Les termes « Proche-Orient » et « Moyen-Orient » ne désignent pas deux espaces géographiques clairement séparés, comme si, en allant vers l'est, on voyait se succéder le Proche-Orient puis le Moyen-Orient avant d'atteindre l'Extrême-Orient. Ces termes désignent un même espace défini, au tournant desXIXe et XXe siècles, par leBureau des Affaires étrangères et du Commonwealth britannique comme leMiddle East, et par leQuai d'Orsay français comme le « Proche-Orient ».
La notiongéopolitique de « Moyen-Orient » a été forgée par lesEuropéens à la fin duXIXe et au début duXXe siècle[2]. Ethnocentrée[3], elle est liée à un projet de domination européenne sur l'Asie, qui aboutit à une division en trois grandes régions de ce continent :Extrême-Orient (première notion à apparaître), Moyen-Orient etProche-Orient[2]. Les premières occurrences de « Moyen-Orient » s'inscrivent dans un contexte de rivalité entre les impérialismesbritannique etrusse[2].
Chercheur en relations internationales, David Cumin note que le découpage équivalent de l'Occident en un « Extrême-Occident », un « Moyen-Occident » et un « Proche-Occident », qui refléterait le point de vue des Orientaux, n'a pas cours[4].
Avec l'irruption desÉtats-Unis sur la scène européenne en 1917, le terme deNear East a été largement écarté de l'usage courant : vu deWashington,Istanbul ouBeyrouth n'ont rien de « proche ». L'expression « Moyen-Orient » (« Middle East ») a été appliquée aux nouveaux États formés à la suite du démantèlement de l'Empire ottoman. Cependant, l'usage de « Proche-Orient » (« Near East ») est maintenu dans plusieurs disciplines universitaires, dont l'archéologie et l'histoire ancienne, où il décrit un espace identique à celui désigné par le terme « Middle East » ; auparavant, il n'était pas utilisé par ces disciplines.Ce terme[pas clair] est apparu quand laFrance et leRoyaume-Uni ont obtenu dumandat de la Société des Nations d'administrer les terres allemandes et ottomanes après laPremière Guerre mondiale.
Dans ses mémoires publiés dans les années 1950,Winston Churchill exprime des réserves sur l'usage du terme « Moyen-Orient ». Il écrit : « J’ai toujours senti que le nom de « Moyen-Orient » pour l’Égypte, le Levant, la Syrie et la Turquie était mal choisi. C’était le Proche-Orient. La Perse et l’Irak étaient le Moyen-Orient; l’Inde, la Birmanie et la Malaisie, l’Orient; et la Chine et le Japon, l’Extrême-Orient. »[5].
Les Français, en particulier les universitaires et certains journaux commeLe Monde, ont gardé l'habitude de distinguer un Proche-Orient méditerranéen et un Moyen-Orient général (à l'anglaise) ou plus restreint autour dugolfe Persique.
L'ambiguïté de l'expression « Moyen-Orient » gêne certains géographes, qui ont essayé de populariser « Asie du Sud-Ouest » (« Southwest Asia ») comme alternative, sans grand succès. D'autres termes ont fait leur apparition comme « Asie de l'Ouest » (« West Asia »), lequel est devenu le terme d'usage enInde, à la fois par le gouvernement et lesmédias.
Le « monde arabe » est utilisé dans certains contextes, mais il n'est pas un équivalent de Moyen-Orient : il n'inclut pas les populations non-arabes du Moyen-Orient telles que lesTurcs, lesIraniens, lesKurdes, la majorité desIsraéliens.
Cet espace de plus de sept millions de kilomètres carrés regroupe différentescivilisations qui se sont développées au cours des siècles ; parmi elles, lesArabes,Perses,Turcs etKurdes forment les groupes ethniques les plus importants présents dans la région[7]. Ce critère ne permet cependant pas de tracer de délimitations puisque l'on retrouve ces civilisations bien au-delà des frontières des nations moyen-orientales : les Arabes sont également présents dans toute la partie nord de l'Afrique, les Perses, jusqu'au sous-continent indien et les Turcs, enAsie centrale.
