L'humour du groupe prend ses racines dans le burlesque absurde de l'émission d'avant-guerreITMA (It's that Man Again !) sur la BBC, ainsi que dansThe Goon Show, émission d'humour radiophonique dePeter Sellers etSpike Milligan.
Inspirée par leurs premières années de théâtre, leur œuvre fondatrice, leFlying Circus, remet en cause tous les principes des émissions télévisées. Leur influence dans le domaine comique est comparée à celle desBeatles dans la musique populaire. Elle dépasse largement les frontières du Royaume-Uni et du monde anglo-saxon. En France,Alain Chabat et lesRobins des Bois, notamment, s'en réclament. Dans la langue anglaise, le motpythonesque, inventé pour décrire leur humour, a trouvé son chemin vers les dictionnaires.
En 1971, ils rejouent une sélection de leurs sketches pour le long-métrageLa Première Folie des Monty Python (And Now for Something Completely Different). Le film sort discrètement en France sous le titrePataquesse en 1974 avec une affiche dessinée parGotlib[1].
Après l'arrêt du Flying Circus en1974, le groupe mène une carrière au cinéma avec des longs-métrages qu'il réalise lui-même :
En 1980, une retranscription filmée de leur spectacle donné auHollywood Bowl sort sous le titreMonty Python à Hollywood (Monty Python Live at the Hollywood Bowl).
Le, Terry Jones annonce la reformation du groupe et le projet d'un nouveau spectacle comique. Une conférence de presse, tenue au Palace Theatre de Londres le, officialise la reformation des Monty Python[2]. LesPython se produisent finalement à l'O2Arena de Londres pour dix spectacles qui affichent tous complet en[3].
Jones et Palin se sont rencontrés pour la première fois à l’université d’Oxford, tandis que Cleese et Chapman se sont rencontrés à l’université de Cambridge. Idle était aussi à Cambridge, mais est arrivé un an après les deux autres. Cleese a rencontré Gilliam àNew York pendant la tournée duCambridge Circus, le spectacle des Cambridge University Footlights. Ce spectacle s'appelait à l'origineA Clump of Plinth.
Chapman, Cleese et Idle étaient tous trois membres des Footlights, qui comptaient aussi les futurs « Goodies » Tim Brooke-Taylor, Bill Oddie et Graeme Garden, ainsi queJonathan Lynn (coauteur deYes Minister etYes Prime Minister). Pendant la présidence d'Idle, l'autrice féministeGermaine Greer et le producteurClive James en étaient aussi membres. Les enregistrements de ces soi-disant « fumistes » au collège de Pembroke incluent Idle et Cleese. Les bandes sont conservées dans les archives ducollège de Pembroke, ainsi que des enregistrements d'Idle dans des pièces du collège.
Les Monty Python ont écrit ou joué dans différents sketches avant de former leMonty Python's Flying Circus, en particulier,The Frost Report(en) qui est considéré comme la première œuvre commune des Python britanniques, dans laquelle on trouve leur fameux style :
Après le succès deDo Not Adjust Your Set (initialement destiné aux enfants) et compte tenu de son succès auprès des adultes, la chaîne privée britanniqueITV offrit à Palin, Jones, Idle et Gilliam la possibilité de créer leur propre série. Dans le même temps, Cleese et Chapman se sont vu proposer une émission sur laBBC. La chaîne publique britannique avait été impressionnée par leurs prestations dansThe Frost Report etAt Last The 1948 Show. Cleese hésitait à ne travailler qu'en duo avec Chapman, en particulier en raison de la personnalité difficile de ce dernier. Comme il gardait un bon souvenir de sa collaboration avec Palin, il l'invita à rejoindre l'équipe. Le projet ITV étant encore au stade de la pré production, Palin accepta et suggéra la participation des auteurs Jones et Idle — ce dernier suggérant que Gilliam produise les animations. On a beaucoup glosé sur le fait que toute la troupe s'est ainsi formée un peu par hasard[4]. Toujours est-il que le groupe reconnaît que c'est la BBC qui leur a permis de faire ce qu'ils ont fait, c'est-à-dire « une émission échappant à toute censure », même si la chaîne, selonTerry Jones, détestait ce qu'ils faisaient[5].
Plusieurs noms ont été envisagés avant que le choix ne se porte sur leMonty Python's Flying Circus. Les plus remarquables sontOwl Stretching Time (Le Temps où le hibou s'étire),The Toad Elevating Moment (le moment d'élévation du crapaud),Vaseline Review (la revue de la vaseline),Bun, Wackett, Buzzard, Stubble and Boot. « Flying Circus » l'emporta lorsque la BBC expliqua au groupe que les programmes étaient déjà imprimés avec ce nom et qu'il n'était pas question d'en changer, ce qui ne laissa pas le choix aux Python. Il y eut néanmoins de nombreuses variations.Gwen Dibley's Flying Circus fut envisagé après que Palin, ayant lu ce nom dans les journaux, avait pensé qu'il serait drôle que cette femme découvre qu'elle avait son propre show à la télévision.Barry Took's Flying Circus (ainsi queBaron Von Took's Flying Circus) fut aussi envisagé, en hommage à l'homme qui les avait rassemblés, ainsi queArthur Megapode's Flying Circus
Dans un documentaire de 1998 intituléLive At Aspen, le groupe a laissé entendre queMonty fut choisi en hommage affectueux au légendaireLord Montgomery,maréchal (Field Marshal) de laSeconde Guerre mondiale. Cleese a ajouté « Python », qu'il associait à l'image d'un individu perfide et faux jeton, et aussi parce que l'associationphonétique des deux mots leur semblait drôle. Dans d'autres circonstances, Idlea prétendu[réf. nécessaire] que le mot 'Monty' faisait référence au pilier de bar local : les gens entraient dans le pub et demandaient au barman : « Monty n'est pas encore arrivé ? ». D'autres encore pensent queMonty Bodkin, nom d'un personnage de plusieurs romans de l'humoriste britanniqueP. G. Wodehouse,servit d'inspiration[réf. nécessaire].
