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Musique indienne

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Lamusique indienne est, sous ses formes variées, l'expression d'une très longue tradition qui bien qu'elle ait été en partie divisée par l'éclatement du système colonial, reste néanmoins la musique d'un sous-continent composé de l'Inde, duPakistan, duBangladesh, duNépal et duSri Lanka. Malgré les différences linguistiques ou religieuses, un même genre de musique se retrouve par delà les frontières politiques.

Si sa connaissance en Occident progresse aussi bien sous sa forme savante (lesrâgas) que dans des genres plus légers (en particulier lefilmi), il reste un pan méconnu : l'immense domaine de la musique folklorique, chaque région ayant son style et ses instruments propres, voire descastes vouées à la pratique musicale, en particulier les États indiens tels que leBengale, leCachemire, leKerala ou leRajasthan.

Si la musique instrumentale ou vocale est bien souvent liée à la danse enInde, elle n'est en revanche guère liée au théâtre, contrairement aux autres musiques asiatiques de l'airebouddhiste.

Le mécénat est très développé en Inde, permettant l'accès à la musique à toutes les couches de la société. De la même manière, l'enseignement traditionnel sous forme de relation privilégiée entre maître et disciple reste gratuit. Si la musique fait partie de l'éducation des membres des hautes castes, elle reste néanmoins populaire du fait de son association avec le cinéma deBollywood, qui est parsemé de clips musicaux dansés véhiculé par l'industrie de lacassette audio.

Musique savante

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Rare ensemble de musique hindoustanie.

Selon lamythologie indienne, la musique a une origine divine : c'est par le son que le dieuBrahmâ crée l'univers. Le dieuShiva joue quant à lui du tambourdamaru, et son filsGanesh jouait lui, commeHanuman d'ailleurs, du tambourmridang. La déesseSarasvati, elle, est toujours associée à lavînâ. L'univers a été créé par le son primordialÔm ; le langage dérive des sons du tambour… L'origine de la musique classique indienne remonte auxtemps védiques (av. J.-C.)[1]. Les hymnes duRigVeda étaient chantés en utilisant principalement trois notes, formant ainsi leSâma Veda. La plus ancienne sourcemusicologique fiable et extensive date duIIIe siècle, leNâtya-shâstra duMuni Bharata, est un ouvrage traitant de danse, de théâtre et de musique. Néanmoins, la musique ancienne n'est jamais écrite. C'est un art qui se transmet par la mémoire entre maîtres et disciples par exemple à l'intérieur de familles dans des castes de musiciens. Traditionnellement, l'idée d'œuvre personnelle n'existe pas[2].

Depuis les temps les plus anciens, la musique a toujours eu en Inde une double vocation : l'une destinée au temple et aux dieux, l'autre réservée au divertissement et aux démons. Cette dichotomie a séparé les instruments et les musiciens de manière radicale, jusqu'à créer des castes spécifiques. Au long des siècles, divers styles ont tenté de combler ce fossé, aujourd'hui[Quand ?] amoindri. Avec le temps, et les influences extérieures, la musique savante indienne s'est scindée en deux aires géographiques, jouant certes une musique similaire, mais de manière fort différente.

Dans le Sud, lamusique carnatique s'est développée, se distinguant de la musique de temple et s'intégrant de plus en plus à la dansebharata natyam. Mise à part la voix, l'instrument roi est lavînâ, accompagnée par lemridangam. Il n'y a guère de longue introduction méditative lors d'un concert : très vite, les musiciens jouent et improvisent ensemble, selon des formules mathématiques. Au Nord, lamusique hindoustanie s'est développée sous l'influence de l'islam et desMoghols, apportant avec eux le monde arabo-perse, si bien que le styledhrupad avecvînâ etpakhawaj eut vite fait d'être remplacé par le stylekhyal dont l'instrument roi est lesitar, accompagné par lestablâ. Le musicien principal commence tout concert par une longue introduction en solo (âlâp). Ce n'est que plus tard que lapercussion le rejoint (gat), ponctuant la musique par des phrasés improvisés ou préétablis. Là aussi, la musique s'est intégrée à la dansekathak.

