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Montagne de Lure

44° 07′ 24″ nord, 5° 48′ 10″ est
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Pour les articles homonymes, voirLure (homonymie).

Montagne de Lure
Vue sur la montagne de Lure depuis le village de Revest-Saint-Martin.
Vue sur la montagne de Lure depuis le village deRevest-Saint-Martin.
Géographie
Altitude1 825 m[1]
MassifMonts de Vaucluse (Alpes)
Coordonnées44° 07′ 24″ nord, 5° 48′ 10″ est[1]
Administration
PaysDrapeau de la FranceFrance
RégionProvence-Alpes-Côte d'Azur
DépartementAlpes-de-Haute-Provence
Ascension
Voie la plus facilepar le pas de la Graille
Géologie
RochesCalcaire urgonien
TypeCrêt
Géolocalisation sur la carte :France
(Voir situation sur carte : France)
Montagne de Lure
Montagne de Lure
Géolocalisation sur la carte :Alpes-de-Haute-Provence
(Voir situation sur carte : Alpes-de-Haute-Provence)
Montagne de Lure
Montagne de Lure
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Lamontagne de Lure est un relief desmonts de Vaucluse situé dans le département français desAlpes-de-Haute-Provence. Elle appartient à la même formation géologique que leplateau d'Albion, qu'elle jouxte, et lemont Ventoux. Elle s'étire sur 42 kilomètres de longueur et culmine au signal de Lure (1 825 mètres). Cette montagne présente un relief très contrasté entre l'adret calcaire, coupé de combes et de vallons, et l'ubac marneux, où s'accumulent monts et ravins.

L'étude de sagéologie, en1888, a marqué un moment important dans l'avancée des connaissances des chaînes subalpines méridionales. Ce futWilfrid Kilian qui la réalisa dans une thèse novatrice où pour la première fois un géologue put dresser une échelle bio-stratigraphique pour leJurassique et leCrétacé et qui utilisa le tout premier en France les clichés photographiques à l'appui de ses conclusions.

La montagne estkarstique, percée d'avens et entaillée de cours d'eau à écoulement temporaire. L'eau y est rare et la moindre source précieuse pour les hommes et les animaux. La montagne de Lure est couverte majoritairement d'uneforêt qui reconquiert, peu à peu, les anciensalpages. Safaune, riche en grandsongulés, est l'une des causes premières du retour duloup qui s'est installé sur place au début desannées 2000, mettant en péril l'élevage qui est une des ressources majeures de l'économie agricole de la montagne.

L'histoire de Lure, qui commence avec leNéolithique, se continue avec celle duchastelard de Lardiers lieu de culte et de pèlerinage, qui a été surnommé leLourdes des Gaulois. La colonisation romaine fut ponctuelle et se cantonna dans les sites les plus fertiles. La période médiévale fut même marquée par l'abandon massif de villages, au cours desXIIIe et XIVe siècles, provoqué tant par les guerres que par l'absence d'eau. Le plus grand événement historique dans la montagne de Lure fut la résistance aucoup d'État de 1851. Les habitants, fervents républicains, y prirent une part prépondérante et subirent une lourde répression. Une tradition de résistance qui se retrouva lors de laSeconde Guerre mondiale, dès1943, avec la mise en place ici parRené Char, chef duservice action-parachutage desFFI, des lieux de largage pour le matériel de guerre des avions alliés.

L'habitat de Lure est caractéristique de laProvence avec ses villages perchés regroupant des maisons construites en hauteur, lors desguerres de religion, pour sortir ensuite en plaine, la paix revenue, et se transformer en bastides ou en mas consacrés à l'agriculture et à l'élevage sur de vastes surfaces. Sur les terres les plus éloignées furent construits des cabanons, pour faciliter la mise en culture, ou desjas, pour le pastoralisme. Aussi caractéristique de ce type d'architecture, lié à la pierre sèche, est lecabanon pointu, typique de la région deForcalquier.

Au cours deXXe siècle, l'agriculture a subi une mutation importante. En quelques décennies, son économie basée sur le couple céréales/mouton est passée à celui de lavande/élevage. Cela s'est suivi par une orientation vers une production de qualité tant pour l'huile essentielle de lavande que pour la production d'agneaux ou de porcs, de miel ou de fromage. L'ensemble de ces produits est maintenant protégé par l'INAO, soit par uneAOC, soit par unlabel rouge.

Le tourisme est devenu le nouvel axe économique des communes de la montagne de Lure. Si lastation de ski, pour cause de manque récurrent d'enneigement, a dû fermer, son site s'est transformé en lieu idéal pour leski de randonnée et leski nordique. La pratique du VTT s'est progressivement développée depuis le milieu des années 1980, en revanche lecyclisme sur route a connu une certaine croissance depuis que Lure a été par deux fois étape duParis-Nice. Les amateurs, à partir de l'office de tourisme deSaint-Étienne-les-Orgues, ont à leur disposition un matériel qui leur permet de connaître leur temps et leur classement dans le cadre d'un challenge. En outre, les sports aériens (parapente,vol à voile oumontgolfière) ont le vent en poupe et on assiste au renouveau duthermalisme àMontbrun-les-Bains.

Toponymie

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La montagne est désignée commeMontanha de Lura enprovençal classique etMountagno de Luro sous lanorme mistralienne.

Son étymologie semble à la fois assez proche de celle duLuberon voisin et de Lioure que l’on retrouve dansBarret-de-Lioure[réf. nécessaire], une commune qui se situe à l'ouest de la chaîne. Les toponymistes[Lesquels ?], dans leur grande majorité, n'ont pasretenu ces deux hypothèses pourtant séduisantes[Information douteuse]. En effet,si leLouerinos deStrabon est historiquement prouvé pour le Luberon[pas clair], il ne l’est pas pour Lure où aucune forme ancienne ne s'y rapporte. La seconde hypothèse mérite plus d’attention puisque le toponyme de Lioure est inclus dans la zone de Lure. Une de ses formes les plus anciennes est d'ailleursBarretum de Lura, attesté en1274. Mais l'évolution du nom de cette commune, en particulier au cours duXIVe siècle, montre d'autres formes qui attestent plusLibra, un prénom féminin dérivant deLiber, le dieu de vin italique qui fut assimilé àBacchus et que lesRomains honoraient sous le vocable deLiber pater[2].

Ces deux hypothèses cèdent le pas à une troisième qui fait intervenir un radical préceltique* lurt (terre)[Quoi ?]. C'est l'une des bases lexicales d'une langue préceltique, que l'on retrouve surtout dans leBéarn et lePays basque[réf. nécessaire]. Cette racine se retrouve essentiellement dans des oronymes ou des toponymes signifiant avalanche ou glisse. D'ailleurs, il existe dans lesPyrénées unevallée du Louron et unpic du Lurien[2].

AuMoyen Âge, la montagne de Lure était souvent désignée par les saints patrons de lacathédrale de Sisteron,montagne de Sainte-Marie, de Saint-Thyrse et de Saint-Marius (ou Saint-Mari)[3].

Pour mémoire, il faut signaler que la commune deLurs, sise à l'est de Lure, n'a pas une origine identique puisque sa forme la plus ancienne estcastro Luris (999) qui provient deLurius, un nom gallo-romain. Il en est de même pourLourmarin, dans le massif du Luberon, qui était unLutzmari (1075) dont l'origine se trouve dans un nom gauloisLeucimara[2].

Géographie

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Situation

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Orohydrographie, nom et altitude des principaux sommets, tracé des routes, voies ferrées et limites départementales
Carte topographique de la montagne de Lure.
Panorama ciel bleu, monts de pierre et couverts de forêts vertes
Monjoie sur une draille dans la montagne de Lure. Au loin, les deux principales antennes du sommet.

La montagne de Lure est un massif desPréalpes du sud de laFrance. Placée à l'intersection des Alpes et la Provence, elle repose sur une vaste dalle de calcaireurgonien tout comme lemont Ventoux et leplateau d'Albion au nord, lesmonts de Vaucluse au centre et lemassif du Luberon au sud[4]. Lecrêt formé par le complexe Ventoux/Albion/Lure s'étend sur soixante kilomètres d'ouest en est[5]. La montagne, qui se prolonge à l'ouest vers le mont Ventoux par le plateau d'Albion, est délimitée au nord par leJabron et confronte à l'est à lavallée de la Durance[6]. Par sa situation, cet ensemble montagnard marque la limite de l'influence méditerranéenne dans lesAlpes du Sud[7].

Topographie

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Géomorphologie

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À l'ouest du département desAlpes-de-Haute-Provence, la montagne de Lure forme une longue crête orientée est-ouest qui appartient à la même formation géologique que lemont Ventoux. S'y rattachent les petites montagnes de Pélegrine et de Sumiou qui la bordent au nord dans lesBaronnies et un paysage de collines au sud, le bassin deForcalquier[6]. Cette crête Ventoux/Lure est parcourue defailles nord-nord-est en plusieurs points. Ce système de fractures est à l'origine d'un fossé d'effondrement entreAurel etMontbrun-les-Bains qui coupe en deux la ligne de crête et différencie le Ventoux de Lure[8].

La montagne se présente sous la forme d'un massif allongé sur quarante-deux kilomètres et dont l'escarpement principal est tourné vers le nord. Orientée est/ouest, cette chaîne est un trait d'union entre lavallée de la Durance et le mont Ventoux dont elle est séparée par leGour des Oules. Son sommet, lesignal de Lure, culmine à 1 825 mètres[1]. Il est occupé par un relais de transmission[9].

Lure peut se subdiviser en trois éléments distincts. Son revers méridional, l'adret, qui va deFerrassières àChâteauneuf-Val-Saint-Donat ; sa crête asymétrique, pelée et pierreuse ; l'ubac, constitué par un ensemble de monts et de ravins qui dévalent vers la vallée duJabron[10]. Ce qui induit des différences importantes de part et d'autre de la chaîne :« Les formations ouvertes de pelouses, de garrigues et de landes plus ou moins rocailleuses ou plus denses à genêts, occupent néanmoins des espaces étendus, au niveau des hautes crêtes et sur le versant sud. Les espaces agricoles composés de prairies et cultures, occupent également des surfaces importantes à basse et moyenne altitude[11]. »

  • adret
    L'adret, ses combes et ses vallons.
  • crète
    Crête vue de la vallée duJabron.
  • ubac
    L'ubac et ses marnes sous le Tréboux.
  • coupe altimétrique
    Coupe altimétrique de la montagne de Lure.

L'adret est constitué par un anticlinal orienté est/ouest. Il est formé decalcaires duCrétacé dont les couches se sont déposées dans le même sens que le pendage sud. Ce versant est entaillé par des vallons et des combes[10].

La crête de Lure peut se définir physiquement et morphologiquement. Dans ce dernier cas, on parle d'uncrêt constitué d'unecorniche formée par des couches calcaires (Barrémien), intercalées entre des calcaires marneux (Hauterivien) et des marnes (Valanginien). Physiquement cet anticlinal, en se déversant vers le nord, prend la forme d'un escarpement de chevauchement[10].

Du côté de l'ubac, ce chevauchement de l'anticlinal tend à déborder sur lesynclinal duJabron qui a creusé son lit dans desmarnes duCrétacé supérieur[10].

Relief karstique

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L'ubac abrite unkarst typique desPréalpes du Sud. Il est caractérisé par sa discontinuité, du fait des mouvements tectoniques, des variations de faciès et de l’érosion intervenue durant la période duMiocène[12]. Sur l'adret, le paysage karstique semble à première vue peu spectaculaire. Lesdolines sont de taille réduite, remblayées par des argiles, lesavens apparaissent étroits, peu profonds et difficiles d'accès[13].

Le système aquifère karstique spécifique au complexe Ventoux-Albion-Lure etmonts de Vaucluse pouvant alimenter lafontaine de Vaucluse a unimpluvium d'une capacité de plus de 110 millions de m3 d'eau. Jusqu'à présent les traçages fait en1974,1989 et2004 avaient privilégié les recherches sur les pertes de laNesque vers la Fontaine[14]. Une injection fut faite, en2004, dans ladoline deNotre-Dame de Lure distante de 56,6 kilomètres de la Fontaine. La vitesse maximale du traceur avait été de 74,6 mètres par heure[15]. En2005, un nouveau traçage fut réalisé entre la perte de lachapelle Saint-Donat de Montfort (au pied de la montagne de Lure) et la Fontaine. Ce traçage a établi un record en étant le plus long d'Europe. Il a mis soixante-dix jours pour parcourir 67 kilomètres souterrains[14]. Ces données permettent d'étendre l'impluvium de la Fontaine sur 1 210 km2[15].

Sur l'ensemble des communes de la montagne, il existe cent trente avens. Les plus importants se trouvent surSaint-Étienne-les-Orgues (aven des Cèdres, -172 m),Lardiers (aven de Coutelle, -61 m),La Rochegiron (aven de Carlet, -53 m),Banon (aven du Calavon, -263 m),Revest-du-Bion (aven de la Moutte, -52 m),Noyers-sur-Jabron (aven PAC, -76 m) etLes Omergues (aven des Babaous, -54 m)[16].

Le plus célèbre aven de Lure était l'abîme de Cruis dont le diamètre atteint33 mètres. Il est entouré de légendes. Les vieux du village disent qu'on y précipitait les femmes adultères, que le prieur de l'abbaye qui voulut l'explorer fut rendu fou par les spectres qui hantaient ce gouffre, enfin qu'un pâtre et son troupeau y avaient été engloutis et que lafontaine de Vaucluse avait recraché le bâton du berger. Son entrée est aujourd'hui comblée[17].

Accès et voies de communications

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Réseau routier interne

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Si les passages entre versants sont bien répartis sur la crête[9], l'opposition adret/ubac est particulièrement contrastée[7]. Le flanc sud quadrillé par beaucoup de chemins, a une pente modérée sauf à l'approche de la crête, tandis que le flanc nord, plus raide avec une pente plus accusée, possède de rares sentiers encombrés par la neige même au début du printemps[9].

Le signal de Lure, s'atteint deSaint-Étienne-les-Orgues par les D113 et D53. La montée est de18 kilomètres pour une pente de 5,9 % de moyenne, 19 km[18] si on continue sur la piste entre le col (1 748 m) et le signal (1 825 m). Cet itinéraire n'a été rendu carrossable qu'au cours de la première moitié duXXe siècle. Il a été tracé à travers une forêt de petits conifères sauf vers le sommet où la végétation est plus rase[19],[20]. Cette route inaugurée en1941 n'a été goudronnée qu'au cours desannées 1960[19]. La route monte jusqu'à 1 748 m en son point le plus élevé sous le signal. L'accès au signal se fait ensuite par une piste dans le dernier kilomètre.

Au départ deValbelle par le versant nord-est, la montée est plus longue puisqu'elle comporte 24 km mais plus facile avec une pente de 4,97 % de moyenne[20]. La route est ombragée jusqu'au pas de la Graille qu'elle atteint par une série de lacets sur 5 km[21]. Le pas de la Graille est un col d'une altitude de 1 597 m situé à quelques kilomètres sous le signal de Lure. Franchi par la route D53, il permet de passer de l'adret à l'ubac versNoyers-sur-Jabron. Cette route est fermée pendant la saison hivernale. La route reliantSaint-Étienne-les-Orgues àValbelle permet d'abréger certains parcours[9].

Ce ne fut qu'à partir duXIXe siècle que deux routes furent rendues carrossables à l'ouest de la montagne de Lure par les cols de l'Homme Mort et du Négron[22]. Le col de l'Homme Mort, quelquefois dit de la Croix de l'Homme Mort, se trouve sur la D63 au nord deFerrassières. Son nom est une déformation du col de l'Orme Mort. Il permet de rejoindreMontbrun-les-Bains etBarret-de-Lioure[23],[24]. Situé à 1 213 mètres, il dominait des anciens alpages actuellement colonisés par les pins et des hêtres. En l'empruntant du côté desBaronnies, on devine encore le tracé de nombreuses drailles[23]. Du col lui-même, on peut rejoindre par l'une de celles-ci, bien tracée à flanc de montagne, un ancienjas, la cabane de Cyprien[24].

Réseau routier périphérique

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La périphérie de Lure, en fonction de son orientation est/ouest est délimitée au nord par la vallée duJabron, au sud par son piémont méridional[25].

L'axe principal du versant sud traverse les communes deMallefougasse,Cruis,Saint-Étienne-les-Orgues,Ongles,Banon et leRevest-du-Bion. Ce sont les actuelles D950 et D951 qui ne furent goudronnées qu'entre les deux guerres. Cette voie carrossable fut, dès leXVIIIe siècle, reliée àSault et par-là àCarpentras. Elle permettait aussi de communiquer avec le pays d'Apt et deForcalquier. Améliorée tout au cours duXIXe siècle, elle fut alors connue sous le nom de« route de Sault à Forcalquier et d'Apt à Sisteron »[25]. On sait que dès la fin de ce siècle, leRevest-du-Bion était relié àApt, un jour par semaine, le samedi jour de marché. Le voyage aller durait 4 heures, celui du retour 10 heures[26].

L'itinéraire septentrional, qui suit le cours duJabron, affluent de laDurance, réunit cette vallée à lavallée du Rhône, via les vallées de l'Anary, duToulourenc et de l'Ouvèze. De tout temps chemin muletier et draille, cette voie ne fut rendue carrossable, entreSisteron etSaint-Vincent, qu'au début duXIXe siècle. Quant au tronçon reliant Les Omergues à Sisteron, il fut aménagé au cours desannées 1850 en empruntant lecol de la Pigière. Ce ne fut qu'en1873 que fut achevé la partie faisant communiquerLes Omergues etMontfroc. Cet ensemble qui forme l'actuelleD946 ne fut goudronné qu'en1930.

Drailles et chemins

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Monjoie marquant une draille vers le sommet de la montagne de Lure
Monjoie de randonneurs vers le sommet de la montagne de Lure.

