Lemodélisme aérien, ouaéromodélisme, est une forme demodélisme qui s'est développée en symbiose avec l'aviation dont il s'efforce de reproduire le vol, la technique de pilotage, par des modèles spécifiques et l'aspect par des modèles à échelle réduite du réel.
Modèle réduit en métal du F4U Corsair par Guillermo Rojas Bazan.Modèle réduit en plastique de F-5.
Comme dans les autres modélismes, la réalisation demaquettes pour le seul plaisir des yeux est très développée. C'est dans le domaine de l'aéronautique que lamaquette en plastique s'est généralisée avec un niveau de détail de plus en plus poussé et une normalisation de fait des échelles utilisées. Les grandes marques sont bien connues commeAirfix,Heller, Monogram,Revell, etc.
Pour ce type de modèles, différents matériaux peuvent être employés :bois, résine, métal prédécoupé mais aussi papier oucarton. Le modèle d'avion a toujours été un sujet de prédilection pour lamaquette en carton.
Le modélisme à base de kits prêts à monter et décorer est souvent une étape vers les modèles volants, ou bien vers des maquettes d'exposition, voire de concours. Dans ce dernier cas, les modèles sont généralement statiques :
pour se dispenser des contraintes de construction d'une machine volante ;
pour permettre une réalisation la plus fidèle possible à son original ;
Hélicoptère radiocommandé T-Rex 600 (Align RC).Le Bixler 2.0 de Hobbyking.Modèle réduit en bois d'un biplan de la Première Guerre mondiale.Avion radiocommandé à moteur thermique.
Lesmodèles réduits d'aéronefs peuvent être des maquettes — ou des semi-maquettes simplifiées, avec des proportions souvent modifiées par rapport au réel — ou le plus souvent en fait des modèles spécifiques, différents du réel.
Malgré la différence de taille, les premiers efforts des modélistes ont été très proches de ceux des pionniers de l'aviation et l'on rencontre toutes les tailles de modèles dont certains sont très proches, par les dimensions, desdrones rencontrés dans lesarmées modernes.
Les avions radiocommandés sont commandés par desradios au minimum à 3 voies (profondeur, ailerons et gaz ou bien profondeur, dérive et gaz). Le standard est une radio à quatre voies, commandant la profondeur, les ailerons, la dérive et les gaz. Des modèles plus sophistiqués ont en plus des volets et un train rentrant. Le moteur à explosion était le standard ; le moteur électrique permet de motoriser les modèles moins lourds.
Des petits modèles conçus pour le vol en espace fermé, appelé aussivolindoor, effectué par exemple dans ungymnase, font appel aux moteurs dits « caoutchouc » ou à des tout petits moteurs électriques légers et performants.
Il existe des modèles d'avions devol circulaire qui sont reliés par câbles soit au pilote, soit à un plot autour duquel ils peuvent tourner à des vitesses extrêmement importantes.
Les hélicoptères radiocommandés sont des machines très techniques dont le pilotage présente des possibilités intéressantes (vol vertical, vol stationnaire, vol dérapé, marche arrière). Cet intérêt est souvent alimenté par la plus grande difficulté pour piloter ce type d'appareils, moins stables que les avions radiocommandés à moteur ou les planeur radiocommandés.
Les petits planeurs les plus simples (d'initiation) dits « deux axes » sont équipés de radios deux voies, commandant la profondeur pour letangage et la dérive pour obtenir duroulis induit. Les planeurs plus grands sont équipés d'ailerons « comme les vrais ». Lesplaneurs volent sans moteur en utilisant le vent pour voler : les vélivoles pratiquent levol thermique qui utilise lescourants chauds ascendants qui se rencontrent facilement en plaine par beau temps ou levol de pente qui utilise les courants ascendants produits par un vent continu s'appuyant sur une pente soit enmontagne soit en terrain fortement vallonné.
Lesmotoplaneurs sont desplaneurs qui peuvent recevoir une motorisation d'appoint pour éviter de devoir être tractés par un modèle d'avion radiocommandé les jours où le vent est insuffisant.
