Pour les articles homonymes, voirGuimet.
Ne pas confondre avec lemusée d'histoire naturelle - Guimet deLyon (fermé).
| Nom local | |
|---|---|
| Type | Musée d'art, musée national(d) |
| Ouverture | |
| Gestionnaire | |
| Dirigeant | Yannick Lintz[2] (présidente) |
| Surface | 5 500 m2 |
| Visiteurs par an | |
| Site web |
| Collections |
|
|---|---|
| Nombre d'objets | 52 000 au 4 octobre 2014[1] |
| Architecte | |
|---|---|
| Protection |
| Pays | France |
|---|---|
| Commune | |
| Adresse | 6,place d'Iéna 75116 Paris |
| Coordonnées |
Lemusée national des Arts asiatiques, couramment appelémusée Guimet, est unmusée d'arts asiatiques situé àParis, 6,place d'Iéna, dans le16e arrondissement. Il a été inauguré en1889 sous la dénomination initiale demusée des Religions. Il est unétablissement public administratif depuis le 26 décembre 2003.
Fondé à l'initiative de l'industriel et collectionneur lyonnaisÉmile Guimet (1836-1918) pour la présentation permanente de sa collection — précédemment conservée à l'ancienmusée Guimet (1879) deLyon — le musée Guimet de Paris occupe un bâtiment spécialement construit à cet effet de 1888 à 1889 par l'architecteCharles Terrier[4]. De 1994 à 2001, une restructuration-rénovation complète est réalisée par les architectesHenri etBruno Gaudin[5]. Il présente aujourd'hui l'une des plus complètes collections d'arts asiatiques au monde.
La façade, les toitures et la bibliothèque ont été inscrites au titre desmonuments historiques par unarrêté du[6].
Ce site est desservi par lastation de métroIéna.

Le musée s'est constitué à l'initiative d'Émile Guimet (1836-1918), industriel et érudit lyonnais. Grâce à des voyages enÉgypte (lemusée de Boulaq l'inspirera pour la muséographie de ses futurs musées), enGrèce, puis un tour du monde en1876, avec des étapes auJapon, enChine et enInde, il réunit d'importantes collections d'objets d'art qu'il présenta àLyon à partir de1879.
Par la suite, il se spécialise dans les objets d'art asiatiques et transfère ses collections dans le musée qu'il fait construire à Paris parCharles Terrier et qui est inauguré en1889. Le bâtiment est réalisé avec les mêmes plans que lemusée de Lyon. En1927, le musée Guimet est rattaché à ladirection des Musées de France et regroupe d'autres collections et legs de particuliers. C'est désormais la plus grande collection d'art asiatique hors d'Asie.
Entre1878 et1925, un musée indochinois[7], conséquence des découvertes de l'explorateurLouis Delaporte, occupe un tiers de l'aile Passy dupalais du Trocadéro ; les objets présentés sont ensuite transférés au musée Guimet, sauf 624 plâtres du temple d'Angkor qui restent au Trocadéro, donnés en 1936 aumusée des monuments français, qui se trouve dans le nouveaupalais de Chaillot[8],[9].
Le musée Guimet gère aussi lePanthéon bouddhique - Hôtel Heidelbach[10], tout proche, et lemusée d'Ennery consacrés, eux aussi, à l'art asiatique. Toutefois, alors que les collections sont réparties dans le musée par aire géographique et selon une évolution stylistique ayant pour but la connaissance de l'histoire des arts de l'Asie, l'approche du panthéon bouddhique est plus liée au projet originel d'Émile Guimet puisque son but est, par le choix d'objets particulièrement signifiants sur le plan iconographique, la connaissance des religions, en l'occurrence celles des formes debouddhismes extrême-orientaux (Chine-Japon).
Les collections du musée, relativement exhaustives sur le plan de la répartition géographique de l'Asie orientale, présentent essentiellement des objets archéologiques ou d'arts anciens, et ont offert plus de diversification avec la création d'un département destextiles grâce au legs deKrishnâ Riboud.
Une place, bien que limitée, est également accordée désormais à l'art contemporain par des acquisitions et des expositions temporaires. En ce qui concerne les collections ethnologiques ou celles en marge des grands courants culturels et religieux (production des populations autrefois qualifiées de tribales), elles trouvent leur place dans le cadre dumusée du Quai Branly.
S'adaptant à l'évolution du monde muséal dans lequel les missions du musée s'étendent à celles d'un centre culturel, le musée organise des manifestations culturelles liées aux cultures de l'Asie : rétrospectives cinématographiques, récitals et concerts, spectacles de danse et de théâtre.
