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Le terme de « musique classique » recoupe une frange immense de la production musicale européenne. En son sein, de nombreux sous-genres existent. On intègre dans ce terme :
les musiques considérées comme nobles, solennelles ou vouées à des franges dominantes de la société (en témoignent l'acceptation en son sein deschants liturgiques et, plus généralement, desharmonies jugées complexes en opposition avec unemonodie plus « populaire »), qui semblent réservées à certainessalles prestigieuses et certainsinstruments particuliers, et sont issues d'un héritage généralement voué auxclasses supérieures ;
L'acception du terme de musique "classique" correspond de nos jours à unesynecdoque généralisée : on entend par "musique classique" l'ensemble des musiques savantes composées depuis le Moyen Âge, mais le terme se confond avec un adjectif qui, du point de vuemusicologique, fait conventionnellement référence au « classicisme »[1], période souvent considérée comme la plus représentative du genre par le grand public. Si l'utilisation du terme de "musique savante" permettrait d'évoquer la complexité de cette musique en comparaison aux musiques populaires tout en rappelant que ce genre continue d'évoluer encore aujourd'hui, le terme de "musique classique" reste le plus populaire, et est automatiquement assimilé à des œuvres commeLes Quatre Saisons deVivaldi, ou à des compositions deBach,Mozart ouBeethoven.
Dans les faits, et tel que le genre est défini dans les écoles de musiques et conservatoires, la musique "classique" rassemble toutes les musiques savantes occidentales transmises par despartitions (à la différence des musiques populaires et traditionnelles qui se transmettent le plus souvent par l'oral), à partir des chantsmonodiques, avec lesystème tonal et, par la suite, avec les systèmesatonal,modal,polytonal oudodécaphonique.
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) est peut-être le plus connu des compositeurs de musique classique. Sa notoriété internationale entretient la confusion entre les termes« musique classique » (au sens de musique savante occidentale) et« musique de la période classique ».
Pour définir la musique classique, qui est d'ordinaire considérée comme "savante", "sérieuse" ou "grande", il faudrait pouvoir la confronter à une musique qui n'entrerait dans aucun de ces trois adjectifs ; or, si on a souvent opposé musique savante et musique populaire, la frontière qui délimite leurs deux champs se trouve souvent être mince. La musique classique sait s'inspirer de thèmes populaires (on peut penser, auXVIIIe siècle, au concerto comique deMichel CorretteLa servante au bon tabac qui s'inspire du thème populaireJ'ai du bon tabac (1733), ou de façon bien plus renommée, à l'appropriation du thèmeAh ! vous dirai-je, maman dans les variations deMozart (1781/1782)), et l'influence des musiques populaires sur le genre est perceptible dès la Renaissance, en voyant par exemple les motifs musicaux de lavillanelle être repris dans les livres demadrigaux. Dans le sens inverse, la musique savante peut s'ancrer dans le monde séculier, et elle le fait souvent grâce aux mélodies les plus connues de son répertoire : par exemple, le chœurVa, pensiero deNabucco a été utilisé par les révolutionnaires italiens lors duRisorgimento, et les supporters duFC Nantes ou desGirondins de Bordeaux utilisent la « Marche triomphale » d'Aïda du mêmeGiuseppe Verdi dans les chants qu'ils entonnent pendant les matchs : cette conjonction immédiate de deux mondes que l'imaginaire commun a tendance à nettement séparer, renforce l'idée que musique classique et musique populaire ne sont pas deux termes satisfaisants pour rendre compte des phénomènes en jeu.
La musique classique trouve son origine tant dans lechant grégorien que dans lamusique profane destroubadours ettrouvèresmédiévaux. Les musiciens sont d'abord desnobles, puis des roturiers éclairés, cultivés, pratiquant un art de la composition que l'on ne peut pas qualifier de populaire, car rarement adressé au peuple lui-même. L'art des troubadours et des trouvères ne se confond pas alors avec celui des « ménestrels », musiciens ambulants populaires, formés dans les nombreuses écoles de « ménestrandie », ancêtres desacadémies etconservatoires actuels. Dès les débuts, la distinction entre « populaire » et « savant » semble moins s'ancrer sur une différence liée à la musique elle-même, ou à sa qualité, mais sur une différence de statut social qui précéderait la création de la musique : les ménestrels pratiquant un art tout autant appris que celui des troubadours/trouvères, la seule vraie différence se situe dans le milieu social vers lequel ils s'adressent.
