Unnanar est, dans leregistre familier, unfilm qui possède tant de défauts qu'il en devient involontairement ridicule etcomique. Ce n'est pas exactement la même chose qu'unnavet.
Bien qu'il n'existe pas de définition officielle de ce qu'est un « nanar », on le distingue généralement du « navet » par sa capacité à divertir : le nanar amuse par ses défauts, tandis que le navet est simplement ennuyeux (en référence au goût fade dulégume du même nom)[1].
Le terme « nanar » est cependant parfois utilisé abusivement pour désigner tous les films sans intérêt ; il fait alors double emploi avec le terme de « navet », auquel il devrait s'opposer[2]. Le nanar est également parfois confondu à tort avec lecinéma bis ; or, des productions du cinéma bis peuvent être considérées comme de « bons films » et desfilms à gros budget peuvent aussi être considérés comme des nanars.
On peut aussi employer le mot « nanar » commeadjectif dans tout ce qui est drôle, car mauvais. Par exemple, parler d'un livre « nanar » pour un livre qui fait rire parce qu'il est très mal écrit, ou d'unjeu vidéo « nanar » car mal programmé et truffé d'éléments insensés[6].
Quelques réalisateurs américains sont largement considérés comme desnanar realisator (des réalisateurs de nanars), notammentEd Wood qui est connu pour ses films à petit budget ainsi que pour ses erreurs techniques dans ses films, comme les mauvais effets spéciaux[7].
Selon Antonio Dominguez Leiva et Simon Laperrière, auteurs du livreÉloge de la nanarophilie, l'origine de la pratique du visionnage de nanars, ou« nanarophilie », se trouve dans le mouvementsurréaliste[9].
Les surréalistes cherchent volontairement au cinéma tout ce qui relève du « bizarre », c'est-à-dire ce qui est contraire au « bongoût », et vagabondaient de salle en salle en quête de moments nanars. Ils évitaient le « bon cinéma » ou le cinéma reconnu par la critique. Leiva et Laperrière soutiennent que le nanar naît avant tout dans le regard du spectateur, qui jouit d'un mauvais film au lieu de simplement s'ennuyer ou s'irriter[9].
Certains films sont volontairement réalisés comme des « nanars », constituant des formes deparodies qui se donnent l'air sérieux sans l'être (humourpince-sans-rire), et qui se distinguent des nanars « involontaires » dus à un manque de moyens assumé[10].
Une société de production commeTroma, pionnière du genre, a de nombreux nanars volontaires à son actif. La sociétéThe Asylum, plus récente, se distingue par son utilisation massive d'images de synthèse[10].
Jean-Marie Pallardy, réalisateur français de nombreux nanars (dont une grande partie érotiques), auteur entre autres deVivre pour survivre, filmfranco-turc considéré comme l'un des plus grands nanars de tous les temps par le site spécialiséNanarland[11].
Max Pécas, qui a la réputation d'être un grand réalisateur de nanars français, même si de nombreux amateurs ne sont pas d'accord avec cette idée : Pécas n'a d'ailleurs qu'un seul film chroniqué sur Nanarland, où son auteur est qualifié de« roi dunavet » plutôt que de « roi du nanar »[14].
Howard Vernon, ancien second couteau dont la carrière a progressivement dérivé vers lasérie Z.
Norbert Moutier, réalisateur semi-amateur dont les films auto-produits et auto-édités ont eu initialement une diffusion plus que confidentielle et réunissant des personnalités liées aucinéma bis.
Marius Lesœur, fondateur de la firmeEurociné, qui produisit un grand nombre de films à très petits budgets, souvent en coproduction avec l'Espagne.
Paul Naschy, réalisateur espagnol. SelonOlivier Père, ses films sont des aberrations avec des starlettes aux poitrines généreusement dénudées, des longues scènes où il ne se passe rien, des trucages miteux et des acteurs égarés[15].
Ed Wood, surnommé « le plus mauvais réalisateur de tous les temps » ; ses films sont considérés comme des classiques du nanar, en particulier le célèbrePlan 9 from Outer Space[21].
The Asylum, société de production spécialisée dans les « mockbusters » (plagiats de films hollywoodiens), ainsi que des films exploitant l’image de cette société, « producteurs de mauvais films »[22].
