C'est à la suite de labataille de Solférino en1859, qu'Henry Dunant, homme d'affairesprotestantgenevois, eut comme projet une organisation de secours, neutre et permanente pour les soldats blessés[1]. Il fit connaître ses intentions notamment en publiantUn souvenir de Solférino en 1862, ouvrage qui connut un fort retentissement enEurope. Deux propositions de son projet sont au centre de la fondation dudroit international humanitaire et de la Croix-Rouge : d'une part, la neutralité du personnel sanitaire lui permettant de faire son travail et, d'autre part, la création de sociétés de secours nationales pour le soin des blessés de guerre[2].
En 1863,Gustave Moynier exposa les projets de Dunant à la Société genevoise d'utilité publique. À la suite de cela, la commission de cinq membres, composée de Gustave Moynier, du généralGuillaume-Henri Dufour, de Dunant, deLouis Appia et deThéodore Maunoir, se constitua en en Comité international de secours aux militaires blessés présidé par Guillaume-Henri Dufour (1863-1864).
Cette organisation deviendra plus tard leComité International de la Croix-Rouge (CICR), qui aujourd'hui et depuis plus d'un siècle, s’efforce de prévenir la souffrance par la promotion et le renforcement du droit et des principes humanitaires universels.
À la fin duXVIIIe siècle, en 1793, le baronDominique-Jean Larrey, précurseur en matière de secours aux blessés sur les champs de bataille, pratiquait déjà les soins sur le terrain le plus tôt possible, grâce à des ambulances chirurgicales mobiles. Membre de l'Académie de médecine, il a l'idée de mettre en place après 1815 un système d'« ambulances volantes » détaché du commandement et dans lesquelles il embarquerait indifféremment amis et ennemis, afin de les soigner sans faire de distinction ni de nationalité, ni de grade. Ce système n'obtient pas le succès escompté, mais l'idée constitue les prémices de la Croix-Rouge[3].
La mission du Mouvement est de prévenir et d'alléger en toutes circonstances les souffrances des hommes, des femmes et des enfants ; de protéger la vie et la santé et de faire respecter la personne humaine, en particulier en temps de conflit armé, de catastrophes climatiques, et dans d'autressituations d'urgence ; d'œuvrer à la prévention des maladies et au développement de la santé et du bien-être social ; d'encourager l'aide volontaire et la disponibilité des membres du mouvement, ainsi qu'un sentiment universel de solidarité envers tous ceux qui ont besoin de sa protection et de son assistance.
Le mouvement, dans la poursuite de sa mission, est guidé par ses principes fondamentaux : humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité.
Les principes fondamentaux de la Croix-Rouge sont le fruit d'un siècle d'expérience ; proclamés àVienne en 1965, ils donnent leur cohésion aux Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, au Comité international de la Croix-Rouge et à la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, et garantissent la pérennité du Mouvement et de son action humanitaire.
Née du souci de porter secours sans discrimination aux blessés des champs de bataille, la Croix-Rouge, sous son aspect international et national, s’efforce de prévenir et d’alléger en toutes circonstances les souffrances humaines. Elle tend à protéger la vie et la santé, ainsi qu’à faire respecter la personne humaine. Elle favorise la compréhension mutuelle, l’amitié, la coopération et une paix durable entre tous les peuples.
Impartialité
Elle ne fait aucune distinction de nationalité, de race, de religion, de condition sociale ou d’appartenance politique. Elle s’applique seulement à secourir les individus à la mesure de leur souffrance et à subvenir par priorité aux détresses les plus urgentes.
Neutralité
Afin de garder la confiance de tous, elle s’abstient de prendre part aux hostilités et, en tout temps, aux controverses d’ordre politique, racial, religieux ou philosophique.
Indépendance
La Croix-Rouge est indépendante. Auxiliaires des pouvoirs publics dans leurs activités humanitaires et soumises aux lois qui régissent leurs pays respectifs, les Sociétés nationales doivent pourtant conserver une autonomie qui leur permette d’agir toujours selon les principes de la Croix-Rouge.
Volontariat
La Croix-Rouge est une institution de secours volontaire et désintéressée.
Unité
Il ne peut y avoir qu’une seule Société de la Croix-Rouge dans un même pays. Elle doit être ouverte à tous et étendre son action humanitaire au territoire entier.
Universalité
La Croix-Rouge est une institution universelle, au sein de laquelle toutes les Sociétés ont des droits égaux et le devoir de s’entraider[6].
Ces principes sont valables pour tous les dérivés de la fondation de la Croix-Rouge, qui agissent tous dans le même but.
Le cristal rouge, emblème officiel depuis2005.Les emblèmes de lacroix rouge et ducroissant rouge, les symboles desquels le nom du mouvement est issu.
Le premier emblème, une croix rouge sur fond blanc, soit les couleurs inversées dudrapeau suisse, a été proposé en 1863 et reconnu en 1864. Il fut d'abord appliqué sur le brassard blanc à croix rouge[2].
Quatre emblèmes sont actuellement reconnus : lacroix rouge, lecroissant rouge, lelion-et-soleil rouge (qui n'est aujourd'hui plus utilisé depuis larévolution iranienne) et dernièrement leCristal-Rouge.
D'autres symboles ont été proposés par d'autres pays, mais refusés pour ne pas multiplier les drapeaux. Ces pays durent choisir entre la croix ou le croissant. Malgré plusieurs refus, leMagen David Adom enIsraël continua à utiliser l'étoile de David rouge. Membre depuis de laFICR, le Magen David Adom adopta finalement un symbole plus neutre : une étoile de David dans un cristal rouge. Ainsi, le cristal rouge est choisi en 2005 comme symbole plus neutre, sans référence religieuse.
Le choix d'un emblème pour désigner clairement les services médicaux en temps de guerre est une nécessité vitale pour que leur protection puisse être assurée. Ce n'est pas seulement l'emblème qui protège les services médicaux, mais leur fonction. Il est donc totalement interdit de s'en prendre à des installations médicales, même si elles arborent un emblème différent de la croix rouge, du croissant rouge ou du cristal rouge.
Présidents de la Fédération internationale de la Croix-Rouge
La commission permanente décerne tous les deux ans jusqu'à cinq médailles Henry-Dunant, destinées à reconnaître et à récompenser des services exceptionnels et des actes de grand dévouement à la cause de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge accomplis par un membre du mouvement, essentiellement dans un contexte international. Il existe par ailleurs des distinctions nationales à la discrétion des organisations nationales[7].