En 2024, le musée suscite la polémique en renommant les salles « Népal - Tibet » en « Monde himalayen » dans le cadre de la refonte de son parcours de visite[11],[12]. Il lui est reproché également de désigner leTibet sous l’appellation chinoise« Tubo », alors que celle-ci serait inadaptée et alors que les autres régions voisines de la Chine sont désignées par leur appellation moderne[13],[14].
Interpellée par le députéCharles de Courson sur le sujet en mars 2025, la ministre de la CultureRachida Dati avait défendu le musée en argumentant que la référence au monde himalayen est ancienne et que d'autres musées comme leMetropolitan Museum (New York) ou leSmithsonian (Washington DC) emploient une catégorisation similaire[15].
En juillet 2025, quatre associations saisissent letribunal administratif afin de contraindre le musée Guimet à réécrire les cartels consacrés au Tibet, au motif que le musée a pour mission statutaire d'être un outil de diffusion de la culture et des connaissances et que la suppression de toute référence au Tibet contrevient à cette mission[16].Cette controverse illustre, pour l'association France-Tibet, une emprise politique et culturelle de la Chine sur le musée Guimet[15].
Dans une tribune publiée dans le journalLe Figaro en juillet 2025, le musée Guimet réfute ces accusations et dénonce une« attaque infondée basée sur des arguments plus politiques que culturels et scientifiques »[17].

Cette collection, une des plus riches du musée[18], qui ouvre la visite, est, pour sa majeure partie, consacrée à la statuaire et au décor architectural de l'Empire khmer (IXe – XIIIe siècle). Elle comporte également, quoique dans des proportions moindres, des témoignages de l'Art duChampā (IIe – XVIIe siècle), de laThaïlande (art deDvaravati, Ayodhaya, Ayuthya), duSiam, de l'Indonésie, de laBirmanie, duLaos, duCambodge et duVietnam.Parmi les œuvres de cette collection, se trouve le porche de grès rose du temple khmer deBanteay Srei (Xe siècle)[N 1]. La nature de ce grès a permis au monument de très bien résister au temps, et il a été démonté puis remonté dans d'excellentes conditions, sur place. Mais certaines parties n'ayant pu être remontées par manque des assises originelles sont encore à terre exposées au passage des touristes.
Le fragment visible au musée donne à voir une composition commanditée pour cette fondationshivaïte : la belleapsara Tilottama, sous un arbre dont elle était en train de cueillir les fleurs odoriférantes, lorsqu'elle est surprise par les démonsSunda et Upasunda. Les dieux ont délégué la belle afin de donner l'occasion à ces deux démons de se détruire mutuellement et ainsi mettre fin à leur démoniaque pouvoir, bien qu'obtenu par l'ascèse, telle qu'elle est conçue dans de monde de l'hindouisme[N 2].
Ces objets de fouilles, dont les plus rares proviennent de lacivilisation de la vallée de l'Indus tandis que les plus nombreux proviennent de l'Inde du Sud[N 3], témoignent desrelations commerciales de l'Inde antique avec le monde occidental, et en particulier romain.
Les sculptures relèvent, pour l'essentiel, des pratiques religieuses dubouddhisme, dubrahmanisme et dujaïnisme qui sont apparues sur le sol dumonde indien (et sur le territoire de l'ancienroyaume indo-grec) et ont, pour les deux premières, généré de nouvelles esthétiques dans les arts de laChine, duJapon et de l'Asie du Sud-Est. Souvent en pierre locale (grès rouge,marbre,schiste) elles proviennent des grands sites archéologiques de l'Inde, et un magnifique ensemble est constitué de l'art duGandhâra (au premier étage en tant qu'arts de l'Afghanistan et du Pakistan) et de celui de l'empire Gupta.
Lesbouddhistes, ainsi que leshindous et lesjaïns, ont laissé des temples et monastères excavés ou construits, couverts de sculptures figuratives et de décors, dont le musée garde quelques témoins de grande qualité : en voici quelques exemples notables :Mathura,Nasik,Sânchî,Ajanta,Badami,Aihole,Ellora,Elephanta,Aurangabad,Mamallapuram,Pattadakal ouLe Kailasanatha de Kanchipuram, leTemple de Brihadesvara deTanjore...
La galerie présentant la collection Riboud expose des textiles indiens (à ne pas confondre avec lesindiennes) et d'Asie, en général inaccessibles dans les autres musées, ainsi qu'une sélection de la précieuse collection de 150 objets d'art, dont certaines productions de l'art moghol relèvent de la bijouterie d'exception.
