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Mohawks

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Pour l’article homonyme, voirMohawk.

Mohawks
Kanien'kehá:ka
Description de cette image, également commentée ci-après
1re rangée :Kateri Tekakwitha,Hendrick Tejonihokarawa (en),Thayendanegea,Elizabeth Brant (en).
2e rangée :Akiatonharónkwen (en),Oronhyatekha (en),Joseph Onasakenrat,E. Pauline Johnson.
3e rangée :Fred Loft (en),Paul Jacobs (en),Anahareo,Jay Silverheels.
4e rangée :Kahn-Tineta Horn (en),Waneek Horn-Miller (en),Kawennáhere Devery Jacobs,Cody Jamieson (en).

Populations importantes par région
Drapeau du CanadaCanada23 682[1]
Drapeau des États-UnisÉtats-Unis5 632[1]
Autres
Languesmohawk,anglais,français[2]
Ethnies liéesCayugas,Oneidas,Onondagas,Sénécas,Tuscaroras

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LesMohawks, ou leur nom autochtoneKanien'kehá:ka (historiquementAgniers), constituent unpeuple autochtone d'Amérique du Nord, dont le territoire historique est constitué de la partie sud-ouest duQuébec, du sud-est de l'Ontario et du nord de l'État de New York, aux abords dufleuve Saint-Laurent et dulac Ontario. Leur langue traditionnelle, lemohawk, esten danger, vu le faible nombre de locuteurs. L'anglais supplante largement cette langue en tant quelingua franca au sein des différentes localités mohawks.

Partie intégrante desSix Nations iroquoises, haudenosaunees, les Mohawks sont le peuple dont le territoire est situé le plus à l'est. Les autres nations iroquoises sont, d’ouest en est : lesTuscaroras, lesSénécas (Tsonnontouans), lesCayugas (Goyogoins), lesOnondagas (Onontagués) et lesOneidas (Onneiouts).

Étymologie

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Le termemohawk est unexonyme dont la signification est « mangeur d'homme » dans la langue de leurs ennemis héréditaires, lesAlgonquins.

Les termesKanien'kehá:ka ouKanienkehaka constituent en revanche l'endonyme, le nom qu'ils utilisaient pour se dénommer ; il signifiait selon le contexte et les interprétations : « peuple de la lumière », « hommes éclairs », « peuple dessilex » ou encore « enfants des étoiles », dans la langueiroquoise du sud-est duCanada.

L'endonyme autochtoneKanien'kehá:ka ouKanienkehaka est devenu « Agnier » en français paramuïssement :aphérèse duK etapocope des trois dernières syllabes : K-Anié-nkehaka

Les Mohawks sont nommésMaquas enNouvelle-Néerlande.

Situation actuelle

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Un peu plus de 20 000 Mohawks vivent au Québec[2].

Ils vivent principalement dans les territoires québécois suivants :

Hors du Québec :

En1985, l’Assemblée nationale du Québec reconnaît officiellement la nation mohawk comme l'une des dix nationsautochtones du Québec, avec les nationsabénaquise,algonquine,attikamek,crie,huronne-wendat,innue,micmaque,naskapie etinuite[3].

Histoire

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Au début de l'époque historique[Quand ?], les Mohawks sont installés dans le Haut-New-York, dans ce que les colons anglais nomment laMohawk Valley (vallée de larivière Mohawk). L'anthropologue Pierre Lepage rappelle les premiers lieux d'occupation des Mohawks en commençant par la période de laNouvelle-France, pendant laquelle ils occupèrent successivement un lieu près de laMontagne àMontréal, puisSault-au-Récollet au nord de Montréal près de larivière des Prairies, pour enfin occuper la Seigneurie de Deux-Montagnes, située à l'embouchure de larivière des Outaouais.

Tous ces déplacements étaient faits à la demande de laCompagnie des prêtres de Saint-Sulpice (ditsMessieurs de Saint-Sulpice) qui avaient convaincu les Mohawks que cela était pour leur bien et qui leur avaient promis des terres bien à eux au Lac-des-Deux-Montagnes. En plus de cette promesse, une thèse d'histoire sortie en 1995[4] propose que la présence des Mohawks au Lac-des-Deux-Montagnes est bien antérieure à l'arrivée de la mission sulpicienne en 1721[5]. Selon ces deux arguments, la promesse et l'occupation antérieure, les Mohawks d'aujourd'hui auraient donc droit à des terres dans cette région.

Cependant, le changement de régime en 1760 vient modifier la donne.William Johnson, alors superintendant des affaires indiennes, assure à travers des traités bipartites et des déclarations lors de conférences« donner pleine possession de leurs terres, le libre exercice de leur religion ainsi que la libre circulation sur tout le territoire américain » aux autochtones de la région, dont le peuple des Mohawks, afin de récolter leur allégeance[6]. Cependant, ces engagements ne sont pas totalement respectés.