L'octave (do,,mi,fa,sol,la,si,do) est appeléeashtak dans la musique indienne. Mais ce terme est peu employé, car les musiciens indiens parlent plutôt des sept notes non répétées (do,,mi,fa,sol,la,si) soitsaptak, (asht signifie « huit » etsapt signifie « sept »). Les sept notes ousvara de lasaptak sont les suivantes :sa,ri,ga,ma,pa,dha etni. Elles correspondent à peu près aux sept degrés de l'échelle occidentale. Leurs noms viennent des motsShadjam (sa),Rishabam (ri oure),Gandharam (ga),Madhyamam (ma),Panchamam (pa),Dhaivatham (dha) etNishadam (ni).

La musique de l'Inde estmodale. L'expression de chaque note est déterminée par sa relation avec une tonique fixe qui est constamment répétée ou maintenue en pédale, notamment par l'utilisation de latampura, unluth spécifiquement conçu pour faire résonner lesharmoniques de la tonique associés à celles de laquarte ou de laquinte. La musique est essentiellement linéaire et mélodique. Elle n'utilise pas l'harmonie : c'est une succession de notes[3]. Le mode de l’Inde (râga) n’est pas simplement une gamme. Il en existe plusieurs, classés, selon les systèmes, soit en modes principaux et modes dérivés, soit en trois échelles de base (gràma) dans lesquelles les permutations de la tonique dans une gamme de sept notes (où deux notes s'ajoutent accessoirement) permettent de former21 modes principaux (mùrchhanà) ou, selon le système encore aujourd'hui[Quand ?] employé dans le sud de l’Inde, en72 échelles de sept notes (melakarta) dans un système chromatique où chaque note, excepté la tonique, a deux positions, pouvant être naturelle et selon les cas dièse ou bémol. L'octave est théoriquement divisée en22 intervalles (sruti) permettant l'accord exact des notes. Les intervalles sont classés en catégories (jàti) selon leurs types d’expression. Enfin, le mode a une humeur, un sentiment à exprimer (triste, joyeux, etc.) et une heure précise voire une période de l'année pour être joué. Il y a desrâgas du matin, d'autres du soir, d'autres de la mousson… Ces modes peuvent aussi se combiner et former un nouveau mode. Il y a de grands râgas et de petites râginis. Il y en a des centaines.

La musique classique de l'Inde repose en grande partie sur l'improvisation, en ce sens qu'elle n'est pas jouée à partir d'une partition. Cela ne signifie pas qu'on y joue n'importe quoi, car il y a des règles très strictes sur la manière d'improviser, et bien des musiciens apprennent par cœur des passages entiers de telles ou telles mélodies ou structures mathématiques, afin de pouvoir s'en servir à dessein. Ainsi chaque râga a une phrase musicale connue qui indique la manière dont il faut l'interpréter, en donnant l'ordre précis des notes. Les musiciens composent alors de courtsrefrains à partir d'elle, et en déclinent toutes les variations possibles, grâce entre autres aux cycles rythmiques. La notion derythme est très évoluée et sans doute la plus savante du monde. Les rythmes (tàla) sont toujours complexes (à 16, 14, 12, 10, 8,7 ou 6 temps pour les plus courants) et à l'intérieur de chaque temps des subdivisions, des contretemps, des battements placés légèrement avant ou après le temps permettent des arabesques d'une extrême subtilité. Alors qu'en Occident le rythme est surtout une mesure et un battement, enInde, il s'agit plutôt d'un cycle.

