D'origineindo-européenne, lamythologie romaine a emprunté au fil des siècles des conceptionsreligieuses et culturelles aux pays qui ont été peu à peu intégrés dans la sphère deRome : principalement laGrèce, et dans une moindre mesure, l'Égypte.
Les Romains se sont approprié puis ont adapté ces mythologies pour créer un ensemblesyncrétique qui se manifeste dans lareligion romaine, mais ont également fortement influencé celles-ci en retour.
Minerve qui est assimilée à la déesse grecqueAthéna.
La majorité des divinités dupanthéon romain a très tôt subi l'influence de laGrèce antique et les divinités locales (ou « indigètes »), à quelques rares exceptions, ont souvent été assimilées à leurs homologues grecs[1]. Pour cette raison, les articles consacrés aux dieux romains sont traités avec leurs équivalents grecs. Rome ayant largement assimilé laculture hellénistique, il est difficile de cerner les croyances des premiers Romains. Pourtant, les dieux de Rome ont des noms originaux qui les différencient de leurs homologues grecs : certes, à l'époque impériale, de nombreux dieux romains ont absorbé beaucoup d'attributs de dieux grecs ; néanmoins, l'étude minutieuse des noms romains de ces dieux ainsi que des cultes qui leur sont liés permet parfois de retrouver la nature première de ces anciennes divinités, qui étaient à l'origine proprement italiques. Malgré cette assimilation des Dieux romains, certains conservent tout de même des spécificités qui sont propres à leurs origines, en plus de leurs attributs grecs[2]. A ses débuts, lamythologie romaine reposait essentiellement sur les mythes concernant l’histoire deRome.
Plus tard, avec l’assimilation de la culture hellénique, la plupart des divinités locales – d’un caractère abstrait – furent oubliées, ou bien se sont confondues auxDieux grecs dont le caractère anthropomorphique différa des précédents. Ces derniers évoquent en effet bien davantage l’homme et ses actions que les anciennes divinités romaines[3].
De fait, les romains se sont appropriés la mythologie grecque et le panthéon des divinités romaines est essentiellement occupé de Dieux de la Grèce antique. Néanmoins, quelques Dieux « locaux » ont relativement subsisté, tel queJanus, un roi latin qui aurait accueilliSaturne sur Terre, et est devenu le Dieu des ouvertures et protecteur des portes de Rome. Quant à lui, Saturne fut assimilé àCronos[3].
Citons aussiQuirinus, le protecteur des agriculteurs. AvecMars etJupiter, ils formèrent la triade primitive de la mythologie romaine.Faunus, protecteur des troupeaux etVesta sont aussi des dieux d’origine locale[3].
Si on considère à tort la mythologie romaine comme négligeable par rapport à la mythologie grecque, c'est parce que les mythes romains portent principalement sur l'histoire de Rome, tandis que les mythes grecs sont axés sur les dieux et les héros. Mais malgré l'absence decosmogonie ou dethéogonie d'origine romaine, la mythologie romaine n'en existe pas moins, notamment à travers un grand nombre de récits de fondations de cités[4]. Des chercheurs tels queGeorges Dumézil et T. P. Wiseman insistent également[5] sur le fait que les notions demythe et d'histoire ne sont nullement exclusives l'une de l'autre dans laRome antique, et qu'il est donc possible de parler de mythologie romaine, même si elle s'est construite en bonne partie sur des récits conçus comme historiques.
« Rome a eu sa mythologie, et cette mythologie nous est conservée. Seulement elle n'a jamais été fantasmagorique ni cosmique : elle a été nationale et historique. Tandis que la Grèce et l'Inde développaient en images grandioses ce qu'elles croyaient avoir été la genèse et les temps du monde, les chaos et les créations, l'œuvre et les aventures des dieux organisateurs du « Tout », Rome a prétendu simplement retracer, avec la simplicité de procès-verbaux, ses propres débuts et ses propres périodes, sa fondation et ses progrès, l'œuvre et les aventures des rois qui, croyait-elle, l'avaient successivement formée. Mais ces récits, datés et situés dans une perspective proche, n'en étaient pas moins en grande partie fictifs et hérités du temps où Rome n'existait pas encore, et ils n'en remplissaient pas moins le même rôle que, chez les Grecs et les Indiens, les récits prodigieux : ils justifiaient, ils authentifiaient les rituels, les lois, les mœurs et toutes les composantes de la société romaine, du caractère et de l'idéal romains ; ils distrayaient aussi les fils de la louve (et il ne faut pas négliger ce service des mythes), tout en les confirmant dans leur estime d'eux-mêmes et dans une belle confiance en leurs destins. Pratiquement, c'est dans les deux premiers livres deTite-Live qu'il faut chercher l'équivalent des théogonies et des cosmogonies d'autres peuples indo-européens. Ainsi lues, toutes ces légendes royales reçoivent un surcroît d'intérêt. »
Les divinités des premiers Romains (numina) ont rapidement disparu en raison de leur caractère abstrait qui s'oppose à l'anthropomorphisme grec. Malgré l'influence hellénistique, plusieurs divinités locales ont subsisté, notamment dans le culte deJanus, deSaturne, deQuirinus et le culte privé deVesta ou des dieuxLares.
Vulcain, identifié au dieu grecHéphaïstos est le dieu forgeron. Ses attributs sont un marteau, une enclume et une tenaille. Ses fonctions sont de protéger contre le feu destructeur et de veiller au feu civilisateur, et son épouse est la déesse Vénus. Vulcain est le seul enfant de Junon et Jupiter. Son corps est difforme, mais, il réussit à épouser Vénus, la déesse de la beauté.
