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Synthèse néoclassique

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(Redirigé depuisNéokeynésianisme)

Lasynthèse néoclassique est uneécole de pensée économique majeure issue de l'intégration de certaines théories de l'école néoclassique aukeynésianisme originel. Courant dominant dans le monde économique et politique pendant lesTrente Glorieuses, ses fondateurs sontPaul Samuelson etJohn Hicks. L'école de la synthèse a été dépassée par laNouvelle économie classique et par laNouvelle économie keynésienne.

Histoire

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Des origines keynésiennes

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Le keynésianisme originel naît avec la publication, en1936, de laThéorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie parJohn Maynard Keynes. Il fonde un nouveau courant de pensée, le keynésianisme, qui se répand dans un premier temps auRoyaume-Uni. L'ouvrage est toutefois peu mathématisé et assez touffu. Il est synthétisé et mathématisé par des économistes américains dans les années qui suivent, et qui le transposent sous la forme demanuels d'économie[1].

La transposition du keynésianisme auxÉtats-Unis permet un travail d'étoffement. Les idées issues de l'école néoclassique y étant fortes, des économistes mélangent dans leurs manuels les idées keynésiennes avec quelques idées néoclassiques[2]. Ils reprennent les théories liées à la possibilité d'un chômage de masse à l'équilibre, de la fugacité de l'équilibre général, de la nécessité de l'intervention de l’État, et y ajoutent des idées néoclassiques sur la croissance et les comportements maximisateurs[3]. Ils mathématisent enfin le keynésianisme afin de rendre ses fondements plus solides[4].

Ainsi, pourWalter Heller, président duCouncil of Economic Advisers sous l'administration deJohn Fitzgerald Kennedy, larévolution keynésienne a trois sources : John Maynard Keynes, l'américanisation de Keynes parAlvin Hansen et« la « modernité » des années cinquante et soixante »[N 1].

Une synthèse durable

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L'école de la synthèse néoclassique, aussi appelée néokeynésianisme, met provisoirement fin à l'opposition entre les keynésiens et les néoclassiques.Paul Samuelson écrit en1955 que,« ces dernières années, 90 % des économistes américains ont cessé d'être des « économistes keynésiens » ou « antikeynésiens ». Ils ont plutôt travaillé à une synthèse de ce qui était valable aussi bien dans l'ancienne économie que dans les théories modernes de détermination du revenu. Le résultat peut être appelé "synthèse néoclassique" et est accepté dans ses grandes lignes par tous, excepté 5 % d'auteurs à l'extrême gauche et à l'extrême droite »[5].

La synthèse néoclassique devient dominante dans les années 1950. Ses idées sont utilisées par la majorité des décideurs publics dans les années qui suivent. La systématisation de l'utilisation des recettes derelance budgétaire mises en lumière par Keynes et la synthèse conduisent à ce qu'on a appelé lekeynésianisme hydraulique. Toutefois, la synthèse commence à se craqueler dans les années 1970 : contrairement à ses prédictions, la hausse de l'inflation ne cause pas un recul duchômage, invalidant lacourbe de Philips. Les relances budgétaires augmentent ladette publique mais ne relancent pas lacroissance économique. La difficulté des décideurs à gérer l'inflation avec les outils proposés par la synthèse les incite à se tourner vers lemonétarisme et lanouvelle économie classique, qui donnent des clefs de compréhension de la situation présente. Les programmes de recherche de la synthèse néoclassique s'arrêtent, et donneront naissance des décennies plus tard à lanouvelle économie keynésienne[6].

Fondements théoriques

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Mathématisation

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La synthèse néoclassique formalise le keynésianisme originel, qui, très peu mathématisé, n'était pas doté d'une force démonstrative importante[7]. Cette mathématisation est permise par l'apport de statisticiens et de mathématiciens convertis à l'économie[8]. Les principaux auteurs de la synthèse étaient mathématiciens, dont notamment Samuelson et Hicks[9].

Court terme et long terme

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La synthèse néoclassique intègre les mécanismes keynésiens à court terme, et néoclassiques à long terme. Elle place en son cœur lemodèle IS/LM. La synthèse néoclassique soutient que Keynes a raison sur le court terme, et que le keynésianisme originel permet de comprendre les perturbations économiques et donne des méthodes pour les corriger. La théorie de l'équilibre général serait, elle, confirmée à long terme sous certaines conditions[10].

Effet autorégulateur

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Les économistes de la synthèse peuvent ainsi mettre en avant l'existence de l'effet Keynes d'autorégulation du chômage, là où Keynes lui-même n'en était pas convaincu[11].

Modèles

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Modèle IS/LM

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Article détaillé :Modèle IS/LM.

Lemodèle IS/LM est le premier apport majeur de la synthèse néoclassique, proposé en 1937 parJohn Hicks dans son article« M. Keynes et les « Classiques » »[12]. Le modèle permet de visualiser les effets de différentespolitiques économiques en reliant l'investissement et l'épargne (IS) au marché monétaire (LM), en rapport avec letaux d'intérêt et le volume de la production[6]. En d'autres termes, le modèle présente le processus par lequel le revenu national et le taux d'intérêt sont déterminés simultanément[13].

Courbe de Phillips

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Article détaillé :Courbe de Phillips.

La courbe de Phillips relie le taux d'inflation au taux de chômage. Dans sa première version, proposée par Phillips en 1958, la courbe relie le taux de croissance des salaires en ordonnées et le taux de chômage en abscisses. La courbe est reprise par Samuelson et Solow en 1960, qui remplacent le taux de croissance des salaires par l'inflation et concluent à un arbitrage entre le taux de chômage et l'inflation[14].

Théorème de Haavelmo

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Article détaillé :Théorème de Haavelmo.