L'usage desdrailles – chemins detranshumance ou de déplacement de troupeaux vers de nouveaux pâturages – n'est bien renseigné qu'à partir duMoyen Âge grâce essentiellement aux abbayes. Pour Lure, différents actes deschalaisiens — ordre pastoral — indiquent que les troupeaux de Notre-Dame de Lure et de l'abbaye voisine de Cruis pratiquaient la transhumance inverse, c’est-à-dire allaient hiverner en basse Provence, puis à partir de1200 sur les terres de l'abbaye chalaisienne de Pierredon, dans lesAlpilles[27].

La transhumance du sud vers le nord, ou transhumance vraie, était aussi pratiquée puisque Lure et ses alpages accueillaient en été lesovins de laCrau et ses forêts de chênes lesporcins en automne[27]. On sait qu'en1409, 7 000 ovins estivèrent àRedortiers du1er mai au 30 septembre. En1488, ce furent 100 porcs venus deCotignac qui s'installèrent dans les glandages de Redortiers et deMontsalier du 29 septembre à la Noël[28].

La fréquence de ces allers-retours nécessitait l'existence d'une grande draille. Elle est parfaitement attestée dès1480. Elle atteignait la haute Provence parViens, passait par l'abbaye de Valsaintes, près deSimiane, remontait surBanon, pour longer l'adret de la chaîne de Lure jusqu'àLa Rochegiron etSaumane, puis traversait la montagne pour atteindreChâteauneuf-Miravail,Saint-Vincent etNoyers, de là elle se dirigeait viaBevons versSisteron, porte des Alpes[28].

Draille du pas de Redortiers
Draille du pas deRedortiers.

La grande draille était soit desservie soit doublée par toute une série d'autres qu'utilisaient les hommes, les transports de marchandises et les troupeaux. L'itinéraire précédent qui traversait la crête de Lure par le col Saint-Vincent (1 287 mètres) conduisant les troupeaux dupays d'Aix versSavines, avait deux variantes. La première passait par la Baisse de Malcor (1 368 mètres) faisant communiquerLardiers à Saint-Vincent-sur-Jabron, la seconde par le pas de la Graille ou de Frère Jean (1 597 mètres) qui unissaitCruis à Noyers-sur-Jabron[22].

Localement d'autres drailles furent régulièrement empruntées jusqu'au début deXXe siècle. Sont connues celles qui passaient par le pas des Portes (1 080 mètres), le pas de la Croix (1 502 mètres), le pas de Jean Richard (1 441 mètres) qui permettait deCruis et deMallefougasse d'atteindreValbelle, le pas de la Roche (1 314 mètres) qui faisait communiquerLa Rochegiron àMontfroc, le col du Négron (1 242 mètres) qui menait duRevest-du-Bion àSéderon et le pas de Redortiers (1 214 mètres) qui, deBanon par le Contadour, permettait d'atteindreLes Omergues[29].

Géologie

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Une colline à Aubignosc formée de bancs alternés de calcaire et de marne
Une colline àAubignosc formée de bancs alternés de calcaire et de marne.
Un fossile dans un mur de pierres
Fossile d'ammonite à Banon.

Le premier à avoir entrepris une étude sur la géologie de la montagne de Lure futWilfrid Kilian, ungéologue français, originaire deSchiltigheim[30]. Inscrit à laSorbonne pour passer une licence de géologie[30], il fut remarqué parEdmond Hébert. C'est sous sa direction qu'il paracheva sa thèse de doctorat[31]. Il la présenta avec succès en1888, et obtint le grade de docteur es sciences[30]. D'emblée, cette thèse, où il s'affirmait comme stratigraphe etpaléontologue, fut considérée comme magistrale puisqu'il y établissait pour la première fois« une échelle biostratigraphique précise pour le Jurassique terminal et le Crétacé inférieur subalpin, susceptible d'être étendue à l'ensemble des chaînes subalpines méridionales[31]. »

Formée au début de l'èretertiaire, à l'Éocène, il y a 40 à 35 millions d'années, par le soulèvement du bassin sédimentaire de Forcalquier, dans la phase de formation des plissementspyrénéo-provençaux, la montagne de Lure est unanticlinal issu du même système que lemont Ventoux. Le chevauchement vers le nord de cet anticlinal s'est accentué dans la seconde moitié duMiocène, soit entre 10 et 6 millions d'années[32]. La montagne est composée principalement deroches sédimentaires originaires duCrétacé et duJurassique. Elles se diversifient encalcaires à silex, stratesmarno-calcaires et marnes. Ce substrat calcaire a façonné le paysage puisque les roches les plus dures duTithonien ont formé des escarpements et des petites falaises. Tandis que les marnes, plus tendres, ont composé des reliefs plus doux aux formes arrondies qui se retrouvent dans les ravines. Les éboulis recouvrent localement des surfaces importantes en pied de versant ou de barres rocheuses[6].

Sur le pourtour de la montagne, des nodules d'ambre (résine fossile) ont été découverts dans dessédiments marins àcéphalopodes duCrétacé. Ces sites se rattachent à l'Albien supérieur (Ongles) et auCénomanien inférieur (Saint-Étienne-les-Orgues,Aubignosc). Ces ambres, par leurs caractéristiques spécifiques, se distinguent à la fois des ambres plus récents du Crétacé supérieur provençal (Santonien), mais aussi des ambres tertiaires de lamer Baltique. Ces nodules de résine fossilisés ont été apportés par des courants marins avant de se sédimenter sur leshauts-fonds du secteur Ventoux-Lure. La présence de cet ambre témoigne de terres émergées proches qui sont apparues lors des mouvements tectoniques de l'Albo-cénomanien[33].

Hydrographie

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Le réseau hydrique de Lure est assez diversifié entre l’ubac et l’adret de la chaîne. Sur le versant nord les cours d’eau sont typiquement des torrents, au sud on trouve essentiellement des vallées sèches et des riailles qui confluent avec trois rivières alimentées surtout par les pluies et la fonte des neiges[34].

Types de cours d'eau

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Tous les ruisseaux issus de l'ubac sont des torrents constitués au sommet d’un amphithéâtre qui draine les eaux vers un lit à forte pente qui se finit par un cône de déjection. De régime pluvial, ils sont le plus souvent à sec et ne se remplissent que par gros orages (ex : après une chute de 300 millimètres d’eau en 24 heures)[35].

La vallée sèche est untalweg situé sur l'adret sans l'écoulement apparent ou à écoulement très épisodique. Ce type de fonctionnement est dû tant à la sécheresse estivale qu'au faciès karstique du calcaire qui entraîne de rapides pertes d'eau. Le creusement de ces vallées sèches remonte aux deux grandes glaciations duQuaternaire[36].

Le Jabron, à Peipin, enjambé par un pont construit en 1666
LeJabron, àPeipin, enjambé par un pont construit en 1666.

La riaille est un ruisseau semi-permanent alimenté par des sources qui coulent au moins au cours de l'hiver. La plus connue est la riaille deBanon qui passe sous le village ruiné deRedortiers, résultat de la confluence du ravin de la Croix et du ravin de Font-Brune alimenté par les sources du même nom. Ce type d'alimentation se retrouve dans quelques affluents de la Laye près deSaumane[37].

Jabron

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La vallée duJabron marque la limite entre la montagne de Lure et lesBaronnies. Elle est orientée ouest/est et le régime de cette rivière est pluvial en dépit de ses affluents dont la majorité descendent de la rive droite que domine la chaîne de Lure. Sur la rive gauche, le torrent coule aux pieds des montagnes de Palle (Les Omergues), du Pé de Muéou (Curel), de Mare (Saint-Vincent-sur-Jabron) et de l’Ubac (Noyers-sur-Jabron)[38].

Lauzon, Largue et Laye

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Pont à Banon sur le Largue à sec
Pont à Banon sur le Largue à sec

LeLauzon, leLargue et laLaye se situent au sud-est de l'adret de Lure et sont assez semblables. La direction de leurs lits est nord/sud et leur type d'alimentation hydrique est divisé en quatre secteurs successifs identiques. Tout d'abord les vallées sèches de montagne qui ne leur fournissent qu'un apport épisodique. Vient ensuite le bassin de Saint-Étienne/Cruis avec quelques sources, dont les Neuf-Fonts, qui alimentent des riailles. Le seul véritable apport d'eau commence dans le secteur collinaire marno-gréseux du Crétacé aux couches imperméables qui drainent vers leurs lits les eaux de ruissellement puis celui des vallées incisées du bassinoligocène de Forcalquier qui jouent le même rôle. Ces trois rivières sont donc typiques du régime pluvial méditerranéen avec une alimentation hydrique due uniquement aux précipitations automnales et à la fonte des neiges. Ce régime implique de grandes disparités à l'exemple du Lauzon dont le débit moyen est de 0,96 m3/s et qui est passé le à 73 m3/s[39].

Eau domestique

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La domestication de l'eau a été une nécessité pour tous les villages et hameaux de la montagne de Lure[40].

Sources et fontaines
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Source captée à la combe du Pommier à 5 km du centre du Revest-du-Bion
Source captée à la combe du Pommier à 5 km du centre du Revest-du-Bion
Source captée près de Lardiers faisant office de fontaine et de lavoir
Source captée près de Lardiers faisant office de fontaine et de lavoir.

Les sources sont rares, surtout sur le versant méridional où aucun ruisseau permanent n'existe. Absorbée par le sol fissuré (relief karstique), l'eau de ruissellement resurgit à lafontaine de Vaucluse qui se trouve à 60 kilomètres ou rejoint laDurance et ses affluents[9]. Il existe plus de sources sur l'ubac que sur l'adret de Lure. Certaines sont captées depuis des siècles et ont permis d’alimenter les fontaines et les lavoirs communaux. On trouve aussi des sources non pérennes, généralement sur le versant nord qui sont désignées sous le nom desorgue. La rareté des sources sur l'adret les a faites soigneusement protéger pour servir à l'usage public. Après captage, elles ont été le plus souvent conduites vers des lieux habités (villages ou hameaux), fréquentés (chapelles) ou de passage (carrefour, draille). Les plus récents aménagements datent duXIXe siècle et comportent toujours une fontaine et un lavoir couvert à double bac[40].

Puits et citernes
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Puits près du château de la Gabelle
Puits près du château de la Gabelle
Citerne (aiguier) protégée par un cabanon pointu dans un pâturage Revest-du-Bion
Citerne (aiguier) protégée par un cabanon pointu dans un pâturage à Revest-du-Bion.

Le second problème crucial, spécifique à un pays calcaire, a été celui de la conservation de l'eau potable. Jusqu'auXIXe siècle certains villages ou hameaux devaient se contenter d'un puits communal, creusé dans une nappe phréatique peu profonde – donc rapidement tarissable – et de citernes pour stocker l'eau. Le remplissage de celles-ci était aisé puisqu'elles étaient remplies par la récupération des eaux pluviales par les toitures. Comme il tombe environ 1 000 millimètres d’eau par an sur Lure, cela permettait une large récupération d'eau de pluie qui était d'abord dirigée vers une serve (décantoir) pour se purifier avant d'être stockée dans une citerne maçonnée et généralement recouverte d'une voûte en pierre sèche. Ce n’est qu’à la fin duXIXe siècle que toutes les agglomérations ont pu être desservies par des eaux de sources souvent captées fort loin. Le problème de l'alimentation en eau courante n'a été résolu que dans la seconde moitié duXXe siècle par pompage des eaux de la Durance[41].

Glacières
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Un certain nombre de sites dans la montagne étaient aptes à conserver la neige d'hiver toute l'année après tassage dans une excavation qui était ensuite plus ou moins bien isolée au niveau de son ouverture. Ces lieux étaient arrentés à des particuliers qui, par contrat, s'engageaient à fournir, dès leXVIIe siècle, de la glace à la demande des nantis (nobles et bourgeois) d'Apt, de Manosque, de Sisteron, de Forcalquier et de Digne[42].

Le nom de cesglacières se retrouve dans la toponymie de Lure. Sur la commune de Saint-Étienne-les-Orgues se trouvent à l'ouest de la station de ski, la combe des Glacières et la bergerie ruinée des Glacières (1 355 m), ainsi que le Pas des Glacières et le quartier des Glacières (entre 1400 et 1 450 m). Existent sur celle de Châteauneuf-Val-Saint-Donat, le jas des Glacières et le ravin des Glacières (1 267 m). Sur Montbrun-les-Bains, à l'ubac de Lioure, se trouve également un sommet des Glacières (1 200 m)[42].

Quelques glacières bâties au pied de Lure attestent du stockage de la glace comme à Sisteron où la glacière a été détruite en1855, à Aubignosc, où il en fut construite une à la bastide du Gravas au cours duXVIIIe siècle, et à Lardiers où elle fut désaffectée à la fin duXIXe siècle[42].

Risques majeurs

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Plus de 67 % du territoire étant couvert par des landes et une forêt dominée par le chêne, plusieurs incendies ont déjà eu lieu dans la forêt de Lure dont un d'origine criminelle en1997. Pour faciliter les interventions de lutte contre le feu, la loi impose le débroussaillement dans un rayon de 50 mètres autour des habitations et de 10 mètres de part et d'autre des voies privées d'accès. Pour les phénomènes météorologiques tels que les tempêtes, les chutes de neige exceptionnelles ou les canicules,Météo-France diffuse tous les jours, à l'intention des autorités et des particuliers, une carte de vigilance informant des risques susceptibles de survenir dans les 24 heures[43].

Les mouvements de terrain à haut risque sont les effondrements de cavités souterraines (gouffre, aven). Ils sont dus à l'importance des calcaires karstifiés sur le complexe plateau d’Albion / montagne de Lure. Ce risque est principalement localisé à l'ouest de la RD951. Pour lesséismes, la France est divisée en 5 zones de 0 à III, le secteur de la montagne de Lure est classé en zone à risque faible (1b)[44].

Climat

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Ce massif possède toutes les caractéristiques climatiques desAlpes du Sud, dont il est, avec lemont Ventoux, le chaînon le plus occidental. Deméditerranéennes au bas, elles évoluent en fonction de l'altitude vers unclimat tempéré puiscontinental de typemontagnard au sommet[45]. Lure ne possédant pas de station météo, l'analyse de son climat a été réalisée à partir des données fournies par des stations de basse altitude comme celles de Saint-Étienne-les-Orgues (687 mètres), Banon (810 mètres) et Châteauneuf-Miravail (660 mètres). Pour obtenir des séries météorologiques plus longues, seule la station deSaint-Auban (457 mètres) permet de mieux appréhender les caractéristiques du climat de la montagne de Lure. L'étude de ces données a permis de déterminer deux constantes. La première indique qu'à 800 mètres d'altitude, la moyenne annuelle des températures est de10 °C pour un cumul de précipitations de 1 000 millimètres. La seconde concerne la crête qui culmine à 1 825 mètres et où la température moyenne est de 6° pour des précipitations de 1 300 mm/an[46].

L'importance des précipitations jointe à la rigueur hivernale avaient imposé à la partie sommitale un manteau neigeux qui a commencé à diminuer sous l'influence duréchauffement climatique[46]. Jusqu'à présent celui-ci n'a pas influencé le rythme des précipitations qui reste de type méditerranéen. À lasécheresse estivale succèdent toujours des séquences de pluies torrentielles comme celles des automne/hiver de1976 et1994 ou des longues séquences comme celles de1960 où il a plu pendant 77 jours consécutifs. Le massif a été aussi touché par des vagues de froid intenses. Il reste trace de celle de1887 où la température n'a pas dépassé−5 °C pendant trois mois, et bien sûr, legel de 1956 avec ses 20 jours à−26 °C[47].

Orage

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Nuée d'orage à Montbrun-les-Bains
Nuée d'orage à Montbrun-les-Bains
Cumulus sur Lardiers
Cumulus sur Lardiers

La montagne de Lure, tout comme le département des Alpes-de-Haute-Provence, est l'une des régions des Alpes où le nombre de jours d'orages est supérieur à la moyenne[9]. On compte plus de 40 jours par an essentiellement réparti sur cinq mois. Le plus orageux est celui de juin, suivent juillet et août, puis mai et septembre. Les précipitations qui s’ensuivent sont d'une grande violence. Il n’est pas rare de relever plus de 100 millimètres d'eau et beaucoup plus localement[48].

Ces trombes d'eau, très concentrées dans le temps et l'espace, gonflent les rivières et torrents qui enflent en quelques minutes et forment un front qui est un véritable mur d’eau. C’est lemorent qui dévale un talweg généralement à sec et qui emporte tout sur son passage. Ce type très rapide de montée des eaux est spécifique de rivières comme le Lauzon, le Largue et la Laye[48].

Vents

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Mistral
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À l'Hospitalet, rue étroite protégeant contre le mistral
À l'Hospitalet, rue étroite protégeant contre le mistral

Ce vent est le plus fort qui souffle sur Lure où il a des pointes jusqu’à100 km/h. Glacial en hiver, il provoque en revanche au printemps un effet defoehn qui assèche l’air et induit un réchauffement sur toute la face sud de la chaîne. Il souffle en moyenne 50 jours par an, peu ou prou, puisque ses deux extrêmes sont 10 jours et 90 jours. Si ce vent est courant au cours du mois d'avril, il devient beaucoup plus rare en juin et en octobre[49].

Aura bruna
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C’est une sorte de foehn, un vent chaud qui souffle en hiver. Non seulement il ne chasse pas les nuages mais apporte avec lui des nuées noires. Ce vent fantasque, qui souffle aussi bien de l'est que de l'est-nord-est ou du nord, est assez chaud pour faire fondre la neige en particulier à la station de Lure qui peut perdre un mètre de poudreuse en deux jours. Cette rapidité de fonte engorge d'eau les champs et les chemins qui deviennent impraticables à cause de la boue. L'aura bruna est considérée sur place comme le plus mauvais vent de la montagne[50].

Autres vents
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Après le mistral et l'aura bruna vient le marin, dit encore marinade, un vent qui vient de lamer Méditerranée et souffle du sud-est. Il apporte toujours la pluie. Deux vents de montagne suivent, la montagnière, qui vient du nord-est et le levant, qui souffle de l'est et uniquement à l'aube. Le seguin est le vent du soleil. Il vient du sud-est et ne souffle que l'été de la fin de la matinée jusqu'à ce que le soleil se couche[51].