La musique indienne n'est pas orchestrale, mais essentiellement soliste. S'il s'agit d'un chanteur, il sera accompagné de joueurs detampura éventuellement (mais qui sont simples « figurants »), d'un percussionniste (mridang outablâs) et d'un joueur desarangi (ouviolon) qui ne fait que souligner le phrasé du soliste. S'il s'agit d'un instrumentiste, il y aura un joueur detampuri et un percussionniste. S'il s'agit d'un percussionniste en solo, il sera accompagné par unsarangi ou d'autres percussions (ghatam,kanjira, etc.). Parfois des duos peuvent aussi se présenter, tant dans le chant que dans les instruments, et on les appelle desjugalbandi. Le râga commence par l'âlâp, une longue introduction du soliste, destinée à présenter le mode et à évoquer l'humeur. Vient ensuite le jeu entre le soliste et le percussionniste accompagnateur : ils vont improviser tour à tour, pendant que l'un joue le refrain, l'autre « s'envole », pendant que l'un joue le cycle, l'autre « s'évade ». L'un sert de référant à l'autre. Ce n'est qu'à la fin que les deux musiciens se permettent d'improviser simultanément.

Styles

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Sud

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  • Les kalpita sangîta, chant composé par les anciens.
  • Les manôdharma sangîta, chant improvisé selon diverses techniques.
  • Le padam, chant ancien sérieux dansé par les femmes de Tanjore, dans le Sud de l'Inde.
  • Le kirtanam, chant dévotionnel dont lekriti est un développement dans le Sud.
  • le tillana, pièce solmisée, courte et rapide jouée en conclusion de concert ou de danse.

Nord

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  • Ledhrupad, forme musicale indienne classique la plus ancienne, la plus stricte et la plus sévère. Il est rythmé en douze temps.
  • Lekhyal oukhayal, dérivé dudhrupad et un peu plus léger et plus libre ; genre musical classique du nord de l'Inde.
  • Ledhamâr, forme dedhrupad plus rythmée, en quatorze temps, concernant principalementKrishna.
  • Letarânâ outillanâ, apparenté audhrupad, est un style de chant spirituel privilégiant lesbols, syllabes de percussions.
  • Letappâ, dérivé dudhrupad introduisant quelques libertés ornementales, broderies, trilles et joutes courtoises.
  • Lethumri, style de chant léger, surtout chanté par des femmes. Il s'agit toujours d'un poème d'amour.
  • Leghazal, chant d'amour persan influencé par la musique indienne, devenu une forme dethumrî.

Il existe de nombreuses autres formes musicales telles : bhairavi, chaiti, chaturang, dadra, dhun, ghato, holi, kâfi, kathagayan, kajri, khamsa, lavni,ragmala, ramayan, sadra, sargam, sûr, tirwat, …

Musiciens célèbres

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Musiciens itinérants.

Musique religieuse

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Ensemble de nagaswarams et thavils.

Les religions présentes enInde développent un répertoire spécifique adapté des textes sacrés.

Musique dramatique

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Percussionniste tribal.

Les représentations de théâtre traditionnel sont assez rares enInde, et se rencontrent plus particulièrement auKerala ou auKarnataka, dans le sud, où bon nombre de formes anciennes de théâtre dansé sur musique, subsistent :

Musique folklorique

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Musique bengalie

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Article détaillé :Musique bengalie.

AuBengale, à l'est du pays, lamusique hindoustanie côtoie une musique semi-classique créée par les grands érudits que furentRabindranath Tagore etKazi Nazrul Islam. C'est la même tradition qui s'étend au Bangladesh voisin et il y existe en un très vaste répertoire de chants folkloriques et religieux, notamment ceux liés à la communauté desBâuls.

Musique cachemirie

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Article détaillé :Musique cachemirie.

AuCachemire, dans le nord du pays, on retrouve lamusique hindoustanie mais aussi des influences perses ou afghanes. Malgré l'importante communauté musulmane dont la musiquesoufiesûfyâna kâlam est un témoignage, il y subsiste beaucoup de chants hindous côtoyant d'autres chants plus folkloriques, destinés à accompagner certaines activités humaines ou certaines cérémonies.

Musique kéralaise

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Article détaillé :Musique kéralaise.

