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Le Louvre couvre une chronologie et une aire géographique étendues, depuis l'Antiquité jusqu'à 1848 et de l'Europe occidentale jusqu'à l'Iran,via laGrèce, l'Égypte et leProche-Orient. Selon lerécolement achevé en 2014, les collections comptaient 554 498 œuvres[13] réparties alors en huit départements : « Antiquités égyptiennes » (66 300), « Antiquités orientales » (137 628), « Antiquités grecques, étrusques et romaines » (68 362), « Arts de l'Islam » (15 311), « Peintures » (12 660), Sculptures (6 115), « Objets d'art » (23 405) et « Arts graphiques » (122 212), augmentés de la « collection Rothschild » (86 858) et de la « Chalcographie » (14 647). En 2022 a été créé le neuvième département « Arts de Bysance et des Chrétientés en Orient ». 501 167 œuvres sont répertoriées, avec leur notice, dans la base Collections[14], qui a succédé à labase Atlas.
La cour Napoléon et la pyramide de Ieoh Ming Pei, au crépuscule.
L'origine du Louvre est unchâteau fort, construit par le roiPhilippe Auguste en 1190, qui occupe originellement le quart sud-ouest de l'actuelle Cour carrée. La forteresse constituait un quadrilatère d'environ 70 à80 mètres de côté, entouré de fossés, flanqué de tours et possédant deux entrées, au centre duquel se trouve un puissant donjon, la Grosse tour du Louvre. L'une de ses principales missions est alors la surveillance de la partie aval de laSeine, l'une des voies traditionnelles empruntées lors des invasions et razzias depuis l'époque desVikings. AuXIVe siècle,Charles V le Sage fait du château une résidence royale.
En 1546,François Ier commence la transformation de la forteresse en palais : il fait abattre la partie ouest de l'enceinte médiévale, qu'il fait remplacer par une aile destyle Renaissance érigée parPierre Lescot. Ces travaux se poursuivent sous le règne d'Henri II : la partie sud de l'enceinte du « vieux Louvre » est à son tour démolie pour elle aussi laisser place à une aile Renaissance.
En 1594,Henri IV décide d'unir le palais du Louvre aupalais des Tuileries construit parCatherine de Médicis : c'est le « Grand Dessein », dont la première étape est la Grande Galerie, qui longe la Seine sur450 mètres.
Le Louvre reste alors longtemps tel quel. Ce n'est qu'auXVIIIe siècle que de nouveaux projets, menés notamment parGabriel etSoufflot, viennent continuer le « Grand Dessein ». Un de ces nouveaux projets est celui de transformer le Louvre en musée. Il prend naissance sousLouis XV, mais n'aboutira véritablement qu'avec laRévolution. Le « Grand Dessein » est achevé parNapoléon III en 1857 : une aile en symétrie de la Grande galerie est édifiée le long de la rue de Rivoli et termine enfin la réunion aux Tuileries. Cependant, après laCommune de Paris de 1871 et l'incendie puis la destruction du palais des Tuileries, le Louvre trouve sa forme actuelle, ouverte sur lejardin des Tuileries.
En 2025, face à la vétusté de certains bâtiments, des mesures de réhabilitation sont annoncées parEmmanuel Macron, notamment la création d'une nouvelle « grande entrée »[15]. La durée des travaux est estimée à 10-15 ans[16]. Un concours international d'architecture est lancé le 27 juin 2025[17].
Les œuvres ayant appartenu à ces princes ont pour la plupart été données à des institutions religieuses après leur mort. Elles ne sont entrées au musée du Louvre que par des achats de collectionneurs ou les saisies révolutionnaires.
Louis XII a acquis les premiers tableaux italiens de la collection de la Couronne. Léonard de Vinci lui a fait parvenir uneMadone en 1507, qui a disparu. Il est peut-être le premier propriétaire de laVierge aux Rochers. Le tableau deFra Bartolomeo,Noli me tangere, est probablement celui que Domenico Perini a acheté en 1506 avec uneNativité, perdue, et qui ont été envoyés en France[18].
François Ier est le premier roi de France à constituer un « cabinet de tableaux », c'est-à-dire une collection de peintures de chevalet non liées à la décoration des demeures royales et pouvant être exposées indépendamment[19]. Ayant réussi à faire venir Léonard de Vinci en France en 1516, le roi achète du vivant de l'artiste, en 1518 - Léonard de Vinci meurt le 2 mai 1519 - les tableaux que celui-ci possédait, à son élèveSalai[20]:
Grâce à des conseillers artistiques commeBattista della Palla, Giovan Battista Puccini etPietro Aretino, le roi fait venir d'Italie d'autres artistes pour assurer la décoration de ses châteaux, en particulier lechâteau de Fontainebleau où est créée la premièreécole de Fontainebleau. C'est grâce à l'intervention de Puccini qu'Andrea del Sarto vient en France en 1518 où d'aprèsGiorgio Vasari il réalise de nombreux tableaux, aujourd'hui disparus pour la plupart, avant son retour à Florence en 1520.
Les tableaux conservés dans l'appartement des Bains, sous lagalerieFrançois-Ier du château de Fontainebleau, ont souffert de l'humidité.
Le roi fait aussi acheter des tableaux. Connaissant son goût pour l'art italien, la papauté et les principautés italiennes lui offrent des œuvres d'art, comme les sculptures des esclaves de Michel-Ange offertes par Roberto Strozzi[23].
Henri III au pied du Christ en croix (1580), École française.
Les troubles religieux qui commencent à apparaître à la fin du règne du roiHenri II vont limiter les achats d'œuvres d'art. Cette période est surtout marquée par la construction de nouveaux châteaux et palais, comme le début de la transformation du château du Louvre en palais. L'essentiel des tableaux entrés dans la collection de la couronne sont des portraits deFrançois Clouet et son école ou deCorneille de Lyon.
Il faut attendre la fin desguerres de religion avecHenriIV pour voir la reprise de l'achat de tableaux et le développement d'une seconde école de Fontainebleau. Le roi a fait construire la Grande galerie du palais du Louvre reliant la Petite galerie construite parCharles IX aupalais des Tuileries construit parCatherine de Médicis et il prévoit d'y loger des artistes travaillant pour lui. En 1608, il nomme « garde des tableaux » le peintreJean de Hoey, petit-fils deLucas de Leyde, pour « les peintures des vieux tableaux de Sa Majesté au château de Fontainebleau, tant pour rétablir ceux qui sont gastez, peints à l'huile sur bois ou sur toile, ensemble pour nettoyer les bordures des autres tableaux à fresque des chambres, salles, galeries, cabinets d'iceluy château ». À sa mort, en 1615, la charge passe à son fils Claude (1585-1660), puis à son petit-fils Jacques de Hoey, qui a suivi les tableaux de Fontainebleau quand ils ont été installés au palais du Louvre, et qui est garde du cabinet des peintures du Louvre entre 1618 et 1623. On connaît les œuvres se trouvant au château de Fontainebleau par le témoignage, en 1625, deCassiano dal Pozzo et celui du père Pierre Dan qui, en 1642, a écritTrésors des merveilles de la maison royale de Fontainebleau[24].
LouisXIII n'a pas un intérêt particulier pour la peinture ou la sculpture. Il a fait venirNicolas Poussin de Rome pour décorer la nouvelle aile du palais du Louvre en 1641. Mais sa mésentente avecSimon Vouet etJacques Lemercier le fait revenir à Rome en 1642.
L'essentiel des œuvres d'art de cette période qui sont entrées dans la collection de la couronne l'ont été par l'intermédiaire des collections rassemblées par les cardinauxRichelieu etMazarin. Une partie de la collection de Richelieu est acquise avec la donation dupalais Cardinal et de tout ce qu'il contient au roi. Une autre partie entre au musée du Louvre au moment des confiscations révolutionnaires. Mazarin est un collectionneur passionné. Il va profiter de la vente de l'une des plus belles collections de tableaux, celle du roiCharlesIer, décidée parCromwell, pour envoyer le banquierEverhard Jabach en acheter des peintures, ensuite présentées dans la galerie Mazarin[25] construite parFrançois Mansart, qui dépend aujourd'hui dusite Richelieu de laBibliothèque nationale de France. La galerie de peintures est alors gérée par son secrétaire,Jean-Baptiste Colbert.
Ainsi entrent dans sa collection leBalthazar Castiglione, leSaint Georges et leSaint Michel de Raphaël, laVénus du Pardo de Titien, l’Allégorie des Vices et l’Antiope, leMariage de sainte Catherine du Corrège, leDéluge d'Antoine Carrache et uneHistoire de David deHans Sebald Beham.
La charge de « direction et garde générale du cabinet des tableaux et dessins de Sa Majesté » est d'abord confiée àCharles Le Brun par brevet du.
En 1665, la collection s'enrichit de tableaux achetés auduc de Richelieu, petit-neveu du cardinal : 13 tableaux de Nicolas Poussin, deux tableaux deClaude Lorrain, plusieurs autres, dont laVierge au lapin du Titien. Cette vente aurait été la conséquence d'une partie perdue au jeu de paume par le duc contre le roi.
Le roi achète àLoménie de Brienne laPrise du Pas de Suze et leSiège de La Rochelle de Claude Lorrain.
En 1671 est créée, au sein des collections royales, une section particulière consacrée aux dessins, qui est l'ancêtre dudépartement des arts graphiques du Louvre. Lorsque Jabach décide de vendre sa collection[27], il écrit le 10 mars 1671 àGédéon Berbier du Mets (1626-1709), conseiller du roi, intendant et contrôleur général desmeubles de la Couronne entre 1663 et 1711 : « Considérez, au nom de Dieu, que je me trouve entre le marteau et l'enclume et que j'ay affaire à des gens avec qui il n'y a aucun quartier ». Estimée par lui à581 025 livres, il en avait demandé 450 000. Après de longues discussions, le 11 mars 1671, Colbert fait acheter pour le roi 5 542 dessins et 101 tableaux de la collection Jabach pour la somme de220 000 livres[28]. Jabach se plaint, car ce n'est même pas le prix qu'il avait payé pour leur achat. Cependant le collectionneurMariette fait remarquer en 1741 : « Monsieur Jabach dont le nom subsistera pendant longtemps avec honneur dans la curiosité, en vendant au Roi ses tableaux et ses dessins, s'étoit réservé une partie des desseins et ce n'étoient pas certainement les moins beaux ». Le 4 janvier 1672, la collection est installée dans l'hôtel de Gramont situé à côté du Louvre, acheté en 1665 par le roi, pour les « 2 631 desseins d'ordonnance collés et dorés », et le 27 mai 1676, pour les « 2 911 desseins non collés, estant le rebut de ma collection ». Dans les dessins d'ordonnance, il y a 69 pages provenant duLibro de'Disegni deGiorgio Vasari que Jabach a fait coller sur un carton en y ajoutant une bande dorée.
Les collections royales vont alors s'enrichir d'œuvres flamandes. Le roi achète, en 1671, l'Autoportrait de Rembrandt âgé et laVie des saints innocents de Rubens au marquis de La Feuille et, en 1685, laKermesse de Rubens au marquis de Hauterive[31]. En 1681, leMercure galant mentionne 14 tableaux de Van Dyck entreposés au Louvre, dans la galerie construite par Louis Le Vau après l'incendie de 1661 en doublement de la Petite galerie à côté de la cour de la reine.
Le, Louis XIV fait un voyage à Paris et visite son Cabinet de tableaux se trouvant au Louvre, à côté de la galerie d'Apollon[32]. Il fait alors transporter la plupart des tableaux qui se trouvaient au Louvre àVersailles.
Après la mort de Colbert, survenue en 1683, Le Brun, premier peintre du roi, est chargé de recenser tous les tableaux appartenant au roi. Son inventaire est le premier qui donne une idée précise des collections royales depuis les années 1500. Achevé le, il recense 426 tableaux, auxquels ont été ajoutés 57 tableaux dans un appendice daté de 1686 environ[33]. Cet inventaire comprend essentiellement les tableaux achetés par le roi depuis 1662 conservés au palais du Louvre où à l'hôtel de Grammont. Il manque les tableaux se trouvant dans les palais royaux. Les tableaux sont classés en fonction de leur date d'entrée dans la collection royale et numérotés de L. B. 1 à L. B. 483.
En 1685,Gabriel Blanchard est envoyé aux Pays-Bas et en Angleterre pour acheter des tableaux des écoles nordiques au nom du roi. Les inventaires et les comptes ne permettent pas de savoir quelles toiles ont été acquises.
Aux tableaux achetés viennent s'ajouter ceux offerts comme cadeaux diplomatiques, tels que leRepas chez Simon de Véronèse offert par la république de Venise, ou par des courtisans souhaitant entrer dans les bonnes grâces du souverain. André Le Nôtre offre trois tableaux de Poussin, deux de Claude Lorrain, et sesAlbane. Le prince-cardinalCamillo Pamphili charge Le Bernin d'apporter au roi laChasse et laPêche d'Annibale Carrache,La Vierge à l'Enfant avec saint Étienne, saint Jérôme et saint Maurice de Titien, laDiseuse de bonne aventure du Caravage, des Albane. Des prélats italiens lui offrent des tableaux, comme monseigneur Cordini avec laBataille deSalvator Rosa. Le tableauDiane et Callisto de Paul Brill est offert en 1674 par le cardinal Fabrizio Spada, leSaint François en extase deGerard Seghers est un cadeau de l'ambassadeur du roi de Danemark, en 1682.
À la mort du Premier peintre du roi, en 1690, le roi décide, au vu de l'importance de la pension annuelle de12 000 livres qui lui était versée[34], de considérer que toutes les œuvres se trouvant dans son atelier ont été réalisées dans le cadre de sa fonction officielle et sont la propriété de la Couronne[35].Louvois fait aussi saisir et transporter à l'hôtel de Gramont les œuvres antérieures à son entrée au service du roi et les ouvrages qui lui ont été offerts malgré lesTrès humbles remontrances de sa veuve à Louvois. Louis XIV utilisera le même procédé pour les ateliers deVan der Meulen, en 1690, et deMignard[36], en 1695.
La charge revient ensuite àPierre Mignard et à la mort de ce dernier en 1695, elle est coupée en deux, une pour les objets des collections se trouvant au Louvre, l'autre pour les collections du palais de Versailles et des Maisons royales. Après le départ du roi pour Versailles, le Louvre n'est plus qu'un dépôt. C'est le peintreRené-Antoine Houasse qui a la garde des tableaux du Louvre. À sa prise de fonction en 1690, il n'y a plus que 86 peintures au Louvre. Au cours duXVIIIe siècle, toutes les peintures vont quitter le Louvre où ne reste que le cabinet de dessin. Nommé à l'École de France à Rome, en 1699, il est remplacé parGabriel Blanchard. À la mort de Blanchard, en 1704, Houasse demande à reprendre sa charge et la garde jusqu'à sa mort, en 1710. Dans l'inventaire des tableaux de la couronne fait en 1709-1710 parNicolas Bailly, garde des tableaux de Versailles et des maisons royales, on compte 2 376 œuvres, comprenant 1 478 tableaux dont 369 des écoles italiennes, 179 des écoles du Nord et 930 de l'école française. Cet inventaire montre un triplement du nombre de tableaux appartenant au roi depuis l'inventaire dressé en 1683 par Charles Le Brun[37].Antoine Coypel succède à Houasse avec le titre de directeur des tableaux et dessins de la couronne.
En même temps que le cabinet du roi s'enrichit de nombreux tableaux, des achats de dessins continuent. Colbert comprend rapidement que la gravure pouvait être un moyen pour faire connaître à tous et pour conserver à la postérité les entreprises et les victoires du roi. Il fait prendre au roi, en 1660, alors qu'il était à Saint-Jean-de-Luz, un arrêt donnant aux graveurs un statut d'artistes indépendants de la maîtrise et des corps de métiers. En 1667, le roi accorde sa protection aux graveurs qui travaillent aux Gobelins. Colbert va entreprendre de faire graver des planches parAndré Félibien pour représenter les maisons royales,Daniel Marot,Robert Bonnart, Van der Meulen etIsraël Silvestre pour donner des vues des pays nouvellement conquis,Claude Mellan,Gilles Rousselet etGirard Audran doivent copier les tableaux et statues antiques appartenant au roi, etFrançois Chauveau les ornements des Tuileries. Le coût de la gravure étant élevé, Colbert décide en 1679 de mettre dans le commerce des tirages. Cette opération fut vite rentable. L'ensemble des planches gravées du Cabinet du Roi ont été déposées à laChalcographie du Louvre à la Révolution.
Louis XV augmente peu les collections royales. En 1717, le Régent fait retenir le portrait deJeanII le Bon, le plus ancien tableau représentant un personnage de profil, pour la bibliothèque du roi. Il est entré dans les collections du Louvre en 1925. En 1757, le roi fait transporter au Louvre lePortrait de CharlesVII qui se trouvait à laSainte-Chapelle de Bourges.
En 1704,Pierre Crozat installe sa collection de 19 000 dessins et 400 tableaux dans son hôtel de larue de Richelieu. Le goût a changé. Les grandes peintures de l'école de Charles Le Brun ne conviennent plus pour la décoration des hôtels particuliers. La bourgeoisie se tourne vers des tableaux plus petits pour les petits appartements décorés de boiseries claires. À la pompe du Grand Siècle, on préfère les sujets galants, les petits maîtres hollandais ou flamands. Les Hollandais ont créé le marché de l'art. Des marchands commeEdmé-François Gersaint sont allés étudier le système de vente aux enchères des œuvres d'art en Hollande. Paris et Amsterdam sont alors les deux plus grands marchés de tableaux en Europe.
Les dépenses des guerres vont empêcher l'achat de la moindre toile de la collection dePierre Crozat et de la collection du comte de Thiers. Elles vont augmenter la collection de l'impératrice de RussieCatherineII, ce que déplore l'expert Rémy dans la vente de la collection Tallard, en 1756. L'impératriceCatherineII a pour démarcheurDenis Diderot à Paris. Lebaron Stroganoff y a acheté des tableaux qui ont enrichi la collection d'œuvres d'art qui se trouvait dans lepalais Stroganov.
Louis XVI reprend les achats de tableaux pour les collections royales[42].
Après 1775, lecomte d'Angiviller, nommé directeur desBâtiments du Roi en 1774, entreprend d'acheter des tableaux pour la collection de la Couronne afin d'en combler les lacunes et de montrer au public l'ensemble le plus complet possible des écoles de peinture. Il achète, dès 1775, àmadame du Barry, lePortrait deCharlesIer de van Dyck. Le principal fournisseur de tableaux estJean-Baptiste Pierre Le Brun (1748-1813), le mari de madameVigée-Lebrun. Il va procurer au roi deux tableaux de Jordaens,Le roi boit etLes Jeunes piaillent comme chantent les Vieux. En 1782, il vend au roiLe Jeune Mendiant de Murillo. Louis XVI a acheté plusieurs autres tableaux de Murillo :La Sainte Famille, ditLa Vierge de Séville,La Prière au jardin des Oliviers etLe Christ à la colonne et saint Pierre. D'Angivillier va profiter de la suppression des établissements des Jésuites aux Pays-Bas autrichiens pour acheter des tableaux alors proposés à la vente. L'achat par un certain Bosschaert du tableauL'Adoration des Mages deRubens aux religieuses Annonciades va nécessiter l'intervention de l'ambassadeur de France à Bruxelles pour obtenir l'autorisation de son exportation. Il a acheté en 1784 au comte de Vaudreuil quatre tableaux de l'école flamande :Portrait d'Hélène Fourment et de ses enfants de Rubens,Les Quatre Évangélistes deJordaens, lePortrait de Jean Richardot et de son fils devan Dyck etL'archiduc Léopold à la chasse au héron deDavid Teniers le Jeune. En 1785, le marchand d'artAlexandre Joseph Paillet achète pour lui l'Autoportrait à la toque sur fond d'architecture deRembrandt, qui sera exposé lors de l'exposition inaugurale de 1793[43]. Il fait aussi entrer des peintures de maîtres français que le goût académique avait méprisés, telles queLa Forge deLe Nain,La Cène dePhilippe de Champaigne ou le cycle deLa Vie de saint Bruno, achetée aux chartreux en 1776, ainsi que laChambre des Muses et leCabinet de l'Amour, qui se trouvaient à l'hôtel Lambert, de Le Sueur.
Le comte d'Angivillier a aussi mis en place une politique de restauration des objets d'art. Il a fait refaire les cadres des tableaux sur lesquels sont indiqués le nom du peintre et leur sujet.Alexandre Lenoir lui rendit justice : « D'Angivillier leur avait fait faire des cadres qui sans ajouter à leur valeur, leur donnaient de l'éclat ».
