiments que nous manifestons, que nous croyons éprouver et qu'il est possible de définir ».Tropismes sera publié en 1939 et salué parJean-Paul Sartre etMax Jacob.

En 1940, elle est radiée du barreau à la suite deslois anti-juives et décide de se consacrer à lalittérature. Pendant laSeconde Guerre mondiale, elle héberge un tempsSamuel Beckett, dramaturge du théâtre de« l'absurde » recherché par laGestapo pour ses activités derésistance. Elle réussira à rester en Île-de-France non sans se plier à plusieurs changements d'adresse et à l'usage defaux papiers ; elle est contrainte de divorcer en 1941 pour protéger son mari d'une radiation du barreau.

En 1947,Jean-Paul Sartre écrit la préface dePortrait d'un inconnu, qui sera publié un an après par Robert Marin. Il lui faudra attendre la publication deMartereau (1953) pour commencer à connaître le succès. Le livre paraît chezGallimard et elle restera désormais fidèle à cette maison d'édition.

En 1960, elle compte au nombre des signataires duManifeste des 121, titré « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans laguerre d’Algérie ».

En 1964, elle reçoit leprix international de littérature pour son romanLes Fruits d'or[3].

Parallèlement à son œuvre romanesque, elle commence à écrire pour le théâtre, répondant à une proposition deWerner Spies d’écrire une pièce radiophonique pour la Süddeutscher Rundfunk[4].Le Silence paraîtra en1964,Le Mensonge deux ans plus tard. SuivrontIsma,C'est beau,Elle est là etPour un oui ou pour un non. Ces pièces suscitent rapidement l'intérêt des metteurs en scène.

Ainsi,Claude Régy créeIsma en 1970, puisC'est beau en 1975 etElle est là en1980 ;Jean-Louis Barrault crée en 1967Le Silence etLe Mensonge à l'Odéon, pièces que montera plus tardJacques Lassalle (1993) pour l'inauguration duVieux Colombier en tant que deuxième salle de laComédie-Française.

Simone Benmussa adapte son autobiographieEnfance pour la scène (1984), à Paris (théâtre du Rond-Point), puis à New York sous le titreChildhood (1985) et crée ensuitePour un oui ou pour un non[5]. Benmussa réalise aussi le filmPortrait de Nathalie Sarraute, avec l'auteure[6], sélectionné dansPerspectives du cinéma français pour lefestival de Cannes de 1978.

En 1989 paraîtTu ne t’aimes pas, roman dans lequel certains critiques voient la quintessence de la démarche romanesque élaborée par l’autrice au fil de ses œuvres. Elle y porte à leur degré extrême un certain nombre de procédés formels mis en œuvre dans ses romans antérieurs, tels que la« décontextualisation », la fragmentation du discours, et la« prédominance du dialogue »[7].

Décès

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Nathalie Sarraute meurt dans le16e arrondissement de Paris[8] le alors qu'elle dit travailler à une septième pièce. Elle est inhumée àChérence, dans leVal-d'Oise.

Descendance et vie privée

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De son union avec Raymond Sarraute naissent trois enfants :Claude (1927-2023), journaliste, romancière et comédienne,Anne (1930-2008), assistante de réalisation, chef monteuse et secrétaire de rédaction deLa Quinzaine littéraire, et Dominique (née en 1933), photographe.

Elle fut la belle-mère du journaliste américainStanley Karnow, deChristophe Tzara (fils de l'écrivainTristan Tzara) et la belle-mère de l'académicien Jean-François Revel.

Elle est la grand-mère du haut fonctionnaireNicolas Revel.

Elle a longtemps vécu 12avenue Pierre-Ier-de-Serbie, dans un appartement situé au premier étage[9].