Les Python avaient une idée très précise de ce qu'ils voulaient faire avec la série. C'était tous de grands admirateurs dePeter Cook,Alan Bennett,Jonathan Miller(en) etDudley Moore dansBeyond the Fringe, et ils étaient des vétérans du « Frost Report », dont le style était similaire. Ils appréciaient également les sketches de Cook et Moore dans la sérieNot Only… But Also. Cependant, une chose troublait les Python dans ces programmes : si les sketchs étaient généralement assez bons, la chute n'était souvent pas à la hauteur, ce qui en affaiblissait considérablement la portée. Ils décidèrent donc de ne pas se forcer à terminer leurs sketchs de façon traditionnelle, et les premiers épisodes du Flying Circus étaient fréquemment dénués de chutes (par exemple, une scène avec Cleese se poursuit chez Idle, et comme le sketch devient de plus en plus chaotique, une remarque fuse « C'est le sketch le plus stupide que j'ai jamais vu » et ils partent tous en abandonnant le plateau). Toutefois, alors qu'ils écrivaient pour la série, les Python assistent à l'enregistrement de la nouvelle série d'un autre de leurs héros communs,Spike Milligan, intitulée (en)Q5(en). Non seulement ce programme était encore plus irrévérencieux qu'aucune autre comédie ne l'avait été jusque-là, mais en plus Milligan interrompait souvent ses sketches en plein milieu et quittait le plateau en marmonnant : « J'ai écrit ça ? » Il devint clair aux yeux des Python que leur nouvelle série paraîtrait moins originale, et Jones en particulier fut convaincu qu'il leur fallait innover davantage.
Après de nombreuses discussions, Jones se rappela une animation que Gilliam avait créée pourDo Not Adjust Your Set — intituléeBeware of the Elephants — qui l'avait intrigué par son style décousu. Jones pensa que ce serait une bonne idée pour la série, et permettrait de lier les sketchs entre eux. Palin était également fasciné par une autre œuvre de Gilliam, intituléeChristmas Cards, et ils tombèrent d'accord pour dire que c'était « une façon de faire les choses autrement ». Comme Cleese, Chapman et Idle étaient moins intéressés par l'arrangement général du programme, Jones, Palin et Gilliam devinrent les principaux responsables du style de présentation duFlying Circus, dans lequel des sketches divers étaient liés pour donner à chaque épisode une unité propre (utilisant souvent une animation de Gilliam afin de lier l'image de fin d'un sketch avec la scène d'ouverture du suivant).
LeFlying Circus a inauguré de nouvelles méthodes, par exemple le démarrage à chaud, quand un épisode démarre sans legénérique de début. Beaucoup d'épisodes s'ouvrent sur une séquence où Palin déguisé enRobinson Crusoé, parcourt un long chemin à travers différents paysages avant d'arriver finalement devant la caméra pour dire « c'est... » puis d'être coupé par legénérique de début et l'air de lamarcheThe Liberty Bell(en) du compositeur américainJohn Philip Sousa.
En plusieurs occasions, le démarrage à chaud durait jusqu'au milieu de l'épisode, avant que le générique n'apparaisse. Parfois, les Python essayaient de piéger les téléspectateurs en diffusant par exemple le générique de fin, puis en passant une parodie des séquences de continuité de la BBC, Idle imitant le ton compassé des annonceurs invisibles. Une autre fois le générique de fin suivit directement celui du début. D'autres façons de terminer consistaient à couper brutalement une scène en allant dans une autre, de sortir du plateau de tournage, de s'adresser à la caméra ou d'introduire un personnage ou un évènement sans aucun rapport avec la scène. Un exemple classique était le « Colonel » Chapman qui arrivait sur les lieux d'un sketch en ordonnant son arrêt immédiat, car les choses étaient devenues « beaucoup trop idiotes ». D'autres sketches, dès lors qu'ils s'essoufflaient, se terminaient façon dessin animé, avec un poids de 16 tonnes tombant sur la tête d'un personnage, ou bien un chevalier en armure arrivant sur scène et frappant tout le monde avec un poulet en caoutchouc.
Le « pied deCupidon » (Cupid's foot), l'empreinte des Monty Python et leur signature dans cette série.
L'utilisation decollagessurréalistes de Terry Gilliam dans les animations était aussi un élément innovant qui marquait le style des Monty Python. Beaucoup de ces images étaient extraites degravures de l'époque victorienne. Le pied géant qui écrasait le nom de l'émission et la fin du générique est celui deCupidon, extrait d'une reproduction deBronzino, datant de larenaissance italienne, représentantVenus et Cupidon[6]. Ce pied — et le style de Gilliam en général — est considéré comme l'empreinte de la série.