Ces vents, tous plus ou moins bénéfiques, ont leurs pendants en vents plus redoutés. Il existe un mistral bastard. C'est le nom donné à un vent venu du nord-nord-ouest, le vrai mistral soufflant du nord-ouest, et qui produit les mêmes effets que lui. Le long de l'ubac de Lure, dans la vallée du Jabron, descend le rosau, le vent du Rhône, chargé de nuages. Toujours dans la même vallée souffle la traversière, dite aussi mistral de l'ouest. Ces deux vents sont craints pour leur violence. Ultime vent répertorié soufflant sur Lure, la rispa ou cisampa. C’est une bise glaciale d'hiver qui, suivant sa fréquence, peut compromettre les récoltes fruitières[51].

Écosystème

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Flore

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En dépit de sa situation sur une dalle de calcaire, plus ou moins rigide et plane, car largement arasée[4],[5], la montagne de Lure possède une grande diversité de paysages et d'espèces végétales à travers toute sa chaîne. Sa position méridionale dans les Alpes-de-Haute-Provence lui impose un climat supra-méditerranéen teinté d’influences continentales. Entre 600 et 1 800 mètres, il confine au montagnard supérieur. Une végétation subalpine, variée mais pauvre en quantité, s'est développée au niveau des plus hautes crêtes, dans les situations les plus froides et les plus exposées[6].

Sur les versants, c'est la forêt qui domine. Il s'agit de grandes forêts domaniales ou privées (forêt de Cruis, bois du Défends, forêt de Saint-Étienne, bois Croumpa, etc.) Elles se composent de chênes pubescents, de pins sylvestres sur l'adret, tandis que l'ubac accueille deshêtres, qui peuvent ponctuellement s'associer au sapin blanc (Abies alba)[6]. Lachênaie occupe le versant sud jusqu'à 800 à 1 000 mètres et localement monte à 1 100 mètres sur le flanc est. Ponctuellement se rencontrent des zones de pins noirs d'Autriche implantées lors des reboisements[52].

C'est ici queNatura 2000 a caractérisé une hêtraieacidophile fort rare enProvence. La protection de l'ensemble forestier a permis d'établir un conservatoire de gènesin situ pour le hêtre et le sapin. Pour cette dernière essence, c'est l'écotype de Lure qui a été retenu au niveau national pour le programme forestier européen. De plus le site est d'un intérêt primordial pour sa forêt modérément exploitée. Cette gestion a permis le développement d'unebiodiversité importante, tant dans la forêt que sur lesécotones et les milieux ouverts associés[7].

Les hêtres occupent l'étage montagnard, situé entre 1 000 et 1 700 mètres. Au pas de la Graille, jouxtant la partie supérieure de lahêtraie, s'est développée unelande àGenista radiata, rare dans lesAlpes françaises. Sur l'ubac, les hêtres ont laissé la place à un reboisement demélèzes d'Europe. Deux autres essences appartiennent à cet étage, lepin sylvestre, qui pousse mêlé au hêtre et au chêne pubescent, et le sapin blanc. Ce dernier partage le même habitat que le hêtre sur les versants nord et sud dans les zones les plus humides et les plus froides[53].

Sur la crête, s'étagent d'abord les essences subalpines telles que lemélèze, l'épicéa et lepin à crochets puis des formations basses où se retrouvent des landes àgenévrier nain et des pelouses àbrome[53]. Cette végétation se heurte pourtant au développement des loisirs motorisés[7].

Protections actuelles des forêts de Lure parNatura 2000[54]
Type de forêtproportion
Forêt de protection9 %
Forêt domaniale61 %
Forêt non domaniale bénéficiant du régime forestier21 %
Autres (hors protection Natura 2000)9 %
  • Gesse de Vénitie
    Gesse de Vénitie

La flore, d'une grande valeur patrimoniale, possède vingt-sept espèces végétalesdéterminantes, dont six sont protégées au niveau national. Il s'agit de l'ancolie de Bertoloni (Aquilegia bertolonii), qui est endémique, de la gagée des prés (Gagea pratensis), de l'orchis de Spitzel (Orchis spitzelii), du Panicaut blanche-épine (Eryngium spina-alba), de la pivoine velue (Paeonia officinalis subsp.huthii) et de la tulipe de l'Écluse (Tulipa clusiana). Huit autres espèces sont protégées en régionProvence-Alpes-Côte d'Azur, la lunetière à tige courte (Biscutella brevicaulis), la dauphinelle fendue (Delphinium fissum), l'euphorbe de Loiseleur (Euphorbia seguieriana subsp.loiseleurii), le grand éphédra (Ephedra major), la gesse de Vénétie (Lathyrus venetus), l'orchis très odorant (Gymnadenia odoratissima), le pâturin hybride (Poa hybrida) et le genêt à rameaux rayonnants (Genista radiata)[6]. D'autres espèces sont plus spécifiques à l'ubac comme lapivoine officinale et lejasmin ligneux[55].

De plus, le site abrite 174 autresespèces remarquables. Trois sont protégées au niveau national, la gagée jaune (Gagea lutea), la gagée des champs (Gagea villosa) et la tulipe sylvestre (Tulipa sylvestris). Une espèce est protégée régionalement, c'est le grémil à pédoncule épais (Lithospermum incrassatum)[6].

  • Ancolie de Bertoloni
    Ancolie de Bertoloni
  • Orchis de Spitzel
    Orchis de Spitzel
  • Panicaut épine blanche
    Panicaut épine blanche
  • Tulipe de l'Écluse
    Tulipe de l'Écluse
  • Gagée jaune
    Gagée jaune
  • Tulipe sylvestre
    Tulipe sylvestre

Champignons

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Il y a dans Lure de nombreuses espèces liées aux différents peuplements forestiers et à l'étagement de la forêt entre 600 et 1 800 mètres. Parmi les champignons comestibles, les plus prisés sont[56] :

  • Morille
    Morille noire
  • Girolle
    Girolle
  • Cèpe
    Cèpe
  • Oronge
    Oronge
  • Rosé des prés
    Rosé des prés
  • Pinin
    Pinin
  • Pied bleu
    Pied bleu
  • Coprin chevelu
    Coprin chevelu

Lesmorilles ou barigoules, champignons de printemps, qui affectionnent les brûlis ou les passages dégagés à la broyeuse. Ils sont suivis dans le temps, vers la Saint-Jean d'été, par lesgirolles ouchanterelles qui foisonnent après les pluies aux pieds des hêtres. À la même période, la mi-juin, apparaissent les premierscèpes etbolets qui poussent en colonies dans les hêtraies et les chênaies. Un mois plus tard, vers la mi-juillet, peut se rencontrer l'oronge ou amanite des césars. C'est un champignon aussi rare que délicieux[56]. Quelquefois, au début août, dans les alpages se trouve unagaric, le rosé des prés, qui est le champignon de Paris à l'état sauvage[57].

  • Russule charbonnière
    Russule charbonnière
  • Griset
    Griset
  • Trompette de la mort
    Trompette de la mort
  • Truffes noires
    Truffe noire

Après le 15 août et jusqu'aux premières gelées, on assiste à une reprise des girolles et chanterelles ainsi que des cèpes et des bolets, mais en moindre quantité qu'au printemps. En revanche, début septembre, commence la saison d'autres champignons qui arrivent en quantité. Ce sont lelactaire délicieux ou pinin, qui doit être cueilli de bon matin, lepied bleu qui prolifère en rond de sorcière, lecoprin chevelu, larussule charbonnière, legriset, champignon emblématique de la chaîne Ventoux/Albion/Lure, latrompette de la mort dont le nom commercial devient de plus en plus la trompette de l'amour. Nombre de ces champignons ne sont pas récoltés par les locaux qui se contentent de trois ou quatre espèces bien identifiées[57].

En fin arrive le cavage de latruffe noire, ouTuber melanosporum, qui se fait entre novembre et mars en dessous de 1 100 mètres d'altitude. Sur l'adret, elle se trouve sur les communes de Banon, jusqu'à 800 mètres, et de Redortiers à la limite de 1 000 mètres. Sur l'ubac, où l'on trouve de véritables truffières, dont quelques-unes de plusieurs hectares, elle se récolte entre Saint-Vincent-sur-Jabron et Montfroc, de 600 à 800 mètres d'altitude[58].

Faune

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Lure abrite une faune d'un intérêt biologique très élevé. On y a relevé quarante espèces animales patrimoniales, dont vingt-deux espèces déterminantes[6]. C'est un site majeur pour la vipère d'Orsini et d'une très grande richesse en papillons et coléoptères[7].

Mammifères
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La montagne est peuplée de grands ongulés, parmi lesquels descerfs élaphes[6], dessangliers, deschevreuils et deschamois[9].

Le site abrite nombre dechauves-souris dont une forte population debarbastelle et trois espèces d'oreillards[7]. Il a été identifié legrand rhinolophe, lepetit rhinolophe, labarbastelle d'Europe, legrand murin, lepetit murin, levespertilion de Capaccini, levespertilion de Bechstein et leminioptère de Schreibers[59]. On y trouve aussi desblaireaux, desrenards ou encore, parmi le petit gibier, deslièvres[9], deslapins, desperdrix, desgrives, desbécasses et de rarescoqs de bruyère[60].

Un loup dans les Alpes du Sud
Un loup dans les Alpes du Sud
Meute de loups dans les Alpes du Sud
Meute de loups dans les Alpes du Sud

Jean-Paul Clébert rappelle que le loup et l'ours étaient présents dans la montagne de Lure jusqu'à la période moderne[61]. Pour ce dernier, en atteste toujours la combe de l'Ours[62].

Depuis le milieu desannées 1990, les spécialistes prévoyaient le retour du loup en Haute-Provence où cerfs, sangliers, chamois et chevreuils n'avaient aucun prédateur naturel. En2003, ce furent quarante à cinquante individus tout proches qui furent comptabilisés[62]. La vallée du Jabron fut leur premier lieu de passage. Lors de l'été2006 puis au cours de l'hiver2006/2007, des observations visuelles et des carcasses de proies sauvages furent relevées sur l'ubac et l'adret de Lure. La présence du loup fut confirmée par l'analyse d'une crotte relevée en juillet 2006 sur la commune de Saint-Étienne-les-Orgues[63]. Conséquence logique, dans lemont Ventoux, les premiers indices de présence furent détectés durant l'été 2007, par observations visuelles, puis par des carcasses de proies sauvages en2008 et2009[64].

En août2010, le président de la République en visite chez un éleveur de la vallée du Jabron, demanda au préfet des Alpes-de-Haute-Provence de prendre« sous huit jours » un arrêté autorisant de tuer le loup dans les zones du département« où l’attaque relève d'une intensité exceptionnelle ». Cette année-là cent attaques avaient été dénombrées, soit deux fois plus qu'en 2009, et trois cents brebis avaient été tuées par le loup. Le député-maire de Sisteron commenta :« Il attaque même près du Luberon. Heureusement, le Luberon est habité par toutes les stars de notre pays. On a donc une chance que des mesures soient prises[65]. » Mais à la mi-janvier2012, une quarantaine de brebis furent égorgées par un loup dans la montagne de Lure. À la suite de ce massacre, les parlementaires du département lancèrent à nouveau un appel aux pouvoirs publics pour autoriser les bergers à tirer sur les loups[66].

Oiseaux
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Crave à bec rouge
Crave à bec rouge
Couple de guêpiers
Couple de guêpiers

L'avifaune est variée. Elle se compose d'oiseaux rupicoles tels que levautour fauve[9], lefaucon pèlerin, legrand-duc d'Europe, lemonticole de roche, lecrave à bec rouge et lebruant fou[11].

Viennent ensuite des espèces forestières comme l'aigle royal, l'aigle botté, letétras lyre, lagélinotte des bois et lachouette de Tengmalm[11].

Enfin, on trouve des espèces liées aux milieux ouverts et d'affinité méditerranéenne dont lecircaète Jean-le-blanc, lebusard cendré, lahuppe fasciée, lepetit-duc scops et leguêpier d'Europe[11]. D'autres espèces comme lemerle de roche, letraquet motteux, lepipit spioncelle, lepetit gravelot, l'œdicnème criard, lepic noir et letorcol nidifient plus dans l'ubac[67].

Reptiles
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L'herpétofaune est composée devipères d'Orsini[11], devipères aspic, decouleuvres, delézards verts[9] et delézards ocellés[11].

  • couple de lézards ocellés
    Couple de lézards ocellés, sur un rocher. Le mâle, à droite, présente une tête épaisse et robuste, auxbajoues fortes, celle de la femelle est plus menue
Insectes
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Lesespèces déterminantes delépidoptères sont représentées par laLaineuse du prunellier[59], l'Azuré du serpolet, protégé au niveau européen, leSablé provençal, papillon présent uniquement dans les six départements méridionaux et alpins dont la chenille se nourrit desainfoin, laProserpine, espèce en régression qui se retrouve jusqu'à 1 500 mètres d’altitude, laDiane, espèce devenue assez rare, leSemi-Apollon, espèce protégée au niveau européen, dont la chenille vit sur lacorydale à bulbe plein, entre 500 et 2 200 mètres d’altitude, laZygène de la Vésubie, espèce endémique des Alpes du sud franco-italiennes, leSphinx bourdon, espèce se raréfiant qui se rencontre jusqu'à 2 000 mètres d’altitude[11].

  • Azuré du Serpolet
    Azuré du Serpolet, male
  • Sablé provençal
    Sablé provençal sur lavande
  • Proserpine
    Proserpine sur lavande
  • Diane
    Diane
  • Semi-apollon
    Semi-apollon
  • sphinx bourdon
    Couple de sphinx bourdon

Toujours parmi les papillons, dans la catégorie desespèces remarquables se placent trois espèces protégées au niveau européen, l'apollon, espèce typiquement alpine, ledamier de la Succise, espèce que l'on trouve jusqu'à 2 600 mètres d’altitude, l'écaille chinée, espèce d’affinité méridionale[11].

  • Apollon
    Apollon
  • Damier de la Succise
    Damier de la Succise
  • Écaille chinée
    Écaille chinée

Lesarachnides sont représentées par le scorpion noir des Carpates (Euscorpius carpathicus)[11].

Parmi lesorthoptères figure laMagicienne dentelée, espèce déterminante d’affinité méridionale, protégée au niveau européen. Entomophage, elle se nourrit de sauterelles et criquets[11].

Enfin, chez les espèces déterminantes decoléoptères, sont présents dans la montagne lelucane cerf-volant, legrand capricorne[59], lecarabe doré, espèces protégées en France,Duvalius muriauxi, espèce endémique des Alpes-de-Haute-Provence où on ne le rencontre que sur le versant nord de Lure, larosalie des Alpes, liée aux hêtraies, l'athous frigide, espèce endémique franco-italienne en limite d'aire,Polydrusus alchemillae, espèce localisée au col de la Cayolle, présente jusqu'à 2 100 mètres d’altitude,Otiorhynchus putoni, espèce endémique du mont Ventoux, au-dessus de 1 400 mètres d’altitude, qui se retrouve dans les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence,Otiorhynchus fagniezi, espèce endémique du mont Ventoux où elle est commune au-dessus de 1 600 mètres,Pseudorhinus impressicollis subsp.ventouxensis, espèce endémique des départements des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence, l'osmoderme ermite ou barbot ou pique-prune, espèce typiquement forestière[11].

  • Carabe doré
    Carabe doré
  • Rosalie des Alpes
    Rosalie des Alpes

Population

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Démographie

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Communes de la montagne de Lure
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Elles sont au nombre de 26 situées à cheval sur laDrôme et lesAlpes-de-Haute-Provence. Dans la Drôme se trouvent :Barret-de-Lioure,Ferrassières,Montbrun-les-Bains,Montfroc etSéderon. Les Alpes-de-Haute-Provence regroupentAubignosc,Banon,Bevons,Châteauneuf-Miravail,Châteauneuf-Val-Saint-Donat,Cruis,Curel,Lardiers,L'Hospitalet,Mallefougasse-Augès,Noyers-sur-Jabron,Les Omergues,Ongles,Peipin,Redortiers,Revest-du-Bion,La Rochegiron,Saint-Étienne-les-Orgues,Saint-Vincent-sur-Jabron,Saumane etValbelle[68].

Pression démographique et flux migratoire
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Le milieu forestier de Lure et son évolution sont intimement liés aux hommes et leur histoire. Après une tendance continue à la déforestation due au développement industriel au cours duXIXe siècle, une mutation s'est amorcée, entre1930 et1980, avec l'intervention de l'État achetant des terrains boisés ou à boiser, sur l'adret de Lure. Cette initiative jointe à la déprise pastorale s'est traduite par la progression du couvert forestier qui augmente, en ce début deXXIe siècle en moyenne de 165 hectares par an[69].

Types de propriété sur la montagne de Lure[70]
Appartenancepourcentage
Domaine communal25 %
Domaine privé de l'état64 %
Propriété privée (personne physique)10 %

C'est dans ce cadre que la chaîne de Lure, située à moins de deux heures de route des centres urbains commeToulon,Aix-en-Provence,Marseille etAvignon, exerce un pouvoir d’attraction qui se traduit par un nouvel apport de population. Lure a tendance à devenir un arrière-pays à la portée de citadins à la recherche d'un mode de vie différent. Cela se traduit par un renouvellement des populations villageoises[69].

Cette tendance s'est accélérée par l'urbanisation massive du Val de Durance jointe à une pression foncière dans le pays de Forcalquier.« Les flux migratoires positifs compensent un solde naturel négatif et l'analyse du recensement de 1999 a mis en évidence que plus d'un tiers de la population était constitué de familles venues s'installer sur le territoire au cours des 25 dernières années ». Loin d'être isolé, le territoire de Lure s'est intégré dans un ensemble dont il convient de comprendre la dynamique afin de prévoir son impact sur le milieu naturel du site[69].