Les enjeux de l'écriture

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En 1956, Nathalie Sarraute publiel'Ère du soupçon, essai sur la littérature qui récuse les conventions traditionnelles duroman. Elle y décrit notamment la nature novatrice des œuvres de Woolf, deKafka, deProust, deJoyce et deDostoïevski. Elle devient alors, avecAlain Robbe-Grillet,Michel Butor ou encoreClaude Simon, une figure de proue du courant duNouveau Roman, courant assez hétérogène où les seules positions communes sont le rejet du récit moderne hérité duXIXe siècle et le souci de la recherche formelle.

Sarraute ambitionne d'atteindre une« matière anonyme comme le sang »[10], veut révéler« le non-dit, le non-avoué », tout l'univers de la« sous-conversation »[11]. Les mots, le temps de leur énonciation, figent ce qu'ils nomment, et installent une conversation dans une routine inauthentique. Nathalie Sarraute veut défaire ces constructions mensongères et illusoires[12]. Elle veut mettre en jeu les « innombrables petits crimes » que provoquent sur nous les paroles d'autrui. Il ne s'agit pas vraiment de mensonges, mais ils sont imposés par le langage lui-même[11].

Le terme « tropisme », emprunté au langage scientifique, désigne l'orientation des plantes en fonction de leur milieu. Chez Sarraute, qui a intitulé sa première publicationTropismes, ce vocable renvoie à des mouvements intérieurs presque insensibles dus à des causes extérieures : phrases stéréotypées, conventions sociales. Sous la banalité apparente de ces conventions langagières, il existe en effet des rapports humains complexes, des sentiments intenses, voire violents (sensations d'enfermement, d'angoisse, de panique). Sarraute les décrit comme des mouvements instinctifs, déclenchés par la présence d'autrui ou par les paroles des autres.Tropismes, refusé par Gallimard et par Grasset, ne sera reconnu par la critique qu'une quinzaine d'années après sa parution.

En 1983, Sarraute publieEnfance, qui fait revivre le monde disparu des émigrés russes à Paris au début duXXe siècle. Dans ce recueil de scènes isolées, l'auteure s'efforce de retrouver ce qui constitue sa personnalité, s'attachant en particulier à reconstituer ses premières rencontres avec les mots, le plaisir de la lecture et l'activité introspective de l'écriture. Écriture à deux voix, ce texte se présente sous la forme d'un dialogue entre l'écrivain et son double, qui soumet l'entreprise autobiographique à un contrôle à la fois constant et rigoureux.

Filiation flaubertienne

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L’article que Sarraute consacre à Flaubert en 1965, et qu’elle intitule significativement « Flaubert le précurseur », contient une revendication explicite de filiation, étayée sur une analyse aiguë de l’œuvre. Évoquant essentiellementMadame Bovary, qui synthétise à ses yeux la poétique flaubertienne, Sarraute déclare que

« cet élément neuf, cette réalité inconnue dont Flaubert, le premier, a fait la substance de son œuvre, c’est ce qu’on a nommé depuis l’inauthentique[13]. »

Le romanesque tend alors à s’identifier non seulement à l’extraordinaire, au merveilleux et à l’extravagant, mais à l’illusoire, au factice, à ce que Nathalie Sarraute appelle, à propos de Flaubert, l’inauthentique, cet imaginaire en trompe-l’œil qui caractérise par exemple le rapport au monde d’Emma ou de Frédéric. C’est cette tradition du désenchantement romantique qui met en avant la part de mensonge et de fausseté du romanesque. Tout le sérieux du roman, à l’âge d’or du réalisme auXIXe siècle, résiderait dans ce qui échappe au romanesque, dans l’ambition de représenter la société telle qu’elle est et de se faire porteur d’un savoir sur le monde et sur l’homme[14].

