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Sidi Mohamed ben Abdallah el-Raisuni (Raïssouni dans la graphie française, connu commeRaisuli chez la plupart des anglophones, égalementRaissoulli,Rais Uli etRaysuni, 1871[1]-avril 1925[2]) était unchérif (descendant du prophèteMahomet) qui jouissait d'un certain prestige auprès des populations montagnardes du nord-ouest du Maroc. Bien que considéré par les étrangers et par le gouvernement marocain comme un brigand, quelques Marocains le considèrent comme un héros, combattant un gouvernement répressif et corrompu, tandis que d’autres le considèrent comme un voleur. L'historienDavid S. Woolman se réfère à lui comme un mélange de « Robin des Bois »[3], d'un baron féodal et d'un bandit tyrannique : le dernier despirates barbaresques.
Il est né dans le village deZinat aux environs de1871 (il mourut fin avril1925).Du fait de son lieu de naissance et de son faciès particulier, un de ses surnoms était « l'Aigle de Zinat »[réf. nécessaire]. Il était plus connu sous le nom de El Raisuni. Il était le fils d'un important caïd et commença en suivant les traces de son père[4].Il fut lechérif, descendant du Prophète Muhammad par sa fille Fatima et Ali ibn Abu Taleb[5], des tribusdjebalas, entre leXIXe siècle et leXXe, considéré par beaucoup commehéritier légitime dutrône marocain[Interprétation personnelle ?]. Cependant, Raisuni versa occasionnellement dans la délinquence, volant du bétail et des moutons, ce qui lui valut le ressentiment des autorités marocaines.Il était aussi connu pour être un coureur de jupons[réf. nécessaire].Quelques indigènes[Qui ?], cependant, le considéraient comme unhéros, en lutte contre la répression et la corruption du gouvernement central.
Selon la majorité dessources[Lesquelles ?], l'évènement clé de sa vie fut son arrestation et son emprisonnement par Abderramán Abd el-Saduq, lepacha deTanger, son cousin et frère de lait. Celui-ci avait invité el-Raisuni à souper chez lui, à Tanger, afin de le capturer et de le rudoyer dès son arrivée. Il fut envoyé à la forteresse deMogador (actuellement Essaouira) et enchaîné à un mur pendant quatre années. Il fut permis à ses amis de le nourrir, de sorte qu'il put survivre. el-Raisuni fut délivré par une amnistie générale, au début du règne dusultanMoulay Abd el Aziz lequel, ironie du sort, devint son pire ennemi.
Raisuni fut endurci par son emprisonnement et retourna au banditisme après sa libération. Cependant, il devint plus ambitieux qu'avant, son ressentiment à l'égard du sultan augmentant au fur et à mesure de la soumission de ce dernier aux différentes puissances occidentales (Grande-Bretagne,France,Espagne etAllemagne) en compétition pour leur influence sur leMaroc. Avec un groupe restreint mais fidèle de partisans, il s'embarqua dans une seconde profession, séquestrant des officiels importants pour en tirer de scandaleuses rançons. Il agissait depuis son palais fortifié situé dans le petit port d'Assilah situé sur la côte nord-ouest du Maroc.

La première victime de el-Raisuni futWalter Burton Harris (en)[6], un anglais de ses connaissances. Raisuni ne demanda pas d'argent, mais la libération de plusieurs de ses hommes emprisonnés et il relâcha Harris au bout de trois semaines. Plusieurs de ses victimes furent des militaires et des fonctionnaires marocains, rarement des européens.
Raisuni entretint une petite flotte pour lapiraterie mais il fut moins chanceux dans ce domaine qu'avec son système d'extorsion et de rapts.
El-Raisuni se fit connaître par son côté chevaleresque et son attitude respectueuses vis-à-vis de ses otages. Il promit àIon Perdicaris de le protéger de tout dommage et on se souvient qu'il se lia d'amitié avec beaucoup de ses otages. Néanmoins, pour ceux qui n'étaient pas dignes à ses yeux d'être rachetés, avec les émissaires du pacha et du sultan ou ceux qui lui avaient manqué de loyauté, il était connu pour sa cruauté, allant jusqu'à brûler les yeux d'un émissaire marocain avec des monnaies de cuivre chauffées au feu ou rendant la tête d'un autre au pacha dans une corbeille de melons.