Selon les données éparses récoltées sur la base de divers recensements réalisés par les États de la région (sur plusieurs années), lacroissance démographique est élevée : de près de 2 % par an en moyenne avec unefécondité moyenne de3,4 enfants par femme pour une moyenne mondiale de 2,7 et uneespérance de vie est de69 ans[9]. La religion majoritaire est l'islam dans sa branchesunnite et des foyers importants ducourant chiite sont présents notamment en Irak et en Iran. Dans une moindre mesure, on retrouve deschrétiens (principalement au Liban à environ 30 % et àChypre), desjuifs en Israël et d'autres religions :bahaïs,zoroastriens,yézidis, etc.
Trois villes du Moyen-Orient regroupent plus de dix millions d'habitants ; il s'agit d'Istanbul, duCaire, et deTéhéran[10].
Trois autres villes ont recensé des populations entre quatre et sept millions d'habitants :Bagdad,Ankara etAlexandrie[10] et onze villes moins importantes comptent une population de plus d'un million d'habitants. La majorité de ces agglomérations enregistrent une croissance annuelle de leur population supérieure à 2 %.
Agglomérations au Moyen-Orient
Quartier résidentiel d'Al-Khuwair àMascate, la capitale d'Oman.
Le terme de Moyen-Orient définit uneaire culturelle, donc il ne délimite pas de frontières précises. Généralement, on inclut les civilisationsarabe,turque,perse,kurde et des minorités régionales telles que lesjuifs ou leschypriotes.
Lespays africains comme ceux duMaghreb — l'Algérie, laLibye, leMaroc et laTunisie — ou d'autres comme leSoudan, laMauritanie et ceux de laCorne africaine — laSomalie, l'Éthiopie, l'Érythrée etDjibouti — sont liés au Moyen-Orient du fait de leurs fortes associations culturelles, historiques et commerciales avec cette région.Chypre, bien que géographiquement périphérique ou proche du Moyen-Orient, se considère elle-même comme faisant culturellement partie de l'Europe. L'Iran est la frontière est.
En, les troupes britanniques, françaises et israéliennes menèrent uneguerre contre l'Égypte à la suite de la nationalisation du canal de Suez. Les États-Unis profitèrent des problèmes financiers du Royaume-Uni pour condamner l'opération et supplanter Londres comme puissance dominante au Moyen-Orient, alors qu’une vague d'agitation antibritannique gagnait toute la région. Celle-ci aboutit en 1958 au renversement de la monarchie irakienne, soutenue par les Britanniques. Les États-Unis poursuivirent la politique britannique en s'appuyant sur des régimes alliés (Arabie saoudite, Turquie, Jordanie, Israël, etc.). Ils fournirent à Israël plus d'aide qu'à aucun autre État au monde et favorisèrent des changements de régime dans certains pays, notamment en Iran lors de l'opération Ajax[12].
Le Moyen-Orient demeure un espace de tensions (parfois appelé« poudrière du Moyen-Orient »[13]), mais qui a vu se développer les relations entre ses nations constituantes depuis les années 1970 (OPAEP,Ligue arabe,Grande zone arabe de libre-échange, etc.).
Durant plusieurs siècles, la majeure partie du Moyen-Orient fut successivement gouvernée par lescalifatsrachidoun,omeyyade etabbasside, puis à partir duXVIe siècle par l'Empire ottoman. Après la défaite des Ottomans lors de la Première Guerre mondiale, les puissances européennes redessinèrent les frontières régionales en fonction de leurs intérêts géopolitiques, économiques et stratégiques, sans prendre en compte les réalités ethniques, tribales et religieuses locales. Cette approchefacilita, selon certains observateurs, l’application de la stratégie[C'est-à-dire ?] consistant à « diviser pour mieux régner »[14].
Le Royaume-Uni a participé à la création ou au tracé des frontières de nombreux pays du Moyen-Orient, notamment la Jordanie, l’Irak, les Émirats arabes unis, l’Iran, l’Égypte, le Yémen, le sultanat d’Oman, le Qatar, le Koweït, le Bahreïn (et plus à l’est, le Pakistan et l’Afghanistan). La France a créé ou influencé la formation de la Syrie et du Liban[14].