Habitat de type traditionnel

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La montagne de Lure abrita une population d'agriculteurs, d'apiculteurs, de sériciculteurs, de charbonniers, de bûcherons, de pâtres, de sabotiers, etc. Sa richesse en plantes aromatiques attira les herboristes, lesdroguistes de Lure[9]. Cette diversité d'activités impliqua une diversité d'occupation des sols qui se traduisit à la fois dans le type de maison nécessaire à l'activité professionnelle et dans l'architecture de celle-ci. Comme l'ont expliqué, dès, Michel Chiappero, urbaniste, et Corine Corbier, paysagiste :« Entre Alpes et Provence : les Alpes de Haute Provence présentent un environnement paysager et patrimonial riche, qui participe pleinement à la qualité de vie des habitants et à l'attrait touristique du département[71]. » Sur ses deux versants, Lure collectionne lesvillages de caractère, tous d'origine médiévale. Qu'ils soient encore accueillants et en pleine activité, qu'ils soient abandonnés et en ruines, tous permettent de découvrir la structure villageoise et ses différents habitats tels qu'ils étaient il y des siècles et tels qu'ils sont restés[72].

Habitat groupé
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Habitat perché
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Montbrun-les-Bains, village perché
Montbrun-les-Bains, village perché
Hameau du Rocher d'Ongles
Hameau du Rocher d'Ongles

Ce type d'habitat est considéré comme typiquement provençal, il est surtout typiquement méditerranéen. Ces villages sis sur leur « acropole rocheuse », qui ont gardé leur aspect médiéval, forment par l'orientation des façades de leurs maisons — vers la vallée ou la voie de communication — un véritable front de fortification[73].

Ces villages perchés se trouvent essentiellement dans les zones collinaires dont leterroir est pauvre enalluvions et où l'eau est rare. De plus ce groupement en communauté refermée sur elle-même correspond à des régions de petites propriétés, où les seules terres fertiles se situent au fond de quelques vallons, et ce regroupement a facilité l'existence d'un artisanat rural indispensable aux villageois (charron, forgeron, etc.).A contrario, l'habitat dispersé implique de grands domaines qui tendent à vivre enautarcie. D'où la loi émise par Fernand Benoit« La misère groupe l'habitat, l'aisance le disperse[74]. »

Maison en hauteur
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Typique maison en hauteur dans le village de Mallefougasse
Typique maison en hauteur dans le village de Mallefougasse
Trois pontins donnant accès à trois maisons en hauteur à Lardiers
Trois pontins donnant accès à trois maisons en hauteur à Lardiers

Fernand Benoit explique que« son originalité consiste à placer les bêtes en bas, les hommes au-dessus ». Effectivement ce type d'habitation, qui se retrouve essentiellement dans un village, superpose sous un même toit, suivant une tradition méditerranéenne, le logement des humains à celui des bêtes. La maison en hauteur se subdivise en une étable-remise au rez-de-chaussée, un logement sur un ou deux étages, un grenier dans les combles. Elle était le type de maison réservée aux paysans-villageois qui n'avaient que peu de bétail à loger, étant impossible dans un local aussi exigu de faire tenir des chevaux et un attelage[75].

Ces maisons datent pour la plupart duXVIe siècle, période où lesguerres de religion imposèrent de se retrancher derrière les fortifications du village. Celles-ci finies, il y eut un mouvement de sortie pour établir dans la périphérie de l'agglomération desmaisons à terre, plus aptes à recevoir des bâtiments annexes[76]. En effet, ce type d'habitation, regroupant gens et bêtes dans un village, ne pouvait que rester figé, toute extension lui étant interdite sauf en hauteur. Leur architecture est donc caractéristique : une façade étroite à une ou deux fenêtres, et une élévation ne pouvant dépasser quatre à cinq étages, grenier compris avec sa poulie extérieure pour hisser le fourrage[77]. Pour celles qui ont été restaurées avec goût, on accède toujours à l'étage d'habitation par un escalier accolé à la façade[76].

Habitat dispersé
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Maison à terre ou bastide
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Pigeonnier en forme de tour carrée séparant en deux une bastide
Pigeonnier en forme de tour carrée séparant en deux une bastide

Compartimenté dans le sens de la longueur, ce type de maison représente un stade d'évolution plus avancé que lamaison en hauteur. Il est caractéristique de l'habitat dispersé[78]. C'est l'habitation traditionnelle des pays de culture extensive[79].

Ce type de maison est divisé en deux parties très distinctes dans le sens de la longueur. Le rez-de-chaussée est occupé par une salle commune dans laquelle est intégrée lacuisine. Très souvent se trouve à l'arrière uncellier contenant la réserve devin et une chambre. Un étroit couloir, qui permet d'accéder à l'étage, sépare cet ensemble de la seconde partie réservée aux bêtes. Celle-ci se compose d'une remise qui peut servir d'écurie et d'uneétable. L'étage est réservé aux chambres et augrenier à foin qui correspond par une trombe avec l'étable et l'écurie[79].

À cet ensemble, s'ajoutaient des annexes. Une des principales était la tour dupigeonnier, mais la maison se prolongeait aussi d'unesoue à cochons, d'unelapinière, d'unpoulailler et d'unebergerie[79].

La construction d'un tel ensemble étant étalée dans le temps, il n'y avait aucune conception architecturale préétablie. Chaque propriétaire agissait selon ses nécessités et dans l'ordre de ses priorités. Ce qui permet de voir aujourd'hui l'hétérogénéité de chaque ensemble où les toitures de chaque bâtiment se chevauchent généralement en dégradé[80].

Chaque maison se personnalisait par son aménagement extérieur. Il y avait pourtant deux constantes. La première était la nécessité d'unetreille toujours installée pour protéger l'entrée. Son feuillage filtrait les rayons de soleil l'été, et dès l'automne la chute des feuilles permettait une plus grande luminosité dans la salle commune[80].

Les lieux d'aisance ont été installés, symboliquement le pot de chambre est exposé aux regards de tous
Les lieux d'aisance ont été installés, symboliquement le pot de chambre est exposé aux regards de tous

La seconde était lepuits toujours situé à proximité. Il était soit recouvert d'une construction de pierres sèches enencorbellement qui se fermait par une porte de bois, soit surmonté par deux piliers soutenant unlinteau où était accrochée unepoulie permettant de faire descendre unseau. L'approvisionnement en eau était très souvent complété par uneciterne qui recueillait les eaux de pluie de latoiture[80].

Alors qu'aucune maison en hauteur ne disposait de lieu d'aisance, même en ville, la maison à terre permet d'installer ces lieux à l'extérieur de l'habitation. Jusqu'au milieu duXXe siècle, c'était un simple abri en planches recouvert de roseaux (canisse) dont l'évacuation se faisait directement sur la fosse àpurin ou sur lefumier[79].

Le pigeonnier devint, après laRévolution la partie emblématique de ce type d'habitat puisque sa construction signifiait la fin des droits seigneuriaux, celui-ci étant jusqu'alors réservé aux seules maisons nobles. Il était soit directement accolé à la maison mais aussi indépendant d'elle. Toujours de dimension considérable, puisqu'il était censé ennoblir l'habitat, il s'élevait sur deux étages, le dernier étant seul réservé auxpigeons. Pour protéger ceux-ci d'une invasion de rongeurs, son accès était toujours protégé par un revêtement de carreaux vernissés qui les empêchait d'accéder à l'intérieur[79].

Le Gravas, maison à cour d'Aubignosc
Le Gravas, maison à cour d'Aubignosc
Maison à cour
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Ce type d'habitation est composé de bâtiments et de dépendances ordonnés autour d'une cour centrale. Cet ensemble est caractéristique des grands domaines céréaliers et prend souvent l'aspect d'un château avec des murs flanqués d'échauguettes et des tours d'angle. Il est adapté à une vie agricole où le climat n'impose pas une grange pour engranger les javelles deblé avant ledépiquage, celui-ci ayant lieu aussitôt les gerbes coupées sur l'aire de terre battue. Dans ce mode culturel, les grains sont entrés en sacs dans une remise tandis que lesmoissonneurs élèvent les meules de paille avec comme seule protection contre lapluie un mélange depoussier et de terre glaise. Seul est rentré lefourrage[81]. Cette structure agraire est rare enProvence[81].

Maison à tours
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Château de la Gabelle et sa tour-pigeonnier
Château de la Gabelle et sa tour-pigeonnier
Ferme fortifiée du hameau des Ybourgues
Ferme fortifiée du hameau des Ybourgues

C'est le style des grandes maisons seigneuriales qui va traverser les siècles même après laRenaissance. Il s'agit de bâtisses isolées, avec ou sans cour intérieure, dont la façade est flanquée de tours d'angle[82].

La fortification des maisons de campagne est une pratique fort ancienne. Elle se retrouve, dès le hautMoyen Âge, avec lecastellum dont celles de Provence reprennent le plan avec ses tours d'angle. C'est un héritage romain puisque nombre devillæ rusticæ furent protégées par des tours[82].

Cabanon
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Cabanon au milieu d'un champ à Saumane
Cabanon au milieu d'un champ à Saumane
Le Jas des Terres du Roux à Redortiers, fin du XIXe siècle
Le Jas desTerres du Roux à Redortiers, fin duXIXe siècle

L'existence de cettemaisonnette des champs est toujours liée à une activité agricole qui contraint le paysan à rester éloigné de sa résidence habituelle. Dans son étude sur l'habitat rural,Fernand Benoit envisage à la fois le cas du pastoralisme et celui de la sédentarité. Pour le premier, latranshumance, qui permet aux troupeaux d'estiver dans lesalpages, implique l'usage d'un habitat sur place de type élémentaire pour le berger. Suivant le lieu, il prend l'aspect d'unjas en pierre sèche ou d'une cabane édifiée en matériaux composites. Ce refuge lui sert à la fois d'abri et de laiterie[83].

Pour le paysan sédentaire, c'est l'éloignement de ses cultures qui impose un habitat aménagé près de son champ. Dans ce dernier cas, le cabanon correspond à un véritable habitat saisonnier qui est utilisé lors des travaux de longue durée[83].

Ces cabanons, qui se trouvent à l'orée ou au centre du champ, avaient aussi un rôle d'affirmation sociale pour le paysan. Ils étaient considérés comme« le signe de la propriété sur une terre qu'il entendait distinguer du communal »[83].

Cabanon pointu
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La dénomination vernaculairecabanon pointu désigne, dans les Alpes provençales (région deForcalquier), la cabane bâtie à pierre sèche de plan généralement circulaire, parfois carré, couverte d'un toit conique ou pyramidal couvert de lauses (d'où son nom). Le cabanon pointu permettait au paysan de serrer ses instruments agraires, de protéger sa récolte ou plus spécifiquement sa réserve d'eau et, au besoin, d'y passer la nuit. C'était donc une annexe de l'habitat permanent[83],[84].

  • Cabanons pointus de la montagne de Lure
  • Cabanon pointu
    Les cinq cabanons pointus de Forcalquier au début duXIXe siècle
  • Cabanon pointu à Mane
    Cabanon pointu
Couverture : toit en lause
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Toit en lauses à Notre-Dame de Lure
Toit en lauses à Notre-Dame de Lure

Dans la montagne de Lure, comme sur leplateau d'Albion ou lemont Ventoux voisins, lalause, éclat de calcaire plat et dur, est un matériau courant et solide. En dépit de son poids, elle a l'avantage d'être sur place et de donner une excellente couverture, résistante aux intempéries, et de permettre une bonne isolation thermique[85].

Dans la montagne de Lure, des bergeries en pierre de la fin duXIXe siècle possèdent une couverture de lauses sur voûte clavée enberceau. Afin d'éviter que le bout apparent desclaveaux ne vienne poinçonner les lauses qui les recouvrent, la technique des couvreurs consistait à répandre sur l'extrados une couche de petites pierres et d'argile mêlées, obtenant ainsi une meilleure répartition du poids des lauses sur les claveaux tout en assurant à celles-ci une assise stable[86].

  • Bergeries de la montagne de Lure entre l'Hospitalet et Lardiers
  • Bergerie au toit et à l'auvent en lauses
    Bergerie au toit et à l'auvent en lauses
  • Jas recouvert de lauses
    Jas recouvert de lauses près de Lardiers
  • Voûte en berceau brisé d'une bergerie ; de chaque côté, les supports du cintre de construction
    Voûte en berceau brisé d'une bergerie ; de chaque côté, les supports du cintre de construction
  • bergerie et sa couverture en lauses
    La même bergerie et sa couverture en lauses
  • Bergerie restaurée avec toit en tuiles
    Bergerie restaurée avec toit en tuiles

Histoire

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Préhistoire

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Des outils typiques duGravettien faits en silex duStampien et utilisés comme offrande ont été retrouvés dans plusieurs sépultures desgrottes de Grimaldi (Bauma Grande, Baousso da Torre et Grotte des Enfants). Ce matériel lithique provient du pied méridional de la montagne de Lure, dans une zone où se trouvent également les ateliers d'extraction du Néolithique final de lavallée du Largue. De récentes fouilles ont mis en évidence une exploitation importante de silex à cette période sur plusieurs sites. Ceux-ci confirment sa diffusion, en tant que matériau de prestige, dès leprotoaurignacien[87].

  • Outillage lithique des grottes de Grimaldi
    Outillage lithique des grottes de Grimaldi
    Grandes lames de la vallée du Largue
  • Le Chastelard dominant la chapelle Saint-Michel de Bertranet
    Le Chastelard dominant la chapelle Saint-Michel de Bertranet

Lechastelard de Lardiers, sis sur la commune deLardiers, fut habité de la fin du premierâge du fer et jusqu'à l’Antiquité tardive (fin de l’époque gallo-romaine) où il devint un sanctuaire. Dans l’Antiquité, il fut d'abord l'oppidum desSogiontiques (Sogiontii), qui peuplaient la montagne de Lure, en étant fédérés auxVoconces. Après la campagne de125-122av. J.-C., ils furent rattachés avec eux à laprovince romaine deNarbonnaise[88].

Antiquité

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Desfouilles archéologiques ont permis d'exhumer un grand sanctuaire gallo-romain dont les vestiges, essentiellement des lampes votives, sont conservés au musée archéologique d'Apt. Ce lieu, surnommé leLourdes des Gaulois, ne semble pas avoir été christianisé[89]. C'est une fois l'habitat descendu dans la vallée, que les constructions de l'oppidum furent détruites et remplacées par ce complexe cultuel. Les murailles conservées délimitaient une enceinte à laquelle menait une voie sacrée. Un grand pèlerinage se mit en place, à partir des premières années de l'ère chrétienne. Les différents dons attestent de l'importance du complexe, qui connut son apogée auIIe siècle : plus de 11 000lampes entières ont été retrouvées dans des fosses (chiffre qui atteint peut-être 50 000 en comptant les lampes brisées), 10 000 anneaux de bronze, dont certains brisés, 5 000 plaques de bronze percéesvotives[90]. AuIIe siècle, les Sogiontiques furent détachés des Voconces et formèrent unecivitas distincte, avec pour capitaleSegustero (Sisteron)[88]. La fréquentation du sanctuaire diminua auIIIe siècle, avant de s'éteindre à la fin duIVe[91].

La montagne de Lure est franchie de manière régulière à l'époque romaine au pas de Redortiers, au col de Saint-Vincent et à la baisse de Malcor, comme l'attestent les sites archéologiques situés sur les voies y menant au Contadour, à Jansiac et au Jas de madame[92].

Le gros tilleul marquant le site des fouilles de Font-Cremat à La Rochegiron
Le gros tilleul marquant le site des fouilles de Font-Cremat àLa Rochegiron[93]
Inscription sur bronze à Mars Nabelcus
Inscription sur bronze à Mars Nabelcus

Les vestiges de l'Antiquité romaine correspondent à des établissements agricoles et artisanaux ainsi que, ponctuellement, à des sépultures à incinération ou à inhumation le long des axes de communication. Ils sont denses dans les zones fertiles. Sur le versant sud, ils ont été trouvés à Cruis, Saint-Étienne-les-Orgues, Ongles, Banon et sa vallée, à l'ubac, aux thermes de Montbrun-les-Bains, Bevons et dans la vallée du Jabron[94].

Entre Banon et le chastelard de Lardiers, au quartier de la Font-Crémat de La Rochegiron, se trouvait un petit hameau agricole. Il a été fouillé entre1955 et1960. Ce qui a permis de situer sa période d'activité qui s'est étendue du Haut-Empire jusqu'auIIIe siècle, date à laquelle il fut incendié, puis il fut ponctuellement réoccupé jusqu'à la fin duIVe siècle[94].

Sur la commune de Bevons, des fouilles faites en1960, ont permis d'identifier un habitat rural qui fut occupé duIIe au IIIe siècle. Il dut être assez important comme en témoigne sonmausolée (4,5 × 4,5 mètres) qui contenait dix tombes. Quelques inscriptions renseignent sur le culte des dieux. À Aubignosc une se rapportait àSylvanus, à Noyers-sur-Jabron, une autre àMars, tout comme à Châteauneuf-Miravail, où en1909, fut découverte, au quartier de Lange, une stèle épigraphique en l'honneur deMars Nabelcus[94].

Moyen Âge

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Au Moyen Âge, à partir duXIe siècle, la montagne de Lure constitue une frontière interne audiocèse de Sisteron : en effet, son évêqueGéraud Chabrier ne peut prendre possession de son siège en1060, et doit se retirer àForcalquier. Il crée une institution originale, la concathédralité : l'évêché possède deux cathédrales, desservies chacune par sonchapitre de chanoines. Chaque chapitre administre une partie du diocèse : celui de Sisteron, au nord de Lure ; celui de Forcalquier, au sud[95].

Villages abandonnés

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Louis Stouff, en1960, a réalisé une étude qui a pu mettre en évidence l'importance du peuplement de la montagne au cours duMoyen Âge et la disparition de nombre d'habitats depuis cette période[96]. C'était, le plus souvent, des petits villages regroupés autour d'uncastrum. Leur abandon se situe généralement entre lesXIIIe et XIVe siècles[97].