En latin, le sens premier de "classis" est l'appel des citoyens pour la défense du pays, puis par extension les différentes classes de citoyens susceptibles d'être appelés. Le pluriel de classis, "classici", désigna les citoyens appartenant à la première des classes créées par Servius Tullus ; de là le sens de "scriptores classici" qui désignait les "écrivains de première classe", d'où les "classiques"[3]. L'adjectif « classique » pourrait ainsi désigner, tel que leDictionnaire de l'Académie française l'appliquait à la littérature, « un auteur ancien fort approuvé et qui fait autorité dans la matière qu’il traite ». L'autorité acquise par ces auteurs classiques (souvent les antiques grecs et romains) sur les créateurs desXVIIe etXVIIIe, pourrait peut-être se retrouver dans la relation entre l'opinion commune actuelle et les œuvres de Mozart ou Beethoven.
Ainsi, l'opinion commune continue à identifier la musique "classique" de façon assez claire et stéréotypée, sans tenir compte des nombreuses évolutions dont a pu témoigner l'histoire de la musique savante occidentale, du Moyen Âge à nos jours : le terme désigne aujourd'hui, des œuvres souvent datées d'au moins un siècle, transmises à l'écrit par des partitions, et qui exigeraient une écoute « attentive ». Le degré de raffinement et d'éducation nécessaire pour écouter de la musique classique serait décisif : ledécorum des concerts de musique classique en serait la preuve, puisqu'il se distingue par des règles très précises (l'absence de communication entre les interprètes et la musique en comparaison avec les musiques populaires, l'interdiction d'applaudir entre les mouvements d'une pièce, et l'interdiction communément admise de danser, parler ou chanter pendant que la pièce est jouée)[4].
De nos jours, le problème peut s'envisager autrement : la musique populaire gravée sur disque ne laisse place qu'à une seule interprétation admise par tous (les versions produites en concert, à l'exception des enregistrements de concerts eux-mêmes sortis en disques, ne sont considérées que comme des reproductions d'une autre musique), quand la tradition musicale savante différencie l'interprète ducompositeur, et laisse les interprètes produire des versions à chaque fois différentes d'une même pièce, en attribuant à chaque interprétation le même crédit et la même légitimité. La musique savante occidentale ne semble donc pas se définir par une écoute ou une archive sonore comme la musique populaire actuelle : elle trouve sa source dans un répertoire écrit sans cesse renouvelé, autant par les compositeurs qui élargissent le catalogue disponible, que par les interprètes qui proposent sans cesse des nouvelles versions de pièces potentiellement déjà jouées des milliers de fois.
La musique classique disposerait donc de ce queNicholas Cook a appelé un « capital esthétique »[5], c’est-à-dire unrépertoire, du fait de la distinction entre interprète et compositeur, tandis que la musique populaire serait écrite pour ou par un musicien ou un groupe de musiciens pour lui-même[6],[7].
Ludwig van Beethoven est l'une des figures les plus marquantes de la musique savante occidentale.
LaPassion selon saint Matthieu, dont l'exécution en 1829 parFelix Mendelssohn était la première depuis la création de l'œuvre cent ans plus tôt, a été présentée au public moins comme un objet de culte et une représentation de laPassion du Christ, que comme un objet musical digne d'intérêt esthétique "pur". Ce que souligne ainsi Nicholas Cook, c'est que le terme de musique classique a été créé pour désigner les œuvres de ce musée musical imaginaire, musée qui n'existait pas avant que leXIXe siècle ne métamorphose la perception qu'avait le public de la majorité de la musique savante[9]. La notion de musique classique aurait donc été forméea posteriori de la moitié de la musique qu'elle est censée désigner, et serait donc plus que sujette à caution.
S'il est difficile de considérer lamusique du Moyen Âge comme faisant partie de la musique classique, ses principes sont l'origine même des langages musicaux employés depuis lors. La musique savante occidentale commence (au-delà des rares traces de musiques antiques, comme l'épitaphe de Seikilos) avec la monodie médiévale, et c'est à partir d'elle que l'ensemble des innovations suivantes s'ancrent.
