LaMozilla Foundation (enfrançais, « fondation Mozilla ») est un organisme à but non lucratif établi en. Elle gère lacommunauté Mozilla qui développe et publie les produits Mozilla touslibres d'accès et respectant le « Manifeste Mozilla » publié en 2007 parMitchell Baker afin de« préserver le choix et l'innovation surInternet ». Les logiciels phares sont, entre autres, le navigateur webFirefox pour ordinateurs,tablettes etmobiles, le logiciel de courrierThunderbird,Firefox OS (projet abandonné) et le gestionnaire de bugsBugzilla.
Elle héberge également leMozilla Developer Network, un centre très populaire de documentation et d'apprentissage pour les développeursweb.
Historiquement, le nomMozilla a été utilisé au sein de l'entreprise Netscape Communications comme nom de code pour lenavigateur webNetscape Navigator.
Ce nom, proposé parJamie Zawinski, est en fait la contraction du nom« Mosaic killer » (littéralement « tueur de Mosaic ») ;killer étant orthographiékilla pour correspondre à la prononciation du mot dans le langage courant[4]. Ce nom traduit l'espoir de ses concepteurs que leur navigateur détrôneraitNCSA Mosaic, le navigateur web le plus populaire à l'époque. Il fait également référence au monstreGodzilla[5].
En, Jascha Kaykas-Wolff[7] rejoint Mozilla Foundation en tant que « Chief Marketing Officer ». Il met en place le « marketing agile » qui porte ses fruits en 2016. Chaque Mozillien n'est plus focalisé sur son propre champ d'action mais a une vision de toute la chaîne. Le « marketing agile » est considéré comme trois fois plus performant pour la société qui l'utilise face à ses concurrents[8].
En octobre 2024, la Mozilla Foundation licencie 30 % de ses effectifs sur 120 employés, accusant une « avalanche constante de changements [dans le monde de la technologie] », ce que le chef des communications Brandon Borrman confirme àTechCrunch.
Ladirectrice exécutiveNabiha Syed a annoncé la nouvelle aux concernés le 30 octobre, en expliquant que les divisions de défense des droits, qui luttait pour un internet libre et ouvert, et de programmes mondiaux « ne font plus partie de [la] structure »[9],[10],[11].
Le, la MozillaFoundation crée laMozilla Corporation[12]. Société détenue à 100 % par la Mozilla Foundation, elle emploie désormais les salariés de celle-ci. Elle garde sa mission de« préserver le choix et l'innovation sur l'Internet » tout en élargissant ses possibilités de partenariat et de clientèle. C'estMitchell Baker qui en est la présidente depuis décembre 2019[13], tandis que Frank Hecker reprend la tête de la Mozilla Foundation[14].
La fondation crée le une filiale à but non lucratif,Mozilla Messaging, pour accélérer le développement et lemarketing du client de messagerie libreMozilla Thunderbird. Après plusieurs années d'améliorations de Thunderbird, l'équipe de développement est intégrée en avril 2011 aux Mozilla Labs et la société Messaging dissoute[réf. nécessaire].
Le 28 janvier2020, Philipp Kewisch annonce dans unblog« qu'a partir d'aujourd'hui » le projetThunderbird sera dirigé par unefiliale (MZLA Technologies Corporation) détenue à 100 % par la Mozilla Foundation dans le but de permettre plus de« flexibilité et d'agilité » au projet. La création de la filiale permettra également à Mozilla Thunderbird de collecter des revenus par le biais de partenariats et dedonsnoncaritatifs et d'offrir aux utilisateurs desservices etproduits qu'il n'était pas possible de fournir sous l'égide de la fondation Mozilla[15].
Un monument dédié aux contributeurs de Mozilla est exposé au Mozilla space de San Francisco[17]. Depuis fin 2020, le siège social de Mozilla se trouve dans ses bureaux de San Francisco[18].
La fondation a aussi une vingtaine d'employés payés pour développer Mozilla et aider à la coordination des actions de l'organisation. En plus des employés salariés, la fondation loue de temps en temps des services de contractuels commeBlake Ross. Le comité qui fait fonctionner la Mozilla Foundation est connu sous le nom « staff de mozilla.org ». Il est composé à la fois d'employés de la fondation et de bénévoles.
Mozilla a mis officiellement son projetObservatory by Mozilla[20] en libre accès en 2016. Ce projet a été conçu toujours avec la même philosophieopen source« nous œuvrons à améliorer le Web »[4] pour aider principalement les professionnels à configurer et tester leurs sites en toute sécurité. Le constat de la non-utilisation des nombreuses technologies d'Internet mises à disposition pour des échanges sécurisés a persuadé Mozilla d'assurer ce service[21].
La fondation publie en un prototype du bulletin de santé d'internet[22] la version 1.0 sortira d'octobre à. Le bulletin publié sur une base régulière analyse les éléments« utiles et néfastes à notre principale ressource mondiale » : ouverture, accès à Internet, liberté d'expression, sécurité et respect de la vie privée, etc[23].