À partir des années 1780 commence une longue résistance des Mohawks qui s'inscrit en continuité de leur lutte contemporaine. La résistance atteint un apogée le avec une insurrection de 250 Mohawks armés[7]. Du côté des autorités, on s'éloigne de plus en plus d'une reconnaissance des revendications mohawks, avec en 1840, l'adoption par leParlement du Bas-Canada d'une ordonnance en appui aux droits territoriaux des Sulpiciens, et en 1912, leConseil privé de Londres confirma derechef ces droits. En 1911, juste avant cette décision de Londres, les propos du chef mohawk Sose Onasakenrat illustre bien le découragement et les doutes de leur lutte :

« J’aimerais résumer en quelques pages l’horreur de la situation qui fut nôtre mais je ne suis pas certain de réussir... Nos pères s’étaient mis sous la protection des Français au Fort-de-la-Montagne dès 1662. Quand ils devinrent trop encombrants pour la colonie de Ville-Marie, on les déménagea à Lorette, devenu depuis le Sault-au-Récollet. Et quand on s’aperçut que les terres du Sault étaient les plus fertiles de la région, on crut bon de nous éloigner davantage pour concéder ces terres aux colons français... c’est alors en notre nom que les Messieurs se firent concéder la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes. De tout temps ils ont prétendu qu’elle leur avait été donnée à condition qu’ils s’occupent de notre bien-être spirituel et matériel. Nous avons toujours prétendu la même chose et quand nous avons voulu nous émanciper, quand nous avons voulu qu’ils cessent de s’occuper de nous, nous avons à bon droit réclamé la seigneurie. Nous l’avons réclamée de 1760 à 1911 mais les tribunaux ne nous ont jamais donné raison. Quant aux messieurs, ils tenaient trop à la terre pour quitter les lieux, quelque mépris qu’ils aient entretenu à notre égard[8]. »

La situation changea de nouveau en 1945, lorsque le gouvernement fédéral racheta le reste de l'ancienne Seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes. D'après Lepage, il s'agit simplement d'un changement de tutelle, avec peu de changement réel pour les droits des Mohawks. Le territoire autochtone n'est pas considéré comme une réserve selon laLoi sur les Indiens et donc ne bénéficie pas de la même autonomie administrative[9]. En 1974, le Bureau fédéral des revendications autochtones est créé, mais leurs revendications sont rejetées deux fois plutôt qu'une.

C'est en 1985 et 1986 que s'établit le contexte direct à lacrise d'Oka à venir. Le Regroupement des citoyens d'Oka est fondé en réaction à la mise sur pied d'uncentre de désintoxication pour la clientèle autochtone. La municipalité d'Oka appuie le groupe citoyen dans ses démarches, et la chicane s'étend à des questions de zonage et de construction[10]. À la fin de 1988, leConseil de bande de Kanesatake publie une étude avançant que la communauté doublera de population en 1996 et qu'elle a donc besoin de davantage de territoire. Le Conseil cherche des terres répondant à leurs besoins et propose des terres limitrophes du terrain de golf. Le conflit se déclenche en 1989 lorsque la mairie d'Oka annonce un projet d'extension du terrain de golf en question et de construction d'un projet résidentiel connexe. Lepage aborde aussi la question d'un contexte explosif des relations police-communauté autochtone dans les années précédant la crise. Seulement à Kanesatake, une opération policière d'envergure a eu lieu le, faisant sept arrestations, et ce six mois à peine avant le début de la campagne dedésobéissance civile des Mohawks en mars, qui mènera à lacrise d'Oka.

Crise d'Oka de 1990

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Article détaillé :Crise d'Oka.

Estimant que leurs ancêtres ont été jadis spoliés par lescolons qui se sont approprié de vastes « seigneuries » pour les revendre ensuite aux Blancs, des autochtones repartent en guerre pour faire valoir leurs droits territoriaux. Les Mohawks, en partie venus de Kahnawake, d'Akwesasne et d'autresprovinces du Canada, armés d'armes automatiques (Norinco 56S,M16 etmitrailleuseBrowning M2) ont occupé une forêt de pins abritant un cimetière d'Oka, village proche deMontréal. Le conflit a éclaté au printemps1990 quand la municipalité a voulu agrandir un terrain de golf ainsi que vendre une partie des terres pour un projet domiciliaire en rasant une pinède centenaire[11]. Or, cette pinède avait beaucoup de valeur pour les Mohawks, l'utilisant comme terrain communautaire et ayant été plantée par leurs ancêtres cent ans plus tôt. Devant le refus des Autochtones d'évacuer le terrain, les autorités donnèrent l'assaut au cours duquel un policier fut tué. Une partie de la communauté amérindienne apporte son soutien aux « warriors » (guerriers) d'Oka. À la fin d'août, à la demande duPremier ministre du Québec,Robert Bourassa, leRoyal22e Régiment intervient et installe un véritableétat de siège. Le, les Warriors déposent les armes[12].

Expulsions des non-Mohawks de la réserve de Kahnawake

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Article détaillé :Kahnawake.