On n'oublie pas d'acheter des dessins pour enrichir le Cabinet du Roi. À la vente de la collectionMariette comprenant quelque 10 000 feuilles[44] le roi n'en a pas acheté la totalité, mais sur les instances deCharles-Nicolas Cochin, garde des dessins du Cabinet, il en choisit 1266 pour la somme de52 000 livres.
C'est sous le règne deLouis XIV que naît l'idée de faire du palais du Louvre un dépôt d'œuvres d'art appartenant à la couronne. Malgré le départ du roi pour lepalais de Versailles, en 1681, quatre cents peintures continuent à être conservées au palais du Louvre, dans le salon du Dôme et dans lagalerie d'Apollon ; tandis que les Antiques, avec les moulages envoyés par les pensionnaires de l'Académie de France à Rome, sont déposés dans lasalle des Caryatides. Bien que propriété du roi, les collections étaient visibles aux amateurs et artistes qui en faisaient la demande.
En 1746,Étienne La Font de Saint-Yenne se plaint de l'impossibilité de voir les tableaux de la collection du roi. En 1747, dans lesRéflexions sur quelques causes de l'État présent de la peinture en France avec un examen des principaux ouvrages exposés au Louvre, ce mois d'août 1746 parues en 1747, il demande la création d'un musée accessible par tous. Ces protestations vont entraîner, en 1750, le transport de tableaux du dépôt de la Surintendance des bâtiments à Versailles, vers lepalais du Luxembourg.
Tout commence par une exposition provisoire des plus beaux tableaux de la collection royale, qui se tient dans lagalerie royale de peinture installée au palais du Luxembourg de 1750 à 1779 et qui connaît un grand succès. Lemarquis de Marigny, directeur général desBâtiments du Roi, demanda àJacques Bailly (vers 1700-), peintre et garde des tableaux du roi à Versailles, le fils de Nicolas Bailly (3 mai 1659-13 novembre 1736) et père deJean Sylvain Bailly, tous deux gardes des tableaux de la Couronne, d'aménager l'appartement de la reine d'Espagne au palais du Luxembourg pour y exposer par roulement110 tableaux et des dessins. Ce musée est ouvert le 14 octobre 1750[45]. La galerie est visitable le mercredi et le samedi de chaque semaine, le matin depuis le mois d'octobre jusqu'au mois d'avril et l'après-midi le reste de l'année. La galerie Médicis est ouverte aux mêmes horaires. En 1778, le palais du Luxembourg est cependant donné enapanage aucomte de Provence et l'exposition est fermée en 1779. Les tableaux sont renvoyés en dépôt à la Surintendance des bâtiments, à Versailles, oùLouis-Jacques Durameau, peintre ordinaire du roi, en fait l'inventaire en 1784[46]. Il donne la liste de 1 122 tableaux.
En 1765, dans le tomeIX de l'Encyclopédie dirigée parDenis Diderot etD'Alembert, à l'articleLe Louvre, après avoir regretté l'inachèvement des bâtiments, est dressé un programme pour un futur musée :
« L’achevement de ce majestueux édifice, exécuté dans la plus grande magnificence, reste toujours à désirer. On souhaiterait, par exemple, que tous les rez-de-chaussées de ce bâtiment fussent nettoyés & rétablis en portiques. Ils serviraient ces portiques, à ranger les plus belles statues du royaume, à rassembler ces sortes d’ouvrages précieux, épars dans les jardins où on ne se promène plus, & où l’air, le tems & les saisons, les perdent & les ruinent. Dans la partie située au midi, on pourroit placer tous les tableaux du roi, qui sont présentement entassés & confondus ensemble dans des gardes-meubles où personne n’en jouit. On mettrait au nord la galerie des plans, s’il ne s’y trouvait aucun obstacle. On transporteroait aussi dans d’autres endroits de ce palais, les cabinets d’Histoire naturelle, & celui des médailles. »
En 1777, lacollection des plans-reliefs des forteresses du royaume qui était présentée dans la Grande galerie depuis 1697 avait été enlevée. Les tableaux qui se trouvaient au palais du Luxembourg y sont mis en dépôt en 1780, mais le roi donne l'ordre de regrouper dans les réserves de Versailles les 1 122 tableaux qui avaient été déposés au palais du Luxembourg[47].Jacques-Germain Soufflot fait les plans d'un nouvel escalier pour accéder à la Grande galerie, construit parMaximilien Brébion à partir de 1781, et propose un éclairage zénithal. Jean Sylvain Bailly qui avait remplacé en 1754 son père comme garde des tableaux de la Couronne, astronome et non peintre, dut abandonner son poste en 1783 au profit du premier peintre du roiJean-Baptiste Marie Pierre.Hubert Robert, un des peintres du roi, est alors désigné pour prendre en charge le projet deMusoeum dans la Grande galerie du Louvre[48]. En 1785, des tableaux commencent à arriver de Versailles pour être déposés au Louvre comme le montre le catalogue qui est en dressé[49].
Depuis 1725 l'Académie de peinture présente les tableaux de ses membres dans la grande salle du Louvre appeléeSalon carré et qui a laissé son nom à l'exposition. Le Salon devient bisannuel en 1751. Le problème posé par la Grande galerie est celui de son éclairage. L'éclairagezénithal est jugé le meilleur, aussi, pour faire un essai, il est réalisé en 1789 dans le Salon Carré.
Alors que les collections de la Couronne avaient été peu enrichies pendant le règne deLouis XV, le règne deLouis XVI va être une des périodes les plus fécondes dans l'accroissement des collections. Pour permettre l'instruction du public, le comte d'Angiviller va acheter avec discernement des tableaux de toutes les écoles pour compenser les écoles peu représentées dans les collections de la Couronne. Les tableaux ont été achetés auprès des particuliers, des marchands et surtout dans les ventes publiques.
En 1787, les Parisiens attendent l'ouverture du Muséum comme le montre leGuide des amateurs et étrangers à Paris de l'abbé Thierry : « Cette galerie est destinée à faire un musée dans lequel seront placés les tableaux appartenant au roi qui se trouvent exposés également dans les magasins du Louvre et à l'hôtel de la surintendance de Versailles. Puissions-nous voir l'exécution d'un si glorieux projet, bien fait pour immortaliser celui qui l'a conçu : Monsieur le comte de La Billarderie d'Angiviller ».
Le 19 septembre 1791, un décret ordonne « le transport dans le dépôt du Louvre des tableaux et des monuments relatifs aux Beaux-Arts se trouvant dans les maisons royales ». Le projet se transforme en loi le. L'inauguration a lieu le, premier anniversaire de lachute de la monarchie, et l'ouverture définitive au public le, le musée prenant le nom deMuseum national des arts avant de s'appelerMusée central des arts de la République en mai 1796. Les conservateurs du Museum national des arts font un rapport sur leurs activités en 1793[50]. Il ne comprend à son ouverture que laGrande galerie le long de la Seine où sont exposées les collections du roi, propriétés de la nation après l'abolition de la monarchie un an plus tôt, et les œuvres saisies chez les émigrés ou dans les églises.
La loi du 2 novembre 1789[51], prise à l'initiative deMirabeau, avait déclaré que « le clergé n'est pas propriétaire à l'instar des autres propriétaires, puisque les biens dont il jouit et dont il ne peut disposer, ont été donnés non pour l'intérêt des personnes, mais pour le service des fonctions ». Les biens ecclésiastiques sont déclarésbiens nationaux et remis aux administrations du département et du district. D'abord destinés à combler les déficits publics, on va rapidement se poser la question, à partir d'octobre 1790, de savoir si les œuvres d'art entrées en possession de la nation ne doivent être considérées que comme des marchandises. L'idée que l'État doit être un conservateur de ces œuvres au nom de l'histoire ou de l'instruction des générations s'impose. Le 13 octobre 1790,Talleyrand fait voter un décret par l'Assemblée pour que les départements inventorient et conservent ces ouvrages. En novembre 1790 est créée laCommission des monuments composée d'artistes et d'érudits qui envoie, entre décembre 1790 et juillet 1791, les quatre premières instructions qui codifient les règles de l'inventaire et de la conservation des ouvrages à protéger.
Dans un opusculeProjet tendant à conserver les arts en France, en immortalisant les évènements patriotiques et les citoyens illustres[52], publié le 15 janvier 1791 par Hendrik Jansen, traducteur hollandais de l'Histoire de l'art dans l'Antiquité deWinckelmann, il reprend ses propos faisant de la liberté une des principales causes de la prééminence des Grecs en art. Dans un discours prononcé devant le Conseil du département de Paris, le 15 décembre 1791,Armand de Kersaint suggère l'achèvement du palais du Louvre et la création du Musée : « Que Paris devienne l'Athènes moderne, et que la capitale des abus, peuplée d'une race d'hommes régénérés par la liberté, devienne par vos soins la capitale des arts ».
En, le députéBertrand Barère demande que « la galerie du Louvre… devienne un Muséum célèbre, et qu'on y déploie les nombreux tableaux de Rubens et d'autres peintres illustres ». Le 26 mai 1791, l'Assemblée décrète :« Le Louvre et les Tuileries réunis seront le palais national destiné à l'habitation du roi et à la réunion de tous les monuments des sciences et des arts et aux principaux établissements de l'instruction publique »[53],[54]. La même annéeQuatremère de Quincy publieConsidérations sur les arts du dessin en France, suivies d'un plan d'Académie, ou d'école publique et d'un système d'encouragements[55] écrit que la forme la plus favorable au développement des arts est la « forme populaire ou démocratique » et remarque « je m'aperçois que, sans y penser, j'ai presque tracé l'image de la Grèce »[56].
Des trésors d'églises disparaissent. Les objets qui restent du trésor de la Sainte-Chapelle[57] et dutrésor de Saint-Denis sont récupérés en 1791 pour être déposés aucabinet des médailles de laBibliothèque du Roi. Ils sont remis en 1793 au nouveau Muséum national.
La loi du déclare que les biens desémigrés sont confisqués. Ils viennent s'ajouter aux biens de la Couronne et à ceux de l'Église.
L'insurrection du 10 août 1792 entraîne la destruction d'œuvres liées à l'ancienne monarchie. Un décret du 11 août institue une commission « pour la recherche des tableaux, statues et autres objets précieux, dépendant du mobilier de la couronne ». Par ailleurs, la commission doit, sous l'autorité du ministre de l'Intérieur, « proposer les travaux relatifs à l'établissement et à la conservation du Muséum, de veiller à l'exécution de ces travaux, de diriger l'emplacement des objets ». Le, l'Assemblée vote un décret déclarant « que les principes sacrés de la liberté et de l'égalité ne permettent point de laisser plus longtemps sous les yeux du peuple français les monuments élevés à l'orgueil, au préjugé et à la tyrannie ». Tous les biens de la monarchie doivent être détruits, mais le 22 août, à l'initiative du députéCambon, la cause de la conservation des œuvres d'art est défendue en prévoyant de mettre ce « patrimoine de la Nation » dans des musées pour les sauver en les mettant à l'abri.
L'Assemblée nationale constate qu'il importe de conserver aux beaux-arts et à l'instruction publique les chefs-d'œuvre épars sur la surface de l'Empire et qu'il y a urgence. Elle décrète le que la commission nommée en vertu du décret du est réunie à laCommission des monuments[58].Le ministre de l'IntérieurRoland fait voter le un décret « ordonnant le transport dans le dépôt du Louvre des tableaux et autres monuments relatifs aux beaux-arts se trouvant dans les maisons royales ». Le 3 novembre il demande aux départements de reprendre le travail d'inventaire et de conservation. Le même jour, la ville de Versailles dépose une pétition à laConvention nationale demandant qu'on ramène à Versailles les tableaux des écoles anciennes qui y ont été enlevés et ceux se trouvant au palais du Luxembourg. Le1er octobre il met en place la commission du muséum, formée d'artistes et d'un mathématicien, pour préparer l'aménagement du Muséum. Elle propose une ouverture le pour fêter la chute de la royauté.
Pour satisfaire la municipalité deVersailles, le décret du crée au château un« musée spécial de l'École française ». On y transfère les œuvres des artistes appartenant à l'école française de peinture et de sculpture, le musée du Louvre devant alors être réservé, à l'inverse, aux écoles étrangères[59]. Ce musée est progressivement dépouillé de ses tableaux pour meubler lemusée du Luxembourg nouvellement créé, ainsi que divers musées, églises et résidences officielles, au début duXIXe siècle[60].
Si on décida très rapidement de mettre à l'abri, d'abord au garde-meuble de la Couronne, puis au Muséum, les bronzes, les pierres dures et lesjoyaux de la Couronne, par contre, le mobilier des appartements royaux est mis en vente. Pour le seul château de Versailles, les enchères ont duré du au. Le mobilier royal s'est retrouvé dispersé dans les collections du monde entier. Les nécessités financières ont conduit à brûler à laMonnaie les tapisseries tissées de fils d'or et d'argent pour en récupérer le métal.
Ce premier musée était essentiellement consacré à la peinture même si quelques sculptures anciennes avaient été placées sur des tables, « dépouilles précieuses de nos tyrans ou autres ennemis de la patrie ». Mais la galerie doit être fermée pour faire des réparations urgentes pour n'être rouverte que le dans les premières travées orientales de la Grande galerie, cinq jours pardécade pour les copistes, trois pour le public et deux pour le nettoyage. Le musée est ouvert tous les jours pour le public en 1794. La galerie doit être fermée de nouveau le pour permettre des travaux réalisés par l'architecteJean-Arnaud Raymond. Une première partie n'est rouverte que le, et la totalité le.
Le Muséum a d'abord été créé comme lieu de formation pour les artistes de l'époque, qui étaient les seuls à pouvoir y entrer en semaine. Le public n'y était admis, gratuitement, que le dimanche, jusqu'en 1855 où il le fut toute la semaine[61] et ce jusqu’en 1922, lorsque la gratuité fut réservée au jeudi après-midi, puis à nouveau au dimanche de 1927 à 1990. En 1996, elle fut rétablie pour le premier dimanche du mois, en 2014 pour seulement ceux de la basse saison[62] et le 5 janvier 2019 pour le premier samedi du mois en nocturne[63], outre le 14 juillet (ce jour restant actuellement le seul jour gratuit à tous de l'année, à la suite de la suspension de la nocturne gratuite en raison de lacrise du Covid survenue en 2020). À son ouverture, le musée étant d'abord destiné aux artistes, les tableaux n'étaient pas exposés par école ou par date, mais de façon à donner une harmonie générale à la présentation, pour donner du plaisir aux visiteurs et à les aider dans leurs créations. Le « Catalogue des objets contenus dans la Galerie du Museum français décrété par la Convention nationale le 27 juillet 1793 l'an second de la République française » liste les 537 tableaux exposés et donne la justification suivante :
« …plusieurs raisons trop longues à déduire ont empêché qu'on ne classât les tableaux par écoles… On n'offre, pour l'instant, qu'une disposition provisoire ; lorsqu'on sera en possession de la totalité qui doit former le Museum, lorsque le projet d'éclairer cet immense vaisseau par le sommet sera réalisé … alors les discussions des artistes, des savants, des amateurs auront répandu une masse de lumière suffisante pour arrêter définitivement le mode d'arrangement qui réunira le plus d'avantages… »
La Grande galerie n'était éclairée que par les grandes fenêtres côté Seine et n'offrait pas le meilleur jour pour voir les tableaux. Tous les artistes s'accordent pour demander un éclairage zénithal àHubert Robert, qui avait été nommé garde des tableaux du roi en 1784 et chargé d'étudier l'aménagement de la Grande galerie entre 1784 et 1792, puis à nouveau entre 1795 et 1802[64]. Il est membre du conservatoire et a donné des images de cette Grande galerie.
L'abbé Grégoire[65] va dénoncer levandalisme[66] des destructions. Il déclare : « Inscrivons donc sur tous les monuments et gravons dans les cœurs cette sentence : Les barbares et les esclaves détestent les sciences et détruisent les monuments des arts, les hommes libres les aiment et les conservent ». Le décret du 24 octobre 1793 condamne les abus et prévoit que « les monuments publics transportables, intéressant les arts et l'histoire, qui portent quelques-uns des signes proscrits, qu'on ne pourrait faire disparaître, sans leur causer un dommage réel, seront transférés dans le musée le plus voisin pour y être conservés pour l'instruction nationale ».
Le, la commission des Monuments est remplacée par un Conservatoire qui comprend à ses débuts dix membres, peintres, sculpteurs, architectes, restaurateurs et antiquaires, puis7 membres pour finir à cinq. Elle est chargée de l'administration du Muséum et de sélectionner les œuvres à présenter.
En est publiée l’« Instruction sur la manière d'inventorier et de conserver sur toute l'étendue de la République, tous les objets qui peuvent servir aux arts, aux sciences et à l'enseignement », rédigée parFélix Vicq d'Azyr.
Casimir Varon (1761-1796) critique la présentation confuse des tableaux et présente devant leComité d'instruction publique, le7 prairialanII (26 mai 1794)[67], un rapport dans lequel il définit ce que doit être le Muséum : une encyclopédie des Beaux-Arts. Les tableaux doivent être rangés par école et par époque. Un catalogue doit être descriptif et donner tous les détails sur la vie et les œuvres des artistes célèbres. Une bibliothèque spécialisée doit être créée. Le Muséum doit être « un sanctuaire où les peuples s'élèveront par la connaissance de la beauté ».
La galerie d'Apollon.
En 1796, lagalerie d'Apollon décorée sous LouisXIV parCharles Le Brun reçoit les dessins et les objets d'art. La première exposition de dessins des grands maîtres est ouverte le 28 thermidor an V de la République française ().
Le 7 ventôse anII (), le peintre et députéAntoine Sergent[68] recommande au comité d'instruction publique : « Les Romains en dépouillant la Grèce, nous ont conservé de superbes monuments : imitons-les ». Déjà dans un rapport remis le 28 janvier 1794,Jean-Baptiste Wicar fait de la République française l'héritière des chefs-d'œuvre de l'art grec. Le 29 janvier, c'est l'inspecteur des mines Alexandre Charles Besson (1725-1809) qui présente à la Commission temporaire des arts « un mémoire contenant des observations sur la collection des princes palatins » en vue de leur saisie par la République. L'abbé Grégoire va plus loin en déclarant : « Si nos armées victorieuses pénètrent en Italie, l'enlèvement de l'Apollon du Belvédère et de l'Hercule Farnèse serait la plus brillante conquête. C'est la Grèce qui a décoré Rome ; mais les chefs-d'œuvre des républiques grecques doivent-ils décorer le pays des esclaves? La République française devrait être leur dernier domicile ». Ces discours vont être mis en application.
Dès l'été 1794, les victoires des armées de la République vont lui donner l'occasion de se saisir des œuvres d'art dans les territoires occupés. Le 8 messidor anII (), Bruxelles est occupée.Lazare Carnot écrit au nom duComité de salut public auxreprésentants en mission à l'état-major le 13 juillet :« Hâtez-vous… Ne négligez pas les productions des beaux-arts qui peuvent embellir cette ville de Paris ; faites passer ici les superbes collections de tableaux dont ce pays abonde ; ils se trouveront sans doute heureux d'en être quittes pour des images. » Dix jours plus tard, les représentants aux armées écrivent qu'« informés que, dans les pays où les armées victorieuses de la République française viennent de chasser les hordes d'esclaves soldés par les tyrans, il existe des morceaux de peinture et de sculpture, et autres productions du génie ; considérant que leur véritable dépôt, pour l'honneur et le progrès des arts, est dans le séjour et sous la main des hommes libres » et donnent la liste des œuvres d'art à transporter à Paris[69]. Les convois de peinture flamande arrivent à Paris en octobre avec les tableaux duRubens. Le peintreJacques-Luc Barbier-Walbonne présente à la Convention, le, les premiers Rubens arrivés de Belgique en déclarant que « c'est au sein des peuples libres que doit rester la trace des hommes célèbres ; les pleurs de l'esclave sont indignes de leur gloire et les honneurs des rois troublent la paix de leur tombeau » et il ajoute que les peintres flamands sont « dans la patrie des arts et du génie, dans la patrie de la liberté et de l'égalité sainte, dans la République française »[70],[71],[72]. Après les victoires remportées par l'Armée du Nord commandée parPichegru, l'armée révolutionnaire entre àAmsterdam le. La collection du stathouderGuillaume V d'Orange-Nassau comprenant essentiellement des tableaux de l'école hollandaise est confisquée. Des tableaux sont envoyés à Paris et expertisés parLebrun, estimateur nommé par la Commission temporaire des arts en. Ils sont suivis des collections des principautés rhénanes.