Janus est une des seules divinités des premiers Romains ayant subsisté. Profondément lié au mythe de l'âge d'or, Janus serait le roi latin ayant accueilliSaturne lors du règne de celui-ci sur terre. Après la modification du panthéon romain, Janus gardera une place moindre, celle de dieu des passages et de protecteur de Rome en temps de guerre.Saturne, plus tard assimilé àCronos (à ne pas confondre avecChronos dieu du temps), est également honoré durant lesSaturnales.
Dieu archaïque, Quirinus est originellement le protecteur des citoyens romains (lesQuirites) et, associé àJupiter etMars, fait partie de la triade primitive de la mythologie romaine. Il sera plus tard assimilé àRomulus divinisé.
Protecteur des troupeaux contre les loups (d'où son second nom Lupercus), il sera honoré durant lesLupercales jusqu'en496. On parlera ensuite de faunes, pluralité qui les associera auxsatyres grecs et qui assimileraFaunus àPan.
La plupart des divinités des premiers Romains liées au foyer demeurent dans le culte romain : les Romains vénèrent lesLares et lesPénates, ainsi que les ancêtres morts (mânes). Selon la légende, les Pénates originels proviendraient deTroie. C'estÉnée qui, en s'enfuyant avec son pèreAnchise sur le dos et son filsIule à la main, les aurait emportés. À Troie, ils avaient, semble-t-il, le même rôle que celui qui leur fut dévolu à Rome. Le culte public deVesta, plus tard assimilé àHestia, est également hérité des croyances anciennes (la mère deRomulus et Rémus est une vestale).
Rome possède ses propres mythes, souvent liés à sa fondation et à son histoire. Elle assimilera ensuite les mythes grecs mais gardera ses mythes fondateurs au centre de sa culture.
La période de l'âge d'or, également appelée « règne de Saturne » est la période durant laquelleSaturne, détrôné par son fils, Jupiter, fut accueilli en Italie par le roiJanus avec qui il partagea le pouvoir. Cette période fut marquée par une prospérité et une équité absolues : les hommes vivaient de cueillette sans avoir à travailler, ne connaissaient pas la guerre et vivaient en harmonie avec les dieux et la nature. Les cultes deSaturne et de Janus viennent de cette légende.
Le mythe d'Énée fait partie des légendes de lafondation de Rome. Il décrit le voyage d'Énée depuis sa fuite de Troie jusqu'à son arrivée dans leLatium. Commandée parAuguste àVirgile, l'Énéide a surtout pour but de montrer le caractère divin de Rome et l'ascendance divine de lagens Julia (à laquelle appartient Auguste). La légende donne également à Rome une revanche sur la Grèce en montrant que Troie n'a pas été détruite mais qu'au contraire, les survivants ont fondé une cité puissante capable de l'anéantir. Cette perspective de propagande laisse penser que Virgile a remodelé la légende afin de satisfaire les demandes d'Auguste, mais l'épopée s'appuie d'abord sur la tradition qui donnait pour ancêtres au peuple romain Énée et les derniers Troyens.
Cette légende, probablement la plus célèbre de la mythologie romaine et narrée de nombreuses fois par les auteurs latins, est à l'origine des institutions romaines : le meurtre deRémus parRomulus montre la prédominance de la patrie sur les liens du sang, l'enceinte (pomœrium) de Rome tracée parRomulus, demeurera sacrée (sauf pour les triomphes). La légende donne également une origine divine à Rome,Mars étant le père des jumeaux.
Les nombreuses légendes qui entourent l'histoire de Rome consolident de même les institutions romaines. Elles sont racontées aux jeunes romains et constituent la seule littérature enfantine de l'époque. Certaines vantent lauirtus latine (vertu et courage), ce sont lesexempla ; d'autres expliquent la fondation de Rome, ce sont les mythes fondateurs. On peut citer parmi les plus célèbres celles de l'enlèvement des Sabines, deTarpéia (peine de mort pour les traîtres), deClélie, d'Horatius Coclès et deMucius Scaevola, deLucrèce (fin de la royauté à Rome) et celle ducombat des Horaces et des Curiaces.
Il est important de préciser certains points avant d'aborder cette liste d'articles consacrés aux divinités romaines. Tout d'abord, les dieux et déesses présentés comme « équivalents » d'un dieu grec ne le sont que parsyncrétisme, et possédaient avant cela des caractères propres et souvent très différents de leurs homologues grecs. Cependant, l'influence de la culture grecque a fait que de nombreux dieux romains, dont la figure originelle nous est aujourd'hui difficile à entrevoir, ont récupéré les attributs de dieux grecs et en sont devenus les stricts homologues. Ainsi dans les articles sur les dieux romains, ce sont souvent les attributs de dieux grecs qui leur sont associés, tant la confusion a profondément influencé la culture populaire. Certes, les dieux romains de l'époque impériale avaient acquis une ressemblance indéniable avec les dieux grecs, mais il faut garder à l'esprit que les premiers avaient eu leur signification propre avant cette association, et sont donc largement plus que de pâles copies. La mythologie romaine, particulièrement dans le cadre duculte impérial, possédait de nombreuses « vertus », personnifications divines de vertus associées aux empereurs déifiés[6] :
Phébus ou Phoebus : dieu du chant, de la musique, de la poésie, de la purification, de la guérison, de la lumière et du Soleil (équivalent d'Apollon chez les Grecs) ;
En 1896,Hermann Usener publie une étude sur les dénominations des divinités, et relève bien d'autres noms, liés à des rites agricoles deSondergötter : Vervactor, Reparator, Imporcitor, Occator, Subruncinator,Messor, Sternculinius...