Ce sont, pour la plupart, desminiatures et quelquespeintures mobiles, d'époque moghole mais où se manifeste souvent latradition littéraire indienne. Les miniatures sont exposées, par rotation avec d'autres collections, dans la rotonde de l'ancienne bibliothèque, au premier étage.
Elle comporte 20 000 œuvres couvrant sept millénaires d'art chinois, avec de lacéramique chinoise néolithique et desbronzes chinois, des sculptures et maquettes antiques (pour la plupart desmingqi), des objets enjade et même enlaque parfaitement conservés, desgrès céladon, dès la période desTrois Royaumes de Chine, desgrès aux trois couleurs des Tang... et les fameusesporcelainesxing, puisbleu et blanc,famille verte etfamille rose - ainsi que despeintures chinoises sur rouleaux (verticaux, que l'on peut suspendre au mur, et rouleaux horizontaux, portatifs et même des éventails peints). Les collections couvrent toute l'histoire de l'art chinois jusqu'auXXe siècle avec de nombreuses pièces d'exception pour ce qui concerne l'art ancien. De très nombreux témoignages évoquent les cultes traditionnels chinois ainsi que le bouddhisme, intégré à la culture chinoise depuis les premiers siècles de notre ère, avec de splendides sculptures. Le mobilier traditionnel chinois est bien représenté par des pièces de collection de grande valeur esthétique.
Cette collection a elle-même une histoire : dans le prolongement du projet d'Émile Guimet, qui envisageait un musée d'histoire comparée des religions, les collections rassemblées par la suite restituent une vision scientifique, qui même si elle expose des œuvres d'art de qualité exceptionnelle, s'écarte nettement de l'engouement pour leschinoiseries qui était encore à la mode, à la fin duXIXe siècle. Les travaux scientifiques d'Édouard Chavannes (1865-1918) et deVictor Segalen (1878-1919) ont permis de bâtir une collection qui en reflète tous les aspects culturels et artistiques. Cette première collection, au début duXXe siècle, se voit considérablement enrichie en 1945 avec le fonds des objets d'arts asiatiques dumusée du Louvre : en particulier les céramiques réunies parErnest Grandidier[19]. De nombreux donateurs et une politique d'acquisition cohérente ont donc permis en 125 ans de présenter une collection essentielle qui éclaire, avec un dispositif pédagogique efficace, l'histoire de l'art et l'archéologie de la Chine ainsi que tous les aspects essentiels de sa culture.
L'essentiel de cette collection provient de la missionPaul Pelliot de 1906-1909. Les régions concernées bénéficiant d'un climat très sec sur laroute de la soie, des sculptures de bois et de terre non cuite ont pu être préservées, et le caractère spirituel propre à ces témoins fragiles s'en trouve d'autant plus émouvant. En effet la rencontre de l'expansion dubouddhisme sous ses formes artistiques et de l'art chinois ont produit, ici, une vaste gamme de variations marquée par cette hybridation des deux cultures aux premiers siècles de notre ère, jusqu'auxIXe – Xe siècles.
Avec pour noyau de la collection les acquisitions faites par Alfred Foucher ainsi que celles des fouilles archéologiques de la DAFA (Délégation archéologique française en Afghanistan), cette collection est consacrée auxarts gréco-bouddhiques des royaumes situés dans les États actuels de l'Afghanistan et du Pakistan :
Avec pour noyau la collection de statuettes enbronze provenant d'Émile Guimet, enrichie en1912 par les bronzes et les peintures rapportées parJacques Bacot et d'autres dons en mémoire deGustave-Charles Toussaint[20], cette collection qui compte 2 000 œuvres est consacrée à l'art essentiellement religieux duTibet et duNépal : statuettes, objets cultuels,thangka, révélant pour la première fois en France l'art tibétain[21].
Depuis la donation Lionel Fournier de 1989, le musée Guimet possède la plus riche collection au monde d'art tibétain[22],[23]. Le Musée national des arts asiatiques - Guimet possède, entre autres, un livre de visions secrètesDzogchen du5e dalaï-lama qui fut le disciple/maître deTerdak Lingpa. La plupart de ces œuvres ne sont pas présentées dans les collections permanentes mais ont été montrées durant deux expositions[22],[23].
Krishnā Riboud est née[N 4] en 1926 àCalcutta au sein de l'illustre familleTagore. Elle obtient un B.A. de philosophie en 1947 à Boston et épouseJean Riboud, qui travaille dans une banque américaine après avoir réchappé en 1945 au camp deBuchenwald.
