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Drapeau (croix de Bourgogne). | Armoiries. |
| Devise | enlatin : Plus ultra (« Plus loin ») |
|---|
| Statut | Monarchies enunion personnelle |
|---|---|
| Capitale | Itinérante puisMadrid (1561) |
| Langue(s) | Espagnol,portugais,aragonais,catalan,italien,français,thiois |
| Religion | Catholicisme Minorités :islam (mudéjar) etjudaïsme. |
| Monnaie | Ducat,écu,réal (unités réelles) Peso de oro,maravédis (unités de compte) |
| 1479 | Union des couronnesd'Aragon etde Castille. |
|---|---|
| 1492 | Prise de Grenade. |
| 1492 | Début de lacolonisation espagnole des Amériques. |
| 1516 | Arrivée desHabsbourg à la tête de la Monarchie (union avec lesPays-Bas bourguignons). |
| 1559 | Traité du Cateau-Cambrésis (stabilisation des possessions italiennes). |
| 1580–1640 | Union avec la couronne de Portugal. |
| 1581 | Indépendance desProvinces-Unies. |
| 1701-1714 | Guerre de Succession d'Espagne. |
| 1474-1504 | Isabelle Ire |
|---|---|
| 1474-1504 | Ferdinand V |
| 1504-1555 | Jeanne Ire |
| 1504-1506 | Philippe Ier |
| 1516-1556 | Charles Ier |
| 1556-1598 | Philippe II |
| 1598-1621 | Philippe III |
| 1621-1665 | Philippe IV |
| 1665-1700 | Charles II |
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LaMonarchie catholique espagnole,Monarchie catholique,Monarchie espagnole,Monarchie hispanique, voire laMonarchie, désigne l'ensemble des territoires tenus par lesmonarquesespagnols de la fin duXVe siècle à1716. Cette désignation vient du titre de « Roi catholique », concédé par lepape aux souverainsFerdinand le Catholique (Aragon) etIsabelle la Catholique (Castille) en1496. Elle constitue uneunion dynastique de principautés réputées égales et indépendantes partageant un prince commun, assisté personnellement par un systèmepolysynodique de conseils spécialisés.
Le souverain agissait dans chaque territoire de la monarchie comme le prince particulier, contraint de respecter les usages et les lois de ce territoire. Malgré cette nécessité de se plier aux traditions de chaque partie, une politique commune s'exprimait, en particulier dans les domaines de la guerre et de la diplomatie, en s'appuyant sur la domination de fait de la couronne de Castille dans l'ensemble.
La monarchie naît en1479 de l'union des couronnes deCastille et d'Aragon. À cette mise primitive se sont associés lesterritoires de la maison de Bourgogne en1504, leduché de Milan en1540 et la couronne dePortugal de1581 à1640. Dans le même temps, la couronne de Castille s'accroît de laNavarre et surtout d'un immenseempire colonial, et celle d'Aragon duroyaume de Naples (1504).Stricto sensu, elle disparaît en1716 par laguerre de Succession d'Espagne qui voit l'unification des territoires hispaniques de la couronne en unroyaume d'Espagne, pourvu d'unempire colonial outre-mer, mais perdant ses dépendances en Europe.
L'expression de monarchie catholique a été forgée faute de mieux, pour pouvoir désigner une construction dynastique dans laquelle chaque royaume restait nominalement égal et indépendant des autres. Contrairement auroyaume de France, à celui d'Angleterre ou auSaint-Empire, elle ne correspond pas à une pyramide féodale dessinant unemouvance. On ne pouvait donc pas trouver de dénomination féodale subsumant l'ensemble de ces terres. Dans les actes officiels, la question ne se posait pour ainsi dire pas : l'usage voulait en effet qu'on mentionne la titulature du souverain dans son intégralité, et toutes les entités étaient du coup traitées objectivement et selon leur rang. Quand, en revanche, on voulait désigner le monarque et ses territoires de façon synthétique, il était difficile de ne léser aucune partie de l'ensemble sans tomber dans le catalogue de la vingtaine de titres royaux que portait le souverain.