Enfin, lesplus légers que l'air sont aussi représentés, entre autres choses à cause du plaisir associé à une activité très calme et très discrète sur le plan sonore (comme les planeurs radiocommandés) et très peu coûteuse ; unemontgolfière ne demande qu'un peu de papier crépon et une source de chaleur comme un réchaud de camping. Généralement non pilotée, la montgolfière peut être transportée à des distances considérables de plusieurs dizaines de kilomètres qui n'ont rien d'inhabituel quand le temps s'y prête.
Discipline reine avant l'apparition des radiocommandes permettant le pilotage à distance des modèles réduits d'avions, le vol libre, pratique qui consiste à effectuer des vols de durée sans assistance extérieure de pilotage pendant le vol perdure de nos jours.
Organisée en catégories internationales et pratiquée en extérieur ou en intérieur (indoor), le vol libre est une discipline pointue, les modélistes étant en perpétuelle recherche de la performance.
Les bois (bouleau,balsa,samba,contreplaqué de bouleau ou d'okoumé,pin, etc.), sont utilisés pour lesfuselages et lesailes, les bois les plus légers étant préférés aux bois comme le pin utilisés pour les structures plus sollicitées. On trouve différents contreplaqués avec des nombres de plis (couches croisées) variables ; plus il y a de plis pour une épaisseur donnée, plus le matériau est résistant. Les machines dedécoupe laser modernes permettent d'utiliser des services de découpage pour faire des modèles d'avions et d'hélicoptères entièrement personnalisés.
Les métaux (acier, aluminium) se retrouvent dans la visserie, les barres, tubes, bielles de commandes demandant de la rigidité, voire pour la construction de l'avion lui-même.
Les résines sont utilisées comme colles structurelles, seules ou avec des tissus de fibres synthétiques, pour la construction de la cellule, comme enduits de finition (résine allégée), ou comme enduits pour l'entoilage des structures (enduit nitro-cellulosique).
Lespolystyrènes sont utilisés pour certaines constructions plus lourdes mais plus rapides d'ailes.
Les tissus et films d'entoilage, qui ont la particularité de se rétracter à la chaleur. On les utilise pour recouvrir les fuselages ou pour recouvrir les ailes en « structure » (composées de longerons et denervures). Ces films (plastiques) sont colorés et servent en même temps à la décoration des modèles.
Lesmatériaux composites : fibres de verre, dekevlar ou de carbone liées par des résines polyester ou époxy sont aussi couramment utilisés pour les fuselages et les ailes des avions et planeurs de compétition.
Ledepron est de plus en plus répandu et permet une construction peu onéreuse.
Lepolypropylène expansé est de plus en plus utilisé pour la réalisation de modèles de petite à moyenne taille, pour réaliser des modèles de planeurs ou d'avions électriques très résistants au choc, pour l'apprentissage ou levol de pente de combat.
Maquette d'avion avec quatre moteurs à combustion interne, de type « petit gros ».
Les moteurs caoutchouc fonctionnent à l'aide de longsélastiques enroulés, dont le déroulage entraîne l'hélice.
Les moteurs à air comprimé, utilisés surtout en vol libre, ne sont que très peu utilisés dans les autres catégories du modélisme aérien.
Les sandows, treuils et des avions radiocommandés remorqueurs, sont utilisés pour lancer les planeurs radiocommandés.
Lesmoteurs à combustion interne (généralement des monocylindres 2 temps), assez bruyants, utilisent comme carburant un mélange deméthanol et d'huile de ricin ou d'huile synthétique. Après une mainmise des moteurs 2 temps, des moteurs à 4 temps ont été développés dans le but de réduire les contraintes de bruit. L'allumage à « bougie incandescente » (glow plug) est concurrencé par la miniaturisation de l'électronique et des accus qui rendent possible l'utilisation de moteurs a essence avec allumage par bougie à étincelle, plus fiables et moins onéreux à l'usage. Certains de ces moteurs peuvent être à eux seuls des maquettes remarquables (moteurs en étoile, multicylindres en ligne ou en V).