En, le conseil de bande de la réserve deKahnawake décide d'expulser toute personne qui n'est pas mohawk, y compris ceux qui ont un conjoint de cette nation, et interdit aux « étrangers » de s'installer sur leur territoire[13]. La critique fut rejointe par un organisme de droits des femmes autochtones du Québec,Femmes autochtones du Québec, sa présidente mohawkEllen Gabriel ajoutant que ces évictions ne respectaient pas les « coutumes et traditions mohawk » et, qu'au contraire, tout conseil de bande comme celui de Kahnawake faisant ce genre d'évictions perpétuait les politiques de laLoi sur les Indiens, les plaçant « dans le camp des oppresseurs »[14]. En 2018, laCour supérieure du Québec juge discriminatoire en vertu de laCharte canadienne des droits et libertés et basée « sur des stéréotypes au sujet des mariages mixtes » la politique d'expulsion des personnes jugées non-mohawk, ordonnant le dédommagement de 7 des 16 plaignants avec des montants allant de 1 000 à 25 000 $[15]. Le juge Thomas M. Davis ajoute également que le conseil de bande échoua à offrir des preuves que « la présence de partenaires allochtones puisse limiter la capacité du conseil à gérer son territoire » et que ces politiques « remplissaient l'objectif de protéger la culture et le territoire mohawk » mais laisse au conseil des ainés de Kahnawake la liberté d'examiner les demandes de réintégration des membres expulsés[15].

Bandes

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En vertu de laLoi sur les Indiens canadienne et de la loi américaine, les Mohawks sont reconnues en tant que « bandes indiennes » par les autorités gouvernementales. On en trouve une auxÉtats-Unis et 9 auCanada.

Dans la culture

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Au cinéma

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Dans le filmFrançais de 2001 deChristophe Gans,Le Pacte des loups , le personnage Mani, joué parMark Dacascos, est unIroquois de la tribu desMohawk rencontré lors dela Bataille de Trois-Rivières[16].

Notes et références

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  1. a etb(en) Doug George-Kanentiio, « "Iroquois Population in 1995," Akwesasne Notes, Fall 1995 », surwww.ratical.org(consulté le).
  2. a etbSecrétariat aux affaires autochtones, « Les Mohawks », surwww.autochtones.gouv.qc.ca(consulté le).
  3. Jacques Laberge, Union des municipalités du Québec,Guide terminologique autochtone, Québec (province), Direction des communications et du marketing, UMQ,, 45 p.(www.umq.qc.ca/uploads/files/pub_autres/Guide_terminologique.pdf).
  4. Brenda Katlatont Gabriel-Doxtater et Arlette Kawanatatie Van den Hen, « At The Woods Edge: An Anthology of the History of the People of Kanehsatake »,Thèse, Kanesatake Education Center,‎
  5. Lepage 2009,p. 121.
  6. Lepage 2009,p. 122.
  7. Lepage 2009,p. 119.
  8. O’NEIL, Jean, 1987 : Oka. Les éditions du Ginkgo, Montréal, p. 109
  9. Lepage 2009,p. 123.
  10. Lepage 2009,p. 125.
  11. TRUDEL, Pierre. « La crise d’Oka de 1990 : retour sur les événements du 11 juillet » Recherches amérindiennes au Québec, XXXIX, nos 1-2, 2009 ,p. 129-135.
  12. YORK, Geoffrey et Loreen Pindera. People of the pines, the Warriors and the legacy of Oka. Little, Brown and company (Canada) Limited, Toronto : 1991,
  13. « Si vous n'êtes pas mohawk... dehors, tous! », surCyberpresse,.
  14. Hélène Buzzetti, « L'expulsion des Blancs de Kahnawake indispose Ottawa »,Le Devoir,‎(lire en ligneAccès limité)
  15. a etbMarie-Michèle Sioui, « L'expulsion des couples mixtes de Kahnawake est jugée discriminatoire »,Le Devoir,‎(lire en ligne)
  16. « Le Pacte des loups », surPremiere.fr(consulté le)

Voir aussi

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Bibliographie

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  • PierreLepage, « « Oka, 20 ans déjà ! Les origines lointaines et contemporaines de la crise » »,Recherches amérindiennes au Québec,vol. 39,nos 1-2,‎,p. 119-126(lire en ligne).
  • York, Geoffrey et Loreen Pindera.People of the pines, the Warriors and the legacy of Oka. Little, Brown and company (Canada) Limited, Toronto : 1991, 438 pages.
  • Moutot Michel,Ciel d'acier, 2015.
  • Morot-Sir Marie-Hélène,Au Cœur de la Nouvelle-France - Tome III : Les Amérindiens ce peuple libre autrefois, qu'est-il devenu ?, 2014
  • A Journey into Mohawk and Oneida Country, 1634-1635: The Journal of Harmen Meyndertsz Van Den Bogaert, Revised Edition Charles T. Gehring 2013 book Published by: Syracuse University Press Series: The Iroquois and Their Neighbors.

Articles connexes

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