La tradition comique britannique use volontiers du travestissement pour obtenir des effets grotesques. Les Monty Python avaient une approche quelque peu différente, écrivant des rôles comiques aussi bien masculins que féminins, et les jouant presque tous entre eux. Si une scène avait besoin d'une ménagère, l'un des Monty (généralementTerry Jones) enfilait une robe et un tablier et jouait le rôle d'une mégère parlant avec une voix râleuse et suraiguë. Un rôle féminin n'était joué par une femme (généralementCarol Cleveland) que s’il y avait besoin qu'elle soit attirante. Dans certains épisodes, et dans la scène de la lapidation deLa Vie de Brian, ils poussèrent le concept encore plus loin, jouant des femmes travesties en hommes.
Chaque journée de travail démarrait vers 9 h et finissait à 17 h. Généralement, Cleese et Chapman écrivaient ensemble, isolés des autres — de même que Jones et Palin — tandis qu'Idle travaillait seul. Après quelques jours à ce régime, les six se réunissaient, confrontaient leur script et échangeaient des idées. Leur approche du travail d'auteur étaitdémocratique. Si une majorité trouvait l'idée bonne, elle était conservée. La distribution des rôles était aussi faite de façon désintéressée, chacun se considérant principalement commeauteur et non commeacteur ayant désespérément besoin d'être sur scène. Une fois les sketches choisis, Gilliam avait carte blanche pour choisir les animations qui allaient les relier. Il les produisait avec sa caméra, ses ciseaux et unaérographe.
Bien que la série fût une œuvre collective, on peut distinguer des groupes distincts au sein des Python pour ce qui concerne les différents styles d'humour. En général, les anciens d'Oxford étaient plus visuels et plus fantaisistes (par exemple l'arrivée del'inquisition espagnole devant un pavillon de banlieue), tandis que les sketches des diplômés de Cambridge étaient plus verbaux et agressifs (par exemple les nombreux duos de Cleese et Chapman qui se finissaient souvent avec l'un des personnages intimidant ou insultant l'autre, ou les personnages à l'élocution bizarre d’Idle dont l'un parlait enanagramme). Interrogé à ce propos, Cleese a confirmé « la plupart des sketches où ça gueule venaient de Graham et de moi, tout ce qui démarrait dans un paysage de campagne sur fond de musique dramatique était de Mike et Terry et tout ce qui tournait autour des jeux de mots jusqu'à en devenir insupportable était d'Eric »[7]. Les animations de Gilliam allaient de la fantaisie à la sauvagerie (le format d'illustration permettait de créer des scènes très violentes sans craindre de censure).
La série fut diffusée entre le et le sur le réseauBBC1.
La série fut diffusée pour la première fois aux États-Unis en 1975 et y devint une série culte. EnFrance, la série ne fut diffusée pour la première fois qu'à partir du surFR3 — avec des vieux sous-titres réalisés par laRTBF — et rediffusée entre le et le surArte avec un nouveau sous-titrage réalisé par le traducteur réputé Eric Kahane.
Cleese envisagea de quitter l'émission dès la fin de la deuxième saison, et finalement sauta le pas après la troisième, expliquant qu'il avait l'impression de se répéter, et de n'avoir plus rien de neuf à offrir, ses contributions se limitant de plus en plus à des vieux sketches retravaillés pour l'occasion. Il trouvait aussi qu'il était devenu trop compliqué de travailler avec Chapman en raison de son alcoolisme. Selon une interview d'Eric Idle :« Nous étions dans un vol d'Air Canada pour aller àVancouver quand John (Cleese) s'est tourné vers nous et a dit« j'arrête. » Pourquoi ? Je ne sais pas. Il s'ennuie plus rapidement que nous. C'est un homme complexe, il est difficile d'être son ami. S'il est si drôle, c'est parce qu'il ne cherche jamais à plaire. Cela lui donne une certaine liberté, fascinante et arrogante[8] ».
Le reste du groupe a continué une saison, le programme s'appelant toujoursMonty Python's Flying Circus d'après le générique du début, mais seulementMonty Python dans celui de fin. Malgré le départ officiel de Cleese, il continua d'apparaître dans certains sketches de la saison 4. Plusieurs épisodes le citent comme coauteur, principalement des scènes recyclées du script deSacré Graal ! Les trois premières saisons comptaient 13 épisodes, la quatrième seulement 6.
Blue plaque des Monty Python àNeal's Yard, une rue du quartier deCovent Garden àLondres. En 1976, Palin et Gilliam achetèrent des bureaux ici en tant que studios et ateliers de montage pour les films des Python et leurs projets solo.
Après leFlying Circus, quatre films sont tournés par les membres de l'équipe (voir section suivante).
Chaque membre poursuit ensuite des projets de films ou detélévision, souvent en travaillant en collaboration. Certains de leurs projets sont de gros succès commeUn poisson nommé Wanda (1988), avecJohn Cleese etMichael Palin.
En 1980, une retranscription filmée de leur spectacle donné auHollywood Bowl sort sous le titreMonty Python à Hollywood (Monty Python Live at the Hollywood Bowl).
Les Python survivants se retrouvèrent quelquefois, comme en 1998 pour leLive at Aspenoù ils furent tous réunis.
En 2009, un documentaire est tourné parBill Jones, pour fêter les 40 ans de leur apparition à la BBC :Monty Python, toute la vérité ou presque. Le réalisateur fait raconter en six épisodes l'histoire des Monty Python par eux-mêmes[9].
Les différents Monty Python ont participé, depuis des années – séparément ou ensemble – à de nombreuxgalas de bienfaisance, en particulier pour soutenir les efforts d'Amnesty International en faveur desdroits de l'homme. Entre 1976 et 1981, le groupe — ou ses membres — a contribué à quatre galas de bienfaisance pour Amnesty. Ces quatre spectacles sont connus sous le nom deThe Secret Policeman's Balls. Ils ont donné lieu à de multiples films, émissions de télé, vidéos et enregistrements de disques et d'albums. Tout ceci a non seulement apporté une contribution financière importante à Amnesty, mais aussi éveillé la conscience du public et des médias sur les problèmes des droits de l'homme, et amené d'autres membres de la société du spectacle à s'impliquer politiquement et socialement.