  • Vieux-Noyers
    Le Vieux-Noyers, à Noyers-sur-Jabron
  • Hameau de Vière
    Hameau de Vière, en partie réhabité, à La Rochegiron
  • Vieil-Ongles
    Le Vieil-Ongles, à Ongles

Sur le versant nord, il y eut Vière aux Omergues, Villevieille à Montfroc, Jansiac à Châteauneuf-Miravail, Montaigne au nord-ouest de Noyers-sur-Jabron, Saint-Pansier, près de Bevons et Quinson à l'est de Valbelle[97].

Sur le versant sud, on compte Consonoves, près de Mallefougasse, les Orgues et Courtine sur la commune de Saint-Étienne, Malcor près de Lardiers, Giron, au nord de Saumane, Vière, près de La Rochegiron, les Crottes et Saint-André-de-Villesèche au nord du Revest-du-Bion et l'Aye au nord des Ferrassières[97].

Abbaye Notre-Dame de Lure

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Vue d'ensemble de l'abbaye de Notre-Dame de Lure
Vue d'ensemble de l'abbaye de Notre-Dame de Lure
L'abbadié de Saint-Étienne-les-Orgues, ancien cellier de l'abbaye de Lure
L'abbadié de Saint-Étienne-les-Orgues, ancien cellier de l'abbaye de Lure

L'abbaye Notre-Dame de Lure est située, à 1 220 mètres d'altitude, dans une doline de 20 mètres de large sur 15 mètres de profondeur[61]. Elle a été fondée par l'abbaye de Boscodon, fille de l'abbaye Notre-Dame-de-Chalais[98], et construite, dès1166, sous la responsabilité de Guigues de Revel. L'acte de donation fut confirmé en1207[99]. Il y était fait mention, entre autres, d'un cellier, sis près deSaint-Étienne-les-Orgues, donné parGuillaume IV de Forcalquier, en novembre1191[100]. S'y ajoutaient les prieurés donnés à l'abbaye dans lepays d'Aigues, la région deManosque et lavallée du Jabron[101].

Comme en1303, l'abbaye de Chalais avait intégré l'ordre des cisterciens, celle de Lure demanda d'être rattachée auxdominicains d'Aix. Ce futJean XXII qui régla son sort, en1317. L'abbaye fut rattachée au chapitre de lacathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon[102]. Dès lors, la règle se relâcha et il y eut de moins en moins de moines qui restèrent l'hiver à l'abbaye. Ils préféraient descendre à leur cellier qui fut désormais rebaptisé l'Abbadié (l'abbaye). En1481, sous le pontificat deSixte IV, Notre-Dame de Lure fut sécularisée[103].

Abbaye Notre-Dame de Lure en 1858
Abbaye Notre-Dame de Lure en 1858

Placée désormais sous l'autorité d'un abbé commendataire qui ne résidait pas, l'abbaye périclita. Elle fut brûlée, en1562, au cours desguerres de religion, le même sort fut réservé à l'Abbadié, en1578. En cette fin deXVIe siècle, Lure était en ruines et ne servit plus que de refuge aux bergers et aux bûcherons. Mais en1636, le conseil de ville de Saint-Étienne et le clergé local décidèrent de faire restaurer les lieux. Des travaux furent entrepris tant sur l'abbatiale, que sur l'ermitage, la fontaine et la citerne. Ils s'achevèrent en1659[104].

En1790, l'abbé commendataire se vit dépouiller de ses ressources par la vente des terres agricoles de Lure. Le conseil municipal de Saint-Étienne, quant à lui, se porta acquéreur, le de l'abbaye et de ses communs ainsi que de la source. Petit à petit les abords furent aménagés par la plantation de vingt-deux tilleuls, en1824, la restauration de l'ermitage, en1828, et celle de la façade en1879[105]. Une nouvelle campagne de restauration s'est ouverte en1975[106].

Période moderne

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Observatoires de Godefroy Wendelin

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Château des Graves, premier observatoire de Godefroy Wendelin
Château des Graves, premier observatoire de Godefroy Wendelin

En1605, l'astronome belgeGodefroy Wendelin fut témoin d'uneéclipse àForcalquier. Grâce à la protection d'André d'Arnaud, lieutenant général de la sénéchaussée, dont il était le précepteur des enfants, il put s'installer au château des Graves, àChâteauneuf-Miravail puis continuer ses observations météorologique et astronomique sur la montagne de Lure. Il les fit dans son observatoire au sommet du Contras (1 614 mètres) en1604 puis en1612, date à laquelle il retourna en Belgique[107].

Protestants d'Ongles

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Ruines du château d'Ongles
Ruines du château d'Ongles

Les villages d'Ongles, l'actuel et celui qui est abandonné et dit le Vieil-Ongles, furent une place-forte du protestantisme en Haute-Provence de1575 à1685, année de larévocation de l'édit de Nantes[108]. Lors desguerres de religion, en1575, le village du haut fut pris par les huguenots commandés par le baron de Consonoves[109],[110]. Il s'y retrancha, tout en permettant aux catholiques de continuer à pratiquer leur culte. Le baron en fut pourtant chassé en1576 après plusieurs escarmouches entre ses troupes et la garnison catholique de Forcalquier[110],[111]. En1586, ce fut l'armée royale qui mit Ongles à sac[109]. Puis, dix ans plus tard, les fortifications et le temple protestant furent détruits et le village dut descendre dans la plaine[110].

Les habitants s'installèrent au hameau de Fontaine qui devint le nouveau centre villageois. Convertis majoritairement à laRéforme, ils établirent leur temple dans une bastide du hameau des Verdets, au sud du nouvel Ongles, grâce à la liberté que leur accordait l'édit de Nantes promulgué en1598. Mais celui-ci fut investi, le par ordre du procureur du roi, siégeant à Forcalquier. Ce fut Jean d'Arnaud, lieutenant général de la sénéchaussée, qui intervint en plein culte ce qui lui permit de ficher les noms de douze hommes et de neuf femmes, la plupart appartenant à une même famille, les Verdet[108].

Un juge leur signifia alors, au nom du procureur du roi, que l'exercice de la religion prétendue réformée était injuste et insupportable. Puis il adjoint aux consuls d'Ongles, les sieurs Poncet Bernard et Gaspard Turin, ainsi qu'à son lieutenant de police Laurent Roux, de veiller à ce que ces assemblées ne se tiennent plus sous peine d'être coupables de connivence[108].

Au début desannées 1670, Jacques Bibaud de Lignonet, trésorier de la marine àToulon, fit construire sa résidence dans le village du bas, ce qui accéléra l'abandon du Vieil-Ongles[112]. Mais, en1688, l'édit de Fontainebleau, abolissant l'édit de Nantes, fut fatal à la communauté protestante, qui disparut, ses membres émigrant ou étant convertis de force[113].

Gestion de la forêt

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En1770, l'édition de la carte Cassini laisse apparaître une forêt peu importante. Sur l'adret, il n'y a que deux massifs, le premier s'étend d'Aubignosc à Cruis, le second de Lardiers à Saint-Étienne-les-Orgues. Sur l'ubac, l'exploitation forestière a été aussi forte puisque ne subsistent que quelques sapinières dans des lieux inaccessibles[114].

AuXIXe siècle, la forêt de Lure n'occupait toujours que les pentes escarpées sur le versant nord[53]. Un peu plus importante sur le versant sud, elle fournissaitpâturages dans lesclairières etalpages au sommet, permettait le ramassage dubois, la cueillette deschampignons, desbaies des bois ou desfaînes, ainsi que l'exploitation descharbonnières. Ses principales essences étaient le chêne pubescent sur les parties basses et le sapin sur les hauteurs de la montagne[114].

Son aire déclina avec l'essor démographique et les besoins industriels (forgerons, faïenciers, verriers, tuiliers, fondeurs, chaufourniers, etc.)[9]. L'exode rural de la seconde moitié duXIXe siècle, entre1840 et1850, est aussi consécutif à cette forte déforestation qui provoqua en plus lors desépisodes méditerranéens descrues destorrents et desinondations catastrophiques, desglissements de terrain et la dégradation des terres agricoles[114].

Forêt sur l'adret de la montagne de Lure
Forêt sur l'adret de la montagne de Lure
Forêt sur l'ubac de la montagne de Lure
Forêt sur l'ubac de la montagne de Lure

Le reboisement de zones instables, la régénération naturelle et l'exode rural inversèrent la tendance[9]. À partir de1868, le reboisement de la montagne fut dirigé parProsper Demontzey et lepin noir fut l’espèce privilégiée. Bien que la forêt de pin noir ne soit pas autochtone, cette essence a été retenue pour ses capacités de pousse rapide et pour retenir les sols. Elle a ainsi permis dans un second temps la pousse d’érables, d’alisiers, desorbiers, demerisiers, et sur le versant nord, dehêtres[115].

Face à ce succès, cinq cents autres hectares de pins noirs d'Autriche et de mélèzes furent plantés au début duXXe siècle[9], sur le versant nord. CetteRestauration des Terrains de Montagne (RTM) fut une réussite d'ailleurs accentuée par le déclin rural qui suivit la fin de laPremière Guerre mondiale. Abandonnées, les terres pâturées ou cultivées furent reconquises par la forêt[114].

Lesharkis deSisteron semèrent de sapins les hêtraies à partir de1960, puis une forêt fut créée de toutes pièces dans la commune des Omergues entre1950 et1980[114]. Les principales essences que l'on rencontre à présent sont lechêne blanc, lepin d'Alep, lepin sylvestre, lesapin, lecèdre et lehêtre à l'adret ; lechêne vert, lefrêne, lehêtre, lemélèze, lesapin, lepin noir d'Autriche, lesureau et lepeuplier à l'ubac[9].

Scieurs de long
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Scieurs de long du Forez vers 1900
Scieurs de long du Forez vers 1900
Scieurs de long dans la montagne de Lure
Scieurs de long dans la montagne de Lure

Venus desmonts du Forez, ils partaientà la scie de la Saint-Michel à la Saint-Jean vers des climats plus méridionaux. La montagne de Lure, suivie dumont Ventoux fut un de leurs lieux de prédilection. Organisés en brigades, venant du même village et souvent parents, ils apportaient leurs scies pour débiter les troncs des hêtres en planches. Même si quelques-uns avaient fait le voyage au cours duXVIIIe siècle, le gros de leur contingent vint travailler dans les forêts de Lure à partir dupremier Empire, où à Saint-Étienne-les-Orgues la population passa de 700 habitants, en1806, à 1 326, en1836. Leurslivrets d'ouvrier, obligatoirement visés par les autorités, ont permis de connaître leurs noms et leurs lieux d'origine. Ils arrivaient deSaillant,Usson-en-Forez etSaint-Julien-Chapteuil. Ils se nommaient Allivot, Savinel, Courveille, Jouvet, Bouillon ou Faveral et leurs patronymes se retrouvent encore sur place quand ils ont fait souche. Installés, ils devenaient marchands de bois ou de vin[116].

Charbonniers
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Charbonnier de la montagne de Lure
Charbonnier de la montagne de Lure
Charbonniers dans la montagne de Lure au début du XXe siècle
Charbonniers dans la montagne de Lure au début duXXe siècle
Charbonniers et leur chèvre
Charbonniers et leur chèvre

Mais le principal de la déforestation fut dû auxcharbonniers qui durant une grande période et jusqu'au milieu duXXe siècle, occupèrent et rasèrent les forêts de Lure. Certaines charbonnières peuvent dater duMoyen Âge. Les sites étaient réutilisés dès la repousse soit environ tous les vingt-cinq ans. Il y avait avantage à réoccuper ces lieux car le nivelage du sol était réduit et la charbonille de la meule précédente facilitait l'allumage de la nouvelle. Cette activité s'étendait de mai à novembre[117].

Menant en forêt la vie précaire des tâcherons, ils élevaient des chèvres pour leur lait. Mais celles-ci, considérées comme un facteur de déboisement, les gardes-forestiers n'en toléraient qu'une pour un couple de charbonniers, deux s'il y avait des enfants. Outre le lait et le fromage, quelques poules, des pommes de terre troquées contre des travaux dans les champs, de la polenta, des produits de la chasse et de la cueillette composaient le quotidien[117].

Produire cinq tonnes de charbon de bois exigeait d'une famille un mois de travail. Ces couples venus tout d’abord d’Auvergne cédèrent leur place, au milieu duXIXe siècle, à ceux originaires duPiémont ou deLombardie. Encrassés par le charbon, ces étrangers furent toujours assez méprisés des autochtones. Beaucoup se firent naturaliser avant laSeconde Guerre mondiale pour échapper aux lois limitant l'emploi des immigrés[117].

Gardes forestiers sur une charbonnière métallique, vers 1930, dans la montagne de Lure
Gardes forestiers sur une charbonnière métallique, vers 1930, dans la montagne de Lure

Les charbonniers de Lure avaient fort mauvaise réputation. DansRegain deMarcel Pagnol, Arsule (Orane Demezis) qui suit le rémouleur Gédémus (Fernandel) a été violée par eux[9]. Quant àPierre Magnan, dans son romanLes charbonniers de la mort qui se déroule en1910, il narre l'histoire d'un charbonnier qui arrive à Combe-Madame, dans Lure, où son frère Attilio, lui aussi charbonnier, arrondit son pécule en vendant unaphrodisiaque. Il lui apporte un adjuvant qui doit rendre plus digeste la drogue proposée aux notables du village. Mais leur fête galante de la Saint-Pancrace approche et le petit Rosito est déjà parti livrer les cornets de poudre. Au cours de ces ripailles il va y avoir des morts. L'enquête qui s'ensuit mène sur la piste d'« un enfant sur un âne, qui portait dans sa main comme un bouquet de cornets gris, et laissait derrière lui une odeur de souris[118]. »

Le dernier charbonnier de Lure fut Second Usseglio, piémontais né en1920 dans laprovince de Turin. Devenu orphelin de mère, il vécut toute son enfance sur le lieu de travail de son père, une cabane de charbonnier. Scolarisé à Saint-Étienne-des-Orgues, il lui fallait trois heures de marche aller-retour pour se rendre en classe. Ce ne fut qu'après lecertificat d'études qu'il quitta l'école, afin de pouvoir travailler avec son père. Devenu charbonnier à treize ans, il fut chargé d’abattre les arbres. Une charbonnière nécessitait deux cent-cinquante stères de bois. Il apprit le métier en se blessant trois fois avec sa hache et s'y rompant le dos. Pendant la guerre, Usseglio fut réquisitionné par leSTO dans le Nord de la France d'où il s'échappa pour revenir se cacher dans la montagne de Lure. Après1945, il changea de métier et entra en apprentissage chez un boucher charcutier. Ayant obtenu la nationalité française, il ouvrit sa propre boucherie àMénerbes, dans le Luberon. Il y exerça pendant trente-quatre ans avant de venir prendre sa retraite à Saint-Étienne[119].

Période contemporaine

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Résistance au coup d'État de 1851

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Proclamation contre le coup d'État de 1851 dans les Basses Alpes
Proclamation contre le coup d'État de 1851 dans les Basses Alpes
Les Mées, soulèvement contre le coup d'État de 1851
Les Mées, soulèvement contre le coup d'État de 1851
Stèle élevée à Lardiers en 2001 à la gloire de l'insurrection des républicains de la commune contre le coup d'État de Napoléon III
Stèle élevée à Lardiers en 2001 à la gloire de l'insurrection des républicains de la commune contre le coup d'État de Napoléon III

L'avènement de ladeuxième République en1848, en instaurant lesuffrage universel souleva un véritable espoir en France. Mais,Louis-Napoléon Bonaparte, prince-président, pour conserver le pouvoir après1852, fomenta uncoup d'État qu'il réalisa le[120]. Certains s'en doutaient. Déjà, le,André Ailhaud, un républicain convaincu, s'était rendu à Saint-Étienne-les-Orgues, pour un mariage. Sa venue déclencha une manifestation anti-gouvernementale. Au cours du banquet, debout sur une table, il exhorta les convives à la défense de la République et de ses valeurs. Les applaudissements furent nourris[121].

Dès que la nouvelle du coup d'État fut connue, le 4 décembre, ce fut André Ailhaud qui proclama l'insurrection contre celui-ci[121]. Les Basses-Alpes se soulevèrent pour marcher surDigne[122]. À chaque village traversé, les républicains, armés de fusils et de faux, formaient de nouvelles colonnes grossissant l'armée qui devait investir la préfecture[121]. De Saint-Étienne-les-Orgues, un groupe fort de trente-quatre hommes et deux femmes partit le 5 au matin rejoindre les autres colonnes[120]. Quand elles arrivèrent aux portes de Digne, les républicains comptaient 10 000 hommes[121].

Ce fut là que les insurgés apprirent qu'un bataillon bonapartiste remontait la vallée de laDurance. Lors de la rencontre desMées, la troupe gouvernementale battit en retraite face aux républicains commandés par Ailhaud. Les Basses-Alpes étant le seul département insurgé, le comité de résistance donna l'ordre de dispersion. Ce fut pour Ailhaud le repli sur Saint-Étienne-les-Orgues, commune qui devient le dernier bastion de la résistance républicaine[120].

Ailhaud préféra alors se réfugier dans la montagne de Lure. Pour ce faire, il se rendit à Lardiers[121], où il savait trouver une vingtaine de républicains actifs. La majorité étaient des petits propriétaires terriens[123], mais il y avait surtout son ami l'aubergiste Moutte. Avec l'aide de sixmontagnards, fils et petits-fils des droguistes de Lure, il le cacha. Puis le groupe le prit en charge pour lui permettre d’échapper aux recherches[121]. Il resta quelque temps dans Lure avant de gagnerMarseille où, arrêté et jugé, il fut condamné à la déportation aubagne de Cayenne. La commune de Saint-Étienne-les-Orgues, quant à elle, subit la vengeance de son maire-notaire-usurier dont la maison avait été pillée par des insurgés du village le 4 décembre. Il intenta un procès à ses concitoyens et le gagna en appel. La commune fut donc contrainte de lui payer pendant quarante ans des dommages et intérêts[120].

