NagasakiÉcouterⓘ(長崎市,Nagasaki-shi?,litt. « longue pointe »,-shi signifiant ville) est uneville japonaise, capitale de lapréfecture homonyme sur l'île deKyushu. En 2020, elle compte 406 005 habitants.
Fondée dans la seconde moitié duXVIe siècle, c'était à l'origine un village isolé. C'est l'arrivée d'explorateurs européens au milieu duXVIe siècle, quand un navireportugais s'échoua accidentellement sur les rives deTanega-shima en 1543, qui en provoqua la naissance et l'essor. LemissionnairejésuiteFrançois Xavier y arriva en 1549 et il visitaHirado en 1550 où les marchands portugais s'établirent initialement avec le patronage deMatsura Takanobu. Initialement tolérant, il expulse cependant les jésuites de son domaine en 1558. Les Portugais cherchent un autre port où ils pourraient commercer et un autre seigneur,Ōmura Sumitada, leur offre refuge dans son domaine àYokoseura. Sumitada devient le premierdaimyō (chef de guerre) à seconvertir mais son cousin illégitime, Goto Takaakira, mena une révolte et détruisit Yokoseura. Sumitada établit alors un nouveau port à Nagasaki en 1571, date de fondation de la ville. En 1580, Ōmura Sumitada céda le port de Nagasaki et les territoires environnants à laCompagnie de Jésus dont le supérieur local était le pèreCôme de Torres, successeur immédiat de saintFrançois Xavier[1].
Le petit village portuaire grandit rapidement, et les produits importés à Nagasaki (comme letabac, lepain, les beignets — tempura, les gâteaux et les vêtements occidentaux) furent assimilés dans la culture populaire japonaise — la plupart d'entre eux ont d'ailleurs conservé leur nom d'origine portugaise comme les gâteaux de Nagasaki, lescastella. Les Portugais amenèrent aussi avec eux des marchandises d'originechinoise et les armes à feu. On parle de cette période comme laNagasaki portugaise(en) ou bienNagasaki ecclésiastique.
Les26 crucifixiés de Nagasaki marquent le début d'une répression sanglante contre les chrétiens (1597). Représentation d'Eustaquio Maria de Nenclares datant duXIXe siècle.
La prospérité de Nagasaki fut menacée en 1587 lorsqueHideyoshi Toyotomi arriva au pouvoir. Inquiété par l'influence deschrétiens dans le Sud duJapon, il ordonna l'expulsion de tous les missionnaires[2].Ōmura avait donné auxjésuites un contrôle administratif partiel de Nagasaki, et la ville retourna sous le contrôle impérial. Les chrétiens japonais et étrangers furent persécutés. En 1596, Hideyoshi fitcrucifier26 chrétiens à Nagasaki pour détruire toute tentative d'usurper son pouvoir. Toutefois, comme l'empereur ne fit pas bannir les marchands portugais, l'économie de la ville continua à prospérer.
Quand presque vingt ans après,Ieyasu Tokugawa prit le pouvoir, la situation ne s'améliora pas. Lechristianisme fut interdit en 1614 et tous les missionnaires furent déportés, ainsi que lesdaimyō qui ne renoncèrent pas à leur religion. Une campagne brutale de persécution s'ensuivit, avec des centaines de tués ou torturés à Nagasaki et dans d'autres parties du Japon. Les chrétiens offrirent une certaine résistance, en 1637 lors de l'insurrection de lapéninsule de Shimabara, à l'est de Nagasaki. Au nombre de 40 000, ils capturèrent le château d'Hara et humilièrent ledaimyō local. En réponse, leshogun envoya 120 000 soldats. Ce fut la fin du bref « siècle chrétien » au Japon. Ils durent pratiquer leur religion en secret, toujours victimes d'inquisitions occasionnelles (voir lesSeize martyrs de Nagasaki).
La frégateLa Guerrière commandée parl'amiral Roze en 1865 dans la baie de Nagasaki.