Ces États nouvellement constitués regroupaient souvent des communautés ethniques, religieuses et tribales très diverses, souvent peu enclines à coexister pacifiquement, ce qui a contribué à l’instabilité persistante de la région. Ainsi, l’Arabie saoudite fut unifiée par la force parAbdelaziz ibn Saoud en 1927, à partir des royaumes duHedjaz et duNejd, avant d’être officiellement renommée Arabie saoudite en 1932[14].
Dans l’ensemble de la région, le concept d’État-nation reste relativement faible. L’identité religieuse, tribale et clanique prévaut souvent sur l’identité nationale, notamment parce que de nombreux États ont été créés artificiellement. La loyauté dans la société moyen-orientale s’organise selon un ordre hiérarchique : la famille immédiate, le clan (hamula), la tribu, puis le groupe ethnique[14].
Ce modèle se reflète dans l’ascension de plusieurs dirigeants contemporains, commeSaddam Hussein (Irak),Hafez el-Assad (Syrie) ouMouammar Kadhafi (Libye), qui ont tous maintenu leur pouvoir en s’appuyant principalement sur les membres de leur tribu ou de leur localité d’origine[14].
Plusieurs entités politiques de la péninsule Arabique sont dirigées par des familles-clans ayant donné naissance à des États ou des émirats. En Arabie saoudite, le pouvoir est détenu par la familleAl Saud. Le Koweït est dirigé par la familleAl Sabah ; le Bahreïn par la familleAl Khalifa ; le Qatar par la familleAl Thani et la Jordanie par la familleHachémite. Les Émirats arabes unis se composent de plusieurs émirats gouvernés chacun par une dynastie :Abou Dabi par la familleAl Nahyan,Dubaï par lesAl Maktoum,Ajman par lesAl Nuaimi,Fujaïrah par lesAl Sharqi,Ras el-Khaïmah etCharjah par deux branches distinctes de la familleAl Qasimi, etOumm al-Qaïwaïn par la familleAl Mualla[14].
Seuls la Turquie et l’Égypte sont des exemples notables dans la région où, de manière générale, la loyauté envers l’État-nation prime sur les affiliations tribales ou claniques[14].
Si la production et l'exportation de pétrole constitue toujours largement, la première source de richesse du Moyen-Orient, elle ne doit pas occulter le fait que d'autres sources de richesses ont permis le développement de certains pays sans engendrer de dépendance vis-à-vis de l'or noir. Des pays commeIsraël, leLiban ouChypre ont ainsi appuyé leur développement sur d'autres activités telles que le commerce, l'agriculture, les matières premières. D'autre part, phénomène plus récent, lespétrodollars sont réinvestis via des fonds privés et publics arabes dans la finance et l'économie internationale.
Pour la majorité des pays de l'Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole du Moyen-Orient, le pétrole, et plus largement les hydrocarbures, génèrent à la fois de la richesse, du travail, des investissements de l'étranger, une force géopolitique et un gage de puissance sur la scène internationale. À titre d'exemple, 45 % des recettes publiques de l'Arabie saoudite, 55 % de sonPIB et 90 % de ses exportations sont directement ou indirectement liés à l'exploitation de sesgisements pétroliers.
Ces dernières années, la plupart des pays de la région ont entrepris des efforts pour diversifier leur économie[15],Abu Dhabi Investment Authority est aujourd'hui le plus grosfonds souverain mondial ; il gère875 milliards de dollars et est chargée d'investir les revenus pétroliers de l'émirat d'Abu Dhabi à travers le monde pour les faire fructifier.
D'autres pays arabes ont également choisis de réinvestir leurs revenus pétroliers directement sur leur propre territoire, ainsi des projets architecturaux, parfois gigantesques, tels que les « Palm Islands », leBurj Khalifa ou laDubaï Marina àDubaï. Ces investissements nationaux et internationaux visent à développer des activités non-dépendante du pétrole et à préparer les pays du golfe à l'après pétrole[16] ; les placements et les investissements réalisés représentent une rente et une occasion de développer les activités tertiaires au sein des paysdéveloppés etouverts aux étrangers de la péninsule Arabique (Bahreïn,Émirats arabes unis,Koweït,Qatar).