Les noces de Cana, Paul Véronèse - Emporté de Venise en 1797 par les commissaires français et échangé en 1815 contre un tableau de Charles Le Brun.
Napoléon Bonaparte est nommé général en chef de l'armée d'Italie le dont il prend le commandement le 27 mars. Bonaparte signe les armistices avec les ducs de Plaisance et Modène, les et, à Bologne avec le pape, le, puis letraité de Tolentino avec le pape, le, et letraité de Campo-Formio avec les Autrichiens, le. Ces deux traités prévoient dans leurs clauses le transfert à Paris des œuvres d'art les plus célèbres : tableaux deRaphaël,Mantegna,Véronèse,Titien et antiques du Vatican et du Capitole. Les saisies sont faites en mai à Parme, Modène et Milan, en juin, à Crémone et Bologne, puis à Mantoue, Vérone et Venise[73],[74]. Elles sont opérées par la commission pour la recherche des objets de science et d’art en Italie[75] nommée par leDirectoire qui a été chargée de « faire passer en France tous les monuments des sciences et des arts qu'ils croiront dignes d'entrer dans nos musées et nos bibliothèques ». La commission comprend, entre autres, le mathématicienMonge[76], le chimisteBerthollet, les botanistesThouin etLa Billardière, le peintreBerthélémy. Des voix s'élèvent contre ces saisies sous l'impulsion de Quatremère de Quincy qui déclare« dépecer le muséum d'antiquités de Rome serait une folie et d'une conséquence irrémédiable », il condamnait « l'esprit de conquête » et le qualifiait d'« entièrement subversif de l'esprit de liberté ». Il cite les paroles dePolybe (Histoires, Livre IX, chapitre 3) : « Je souhaite que les conquérants à venir apprennent à ne pas dépouiller les villes qu'ils soumettent, à ne pas faire des calamités d'autrui l'ornement de leur patrie ». Il publie en 1796 lesLettres augénéral Miranda sur le préjudice qu'occasionnerait aux arts et à la science le déplacement des monuments de l'art en Italie, le démembrement de ses Écoles, et la spoliation de ses collections, galeries, musées, etc., réimprimées à Rome en 1815[77] dans laquelle il écrit qu'il serait « injurieux au dix-huitième siècle en le soupçonnant capable de faire revivre cedroit de conquête des Romains, qui rendaient les hommes et les choses la propriété du plus fort. Qui ne sait que ce droit absurde et monstrueux reposait, dans le Code public de Rome sur la même base que l'esclavage »[78].
Le, le conservatoire est remplacé par un administrateur,Léon Dufourny, assisté par un conseil d'artistes. Il est chargé de disposer dans les galeries du Louvre les œuvres d'art ramenées des territoires conquis.
Pour fêter l'arrivée des œuvres d'art venant d'Italie, le Directoire prend un décret le pour mettre en scène une cérémonie spectaculaire pour célébrer le« triomphe conjoint des arts et de la liberté ». La fête a eu lieu le 9 thermidor anVI (27 juillet 1798)[79],[80]. Un étendard précède les antiquités avec ces mots :
«
La Grèce les céda, Rome les a perdusLeur sort changea deux fois, il ne changera plus.
»
L'arrivée de tous ces chefs-d'œuvre au Louvre nécessite alors de réaménager la présentation des collections et d'agrandir le musée devenu trop petit. La Grande galerie est transformée.
Appartements d'été de la reine Anne d'Autriche, musée des Antiques.
Tout en saisissant des œuvres dans les pays conquis, on a continué à acheter des tableaux dans les ventes.
Dans son rapport auxconsuls du 13 fructidor anIX (), le ministre de l'IntérieurChaptal constate que« le Muséum des arts présente en ce moment la plus riche collection de tableaux et de statues antiques qu'il y ait en Europe. Là se trouve réunies toutes les richesses qui se trouvaient éparses avant la Révolution… 1 390 tableaux des écoles étrangères… 270 de l'ancienne école française… plus de 1 000 de l'école moderne… 20 000 dessins… 4 000 planches gravées… 30 000 estampes… 1 500 statues antiques ». Il propose alors de répartir une partie de cette collection entre15 villes françaises où ont déjà été formés des embryons de musée avec les œuvres saisies.
En 1800, Napoléon Bonaparte décide de chasser du palais du Louvre tous les marchands qui occupent les passages. Il fait démolir les baraques placées le long des façades et des cours. Le, ce sont les artistes qui logent encore au vieux Louvre — David, Vernet, Isabey… — qui sont expulsés. En, les locataires des appartements se trouvant sous la Grande galerie doivent les quitter. En 1806, au cours d'une visite,NapoléonIer constate que des appartements sont encore occupés. Le lendemain, les ordres d'expulsion sont apportés. En avril 1806, le Louvre est enfin vide de tout occupant. L'Empereur ne peut supporter qu'on puisse provoquer un incendie dans son musée. Ainsi, de la place est faite pour recevoir les nouvelles œuvres.
Plusieurs ateliers de l'ancienmuséum sont également délocalisés: la chalcographie dont l'accès se faisait alors par la place du Muséum[82] (actuelle cour du Sphinx), les ateliers de restauration des peintures, installés avec l'atelier de rentoilage dans le pavillon des Arts (aile sud de laCour carrée) et l'atelier de moulage, tous transférés à l'Hôtel d'Angiviller situé auno 4 de larue de l'Oratoire.
Dominique-Vivant Denon en est le premier directeur ; il en fait le plus grand des musées du monde et il préside à son démantèlement lors de la chute de l'Empereur (en deux temps). Le musée est agrandi parPercier etFontaine, qui construisent l'aile de la rue de Rivoli.
Pour exposer les trésors ramenés des campagnes napoléoniennes, Pierre Fontaine est chargé de finir le réaménagement des appartements d'hiver d'Anne d'Autriche et étend cette partie du musée entre 1806 et 1817 dans l'aile sud de la Cour carrée.
L'éclairage zénithal de la Grande galerie en 2012.
Il réalise l'éclairage zénithal sur une partie de la Grande galerie qu'avait imaginé Hubert Robert en 1796. Les collections de peinture sont présentées par école.Stendhal qui est nommé auditeur au Conseil d'État en 1810, puis inspecteur de la comptabilité des Bâtiments et du Mobilier de la Couronne, est chargé de l'inventaire des œuvres d'art du musée Napoléon.
Centaure chevauché par l'Amour, collection Borghèse.
En 1812, lasalle des Caryatides est aménagée pour recevoir lacollection Borghèse achetée par Napoléon à son beau-frère après des évaluations faites parPierre Daru etVisconti qui ont estimé son prix à 5 millions de francs. Le décret d'achat de la collection du a fixé le prix de la collection à 13 millions de francs.Pierre-Adrien Pâris et Étienne Lorimier ont été chargés du transfert en France des Antiques Borghèse[83],[84]. Tentés par le prix élevé d'achat de la collection Borghèse, d'autres princes romains ont proposé la vente de pièces de leur collection à Napoléon, à commencer par le propre frère de Camille Borghèse, le prince Aldobrandini[85].
Après les conquêtes en Allemagne, des œuvres viennent de Berlin, Potsdam[86], Cassel, Schwerin, Vienne et le duché de Brunswick en 1806 et 1807. Après 1810, ces saisies vont diminuer. Les tableaux prélevés en Espagne n'allèrent pas plus loin que Bayonne, en 1814.
Vivant Denon continue à combler les lacunes du musée. En 1806, à Florence, il acquiert la collection de dessins rassemblée parFilippo Baldinucci.
En 1811, il accomplit une mission spéciale en Italie pour obtenir des peintures des débuts des différentes écoles. Il acheta certains tableaux, fit des prélèvements dans les biens des monastères supprimés. Il procéda à des échanges de tableaux entre le Louvre et lagalerie Brera. Les 123 peintures acquises par le musée au cours de cette mission font l'objet d'une exposition temporaire dans le Salon Carré qui a ouvert le, après la chute de l'Empire.
À cette politique d'acquisition des œuvres d'art pour faire du musée Napoléon un musée représentant toutes les écoles de tous les temps, va s'ajouter une volonté de catalogage et de restauration des œuvres qui y sont présentées.Antoine-Michel Filhol (1759-1812) etJoseph Lavallée entreprennent les 10 tomes duCours élémentaire de peinture ou Galerie Napoléon (1804-1815)[87],Charles-Paul Landon réalise, entre 1801 et 1809, les 16 volumes desAnnales du Musée et de l'École des Beaux-Arts. Ennius Quirinus Visconti est responsable des notices sur les sculptures. À ces entreprises s'ajoutent les 17 volumes de l’Inventaire Napoléon publiés entre 1810 et 1815[88].
Après lesCent-Jours etWaterloo, l'attitude des puissances alliées va changer. En dehors de la perte des augmentations de territoire en Belgique accordées par le traité de Paris, les alliés vont exiger la restitution de la majeure partie des œuvres d'art qui avaient fait l'objet de prélèvements dans les territoires occupés ou annexés, en vertu des traités (Tolentino, Campo-Formio, Tilsit, Schönbrunn…) les validant ainsi légalement au regard du droit international, y comprisa posteriori ceux effectués entre 1794 et 1796 sauf àLiège et enHollande, sans que cette nouvelle saisie ne fasse en revanche l'objet d'aucun traité[89], l'assimilant ainsi paradoxalement à une prise de guerre.
Certaines personnalités allemandes, commeAlexandre von Humboldt, ne sont pas jugées suffisamment actives pour reprendre les œuvres et démanteler les collections du musée. Des campagnes dans la presse allemande sont alors faites pour accélérer cette reprise[90]. Elle commence dès le 13 juillet 1815.
La valeur des seuls tableaux conservés en France fut estimée par Denon à 4 620 290 francs, dont 500 000 francs pour les tableaux envoyés en province. Au Louvre demeurèrent 102 peintures, avec l'accord des puissances étrangères et notamment du commissaire italienAntonio Canova, en particulier la plupart des tableaux deprimitifs italiens et du quattrocento que Denon avait acquis dans sa mission de 1811 (Cimabue,Giotto,Fra Angelico,Carpaccio,Mantegna,Pontormo…) plusieurs tableaux et objets d'art provenant également de Belgique (cinq tableaux, sans les retables de Rubens), des Pays-Bas et d'Allemagne, dont certains ne furent identifiés qu'ultérieurement, ainsi que lesNoces de Cana de Véronèse, échangées avec Venise contre une grande toile deLe Brun, et huit cents dessins.
En 1818, par un accord tacite, le roi desPays-Bas renonça à récupérer lestableaux flamands et hollandais non retrouvés à Paris en 1815 (124 peintures de la collection dustathouder àLa Haye, dont certaines acquises de collectionneurs privés revinrent au Louvre au cours duXIXe siècle), dans les musées, églises et ministères, en particulier ceux demeurés dans les musées de province (63 peintures pour celles provenant de Belgique, dont trois incluant deuxJordaens brûlèrent àStrasbourg en 1870, outre 22 autres (38 en 1815) non localisées, 5 envoyées aumusée de Mayence et une à laPinacothèque de Brera àMilan) ; tandis que le roi de France abandonna sa revendication sur les 70 tableaux envoyés aumusée de Bruxelles, essentiellement pour représenter les écoles italienne et française (en 1815 : Sassoferrato, Canaletto, Maratta, Cocxie, Vouet, Jouvenet, Restout, Hallé, etc.), dont au moins 27 provenant des collections de la Couronne (en 1815 : 5 Champaigne, 3 Véronèse, 3 Reni, 2 Bassano, Guerchin, Tintoret, Baroche, Palma le Vieux, Albane, Procaccini, Ferrari, Rubens, Bol, Brouwer, Van der Meulen, etc.). Les tableaux envoyés par le Louvre pour le projet dumusée de Genève (23 peintures, dont 3 Fra Bartolomeo (réattribués à Mariotto Albertinelli et réunis en un seul), Véronèse, Palma Le Jeune (désattribué), Champaigne, Le Sueur (réattribué à Blanchard), Subleyras, Vernet, Thys…)[92],[93],[94] et à celui deMayence (25 peintures, dont Guerchin, Jordaens, Lairesse, Carlier…)[95] y demeurèrent également.
Finalement, ce sont donc plus de 470 tableaux qui restèrent sur le territoire français et environ 120 provenant des collections françaises qui le quittèrent, pertes ultérieures comprises, outre les attributions données à l'époque qui ne s'avérèrent pas exactes par la suite.
Plus de 300 tableaux quasiment tous français et 120 objets d'art sont rendus aux établissements religieux qui en ont fait la demande, maisLouisXVIII donna l'ordre de conserver aux musées les œuvres saisies chez les émigrés sauf celles qui n'étaient pas montrées.
Le, Vivant Denon présente sa démission au roiLouisXVIII qui l'accepte. Il écrit :
« Des circonstances inouïes avaient élevé un monument immense ; des circonstances non moins extraordinaires viennent de le renverser. Il avait fallu vaincre l'Europe pour former ce trophée ; il a fallu que l'Europe se rassemblât pour le détruire. Le temps répare les maux de la guerre, des nations éparses se recomposent ; mais une telle réunion, cette comparaison des efforts de l'esprit humain dans tous les siècles, cette chambre ardente où le talent était sans cesse jugé par le talent, cette lumière enfin qui jaillissait perpétuellement du frottement de tous les mérites vient de s'éteindre, et de s'éteindre sans retour. »
Le musée royal du Louvre est fondé par l'ordonnance du 22 juillet 1816 dans laquelle LouisXVIII écrit :
« Voulant à l'exemple de nos prédécesseurs faire fleurir les beaux-arts qui sont la gloire des nations, particulièrement la peinture et la sculpture dont l'éclat fut si brillant en France… Nous avons résolu de maintenir l'Établissement du Musée Royal actuellement formé dans notre château du Louvre. »
La pièce la plus importante acquise par le Louvre est laVénus de Milo, don dumarquis de Rivière au roi. L'achat de la collectionTochon, en 1818, permet au Louvre d'augmenter sa collection de 574 vases grecs, donnant naissance à la section de céramique grecque qui est exposée aujourd'hui dans la galerie Campana.
Le comte de Forbin s'intéresse à l'art égyptien. Il demande àJomard d'aller auBritish Museum pour voir comment sont entreposées les collections égyptiennes. Le comte de Forbin achète des pièces isolées au cours du voyage qu'il fait dans le Levant dans les années 1817-1818 : à Athènes, la collection deLouis-François-Sébastien Fauvel (1753-1838), à Alexandrie, des antiquités égyptiennes : quatreSekhmet en basalte, dont deux sont exposées dans la salle de Melpomène, et une triadeOsiris,Ptah,Horus. Cependant les académiciens donnaient la primauté à l'art grec : Quatremère de Quincy jugeait l'art égyptien barbare.
En 1822, le gouvernement français achète lezodiaque de Dendérah àSébastien Louis Saulnier qui avait chargé son homme de main Claude Lelorrain de ramener le zodiaque de pierre d’Égypte, la transaction coûta la somme de 150 000 francs[98].Bernardino Drovetti proposa lui aussi au roi de lui vendre sa première collection d'antiquités égyptiennes, ce dernier refusa. Elle a été achetée par le roi de SardaigneCharles-Félix de Savoie pour le musée de Turin.
Pour combler les vides laissés par les restitutions dans les collections de peintures, on a fait revenir les tableaux qui étaient exposés aupalais du Luxembourg depuis 1802 : la série desPorts de France deVernet, laVie de saint Bruno deLesueur et l'Histoire de la vie de Marie de Médicis deRubens.
Le roi acheta des tableaux auxSalons, de Delacroix et de David, pourtant exilé à Bruxelles.
La fermeture dumusée des Monuments français, en 1816, va permettre au Louvre de recueillir les pièces les plus importantes, sauf celles restituées ou replacées à Saint-Denis. Avec des sculptures venant dupalais de Versailles, elles ont permis d'ouvrir en 1824 un musée de la sculpture moderne installé dans cinq salles aménagées par l'architecte Fontaine dans la galerie d'Angoulême entre le pavillon de l'Horloge et le pavillon de Beauvais.
Auteur inconnu Fontaine de Diane du château d'Anet.
Edme Bouchardon L'Amour se faisant un arc de la massue d'Hercule.
Cependant, la Grande galerie n'était pas entièrement visible une grande partie de l'année car les Salons y étaient organisés. Pendant trois mois on préparait la galerie pour le Salon qui durait trois mois.
D'autres importantes modifications sont apportées au Louvre sous le règne deCharlesX. Le Grand Cabinet du roiLouis XIV devient la salle des bijoux, réaménagée par l'architectePierre Fontaine et décorée par le peintreJean-Baptiste Mauzaisse en 1822. Les objets précieux du musée du Louvre y sont exposés.
Le roi achète la collection du chevalierEdme-Antoine Durand (1768-1835) en 1825[99]. Elle comporte, à côté d'antiquités romaines et d'œuvres médiévales, 2 500 objets égyptiens qui lui permettent de créer un musée à son nom. Le roi envoie, en 1824,Jean-François Champollion aumusée égyptologique de Turin où il va découvrir l'art égyptien. Champollion découvre en Italie la deuxième collection Salt que le consul cherche à vendre.
Champollion persuade CharlesX d'acquérir la deuxième collection assemblée parHenry Salt, en 1826, pour10 000 livres (250 000 francs). Elle comprend plus de 4 000 pièces. Avec la deuxième collectionDrovetti comprenant plus de 700 pièces, achetée parCharlesX en 1827 pour 200 000 francs, elles constituent le premier fonds des collections égyptiennes du musée du Louvre. Champollion est nommé conservateur de ladivision des monuments égyptiens et orientaux du muséeCharles-X le.
Ce musée est créé au premier étage de l'aile sud de la Cour carrée dont la partie ouest a été construite parPierre Lescot et la partie est parLouis Le Vau. Il occupe une enfilade de neuf salles qui ont été les anciens appartements des reines régnantes, puis les salles de l'Académie d'architecture. L'aménagement intérieur de ces salles avait été commencé sousNapoléonIer par l'architecte Pierre Fontaine. Le gros œuvre est terminé en 1819. Entre 1819 et 1827, ces salles sont utilisées pour les Expositions des produits de l'industrie et les Salons des artistes vivants. Des armoires vitrées plaquées d'acajou sont livrées parJacob Desmalter.
Statue de Nakhthorheb agenouillé Collection Sallier 1816.
Cuiller à fard figurant une luthiste Collection Salt 1826.
Stèle du prêtre Djedkhonsouiouefankh jouant de la harpe Collection Salt 1826.
Grand sphinx de Tanis Collection Salt 1826.
Statue de Sétaou présentant la déesse-cobra Nekhbet Collection Salt 1826.
Coupe du général Djéhouty Collection Drovetti 1827.
Les salles comprennent chacune une cheminée surmontée d'un miroir, à l'exception de la salle I et de la salle V (accès vers la galerie Campana) ; elles sont décorées de plafonds peints évoquant le pays d'origine des objets qui y sont présentés et des grisailles sont présentes sur la partie supérieure des murs :
salle V (actuellement salle 645, dénommée égalementsalle des colonnes) :La véritable Gloire s'appuie sur la Vertu,Mars écoutant la Modération etLe Temps élève la Vérité vers le trône de la Sagesse parAntoine-Jean Gros[101] ;
salle IX (actuellement salle 641) :Le Génie de la France anime les Arts, protège l'Humanité, parAntoine-Jean Gros ;Les Arts rendant hommage au souverain (six grisailles) par Alexandre-Évariste Fragonard[101].
Les Nymphes de Parthénope, emportant loin de leurs rivages les Pénates, images de leurs dieux, sont conduites par la déesse des Beaux-Arts sur les bords de la Seine, Charles Meynier.
Le muséeCharlesX est ouvert le. La section égyptienne sont dans quatre salles. Les objets sont répartis entre une salle des dieux, une salle civile et deux salles funéraires. Pour l'ouverture du musée, Champollion rédige uneNotice descriptive des monumens égyptiens du MuséeCharles-X[103]. Champollion entreprend un voyage sur les bords du Nil en 1828-1829. Il rapporte peu d'objets de ce voyage par manque de crédits, mais de qualité. Champollion meurt prématurément en 1832. Le département égyptien perd alors son autonomie.
Près de deux siècles plus tard, en 2021, le musée du Louvre met en dépôt une vingtaine d'objets de ses réserves du muséeCharlesX aumusée Champollion àVif, ancienne demeure familiale des frères Champollion[104].