Parmi les musiciens qui ont publiquement reconnu avoir été influencés par les Python, citonsBono[11],Bob Geldof[12] etSting[13]. Amnesty reconnaît que le show a beaucoup aidé l'organisation à se faire connaitre aux États-Unis où l'un des films dérivés a connu un grand succès.
Deux des six Python — Cleese, le créateur du spectacle[14] et Jones — ont travaillé (comme interprète, auteur ou directeur) dans les quatre représentations, Palin dans trois, Chapman dans deux et Gilliam dans un seul. Eric Idle n'a participé à aucun des spectacles.
C'est le premier film des Monty Python, composé à partir des meilleurs sketchs de la première saison refilmés, parfois dans une version un peu différente avec un tout petit budget pour le cinéma. Financé par Victor Lowndes, un producteur dePlayboy, ce film devait être uncheval de Troie pour pénétrer le marché américain. Bien que ce but ne fût pas atteint, le film eut du succès au Royaume-Uni, où il offrit en outre aux spectateurs, pour beaucoup possesseurs de téléviseurs noir et blanc, leur première occasion de voir enfin le groupe en couleur au cinéma. Il reste un film culte aujourd'hui.
Le film sortit en salle au Royaume-Uni le et enFrance en1974, sous le titrePataquesse. L'affiche française fut dessinée parGotlib.
Le groupe se reforme (avec Cleese) en 1974 pour produire son premier film original.Monty Python : Sacré Graal ! (1975,Monty Python and the Holy Grail) était librement inspiré dela légende Arthurienne et était mis en scène par Jones et Gilliam. Ce dernier a aussi réalisé les animations et le générique de début. Comme les autres Python, Jones et Gilliam ont tenu plusieurs rôles dans le film, mais ce fut Chapman qui prit le rôle du Roi Arthur. C'est par ailleurs le premier film tourné parTerry Gilliam en tant que metteur en scène et réalisateur (il critiquera ensuite ouvertement la qualité de son travail « de débutant » !).Sacré Graal ! fut tourné avec un budget estimé à 229 575 £[15]. Le film fut tourné enÉcosse, en particulier autour duchâteau de Doune, dans la vallée deGlen Coe et du château de Stalker. À cause du budget limité, le film fut tourné sans chevaux, ce qui conduisit au gag le plus célèbre du film. Chaque fois que le scénario avait besoin de chevaliers chevauchant majestueusement leurs montures, les acteurs mimaient la chevauchée à pied, tandis que les écuyers tapaient deux demi-noix de coco l'une contre l'autre pour imiter le bruit des sabots, un trucage assez courant à la radio, mais rarement montré au cinéma. (Le titre allemand du film est d'ailleurs : 'Die Ritter der Kokosnuss' - Les Chevaliers à la Noix de coco.) Ce gag avait déjà été fait une fois à la télévision en 1965 dansA Show Called Fred, produit parRichard Lester avecPeter Sellers). Les cottes de mailles portées par les chevaliers étaient en fait des pulls en laine teintés de peinture argentée, les différents châteaux du film étaient toujours le même, mais sous des angles différents ou une maquette placée contre l'horizon.
Les conditions de tournage furent très mauvaises. Le temps était médiocre, et les « cottes de mailles » s'imbibaient d'eau de pluie. Le faible budget du film n'autorisait que des hôtels de qualité médiocre (l'un d'entre eux inspiraL'Hôtel en folie (Fawlty Towers)) où les membres du groupe ne pouvaient pas se laver tous les soirs faute d'eau chaude en quantité suffisante. Gilliam et Jones se disputaient entre eux, ou avec d'autres membres du groupe. L'alcoolisme de Chapman devint évident quand il commença à souffrir dedelirium tremens pendant le tournage. Les Python se rappellent que le tournage deSacré Graal ! fut la seule fois où Palin, habituellement aimable, s'est franchement énervé. Cela arriva quand Jones et Gilliam lui firent refaire plusieurs fois une scène où il jouait un « avaleur de boue » (en fait une mare de chocolat dont il eut vite assez). Pour couronner le tout, la scène ne fut même pas gardée au montage final…
Le film sortit en salle au Royaume-Uni le et en France le[16].
Bien après, le film a laissé des marques. Des éléments comme lasainte grenade sont apparus plus tardivement dans d'autres productions ou jeux vidéo.
Après le succès deSacré Graal !, un reporter demanda à Idle quel serait le titre de leur prochain film. Bien qu'il n'ait même pas encore été question d'un autre film, Idle répondit au hasard « Jésus-Christ ou la Soif de Gloire »[7],[17], réponse qui devint la réponse officielle des membres du groupe quand ils découvrirent qu'elle faisait taire les journalistes. De fil en aiguille, l'équipe commença à envisager initialement un film qui se moquerait de la vie duChrist de la même façon queSacré Graal ! avait ridiculisé celle du roi Arthur. Toutefois, bien que non-croyants, ils décidèrent qu'après tout Jésus était « quelqu'un de bien » et ne trouvèrent rien à ridiculiser dans ses enseignements. D'un autre côté, ils se méfiaient des religions et décidèrent donc de faire une satire qui se moquerait de la crédulité et de l'hypocrisie des adorateurs d'un messie improbable.