Résistance durant la Seconde Guerre mondiale

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René Char
René Char, dit Capitaine Alexandre
Les Hautes-Plaines, à Mane, terrain d'atterrissage du SAP de René Char
Les Hautes-Plaines, à Mane, terrain d'atterrissage du SAP de René Char

La montagne de Lure, dès le printemps1943, fut en Haute-Provence l'un des refuges de jeunes gens qui voulaient échapper auSTO en Allemagne. La réquisition visait les jeunes nés entre1920 et1922. Ils furent à la base des maquis organisés par les différents groupes de larésistance et furent opérationnels dès les premiers parachutages d'armes au début1944[124].

René Char, dit capitaine Alexandre, dont le QG était àCéreste, chargé duService atterrissage parachutage (SAP) desFFI dans la zone Durance desBasses-Alpes, joua un rôle essentiel. Ses maquisards contrôlaient les différents terrains de parachutage connus de Londres, réceptionnaient puis cachaient les armes. Lors d'un transfert, un de ses hommes ayant été pris par l'ennemi, le poète n'hésita pas à tendre une embuscade et à le libérer[125].

Maquisards dans la montagne de Lure en 1944

Certains parachutages étaient à haut risque comme celui qui eut lieu dans la nuit de 27 au. La dispersion des quatorze parachutes entreBanon etl'Hospitalet n'était pas prévue et parue suspecte. Un seul container put être récupéré par un maquisard de l'Hospitalet. Il contenait 71 mitraillettes Stern, 9 000 cartouches, 231 grenades et 200 kilos d'explosifs. Le SAP ne tarda pas à être informé que ce sabotage était à mettre au compte des gendarmes locaux qui avaient déplacé les repères de largage après les révélations faites par un réfugié lorrain de soixante-quatre ans. Le délateur fut fusillé trois semaines plus tard devant l'église Saint-Jean-Baptiste de l'Hospitalet. Un même type de sabotage avait eu lieu près deForcalquier, quelque temps plus tôt, dans la nuit du 3 au 4 décembre et le groupe de René Char avait mis plusieurs jours à tout récupérer. Sonservice atterrissage et parachutage, entre novembre 1943 et août 1944, réceptionna près de cent largages d'armes[126].

Montagne de Lure : frontière linguistique

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Frontières linguistiques dans la Provence historique
Frontières linguistiques dans la Provence historique
La montagne de Lure, frontière linguistique entre le provençal et le vivaro-alpin
La montagne de Lure, frontière linguistique entre le provençal et le vivaro-alpin

La montagne de Lure et lemont Ventoux marquent une frontière linguistique entre deux variétés de lalangue occitane. Celle-ci traverse d'ailleurs toute la langue d'oc de la frontière italienne jusqu'à l'Atlantique. C'est une prononciation différente du C et du G devant la voyelle A qui détermine ces deux grands ensembles linguistiques : le nord-occitan et le sud-occitan[127].

Le nord-occitan correspond aux parlersvivaro-alpin,auvergnat etlimousin, le sud-occitan auprovençal,languedocien etgascon. Le tableau ci-dessous montre quelques exemples de cettepalatalisation dans le langage courant[127].

FrançaisSud-occitanNord-occitan
chantercantarchantar
chèvrecabrachabra
coqgaujau
chargercargarcharjar

Ces différences de prononciation se retrouvent aujourd'hui essentiellement dans les toponymes. Sur les thèmes latinscapra-, on trouve unCabrières dans le Vaucluse, et unChabrillan dans la Drôme ;campus-, donne un Campredon, quartier deL'Isle-sur-la-Sorgue et unChamptercier au centre des Alpes-de-Haute-Provence ;canta-, Cantarel, à Avignon, etChantemerle, dans la Drôme, etcastrum- se décline enCastellane, dans le sud des Alpes-de-Haute-Provence, etChastel-Arnaud, dans la Drôme[128]. Sur un thème prélatingarg- (pierre) a forméGargas, dans le Vaucluse, et son équivalentJarjayes, dans les Hautes-Alpes[129].

Une commune de la montagne de Lure vue par des ethnologues

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En1971, des étudiants enethnologie dans le cadre du CERESM, mis en place par l’Université de Provence d'Aix-en-Provence, étudièrent le village duRevest-du-Bion au point de vue de ses spécificités tant environnementales qu'économiques[130].

  • Le village du Revest-du-Bion
    Le village du Revest-du-Bion

Établi sur une butte, au centre de la commune, le village est le carrefour vers lequel convergent chemins, drailles et routes qui desservent ses exploitations agricoles dispersées ou qui le relient à l'extérieur[131]. Cette structuration oblige même de passer par le village pour se rendre d'une exploitation à l'autre. Cette« attraction du centre » a son revers puisque les chemins partant d'une exploitation et pouvant permettre de rejoindre une autre commune, en particulier dans la partie septentrionale du Revest, sont rarement entretenus et praticables[132].

Elle a déterminé aussi un sentiment identitaire fort :« Je suis Revestois »[133], qualification signifiant« Je suis du Revest et de vieille souche »[134]. Ce sentiment de longue appartenance communautaire, s'est traduit par des définitions originales de celui qui est étranger à la commune. S'il est originaire du plateau, entre Ventoux et Lure, il est qualifié d'estrangié du dedans, s'il vient de la région c'est unestrangié du dehors, et tout autre origine le fait considérer comme unestrangié pas d'ici[133]. Il existe même un clivage dans la population communale entre ceux qui résident dans le village et ceux qui vivent à l'extérieur. Il marque le contraste, sans ostracisme, entre la paysannerie qui vit en quasi-autarcie dans sonquartier, et l'urbanité des villageois qui ont à leur disposition sur place espaces et services publics, commerces et lieu de culte[134].

  • Commerces du Revest-du-Bion autour du Portissol
  • Bar
    Bar
  • Buraliste
    Buraliste
  • Restaurant
    Restaurant

Jusqu'au milieu duXXe siècle, ceux qui vivaient dans ces écarts devaient, trois fois par semaine, descendre au village pour faire leurs courses et prendre leurs pains chez le boulanger à qui ils avaient fourni la farine[135]. Dès le début duXXe siècle, la place du Portissol joua un rôle économique. C'est là que se tenaient les quatre foires du Revest, qu'était commercialisée la lavande et que furent répartis les commerces de détail qui permettaient l'approvisionnement domestique ainsi que la vente de la production ou de la cueillette des paysans[136].

Foire à Sault
Foire à Sault

Sur les communes voisines, à la fin duXIXe siècle et au début duXXe siècle, se déroulaient nombre de foires, mais les Revestois ne fréquentaient quasi exclusivement que celles de leur village[130]. Les seules exceptions étaient celles de Sault (Rameaux, Saint-Jean, Notre-Dame et Sainte-Catherine), celle des Tommes qui se tenait à Banon pour la Saint-Pierre ainsi que la foire aux chevaux de Barret-de-Lioure[26]. Même si le village est montagnard par son altitude (950 mètres), il est situé sur un piémont permettant des communications faciles avec ses voisins[131]. La centralité du Revest entre Ventoux et Lure lui permettait d'avoir quatre foires par an, dont la plus importante était celle des Machottes, au début juillet[135]. Les foires attiraient paysans et bergers duContadour, deBanon, deSault, desFerrassières et deSaint-Christol[26]. Elles jouaient un rôle important pour l'achat des chevaux et la vente des agneaux ; en ces occasions, un notaire de Banon venait au Revest pour enregistrer les transactions[135].

Au Revest, où règne majoritairement la grande propriété, compte tenu des rigueurs du climat et des différences de fertilité des sols, les terres agricoles se sont réparties sur les différents terroirs communaux (landes, bois, prés, terres labourables). Ce partage des différents finages est le corollaire du droit ancestral à l'eau et aux parcelles irrigables. Toutes les sources, puits, aiguiers et fontaines sont des propriétés communales[137].

Les landes et les bois — pour la chasse et la cueillette (champignons et châtaignes) — ainsi que lesdrailles ont une gestion originale, compte tenu de leur importance économique[137]. Pour la chasse, par exemple, cela se traduit par des cotisations progressives imposées par les associations gestionnaires. Les propriétaires des terres communales ne payent qu'un minimum, tandis que les chasseurs n'ayant aucun lien avec la commune versent les plus grosses cotisations. Entre, existent des gradations de tarif pour le résident non-propriétaire, pour ceux qui sont originaires du Revest mais non-résidents ou pour la parentèle d'un propriétaire. Il en est de même pour la cueillette des châtaignes et des champignons[138].

Évolution des origines matrimoniales au Revest-du-Bion entre 1853 et 1970[139].
Revest-du-BionTotal mariagesMariages endogamiquesMariages exogamiques
1853-1862753243
1883-1898944153
1921-1941741163
1963-197045144

L'examen des aires matrimoniales a démontré qu'en un siècle il y a eu un bouleversement des rapports des habitants de la commune avec l'extérieur. Le mariageendogamique (entre un couple du Revest ou des communes voisines) a cédé le pas à l'exogamique avec des conjoints résidant à plus de 30 kilomètres. Jusqu'en1940, les« aires matrimoniales » collaient parfaitement à une zone de relations économiques limitée aux environs[140]. Après laSeconde Guerre mondiale cette limitation a commencé à voler en éclats pour atteindre une autre ampleur avec l'arrivée massive de la main-d'œuvre nécessaire à la création des infrastructures de la base et silos à missiles[26].

En savoir plus surune commune de la montagne de Lure vue par des ethnologues.

Activités

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Agriculture et productions

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Céréales

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Gerbes d'épeautre
Gerbes d'épeautre
Traitement mécanique du petit épeautre
Traitement mécanique du petit épeautre

Jusqu'auXXe siècle, la culture descéréales occupait l'ensemble des terres labourables selon une trilogie immuable depuis des siècles. L'emblavage dominant était à base deméteil, venaient ensuite leseigle et lefroment. D'autres céréales étaient aussi cultivées, en plus petites proportions, comme l'orge, pour l'alimentation humaine, l'avoine, pour l'alimentation animale, quant à l'épeautre, sa production disparaissait des statistiques car souvent intégrée dans celles des deux céréales précédentes[141]. Il fut tout de même mentionné, en1816, dans un rapport de l'arrondissement de Sisteron comme culture importante à l'égal despommes de terre et du seigle. Il y est d'ailleurs qualifié de« vrai froment des hautes terres à climat rude et sol maigre[142]. »

En1836, 50 % des terres arables de Lure étaient emblavées et cette surface augmenta encore jusqu'à laPremière Guerre mondiale. Cette fois-ci c'est le froment qui dominait, la culture de l'épeautre restant toujours difficile à quantifier[143]. Actuellement, phénomène dû à lamondialisation, les céréales ont perdu de leur importance et ne concernent plus que 35 % des terres cultivées. Elles ont cédé la place à des prairies artificielles, des plantes fourragères et des plantes à parfum. Si jusqu'auxannées 1950, l'économie agricole reposait sur leblé et lemouton, elle se base maintenant sur lalavande et l'élevage[144]. En dépit de sa difficulté à être panifié, l'épeautre a le vent en poupe et elle trouve de plus en plus de débouchés grâce à une clientèle avide de naturel[145].

Lavande

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Récolte de la lavande sauvage, vers 1890, sur les pentes de la montagne de Lure
Récolte de la lavande sauvage, vers 1890
Plant de lavande sauvage dans un éboulis calcaire aux environs de 1 550 mètres d'altitude, dans la montagne de Lure
Plant de lavande sauvage dans un éboulis calcaire aux environs de 1 550 mètres d'altitude, dans la montagne de Lure
Distillerie de lavande à Ongles
Distillerie de lavande à Ongles

Lalavande est une plante indigène dans la montagne de Lure et elle y est cueillie à l'état sauvage pour ses qualités prophylactiques et odorantes depuis des siècles. D'une cueillette familiale, elle passa dès leXVIIe siècle mais surtout auXVIIIe siècle à une récolte systématique de la part des marchands droguistes basés à Saint-Étienne-les-Orgues qui en firent commerce à travers toute l'Europe. Actuellement Lure et leplateau d'Albion, son prolongement occidental sont le premier bassin producteur en France et les communes du massif représentent 70 % des surfaces de lavande plantées dans lesAlpes-de-Haute-Provence. Cette culture est devenue la base fondamentale de l'économie agricole de Lure[145].

Dans la réalité, on distingue la lavande vraie ou fine (Lavandula angustifolia) qui pousse à l'état sauvage entre 1 400 et 1 600 mètres d'altitude, ce qui correspond aux altitudes hautes des communes situées entre Cruis et Ferrassières, dulavandin (hybride deLavandula latifolia et deLavandula angustifolia) qui trouve son terrain de prédilection jusqu'à 700 mètres d'altitude, ce qui convient aux parties inférieures des communes de Banon, Ongles et Saint-Étienne. La mise en culture de ces deux variétés s'est faite au cours desannées 1890, pour répondre à une forte demande d'huiles essentielles[145]. LaPremière Guerre mondiale, cause de la raréfaction de main d'œuvre, conduit à l'abandon définitif de la cueillette de lavande sauvage pour privilégier celle de la lavande cultivée[146].

D'autant que les prix du marché s'envolent. Le kilo de fleurs passe de 12 francs, en1902, à 40 francs en1914[146], puis de 50 francs, en1921 pour atteindre 315 francs en1926. S'il s'effondre au cours de lacrise de 1929, il repart à la hausse dès1932, avec 85 F/kg pour atteindre, dix ans plus tard, en francs constants, 3 000 F/kg. Une telle manne induit à la fois les débuts de la mécanisation de cette culture et la concentration des distilleries[147].

Huiles essentielles de lavande et de lavandin
Huiles essentielles de lavande et de lavandin
Récolte mécanique de la lavande
Récolte mécanique de la lavande

Celle-ci est le fait des gros propriétaires-distillateurs qui rachètent les petites distilleries pour les fermer afin de maîtriser les prix, ce qu'ils réussissent complètement en se faisant courtiers et en imposant aux petits et moyens producteurs les cours en fonction des besoins desparfumeurs deGrasse[147]. Dans le même temps, la mécanisation de la culture s'impose définitivement avec l'apparition de la première machine à récolter dès1952. En moins d'un demi-siècle ses perfectionnements successifs vont lui permettre de réaliser en une journée le travail de 20 à 30 manuels et de faire diminuer le prix de récolte à l'hectare de 30 à 40 %. Cela va avoir comme conséquence de faire délaisser par certaines communes cette spéculation puisque désormais la production ne touche plus que la partie méridionale de la montagne de Lure à partir desannées 1980[148].

L'apparition, dès le début duXXIe siècle de lasauge sclarée complète le panel des plantes à parfum et leur culture passe de2 439 hectares, en1979, à2 986 hectares en2000. Tandis que le nombre d'exploitations, dans la même période, suit une courbe inverse, passant de 249 à 132[148]. De plus, l'huile essentielle de lavande de Haute-Provence est protégée par uneAOC depuis le et par uneIGP depuis le[149].

Filière bois

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Occupation du sol sur les communes de la montagne de Lure[69]
OccupationHectaresPourcentage
Urbain3180.50
Forêts et milieux ouverts49 07872.29
Agriculture14 06222.15
Eau140.05

Une charte forestière cosignée par les responsables des deux communautés de communes de Lure constate qu'actuellement il existe une filière mécanisée et capable de répondre aux besoins de coupes importants (bois de trituration, bois de chauffage). Mais l'impact économique direct de celle-ci reste difficile à appréhender car de nombreuses coupes en forêt privée se traitent de gré à si le volgré et ne font l'objet d'aucun suivi économique[69].

C'est pourquoi, si le volume de bois traité chaque année a été estimé à 30 000 m3, il doit être majoré en intégrant les coupes d'auto-consommation et celles de coupeurs occasionnels. Dès lors le chiffre réel se situerait plutôt aux alentours de 70 000 m3. Dans l'attente d'une mise en fonction d'une filière bois-énergie qui n'existe qu'à l'état de projet, le débouché quasi-exclusif des résineux reste la trituration et le chauffage pour les feuillus, deux produits de faible valeur ajoutée[69].

Élevage ovin

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Berger sur la montagne de Lure
Berger sur la montagne de Lure
Jas dans la montagne de Lure au début du XXe siècle
Jas dans la montagne de Lure au début duXXe siècle

Comme dans toutes les montagnes préalpines de Haute-Provence, la combinaison céréales/élevage ovin fut le système agricole originel de Lure duNéolithique jusqu'au début duXXe siècle. D'ailleurs, la statistique du nombre d'ovins n'a que peu fluctué entre1804 et2000, passant de 19 000 à 23 000 têtes, soit 2 à 3 ovins par habitant[150]. Jusqu'auXIXe siècle, le troupeau, majoritairement composé demoutons adultes était gardé pour salaine et sonfumier, seul l'agneau gras était destiné à laboucherie. La laine était traitée sur place et destinée à fournir des tissus decadis. Ceux-ci servaient de base à l'habillement des hommes et des femmes de Lure. L'agneau était vendu comme broutard, vers 6 mois, tandis que tout le troupeau, tant enbergerie que dans lespâturages fournissait lemigon, fumier très apprécié[151].

Le développement des voies de communication rapides incita les négociants-chevillards deSisteron, dans lesannées 1900 à privilégier la vente des agneaux de lait sur les marchés du Nord et du Nord-Est de la France. La structure du troupeau changea, hormis quelques béliers reproducteurs, il n'y eut désormais que desbrebis. Puis un nouveau phénomène apparut, au cours desannées 1970, celui de la concentration destroupeaux. D'une moyenne de 115 têtes en1970, le troupeau passa à 203 en1979 pour atteindre 354 en2000[152]. Au cours de cette même période, le nombre d'éleveurs diminua, à tel point que, depuis le début duXXIe siècle, ce sont 14 communes du massif qui ont abandonné l'élevage ovin. Les troupeaux les plus importants se trouvent à Ongles, au Revest-du-Bion, à Banon et à Saint-Étienne-les-Orgues et sont élevés pour leurs carcasses d'agneau[153].