Pendant ce temps lesNéerlandais, appelésOranda-jin en japonais, continuèrent discrètement à exercer leurs affaires au Japon, ramenant même avec eux des Japonaises en Hollande. Malgré la politique officielle desshogun, désireux de mettre fin à l'influence étrangère dans le pays, les Hollandais démontrèrent qu'ils étaient intéressés surtout par le commerce, et prouvèrent leur engagement aux côtés des Tokugawa durant larébellion de Shimabara en ouvrant même le feu sur les chrétiens (catholiques) afin de venir en aide au pouvoir shogunal[3]. En 1641, on leur octroyaDejima, uneîle artificielle dans la baie de Nagasaki, afin que celle-ci serve de base à leur commerce et dans laquelle ils étaient confinés. Depuis cette date et jusqu'en 1855, les contacts du Japon avec le monde extérieur furent strictement limités à Nagasaki. En 1720, la censure qui frappait les livres néerlandais fut levée. Des centaines d'étudiants en profitèrent pour affluer vers Nagasaki pour étudier les sciences et les arts européens, appelésrangaku en japonais, c'est-à-dire science hollandaise.
Église des Vingt-Six-Martyrs de Nagasaki vers 1885.
Après que le commodoreMatthew Perry eut débarqué en 1853 dans la baie de Tokyo et imposé un traité d'ouverture commerciale par la menace, leJapon fut contraint d'ouvrir ses ports aux navires américains. Nagasaki devint un port libre en 1859. Avec larestauration Meiji, Nagasaki devait rapidement dominer d'un point de vue économique, notamment grâce à la construction de navires. Lors de la première reconstruction d'une église, des chrétiens japonais sortirent du secret dans lequel ils avaient vécu depuis leXVIIe siècle en se faisant connaître dupère Petitjean : ils furent néanmoins, dans un premier temps, persécutés avant de pouvoir exercer librement leur culte.
Cette bombe était une bombe auplutonium d'une puissance de21 à 23 kilotonnes, différente de celle d'Hiroshima (uranium 235, d'une puissance de15 kilotonnes), mais semblable à celle de l'essaiTrinity, réalisé àAlamogordo, le.
Le scénario d'Hiroshima se reproduisit, à peine moins meurtrier. En effet, la topographie de Nagasaki en fait un site plus ouvert alors que les collines ceignant Hiroshima avaient amplifié les effets dévastateurs de l'explosion.
Quelque 35 000 des 240 000 habitants de Nagasaki furent tués, y compris 23 200 à 27 200 ouvriers japonais, 2 000 travailleurs forcés coréens,150 soldats japonais, et huitprisonniers de guerre alliés. Si lacathédrale chrétienne d'Urakami, le principal lieu de culte catholique du Japon, presque à l'aplomb du largage (dithypocentre), confondue avec un bâtiment portuaire, fut entièrement détruite, "le jardin de l'Immaculée", le couvent franciscain construit derrière la crête d'une colline au-dessus de Nagasaki parMaximilien Kolbe, fut épargné. Initialement, le bombardier devait viser les quaisMitsubishi.
La ville fut reconstruite après la guerre, quoique radicalement différente. De nouveaux temples furent bâtis ainsi que deséglises, car la présencechrétienne ne disparut en fait jamais. Il y eut même, après la guerre, une augmentation du nombre de fidèles. Parmi ceux-ci, leradiologueTakashi Nagai (1908-1951), le premier citoyen honoraire de la ville, mort de laleucémie diagnostiquée en (deux mois avant le lancement de la bombe) qui ne devait lui laisser que2-3 ans à vivre. Quelques débris furent laissés en place en souvenir du bombardement : comme une porte (torii) dont il ne reste plus qu'un poteau dressé.
CommeHiroshima, Nagasaki présente sonparc de la Paix et les deux villes sont associées dans les protestations contre les armes atomiques et leurs essais.
De nouveaux bâtiments furent créés pour servir de mémorial, tel le musée de la Bombe atomique[2],[4].