De même qu'il était impossible de parler de roi d'Espagne pour la simple et bonne raison qu'il n'existait pas de tel royaume, on ne pouvait utiliser le terme de royaume ou de royauté pour désigner l'ensemble. La multiplicité des royaumes au sein de la monarchie posait problème : aurait-on alors voulu parler de l'ensemble des terres du roi ou d'un royaume en particulier. Le royaume qui dominait l'ensemble était celui deCastille, et de fait, une partie des cours étrangères désignait le souverain espagnol comme roi de Castille, mais les autres royaumes condamnaient jalousement cet usage. Le terme decouronne était à proscrire pour une raison semblable : la monarchie était née de la réunion de deux couronnes, qui persistaient dans l'organisation de celle-ci. Le terme de principat était encore à exclure puisqu'il était employé pour désigner laCatalogne.
La seule désignation neutre et englobante qu'on put trouver était celle de Monarchie, qualifiée de "catholique" en référence au titre deRoi catholique décerné collectivement aux souverains des couronnes d'Aragon et de Castille en1496 pour récompenser l'expulsion des infidèles en 1492 (conquête de la dernièreTaïfamusulmane et conversion forcée desJuifs).
La monarchie catholique est le fruit d'une intense politique d'alliances matrimoniales croisées entre les différentes maisons régnantes de la fin duXVe siècle. La principale union fut celle des deux branches de lamaison de Trastamare par le mariage deFerdinand II d'Aragon et d'Isabelle Ire de Castille. Ainsi s'unissaient les deux principales puissances de la péninsule ibérique. Les enfants du couple royal furent fiancés avec les héritiers de deux autres maisons royales : celle d'Autriche-Bourgogne et celle dePortugal par les mariages des infantsJean etJeanne avec les archiducsMarguerite etPhilippe et des infantesIsabelle etMarie avec le roiManuel de Portugal.
La mort de don Juan, d'Isabelle et de son fils Don Miguel de la Paz firent de Jeanne et de son époux Philippe de Habsbourg les héritiers des rois catholiques, faisant s'éloigner la possibilité d'une union dynastique des trois couronnes de la péninsule. La monarchie intégra au contraire les territoires flamands de la maison de Bourgogne. La poursuite des mariages croisés avec le Portugal fit néanmoins entrer cette couronne dans la monarchie en1581.Charles Quint, fils de Philippe et de Jeanne, épousa sa cousine germaineIsabelle de Portugal (par sa tante Marie d'Aragon), tandis que sa sœurCatherine épousait leurcousin germain, frère de l'impératrice Isabelle.Philippe II d'Espagne, fils de Charles-Quint, qui avait épousé sa cousine germaineMarie-Manuelle de Portugal se trouvait donc être à la fois petit-fils, neveux, gendre, cousin germain et oncle de trois rois de Portugal. Cetteunion avec le Portugal ne dura que soixante ans.
À côté de cet ensemble d'unions et d'héritages, plusieurs terres entrèrent dans la monarchie par la conquête. C'est le cas des royaumes deNaples et deNavarre, conquis parFerdinand II d'Aragon sur ses cousins. Leduché de Milan fut incorporé du fait de l'investiture par Charles-Quint de son fils Philippe après la déshérence de ce fief impérial. L'empire colonial est le fruit du plus purdroit de conquête. L'union avec le Portugal, si elle s'appuyait sur des arguments dynastiques tout à fait valables, fut également « accélérée » par l'intervention militaire duduc d'Albe.