En1904, El Raisuni paraît sur la scène internationale dans ce qui sera connu comme « l'affaire Perdicaris », ainsi fut nommé l'enlèvement desexpatriés greco-américains (États-Unis) Ion Perdicaris et son gendre Cromwell Varley, pour lesquels il demanda une rançon de 70 000 dollars. Le présidentTheodore Roosevelt, alors candidat à la réélection, décida de profiter politiquement de la situation en envoyant un détachement de navires de guerre au Maroc pour forcer le sultanAbd al-Aziz à envoyer des demandes à El Raisuni, avec la fameuse déclaration « Perdicaris vivant ou Raisuli mort ! ».
Après avoir frôlé une confrontation entre le gouvernement du Maroc et les troupes américaines, Raisuni reçut l'argent de la rançon et des prébendes. Il fut nommépacha deTanger et gouverneur de la province de laDjebala ; tous ses partisans prisonniers furent libérés. Néanmoins, El Raisuni fut démis en1906 de ses charges, accusé de corruption et de cruauté envers ses administrés. Un an après, il fut de nouveau déclaré proscrit par le gouvernement marocain.
Peu après sa destitution, El Raisulni enlevaSir Harry « Caid » Maclean, un officier de l'armée britannique qui servait comme conseiller des troupes du sultan. Il obtint20 000 livres de rançon[7].
El Raisuni persistera dans son opposition au gouvernement marocain, même après l'abdication d'Abd El-Aziz. Il revint en faveur pendant peu de temps, en se plaçant aux côtés deMoulay Hafid successeur d'Abd El-Aziz, et fut rétabli comme pacha de Tanger. Cependant, sur les instances du Gouvernement espagnol, le sultan l'écarta de son poste en 1912.
En 1913, Raisuni conduisit plusieurs tribus maghrébines dans une sanglante révolte contre les Espagnols et mena une guérilla sanguinaire contre eux pendant au moins huit années. Il participa aux combats deOued Ras et deBeni-Sidel mais échouera devantEl Ksar el Kebir défendu par l'officier de cavalerie espagnolQueipo de Llano[8].
Ses hommes furent finalement battus par le colonelManuel Fernandez Silvestre, celui qui deviendra plus tard le commandant espagnol de l'infamantedéroute d'Anoual.
Pendant laPremière Guerre mondiale, Raisuni fut accusé d'être en contact avec les agents du gouvernement allemand pour conduire une révolte tribale contre la France. En réponse à ces rumeurs, les troupes françaises organisèrent une expédition punitive à l'intérieur de la zone espagnole en mai 1915, qui dispersa les partisans de Raisuni mais ne réussit pas à le capturer en personne[9]
En septembre 1922[10], et après une entrevue avec le colonelJosé Villalba Riquelme, il se soumit aux autorités espagnoles et, en conséquence, devint un des chefs locaux aux côtés des espagnols dans laguerre du Rif. Il était profondément jaloux deMohamed Abdelkrim al-Khattabi et de sa popularité croissante parmi les populations du Rif, espérant ainsi obtenir le contrôle du Maroc occidental par une victoire espagnole.
En janvier 1925, les partisans d'Abdelkrim attaquèrent le palais de Raisuni àArcila tuant la plupart de ses gardes et le capturant. Il fut déclaré mort vers la fin d'avril 1925, des suites d'unehydropisie qui durait depuis plusieurs années. Des rumeurs sur sa survie persistèrent, car Raisuni avait été déjà donné comme mort, à tort, en 1914 et 1923. Il est toujours considéré comme un héros populaire par beaucoup de Marocains, même si ses exploits se mêlent à des actes crapuleux et si sa réputation est mitigée. Actuellement, il y a des historiens marocains qui le cataloguent comme un nationaliste marocain qui utilisait un style « raisunien » pour libérer son pays.
La figure de Raïssouni a été incarnée au cinéma parSean Connery en 1975, dans le filmLe Lion et le vent, tourné enEspagne par le réalisateurJohn Milius. Celui-ci s’était largement inspiré d’un article écrit parBarbara W. Tuchman[11] dans le magazineAmerican Heritage, et aussi par une biographie complète de Raisuni écrite parRosita Forbes,The Sultan of the Mountains: The Life Story of the Raisuli[12], parue l'année présumée de la mort de Raïssouni.
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