Ce musée est créé par décision du roi CharlesX prise le. Ledauphin ayant accepté de lui donner son nom, il est alors connu sous le nom de musée Dauphin, sur proposition du baron de la Bouillerie, intendant général de la liste civile du roi. Le projet a été étudié par l'ingénieur de la marinePierre-Amédée Zédé, le premier conservateur du musée, et qui a été directeur des constructions navales. Il regroupe différents objets et maquettes ayant trait à la marine et qui étaient dispersés dans quelques palais royaux, dans les ports ou les arsenaux. Il est d'abord installé au premier étage, puis au second étage de l'aile nord de la Cour carrée. Les collections sont placées dans des armoires aux dauphins de bronze doré. Ce département technique placé au sein d'un musée où sont présentées des œuvres d'art déplaisait aux conservateurs du musée du Louvre. Les roisCharlesX, puis Louis-PhilippeIer y déposèrent les objets curieux qui leur étaient adressés de toutes les parties du monde. Le ministère de la Marine y faisait déposer tous les objets rassemblés au cours des voyages de circumnavigation et de découvertes qu'il avait ordonnés[105]. Un atelier est rattaché au musée pour assurer l'entretien et la réparation des modèles réduits reçus à son ouverture. Cet atelier a aussi réalisé des modèles réduits de bateaux anciens. Après Pierre Zédé, c'est l'ingénieurApollinaire Lebas qui a assuré la direction du musée à partir de 1848. Pendant la Deuxième République, le musée dépend de Jeanron, directeur des musées nationaux. Il souhaite regrouper dans ce musée les différents objets chinois se trouvant dans les réserves du Louvre auxquels ont été ajoutés ceux ramenés de la mission commerciale deThéodore de Lagrené. Le projet est réalisé par le comte de Nieuwerkerke, nouveau directeur en 1849.
Devant l'accroissement des pièces ethnographiques du musée auquel ont été ajoutés les objets chinois, son conservateur adjoint,Antoine Léon Morel-Fatio, crée une annexe au Louvre, le musée ethnographique séparé du musée naval. Il devient, en 1852, conservateur du musée de la Marine et d’ethnographie du Louvre.
L'amiral Pâris, directeur du musée entre 1871 et 1893 a fait déposer au musée des modèles réduits de sanbugs, trabacolos,sampans,praos et autres bâtiments inhabituels à partir des plans rapportés des voyages.
Quand en 1901, Destrem est nommé directeur du musée de la Marine, le directeur des Beaux-Arts Roujon lui dit sans ménagement :« On vous a nommé pour que vous nous débarrassiez du musée de la Marine ».
Dans les décennies qui suivent, les conservateurs refusent qu'on mette en caisse la collection tant qu'un nouveau lieu d'accueil n'a pas été trouvé. Le, un décret rattache le musée de Marine du Louvre au ministère de la Marine[106].
salle 653 :Charlemagne, entouré de ses principaux officiers, reçoit Alcuin qui lui présente des manuscrits, ouvrage de ses moines, parVictor Schnetz, 1833
Dans les voussures, quatre tableaux de Deviéra représentent des réalisations dans le domaine des arts et des sciences sous le règne de Louis XIV (Leibnitz soumet au roi son projet sur l'Égypte, 1699,Première séance de l'Académie des Sciences, 1666,Le Brun présente des tableaux au roi, 1648,Pose de la première pierre des Invalides, 1671. Huit médaillons rappellent les principales édifications de l'époque du roi : La Porte Saint-Denis, La Porte Saint-Martin, La Sorbonne, Le Palais Mazarin, L'Académie de France à Rome, L'Observatoire, L'hôtel des Invalides, le Val-de-Grâce.
Partie de la métopeHéraclès et le taureau de Crète du temple de Zeus à Olympie.
Pour aider les indépendantistes grecs, le gouvernement français envoie l'expédition de Morée en 1828. S'inspirant de l'expédition scientifique de lacampagne d'Égypte de 1798, il décide d'adjoindre à l'envoi de troupes une expédition scientifique en Morée[110]
L'enrichissement des différents départements des antiquités du musée du Louvre va se faire par des achats, des donations, mais aussi par l'envoi de missions de fouilles sur des sites archéologiques et le partage des découvertes qui y sont faites.
L'essentiel des crédits accordés pendant le règne de Louis-PhilippeIer a été employé pour les travaux réalisés au château de Versailles consacréà la gloire des grands hommes de tous les temps. Quelques tableaux ont cependant été achetés, comme en 1834Le portement de Croix deSimone Martini, en 1839 lePortrait de Chardin par lui-même, lesPortraits d'artistes attribués à Paolo Uccello et en 1844 leDiptyque de Jean Carondelet deJan Mabuse etSalomon au trésor du Temple deFransII Francken.
Le Christ en croix adoré par deux donateurs, El Greco Galerie espagnole.
Louis-PhilippeIer demanda en 1833 aubaron Taylor d'acheter des tableaux espagnols sur sa cassette personnelle. En trois voyages (1833, 1835-1836, 1838), Taylor profita de laguerre carliste, de l'anarchie dans les provinces et de la suppression de laCompagnie de Jésus et des ordres religieux entre 1835 et 1836, pour rassembler pour une somme de 1 327 000 francs une collection de 412 tableaux de l'école espagnole représentant un panorama complet de cette école[115], ainsi que 15 toiles des écoles du Nord et 26 de maîtres italiens. Les tableaux prêtés au Louvre y sont présentés au public pour la première fois le 7 janvier 1838[116]. Deux ans plus tard, cette collection est complétée par les 244 tableaux de celle queFrank Hall Standish (1799-1840) offre au roi.
Après larévolution de 1848 et la mort du roi en exil, la famille d'Orléans demande la restitution de l'ensemble des tableaux de la galerie espagnole. La Deuxième république n'ayant pas voulu négocier une indemnité, les tableaux ont été restitués entre 1850 et 1851. Les tableaux ont été vendus à Londres en mai 1853 pour la somme de 940 000 francs. Le musée du Louvre n'a pas participé à la vente qui a enrichi les collections de nombreux musées européens.
La découverte de la peinture espagnole grâce à cette galerie a eu une influence sur de nombreux peintres, parmi lesquelsCourbet,Millet,Manet…
Pour enrichir sa collection de tableaux espagnols, le musée a participé aux différentes ventes de la collection dumaréchal Soult, duc de Dalmatie, en 1852, 1858 et 1867.
S'inspirant des précédents de l'expédition d'Égypte et de l'expédition de Morée, est menée en parallèle des opérations militaires en Algérie une mission d'exploration scientifique du pays. Dans un rapport rédigé par des membres de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, ceux-ci proposent de rassembler dans un musée algérien à Paris les collections d'art et de sciences réunies par la Commission scientifique de l'Algérie. Les antiquités trouvées par cette commission sont placées au musée du Louvre.
Un Musée algérien, ou galerie d'Alger, est inauguré par le roi Louis-Philippe, en 1845, sous la Colonnade pour présenter les antiquités ramenées par le commandant Delamare, capitaine d'artillerie. La galerie est choisie pour être dans la suite de la galerie consacrée aux antiquités égyptiennes. Le musée est fermé sous le Second Empire pour être intégré dans le Musée africain du Louvre qui n'a jamais fonctionné, car il n'a jamais été ouvert au public. En 1880, il abrite aussi des vestiges qui proviennent des fouilles faites en Tunisie et au Maroc. Un inventaire des pièces qui ont été ramenées d'Afrique du Nord rédigé parAntoine Héron de Villefosse est publié en 1920[119].
L'arrivée en France des premiers vestiges de Khorsabad, en février 1847, a entraîné la création du musée assyrien, premier musée assyrien d'Europe, inauguré par Louis-PhilippeIer le. La direction de ce musée est confiée àAdrien de Longpérier (1816-1882). Ce dernier en a rédigé la première version de la notice des antiquités assyriennes en 1848[120]. On peut y voir les grands génies ailés ramenés des fouilles du palais deSargon II àKhorsabad entreprises parPaul-Émile Botta consul de France àMossoul.
Après la nomination de Botta comme consul à Jérusalem, en 1848, les fouilles de Khorsabad n'ont été reprises qu'en 1852 par le nouveau consul de France, Victor Place (1818-1875), en compagnie deRawlinson[121]. Il s'est fait aider par l'épigraphisteJules Oppert et l'orientalisteFulgence Fresnel. Les fouilles ont été photographiées par l'ingénieur Gabriel Tranchand pour illustrer le rapport envoyé à l'Académie des inscriptions et belles-lettres[122]. L'architecteFélix Thomas a fait les relevés du palais de Sargon qui illustrent le livre de Victor Place,Ninive et l'Assyrie[123] publié en 1867.
Mais la plus grande partie des œuvres que Victor Place voulait ramener en France ont coulé dans leChatt-el-Arab pendant une attaque par un parti d'Arabes, en 1855. Seul un taureau ailé de 30 tonnes a échappé au naufrage.
Apollon terrassant le serpent Python, Eugène Delacroix galerie d'Apollon.
La galerie d'Apollon (après sa restauration), Victor Duval (1874)[124].
LaDeuxième République va amorcer un mouvement d'accroissement du palais du Louvre avec la reprise du grand dessein et le réaménagement du musée en reprenant le projet exposé en 1765 par Diderot qui faisait du palais le « palais du peuple » consacré aux arts et aux sciences. Elle souhaitait y installer un musée élargi, la bibliothèque nationale et des salles pour des expositions industrielles.
Pour mener à bien ce projet, elle nommeFélix Duban architecte du Louvre. Faute de moyens financiers, il va se limiter à la restauration des façades extérieures de la galerie d'Apollon, de la Grande galerie et de quelques salles du musée. Il remet des plafonds chargés d'ornements au Salon carré et à la salle des Sept-Cheminées décorés parAlexandre Denuelle. Lagalerie d'Apollon est pourvue d'un plafond peint par Delacroix représentantApollon terrassant le serpent Python.
Philippe-Auguste Jeanron, peintre et républicain, est nommé directeur des musées de la République. Pendant sa courte administration ( -) il va entreprendre une œuvre de restauration, de présentation des œuvres par écoles et en suivant la chronologie qui a eu une influence profonde sur le musée. Il fait acheter sept tableaux, dont quatre deGéricault, pour la somme de 11 820 francs.
La galerie des sculptures modernes ouverte en 1824 dépend du département des Antiquités. Il y a eu peu d'acquisitions jusqu'à la chute de lamonarchie de Juillet. En 1849, on fait alors venir de Versailles des morceaux de réception d'académiciens, des statues desXVIe et XVIIe siècles, dont leMilon de Crotone dePierre Puget et l'Hercule gaulois dupalais du Luxembourg. De nouvelles salles sont ouvertes dans l'aile sud de la Cour carrée pour les sculptures duXVIe siècle.
En 1848,Frédéric Villot, peintre amateur et ami de Delacroix, succède àFrançois Marius Granet au poste de conservateur de la peinture du musée du Louvre. Il a entrepris de faire un catalogue des peintures, où elles sont accompagnées de notices, comprenant une table chronologique et une autre, alphabétique de tous les artistes cités. Il redistribue les tableaux. Dans la Grande galerie, les peintures des écoles anciennes sont classées par pays, par écoles et par dates. Dans la salle des Sept-Cheminées sont présentés les tableaux de l'école impériale. À la manière de laTribuna dumusée des Offices de Florence, il place dans le Salon carré les chefs-d'œuvre de toutes les écoles du musée. Cette nouvelle disposition du musée est inaugurée par le prince-président accompagné de Nieuwerkerke, le 5 juin 1851[125].
Nieuwerkerke a été soutenu par le prince-président ce qui lui a permis d'acquérir pour le musée dix tableaux importants au cours de la vente de la collection du roi des Pays-BasGuillaumeII qui eut lieu du au dont un Rubens (Portrait du baron Henri de Vicq, Seigneur de Meuleveldt), un Memling, un Pérugin, un Hobbema, trois Géricault, pour la somme de 135 460 francs.
Le musée acquiert sa première sculpture gothique en 1850,La Vierge et l'Enfant provenant de l’abbaye de chanoines prémontrés de Blanchelande[126]. En 1851, des sculptures qui avaient été déposées aumusée des Monuments français sont remises au Louvre par l'École des beaux-arts, en particulier leChildebert de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés[127].
L’engouement pour les mondes lointains va amener l'ouverture de plusieurs musées ethnographiques au musée du Louvre.
En 1850, à l'initiative d'Adrien Prévost de Longpérier, est ouvert le musée Mexicain, au rez-de-chaussée de la Cour carrée, proche du guichet de l'Oratoire. Il s'agit de la première exposition scientifique de collections pré-colombiennes en Europe, formée par l'achat de plusieurs collections et cabinets de curiosités de voyageurs. L'acquisition d'objets péruviens fait changer dès l'année suivante le nom de musée Mexicain en celui de musée Américain. La collection connut un certain engouement à son ouverture[128].
La même année, sous la direction d'Antoine Léon Morel-Fatio, un Musée ethnographique est aussi ouvert au second étage du pavillon de Beauvais à partir des objets ethnographiques et chinois qui se trouvaient jusqu'alors déposés dans le musée de la Marine, ancien musée Dauphin, créé au Louvre en 1827.
Les transformations se poursuivent sousNapoléon III avec notamment la réalisation dugrand dessein : La galerie nord reliant le Louvre aux Tuileries est achevée par l'adjonction de bâtiments construits parHector-Martin Lefuel (sur les plans deLouis Visconti). D'autres également sont ajoutés au sud pour assurer une symétrie à ce désormais gigantesque ensemble architectural. Le musée va gagner de cette transformation son entrée par le pavillon Denon.
La dotation pour l'acquisition d'œuvres d'art par le musée du Louvre a été assez faible, entre 36 000 francs et 100 000 francs, en dehors de l'achat exceptionnel de la collection Campana. Une autre opération exceptionnelle a été la création du musée des Souverains dans le musée du Louvre. En dépit de la faiblesse des crédits, le musée a pu acquérir des tableaux de Poussin, Vermeer, Murillo…
Dans la description qui en est faite, en 1854, le musée impérial du Louvre est présenté comme un ensemble de 14 musées[130] :
musée des tableaux des écoles française, italienne, allemande, hollandaise et flamande, dans la Grande galerie et le salon carré,
musée de l'école française avec le salon des Sept-Cheminées. Le guide signale que les tableaux de l'école française sont un peu dispersés dans le Louvre,
musée ou galerie des dessins qui est suivi des salles de la Chalcographie,
musée des émaux, bijoux et objets divers, exposés dans deux salles, la salle des Bijoux et une salle attenante au salon carré,
musée des antiquités grecques et égyptiennes dans l'ancien musée Charles-X,
musée des Souverains, sous la Colonnade,
musée naval, comportant 10 ou 11 salles,
musée ethnographique à l'extrémité du musée naval,
musée des Antiques, comportant 800 statues et bas-reliefs grecs et romains,
Pour les antiquités grecques, l'œuvre la plus importante ramenée de ces fouilles est laVictoire de Samothrace découverte parCharles Champoiseau en 1863. Il a fallu son arrivée à Paris et le remontage des 118 fragments pour convaincre les conservateurs du Louvre qu'ils sont en présence d'un chef-d'œuvre. Après le remontage des fragments, elle est exposée en 1866 dans la salle des Cariatides. La seconde mission Champoiseau, en 1879, a permis de ramener les 23 blocs de la base du monument dont l'équipe d'archéologues autrichiens menée par Conze et l'architecte autrichien Hauser ont montré qu'elle représentait l'avant d'une galère. Après remontage de tous les blocs, la statue est placée en haut de l'escalier Daru en 1883.
À partir de 1853, le département des antiquités égyptiennes acquiert son indépendance. Avec la collection deClot Bey, médecin deMehemet Ali, entrent au Louvre 2 500 objets. Suivent les stèles des collections Fould et Anastasi, laStatue guérisseuse et les bronzes du comte Michel Tyszkiewicz (1828-1897).
Entre 1852 et 1856, le partage des fouilles d'Auguste Mariette auSerapeum de Memphis fait entrer au Louvre 6 000 objets, dont leScribe accroupi, lesBijoux du prince Khaemouaset et leTaureau Apis.
À partir de 1860,Ernest Renan s'est embarqué pour le Levant. Il ramène de ce voyage laVie de Jésus publiée en 1863 et lesarcophage d'EchmounazorII, roi de Sidon, origine de la collection du Levant.
Entre 1865 et 1868, lasalle dite des Empereurs reçoit son nom actuel.Louis Matout peint la voûte en représentantL'Assemblée des dieux. Les deux tympans situés aux extrémités de la salle,L'Empire romain, à l'ouest,L'empire français, à l'est, sont peints parVictor Biennourry etAlexandre Duchoiselle sculpte les médaillons représentant Auguste, César, Charlemagne et Napoléon1er.
La collection Campana a été rassemblée par le marquisGiampietro Campana Di Cavelli qui était directeur dumont-de-piété de Rome. Il se prit de passion pour les nombreuses découvertes archéologiques de son époque faites en Italie et finança des fouilles, notamment àCerveteri sur le site de la ville étrusque deCaeré. À partir des années 1830, il se constitue une très importante collection d'objets d'art antique, particulièrement d'objets provenant de fouillesétrusques,romaines etgrecques, mais également de nombreux tableaux et des objets d'orfèvrerie. Une partie des tableaux venait de l'ancienne collection ducardinal Fesch vendue en 1843 (une autre partie se trouve aumusée Fesch) et des couvents d'Italie centrale. Cependant, pour financer ces achats importants il a puisé dans les fonds du mont-de-piété.
Après la découverte de ses détournements de fonds, Campana est arrêté et sa collection est saisie par lesÉtats pontificaux en 1857. La collection est mise en vente. Les longues négociations vont aboutir à une vente partielle du musée Campana au musée deSouth Kensington en décembre 1860 (84 majoliques et sculptures Renaissance italiennes, dont en réalité 69 de la collection Gigli), puis au tsar de Russie en février 1861 (777 antiques, dont 519 vases sur 565 terres cuites, 139 bronzes, 44 statues en marbre et des bustes). Informé de cette vente partielle,NapoléonIII envoya le 22 mars à RomeLéon Renier etSébastien Cornu pour acheter la part restante la plus importante de la collection, soit 10 295 antiques[131], dont leSarcophage des Époux et la plus grande collection de vases grecs alors existante, soit près de 3150 des 3791 catalogués, 646 tableaux, dontLa Bataille de San Romano dePaolo Uccello, des sculptures et des objets d'art, notamment de la Renaissance italienne, à l'exception de 77 vases de prix vendus en 1863 à la Belgique et de plusieurs caisses de fragments de vases vendus en 1871 à Florence[132]. Le contrat de vente est signé le 20 mai 1861 pour un montant de 4 364 000 francs. Ce choix court-circuitait l'administration du Louvre et des musées impériaux et, en particulier, lecomte de Nieuwerkerke, directeur général des Musées impériaux.
Durant l'été 1861, Hortense Cornu (1812-1875), épouse de Sébastien Cornu, fille de la nourrice du prince Louis-Napoléon et filleule de lareine Hortense, écrit àNapoléonIII pour lui suggérer de réunir « dans le local assigné pour le moment au muséeNapoléon-III », les collections Campana[133] et les découvertes des missions archéologiques patronnées par l'empereur en Syrie, en Macédoine et en Asie Mineure, pour montrer « tout ce que l'Empereur a fait depuis un an pour la science et l'art »[134]. L'Empereur donna son accord à cette idée. Le musée fut créé dans lepalais de l'Industrie[135] qui avait été construit sur les Champs-Élysées pour l'exposition universelle de 1855. Sébastion Cornu en est l'administrateur. Le nom de muséeNapoléon-III n'apparaît dans aucun texte officiel. La loi du 16 avril 1862 nomme ce musée, Musée Campana. Le musée ouvrit ses portes deux semaines plus tard.Le Moniteur universel note que « le véritable intérêt de ce musée unique… réside dans l'ensemble qu'offrent les séries ; au point que, si l'on songeait à les diviser, la valeur toute spéciale de cette collection et même de chacun des objets qui la composent en serait certainement diminuée[136] ».
Rapidement ce musée a été considéré comme provisoire. Un décret impérial pris le 11 juillet 1862 décide de fermer le musée le1er octobre et de réunir aux collections de la Couronne les objets constituant le Musée Campana pour constituer un nouveau muséeNapoléon-III et placer dans les musées départementaux les objets qui n'intéressent pas le musée du Louvre. Une commission est chargée de réserver au Musée impérial du Louvre « tous les objets (lui) faisant défaut dans les collections, tout ce qui pouvait y ajouter quelque particularité intéressante… ». Le 31 août 1862, le travail de la commission est terminé. Certains conservateurs du musée considéraient que seuls les chefs-d'œuvre avaient leur place au Louvre. Les séries d'objets étaient considérées comme sans intérêt. Le baronFrédéric Reiset, conservateur des peintures depuis 1861, ne retient que 97 tableaux sur les 646 de la collection.