Nagasaki reste une ville portuaire, avec une construction navale florissante. Les chantiers de construction navale deMitsubishi Heavy Industries, créés en 1857, sont parmi les plus importants du monde après ceux de Hyundai àUlsan (Corée du Sud). Début, la direction deMitsubishi Heavy Industries a annoncé que, face aux mauvais résultats, les chantiers navals de Nagasaki seraient regroupés dans une seule société de construction navale avec ceux de Shimonoseki, pour rechercher des synergies et des partenariats. Parallèlement, il a déjà été décidé fin 2016 de fusionner la branche de conception et construction de moteurs diesels marins avec la société Kobe Diesel.
Littoral de Nagasaki.
La ville est desservie depuis 1975 par l'aéroport de Nagasaki, installé sur une île artificielle.
Dans la nuit du 17 au,Itchō Itō, lemaire de la ville fut assassiné par unyakuza.
Nagasaki se situe à l'ouest de l'île deKyushu, la plus méridionale des quatre îles principales duJapon. La ville fait partie de lapréfecture de Nagasaki et s'étend sur lespéninsules deNagasaki et deNishisonogi. Elle est entourée par les villes deSaikai et d'Isahaya, respectivement au nord et à l'est, et par les bourgs deTogitsu et deNagayo, au nord-est, dans ledistrict de Nishisonogi. Elle est bordée par labaie d'Ōmura (mer du Japon) au nord, par lamer de Chine orientale au sud-est et par lamer du Japon au sud-ouest. C'est aussi sur cette mer que donnent les installations portuaires de la ville. Celles-ci ont été édifiées à l'embouchure de l'Urakami, un petit fleuve local, le long duquel s'est étendu Nagasaki au fil du temps. La rivièreNakashima(ja) traverse la ville d'est en ouest.
église d'Ōura : édifiée en 1864 sous l'égide de l'évêque françaisBernard Petitjean, c'est la plus vieille église japonaise. Par le passé, et selon les moments, la communauté catholique locale s'y rendait parfois clandestinement. Elle est, aujourd'hui, classéeTrésor national du Japon ;
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Pierre Loti (1850-1923), officier de marine et écrivain français, auteur deMadame Chrysanthème (1887) écrit après son séjour à Nagasaki en 1885. Le, dès son arrivée à Nagasaki, Loti épouse par contrat d'un mois renouvelable, une jeune Japonaise de18 ans, Okané-San baptisée Kiku-San (Madame Chrysanthème). Le, âgé de35 ans, il quitte Nagasaki. Ce mariage auquel les parents ont donné leur consentement a été arrangé par un agent et enregistré par la police locale. Il ne dure que le temps du séjour et la jeune fille pourra par la suite se marier avec un Japonais. Cette pratique peut paraître curieuse mais elle est alors courante dans l'empire du Japon, même si elle s’avère coûteuse pour l'étranger. Il écrira par ailleurs deux autres romans sur le Japon qu'il visitera à nouveau :Japoneries d'automne (1889) et laTroisième Jeunesse de Madame Prune (1905). Une histoire similaire entre unemaiko et un lieutenant de l'United States Navy en 1894 inspirera l'opéraMadame Butterfly deGiacomo Puccini, une œuvre du répertoire : une statue représentantTamaki Miura en Madame Butterfly est installée dans leGlover Garden.
Tsutomu Yamaguchi, né le 16 mars 1916 et mort le 4 janvier 2010 à93 ans, a été déclaré seul survivant des deux bombes atomiques largués le 6 et le 9 août 1945 sur Hiroshima et Nagasaki.
Le festival des lanternes de Nagasaki a lieu chaque année.
Chaque année, à l'occasion duNouvel An chinois se déroule le festival des lanternes. Desdanses du dragon sont effectuées dans les rues du centre-ville, le long desquelles des milliers delampions chinois sont installés[9].
Maruki Iri et Toshiko, couple d'artistes ayant réalisé une série d’œuvres célèbre sur la bombe atomique d'Hiroshima, comprenant une œuvre nomméeNagasaki, exposée dans cette même ville.