LaTurquie, l'Égypte,Israël,Chypre et leLiban bénéficient de facteurs favorables au développement du tourisme en provenance d'Europe et d'Amérique du Nord, les sites touristiques, culturels et historiques, l'héliotropisme et les investissements réalisés pour développer les activités touristiques ont permis de rendre cette région parmi les plus attractives de la planète[réf. souhaitée].
L'agriculture occupe toujours une place prépondérante dans l'emploi de la population active de certains pays moyen-orientaux ; leCroissant fertile (Irak,Syrie,Liban), leNil enÉgypte, ou encore le développement deskibboutzim etmoshavim enIsraël ont permis d'assurer la sécurité alimentaire nécessaire au développement économique des pays méditerranéens ; avant de développer les activités de services[Note 4].
Les activités commerciales et financières ont également pris un essor important, grâce aux voies de navigations aisément contrôlables (mer de Marmara enTurquie etcanal de Suez[Note 5] enÉgypte) et à l'importance des activités d'import-export de marchandises, notamment de matières premières, de pièces détachées et de produits manufacturés, en provenance d'Asie de l'Est, d'Asie du Sud-Est, d'Inde et du Moyen-Orient et à destination de l'Union européenne et de l'Amérique du Nord.
Les inégalités de revenus sont très élevées au Moyen-Orient. En 2016, les 10 % les plus riches disposaient de 63 % des revenus nationaux[17].
Les cinq langues les plus parlées sont l'arabe, leturc et lepersan suivis de loin par lekurde et l'hébreu[18]. L'arabe et l'hébreu représentent lafamille des languesafro-asiatiques. Le persan et le kurde appartiennent à la famille des languesindo-européennes. Le Turc appartient à la famille deslangues turques. Environ20 langues minoritaires sont également parlées au Moyen-Orient.
Environ 400 000 élèves étudient dans les établissements catholiquesfrancophones au Moyen-Orient[19].
Le Moyen-Orient est au carrefour decultures parmi les plus anciennes et les plus développées au monde. Que ce soit laculture des populationsarabes,turques,perses,kurdes,juives,phéniciens, ou celles dujudaïsme, duchristianisme et de l'islam, leur sécularité a conduit à leur formidable développement qui représente aujourd'hui un attrait pour les touristes du monde entier[20],[21]. De nombreux sites archéologiques, constructions, ou sites naturels sont ainsi classés auPatrimoine mondial moyen-oriental, répartis autour des nombreusesaires urbaines qui se sont progressivement développées.
Le, une organisation des droits de l'homme dénonce l'ampleur de la torture et des décès dans les centres de détention non officiels duYémen. LesÉmirats arabes unis et les forces saoudiennes sont responsables de certains des traitements les plus choquants des prisonniers, y compris la pendaison à l'envers pendant des heures et des tortures sexuelles telles que la brûlure des organes génitaux[22]
Le, Mohamed El-Baqer est arrêté en Égypte alors qu'il représente son client Alaa Abdel Fattah. Mohamed El-Baqer est emprisonné en détention provisoire pendant639 jours sur des accusations de faux. Au21e mois de sa captivité, l'observatoire de la protection des défenseurs des droits de l'homme exige à nouveau sa libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que la fin de toute persécution des défenseurs des droits de l'homme en Égypte[23].
Le 25 novembre 2021, une enquête d'Amnesty International révèle que les autorités égyptiennes sont complices dans une répression permanente de dizaines d'employés industriels qui ont suivi une grève pacifique en été pour exiger un salaire équitable. Environ 2 000 employés de LORD International, un fabricant de lames de rasoir égyptien à Alexandrie, ont participé à la grève. La direction de LORD a répondu en lançant une campagne de représailles qui a entraîné le licenciement injustifié de 64 travailleurs et la suspension de 83 autres, ainsi que des coupes de salaire, des interrogatoires forcées et des menaces[24].
Le 24 novembre 2022, selon Human Rights Watch, desréfugiés se trouvent en grand nombre dans des quartiers défavorisés du Caire, de Gizeh et d'autres lieux où le taux de criminalité est élevé ; les femmes et les filles réfugiées y sont particulièrement exposées aux agressions, du fait de leur statut d'étrangères, de leur dénuement économique et de leurgenre[25].