Ces carcasses ont droit, sous le contrôle l'INAO, aulabel rouge accordé par un décret gouvernemental en date du[154]. Uneindication géographique protégée protège l'appellation au sein de l'Union européenne depuis le[155]. Cette exigence de qualité a mis un terme à la pratique decheptels élevés dans les mêmes conditions mais provenant d'autres régions dont laBasse-Provence, leMassif central et lePiémont. Chaque année, près de 400 000 bêtes passaient par lesabattoirs deSisteron profitant d'un certain laxisme pour usurper une provenance recherchée[156].

Article détaillé :Agneau de Sisteron.

Élevage caprin

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Troupeau de chèvres à Anglars, hameau de l'Hospitalet
Troupeau de chèvres à Anglars, hameau de l'Hospitalet
Tommes de fromage Banon
Tommes debanon

Sous l'ancien Régime, il y eut toute une série d'interdictions frappant l'élevage deschèvres. Elles allaient de la confiscation du cheptel, au bannissement à temps ou à vie du propriétaire, en passant par l'égorgement des bêtes et la peine du fouet jusqu'au sang pour qui les possédaient[157]. L'abolition des privilèges sous laRévolution française permit de relancer l'élevage caprin. Il perdura sous lepremier Empire car, comme le fit remarquer à sa hiérarchie unsous-préfet desBasses-Alpes :« Dans ces montagnes, le pauvre a sa chèvre qui le nourrit et sans laquelle sa famille manquerait de subsistances ». Car ce cheptel se contentait de peu, était plus robuste que les ovins et donnait quatre fois plus de lait[158].

À partir de1813, des autorisations ponctuelles de posséder des chèvres furent accordées par famille et par commune ce qui permit d'imposer des quotas. Étaient prioritaires les veuves et les paysans pauvres (1 à 3 chèvres), pour les communes seules les plus nécessiteuses avaient droit à un cheptel, celle de Cruis obtint le droit de posséder 2 chèvres par exploitation, celle de l'Hospitalet se vit attribuer 100 chèvres pour 32 familles. En1836, les statistiques montrent que sur 22 communes de Lure il y a 2 039 chèvres soit 1,5 tête pour 10 habitants. Ce cheptel va croître dans la seconde moitié duXIXe siècle pour atteindre 2 863 bêtes en1892 soit 40 % d'augmentation. Déjà des communes comme La Rochegiron et Banon, qui possèdent chacune 250 chèvres se spécialisent dans la fabrication du fromage de chèvre plié dans une feuille de vigne ou de châtaignier et cerclé par un brin de raphia. Cette production est essentiellement vendue sur le marché de Banon et le fromage prend son nom. Un siècle plus tard, entre1980 et2000, le troupeau n'a pas augmenté puisqu'il plafonne à 2 774 têtes[158].

Ce qui a changé, c'est qu'à la date du, l'INAO a donné son accord pour protéger le banon par uneappellation d'origine contrôlée[159]. C'est le premier fromage de la régionProvence-Alpes-Côte d'Azur à obtenir uneAOC[160]. Mais la production est faible ce qui fait la rareté de cette appellation. Il y a seize producteurs fermiers, deux artisans transformateurs, pour 68 tonnes de fromages par an (80 % laitier et 20 % fermier). Seuls dix producteurs de lait livrent les deux entreprises artisanales[161].

Article détaillé :Banon (fromage).

Le fromage dechèvre du Mont-Ventoux est produit artisanalement à partir de lait dechèvre du Rove. Le principal producteur se trouve près deSaumane, commune située à cheval sur leplateau d'Albion et la montagne de Lure[162].

Élevage porcin

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Élevage en plein air de porcs du Ventoux au Revest-du-Bion
Élevage en plein air de porcs du Ventoux au Revest-du-Bion
Charcuterie à base de porc du Ventoux sur un marché
Charcuterie du Ventoux

Durant des siècles et jusque dans lesannées 1960, lecochon très répandu dans Lure, grâce à ses chênaies, fut le principal fournisseur de laviande familiale (viande douce ou viande salée). Il y eut même unetranshumance puisqueLouis Stouff signale, auXVe siècle, la présence de porcins de basse Provence venus à laglandée à Redortiers. De plus, dans les paroisses de l'Hospitalet, de Saumane, de la Rochegiron et de Banon, les paysans passaient un contrat demi-croît avec les propriétaires de porcs deManosque,Sainte-Tulle etReillanne. Une pratique qui perdura jusqu'auXVIIIe siècle[163].

LeXIXe siècle reste le siècle d'or de l'élevage porcin. La statistique de1815 indique que dans l'arrondissement de Forcalquier, les communes de montagne possèdent un grand nombre de porcs dont il est fait commerce soit sur pied, soit salé. Ce sont plus de 2 000 porcs comptabilisés dont 309 à Banon, 218 au Revest, 200 à Ongles, 120 à Saumane et 100 à Redortiers. En1836, ce chiffre passe à 4 600[163], le Revest arrive en tête avec 600 porcs, suivi de Banon (423) et les Omergues (400). Cette augmentation est identique dans les massifs du Ventoux et des Baronnies[164].

Les deux guerres mondiales vont sonner le glas de la production du porc de montagne en Haute-Provence. La première à cause de la saignée provoquée parmi les hommes, la seconde, plus pernicieusement, avec l'élevage intensif mis en place pour faire cesser les restrictions. L'apparition des élevages industriels, enBretagne, à partir de1960, lui porta un coup fatal. En1979, il n'y avait plus que 40 élevages dans Lure, neuf ans plus tard, on en dénombra trois, totalisant 116 bêtes, au Revest, et quatre avec 147 bêtes à Noyers-sur-Jabron[164].

Pour relancer cette production, en1998, un syndicat fut créé afin de développer la filière duporc de plein air[165]. Il regroupa les producteurs dans un rayon de 50 kilomètres autour deSault, entre lesmonts de Vaucluse, la montagne de Lure, leplateau d'Albion et lemont Ventoux[166]. Ce syndicat s'est donné pour but de représenter, défendre et promouvoir le label de qualitéPorc du Ventoux. Pour être agréés, les animaux doivent avoir à leur disposition une surface de parcours de 100 m2 par porc et leur alimentation doit être composée d'un minimum de 70 % de trois céréales variées, les 30 % restant étant deslégumineuses[165]. La production, d'environ 3 600 porcs par an, est vendue à 85 % dans la région, par tiers, en boucherie, en restauration et dans la grande distribution[167].

Apiculture

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Miel du Contadour
Miel du Contadour
Ruches en transhumance entre l'Hospitalet et Lardiers
Ruches en transhumance entrel'Hospitalet etLardiers.

Dans le massif de Lure, le rucher familial est une longue tradition. Il fournissait à la fois un complément de revenu et c'était le seul moyen de sucrer. Jusqu'au milieu duXXe siècle, lesruches étaient aménagées dans des troncs d'arbres creux — les bruscs — et leur nombre variait en fonction desessaims récoltés au printemps puisque chaque récolte demiel tuait lesabeilles. La division du travail dans chaque famille était identique. L'homme était chargé du brusc et de lever le miel, la femme extrayait celui-ci des gâteaux decire en utilisant la chaleur du foyer. C'était un miel toutes fleurs qui servait à sucrer lesboissons, confectionner desgâteaux, préparer dunougat, confire desfruits ou réaliser desonguents. Les marchands-droguistes de Lure faisaient entrer cire et miel dans leurs préparations médicamenteuses. Mais la cire était aussi utilisée pour encaustiquer les meubles, son surplus étant vendu auxmenuisiers et auxébénistes ou consacré à confectionner desbougies et descierges[168].

Miel de Provence toutes fleurs
Miel de Provence toutes fleurs

L'apiculture de Lure va se transformer au cours desannées 1920 avec la mise en culture de la lavande et du lavandin sauvages. Puis par le remplacement progressif durant lesannées 1930 des bruscs par des ruches à cadres. Celles-ci se généralisèrent dans la décennie suivante. Dès lors, latranshumance desruchers dans les champs de lavande devint l'une des caractéristiques de l'apiculture provençale. Ces déplacements se firent initialement par les producteurs locaux grâce à une remorque attelée au car reliant Forcalquier à Banon et desservant Lardiers, l'Hospitalet et Saumane. Ils furent imités par lesapiculteurs deVaucluse qui organisèrent le déplacement de leurs ruches par charrois vers lesBasses-Alpes[169].

Actuellement la spécificité dumiel de Provence est protégée par unlabel rouge associé à uneindication géographique protégée tant pour le miel toutes fleurs et que pour le miel de lavande depuis le[170]. Les 4 500 producteurs de ce miel labellisé produisent 2 000 t/an soit 8 % de la production nationale[171]. Nombre d'entre eux pratiquent la transhumance selon un trajet allant du littoral méditerranéen vers la Haute-Provence (mont Ventoux, plateau d'Albion, montagne de Lure, etc.) durant les mois chauds et s'inversant dès la fin de la floraison[172].

Énergies renouvelables

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Ancien silo atomique transformé en centrale solaire près du Revest-du-Bion
Ancien silo atomique transformé en centrale solaire près du Revest-du-Bion

La première centrale solaire photovoltaïque entre Ventoux et Lure a été construite sur le plateau d'Albion à l'emplacement d'un ancien silo destiné au lancement de missiles nucléaires situé sur la commune de Sault. Désaffecté depuis1996, il a été démantelé entre1997 et1999. Toutes les installations militaires ont été retirées et le silo a été comblé de graviers[173]. Si son exploitation commerciale a débuté en2009, son inauguration officielle a eu lieu le[174].

Sa construction et son exploitation ont été confiées à AES Solaire France, société spécialisée dans les projets photovoltaïques, qui a mis en place une centrale solaire développant une puissance de 1,2 MWc. L’investissement avoisine les 5 millions d’euros[175]. Depuis décembre 2009, la centrale solaire produit près de 3 000 kWh par an pour chacun des 600 foyers de Sault. Ses promoteurs, AES Solaire France, basée à Aix en Provence, avec cette centrale réalisent leur premier projet à atteindre la phase opérationnelle[176].

Un de leurs concurrents, Eco Delta Développement (EDD) a obtenu un permis pour la construction d'un parc photovoltaïque d’une puissance de 1,2 MWc octroyé par la commune du Revest-du-Bion sur un ancien silo à missiles. La centrale solaire est constituée de 4 000 panneaux couvrant trois hectares. Elle fournit en électricité les habitants du Revest[177]. L’investissement représente un montant de 4,5 millions d’euros. Les travaux qui avaient débuté fin janvier2010 ont permis une mise en service au printemps2011[178].

Sport et tourisme

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Panorama

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Vue vers le nord depuis la montagne de Lure
Vue vers le nord depuis la montagne de Lure

La vue porte loin sur 360° depuis le signal de Lure, et presque autant depuis le reste de la crête. À l'est, on aperçoit lesPréalpes de Haute-Provence, les Grandes Alpes et, par temps clair, lemont Viso. Au sud-est, on peut voir les massifs autour duVerdon, lesPénitents des Mées et la plaine de laDurance. Au sud, on distingue la chaîne duLuberon ainsi que les massifs de laSainte-Baume et de laSainte-Victoire. À l'ouest, lemont Ventoux apparaît nettement et au nord, on a une vue sur les Préalpes de laDrôme provençale, leVercors, leDévoluy etles Écrins (Pic de Bure, l'Obiou,la Meije,l'Ailefroide,les Bans,l'Olan, lePelvoux,le Sirac,Les Rouies, lamontagne d'Aujour, etc.)[179].

Randonnée

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Parmi les nombreusesrandonnées possibles dans Lure, trois sont devenues des classiques. La première est celle qui permet d'atteindre le sommet de Larran soit au départ du Contadour, soit par Banon. La seconde mène au Contras, vaste zone d'alpage, par le col Saint-Vincent au départ deL'Hospitalet ou deSaint-Vincent-sur-Jabron. La dernière permet d'atteindre le signal de Lure par le col de la Graille[5].

Sports d'hiver

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Station de ski
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Sur la commune deSaint-Étienne-les-Orgues, à environ 1 600 m d'altitude, se trouve une petite station de ski. Malgré sa taille modeste, c'est la plus vieille du département (1934)[180].

Station de ski la plus proche de Marseille, elle a prospéré jusque dans lesannées 1980, grâce à des hivers enneigés[9]. En-, elle renouvelle son équipement avec un des remonte-pentes de la station de la Frache, àJausiers, qui vient de faire faillite[181]. Avec la réduction de l'enneigement et la concurrence des stations des Grandes Alpes, mieux équipées et mieux desservies, la station a perdu de son intérêt. Exposée à l'adret, elle ne bénéficie plus d'un enneigement fiable. À partir de, la majorité des pistes fermèrent[9] et seuls deux téléskis fonctionnaient encore l'hiver. La station de ski a été démantelée au printemps[182]. Après le démontage de la plupart des remontées, seuls deux téléskis « débutants » restent encore en service dès la présence de neige. Un observatoire astral jouxte la station de ski[9].

  • Location de skis à la montagne de Lure en 1938.
    Location de skis à la montagne de Lure en 1938.
  • Refuge dans la station de ski de la montagne de Lure.
    Refuge dans la station de ski de la montagne de Lure.
  • Remontées mécaniques actuelles.
    Remontées mécaniques actuelles.
Ski de randonnée et ski nordique
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Traces de raquettes dans la neige
Balade en raquettes dans la montagne de Lure
Mathieu Boogaerts, en ski raquette, dans la montagne de Lure
Mathieu Boogaerts, en ski raquette, dans la montagne de Lure

Bien que la station de ski soit très petite et l'enneigement peu fiable, elle reste un lieu très apprécié des locaux qui y trouvent un lieu idéal pour faire d'autres sports d'hiver (ski de randonnée ou nordique, raquettes, luge, etc.). Aux activités du ski alpin sont aujourd'hui associés les loisirs duski nordique, derandonnée, ou des balades notamment enraquettes[183],[184]. En outre, le refuge de LureLa Sauvagine, offre un espace de convivialité tandis que l'observatoireMarc Bianchi, siège de lasociété astronomique de la montagne de Lure, permet aux amateurs passionnés des observations[185].

Depuis2008, une fête de la raquette est organisée chaque année, au mois de janvier, dans le cadre de la fête nationale du ski et de la neige. Ce rendez-vous national est un événement festif et convivial qui permet de découvrir des activités de randonnées à raquette, le métier d'accompagnateur en montagne et le fonctionnement en club de la Fédération française de randonnée. En l'espace d'un week-end tout un chacun peut être initié aux notions de sécurité, à la construction d’igloos et au parcours d’orientation[186].

Le premier jour, une formule « rando après-midi + coucher de soleil », adaptée au niveau de chaque groupe, programme les techniques de descente et de franchissement, l'initiation à l'orientation et l'identification des traces d’animaux avec comme point d'orgue l'arrivée sur la crête de Lure au moment du coucher de soleil. La nuit tombée, la balade se conclut par des communications lumineuses et radios avec le sommet du Ventoux puis par une descente aux flambeaux vers la station de ski[186].

Le lendemain des randonnées à la journée ou à la demi-journée (sportive, découverte, famille ou parcours d’orientation) sont suivies par des ateliers d'initiation dont celui consacré à la sécurité (initiation à l'usage des détecteurs de victimes d'avalanches - DVA). La journée se conclut à 17 heures. Lors de ce week-end, la sécurité pour tous les participants est assurée sur place par les secouristes du PGHM (Gendarmerie de Haute Montagne) et de pompiers départementaux[186].

Cyclisme

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Cyclisme professionnel
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Richie Porte en pleine ascension
Richie Porte en pleine ascension

Le, la montagne de Lure a accueilli l'arrivée de la6e étape deParis-Nice 2009. Elle était annoncée comme l'étape la plus difficile de cette édition, la montée était classée en première catégorie, et fut marquée par la victoire d'Alberto Contador qui a pris par la même occasion le maillot jaune àSylvain Chavanel. La montagne a été grimpée par le versant sud et a constitué l'arrivée la plus haute de l'histoire de cette course même si elle n'a pas été jugée au sommet de la route, enneigée en cette période, mais quelques kilomètres plus bas au niveau du refuge de Lure. Alberto Contador avait ainsi mis34 min 20 s pour grimper jusqu'à la station[187].

Le, leParis-Nice a fait à nouveau étape à la montagne de Lure. L'arrivée a été une nouvelle fois jugée à la station sur le versant sud. Alors que le peloton du maillot jaune était groupé jusque dans les derniers kilomètres, le leaderAndrew Talansky accélérait le rythme, répondant à une attaque deMichele Scarponi. Mais c'est finalementRichie Porte qui est parvenu à s'extirper du groupe de tête à 1,5 km de l'arrivée pour l'emporter et prendre le maillot jaune à Andrew Talansky[188].

Le, la station de la montagne de Lure a accueilli l'arrivée de la3e étape duTour de La Provence 2022.Nairo Quintana accélérait à moins de 5 km de l'arrivée et s'imposait, endossant du même coup le maillot de leader du classement général. Le, elle accueillait encore la2e étape du Tour de La Provence 2026, remportée parMatthew Riccitello d'une courte marge devantCarlos Rodríguez[189].

VTT
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En VTT sur une draille
En VTT sur une draille

Les abords de Lure se prêtent assez bien à la pratique du VTT. Dans la montagne même, les crêtes sont praticables bien qu'assez cassantes à cause des pierres. En dehors de celles-ci, les nombreux sentiers et les drailles permettent de tracer des itinéraires selon ses goûts et capacités sportives. Beaucoup de ceux-ci sont balisés VTT et GRP (Tour de la montagne de Lure). Les meilleures périodes pour pratiquer sont mai, juin, septembre et octobre[190].