Lethéorème de Haavelmo est un théorème créé parTrygve Haavelmo qui précise les conditions d'efficacité d'une politique budgétaire[15].

Modèle Hecksher-Ohlin-Samuelson

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Article détaillé :Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson.

Le modèle Hecksher-Ohlin-Samuelson est le modèle standard ducommerce international de la synthèse néoclassique[15].

Théorie du déséquilibre

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Article détaillé :Théorie du déséquilibre.

Une des dernières théories développées par la synthèse néoclassique est lathéorie du déséquilibre. Elle cherche à aller au-delà du paradigme néoclassique walrassien en y intégrant des éléments keynésiens afin d'expliquer les causes du chômage involontaire de manière alternative[16].

Débats et critiques

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Dilution du keynésianisme

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Du fait de l'utilisation d'éléments issus du néoclassicisme, ainsi que des modifications apportées aux idées originales de Keynes, les idées proprement keynésiennes se retrouvent progressivement diluées dans la synthèse[17].Pierre Dockès, reprenant une déclaration d'Axel Leijonhufvud, a ainsi pu dire que« rabattre Keynes et les premiers keynésiens sur une synthèse du type équilibre général walrasien + rigidité des salaires, c'est une escroquerie intellectuelle »[18].

La synthèse soutenant que le chômage de long terme est dû à une rigidité des salaires et à des salaires trop élevés, certains étudiants de Keynes ont critiqué cette école de pensée en considérant qu'elle trahissait les fondements du keynésianisme[9]. Ces anciens élèves ont ensuite fondé lepost-keynésianisme.

Nouvelle synthèse néoclassique

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Au cours des années 1990 et 2000, une « nouvelle synthèse néoclassique » est apparue, qui combine à nouveau des éléments keynésiens et des éléments néoclassiques, mais qui intègre également de nouveaux éléments issus de lacritique de Lucas : modèles d'équilibre général et larationalité des agents[19].

Notes et références

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Notes

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  1. Voir livre de HellerNouvelles Perspectives de la politique économique Paris Calmann-Lévy, 1968. Citation extraite de Beaud et Dostaler, 1996,p. 93.

Références

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  1. Gérard MarieHenry,Histoire de la pensée économique, Armand Colin,(ISBN 978-2-200-24403-3,lire en ligne)
  2. Les Cahiers français, La Documentation Française,(lire en ligne)
  3. BernardGUERRIEN et OzgurGUN,Dictionnaire d'analyse économique, La Découverte,(ISBN 978-2-348-06121-9,lire en ligne)
  4. Collectif,Histoire des sciences et des savoirs, t. 3. Le siècle des technosciences: Le siècle des technosciences, Editions du Seuil,(ISBN 978-2-02-129812-3,lire en ligne)
  5. Paul Samuelson, 1955,p. 212
  6. a etbBernardLandais,Leçons de politique monétaire, De Boeck Supérieur,(ISBN 978-2-8041-5846-0,lire en ligne)
  7. AristeaKoukiadaki,Droit et conflits du travail dans l'Angleterre du New Labour, L'Harmattan,(ISBN 978-2-296-96550-8,lire en ligne)
  8. AmanarAkhabbar,Wassily Leontief et la science économique: Suivi de « Les mathématiques dans la science économique », de Wassily Leontief, ENS Éditions,(ISBN 979-10-362-0090-8,lire en ligne)
  9. a etbDonaldMarron,3 minutes pour comprendre les 50 plus grandes théories économiques, Le Courrier du Livre,(ISBN 978-2-7029-1883-8,lire en ligne)
  10. ChristopheLavialle,Repenser le travail et ses régulations, Presses universitaires François-Rabelais,(ISBN 978-2-86906-572-7,lire en ligne)
  11. CarloBenetti, « La structure logique de la Théorie générale de Keynes »,Cahiers d'Économie Politique,vol. 30,no 1,‎,p. 11–48(DOI 10.3406/cep.1998.1212,lire en ligne, consulté le)
  12. Bendaoud ElMataoui,Politique de réduction du déficit budgétaire et croissance économique au Maroc: etat des lieux et perspectives d'avenir, Imprimerie El Maârif Al Jadida,(ISBN 978-9954-20-206-7,lire en ligne)
  13. MarcMontoussé,Macroéconomie, Editions Bréal,(ISBN 978-2-7495-0610-4,lire en ligne)
  14. DelphinePouchain, LouDumez, MatthiasKnol et FabriceTricou,Monnaie et financement de l'économie, dl 2019(ISBN 978-2-35030-634-6 et2-35030-634-8,OCLC 1134989408,lire en ligne)
  15. a etbJean-MarcDaniel,Histoire vivante de la pensée économique: Des crises et des hommes, Pearson,(ISBN 978-2-326-05977-1,lire en ligne)
  16. ÉricVasseur,L'épreuve d'économie aux concours de l'enseignement en sciences économiques et sociales. CAPES/Agreg, Editions Ellipses,(ISBN 978-2-340-04154-7,lire en ligne)
  17. Revue des deux mondes,(lire en ligne)
  18. PierreDockès,Le capitalisme et ses rythmes, quatre siècles en perspective: Tome 2, Splendeurs et misère de la croissance, 2 volumes, Classiques Garnier,(ISBN 978-2-406-11155-9,lire en ligne)
  19. Michel De Vroey, Pierre Malgrange, « La théorie et la modélisation macroéconomiques, d’hier à aujourd’hui », Document de travail,PSE, 2006.

Voir aussi

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Articles connexes

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v ·m
Courants de la pensée économique
Histoire
Voir aussiLibéralisme économique
Par ordre chronologique ; en italique, lesprincipaux courants contemporains
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