Le Moyen-Orient n'est pas dominé par une seule grande puissance régionale, ni même régi politiquement par un duopole. Quatre États ont des ambitions de domination régionale, deux sont arabes l'Arabie saoudite et l'Égypte, mais deux sont issus de l'empire perse, l'Iran, ou de l'empire ottoman, laTurquie. Un cinquième État,Israël, par ses alliances, sa puissance militaire et économique compte parmi les acteurs principaux de la géopolitique régionale[28].
À entendre les attaques verbales entre l’Arabie saoudite et l’Iran, les observateurs se demandent toujours si les deux grandes puissances du Moyen-Orient en arriveraient à se déclarer une guerre ouverte. Impossible reste la réponse la plus censée, considérant les enjeux politiques et économiques en place. Alors, dans une logique de guerre froide,Riyad etTéhéran évoquent leur droit à l’arme nucléaire[29].
La Ligue arabe, officiellement Ligue des États arabes (arabe :جامعة الدول العربية), est uneorganisation régionale à statut d'observateur auprès de l'Organisation des Nations unies. Elle fut fondée le auCaire, par sept pays et compte aujourd'hui vingt-deux États membres. L'organisation de la Ligue arabe repose sur quatre organismes principaux : le sommet des chefs d'État, le Conseil des ministres, les comités permanents et le Secrétariat général dirigé parNabil el-Arabi depuis 2011[32]. De plus, divers organismes ont été créés en application de traités qui complètent le pacte de1945 et plusieurs agences spécialisées travaillent en étroite collaboration avec elle.
L'Organisation de la coopération islamique (arabe :منظمة التعاون الإسلامي,turc :İslam İşbirliği Teşkilatı) est uneorganisation intergouvernementale créée le sous le nom d'Organisation de la conférence islamique qui regroupe 57 États membres. Cette organisation dont le siège est situé àDjeddah, enArabie saoudite, possède une délégation permanente auxNations unies. L'Organisation de la coopération islamique, qui a changé de nom et d'emblème le, est la seule organisation au niveau supra-étatique et international qui soit à caractère religieux. Elle regroupe entre autres, la totalité des pays du Moyen-Orient (à l'exception d'Israël), ainsi que la majorité des États d'Afrique du Nord et d'Asie centrale.
Diagramme des différents partenariats entre les pays de la Ligue arabe.
La transparence dans le domaine de ladissuasion nucléaire reste l’exception, malgré les efforts d’États dotés pour publier des informations sur leurs arsenaux[38]. Par ailleurs, la prolifération se produit en majeure partie dans l’ombre. Ainsi, la réalité desarmes nucléaires ne se laisse pas facilement appréhender. À cet égard, le Moyen-Orient se présente comme un cas d’étude intéressant avec un État reconnu comme possesseur, mais ne le confirmant pas officiellement (Israël), des programmes menés à la frontière entre usages civils et militaires (Irak,Iran,Libye,Syrie), des activités signalant que l’option du nucléaire militaire avait été au moins considérée (Égypte) et unebase nucléaire participant au dispositif de dissuasion de l’OTAN (Turquie)[39].
↑Françoise de Bel-Air,« Migrations et politique au Moyen-Orient : populations, territoires, citoyennetés à l'aube duXXIe siècle », dans Françoise de Bel-Air,Migration et politique au Moyen-Orient, IFPO,, 7-36 p.(lire en ligne[PDF]).
↑Fin 2019, les États dotés ou possesseurs de l’arme nucléaire sont : les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France, la Chine, l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord.
Guillemette Crouzet, « Les Britanniques et l'invention du Moyen-Orient : essai sur des géographies plurielles »,Esprit,no 5,,p. 31-46.
Bernard Gueynard, « Near East ouMiddle East : histoire d'une terminologie »,Outre-Terre,vol. 4,no 3,
Matthia Schulz et Özcan Yilmaz, « Le Moyen-Orient dans les relations internationales : circulations, interdépendances, conflits »,Relations internationales,no 171,,p. 3-8(DOI10.3917/ri.171.0003,lire en ligne).
Manon-Nour Tannous,Cahier Thucydide n°7 - Les États-Unis et « l’axe du mal » : Étude d’une rhétorique des relations internationales, Centre Thucydide - Analyse et recherche en relations internationales - université Panthéon-Assas (Paris II),(lire en ligne[PDF])