Salle des terres cuites, musée Napoléon-III (avant transformation), Charles Giraud.
Finalement les 313 peintures sont exposées dans des salles de l'aile de la Colonnade et les objets d'art antique dans ce qui est aujourd'hui la salle des bronzes antiques avant de quitter cette salle au profit de la donation La Caze, en 1869.
La commission ayant fait le choix des objets attribués au musée du Louvre, les objets restants sont répartis entre les musées départementaux.
Le baron Rieset n'a pas admis qu'on lui ait imposé une liste de tableaux plus importante que la sienne. N'aimant pas la collection Campana, après la chute de l'Empire, il fit envoyer dans les musées de province 141 toiles en 1872, puis 38 de plus dans les années suivantes pour n'en conserver que 134. La méthode qui a été utilisée pour la répartition des tableaux est discutable, car elle a aussi conduit à démembrer des polyptyques et parfois sans qu'il soit possible de retrouver la trace de certaines œuvres. La création en 1976 dumusée du Petit Palais àAvignon, en réunissant 327 des peintures deprimitifs italiens auparavant dispersées[140], a permis de rendre justice à la collection Campana.
Le musée des Souverains est créé par le prince-président Louis Napoléon Bonaparte, le 15 février 1852. Il est consacré aux souverains ayant régné sur la France. Le musée est installé un premier étage de l'aile de la Colonnade, dans cinq salles. Le choix des objets et leur mise en place sont confiés par le comte de Nieuwerkerke àHorace de Viel-Castel, nommé conservateur. L'architecteFélix Duban réalisa les aménagements nécessaires. Les trois premières salles sont décorées de boiseries anciennes, et les deux suivantes de peintures exécutées parAlexandre Denuelle.
Les objets exposés viennent du musée du Louvre, duGarde-Meuble, dumusée de l'artillerie et de laBibliothèque nationale. Cette dernière a protesté, ne voulant pas se dessaisir de pièces importantes de son patrimoine. Des donations d'objets ont été faites au musée[141].
Tous les rois et les reines étaient représentés par deux ou trois objets. On pouvait voir dans les deux premières salles les armures des rois de France, dans la troisième était reconstitué la chapelle de l'ordre du Saint-Esprit, la quatrième présentait tous les rois de France, deChildéric à Louis-PhilippeIer, la dernière àNapoléonIer et auroi de Rome. Le musée glorifiait l'empereur et voulait montrer la continuité des rois depuis les premiers mérovingiens jusqu'au premier Bonaparte. En 1863, le nouveau conservateur,Henry Barbet de Jouy, changea l'aménagement du musée pour opter pour une présentation chronologique.
Certains visiteurs firent des critiques du musée en s'étonnant de la présence du lit de camp deNapoléonIer au musée du Louvre.
Après la chute de l'Empire, les biens sont mis sous séquestre. Le musée des Souverains est supprimé en 1872 et les objets qui y étaient exposés sont rendus à leurs propriétaires antérieurs.
En 1856, alors qu'il est gravement malade,Charles Sauvageot fait don au musée du Louvre de sa collection d'objets d'art pour éviter sa dispersion[142]. Nommé conservateur honoraire des musées impériaux, il commence à en organiser la présentation dans une salle du musée en 1858. Il meurt le avant la fin de cet aménagement[143]. C'est grâce à cette donation que le Louvre a acquis sa première céramique ottomane avec un plat à décor de quatre fleurs. Sa collection comprenait de nombreux verres européens desXVIIe et XVIIIe siècles.
Incendie du palais des Tuileries, des pavillons de Flore et de Marsan, 24 mai 1871 - Lithographie.
Dès la chute de l'Empire, le comte de Nieuwerkerke donne sa démission. Un conservatoire d'artistes, dans lequel se trouventCourbet,Daumier,Bracquemond, va participer à l'administration du musée. Une partie des tableaux a été évacuée sur Brest. Les statues antiques ont été protégées.
Lors des bombardements prussiens sur Paris qui durent du 27 décembre 1870 à la fin janvier, peu d'obus touchent le centre de Paris. Le Louvre ne subit aucun dommage.
En, l'administration du musée dément la rumeur d'après laquelle les tableaux du Louvre seraient vendus à Londres. Elle affirme que les collections sont intactes et qu'elles ont été protégées des dangers de la guerre[147].
Le 16 mai 1871, la Commune décide de licencier tous les fonctionnaires du musée, saufPaul Pierret etAntoine Héron de Villefosse qui avaient été oubliés sur la liste des fonctionnaires soumise à la Commune. Le lendemain, la Commune nomme comme administrateursAchille Oudinot, architecte et peintre,Jules Héreau, peintre, etJules Dalou, statuaire. Le 22 mai, les troupes versaillaises sont arrivées au Trocadéro[148].
Pendant laCommune, lescommunards avaient placé des explosifs dans les caves et aspergé de pétrole les murs des bâtiments du Nouveau Louvre jusqu'aupavillon de Marsan et lepalais des Tuileries. Le 24 mai, à minuit, les explosifs ont été mis à feu pour les détruire. La bibliothèque du Louvre prend feu à 2 heures du matin et le palais des Tuileries à 3 heures.Henry Barbet de Jouy est alors au musée du Louvre et décide d'enfermer les administrateurs nommés par la Commune et d'organiser les 50 gardiens du Louvre pour sauver les collections.Barbet de Jouy a fait mettre des chaînes aux entrées du musée par les gardiens pour bloquer les entrées[149]. Heureusement pour le musée, le vent souffle alors depuis l'Est. À 9 heures du matin, les troupes versaillaises arrivent au musée après avoir pris les barricades qui se trouvent à proximité[148].
Plan du Louvre, cliquer pour agrandir.
Le musée du Louvre n'a pas trop souffert des explosions et des incendies mis aux bâtiments situés à proximité. Pendant les combats, la galerie d'Apollon a été atteinte par des obus, la façade de la Colonnade a été touchée, comme une statue de Jean Goujon sur la façade de l'aile Lescot. Ces dégâts ont été rapidement réparés. L'incendie de la bibliothèque impériale du Louvre, située dans la partie nord du Nouveau Louvre entre le pavillon Richelieu et le pavillon de la Bibliothèque faisant face au Palais-Royal, dans la nuit du 23 au 24 mai, a réduit en cendres ses 80 000 volumes. L'intervention du26e bataillon de chasseurs à pied, placée sous la direction du commandantMartian de Bernardy de Sigoyer, et d'une compagnie du génie a permis d'éviter sa propagation[150].
L'architecte Lefuel doit reconstruire le pavillon de Marsan avec l'aile du Nouveau Louvre le long de la rue de Rivoli dont il double la largeur, entre 1873 et 1875,La façade nord du pavillon de Flore est reconstruite.
LeMinistère des finances dont le bâtiment de l'autre côté de la rue entre larue de Castiglione et larue Cambon avait également été incendié s'installe en 1871 dans l'aile Richelieu (aile nord construite sous le Second-Empire) épargnée de la destruction et y reste jusqu'à son déplacement à Bercy en 1989.
LesTuileries ne seront jamais reconstruites, et après plusieurs années de délibération, les ruines seront finalement rasées en 1882.
Le budget de l'État alloué à l'achat d'œuvres d'art ne prévoit qu'un crédit de 162 000 francs qui ne permet pas l'achat d'un tableau de grande qualité. L'enrichissement des collections du musée du Louvre s'est fait par plusieurs voies :
Pour donner des moyens financiers aux musées nationaux, une loi de 1895 crée laRéunion des musées nationaux, qui est un organisme ayant une personnalité civile et morale, possédant une caisse autonome, la Caisse des musées nationaux, géré par un conseil d'administration. La Caisse des musées nationaux reçoit une allocation de l'État et possède des ressources propres, droits d'entrée, legs, ventes d'objets.
Quand, en 1910, est mis en vente le retable de l’Adoration des Mages deHugo van der Goes découvert àMonforte de Lemos, en Espagne, se retrouvent les représentants des musées de Berlin, Bruxelles, Dublin et Paris. C'est le musée de Berlin qui emporte le tableau pour le prix de 1 180 000 francs or, somme considérable.
En 1910, le musée achète à la ville d'Aigueperse le tableauMartyre de saint Sébastien d'Andrea Mantegna qui est probablement le premier tableau de la Renaissance italienne arrivé en France, commandé par la famille Gonzague à l'occasion du mariage de Chiara Gonzague avecGilbert de Bourbon, comte de Montpensier, en 1481.
Stèle du Roi-serpent, Collection Amelineau Achat, 1904.
legs Robert Autrand d'une centaine de verres antiques produits en Méditerranée orientale, en 2016,
legs de la collection Pierre Cattiau (1928-2022), en 2023, de plus de 1 400 miniatures et 200 boîtes précieuses[164].
À ces donations importantes il convient ajouter les dons moins importants de nombreux donateurs qui ont permis de combler des manques dans les collections. En 1883, la sœur deCourbet,Juliette Courbet, donne l'Enterrement à Ornans, puis des amateurs offrent laRemise des chevreuils qu'ils ont achetée à la vente Secrétan, en 1889, etMadame Pommery de Reims donne lesGlaneuses de Millet acquis à la même vente.
Parmi les donateurs étrangers, le marchand anglais, sirJoseph Duveen, offre en 1923 le tableau deJoachim Patinier,Saint Jérôme dans le désert. Le colonel Friedsam, président duMetropolitan Museum of Art de New York offre en 1927 au musée un paysage attribué àAdriaen Brouwer, sir Percy Moore Turner lui donne, en 1948, le tableau deGeorges de La TourSaint Joseph charpentier qu'il complète, en 1952, par le tableau deJohn Constable,Salisbury vue des champs.
Salisbury vue des champs John Constable Don Percy Moore Turner.
Les Salons ayant été fermés aux petits romantiques, comme les peintres de l'école de Barbizon, les choix des académiciens des Beaux-Arts fermés à de nouvelles tendances de l'art avaient empêché l'État d'acheter leurs tableaux pour le musée du Luxembourg. Les donateurs ont permis de compenser les manques qui en avaient résulté. Mais la plupart de ces tableaux sont allés rejoindre les cimaises duMusée d'Orsay.
Transfert au musée du Louvre des œuvres du musée du Luxembourg
Le musée a continué d'accroître ses collections d'antiquités grâce aux découvertes faites au cours des fouilles et à leur partage avec le pays d'origine.
Antiquités égyptiennes
Les fouilles menées parÉmile Amélineau près d'Abydos ont permis de mettre au jour les vestiges de lapériode thinite, des premières dynasties pharaoniques. La plus grande partie des pièces del'époque thinite découvertes a été acquise par le musée en 1904. Cette acquisition s'ajoute à laPalette au taureau donnée par Tigrane Pacha en 1886.
Le partage des fouilles d'Assiout fait entrer lastatue du chancelier Nakhti, et lemodèle de bateau de Nakhti, en 1903.
Le partage des fouilles d'Abou Roach, en 1907, avec laTête du roi Didoufri.
Le partage des fouilles de Tôd, où a été trouvé leTrésor de Tôd, en 1936.
Antiquités grecques
Les fouilles menées par l'École française d'Athènes continuent, en particulier àTanagra, où sont trouvées des statuettes en terre cuite, dans la nécropole deMyrina.
Les fouilles deMari, en Syrie, sont dirigées à partir de 1934 parAndré Parrot.
Élam,Iran etPerse
En 1884, l'ingénieurMarcel Dieulafoy et son épouseJane se rendent sur le site deSuse. Ils fouillent les niveaux supérieurs où ils mettent au jour les vestiges des constructions desPerses achéménides. Dieulafoy y a découvert en 1883 laFrise des archers du palais deDariusIer et a rapporté lechapiteau de l'Apadana, en 1886.
Agadé
Ce sont les fouilles menées par l'ingénieurJacques de Morgan et ladélégation archéologique en Perse, àSuse, dans les niveaux plus anciens, après celles de Marcel Dieulafoy, qui ont permis de trouver les pièces les plus importantes des souverains d'Agadé se trouvant au Louvre. Elles y avaient été apportées en butin par un souverain d'Élam. Il s'agit de laStèle de victoire de Naram Sin, ducode de lois de Hammourabi et d'uneTête royale, peut-être celle d'Hammourabi.
Des fouilles sont entreprises àCarthage, ancienne colonie phénicienne deTyr, en particulier par desPères blancs comme lepère Delattre, fondateur du futurmusée du Bardo à Tunis, dont les découvertes sont déposées aumusée national de Carthage. Les découvertes faites à Carthage par la missionPricot de Sainte-Marie se trouvent à bord duMagenta, navire amiral de la flotte, quand il explose en rade de Toulon, le 31 octobre 1875. Le bateau coule avec sa cargaison de 2 080 stèles puniques provenant dutophet de Salammbô et une statue de l'impératrice Sabine. Sa cargaison est en partie récupérée, mais il a fallu attendre les recherches sous-marines faites entre 1995 et 1998 pour retrouver le navire et remonter de nombreux éléments avec la tête manquante de l'impératrice.
En 1850,Félix de Saulcy visite laPalestine. Il revient en Palestine peu après pour faire des fouilles. C'est pendant sa campagne de 1863-1864 qu'il découvre ce qu'il croit être leTombeau des Rois. Il y trouve le sarcophage inviolé de lareine Saddan qu'il donne au musée. Le monument est acquis par lesfrères Pereire qui en font don à la France. Pendant ses campagnes, Saulcy est accompagné par le photographeAuguste Salzmann qui rapporte le premier témoignage photographique de laTerre sainte.
Stèle des Vautours, Lagash.
Goudéa, Lagash.
Code de Hammourabi, Agadé.
Lion, Mari.
Lion marchant, Babylone.
Frise des archers, Suse.
Transfert du fonds égyptien de la Bibliothèque nationale
À l'occasion de la réception de la collection Armand-Valton au Cabinet des Médailles, son directeur,Ernest Babelon, propose de transférer au Louvre le fonds égyptien, sauf les pièces des collections ne pouvant être démembrées, comme celle duduc de Luynes, et quelques autres envoyées auMuséum national d'histoire naturelle (membres humains et animaux momifiés). L’arrêté de dépôt pris le 11 novembre 1907 concerne 737 objets augmentés des fragments et ensembles d’objets non dénombrés, dont 14 sarcophages, 11 dessus et couvercles de sarcophages, un panneau d'Isis aux ailes déployées, deux planchettes (fonds de sarcophage) avec représentations de taureaux et une grande tête de sarcophage.
LeMobilier national est l'héritier duGarde-Meuble de la Couronne. Le Louvre possède alors peu d'objets d'art mobiliers postérieurs à la Renaissance. C'est après 1871 que les meubles les plus précieux du palais des Tuileries et duchâteau de Saint-Cloud, qui avaient été évacués avant leurs incendies, sont mis en dépôt au musée du Louvre. En 1901, le mobilier national fait un second versement au Louvre de pièces d'ébénisterie desXVIIe et XVIIIe siècles, provenant des ateliers deBoulle,Riesener etCarlin. En 1872, le département des Sculptures et des Objets d'art est devenu indépendant de celui des Antiques. En 1893, c'est le département des Sculptures qui a été détaché de celui des Objets d'art.
Dès le, le gouvernement décide de fermer le musée du Louvre[170]. L'incendie de la bibliothèque de Louvain par l'armée allemande le 26 août 1914, le bombardement de lacathédrale de Reims le 19 septembre, puiscelui du musée de Lille en octobre, montrent que les lieux patrimoniaux sont devenus des enjeux militaires. À partir du 30 août 1914, une partie des collections du musée du Louvre est ainsi évacuée de Paris, par voie ferroviaire, vers lecouvent des Jacobins à Toulouse. Au total, 770 tableaux, sculptures et objets d'art quittent le musée du Louvre pour Toulouse entre le 30 août et le1er septembre[171]. Paul Leprieur étant dans l’impossibilité de convoyer et de surveiller les collections,Paul Jamot est chargé de le remplacer. Toutefois, ce dernier ne mène pas cette mission seul. Le dépôt étant placé sous la responsabilité de l’administrateur duMobilier national, Paul Jamot partage ainsi la charge de la garde des œuvres avecPol Louis Neveux, inspecteur général des bibliothèques et suppléant de l’administrateur du Mobilier national. À l’exception de quelques brèves interruptions, tous deux assurent la sécurité des lieux jusqu’au retour des œuvres au musée du Louvre, en 1919[172].
Le conflit initialement pensé bref finit en effet par se prolonger. En 1915, Paul Jamot et Paul Leprieur — venu pour l’occasion — procèdent ainsi au contrôle des wagons abritant les œuvres d’art et à la réfection des emballages qui avaient été effectués dans l’urgence en 1914[172]. Ces opérations aussitôt terminées, une polémique émerge autour des collections du musée du Louvre. Alors que des édiles toulousains sollicitent de l’administration centrale l’organisation d’une exposition d’une vingtaine de chefs-d’œuvre du musée, Paul Jamot est de ceux qui s’opposent fermement à ce projet. Un tel programme impliquerait en effet de défaire le travail minutieux de classement et de conservation récemment achevé, tout en mettant les collections en danger. La position défendue par Paul Jamot obtient finalement gain de cause après une année de débats dans la presse. Le public toulousain peut bénéficier d’une présentation de tapisseries et de meubles appartenant au Mobilier national, mais les collections du musée du Louvre sont maintenues à l’abri dans le dépôt toulousain[173].
Si le musée du Louvre s'est vidé de ses propres œuvres d'art, il est lui-même devenu un dépôt pour les collections des musées situées dans des régions menacées par les armées allemandes, des musées de Reims et de Nancy en particulier. Entre 1916 et 1918, certaines de ces œuvres finissent par rejoindre celles du musée du Louvre àToulouse[174]. Les collections des musées d'Amiens et deReims font partie de ces rares œuvres « dignes de voisiner avec le Louvre dans la chapelle des Jacobins[175] », selon les termes de Paul Jamot.
Certaines œuvres du musée du Louvre, comme lesNoces de Cana dePaul Véronèse ou laVictoire de Samothrace, ne peuvent être évacuées et sont protégées par des coffrages, afin de les préserver des retombées de bombardements[176]. En mars 1915 et janvier 1916, la capitale est en effet victime de deux bombardements nocturnes par desZeppelins.
Après la signature dutraité de Brest-Litovsk le 3 mars 1918, le haut commandement allemand décide d'une offensive en France avant l'arrivée des troupes américaines. Le 27 mai 1918, une offensive allemande sur leChemin des Dames enfonce les lignes françaises. Les troupes allemandes arrivent jusqu'àChâteau-Thierry où elles sont arrêtées le1er juin 1918 au cours de la3e bataille de l'Aisne. Entre la fin du mois de mars et le début du mois d'avril 1918,Paris est menacé par l'avancée allemande et les bombardements. De nouvelles œuvres d'art sont donc évacuées du musée du Louvre versToulouse, tandis que les monuments de la capitale font l'objet de mesures de protection[177].
Au mois de mai 1918, après la mort accidentelle de Paul Leprieur, Paul Jamot est rappelé à Paris, où il prend l’intérim dudépartement des Peintures du musée du Louvre et opère une nouvelle évacuation d’œuvres d’art en direction deToulouse et deBlois[178]. Néanmoins, en raison de la pénurie des matières premières, un bois trop vert est utilisé pour confectionner les caisses, tandis que la fibre de bois et la ouate sont remplacées par de la paille et du foin, ce qui entraîna la décomposition d’un certain nombre d’emballages. Découvrant la situation à l’odeur, Paul Jamot et Pol Louis Neveux procèdent en urgence à la vérification générale du dépôt toulousain. Les dégâts constatés sont finalement minimes[179].
Un mois après la signature de l'armistice à Rethondes, les œuvres reviennent au musée. Leur réinstallation sur les cimaises est progressive. L'accrochage des tableaux est repensé par les conservateursJean Guiffrey et Paul Jamot qui instaurent un accrochage unilinéaire inspiré de lamuséologie allemande moderne. Les chefs-d'œuvre sont sortis duSalon Carré et répartis au sein des collections. Ils abandonnent le principe qui était alors de mise, aussi appelé "accrochage à touche-touche". Ils choisissent d’exposer laJoconde dans laGrande Galerie, où elle jouit néanmoins d’un dispositif particulier appelé la Tribune[180].