Le projet s'est dès lors déplacé sur un individu né en même temps, dans une étable avoisinante, et pris par erreur pour le messie. De fait, quand Jésus apparaît dans le film prêchant le Sermon sur la Montagne, le comédienKenneth Colley est parfaitement sérieux. L'humour s'installe seulement quand les badauds postés trop loin comprennent ses propos de travers.
L'équipe décida d'écrire le script durant une période courte et loin des interruptions quotidiennes du Royaume-Uni. Ils se basèrent dans lesCaraïbes pour écrire le scénario. Après l'expérience déplaisante qu'avait été le tournage rustique deSacré Graal !, ils choisirent de tourner le film suivant enTunisie. Par contraste avec le film précédent, beaucoup des Python considèrent ce tournage comme l'un des plus agréables du groupe et apprécièrent que le script ne soit pas décousu par assemblage de sketches sans rapport évident les uns en suite des autres. C'était pour eux un vrai film avec une histoire et non un film à sketches commeSacré Graal ! ouThe Meaning of Life[18].
Mais leur imprésarioBernard Delfont paniqua en lisant le script et refusa soudain d'avancer les fonds comme promis, juste avant que le tournage commence. Le projet fut sauvé parGeorge Harrison, qui créa immédiatementHandmade Films afin de financerLa Vie de Brian— dont le budget était estimé à 5 millions de £. Il a affirmé plus tard qu'ayant lu le script, il voulait voir le film. Ce qui permit de dire aux Python que ce fut le billet de cinéma le plus cher jamais acheté. La dernière ligne audible du dialogue, par-dessus la chanson finale, est d'ailleurs : « Savez-vous qui a payé pour ces âneries ? Ils ne vont jamais revoir leur argent… »
Jones et Gilliam s'étant souvent disputés en coréalisantSacré Graal !, il fut décidé que cette fois Jones serait le seul metteur en scène. Initialement, Cleese voulait prendre le rôle de Brian mais les autres préférèrent Chapman qui les avait impressionnés par sa « noble » prestance dans le rôle du roi Arthur. De plus, pendant les répétitions, Cleese avait particulièrement brillé dans le rôle de l'activiste Reg qui apparaît dans les mêmes scènes. À l'exception de Chapman, qui ne joua que Brian, Biggus Dickus et l'un des Rois Mages, les membres de l'équipe jouèrent environ 40 rôles à eux 5.La Vie de Brian eut aussi droit à une courte participation deGeorge Harrison, ainsi que deSpike Milligan, qui se trouvait par hasard en vacances en Tunisie.Keith Moon aurait aussi dû faire une apparition, mais il décéda avant le tournage de sa scène.
Le film sortit en salle au Royaume-Uni le et en France le[19].
Lors de la distribution du film, de nombreux groupes Chrétiens protestèrent, criant au blasphème, particulièrement choqués par la scène finale où les victimes d'une crucifixion de masse chantent (la chanson d'Idle « Always Look on the Bright Side of Life »). Lors de sa sortie initiale au Royaume-Uni, le film fut interdit par plusieurs conseils municipaux (dont plusieurs dans des localités dépourvues de salle de cinéma). Des militants distribuèrent des pamphlets devant les cinémas, offrant d'ailleurs un tapage publicitaire gratuit au film.
La Vie de Brian fut interdit pendant huit ans enIrlande, et pendant un an enNorvège (la publicité enSuède annonça : « le film tellement drôle que les Norvégiens ont dû l'interdire »)[20]. Le film ne fut pas distribué enItalie avant1990, onze ans après sa sortie. Le film fut interdit àJersey jusqu'en2001, et même alors, il fut interdit aux moins de dix-huit ans.
Peu après sa sortie au Royaume-Uni, Cleese et Palin participèrent à un débat dans l'émission de la BBC2Friday Night, Saturday Morning dans lequelMalcolm Muggeridge etMervyn Stockwood, l'évêque de Southwark, attaquèrent avec mépris le film et ses auteurs. Cleese a souvent expliqué qu'il avait aimé le débat, car il trouvait le filmintellectuellement défendable[4]. (Il déclara aussi dans une émission de Dick Cavett : « Soit ces gens sont stupides, ce qui n'est manifestement pas le cas, soit la rage les rend incapables de réfléchir, car en vérité ils m'ont fait gagner beaucoup d'argent ».) Palin par contre était visiblement hors de lui.
Les Python ont toujours défendu (récemment[C'est-à-dire ?] dans lesmaking of desDVD) que le film esthérétique plutôt queblasphématoire, car il se moque des pratiques religieuses plus que de Dieu lui-même.
L'œuvre finale des Monty Python revient un peu à l'esprit décousu duFlying Circus avec une série de sketches qui suit vaguement les étapes de la vie humaine de lanaissance à lamort. Dirigé encore une fois par Jones,Le Sens de la vie est agrémenté des moments les plus bizarres et les plus dérangeants des Python, ainsi que de quelques chansons grandioses. Ce film est leur œuvre la plus sombre et contient des moments spectaculaires d'humour noir : au moment de sa sortie les Python avaient l'intention de choquer « tout le monde ».
Un film d'introduction de Gilliam,The Crimson Permanent Assurance, prévu à l'origine comme un sketch devint si élaboré qu'il fut séparé du film et présenté en première partie (en vidéo et DVD, dans les diffusions télévisées il est présenté comme prologue).