D'elle[Quoi ?] vient également la relation difficile à entremêler entre lamusique savante et la musique cérémonielle, vouée aux cérémonies religieuses : la difficulté de différencier musique « classique » et musique « populaire » vient du manque de précision dont fait preuve le terme de « musique médiévale », qui confond les styles, les ensembles d'instruments et les occasions auxquelles la musique est dédiée.
Lamusique de la période classique recouvre par convention la musique écrite entre la mort deJohann Sebastian Bach soit1750 et le début de lapériode romantique, soit les années1820. Par extension, on appelle « musique classique » (ou grande musique) toute la musique savante européenne, de lamusique du Moyen Âge à la musique contemporaine. Il convient donc de bien dissocier la musique de style classique (dont les compositeurs phares sontJoseph Haydn,Wolfgang Amadeus Mozart, ou encore, pour certaines de leurs premières œuvres,Ludwig van Beethoven etFranz Schubert), d'avec la musique classique (dite encore musique « savante ») opposée à la musique populaire, en Occident ou ailleurs (on parle de « musique classique indienne », par exemple).
Lepiano-forte, en remplaçant leclavecin, permet désormais d'exploiter de puissants contrastes de dynamique. De la même façon, l'orchestration devient de plus en plus audacieuse et élaborée, d'autant plus que certains instruments, comme lecor, sont modifiés par lesfacteurs d'instruments de manière à devenir plus maniables. Les sonorités inventées par les romantiques sont particulièrement colorées et évocatrices, davantage en tout cas que chez desclassiques commeJoseph Haydn ouWolfgang Amadeus Mozart. À la jonction de ces deux courants se situe la puissante personnalité deLudwig van Beethoven, dont les premières œuvres se rattachent à l'esthétique classique tandis que celles de sa maturité sont considérées comme le début du romantisme musical.
Seule lachronologie est significative, car cette période n'a pas d'unité de style : elle est au contraire celle de la floraison d'expériences et d'esthétiques diverses et souvent opposées, en particulier dans le cadre de la trialité « musique tonale —musique modale —musique atonale » qui se développe à cette époque ; certains compositeurs resteront cependant et parfois volontairement à l'écart des évolutions en cours.
Lamusique contemporaine est l'ensemble des courants demusique savante apparus après la fin de laSeconde Guerre mondiale. À partir desannées 1950, l’émergence de mutations dans l'écriture musicale laisse entrevoir une nouvelle tendance de la composition. Ces mutations sont en fait des caractéristiques du siècle de l'ordinateur, de l'enregistrement sonore et du synthétiseur : un langage musical en crise (indétermination d’un côté,sérialisme généralisé de l’autre), et des recherches qui développent de nouvelles formes d’expression (musique électronique, mixte), pour aboutir à de nouveaux concepts (notions fondamentales d’acoustique, notions d’objets sonores et musicaux). Certains de ces courants ont emprunté des voies nouvelles en dehors dusystème tonal.
Un autre apport, des instrumentistes eux-mêmes, est celui desmodes de jeu qui sur la base de la lutherie traditionnelle développe également l'espace dutimbre instrumental.
↑Cette définition est considérée comme abusive parJean-François Paillard, qui situe la musique française classique entre 1600 et la mort deJean-Philippe Rameau (en assimilant le terme "classique" qu'on applique, dans lalittérature et des arts, à la période de Louis XIV, à la musique qu'on considère d'ordinaire comme appartenant à la période "baroque"). La définition admise de la musique de la période classique s'appuie donc moins sur l'école française que sur la musique germanique et son école musicologique (notammentHaydn,Mozart etBeethoven, trois figures de proue duclassicisme viennois, aussi appelé "Première école de Vienne"), qui a porté diverses élaborations formelles très reconnaissables, parmi lesquelles laforme sonate et ses dérivées. (Source : Jean-François Paillard,La Musique française classique, PUF, 1969).
↑Ce serait la différence entre musiciens pop et musiciens rock, formulée par Nicholas Cook comme suit :« Les musiciens rocks se produisent en concert, créent leur propre musique et forgent leur identité […]. Les musiciens pop au contraire sont les marionnettes de l'industrie musicale […] interprétant une musique composée et arrangée par d'autres. » Cook souligne la grossièreté d'une telle assertion.Cook 2006,p. 20.
↑Les reprises de chansons de variété dont certains artistes commeJohnny Hallyday se sont fait une spécialité oblige néanmoins à nuancer le propos. De fait, on est parfois bien obligé de parler d'un répertoire pop-rock.