Chuck Norris, ancien champion de karaté, devenu star de films d'action sécuritaires à petit ou moyen budget[23]. Célèbre pour avoir fait l'objet demèmes Internet parodiant à l'extrême ses personnages surcompétents.
Steven Seagal, ancien praticien d'aïkido, sorte de rival de Chuck Norris mais une catégorie en dessous[24].
Jean-Claude Van Damme (né belge), rival de Chuck Norrismais une catégorie en dessous[non neutre], célèbre pour ses interviews délirantes mêlantfranglais et concepts philosophiques déconcertants[25].
Tommy Wiseau, acteur et auteur du film culteThe Room, le seul à ce jour à être diffusé sous forme deMidnight Movie aprèsEraserhead. Célèbre pour sa personnalité excentrique, comme ses films.
Fred Williamson, ancien basketteur et figure de proue de lablaxploitation ayant beaucoup œuvré dans la série B et Z.
Al Adamson, réalisateur de films à budget très réduits, souvent mélangés avec des morceaux de films préexistants commeDracula contre Frankenstein, et embauchant des acteurs considérés comme « has been ».
Cynthia Rothrock, artiste martiale ayant joué dans de nombreuses séries B hongkongaises.
Roger Corman, surnommé « le pape de la série B » qui produisit de nombreux nanars.
Andy Sidaris, qui réalisa des films d'action « sexy » à petit budget, en embauchant exclusivement desplaymates et en mettant des membres de sa famille à divers postes.
David Winters, ancien chorégraphe deBroadway qui produisit et réalisa de nombreux films à très petit budget.
Godfrey Ho (de son vrai nom Ho Chi Keung, « Godfrey Ho » étant son pseudo le plus connu), réalisateurhongkongais de films d'arts martiaux (très souvent impliquant desninjas) souvent considérés comme des nanars. Il a par ailleurs beaucoup utilisé la technique du « 2 en 1 » qui consiste à produire plusieurs films à partir d'un unique tournage, souvent sans en prévenir les équipes et les acteurs, bien qu'il ait nié avoir fait appel à ces techniques dans ses interviews.
Joseph Lai, qui a travaillé avec Godfrey Ho et qui a notamment fondé la sociétéIFD, responsable de nombreux films considérés comme des nanars, dont desfilms d'animation produits enCorée du Sud.
Bruce Lee, acteur célèbre été imité dans des films deBruceploitation, des films destinés à imiter les films de Bruce Lee dans les années qui suivirent sa mort.
Cüneyt Arkın, le« Alain Delon turc », star de nombreux nanars turcs dans les années 1980-1990 dont notammentDünyayı Kurtaran Adam (appelé aussi « Turkish Star Wars » car réutilisant des images volées àGeorge Lucas), un film turc devenu culte et considéré également comme l'un des plus grands nanars de tous les temps[26].
Weng Weng, acteurnainphilippin ayant joué dans des films très appréciés des amateurs de nanars (semi-parodies deJames Bond aux titres évocateurs comme007 1/2 ouFor Your Height Only[27]).
Teddy Page, réalisateur philippin vraisemblablement mort en 2008. Il travaillait avec des acteurs européens et américains de seconde zone qui avaient échoué aux Philippines, et n'avait que de faibles budgets pour imiter desfilms d'action américains[28].
Santo, catcheur mexicain ayant fait une carrière d'acteur dans des films d'exploitation, où il joue partiellement son propre rôle et incarne des redresseurs de torts.
Plusieurs sites internet et émissions télévisées se sont spécialisées dans la chronique des nanars, commeNanarland en France[29].Escale à Nanarland est une émission consacrée à ce type de films, diffusée sur le siteAllociné en collaboration avec l'équipe du site Nanarland et arrêtée depuis le[30].
Depuis 2017, la chaîne Arte propose sur son site internet la websérie « Nanaroscope ». Deux saisons sont disponibles pour des épisodes durant entre 7 et 10 minutes[31].
Mystery Science Theater 3000 est une émission de télévision humoristique américaine dans laquelle étaient diffusés des nanars, régulièrement ponctués des interventions d'acteurs plaisantant sur les défauts de ces films[32].