Bien qu'il fût un succès commercial et critique (Grand Prix Spécial du Jury au festival de Cannes en 1983),Le Sens de la vie n'est généralement pas considéré comme aussi réussi que ses prédécesseurs. Beaucoup pensent qu'il lui manque la structure deSacré Graal ! ou deLa Vie de Brian. Idle prétend qu'il aurait été « juste à une réécriture de la perfection ». Les Python avaient d'ailleurs pensé faire une dernière réécriture qui introduirait un personnage leitmotiv (comme Arthur ou Brian) qu'on suivrait tout le long du film. Toutefois, Cleese refusa, car il était déjà fatigué par l'écriture tortueuse du script. Néanmoins, il a admisrécemment[C'est-à-dire ?] qu'un même personnage traversant toutes ces situations différentes aurait certainement été bénéfique au film[21].
Ce fut le dernier projet où l'on vit les six Python ensemble (à part la compilation de 1989Parrot Sketch Not Included où les six Python sont vus pendant quatre secondes, enfermés dans un placard —la dernière apparition filmée de Chapman avec tous les Python).
Graham Chapman naît le à Melton Mowbray,Leicester. Il fait des études médicales à Cambridge où il rejoignit la troupe des Footlight. On retient de Chapman ses deux grands rôles : le Roi Arthur dansSacré Graal ! et Brian Cohen dansLa Vie de Brian. Il joue d'ailleurs ces deux rôles avec le plus grand sérieux, contrairement à ses personnages du Flying Circus, plus proches de son caractère réel de fou furieux qui essaie de se contrôler et de se donner une façade respectable. Le parfait gentleman britannique par bien des côtés —il fumait la pipe (depuis l'âge de quinze ans) et pratiquait l'alpinisme et le rugby— il était par ailleurs ouvertement homosexuel. Terry Jones souligne dans le making-of duSens de la vie que le choix du seul gay de l'équipe pour interpréter un homme dont la condamnation à mort consistait à être poursuivi par une bande de filles seins nus, relevait pour eux d'un second degré savoureux. Chapman était également capable d'excentricités stupéfiantes. Terry Gilliam affirme dans le making of deSacré Graal ! qu'il vivait dans un tout autre monde.
Dès le début des années 1970, l'alcoolisme grandissant de Chapman énerva souvent ses partenaires, car il jouait saoul et oubliait ses répliques. Il avait pris cette habitude vers la fin de la série télévisée, et elle culmina lors du tournage deSacré Graal !, fréquemment interrompu par des crises dedelirium tremens. Toutefois, lorsqu'il accepta le rôle de Brian, il prit l'engagement de cesser de boire et tint parole avant le début du tournage.
Chapman mourut d'un cancer de la gorge le et reçut des funérailles mémorables. Cleese en particulier se déchaîna, utilisant la série d'euphémismes loufoques du « perroquet mort » et d'autres mots de la langue anglaise habituellement peu employés dans les services funéraires. Michael Palin quant à lui, évoquant ses retards chroniques du temps où il passait le prendre pour les séances d'écriture, annonça à l'assistance : « Graham Chapman est parmi nous en ce moment même. Ou si ce n'est en ce moment même, en tout cas d'ici vingt-cinq minutes. »
John Cleese naît le àWeston-super-Mare dans leNorth Somerset, le nom de famille original de Cleese étaitCheese (fromage). Son père le changea en Cleese quand il rejoint l'armée en 1915 pendant laPremière Guerre mondiale. Cleese étudia au Collège de Clifton àBristol, où il participa à quelques spectacles, il rejoint ensuite l'université de Cambridge pour entreprendre des études de droit et où il rencontra son futur partenaire en écriture Graham Chapman.
Avec les animations de Gilliam, les numéros du duo Cleese/Chapman contenaient les moments les plus noirs et les plus furieux des Monty Python, et beaucoup de ses personnages affichaient une rage difficilement contenue si typique plus tard du personnage de Basil Fawlty. Les critiques ont souvent fait le rapprochement aux problèmes de névrose ouvertement affichés par Cleese lui-même (il a admis avoir recours à la psychanalyse).
Contrairement à Palin et Jones, Cleese et Chapman travaillaient ensemble, dans la même pièce. Cleese prétendit que son travail consistait à s'assoir muni d'un papier et d'un crayon, rédigeant le gros du texte, tandis que Chapman était assis, restant longuement sans intervenir, avant de trouver soudainement l'idée qui « faisait » le sketch. L'exemple classique est le célèbre sketch duperroquet mort, au départ une simple satire sur la façon dont les clients sont souvent traités quand ils réclament. À l'origine, le sketch mentionnait un grille-pain cassé, puis une voiture en panne (la version avec la voiture fut enregistrée et diffusée dansComment énerver les gens). Ce fut Chapman qui suggéra de mettre un perroquet mort comme objet de la réclamation, ce qui donna au sketch son aspect surréaliste et lui assura un très grand succès (il fait partie des plus connus de la troupe).
Leur humour consistait souvent à jouer des gens ordinaires, dans des situations ordinaires, qui se comportaient de façon absurde sans aucune raison. Comme Chapman, le visage impassible de joueur de poker de Cleese, son accent de la classe moyenne et sa stature imposante, lui permettaient d'incarner différents rôles d'autorité — qu'il contribuait ensuite à saboter méthodiquement. Beaucoup de ses personnages avaient une folie naissante, mais restaient de marbre et parfaitement maîtres d'eux-mêmes tout en se comportant de façon ridicule. Le plus célèbre de ces rôles est celui du fonctionnaire duMinistry of Silly Walks (Ministère des Démarches Idiotes). Dans ce sketch (écrit par Palin et Jones) Cleese exploite ses jambes démesurées en adoptant une démarche aussi élaborée que grotesque.