Une première réouverture du musée a lieu le 12 janvier 1919 pour les sculptures anciennes et les tombeaux égyptiens et assyriens. Le 14 avril 1919, une salle est aménagée pour montrer les chefs-d'œuvre italiens[181]. Le 16 janvier 1920, la réouverture du Louvre concerne la galerie d'Apollon, le Salon carré, une partie de la Grande Galerie, la salle Duchâtel, la galerie des Sept Mètres, la salle des primitifs français et la collection Isaac de Camondo. La salle des États présentant les peintures françaises du dix-neuvième siècle est rouverte le 10 mai 1921[182]. LaPremière Guerre mondiale n'a finalement pas provoqué de dégâts au musée.
À partir de 1927, le directeur des Musées nationaux et du musée du Louvre,Henri Verne (1880-1949), décide de redistribuer les collections suivant un plan rationnel. Depuis l'origine du musée celui-ci avait vu son aménagement changer au fur et à mesure des acquisitions, souvent au hasard des possibilités d'occupation des salles du palais. AuDépartement des Peintures, ces réformes se traduisent par une extension de salles d’exposition et un réaménagement des combles afin d’y intégrer un atelier de restauration et d’entretien des œuvres. Le conservateurPaul Jamot est alors appelé pour opérer au remaniement des œuvres italiennes du début de laRenaissance. Il dispose ainsi lesprimitifs dans les trois salles qui prolongent l’architecture de l’escalier Daru, soit la Galerie des Sept Mètres, la salle Percier et la salle Duchâtel[180].
À la suite de ladéclaration de guerre de la France à l'Allemagne en, un abri antiaérien est construit sous lejardin de l'Infante du Louvre, pouvant recevoir le personnel du musée[183].
En 1927, Henri Verne demande la collaboration du laboratoire d'essais duConservatoire national des arts et métiers pour faire des recherches permettant d'authentifier les tableaux. De ces essais faits dans deux salles du sous-sol du pavillon de Flore va naître, en 1932, le laboratoire du musée du Louvre[184], qui est devenu leCentre de recherche et de restauration des musées de France. Ce laboratoire a été créé dans l'aile de Flore grâce à deux mécènes argentins, Fernando Perez (1863-1935) et Carlos Mainini (1879-1943), d'abord connu sous le nom de "Fondation Mainini", institut pour l'étude scientifique de la peinture et laboratoire d'analyse. Jusqu'en 1939 ce laboratoire n'a servi qu'à l'étude des tableaux. À partir de sa réouverture, en 1946, son domaine d'emploi a été élargi à l'étude et la conservation des objets archéologiques. Un bulletin rapportant les dernières recherches et études scientifiques est publié périodiquement depuis 1956 comme supplément à laRevue du Louvre.
L'actuel laboratoire des musées de France, installé sous le jardin du Carrousel, héberge leNouvel accélérateur Grand Louvre d'analyse élémentaire (New AGLAÉ). Lancé en 1983 et réalisé sous la conduite de Georges Amsel, directeur du système d'analyse par faisceaux d'ions du Groupe de Physique des Solides de l'Université de Paris VII et du CNRS au campus de Jussieu et de Michel Menu, l'accélérateur de particules initial AGLAE fut installé au Louvre en 1987 et inauguré en 1989. Le laboratoire a été agrandi en 1995 et le, le Nouvel AGLAE transformé et amélioré a été mis en service. Le succès d'AGLAE a dépassé les frontières hexagonales et l'Union européenne a accepté de financer la venue à Paris, une fois par mois, de chercheurs européens pour qu'ils analysent leurs œuvres. Des archéologues peuvent également effectuer cette demande, tandis que des tribunaux et des musées font appel à AGLAE pour authentifier certaines pièces.
Pendant laSeconde Guerre mondiale, les chefs-d'œuvre du musée sont évacués selon un plan conçu dès 1938 par le directeur des musées nationaux de l'époque,Jacques Jaujard[186], qui s'appuie sur une liste dressée depuis 1936 recensant les œuvres présentes dans les différents musées de France et divers lieux de stockage éventuels.
En effet, dès le,Henri Verne, le directeur des musées nationaux, demande àPaul Vitry une liste des œuvres à évacuer en cas de conflit[187].
Ayant lui-même aidé au transfert par la France vers la Suisse des œuvres maîtresses dumusée du Prado pendant laguerre civile espagnole débutée en 1936, il a en effet conçu un plan au cas où Paris serait bombardé. Pourtant, comme le note l'auteur Hector Feliciano, il compte aussi le fait qu'« Hitler espérait la signature d'un traité de paix officiel avec la France pour obtenir, au titre de réparation de guerre, les meilleures œuvres du musée du Louvre »[188].
Dès le, deux convois d’œuvres d'art quittent le musée du Louvre en direction duchâteau de Chambord, avec cinquante œuvres. 3691 peintures sont décrochées, Jacques Jaujard s'appuyant sur les conservateursGermain Bazin,André Chamson etRené Huyghe. Les lieux de destination, gardés secrets, sont les châteaux deChambord (Loir-et-Cher), deValençay, deLouvigny (Sarthe),Pau, etc. La situation excentrée de ces cachettes se fait généralement avec l'aide des directeurs locaux et même de châtelains : 200 voyages ont lieu, 5 446 caisses sont déplacées. La statue de laVictoire de Samothrace rejoint lechâteau de Valençay alors queLa Joconde,« enfermée sous un capitonnage en velours rouge, puis dans un écrin, lequel est placé[e] dans une caisse avec double paroi en bois de peuplier [… et] porte le matricule NLPno 0, ainsi que trois points rouges – signes distinctifs de sa très grande valeur »[186]. D'autres transferts se déroulent alors que l'avancée de la guerre conduit à plus de prudence (occupation de la zone libre, débarquements, etc.). 3 200 tableaux vont être finalement cachés dans trois châteaux du Lot[189]. Bien que les Allemands finissent par apprendre la localisation exacte des lieux de stockage, sur lesquels ferme les yeux le responsable de la commission allemande de protection des œuvres d'art (laKunstschutz), le comteFranz von Wolff-Metternich[190], qui déclare simplement qu'il faut« transmettre [les chefs-d'œuvre] aux générations qui suivent »[186].
Les autorités allemandes font rouvrir le musée le, l'entrée est gratuite pour les nazis, qui sont déçus car les principaux chefs-d'œuvre ont été évacués (les murs du premier étage sont ainsi vides), les sculptures descendues au sous-sol. Malgré les injonctions allemandes, aucun chef-d'œuvre n'est ramené[183].
Pendant l'Occupation, les Allemands, sous l'administration du « Personnel spécial pour l'art pictural » (Sonderstab Bildende Kunst) de l'Institut duReichsleiter Rosenberg pour les territoires occupés (Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg für die Besetzen Gebiete ou ERR), commencent à travers la France un pillage systématique des œuvres des musées et des collections privées, principalement celles appartenant à des Juifs déportés ou ayant fui. Le,Hitler avait ordonné à l'ambassadeur du Reich à Paris,Otto Abetz, de« mettre en sûreté » les collections des musées de France. Six salles dudépartement des antiquités orientales du Louvre sont alors en partie vidées, les œuvres acheminées vers un dépôt où transitent les œuvres volées aux Juifs aisés et où leReichsmarschallHermann Göring lui-même vient à l'instar du choisir des pièces qui orneront ses résidences[186] ; certaines œuvres partent pourLinz en vue du projet duFührermuseum. Le, Himmler ordonne de transférer latapisserie de Bayeux duchâteau de Sourches au Louvre. Lagalerie nationale du Jeu de Paume devient une annexe pour le stockage. Entreposés dans des caisses marquées des initiales de leurs anciens propriétaires, les objets d'art dérobés par les services de l'Einsatzstab Reichsleiters Rosenberg (ERR) (et qui se trouvaient alors entreposés à l'ambassade d'Allemagne) sont répertoriés en cachette parRose Valland (la conservatrice du musée du Jeu de Paume), ce qui permettra après la guerre de rendre à qui de droit leurs antiquités. Le musée du Louvre retrouve lui, après un voyage inverse, la quasi-totalité de ses chefs-d'œuvre grâce à laCommission de récupération artistique (CRA), qui comprend en outre Rose Valland, Jacques Jaujard et René Huyghe[191].
Réorganisation des collections nationales des années 1940 aux années 1970
Après le transfert des collections du Musée ethnographique du musée du Louvre, en 1878, puis du musée de la Marine, en 1943, la réorganisation des collections nationales se poursuit à la sortie de la Seconde Guerre mondiale.
En 1879,Émile Guimet crée un Musée des Religions à Lyon. En 1889, il cède sa collection à l'État au moment de l'inauguration duMusée des Religions à Paris, place d'Iéna. En 1920, deux ans après la mort de son créateur, le musée est réorienté vers l'art asiatique plutôt que vers les religions. Le musée devient musée national en 1927.
En 1945, il est décidé de redistribuer les collections nationales. Les œuvres classiques et égyptiennes sont attribuées au musée du Louvre qui transfère aumusée Guimet ses pièces d'Extrême-Orient pour en faire l'un des plus importants musées des arts asiatiques d'Europe.
Impressionnistes, entre le musée du Jeu de Paume et le musée d'Orsay
En 1947, les collections du Musée des Écoles étrangères contemporaines sont regroupées avec celles du musée du Luxembourg pour former celles duMusée national d'art moderne aupalais de Tokyo. L'accroissement de la collection des tableaux impressionnistes du musée du Louvre va nécessiter de lui trouver un lieu d'exposition plus important. Elle est transférée dans lemusée du Jeu de Paume qui devient l'annexe du musée du Louvre, le musée du Jeu de Paume, école Impressionniste. Cette partie du musée du Louvre est aussi appelée "musée des donateurs" car la plus grande partie de ses œuvres vient de donations.
La collection reste au Jeu de Paume jusqu'en 1986, date à laquelle elle va rejoindre les bâtiments de la gare d'Orsay transformés enmusée d'Orsay avec d'autres œuvres du musée du Louvre pour couvrir l'art occidental entre 1848 et 1914.
En 1952, le directeur du muséeGeorges Salles crée la surprise en commandant àGeorges Braque une décoration pour le plafond de la salle Henri II du pavillon Sully (salle 662) où se trouvent les antiquités étrusques[192]. Sa démarche, qui consiste à mélanger un cubiste avec les antiquités, crée les plus vives inquiétudes. Mais le sujet choisi par le peintre,Les Oiseaux, convient parfaitement à la salle et même ceux qui étaient réticents sur la question du mélange art moderne et art ancien sont finalement séduits.
Transert de tableaux des primitifs italiens au musée du Petit Palais d'Avignon
En 1976 est inauguré lemusée du Petit Palais, àAvignon, consacré aux peintresprimitifs italiens. Les327 œuvres viennent de la réserve de tableaux du musée du Louvre et d'autres musées de province, où ils avaient été déposés par le Louvre. La plupart des tableaux avaient été acquis avec la collection Campana en 1861.
Depuis les années 1980 : Grand Louvre et autres évolutions
Les vices de l'organisation du musée du Louvre étaient bien connus mais semblaient immuables, et comme le ditProust, « l'habitude finit par cacher à peu près tout l'univers ».
Le projet du Grand Louvre a eu pour but de traiter en une vingtaine d'années les vices dont souffrait le musée en lui donnant l'espace nécessaire au déploiement de ses collections et en mettant fin à la dualité de l'occupation du palais du Louvre par le musée du Louvre et le ministère des Finances. Comme le montre l'histoire du musée, cet objectif est ancien et le développement du musée dans l'espace du palais s'est fait progressivement depuis son origine.
En décidant du départ de la totalité des services du ministère des Finances qui occupaient le palais, le projet du Grand Louvre a été radical et a permis de mettre en œuvre le réaménagement cohérent de la présentation des collections et de la circulation des visiteurs dans le musée. Un autre objectif a été de donner au musée les espaces nécessaires pour les services du musée et l'accueil du public en assurant le confort des collections, du personnel du musée et du public.
: création de l'Établissement public du musée du Louvre.
: ouverture de la galerie commerciale Le Carrousel du Louvre, du hall Charles V, des parcs de stationnement et de la gare des cars de tourisme. Fin des restaurations des toitures et façades autour de la cour Napoléon.
: inauguration de l’aile Richelieu, à l’occasion du bicentenaire de la création du musée par la convention en 1793.
: inauguration des salles de Sculptures étrangères.
1995 : agrandissement du laboratoire des musées de France sous le jardin du Carrousel.
: installation des Primitifs italiens dans la salle des Sept Mètres.
: achèvement du circuit des antiquités orientales au RDC de l'aile nord de la cour carrée (Perse, Levant, Arabie).
: réaménagement des salles des antiquités égyptiennes pharaoniques, coptes, grecques, étrusques et romaines.
1996-1998 : achèvement de la restauration du palais côté quai et autour des jardins du Carrousel et du réaménagement des jardins des Tuileries et du Carrousel.
: réaménagement de l’École du Louvre et des ateliers de restauration des musées de France dans l'aile de Flore.
: aménagement de la galerie Campana de céramiques grecques.
: réaménagement des salles Percier-Fontaine et Duchâtel de fresques italiennes Renaissance.
: réouverture des antiquités grecques et romaines de la cour de la Reine dite du Sphinx, fermée en 2002.
: ouverture de la Petite Galerie.
: transfert provisoire de la collectionBeistegui du pavillon de Sully vers la salle des Sept-Cheminées et transformation des salles d'histoire du Louvre de la rotonde Sully (mezzanine du hall Napoléon) en salles d'expositions temporaires, puis cabinet des dessins et des estampes à partir du 20 février 2017, en remplacement des salles du passage Mollien.
: inauguration des nouveaux espaces d'accueil du projet « Pyramide » entièrement achevé le[196],[197], avec mise en place du ticket horodaté coupe file et de l'application mobile gratuite « Louvre : ma visite », du centre d'interprétation du projet « Sully » dans le pavillon de l'Horloge[198],[199], avec transfert des salles d'histoire du Louvre dans la crypte médiévale et réfection de son sol, et du Centre de recherche Dominique-Vivant Denon dans la bibliothèque de l'aile Sud de la cour carrée[200],[201],[202].
– : rafraîchissement et raccrochage des salles de peintures françaises[203], germaniques, des Pays-Bas, flamandes et hollandaises, de salles d'objets d'arts et de sculptures françaises avec la réouverture, le 9 novembre 2016, des salles de peintures françaises duXVIIe siècle, fermées en 2011[204].
: pose de la première pierre du centre de conservation de Liévin.
: nouvelle numérotation des 445 salles[205] par étages et par aile de 100 à 952 avec nouveau plan du musée en sept langues[206].
: aménagement d'une salle des techniques d'arts graphiques dans le cabinet des dessins et des estampes.
2019 : transfert de la collection Beistegui le 15 mai et des peintures anglaises et américaines le 4 décembre dans les salles du passage Mollien de l'aile Denon, réouverture de la cour de la Reine dite du Sphinx le 11 décembre, fermée depuis la crue du, rafraîchissement de la salle des États dite de la Joconde le 7 octobre et de la galerie d'Apollon recevant les diamants et les gemmes de la Couronne le 18 décembre, installation d'œuvres contemporaines : six peintures intituléesLa Rose du Louvre deJean-Michel Othoniel dans la cour Puget en octobre, données par l'artiste en 2020, et la sculpture cinétiqueL'Onde du Midi du VénézuélienElias Crespin dans l'escalier Sud de la colonnade de Perrault en janvier 2020[207].
: ouverture du centre de conservation deLiévin avec déménagement des réserves inondables jusqu'en 2023.
2020 : extension des réserves d'arts graphiques en septembre, réaménagement du jardin des Tuileries avec la replantation du bosquet Nord-Est en avril et de l'allée centrale de 92 ormes le[207].
2021 : refonte du site internet du Louvre avec mise en ligne de 482 943 œuvres de sa collection le 24 mars[208], rénovation du Salon Carré et du mastaba d’Akhethétep le 23 juin, aménagement du « Studio », centre de formation et ateliers pédagogiques de 1 150 m2, au sous-sol de l'aile Richelieu le 22 septembre[209] et restauration de la cour Lefuel en novembre.
2024 : restauration de l'Arc du Carrousel le 14 juin, des appartements Napoléon III le 18 juin et des appartements d'Anne d'Autriche occupés par les antiquités romaines le 26 juin.
le, un peu avant 21 h, une importante fuite d'eau sale a lieu dans la bibliothèque du département des Antiquités égyptiennes, provoquant une inondation[212]. Environ 400 ouvrages ont été détériorés, notamment leurs reliures anciennes, dont certaines sont désormais irrécupérables[212].
2031 : réalisation d'une nouvelle entrée côté colonnade de Perrault, création de nouveaux espaces et d'une salle dédiée à la Joconde sous la cour carrée, restauration des infrastructures et des jardins du Carrousel et des Tuileries[215].
Après un travail de récolement commencé en 1999 et réalisé par le département des Antiquités grecques, étrusques et romaines, le musée du Louvre s'est vu confier l'ensemble de la collection de moulages d'après les monuments antiques. Cette collection a été déposée entre 1970 et 1973 dans les galeries de laPetite écurie du château de Versailles. Elle rassemble des moulages provenant de l'école des Beaux-Arts, de l'université de la Sorbonne et du musée du Louvre. Après dix ans de travaux de restauration, cette collection peut être vue dans le cadre de visites guidées ou d'événements particuliers comme lesJournées du patrimoine[216],[217],[218],[219],[220],[221].
Le musée Delacroix avait été fondé pour permettre le sauvetage de l'atelier du peintre menacé de démolition pour construire un garage. Une société d'amis présidée parMaurice Denis avait été créée pour permettre le rachat du bâtiment de larue Furstenberg à la fin des années 1920.
Le Fonds de dotation du Louvre a été créé en 2009 pour financer les missions fondamentales du musée du Louvre. Il s'inspire de systèmes existant aux États-Unis pour financer les musées, comme leGetty Center,The Frick Collection, leMuseum of Modern Art ou leMetropolitan Museum of Art. Par exemple, l'ensemble des fonds dont dispose ce dernier s'élève à 3,2 milliards de dollars, générant un revenu pour le musée de 150 millions de dollars par an. Ce fonds est placé sous le contrôle du musée du Louvre. Les capitaux qui sont entrés dans le fonds ne peuvent pas en sortir. Seuls les revenus des capitaux peuvent être utilisés pour soutenir les projets du musée du Louvre. Le fonds a un capital de 250 millions d'euros en 2019. 170 millions d'euros sont venus à la suite des accords passés pour la création duLouvre Abou Dabi, le reste de dons et de legs[224]. Ce fonds est placé à 44% en actions. Il a apporté entre 6 et 8 millions d'euros au musée du Louvre chaque année. Il permet de compenser en partie la baisse de 11 millions d'euros de l'État prévue en 2020[225]. Les recettes du budget global du musée du Louvre étaient de 247 millions d'euros en 2018 financés par une subvention de l'État de 100 millions d'euros et 147 millions d'euros de recettes propres, dont 87 millions d'euros venant de la billetterie[226].
Son action se développe suivant trois axes :
développer les collections du musée en faisant des acquisitions d'œuvres, en les restaurant, en aidant à la recherche scientifique, à leur présentation dans le musée ou en France ;
encourager les actions pédagogiques ;
entretien du palais du Louvre, du musée Eugène Delacroix et du jardin des Tuileries.
Nouvelles salles de l'Orient méditerranéen dans l'Empire romain (2012)
Ce projet est le résultat d'une recherche de quinze ans pour trouver de nouvelles salles et définir un programme de présentation avec les restaurations nécessaires des œuvres. Plus de400 œuvres sont présentées. Beaucoup d'entre elles se trouvaient en réserve par manque de place.
Le parcours muséographique a été conçu par Marie-Hélène Rutschowscaya. Deux architectes ont réalisé la muséographie : François Pin et Renaud Piérard.
La première salle est consacrée à l'art funéraire de l'Égypte romaine avec les ensembles d'Antinoé, d'Hermopolis ouest, de Térénouthis et de Thèbes ouest. La salle suivante montre des monuments funéraires du Proche-Orient avec une assimilation différente des traditions grecques et romaines. Puis les objets du culte judaïque, la statue de Jupiter Héliopolitain, l'ensemble statuaire du Mithraeum de Sidon qui montrent la diversité des cultes orientaux à l'époque romaine. Une autre salle montre l'interprétation grecque des dieux orientaux et égyptiens à l'époque hellénistique et qui s'intègrent dans le panthéon romain. La visite peut se poursuivre avec les mosaïques romaines d'Antioche et l'exceptionnelle mosaïque byzantique de l'église Saint-Christophe de Qabr Hiram[228] découverte en 1861 près de Tyr par l'expédition dirigée parErnest Renan. Une autre salle présente les monuments de la vie publique avec la coupe de Césarée de Palestine illustrant la fondation mythique de la ville. Une salle adjacente est consacrée à l'artisanat et au mode de vie des élites. La salle adjacente présente les objets de parure et les vêtements. Les dernières salles présentent l'art copte, les peintures de la cathédrale de Faras, et des objets nubiens.