Derrière l'unité de souverain et la conduite collective des relations avec l'étranger, la monarchie restait fondamentalement marquée par son caractère composite. Le détachement duroyaume de Naples en1553 au profit dePhilippe II lors de son mariage avecMarie Tudor en témoigne : chaque principauté restait indépendante du reste. Contrairement à ce que feront lesBourbons auXVIIIe siècle, les Trastamare et les Habsbourg n'essayèrent pas de fondre les États constituant la monarchie en une entité unitaire et cohérente. Ces États conservaient leurs lois, leurs institutions et dans une grande mesure leur indépendance.
Selon l'expression historiographique consacrée, le monarque espagnol étaitroi absolu en Castille etroi constitutionnel en Aragon. Ajoutons qu'il l'était également dans les Flandres où la tradition de concertation était forte. Du fait de la nature composite déjà évoquée, chaque État fonctionnait indépendamment des autres, selon ses propres organes traditionnels. Dans la réalité, cependant, la liberté dont disposait le souverain en Castille et le poids économique et démographique de cette couronne en faisaient le socle de la monarchie.
Globalement, un certain nombre de principes généraux s'appliquaient dans tous les territoires. On trouvait ainsi un système de délégation important aux élites locales (noblesse etpatriciat urbain) qui s'exprimaient par ailleurs dans des assemblées votant l'impôt et disposant d'un droit de remontrance plus ou moins important selon les régions. Ces assemblées s'appelaientcortès en Espagne,états généraux dans les Flandres,Sénat à Milan… En Aragon, ils disposaient de droits importants et contrôlaient la politique du monarque par le biais d'une délégation permanente qui siégeait entre deux sessions des cortes. Dans les différents territoires, enfin, le roi était représenté par un lieutenant cumulant souvent l'autorité civile et militaire; il portait le titre device-roi, degouverneur ou destathouder suivant les régions.
Au sommet de l'État, on trouvait unsystème complexe de conseils assistant personnellement le monarque. Ils reprenaient et amplifiaient la vieille tradition du conseil royal itinérant et accompagnant le souverain dans ses déplacements. Ils se contentaient de rendre des avis purement consultatifs et n'intervenaient pas directement. Sur la base de ces avis, le roi agissait en souverain particulier des États concernés, afin de respecter l'indépendance nominale des composantes de la monarchie. Ces conseils siégeaient en Espagne, auprès du prince, ou du régent sous Charles-Quint. À côté du conseil d'État, généraliste, on trouvait deux types de compétences :
Le monarque étant le seul point commun entre tous les territoires de la monarchie, sacour constituait en elle-même l'instance de rencontre des intérêts de ces territoires. Elle se composait des hôtels des différents membres de la famille régnante. Le souverain lui-même possédait plusieurs hôtels (maison castillane, maison aragonaise et, à partir de1517, maison bourguignonne du prince) qui organisaient sa vie quotidienne, les fêtes mais intégraient aussi des organes politiques. Le conseil d'Aragon était ainsi un élément constitutif de la maison aragonaise du monarque. Les différents services existaient théoriquement dans chacune des maisons, mais il existait une sorte de spécialisation :
La cour fut itinérante jusqu'en1561, date à laquelle elle se fixa àMadrid (avec un intermède àValladolid entre 1601 et 1609). Outre les trois maisons du souverain, la reine, les principaux princes et certains nobles de haut lignage disposaient également de leur propre hôtel. Chacun entretenait une domesticité nombreuse qui permettait d'intégrer les élites des différents territoires de la monarchie autour du prince. La cour d'Espagne auXVIe siècle était particulièrement nombreuse et cérémonieuse. Elle représenta un véritable modèle d'organisation et d'intégration pour l'Europe, à tel point qu'on considère généralement que les grandes ordonnances curiales deCatherine de Médicis,Henri III etLouis XIV eurent pour objet de hisser lacour de France au niveau de sa voisine d'outre-monts.
Si l'adjectif catholique provient de la titulature royale, il illustre également fort bien l'action menée par les souverains. La ligne directrice de la monarchie fut en effet la défense de la catholicité et dans une plus large mesure de la Chrétienté. Cette défense s'est mise en œuvre à plusieurs niveaux.
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