En 1951, Jean Riboud entre chezSchlumberger, la plus grande multinationale de services pétroliers, dont il va faire en quelques années un des plus puissants groupes industriels du monde. Krishnā Riboud, qui retourne souvent dans son pays natal, s'intéresse auxarts et traditions populaires de l'Inde et réunira une très riche collection de textiles indiens. Le couple donne aussi, en 1960, à l'université deChandigarh une très importante collection de lithographies deMatisse,Léger et autres artistes occidentaux contemporains célèbres. En 1962, elle organise à Paris une grande exposition de textiles afin de réunir des fonds d'aide aux victimes duconflit sino-indien et cette exposition est l'occasion de liens avec le musée Guimet et sa conservatrice Jeannine Auboyer. Celle-ci lui confie, en 1964, en qualité de chargée de mission, l'étude de la collection de textiles du musée, en particulier ceux qui ont été collectés par la missionPaul Pelliot enAsie centrale.
Dans les années 1970, elle devient vice-présidente du Comité international pour l’étude des textiles anciens (CIETA), lance unprogramme de recherche et publie, en collaboration avec Gabriel Vial, professeur à l'école des textiles de Lyon, les résultats de leurs études sur les textiles d'Asie. Ils auront été analysés, non plus d'un point de vue seulementiconographique et d'historien d'art, mais d'un point de vue technique, essentiel pour poser les problèmes relatifs aux échanges culturels et artistiques en Asie, lieu de productions et de passages.
En 1979,Jean Riboud met en place l'Association pour l'étude et la documentation des textiles d'Asie (AEDTA) qui devient un modèle pour ce type d'étude et la plus importante collection privée consacrée aux textiles d’Asie[24].
En 1985, le couple Riboud participe activement à l'année de l'Inde en France, mais ce sera leur dernière entreprise commune : Jean Riboud disparaît cette année-là. En 1990, Krishnâ Riboud effectue une première donation de 150 pièces issues de la collection de l'AEDTA au musée Guimet et en 2003, 3 800 pièces supplémentaires viennent s'ajouter à la collection ainsi que150 objets et aquarelles témoignant des techniques de tissage. C'est la « collection Riboud »[24].
En 1991 et 1992, l'AEDTA organise avec le musée Guimet une grande exposition de textiles japonais (Manteau de nuages :Kesa japonais) à Lyon, Paris, Lisbonne et Kyoto. La collection de l'AEDTA apparaît aussi en 1998 à l'expositionLa route des Indes. La fin des années 1990 a été une période de nombreuses publications par les meilleurs experts en textiles, publications dont elle est à l'initiative et qu'elle a soutenues, et qui sont aujourd'hui des ouvrages de référence.
D'autres dons de grande valeur, allant de l'Asie Centrale et Orientale à l'Inde et à la Chine, ont été mentionnés dans les colonnes d’arts asiatiques dans les pages des nouvelles acquisitions. Le grand spécialiste londonien Mark Zebrowski l'avait aidée à réunir plusieurs des plus beaux objets d'art qui seront dorénavant présentés dans la galerie Jean etKrishnā Riboud du musée Guimet. La grande exposition de 2004Lumières de soie. Soieries tissées d'or de la collection Riboud a présenté certaines des plus belles pièces de la collection.
La collection Riboud, un des plus beaux ensembles de textiles et d'objets d'art indiens desXVIIe,XVIIIe et début XIXe siècle, est présentée par rotation dans les vitrines de la galerie car sa richesse égale les plus grandes collections mondiales de textiles d'Asie :Cleveland Museum of Art,Metropolitan Museum of Art de New York,musée d'Art du comté de Los Angeles,Victoria and Albert Museum de Londres etGalerie nationale d'Australie deCanberra. Objet d'un livreL’Inde des princes, d'Amina Okada, dans la sérieLes trésors du musée, elle couvre des périodes allant de la Chine desRoyaumes Combattants au Japon et à l’archipel indonésien duXXe siècle. Mais l'essentiel est centré sur l'Inde dans toute la diversité de son territoire et de ses textiles, teints, imprimés ou peints, jusqu'aux célèbreslampas d'Assam.
Cet étage prolonge la présentation des collections exposées au premier étage.
La collection coréenne, constituée de plus de 1 500 œuvres de nature diverses (peintures, céramiques, statues, textiles…), couvre pratiquement toutes les époques. Relativement pauvre enpunch’ong, paysages et peintures lettrées (influencées par lapeinture de lettrés chinois), elle accorde en revanche une part importante aubouddhisme. L’accroissement de la surface d’exposition, qui passe de 69 m2 dans les années 1980 à 360 m2 aujourd’hui, et le renforcement des collections, dont témoignent les récentes acquisitions de bronzes de l’époque du royaume deGoryeo (Xe – XIVe siècle), de peintures profanes lettrées ou de sculptures de tombes de lapériode Joseon (1392-1910), permettent toutefois de montrer le panorama le plus complet possible des arts de la Corée.