Dans la série des sketchs BBC, Cleese se voyait également attribuer le rôle d'avocat lunatique, qu'il jouait sur mesure avec beaucoup de fatuité et d'arrogance dans l'expression, basculant invariablement dans le loufoque au cours du sketch, tel celui où il interroge un témoin amené dans son cercueil. Il assumera le même rôle plus tard avec le même succès en 1988 dans le filmUn poisson nommé Wanda.
Chapman et Cleese étaient aussi spécialisés dans des sketches où deux personnages tenaient un débat très complexe sur un sujet totalement arbitraire, comme dansLa Fromagerie ouLe Perroquet mort, et surtout un sketch où il incarne un bureaucrate payé pour avoir des discussions stériles et interminables avec les usagers.
Dans ces rôles Palin (qui était le Python avec lequel Cleese aimait le plus travailler) lui donnait la réplique —le contraste entre les agressions folles de l'ogre Cleese et le Petit Poucet innocent Palin était une des marques de la série. Parfois, le duo était renversé, comme dansFish Licence où Palin joue le bureaucrate avec qui Cleese essaie de travailler bien qu'en l'occurrence ce soit Cleese le lunatique du duo.
Une espèce delémurien a reçu son nom,Avahi cleesei (ou le lémurien laineux de Cleese)[22]. Ceci en reconnaissance de ses efforts pour la conservation après la sortie du filmCréatures féroces[23] où figurait cet animal etOpération Lémurien avec John Cleese diffusé par la BBC en 1998, qui montrait le sort des lémuriens àMadagascar — leur habitat naturel.
Terry Gilliam naît le àMinneapolisMinnesota, auxÉtats-Unis. C'est le seul Python d'origine non britannique bien qu'il ait été naturalisé depuis. Il démarra sous l'égide d'Harvey Kurtzman comme dessinateur d'animation et de bandes dessinées pour les magazinesMad puisHelp, auquel John Cleese contribua pour un numéro. Il passe par la France, où il contribuera au magazinePilote (créé parRené Goscinny, lui aussi ancien collaborateur de Kurztman pour Mad). Rejoignant le Royaume-Uni, il participa aux animations graphiques deDo Not Adjust Your Set avant de rejoindre leFlying Circus lors de sa création.
Il était le concepteur des animations surréalistes qui reliaient les sketches entre eux, et ont aussi donné une identité graphique au groupe dans les autres supports (disques, couverture de livres, affiche de films). Il mélangeait sa propre production, caractérisée par des dégradés et de curieuses formes arrondies, avec des extraits (arrière-plan et sujet de premier plan se déplaçant) d'anciennes photographies, particulièrement de l’époque victorienne. Ce style a été souvent copié. On le retrouve dans le générique d'introduction deDesperate Housewives. Le style deSouth Park s'inspire également de Terry Gilliam.
À part les animations du Flying Circus, il a aussi joué dans quelques sketches, généralement dans des rôles silencieux ou peu bavards que les autres ne voulaient pas faire parce qu'ils nécessitaient un maquillage épais ou un costume inconfortable, comme le chevalier en armure qui tapait sur tout le monde avec un poulet mort pour terminer les sketches. Il tient des petits rôles dans les films : l'écuyer Patsy dansSacré Graal !, ou le geôlier dansLa Vie de Brian.
Eric Idle naît le àSouth Shields (Tyne and Wear) enAngleterre. Quand les Monty Python se sont formés, les couples d'écriture étaient déjà en place : Cleese et Chapman d'une part, Jones et Palin de l'autre. Cela laissait deux isolés : Gilliam — de par la particularité de son travail — et Idle.
Il était satisfait de devoir travailler en solitaire, car cela lui permettait de suivre son propre rythme, bien qu'il ait parfois jugé difficile de présenter ses sketches aux autres et de les faire paraître drôles sans le soutien d'un partenaire. Cleese a admis que c'était un peu injuste — quand l'équipe votait pour savoir quel sketch serait retenu, « il n'avait qu'un vote » — mais Cleese disait aussi qu'Idle était très indépendant et travaillait mieux tout seul. Ce dernier a admis que c'était parfois difficile : « Il fallait en convaincre cinq autres, et eux non plus n'étaient pas les moins égoïstes ».
Le travail d'Idle avec les Python est caractérisé par une obsession du langage et de la communication : beaucoup de ses sketches incluent des particularités verbales, tel l'homme qui parle paranagrammes, l'homme qui dit les mots dans le mauvais ordre et le boucher qui alterne grossièreté et politesse chaque fois qu'il parle.Nombreux sont ses sketches qui impliquent de longsmonologues (par exemple quelqu'un qui ne cesse de ressasser ses malheureuses vacances de l'année d'avant), et on y voyait apparaître le langage artificiel typique des présentateurs de télévision.
Idle, un des plus jeunes de l'équipe (il avait un an de moins que Cleese ou que Chapman à Cambridge), était le plus proche de l'esprit des étudiants et des adolescents qui formaient à l'époque la base des fans des Monty.Il n'est pas étonnant que les sketches qui traitaient le plus des préoccupations de l'époque (pop musique, tolérance sexuelle et drogues « légères ») aient été l'œuvre d'Idle. Ils étaient souvent caractérisés par des quiproquos, des sous-entendus, des allusions et autres sujets « délicats », le plus célèbre étant le sketchnudge nudge[24].