Égypte : Portrait funéraire.
Salle des mosaïques byzantines.
Mosaïque byzantine : basilique avec tours (Ve siècle).
Les arts de l'islam sont présents dans les collections françaises depuis des siècles. La création en 1890 ou 1893 d'une « section islamique » rattachée au département des Objets d'Art aboutit en 1905 à l'ouverture de la première « salle d'art musulman ». En 1932, les arts islamiques font partie du département des arts asiatiques du musée du Louvre. Quand ce département a été transféré aumusée Guimet, les « arts musulmans » restés au Louvre sont rattachés aux Antiquités orientales en 1945. En 1970 cette collection a été mise en réserve, puis présentée dans l'aile Richelieu de 1993 à 2010. En 2002, le présidentJacques Chirac demande la création d'un département indépendant des Arts de l'Islam au musée du Louvre. Ce département est créé par le décret du. Un concours pour la création des espaces nécessaires est lancé en 2003. Les lauréats du concours sont annoncés le 23 septembre 2005 :Mario Bellini etRudy Ricciotti, associés à Renaud Piérard. La première pierre des nouvelles salles est posée parNicolas Sarkozy et le princeAl-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud,Thierry Desmarest, président de Total, etBruno Lafont, président de Lafarge, le. L'enveloppe architecturale est terminée en décembre 2011. Les nouvelles salles ont été ouvertes le 18 septembre 2012[229].
Le sont inaugurées les nouvelles salles dudépartement des Objets d'art. Ces salles ont été conçues comme desPeriod rooms présentant le mobilier français du règne deLouis XIV à celui deLouis XVI[230]. L'aménagement muséologique a été conçu parJacques Garcia avec les directeurs du département qui se sont succédé. Les décors des salles avaient été offerts par de grands donateurs commeIsaac de Camondo ou Basile de Schlichting. D'autres mécènes comme le Cercle Cressent ou la Société des Amis du Louvre ont participé à cette restauration. Cette nouvelle présentation des collections est l'occasion de montrer les boiseries de plusieurs salons d'hôtels particuliers, de remonter la coupole des Petits-Appartements de l'hôtel du prince de Condé réalisée parAntoine-François Callet en 1774 et de présenter des meubles d'André-Charles Boulle,Martin Carlin,Mathieu Criaerd ouAlexandre-Jean Oppenord.
La présentation dans les salles a été divisée en trois grandes séquences chronologiques et stylistiques :
1660-1725 : le règne personnel de Louis XIV et la Régence (salles 601 à 606) ;
1725-1755 : l'épanouissement du style rocaille (salles 605, 607 à 615) ;
1755-1790 : le retour au classicisme et le règne de Louis XVI (salles 616 à 632).
Le, le pavillon de l'Horloge, réaménagé avec l'aide du mécénat ducheikhKhalifa ben Zayed Al Nahyane émir d'Abou Dabi, est ouvert pour accueillir le centre d'interprétation du musée du nom du cheikhZayed ben Sultan Al Nahyane, père de l'actuel émir. Quatre salles sur trois niveaux et les fossés médiévaux permettent de découvrir le musée en présentant son architecture, son histoire, la richesse de ses collections et son actualité à l'aide de maquettes et d'écrans interactifs[231],[198],[199].
Ouverture du Centre de conservation du Louvre à Liévin (2019)
La création de ce centre a pour but de mettre à l'abri des crues de la Seine les œuvres situées dans les réserves du musée et dans 68 autres lieux. 250 000 œuvres, sur les 620 000 que compte le musée, doivent y être transférées dans les 5 prochaines années. Les 252 000 dessins dudépartement des Arts graphiques resteront au premier étage du musée du Louvre. Il devrait aussi être un pôle d'étude et de recherche[235].
Le, le linteau en argent doré d'une longueur de 40 centimètres qui habillait le manteau de la statueL'Abondance (diteLa Paix), exécutée parChaudet en 1806, et exposée dans une des salles de la Colonnade, est dérobé en plein jour[237].
Le, une statuette enalbâtre,La Vierge portant l'Enfant Jésus, d'une hauteur de 33 cm, provenant de la collectionSauvageot est dérobée dans les salles du Moyen Âge[238].
Le, deux tabatières en or serties, provenant de la collection Lenoir [?], sont signalées manquantes dans la vitrine où elles étaient exposées parmi d'autres ; aucune effraction constatée[239].
Le 12 juin 1939, en plein après-midi, Serge Bogousslavsky, alias « Bog », s’empare deL’Indifférent, d’Antoine Watteau, et parvient à prendre la fuite, emportant l'œuvre sous son bras, cachée dans du papier journal.
Deux mois plus tard, le cambrioleur restitue le tableau. Il présente son méfait comme « emprunt », prétend avoir « restauré » le tableau (en réalité très dégradé), et explique comment, durant une quinzaine de jours, lors de ses visites au Louvre, il usait peu à peu les fils de fer qui retenaient le cadre, de sorte à décrocher le tableau[240].
Dans la nuit du 15 au 16 décembre 1976, l'épée de Charles X, chef-d’œuvre d’orfèvrerie, est dérobée lors d’un vol à main armée. Trois malfaiteurs, usant d'un échafaudage, pénètrent dans la galerie d'Apollon, blessent et ligotent deux gardiens du musée, s'emparent de l'épée et parviennent à s’enfuir avec leur butin. Elle n'a jamais été retrouvée[240].
Le 4 juillet 1990, deux vols sont répertoriés : d'abord une toile deRenoir,Portrait de Femme, découpée au cutter, qui sera retrouvée à Lyon quelques semaines plus tard, puis une collection de bijoux datant de l'époque romaine[242].
Le, dans l'après-midi, le tableauLe Chemin de Sèvres. Vue sur Paris (env. 1855-1865, 34 × 49 cm), deJean-Baptiste Camille Corot, acquis par le Musée du Louvre en 1902 et estimé à huit millions defrancs, est dérobé au deuxième étage de la cour carrée, dans le pavillon Sully en pleine affluence des visiteurs[246],[247]. Des fouilles du public sont pratiquées par la police et l'enquête est confiée à labrigade de répression du banditisme. Le tableau n'a pas été retrouvé et est toujours porté disparu[248].
Le 19 octobre 2025, le Louvre est victime d'uncambriolage dont les auteurs ont pénétré dans lagalerie d'Apollon en brisant une fenêtre. Le musée signale que les auteurs se sont enfuis en scooters et que huit bijoux ont été volés[249]. Lacouronne de l'impératrice Eugénie a été également dérobée, mais les cambrioleurs l'ont laissée échapper dans leur fuite ; elle est endommagée[250].
Le musée s'est d'abord constitué grâce aux collections royales, essentiellement des tableaux (environ 2 500 à la mort deLouisXVI). Ces collections avaient pour l'essentiel été rassemblées parFrançois Ier (nombreux tableaux italiens) et parLouis XIV (commandes, achats divers, notamment les 200 tableaux du banquierEverhard Jabach). On ajoutera aux tableaux lesjoyaux de la Couronne, qui firent partie du musée dès sa création, et bon nombre de sculptures provenant du musée des Monuments français ou de saisies révolutionnaires.
Les deux statues les plus célèbres du musée sont laVénus de Milo, découverte en 1820 et acquise la même année par l'ambassadeur de France auprès du gouvernement turc, et laVictoire de Samothrace, qui fut découverte en morceaux en 1863 sur l'île de Samothrace parCharles Champoiseau, archéologue et vice-consul de France àAndrinople.
Depuis 2018, le musée du Louvre publie le bilan annuel de ses acquisitions en annexe de son rapport d'activité, et en attendant la mise en ligne de son « Portail des Collections » en 2020[253], ses principales acquisitions figurent sur plusieurs pages complémentaires de son site internet :
Vierge en buste dite véronique de la Vierge (recto) et Sainte Face (verso), huile sur bois, Espagne (école deJuan Rexach) ou Provence, 43 × 33,2 cm, vers 1450.
Service à dessert de Madame Geoffrin, 47 pièces de lamanufacture de porcelaine de Vienne, entre 1760 et 1770 etpot-pourri à l’antique de Madame Geoffrin, bronze doré, ivoire et marbre dePierre Gouthière, vers 1770.
Statue-cube au nom du Grand chef des médecins de Haute et Basse Égypte Pa-ân-meniou, fils de Nes-Ptah, né de Mehyt-en-ouaoua, granite, Égypte, hauteur 41,7 cm,XXIIe dynastie.
Huit pièces du service de Charlotte-Aglaé d’Orléans, duchesse de Modène, vermeil, de 10 à 23,5 cm, six attribuées àNicolas Besnier et deux de Pierre Guynard ou Philibert Guynot, 1717-1722 (cf. 2020).
Coffret à bijoux de la Duchesse de Berry, porcelaine dure et bronze doré,Manufacture de Sèvres, 28,3 × 34 × 23,5 cm, 1829.
Coffret à bijoux, dit « coffret roman », porcelaine dure et bronze doré, modèle de Ferdinand Régnier, Manufacture de Sèvres, 21 × 28,5 × 23,5 cm, vers 1845-1853.
Élément de ceinture de la parure de rubis et diamants de la duchesse d’Angoulême, de Jacques-Eberhard Bapst et Christophe-Frédéric Bapst, 4,5 × 3 cm, 1827.
Étude d'un homme nu vu de face, portant une charge, bras gauche vu de dos et Vierge agenouillée pour une Annonciation, dessin attribué àAlonso Berruguete, 21 × 12 cm, entre 1504 et 1561.
Ensemble de 27 dessins et 1 carnet et dessins français de vues des campagnes napoléoniennes de Cassel, Dantzig, Wurtzburg, Eylau, Potsdam, etc par Vernet, Zix, Baltard, Crepin, Bourgeois de Castelet et Taunay, dimensions diverses, 1er quart duXIXe siècle.
La Vierge à l'Enfant entourée de saint Louis de Toulouse, saint André et un donateur, tempera sur panneau d'un primitif français, 42,5 × 23,7 cm, vers 1400-1410.
Deux plumiers au nom de Shah Abbas et dit de Mirza Muhammad Munshi, os, or, turquoises et pâte noire, Iran, 2,1 × 12,2 × 2,5 cm et 3 × 24 × 4 cm, 1586-1629.
Chapiteau double avec trois sirènes et un homme chevauchant un lion, sculpture romane en pierre, nord de la France, 28,2 × 39 × 28 cm,2e quart duXIIe siècle.
Table du Grand Dauphin, en marqueterie d’étain et de cuivre attribuée à l’ébénistePierre Gole (vers 1620-1684),XVIIe siècle, dation.
L'arrestation du Christ avec deux donateurs dit aussiLe baiser de Judas et l'arrestation du Christ, huile sur panneau parAndré d'Ypres, 48,7 × 30,5 cm, vers 1450[257].
Deux pots à oille du Service Walpole et leurs plateaux aux armes deGeorgeIer, roi de Grande-Bretagne (1714-1727) et d'Horace Walpole (1678-1757), ambassadeur d'Angleterre en France de 1723 à 1730, œuvres deNicolas Besnier, orfèvre du Roi (1686-1754) offerts par la Société des Amis du Louvre.
Pietà avec les instruments de la Passion, tempera et or sur panneau deGonçal Peris Sarrià, ou Gonzalo Pérez, actif entre 1380 et 1451, 48,1 × 34,6 cm,Valence, don de la Société des Amis du Louvre ;
Le dixième et le treizième signe avant-coureur de la fin du monde, huiles sur panneau et un fragment de retable deJean Cousin le Père, vers 1530.
L'Enlèvement des Sabines et La Continence de Scipion deGiovanni Francesco Romanelli (1610-1662), deux dessins préparatoires pour le Grand Cabinet de la reine auPalais du Louvre, offerts par la Société des Amis du Louvre ;
Lampe de l’archange saint Michel, sculpture en bronze polychrome deFélicie de Fauveau, 90 × 34 × 36 cm, 1830.
Album impérial moghol, Inde moghole, vers 1680, offert par la Société des Amis du Louvre.
Passage du Rhin à Tolhuis par les armées du roi, le 12 juin 1672, dessin préparatoire deJoseph Parrocel, 1699, offert par la Société des Amis du Louvre.
Deux feuillets d'un livre d'Heures représentant un Ange de l'Annonciation et la Vierge de l'Annonciation, attribués àJean Poyer, actif entre 1465 et 1498.
En 2009, le Louvre a rendu à l'Égypte cinq fragments de peinture murale acquis en 2000 et 2003, provenant d'une tombe de la vallée des rois pillée avant sa redécouverte, en 2008 seulement, par les autorités égyptiennes. En raison de la durée des négociations avec les galeries vendeuses et de leur procédure de déclassement devant la commission scientifique nationale fixée seulement le 9 octobre 2009, les fouilles des archéologues français avaient été totalement suspendues le 7 octobre 2009, et leur reprise conditionnée à cette restitution[269],[270].
Le musée du Louvre est dirigé, depuis septembre 2021, parLaurence des Cars[271], directrice générale de l'établissement public à caractère administratif du Louvre depuis le 26 mai 2021. Elle succède alors àJean-Luc Martinez qui avait lui-même pris la succession d'Henri Loyrette (dont l'action avait été marquée par une commercialisation de la marque Louvre vers des pays prospères,États-Unis ou pays du Golfe (Louvre d'Abu Dhabi)[272]. Le musée continuait cependant à recevoir une grosse subvention duministère de la Culture, le mécénat restant trop faible pour se substituer totalement à l'argent public[273]).
Répartition des collections entre les départements du musée
Le musée du Louvre comprend différentes collections très riches d'œuvres d'art provenant de civilisations, de cultures et d'époques variées. Il conserve environ 460 000 pièces, sans les dépôts dans d'autres musées qui demeurent cependant inscrits sur ses inventaires, et 554 498 en comptant les dépôts, dont environ 225 000 œuvres graphiques (237 559 fiches d'œuvres en raison des albums, au[274]) et 38 000 œuvres exposées. Pour des raisons de conservation, il est impossible de montrer les dessins plus de trois mois consécutifs. Le reste des collections est composé d'œuvres secondaires ou de séries archéologiques.
À la date du bilan du récolement décennal établi le[13], le musée du Louvre comprenait un total de 554 498 œuvres, en incluant les dépôts :
Le département des antiquités orientales conserve des objets provenant d'une région située entre l'actuelleInde et lamer Méditerranée (Turquie, Syrie, Irak, Liban, Israël, Jordanie, Arabie saoudite, Iran, Afghanistan…).
Depuis leNéolithique, de nombreuses civilisations se sont succédé dans cette région, où l'on voit notamment apparaître une administration politique, militaire et religieuse. C'est également le berceau de l'écriture, qui fait son apparition vers-3300 àUruk, enMésopotamie.
Le musée du Louvre compte trois collections relevant de ce département, qui sont réparties selon des ensembles géographiques et culturels :
Ce département, créé en août 2003, regroupe les collections provenant d'une aire située entre l'Espagne et l'Inde et datant des origines de la civilisation islamique (622) jusqu'auXIXe siècle.
Ledépartement des Antiquités égyptiennes fut créé le par ordonnance royale deCharles X. Il fit deJean-François Champollion, qui venait d'acquérir la collection du consul britannique Salt (4 000 pièces), le conservateur de ce qu'on appelait alors le musée égyptien. Celui-ci fut installé dans l'aile sud de la Cour carrée et aménagé avec l'aide de l'architecte Fontaine. Les peintures des plafonds sont dues àFrançois Édouard Picot (L'Étude et le Génie des arts dévoilant l'Égypte à la Grèce) etAbel de Pujol (L'Égypte sauvée par Joseph).
La collection a été considérablement agrandie parMariette, avec plus de 6 000 objets rapportés des fouilles duSérapéum deMemphis. Les autres objets viennent defouilles opérées par l'Institut français d'archéologie orientale, d'un fonds provenant du musée Guimet (1948) et de divers achats.
Actuellement, les Antiquités égyptiennes sont réparties sur trois étages : à l'entresol, l'Égypte romaine et l'Égypte copte ; au rez-de-chaussée et au premier étage, l'Égypte pharaonique.
Parmi les plus célèbres pièces exposées, on trouve pour l'époque deNagada lecouteau de Gebel el-Arak ainsi que la palette de la chasse. La pièce majeure illustrant l'art de l'époque thinite est la stèle du Roi Serpent. L'art de l'Ancien Empire compte des pièces maîtresses telles que les trois statues de Sépa et sa femme Nesa datant de laIIIe dynastie,Le Scribe accroupi, datant probablement de laIVe dynastie, tout comme la statuette en calcaire peint représentant Raherka et sa femme Merseankh. La chapelle dumastaba d'Akhethétep, démontée de son site originel àSaqqarah et remontée dans l'une des salles du rez-de-chaussée, est un exemple d'architecture funéraire datant de laVe dynastie.
Pour leMoyen Empire, on trouve la grande statue en bois représentant le chancelier Nakhti ainsi que son sarcophage, une très belle porteuse d'offrandes en bois stuqué et peint, un grand linteau de porte en calcaire sculpté en relief dans le creux et provenant dutemple de Montou à Médamoud, le sphinx d'Amenemhat II (œuvres datant toutes de laXIIe dynastie).
Le Louvre peut également être à l'origine de prêts importants lors de partenariats avec d'autres musées, comme en 2018 lors de l'expositionServir les dieux d'Égypte auMusée de Grenoble où deux cents pièces égyptiennes du Louvre portant sur laTroisième Période intermédiaire sont exposées sur un total de 273, durant les trois mois de cette exposition[276].
Le département se répartit sur trois étages : à l'entresol la Grèce préclassique ; au rez-de-chaussée la Grèce classique et hellénistique, ainsi que les antiquités romaines ; au premier étage, auquel on peut accéder par l'escalier Daru où trône laVictoire de Samothrace, les collections étrusques (salles 660, 662, 663)[277], les céramiques grecques exposées dans la Galerie Campana, les figurines en terres cuites, les bronzes et les objets précieux.
Le, après d’importants travaux de réaménagement, le musée du Louvre ouvre au public les nouvelles salles consacrées à l’art grec classique et hellénistique (-450/-430). À la suite de ces travaux, laVénus de Milo, l'une des œuvres les plus connues du musée, est au rez-de-chaussée de l’angle sud-ouest de la Cour carrée (aile Sully).
Parmi les modifications récentes, on notera le regroupement de toutes les statues créées pour le parc duchâteau de Marly, en particulier les grandes statues équestres dues àAntoine Coysevox et àGuillaume Coustou.
L'un des départements les plus riches du musée, constamment agrandi par des donations et des achats, présente des bijoux, des statuettes et des bibelots, mais aussi des meubles et des tapisseries. Les objets couvrent une période allant du haut Moyen Âge au milieu duXIXe siècle. Le ont été ouvertes lesnouvelles salles du Département.
Le département des Peintures compte à ce jour environ 7 500 tableaux (dont 3 400 sont exposés)[278], couvrant une période qui va du Moyen Âge jusqu'à 1848 (date du début de laDeuxième République). En incluant les dépôts, la collection est, avec 12 660 œuvres, la plus importante collection de peintures anciennes au monde. À de rares exceptions près, les œuvres postérieures à 1848 ont été transférées aumusée d'Orsay lors de sa création en 1986.
La collection est constituée dans un premier temps des œuvres appartenant à la collection royale et s'est par la suite étoffée grâce aux acquisitions (très importantes sous leSecond Empire et laIIIe République), aux legs et aussi grâce aux prises deNapoléon Bonaparte (qui en son temps avait d'ailleurs rebaptisé le musée à son nom). Dès 1794, la collection a été répartie par écoles nationales, et cette organisation des collections a des détracteurs. Ainsi les primitifs italiens sont au premier étage, non loin des grands tableaux français de l'école romantique, tandis que les primitifs français sont au second étage, à côté de la peinture flamande duXVIIe siècle. Mais, quelles que soient les réserves qu'on puisse faire, c'est une succession de chefs-d'œuvre qui défilent devant les yeux des visiteurs.
La collection espagnole (environ cent trente peintures dont une soixantaine exposée), plus réduite que les précédentes, présente néanmoins un choix d'œuvres intéressant avec certains noms rares. Mais l'on y trouve surtout tous les grands artistes duSiècle d'or commeEl Greco,Velasquez,Murillo,Ribera ouZurbarán. En outre, le Louvre possède plusieurs tableaux deGoya, dont lePortrait de la marquise de la Solana qui représente la dramaturgeRita de Barrenechea[280].