Œuvres

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Romans

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Théâtre

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Essais

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Récit autobiographique

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Livres audio

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Lus par l'autrice

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  • Tropismes,L'Usage de la parole, 1h10 (CD), lu avecMadeleine Renaud,« La Bibliothèque des voix »,des femmes-Antoinette Fouque, Paris,1981 (2004).(EAN 3328140020243)
  • Coffret hommage à Nathalie Sarraute :Tropismes,Entre la vie et la mort,L’Usage de la parole,Tu ne t’aimes pas,Ici (CD MP3), 15h18, « La Bibliothèque des voix »,des femmes-Antoinette Fouque, Paris,2009.(EAN 3328140021202)
  • Tropismes,1h09 (livre audio numérique), lu avecIsabelle Huppert etMadeleine Renaud, « La Bibliothèque des voix »,des femmes-Antoinette Fouque, Paris,2020.
  • Entre la vie et la mort, 5h32 (livre audio numérique), « La Bibliothèque des voix »,des femmes-Antoinette Fouque, Paris, 2020.
  • Ici, 1h06 (livre audio numérique), « La Bibliothèque des voix »,des femmes-Antoinette Fouque, Paris, 2020.
  • Tu ne t'aimes pas, 4h30 (livre audio numérique), « La Bibliothèque des voix »,des femmes-Antoinette Fouque, Paris, 2020.
  • L'Usage de la parole, 3h03 (livre audio numérique), « La Bibliothèque des voix »,des femmes-Antoinette Fouque, Paris, 2020.

Lu par des interprètes

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Entrevues avec

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Critiques

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Revues

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Articles et chapitres d’ouvrage (sélection)

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Hommage

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Le filmSans toit ni loi, sorti en 1985, est dédié à Nathalie Sarraute[15].

Une esplanade, séparant la halle Pajol de larue Pajol, dans le18e arrondissement de Paris, est nomméeEsplanade Nathalie-Sarraute en[16].

Notes et références

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  1. D'après laBibliothèque nationale de France, catalogue BN-Opale-plus, fiche FRBNF11923722 créée le 3 novembre 1976, dans sa mise à jour du 15 février 2006.
  2. Selon la chronologie donnée dansPour un oui ou pour un non,coll. « Folio Théâtre ».
  3. Jacqueline Piatier, « Nathalie Sarraute remporte le Prix international des éditeurs », surLe Monde,
  4. Joëlle Chambon, « Nathalie Sarraute : du roman au théâtre en passant par la radio »,doit.org.
  5. Création mondiale à New York par Simone Benmussa sous le titreFor no good reason en 1985 ; création en France authéâtre du Rond-Point en 1986.
  6. Production Centre Georges-Pompidou et Éditions Gallimard.
  7. Lucie Jauvin, « L’autoportrait virtuel et universel de Nathalie Sarraute »,Études françaises,vol. 29,no 3,‎,p. 181-182(lire en ligne).
  8. Insee, « Acte de décès de Natalie Tcherniak », surMatchID.
  9. (en) John Taylor,Paths to Contemporary French Literature, volume 2, Transaction Publishers, 2009(ISBN 978-0-7658-0370-2).
  10. Il[le lecteur] est plongé et maintenu jusqu’au bout dans une matière anonyme comme le sang, dans un magma sans nom, sans contour. dans L'Ère du soupçon.
  11. a etbNathalie Sarraute appelle « sous-conversation » les phénomènes sensibles et fluctuants issus des dialogues :Emotion et sous-conversation: des tropismes sarrautiens à la sémiotique dialogique.
  12. Préface deArnaud Rykner dePour un oui ou pour un non en Folio Théâtre.
  13. Voir surbooks.openedition.org.
  14. Balzac, dans l’avant-propos de laComédie humaine, Zola et le projet des Rougon-Macquart.
  15. « Sans toit ni loi : Retour sur le plus grand succès d'Agnès Varda », surPremiere.fr,(consulté le)
  16. Paris La Chapelle - Inauguration de l'esplanade Nathalie Sarraute 7/11/2013.

Voir aussi

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Liens externes

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  • remue.net - et les liens donnés sur la page.

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