AuKerala, dans le sud du pays, on retrouve lamusique carnatique interprétée non seulement sur les instruments classiques, mais aussi par l'ensembleperiya mêlam, qui joue aussi de la musique rituelle. Il existe une très importante variété de musique percussivekshetram vâdyam utilisée lors des célébrations hindoues dans les temples, telles leschempata mêlam,chenda mêlam,kombu pattu,kryângapancavâdyam,kuzhal pattu,maddalam keli,pandi mêlam,panchari mêlam,panchavâdyam,thayambaka. On trouve aussi quelques styles de musiques vocales telles lessopanam sangîtam hindous et lesmappila pattu islamiques. Par ailleurs, nombre d'arts de la scène, dramatiques ou chorégraphiques, sont accompagnés de musiques et sont liés aussi à des rituels religieux, islamiques pour certains, chrétiens pour d'autres.

Musique odissi

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Article détaillé :Musique Odissi.
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Musique rajasthanie

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Article détaillé :Musique rajasthanie.
Saperas.

AuRajasthan, dans l'ouest désertique du pays, la musique hindoustanie est dominée par la musique dévotionnelle exécutées par des castes dédiées de musiciens ambulants : les Langas et les Manganiars. Bien que Musulmans, ils ont aussi un répertoire hindou. Il existe bien d'autres castes offrant des musiques liées à certaines activités (eau, serpent, marionnette, etc.)

Musique contemporaine

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AR Rahman en concert à Sydney (2010).

Malgré l'implantation britannique, la musique classique occidentale ne s'est jamais développée en tant que telle enInde et le seul représentant connu estZubin Mehta, un chef d'orchestre.John Mayer, quant à lui, est un compositeur qui a tenté de métisser musique classique occidentale et indienne, avant de s'intéresser aujazz fusion.

En outre, les musiciens formés à cette musique font la richesse de la musique des films indiens deBollywood notamment (filmi) où les instruments occidentaux côtoient les instruments indiens au sein d'orchestres fonctionnant selon un principe classique, où chaque instrument apporte une couleur et cède sa place à un autre. Des compositeurs telAllah Rakha Rahman ou des interprètes telsLata Mangeshkar (chant) ouSripathi Panditharadhyula Balasubrahmanyam (chant) acquièrent une réputation mondiale avec une production record. Les chanteusesShreya Ghoshal,Asha Bhosle,Geeta Dutt,Alka Yagnik, et les chanteursMohammed Rafi,Kishore Kumar etMukesh sont aussi renommés.

Plus récemment[Quand ?], les émigrés indiens au Royaume-Uni ont produit une musique inspirée des derniers courants électroniques. Naturellement, ils rapportent avec eux ce stylebhangra, notamment aupunjab.

La scène musique électronique indienne se développe également avec tous ses sous-genres : latechno introduite en Inde parRummy Sharma puis Arjun Vagale ou Ash Roy, la house funky avec Audio Units, labass music avec Sickflip ou Nucleya, ou enfin l’electronica avec Big City Harmonics.

La pop indienne n'est pas en reste[style à revoir] et se développe dans les grands centres urbains avec toujours une couleur locale sous forme d'instruments nationaux mélangés aux électriques.

Instruments traditionnels

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Musiciens carnatiques.

Lesinstruments de musique de l'Inde sont classés en quatre catégories : instruments à cordes (tata), instruments à vent (susira), instruments à peaux tendues ou tambours (avanaddha), et percussions (ghana) : cloches, gongs, lithophone…

Notes et références

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  1. Louis Frédéric : "Le Nouveau Dictionnaire de la civilisation indienne", Éd intégrale révisée par Dave Dewnarain, Éd. Bouquins, 2018,(ISBN 978-2221214961)
  2. Jacques Dupuis,Histoire de l'Inde,2e éd., Éditions Kailash, 2005, p.136-137
  3. Jacques Dupuis, ibid., 2005, p.136

Sources

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Annexes

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Articles connexes

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Liens externes

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