Des peintures des écoles scandinaves (environ 50 œuvres), russe (environ 35 œuvres), autrichienne, belge, suisse, grecque, polonaise et portugaise sont présentes malgré une collection réduite.
Le département des Arts graphiques est aujourd'hui riche de plus de 225 000 pièces[274]. Il conserve des dessins, des pastels, des miniatures, des estampes, des livres, des manuscrits, des autographes, ainsi que des bois, des cuivres et des pierres lithographiques. Il regroupe trois fonds différents :
leCabinet des dessins, constitué à l'origine par l'ancienne collection des rois de France, constamment agrandi par la suite grâce à des saisies et des donations ;
lacollection Edmond de Rothschild, offerte au Louvre en 1936, avec environ 40 000 estampes, 3 000 dessins et500 livres illustrés[282] ;
laChalcographie, qui conserve quelque 14 000 cuivres gravés avec en particulier les cuivres provenant du Cabinet des planches gravées du roi. Des tirages papier obtenus avec le cuivre original peuvent être commandés pour près de600 planches.
Vu le nombre des pièces et la fragilité du papier à la lumière, il est impossible d'exposer de façon permanente l'ensemble des documents. Ceux-ci peuvent être vus soit dans des expositions temporaires (qui ne durent jamais plus de trois mois pour ne pas fragiliser les œuvres), soit dans la salle de consultation du département. Néanmoins, un choix de pastels et de cartons de tapisserie, moins fragiles, est exposé au sein du parcours du département des peintures. Ces dernières années, un grand effort denumérisation a été accompli et la base de données du département compte à ce jour plus de 140 000 fiches d'œuvres et 4 500 fiches d'artistes.
La lutte pour l'étendard de labataille d'Anghiari, anonyme d'après Léonard de Vinci retouché et élargi parPierre-Paul Rubens, techniques variées, avant 1550 (retouché en 1603).
Trois études de jeune noir, Jean-Antoine Watteau pierre noire, sanguine, estompe et lavis gris, avant 1727.
Diverses salles sont consacrées à l'histoire du Louvre. Elles se trouvent à l'entresol (aile Sully).
LeLouvre médiéval est une des collections du Musée du Louvre créé dans les fossés duchâteau du Louvre dont on a découvert lors des travaux duGrand Louvre qu'ils n'avaient pas été arasés lors de la destruction du château pour l'édification du palais du Louvre.
Outre la base du donjon et de deux des quatre murailles du château, il présente une collection d'objets de la vie quotidienne trouvés pendant les fouilles.
De 2000 à 2025, le pavillon des Sessions - dénommé ainsi car destiné à accueillir les sessions parlementaires sous le Second Empire - présente une collection dédiée aux collections des« Art et civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques » ; cette collection est alors constituée de cent objets d'art, principalement des statues, sélectionnés parJacques Kerchache, dans une scénographie de l'architecteJean-Michel Wilmotte. Elle a vocation à être une ambassade permanente au Louvre dumusée du Quai Branly, lui-même inauguré en[283].
En 2025, le pavillon des Sessions devient la« Galerie des cinq continents », où les œuvres empruntées au musée du Quai Branly (mais aussi en particulier aumusée Guimet, aumusée national de la Marine, à laBibliothèque nationale de France), dialoguent avec des œuvres d'art occidental du musée du Louvre. Les œuvres y sont présentées selon des thèmes génériques tels que naître et mourir, manifester l'autorité, asseoir son prestige, figures protectrices, maternité, expliquer le monde, passer d'un monde à l'autre[284].
Plusieurs artistes contemporains ont honoré des commandes du musée. AinsiAnselm Kiefer peintAthanor en 2007 au niveau d'une arcade de l'aile Sully.François Morellet conçoit plusieurs vitraux en 2010, au niveau de l'escalierLefuel.Cy Twombly réalise le plafond peint de la salle des Bronzes (salle 663) en 2010[285].Marlene Dumas réalise en 2025 une composition de neuf toiles, sous le nom deLiaisons, placée à l'entrée du la nouvelle Galerie des cinq continents[284].
Le musée se répartit sur cinq niveaux dans les ailes Richelieu (au nord le long de larue de Rivoli), Sully (à l'est autour de laCour carrée) et Denon (au sud le long de laSeine). (Pour la répartition des collections dans les salles entre les différents départements, voir :« Plan du Louvre »[PDF], surlouvre.fr.)
L'entrée se fait sous lapyramide du Louvre au niveau -2, qui donne accès à une salle d'expositions temporaires, à un auditorium et à quelques salles situées au niveau -1 dans les ailes Richelieu et Denon, ainsi qu'au Louvre médiéval sous la Cour carrée. La plus grande partie des collections sont exposées au rez-de-chaussée et au premier étage des ailes Richelieu, Sully et Denon, ainsi qu'au second étage des ailes Richelieu et Sully. Le musée occupe ainsi une partie importante dupalais du Louvre, dont les extrémités ouest sont toutefois consacrées aumusée des Arts décoratifs dans le prolongement de l'aile Richelieu d'une part, à l'École du Louvre et à des réserves dans leprolongement de l'aile Denon d'autre part.
En 2017-2018, l'ensemble des salles du musée ont été renumérotées en supprimant les doublons, alors que la numérotation précédente dépendait des collections. Désormais chaque salle dispose d'un numéro unique qui permet d'identifier l'aile et l'étage[206].
Le musée compte pour sa gestion 2 091 employés (fonctionnaires, contractuels etvacataires), dont 1 232 agents de surveillance, un garde pour chacune des 403 salles d’exposition, que complètent les effectifs affectés aux 900 caméras du système de télésurveillance[287].
Carte d’accès au musée du Louvre.Cliquer pour agrandir.
L'entrée principale du musée est située au milieu de la cour Napoléon, sous laPyramide. L'accès est également possible, sous conditions, depuis le passage Richelieu qui relie la cour Napoléon à laplace du Palais-Royal, ainsi que, pour tous les visiteurs, depuis le centre commercial duCarrousel du Louvre, où se trouve également un parking souterrain pour autocars.
Pour répartir le public, le musée communique le temps d'attente en temps réel à ses différentes entrées sur son site internet[288].
Le Louvre propose de nombreuses expositions temporaires, dont beaucoup permettent de mettre en valeur les objets d'art ou les dessins qui ne sont pas en exposition permanente.
Les expositions temporaires sont en grande partie financées par des entreprises, par exemple :
en 2004, le musée a également signé un accord avec leHigh Museum of Art d'Atlanta auxÉtats-Unis qui a permis au musée américain d'exposer pendant trois ans 142 œuvres du Louvre, arborant le nom « Louvre Atlanta ». Cela a permis d'obtenir une somme de plus de 5 millions d'euros pour la rénovation des nouvelles salles du mobilier duXVIIIe siècle[289]. Des projets culturels et scientifiques sont également en cours entre les deux musées.
Le musée propose aussi des visites-conférences et des ateliers pour les adultes et les enfants, et plus généralement un important programme d'actions éducatives. Le Louvre dispose pour cela d'outils performants dont unauditorium où se déroulent des conférences, des débats, des séances de lecture ou des concerts.
Pour 2010, le musée a reçu environ 8 500 000 visites (payantes, d'abonnés, gratuites).
2009 est pour le Louvre une année symbole : pour la première fois, la part des financements publics dans son budget passe sous la barre des 50 %. Le Louvre lance le premierfonds de dotation français destiné à recueillir du mécénat privé. Le budget 2009 s'élève à 230 millions d'euros et les ressources propres sont effectivement supérieures au financement public (52 % contre 48 %)[290].
Depuis, et avec tous les autres musées nationaux en France, l'entrée au musée du Louvre est gratuite pour tous le premier dimanche de chaque mois, jusqu'à ce qu'en 2014 le Louvre n'accorde cet avantage qu'en basse saison (auparavant, jusqu'en 1990, l'entrée au Musée du Louvre était gratuite tous les dimanches)[62]. Cette mesure a ainsi permis de faire revenir au musée les visiteurs « nationaux » ; en effet, ce dimanche gratuit est pratiquement le seul jour du mois où les visiteurs étrangers sont minoritaires au Louvre[réf. nécessaire].
Le musée est gratuit pour les jeunes de 18 à 25 ans résidant dans l'un des pays de l'Espace économique européen, les demandeurs d'emploi, les bénéficiaires des minima sociaux (justificatif daté de moins d'un an) et les visiteurs handicapés et leur accompagnateur[291].
Entre le et le, l'entrée du Louvre est devenue payante pour les enseignants (sauf pour ceux qui amènent des élèves qui payent ou pour ceux qui payent un abonnement), les artistes français qui ne sont pas membres de la Maison des Artistes et les artistes étrangers. En revanche les employés de Total (financement de la restauration de lagalerie d'Apollon), le Crédit lyonnais, Accenture ou Ernest & Young, entreprises mécènes du musée du Louvre, ont bénéficié d'un accès gratuit et illimité pendant 10 ans de 2005 à 2015.
Lors de lapandémie de Covid-19, le musée du Louvre connaît comme de nombreux monuments parisiens une baisse de fréquentation. En juillet 2020, il accueille ainsi 200 000 visiteurs, soit quatre fois moins que d'habitude[295]. Dans un premier bilan, le musée annonce début janvier 2021 l'accueil de 2,7 millions de visiteurs en 2020, soit une fréquentation en baisse de 72 % par rapport à l'année précédente[296].
Depuis la crise sanitaire du Covid-19, la fréquentation du musée a légèrement baissé. En 2024, le musée du Louvre a ainsi accueilli 8,7 millions de visiteurs, contre plus de 10 millions en 2018. Malgré tout, il reste le musée d'art le plus fréquenté au monde[297].
2015 :L'île Louvre,Florent Chavouet, reportage dessiné (évoquant uncarnet de voyage) dans lequel l'auteur croque des scènes quotidiennes à l'intérieur du musée, souvent farfelues, avec une vision d'ethnologue. Il s'agit d'un travail de commande, pour lequel il a obtenu un pass, délivré par les autorités du musée. On remarque le parti pris original qu'il n'explique pas au lecteur, de faire du musée une île au milieu de la mer[299].
L'Assommoir, roman d'Émile Zola (1876), dans le chapitre III[301], comporte une célèbre visite du Louvre, effectuée le jour du mariage de Gervaise et de Coupeau[61]. La noce déambule dans les couloirs et les escaliers et finit par se perdre, sous le regard amusé des gardiens et des autres visiteurs.
DansDa Vinci Code, roman deDan Brown (2003), adapté au cinéma parRon Howard, le Louvre est le cadre de la première partie de l'histoire, au cours de laquelle un homme est assassiné et le héros recherche des indices parmi les tableaux.
Les Amants du Pont-Neuf, film deLeos Carax, sorti en 1991 qui relate une visite clandestine du Louvre la nuit par deuxsans-abri : un ancien gardien ayant toutes les clefs et une peintre qui devient aveugle
Belphégor, série de 26 épisodes en dessin animé pour la télévision, créée par Gérald Dupeyrot, produite par la sociétéLes Armateurs en 1998. Le dessinateur de bandes dessinées Frédéric Bézian, auteur graphique de la série, a créé des images du Louvre dans l'épisodeno 6 (« La Folie aux Rideaux noirs »)
Louvre : L'Ultime Malédiction, jeu vidéo développé par Index+, où une jeune femme du nom de Morgane doit retourner dans le passé du Louvre pour accomplir la mission que son père n'a pas pu réussir et dont il est mort.
Tomb Raider : L'Ange des Ténèbres jeu vidéo développé par Eidos : Lara Croft doit explorer le Louvre à la demande de son ami défunt Werner Von Croy pour y trouver une des peintures d'Obscura. L'objet en question se trouve plus exactement sous le site archéologique des vestiges duchâteau du Louvre.
Adaptation du filmDa Vinci Code : le visiteur évolue au sein de l'aile Denon (celle du sud), surtout au premier étage, avec la Grande galerie et la salle dela Joconde. Sont aussi reconstitués dans le jeu l'escalier Daru (où se trouve laVictoire de Samothrace) et la salle des Antiquités romaines au Niveau 0.
Louvre — Collections et Palais,CD-ROM culturel (1992) développé par Montparnasse Multimédia
Louvre — La Visite virtuelle,DVD-ROM culturel (1999) développé par Montparnasse Multimédia, produit par le musée du Louvre, RMN, Shogakukan et Montparnasse Multimédia
DansLe Monde daté du[306], un article signé parFrançoise Cachin, ancienne directrice des musées de France,Jean Clair etRoland Recht, critique violemment la politique commerciale de certains musées français, particulièrement les prêts payants du Louvre auHigh Museum of Art d'Atlanta et surtout la création duLouvre Abou Dabi. Leur position a rencontré un large écho chez les professionnels de l'art. Une pétition dans ce sens[307] parue dansLa Tribune de l'Art, a été signée par plus de 5 000 personnes. Elle a reçu pendant un temps une certaine couverture médiatique[308]. En réponse à cette polémique,Jack Lang, dans un article paru dansLe Monde du 31 janvier 2007[309], a pris position en faveur du projet.
L'interdiction de photographier les œuvres anciennes appartenant pourtant au domaine public a également mené à polémique. La décision, datant de 2005, a été dénoncée par les visiteurs et par les commentateurs comme illégale et allant à l'encontre de la mission culturelle et publique des musées nationaux. Les arguments en faveur de l'interdiction de photographier étaient le danger des flashs pour les œuvres, et la gêne constituée par la présence d'un photographe dans une allée. Les commentateurs ont plutôt supposé une dérive intéressée, souhaitant inciter l'achat de photographies dans les boutiques du musée. L'interdiction a depuis été levée, et ne s'applique plus qu'aux flashs[310].
Total est membre fondateur du Cercle Louvre Entreprises[311]. Son rôle est critiqué en 2017 par l'ONG350.org[312], puisque selon elle,« en acceptant de recevoir des dons d’entreprises du secteur des combustibles fossiles, telles que Total, le musée du Louvre contribue à renforcer l’idée que nous pouvons exploiter les combustibles fossiles sans dommage »[313]. Thierry Desmarest, ancien PDG et président d’honneur de Total, a également siégé longtemps au conseil d’administration du musée[314]. La charte éthique du musée du Louvre précise que« le mécénat [repose] clairement sur l’octroi d’exonérations fiscales », comme« sur le principe d’une association d’images institutionnelles entre deux partenaires »[315]. Le 12 mars 2018, l'ONG 350.org organise un happening militant au Louvre contre le mécénat de Total[316].
↑« Laurence des Cars et François Chatillon : « Nous voulons résoudre durablement les problèmes d’engorgement que connaît la pyramide du Louvre » »,Le Monde,(lire en ligne).
↑Laure Fagnart,Léonard de Vinci en France : collections et collectionneurs :XVe – XVIIe siècles, Rome, L'Erma di Bretschneider, 2009, 401 p.(ISBN978-88-8265-554-9).
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↑Comptes des Bâtiments du Roi - le 8 avril 1685 -pour délivrer au Sr marquis d'Hauterive pour le paiement de deux grands tableaux, l'un du vieux Bassan, représentant l'arche de Noë, l'autre de Rubens, représentant une Nopce de village… 3 882 livres 1 sol 8 deniers.
↑« Voyage du Roy a Paris, avec une exacte Relation de ce qui s'est passé dans tous les Lieux ou Sa Majesté a esté »,Mercure Galant,,p. 236-244, 246-255(lire en ligne).
↑Nicolas Bailly,Inventaire des tableaux du roy : inventaires des collections de la Couronne / rédigé en 1709 et 1710, par Nicolas Bailly ; publié pour la première fois, avec des additions et des notes, par Fernand Engerand, Paris, Ernest Leroux éditeur,(lire en ligne).
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↑Le projet « Pyramide » comprend le réaménagement de la bagagerie le, des contrôles d'accès en mars 2016, de la librairie le, des banques d'accueil le, de la billetterie le, du bureau d'accueil de la Société des Amis du Louvre le 21 septembre 2016, de la boutique nord le et enfin de l'accueil des groupes le.
↑La grande galerie compte pour 9 salles au lieu de une, mais les cabinets d'art graphique et la petite galerie pour 3 salles au lieu de 11, soit un total identique.
↑Jean-Luc Martinez, « La gypsothèque du musée du Louvre à Versailles », dansComptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2009,153e année,no 3,p. 1127-1152(lire en ligne).
↑Jean-Luc Martinez, « Exposer des moulages d’antiques : à propos de la gypsothèque du musée du Louvre à Versailles », dansIn Situ. Revue des patrimoines, 2016,no 28(lire en ligne).
↑Élisabeth Le Breton, « Gypsothèque du musée du Louvre. Les apports de la restauration à la datation des tirages en plâtre anciens », dansIn Situ. Revue des patrimoines, 2016,no 28(lire en ligne).
↑Philippe Gaboriau, Élisabeth Santacreu, « Nos mécènes font partie de la famille Louvre », dansGrande galerie. Le journal du Louvre, hiver 2019-2020,no 50,p. 16-17.
↑Nicole Vulse, Depuis sa création, le fonds de dotation du Louvre joue les mécènes,Le Monde, 3 décembre 2019,p. 20.
↑Antonio Canova, célèbresculpteur chargé de récupérer toutes les œuvres d'art italien saisies ou obtenues par traité parNapoléon, laisse LesNoces à la France, convaincu parVivant Denon de la trop grande fragilité de cette toile. En échange, l'Italie se voit offrir une œuvre deCharles Le Brun.
↑Jean Rifa,Pyrénées-Orientales : L'histoire de nos villages, Tome I, Alliance éditions, 2011.
↑Rapport d'activité 2018 du musée du Louvre, p. 40.
↑Acquis en vente publique chezSotheby's à Londres le 9 décembre 2015, auparavant àBrême, collection Bischoff.
↑Les deux portraits ont été acquis avec leRijksmuseum Amsterdam à lafamille Rothschild pour un montant de 160 millions d'euros et seront exposés ensemble, de manière alternée, dans les deux musées.
↑Elisabeth Foucart-Walter,Oehme entre au Louvre : un paysage peint "d'après l"idée", in Grande Galerie - Le Journal du Louvre, septembre/octobre/novembre 2013,no 25.
↑Geneviève Bresc-Bautier, Antoine Benoist, cet illustre inconnu qui sculptait "sur le vivant", inGrande Galerie - Le Journal du Louvre, juin/juillet/août 2013,no 24,p. 16-17).
↑Nicolas Milovanic,Un premier tableau de Nicolas Mignard au Louvre, inGrande Galerie - Le Journal du Louvre, juin/juillet/août 2013,no 24,p. 21.
↑Marie-Catherine Sahut,La chasse selon Boucher, inGrande Galerie - Le Journal du Louvre, juin/juillet/août 2013,no 24,p. 20.
↑Guilhem Scherf,Les vertus de la bienfaisance, in Grande Galerie - Le Journal du Louvre, septembre/octobre/novembre 2013,no 25.
↑Jannic Durand,Diptyque d'ivoire : un trésor de l'art byzantin, inGrande Galerie - Le Journal du Louvre, décembre 2012/janvier/février 2013,no 22,p. 6.
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↑Certaines salles faisant partie des numéros 160 à 199 sont en fait situées au niveau -2 dans les sections des arts du Proche-Orient et de l'Égypte (mosaïques et tissus, église de Baouit) et des arts de l'Islam (de 1000 à 1800) (Nouvelle numérotation des salles).
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Musée Napoléon,Notice des tableaux des écoles française et flamande, exposés dans la grande galerie, dont l'ouverture a eu lieu le 18 germinal an VII : et des tableaux des écoles de Lombardie et de Bologne, dont l'exposition a eu lieu le 25 messidor an IX, De l'imprimerie des sciences et des arts, Paris(lire en ligne)
Notice des statues, bustes et bas-reliefs de la Galerie des antiques du Musée Napoléon : ouverte pour la première fois le 18 brumaire an 9, De l'imprimerie des sciences et arts, Paris, An XII(lire en ligne)
Statues, bustes, bas-reliefs, bronzes, et autres antiquités, peintures, dessins, et objets curieux : conquis par la Grande Armée, dans les années 1806 et 1807 : dont l'exposition a eu lieu le 14 octobre 1807, premier anniversaire de la bataille d'Jéna, Dubray imprimeur du musée Napoléon, Paris, 1807(lire en ligne)
Notice des tableaux exposés dans la Galerie Napoléon, L.-P. Dubray imprimeur, Paris, 1811(lire en ligne)
Notice des dessins, des peintures, des bas-reliefs et des bronzes, exposés au Musée Napoléon, dans la Galerie d'Apollon : notice des tableaux anciens des trois écoles mis dans le Salon d'exposition de peinture moderne en juin e l'an 1811, Dubray imprimeur, Paris, 1811(lire en ligne)