La fondation fait le même constat lors de son bulletin de santé 2018 sur cinq grands axes déficients en protection et accessibilité :« vie privée et sécurité, ouverture, inclusion numérique, éducation au Web et décentralisation »[24].
Lescodes sources des projets de logiciels Mozilla tels queFirefox,Thunderbird, etXULRunner sont gérés de façon collective dans undépôtCVS unique. Cet ensemble de codes sources, d'une taille importante, est désigné sous le nom de « Mozilla codebase », « Mozilla source code » ou simplement « Mozilla ».
Au moment de sa sortie, cet ensemble de codes sources fut placé sous licence NPL (Netscape Public License). Lors du passage en version 1.1, la licence NPL prit le nom de « Mozilla Public License » (MPL). La FSF (Free Software Foundation) et d'autres soulignèrent alors le fait qu'un logiciel ne pouvait pas être à la fois sous licenceGPL et sous licenceMPL pour cause d'incompatibilité au niveau juridique. Par conséquent, il fut recommandé aux développeurs de ne pas utiliser la licence MPL[25]. Pour résoudre ce problème, laFondation Mozilla a revu la licence des codes sources en 2003 et les a placés sous trois licences :GPL,LGPL etMPL[26].
La fondation acquiert en 2017 le service de marque-pagesPocket (anciennementRead It Later), qui permet la gestion et la lecture d'articles hors-ligne[28]. Ce service de lecture différée doit améliorer et accroître la présence de Firefox sur mobile[29].
En 2015, la fondation lance son programme Mozilla Open Source Support (MOSS) doté d'un million de dollars pour soutenir une dizaine de projetsopen source et logiciel libre[33]. La fondation a versé au deuxième trimestre 2016 585 000 dollars dont 200 000 attribués àPyPy, une implémentation alternative dePython[34].
En 2016, Mozilla rejoint la démarche deMicrosoft contre le projet du gouvernement américain visant à accéder aux données d'utilisateurs sans que ceux-ci en soient informés[35].
La fondation a fait face à de nombreuses critiques de ses utilisateurs et de sa communauté en décembre 2017 lorsqu'elle a inclus dans les modules complémentaires de Firefox en version anglaise— sans que ce soit sollicité par l'utilisateur et donc de manière secrète — l'extension Looking Glass « ma réalité est différente de la tienne », faisant ainsi la promotion publicitaire de la sérieMr. Robot. Mozilla, face aux critiques, a retiré l'extension de Firefox et publié le code source pour rassurer définitivement sa communauté dont une partie craignait une dérive de pistage promotionnelle et commerciale[36] contraire au positionnement de Mozilla en faveur de la protection de la vie privée et du consentement de l'utilisateur[37].
En à la suite de l'affaireCambridge Analytica, Mozilla lance une pétition pour la protection des données privées par défaut de la part de Facebook[38].
La fondation annonce en son partenariat avecWomen Who Tech[39] pour leWomen Startup Challenge Europe[40].Mitchell Baker fait partie du jury chargé d’évaluer les présentations des start-ups qui ont le mieux intégré les notions de vie privée, de transparence et de responsabilité dans leur travail[41].
La fondation lance MozillaInformation Trust Initiative[Quoi ?] (MITI) en 2017 pour préserver la crédibilité et la santé d'internet en combattant la pollution de l'information sur le web et lesfake news[42].
Mozilla demande une participation accrue des organisations avec lesquelles elle travaille déjà : médias, ressources éducatives en ligne, programmes de recherche, soutien à des conférences et forums, etc. Par la suite est également prévue« une série dehackathons en partenariat avec des rédactions aux États-Unis et en Allemagne, [pour inventer] des outils qui pourraient redonner confiance aux utilisateurs dans les informations en ligne »[43].
Mozilla s'appuie sur le réseau mondial issu de son navigateurFirefox pour réaliser cet important projet[44] autour de quatre axes : le produit, l’éducation, la recherche, et les interventions créatives[45].
En, la fondation lance une grande consultation en ligne sur le ressenti des internautes face à l'avenir du tout connecté. Elle reçoit 189 770 réponses du monde entier.
Leur étude montre une méfiance des internautes sur l'avenir du tout connecté, près de la moitié des sondés craignant pour leur vie privée et un quart redoutant la perte des contacts humains. Les objets les plus connectés sont lessmartphones (85,7 %), lesordinateurs portables (84,8 %) et les routeursWi-Fi (84,1 %). Les objets en devenir sont les voitures connectées (8,2 %), les appareils électroménagers (7,7 %) et les enceintes intelligentes (5,7 %)[46],[47].
Le, la fondation Mozilla annonce son acte d'accusation à l’encontre de la FCC, cosigné par plusieurs associations et entreprises. Elle reproche à la FCC de méconnaître le fonctionnement d’Internet et écrit :« Qu'elle repose sur des contorsions sémantiques ou simplement sur un manque de compréhension inhérent, la FCC affirme que les FAI n'ont tout simplement pas besoin de fournir sans interférence des sites Web que vous demandez »[50].