Ascension
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Pour les grimpeurs (VTT ou vélo de course), il existe le chalenge cycliste de Lure. C'est un parcours permanent ouvert toute l'année[191]. Il part d'un principe simple : faire une ascension chronométrée au départ de Saint-Étienne-les-Orgues, depuis le carrefour de la D951 et de la D413 à près de 685 mètres d'altitude[18],[192], jusqu'au point le plus élevé de la route (1 748 m)[193], sous le signal. Cette ascension est de18 kilomètres[194], avec un dénivelé de 1 063 mètres et une pente moyenne à 5,9 %[195]. Pour concourir, il suffit d'être muni d'unsmartphone, télécharger l'applicationchallengelure, effectuer la montée et retrouver son temps et classement sur le site du chalenge[191]. Pour les meilleurs sont décernés des diplômes or, argent ou bronze[194].

Un journaliste, Frédéric Millet, a enregistré sur le vif ses impressions sur les quatorze premiers kilomètres de l'ascension jusqu'à la station, dont l'entrée se situe au refuge de Lure (à environ 1 570 m d'altitude) après 13,8 km de montée ; les derniers kilomètres étant encore enneigés, et les a ensuite publiées en 2009 dans la revue spécialiséLe Cycle. Il reste surpris dès le départ où d'emblée il doit avaler pendant 300 mètres une côte à 9 % avant d'avoir droit à un replat et finir son premier kilomètre avec une déclivité moyenne de 7,5 %« Une belle entrée en matière ! » remarque-t-il[192].

Par la suite la pente reste stable, comprise entre 5 et 6 %. Mais à partir du9e kilomètre, marqué par le passage devant deux oratoires se jouxtant (Saint-Joseph et Sainte-Marie, à environ 1 240 m d'altitude[196],[192]),elle augmente sensiblement ce qui oblige à enlever une ou deux dents. Il note d'ailleurs :« L’inclinomètre indique même un passage de 200 mètres à 10 % qui nécessite de se mettre en danseuse. » Si, arrivé au kilomètre 12, il voit enfin le sommet et le signal de Lure, il constate :« La pente devient plus éprouvante avec toujours un 7 % de déclivité moyenne mais une succession de lacets propres à briser votre élan, surtout que la végétation se raréfie et offre moins d'abri face aux vents[192]. »

Sports aériens

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Cette montagne permet également la pratique de sports aériens (planeur,parapente oudeltaplane,montgolfière). Le planeur y est particulièrement présent avec la proximité des aérodromes deSaint-Auban et deSisteron. Elle est connue pour avoir permis à des planeurs de monter en vol stationnaire jusqu'à 10 000 mètres d'altitude[197].

  • Sports aériens
  • Vol à voile
  • Parapente
  • Montgolfière

Il est possible de pratiquer le vol libre au Sambuquet (Saim Buguet), près de l'Hospitalet, avec deltaplane et parapente[198]. Les vols en montgolfière se font au départ deForcalquier, ils sont à la portée de tous, sans condition particulière. Le vol dure environ une heure et quart[199].

Thermalisme

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Entrée des Thermes de Montbrun-les-Bains
Entrée des Thermes de Montbrun-les-Bains
Établissement thermal
Établissement thermal

Montbrun-les-Bains est un centre de thermalisme situé à l'extrémité occidentale de la montagne de Lure. Depuis2006, l'établissement thermal a été agrandi et constitue un élément majeur de la vie économique du village et de tout ce secteur. Ses sources d'eau fortement sulfurées étaient déjà connues du temps des Romains et la station fut très en vogue dès leXVIe siècle. LaPremière Guerre mondiale lui fut fatale et elle ne put rouvrir que dans lesannées 1970. Elle traitait alors les affections respiratoires, l'arthrose, lesrhumatismes, l'ostéoporose et les séquelles detraumatismes[200]. Actuellement, elle offre en plus un espace détente avec piscine thermale,sauna, terrasse avecjacuzzi,aquagym et stage derelaxation. Quant à l'institut, il propose des soins à la carte à partir d'un forfait de un à cinq jours allant de labalnéothérapie, au modelage et aux soins esthétiques. La station est ouverte de la mi-mars à la mi-novembre[201].

Protection environnementale

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Types d'habitats protégés dans le cadre deNatura 2000[202]
Forêtsproportion
Forêts caducifoliées51 %
Forêts de résineux12 %
Zones de plantations d'arbres (incluant les vergers, vignes, dehesas)5 %
Forêt artificielle en monoculture (ex: plantations de peupliers ou d'arbres exotiques)2 %
Prairies et eauxproportion
Landes, broussailles, recrus, maquis et garrigues, phrygana14 %
Pelouses sèches, steppes12 %
Pelouses alpine et sub-alpine3 %
Eaux douces intérieures (eaux stagnantes, eaux courantes)1 %
Article détaillé :Réserve de biosphère du Luberon-Lure.

À la suite de la reconnaissance par l'Unesco en 1997 de laréserve de biosphère du Luberon intégrant leparc naturel régional, il est décidé d'étendre le territoire de la réserve à la montagne de Lure en 2010[203].

Monuments et patrimoine

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Monuments historiques classés

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Dans la Drôme :Barret-de-Lioure[204] etMontbrun-les-Bains[205].

  • Monuments historiques drômois de la montagne de Lure
  • Église de Barret-de-Lioure
    Église de Barret-de-Lioure
  • Beffroi de Montbrun
    Beffroi de Montbrun
Article détaillé :Liste des monuments historiques de la Drôme.

Dans les Alpes-de-Haute-Provence :Banon[206],Châteauneuf-Val-Saint-Donat[207],Cruis[208],Lardiers[209],Mallefougasse-Augès[210],Noyers-sur-Jabron[211],Redortiers[212] etSaint-Étienne-les-Orgues[213].

Article détaillé :Liste des monuments historiques des Alpes-de-Haute-Provence.

Patrimoine rural

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  • Patrimoine rural
  • Saint-Julien d’Aubignosc, portail de 1667
    Saint-Julien d’Aubignosc, portail de 1667
  • Librairie Le Bleuet à Banon
    LibrairieLe Bleuet à Banon
  • Pont ancien à voûte à Bevons
    Pont ancien à voûte et pont en remblai sur tunnel en tôle ondulé à Bevons
  • Oratoire Saint-Sébastien (1722), à Châteauneuf-Miravail
    Oratoire Saint-Sébastien (1722), à Châteauneuf-Miravail
  • Chapelle Sainte-Madeleine à Châteauneuf-Val-Saint-Donat
    Chapelle Sainte-Madeleine à Châteauneuf-Val-Saint-Donat
  • Saint-Martin de Curel
    Saint-Martin de Curel
  • Fontaine-oratoire Jeanne d'Arc (1896) aux Ferrassières
    Fontaine-oratoire Jeanne d'Arc (1896) aux Ferrassières
  • Lavoir et fontaine à Lardiers
    Lavoir et fontaine à Lardiers
  • Toiture en lauzes à L'Hospitalet
    Toiture en lauzes à L'Hospitalet
  • Monument aux morts de Mallefougasse-Augès
    Monument aux morts de Mallefougasse-Augès
  • Fontaine du beffroi à Montbrun-les-Bains
    Fontaine du beffroi à Montbrun-les-Bains
  • Église de Montfroc
    Église de Montfroc
  • chapelle de Périvoye, à Noyers-sur-Jabron
    Chapelle de Périvoye, à Noyers-sur-Jabron
  • Porte baronniarde des Omergues
    Porte baronniarde des Omergues
  • Cadran solaire de l'église Notre-Dame d'Ongles
    Cadran solaire de l'église Notre-Dame d'Ongles
  • Vieux village de Peipin
    Vieux village de Peipin
  • Notre-Dame de l'Ortiguière au Revest-du-Bion
    Notre-Dame de l'Ortiguière au Revest-du-Bion
  • Enclos de la bergerie de l'Homme mort à La Rochegiron
    Enclos de la bergerie de l'Homme mort à La Rochegiron
  • Monument aux morts de Saint-Vincent-sur-Jabron
    Monument aux morts de Saint-Vincent-sur-Jabron
  • Bas-relief médiéval sur la façade d'une maison de Saumane
    Bas-relief médiéval sur la façade d'une maison de Saumane
  • Saint-Pons de Valbelle
    Saint-Pons de Valbelle

Représentations de la montagne de Lure

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Littérature

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SiJean Giono etPierre Magnan, auteurs contemporains, restent les plus connus des littérateurs ayant magnifié la montagne de Lure[214], ils ont été précédés par toute une série de poètes ou romanciers de langue d'oc. Le premier estPons de Monlaur, untroubadour. Ami deGui de Cavalhon, avec lequel il échangeait descoblas, ils furent tous deux familiers de la cour du comte de Forcalquier où ils vécurent de la fin duXIIe siècle au début duXIIIe siècle[215]. Autre poète de langue d'oc etfélibre,Théodore Aubanel, dont le frère habitaitPierrerue et qui semble avoir aimé passionnément Lure. Sportif hors pair, il partit une fois d'Avignon à pied pour rejoindre son cadet en passant par le sommet du Ventoux et les crêtes de Lure[215]. Dans son poèmeLa mióugrano entre duberto (La grenade entr'ouverte), il chante la montagne auxestrange et negre mourre (aux pics étranges et noirs). Et quand le poète se fit narrateur, il revint vers Lure pour situer son drameLou Pastre. Sur fond sinistre du viol d'une fillette par un berger, il décrit toute une série de fleurs de la montagne avec leur nom en provençal et leurs usages bénéfiques ou maléfiques[216].

Pour beaucoup, Lure reste le lieu, implicite ou explicite, de plusieurs œuvres de Giono. Ce fut aussi son refuge, où il organisa, de1935 à1939, au hameau du Contadour, un rassemblement littéraire bi-annuel :les Rencontres du Contadour, qui donnèrent lieu à une publication périodique, lesCahiers du Contadour[217].

  • Les deux maisons de Giono au Contadour
  • Ferme des Graves
    Ferme des Graves

LesRencontres internationales de Lure ont été créées en1952 àLurs à l'instigation deMaximilien Vox, en compagnie deJean Garcia, Robert Ranc,Jean Giono etLucien Jacques. Les premièresRencontres débutèrent en1953 sous la dénominationÉcole de Lure ouÉcole de la montagne de Lure ou encoreEntretiens de Lurs. Au départ simple réunion d'amis, les Rencontres s'enrichirent rapidement de participants étrangers et se constituèrent en association Loi 1901, le, sous la dénominationAssociation des Compagnons de Lure[218].

Peintures et gravures

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Premières représentations

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Ex-voto du pèlerinage des fidèles de Reillanne à Notre-Dame de Lure, milieu du XIXe siècle
Ex-voto du pèlerinage des fidèles de Reillanne à Notre-Dame de Lure, milieu duXIXe siècle

En dehors despèlerinages traditionnels, les habitants deReillanne, à chaque risque desécheresse, se rendaient de leur village à Notre-Dame de Lure, pour solliciter lapluie. Ces pèlerinages, sous la conduite de laconfrérie locale despénitents blancs, se déroulaient le plus souvent auprintemps et plus rarement à l'automne. Ils pouvaient rassembler jusqu'à 1 500 fidèles[219] et imposaient une journée de marche pour arriver au sanctuaire. Afin d'être mieux exaucés lespèlerins parcouraient le dernier kilomètre pieds nus et cierge allumé à la main[220].

Après être restés sur place 24 heures durant lesquellesprières,messes etoraisons se succédaient, le cortège repartait vers Reillanne. La tradition veut que ce retour s'effectuât le plus souvent sous une pluie battante[220]. De tels événements ont laissé des traces qui se retrouvent dans lesex-voto. Si ceux antérieurs à laRévolution française ont disparu, il reste ceux duXIXe siècle qui sont conservés à la mairie de Saint-Étienne-les-Orgues. Ces peintures naïves sont les premières représentations de la montagne de Lure même si elle est le plus souvent peinte avec quelques inexactitudes et beaucoup deromantisme[221].

Cartes anciennes

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Des relevés furent réalisés depuis le sommet de Lure pour réaliser la carte de Cassini voulue parLouis XV[9].

  • Cartes Cassini (1770)
  • carte de Cassini
  • carte de Cassini

Wilfrid Kilian publia trois cartes géologiques de la montagne de Lure, en1887. Elles furent éditées par l'imprimerie Lemercier à Paris et sont conservées à labibliothèque nationale de France, sous la cote GED-898[222].

  • Cartes géologiques de la montagne de Lure par Wilfrid Kilian, 1887
  • Carte de Wilfrid Kilian
  • Carte de Wilfrid Kilian
  • Carte de Wilfrid Kilian

Peinture

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En1892,Eugène Martel quitte son Revest-du-Bion natal pour s'inscrire à l'École des beaux-arts de Paris dans l'atelier deGustave Moreau. De retour au pied de la montagne de Lure en1898, il exprima tous ses talents de portraitiste en croquant paysans et villageois de la Haute-Provence. Peintre social et véritable ethnologue du milieu paysan, ses tableaux témoignent de la société rurale du début duXXe, repliée sur elle-même, à l'image du peintre[223].

D'autres peintres, de la génération suivante, commeLucien Jacques,Paul Surtel ouPierre Ambrogiani furent attirés et séduits par la lumière de Lure qui inspira plusieurs de leurs œuvres[224].

Photographie

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Première photographie de la montagne de Lure par Wilfrid Kilian, héliotypie de 1888
Première photographie de la montagne de Lure par Wilfrid Kilian, héliotypie de 1888

Catherine Fieschi, dans son étudeL'illustration photographique des thèses de sciences en France (1880-1909) publié en2000, par la bibliothèque de l'école des chartes, indique que les photographies illustrant des thèses n'apparaissent qu'au cours desannées 1860, tant auxÉtats-Unis qu'en France, et situe la place de Wilfrid Kilian, dans cet apport :« Dans les thèses du corpus, le premier cas remonte à 1888. Il s'agit de la thèse soutenue à Paris par Wilfrid Kilian, chef de travaux pratiques au laboratoire de géologie de la Sorbonne :Description géologique de la montagne de Lure. Les photographies hors texte du relief y complètent des cartes, des coupes géologiques, des dessins de fossiles[225]. »

L'intérêt d'une telle démarche, initiée par Kilian, fut souligné parÉmile Haug, l'un de ses collègues géologues, dans un rapport de thèse en1906. Il indique :« d'excellentes vues photographiques reproduites par phototypie présentent d'ailleurs au lecteur le contrôle direct de la plupart des conclusions ». Ce qui, pour lui, met fin au dilemme des dessins géologiques qui laissent à désirer et ne permettent pas de suffisamment distinguer entre la part d'observation et la part de l'hypothèse[225].

Cinéma

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L'école des Sartrons
L'école des Sartrons
Le jas des Fraches
Le jas des Fraches

Les films tournés sur la montagne de Lure doivent beaucoup à Giono. Un des premiers futLe foulard de Smyrne, écrit par le romancier de Manosque et réalisé, en1958, parFrançois Villiers sur le thème la Provence en butte aucholéra[226].

Crésus, film tourné par Jean Giono, en1960, avec comme acteurs principauxFernandel,Rellys,Marcelle Ranson-Hervé,Sylvie etPaul Préboist[227], a de nombreuses scènes qui se déroulent àRedortiers[228]. En particulier la rencontre de Jules, le berger (joué parFernandel), avec Delphine, sa vieille institutrice (jouée parSylvie), eut lieu dans l'école des Sartrons, désaffectée depuis des décennies[229], mais où avait enseigné Élise, l'épouse de Giono. C'est là que fut tournée la scène sur la signification du zéro[226]. D'autres furent filmées à la bergerie des Frachons (jas des Fraches)[230], dans la vallée du Jabron ainsi que dans les villages de l'Hospitalet et de Saumane[226].

En1991, André Roman et Michel Jacob réalisèrent un film fantastiqueL'épouvantail avec les enfants d'une classe deCM2 deSisteron. Ceux-ci s'étant pris d'amitié pour un vieil épouvantail de jardin, le voient prendre vie sous la forme d'un magicien qui va les faire voyager dans le temps. Mais arrivé en l'an 3000, les écoliers se trouvent en butte aux lasers et aux bulles de patience desRobots de Lure[231].

Jean-Paul Rappeneau, réalisateur duHussard sur le toit, au cours de l'année1994, se rendit sur place pour tourner quelques scènes de sonfilm sur les lieux mêmes décrits dans le roman de Giono[232].

Personnalités liées à la montagne de Lure

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Notes et références

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  1. ab etc« Carte IGN classique » surGéoportail.
  2. ab etcBarruol, Réparaz et Royer 2004,p. 224.
  3. Mariacristina Varano,Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Âge (IXe – XIIIe siècles). L'exemple de Forcalquier et de sa région, thèse soutenue à l'université d'Aix-Marseille I, 2011,p. 120.
  4. a etbWindmer 2012,p. 209.
  5. ab etcWindmer 2012,p. 213.
  6. abcdefgh eti« INPN, ZNIEFF 930012706 - MASSIF DE LA MONTAGNE DE LURE - Commentaires », surinpn.mnhn.fr(consulté le)
  7. abcde etf« INPN - FSD Natura 2000 - FR9301537 - Montagne de Lure - Description », surinpn.mnhn.fr(consulté le)
  8. Windmer 2012,p. 212.
  9. abcdefghijklmnopqrs ett« La montagne de Lure », surmoimessouliers.free.fr(consulté le)
  10. abc etdBarruol, Réparaz et Royer 2004,p. 28.
  11. abcdefghij etkZNIEFF 930012706 du massif de la Montagne de Lure
  12. « Zone naturelle Montagne de Lure »
  13. « EDYTEM - Karstologia n° 43 », suredytem.univ-savoie.fr(consulté le)
  14. a etb« Le Karst », surwww.lanesquepropre.com(consulté le)
  15. a etbTraçages de la Fontaine de Vaucluse
  16. Barruol, Réparaz et Royer 2004,p. 36-37.
  17. Jean-Paul Clébert,Provence mystérieuse, Éd. Tchou, Paris, 1979,p. 176.
  18. a etb« Signal de Lure depuis Saint Etienne les Orgues : 1826m », surwww.cols-cyclisme.com(consulté le)
  19. a etbBarruol, Réparaz et Royer 2004,p. 170 et 210.
  20. a etb« Découvrir la Montagne de Lure »
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Voir aussi

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Bibliographie

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