Cette collection compte 11 000 œuvres qui permettent d'évoquer toute l'histoire artistique du Japon depuis l'époque deschasseurs-cueilleurs et leurs curieuxdogū où la figuration stylisée du corps donne lieu à des inventions d'une surprenante « modernité », et les vases encéramique de la période Jōmon aux formes étonnamment « baroques » . Puis on rencontre quelques belles peintures au lavis d'encre noiresumi-e, des tenues complètes desamouraï et un ensemble de lames de sabres. Les imposantes statues des gardiens redoutables de l'époque Kamakura s'opposent au calme d'un moineZen duXVIe siècle, d'un naturalisme inattendu à proximité de plusieursBodhisattvabosatsu. Les accessoires de la vie quotidienne constituent des ensembles appréciés du public : masques du théâtrenô, petites boîtesInrō etnetsuke (ces minuscules sculptures qui représentent hommes et femmes, enfants et vieillards, fleurs et animaux, stylisés avec élégance ou caricaturés avec humour). Ces collections nous font traverser la période historique proprement dite jusqu'à de beaux ensembles de livres manuscrits illustrés, commeLe Dit du Genji et plusieurs paravents peints riches de détails suggérant la vie du Japon ancien dans ses aspects les plus intimes comme les plus quotidiens.
Une galerie de céramique permet de faire apprécier lacéramique japonaise sous tous ses aspects, du plus sobre au plus somptueux. Les célèbresraku comme laporcelaine d'Imari. Tous les accessoires decérémonie du thé s'y trouvent déclinés dans des styles variés.


La rotonde qui jouxte la galerie de lacollection Riboud est une bibliothèque-musée comme la bibliothèque de l'Opéra de Paris. Ouverte dès 1889, elle conserve plus de 100 000 volumes et 1 500 titres de périodiques. Elle offre surtout l'occasion de déployer, par rotation, des ensembles fragiles comme les miniatures indiennes (peinture moghole ourâjput), lesestampes japonaises et des ouvrages illustrés du Japon, etc.
Mais la bibliothèque[N 5], ouverte au public et constituée d'un ensemble très complet de collections d'ouvrages spécialisés destinés à répondre aux besoins de la recherche contemporaine, se situe au rez-de-chaussée. À côté des périodiques provenant du monde asiatique et de France, parmi lesquels on trouve les publications des chercheurs, on peut y consulter de nombreux ouvrages de référence sur l'Asie, ainsi que des ouvrages anciens dont des cartes chinoises duXVIIIe siècle, des livres musulmans en chinois, des livres mandchous précieux, des livres en tibétain par centaines[25]...

Poursuite de la présentation de la collection, dans la rotonde, avec de grands ensembles décoratifs sous la forme de paravents peints ou laqués de grande taille dont un paravent à douze feuilles, de ladynastie Qing, périodeKangxi (1662-1722), en bois laqué[N 6].
Les archives photographiques du musée[27] sont estimées à près de 500 000 photographies aux supports variés, couvrant une majorité des pays d’Asie des années 1850 à la création contemporaine. Elles conservent bien sûr des reproductions des œuvres du musée dans la chronologie de leur présentation mais surtout une importante collection de photographies de voyageurs, témoignant parfois des qualités de grands photographes professionnels et, pour certaines, datant des premiers temps de la photographie. Elles ont été prises au Moyen-Orient, en Inde et en Extrême-Orient. Celles de Samuel Bourne[28] (1834-1912),Felice Beato (v.1825-v.1908) ouÉmile Gsell (1838-1879) en particulier : ces belles photographies anciennes nous révèlent de superbes vues des paysages, des sites et de l'architecture de l'Asie, mais aussi d'innombrables portraits et scènes de la vie quotidienne, dont la valeur ethnographique, sociale et historique est reconnue. Par ailleurs les missions archéologiques françaises en Chine (Édouard Chavannes,Paul Pelliot etVictor Segalen) ou en Afghanistan (Alfred Foucher, puisJoseph Hackin) offrent un autre regard, plus porté sur le détail, renseignent sur les conditions du travail archéologique et nous montrent les chefs-d'œuvre au moment de leur découverte, parfois émergeant encore des sables du désert duXinjiang !
Le 28 juin 2017 s'est tenue à l'hôtel Heidelbach la première édition du prix Émile Guimet de littérature asiatique. Le lauréat, l'IndienRana Dasgupta, a reçu le prix des mains du président de cérémonieJean-Claude Carrière pour son romanDelhi Capitale[29].

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