Guitariste compétent, il a composé les airs les plus connus du groupe, notamment le morceau final deLa Vie de Brian : « Always Look on the Bright Side of Life », qui est devenu légendaire au fil des années. Il a repris ce titre lors de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Londres le.
La carrière d'Idle ralentit un peu au début des années 1990 avec les échecs deGrandeur et descendance (Splitting Heirs) (écrit par, produit par et avec Idle) etBurn Hollywood Burn(en) (dans lequel il jouait seulement). En 2005 il retrouve le succès en retournant aux sources, grâce àSpamalot, une parodie de comédie musicale basée surSacré Graal ! Idle travaille à présent sur une adaptation similaire deLa Vie de Brian intituléeNot the Messiah.
Terry Jones naît le àColwyn Bay enGalles du Nord. Il est moins flamboyant que les autres Python, mais ceux-ci le décrivent comme étant la pierre angulaire de l'opération. Le biographe des Python, George Perry, disait de lui que « vous pouviez parler de sujets aussi divers que l'énergie fossile, ouRupert Bear ou les mercenaires duMoyen Âge ou de la Chine moderne, en quelques instants vous étiez submergé par ses connaissances ». Beaucoup d'autres sont d'accord pour dire que Jones est caractérisé par son enthousiasme, ce qui est peut-être une des raisons de sa volonté constante de maintenir le groupe ; ceci a conduit à de longues disputes avec les autres membres du groupe, en particulier John Cleese, car Jones n'aime pas s'incliner.
L'une des préoccupations de départ de Jones était de trouver un nouveau format pour les épisodes des Python. Ce fut largement lui qui développa le style du courant de conscience, qui abandonnait les séparations formelles des sketches pour aller vers un enchaînement plus fluide d'un gag vers l'autre. Jones voulait également éviter les trucs éculés comme les séquences passées en accéléré, la musique trop insistante et une caméra trop statique ; il prit un grand intérêt dans la réalisation des épisodes.
Plus tard, il s'est impliqué dans la mise en scène des trois films majeurs des Python,Monty Python : Sacré Graal !,Monty Python : La Vie de Brian etMonty Python : Le Sens de la vie, et en tant que réalisateur parvint à avoir le contrôle complet de ces projets. Il y introduisit un format visuel qui permettait aux personnages d'avoir de l'espace (par exemple en filmant de longs dialogues dans un décor large). Il fut aussi plus modéré sur l'usage de la musique.
Comme démontré dans beaucoup de ses sketches avec Palin, Jones était préoccupé par l'aspect visuel, pensant qu'un meilleur décor intéressant augmentait l'humour au lieu de le desservir. Ses méthodes ont encouragé de nombreux réalisateurs de séries télévisuelles à sortir des limites conventionnelles du tournage enstudio.
Dans ses contributions en tant qu'acteur, ses parodies de femmes entre deux âges parlant d'une voix suraigüe sont les plus frappantes. Son humour, en collaboration avec Palin, avait tendance à être conceptuel par nature. Un sketch typique de Palin/Jones venait de l'absurdité du scénario. Par exemple, dans « le concours de résumé de Proust », les concurrents ont 15 secondes pour résumerÀ la recherche du temps perdu deMarcel Proust. Dans un autre sketch, il fait de la musique en tapant avec un marteau sur un chœur de souris dressées. L'aspect comique venait dans ces deux cas de l'idée elle-même. Jones avait aussi un talent et un physiquechaplinesque.
En 2004, il a présenté à la BBC une série de documentaires historiques,Terry Jones' Medieval Lives, suivie deBarbarians dans la même veine en 2006. Il a aussi mis en scène et joué dansErik, le Viking. Il a également tenu une chronique dans leGuardian, extrêmement corrosive concernant la politique étrangère deTony Blair.
Les contributions majeures de Jones étaient surtout hors scène ; l'importance de son rôle a longtemps été négligée. Toutefois, les publications récentes à propos des Python reconnaissent son rôle important dans la cohésion du groupe et son indépendance.
Souffrant dedémence les dernières années de sa vie, il meurt le à 77 ans[25].
Michael Palin naît le àSheffield dans leYorkshire du Sud enAngleterre. Le plus jeune des Python (à quelques semaines près), Palin est affectueusement surnommé « le gentil ». Il étudie à Oxford où il rencontre Jones, son partenaire d'écriture. Les deux ont écrit ensembleRipping Yarns. Palin et Jones travaillaient à l'origine face à face, mais ils ont vite découvert qu'il était plus productif que chacun écrive dans son coin, puis qu'ils se réunissent pour échanger les copies. Ainsi, les contributions de Palin et Jones ont tendance à être moins décousues que celles des autres, créant une situation bizarre et hilarante, n'en décollant pas et faisant le tour de la question.
Kaamelott, série française d'Alexandre Astier[35]. Dans un desDVD, Astier annonce avoir été influencé par les Monty Python même si, pour lui, l'humour français est plus cartésien[36].
↑a etbThe Pythons Autobiography By The Pythons — Graham Chapman, John Cleese, Terry Gilliam, Eric Idle, Terry Jones, Michael Palin, John Chapman, David Sherlock, Bob McCabe—Thomas Dunne Books; Orion, 2003
↑Richard Ouzounian, "Python still has legs",Toronto Star, 16 juillet 2006,« it was on an Air Canada flight on the way to Vancouver, when John (Cleese) turned to all of us and said `I want out.' Why? I don't know. He gets bored more easily than the rest of us. He's a difficult man, not easy to be friendly with. He's so funny because he never wanted to be liked. That gives him a certain fascinating, arrogant freedom ».