De 2004 à 2014, les accords passés avecGoogle pour mettre son moteur de recherche par défaut sur le navigateurFirefox ont représenté jusqu'à 90 %[51] des royalties touchées par la fondation.
Par la suite, Mozilla fait le choix de ne pas renouveler cet accord exclusif et de passer plusieurs accords dans différents pays.Yahoo! devient ainsi le moteur de recherche par défaut pour lesÉtats-Unis,Yandex pour laRussie etBaidu pour laChine[52]. Cette décision eut un impact immédiat sur les parts de marchés respectives de Google et Yahoo! : ce dernier a récupéré 3 % des parts de Google en un an[53].
En Europe cependant, Google demeure le choix par défaut du navigateur web. En,Google et la Mozilla Foundation annoncent que la première versera300 millions dedollars par an pendant trois ans pour que le moteur de recherche par défaut du navigateurMozilla Firefox reste Google[54],[55].
Ce choix de diversification s'avère pertinent : Mozilla a augmenté en 2015 son chiffre d'affaires de 28 %[56] notamment grâce au contrat signé jusqu'en avec Yahoo États-Unis[57].
Le, Mozilla rompt le contrat avec Yahoo! fondé sur un partage de revenus publicitaires, l’accord, signé fin 2014, faisait de Yahoo! lemoteur de recherche par défaut pour les internautesaméricains utilisateurs deFirefox. Le contrat devait initialement durer jusqu'en 2019[58],[59].
En 2016, la fondation Mozilla conclut un accord avec le moteur de rechercheQwant, promoteur de la même philosophie que la fondation, notamment en matière de protection de l'internaute sur leWeb et le respect de lavie privée[60],[61].
↑Ariane Gaudefroy, « Le marketing agile selon Mozilla »(consulté le) :« Face à l’accélération du temps, l’agilité des organisations est devenue une nécessité, à la fois pour réagir plus vite, comprendre comment les choses évoluent et mieux anticiper […] Cette méthode permet à chacun d’avoir une vision de toute la chaîne, ce qui est beaucoup plus motivant que de rester focalisé sur son propre champ d’action. ».
↑01net, « Tristan Nitot (Fondation Mozilla) : Nous créons une entreprise, mais Firefox reste gratuit », sur01net(consulté le) :« La Mozilla Foundation détiendra la totalité de la Mozilla Corporation, les marques (Firefox, Thunderbird…) ainsi que le code source. Mozilla Corporation, qui sera enregistrée aux États-Unis et accueillera les employés américains de la Mozilla Foundation, elle, se voit confier le développement, la promotion et la distribution des logiciels. Son idée sera de gagner de l'argent, mais pas à tout prix. ».
↑Nicolas Rauline, « Mozilla dresse un bilan sombre de la santé du Net : De moins en moins sûr, exposé à la censure et à la fragmentation, le réseau verrait sa qualité se dégrader. »,lesechos.fr,(lire en ligne, consulté le).
↑JulienLausson, « Mozilla sous le feu des critiques après l'ajout d'un plugin promotionnel sur Mr. Robot - Tech - Numerama »,Numerama,(lire en ligne, consulté le)
↑La Rédaction, « Firefox effraie les utilisateurs avec l’extension Looking Glass »,Tom's Guide,(lire en ligne, consulté le)
↑« Qwant et Mozilla s'associent pour proposer une version spéciale de Firefox »(Archive.org •Wikiwix •Archive.is •Google •Que faire ?),(consulté le) :« Une philosophie commune et un braquage des projecteurs. Il s’agit surtout pour Qwant de communiquer et de mettre en avant les liens qui unissent les deux entreprises : « La fondation Mozilla est reconnue pour son engagement en faveur de ses valeurs. L’ouverture, le choix et le respect de la vie privée sont également celles pour lesquelles œuvre Qwant, en particulier en refusant de pister les internautes à chacun de leurs clics et en défendant la stricte neutralité des résultats de recherche. Firefox pour Qwant incarne ainsi l’engagement de ces deux acteurs à promouvoir un Web meilleur ». ».
↑01net, « Mozilla lance un navigateur Firefox à l'effigie de Qwant »(consulté le) :« Concrètement, Mozilla va désormais proposer une version de son navigateur, spécialement développée autour de Qwant, qui sera utilisé comme moteur de recherche et qui « protège l'internaute contre le pistage sur le web », en supprimant notamment les cookies, ces petits programmes laissés sur l'ordinateur lors de la visite de sites. Par ailleurs, cette version dispose d'un bouton Qwant au travers duquel l'utilisateur pourra accéder à ses carnets et à ses favoris. « C'est un partenariat mondial, qui nous permet de passer à la vitesse supérieure », s'est félicité M. Léandri. ».