Lesmoteurs électriques, longtemps limités par leur poids et celui des accus, sont venus concurrencer très fortement les moteurs à explosion grâce à l'arrivée desmoteurs brushless « ou sans balais » aux rendements élevés couplés à un poids modéré et surtout aux progrès desaccumulateurs de typeNiMH etLi-Po. Certains modèles ont également des panneaux solaires photovoltaïques, pour augmenter l'autonomie mais à titre de démonstration seulement, du fait du faible rendement des cellules solaires.
Lesturbines sont entraînées par des moteurs électriques ou à combustion interne.
Lespulsoréacteurs sont rares car bruyants et surtout difficiles à mettre en œuvre (pas de réglage de puissance). Ils sont souvent utilisés en démonstration du fait de leur côté très spectaculaire.
Lesmoteurs à réaction sont des pièces de luxe (minimum 2 000 euros) et restent complexes à mettre en œuvre.
Lesradiocommandes servent à contrôler les modèles à distance, et sont principalement catégorisées par le nombre de « voies », qui est le nombre deservomoteurs pouvant être actionnés. Elles comportent généralement 4 voies pour un avion : gouverne de tangage (profondeur), gouverne de roulis (ailerons), gouverne de lacet (direction), régime du moteur, mais peuvent permettre la commande d'autres fonctions comme letrain rentrant, les volets de courbure, lesaéro-freins , etc. Certaines télécommandes se rapprochant desordinateurs offrent des fonctions très perfectionnées (fonctionnant même sous Windows) et avec des modules d'émission à synthèse de fréquence ce qui signifie que toutes les fréquences sont utilisables sans quartz pour l'émetteur comme pour le récepteur[1].
Les récepteurs, montés dans les avions radiocommandés, reçoivent les ordres de commande venant de l'émetteur (la télécommande) et distribuent ces ordres aux servomoteurs.
Lesservomoteurs, souvent appelés « servos », sont des moteurs électriquesasservis fortement démultipliés entraînant les gouvernes à l'aide de tiges semi-souples, de bielles ou de câbles. Leurs tailles, poids et puissances varient selon leur fonction et la taille du modèle.
Il en existe qui fonctionnent en commande numérique et non plus en analogique (gain de précision et de réactivité).
Lesaccumulateurs servent à alimenter l'électronique d'un avion, voire le moteur. Plusieurs types d'accumulateurs existent mais ceux aulithium-ion ont un meilleur rapporténergie/poids.
Divers circuits électroniques sont construits et utilisés au gré des besoins. Ils peuvent servir pour l'illumination de modèles volants, le lancement de parachutes, des bruitages, etc.
Le vol libre, maquette et durée (F4X et F1X) consiste à faire voler un modèle sans assistance de guidage, avec des modes de motorisation/propulsion variés : le moteur caoutchouc, leCO2, l'air comprimé, les moteurs thermiques.
Voltige (F3A)
Voltige Grands Modèles (F3M)
Voltige électrique (F5A)
Maquette (F4C)
Petits gros (VGM)
Lestrainer ou avions d’entraînement avec généralement les ailes au-dessus du fuselage
Le Français Christophe Paysant-Leroux est le champion du monde de voltige avion depuis 1999[2].
Une société belge, ZN Line[3] et une société française, PL.F Concept[4] (anciennement PL Prod) équipent les deux tiers des meilleurs pilotes mondiaux pour la « voltige avion » (F3A).
Lemicro-modélisme oumicro-aviation autorise le volIndoor : des modèles suffisamment petits pour évoluer dans un espace fermé comme ungymnase, voire dans un appartement (ce qui a fait le succès des hélicoptères). Le défi technique de lamicro-aviation réside dans la miniaturisation des surfaces portantes et du système depropulsion.
Les micro-modèles sont propulsés par un moteur caoutchouc ou par un moteur électrique[5]. Le vol indoor s'est développé grâce aux avancées technologiques en matière de miniaturisation (électronique, moteurs, batteries).
Il existe des avions indoor destinés à exécuter toutes les figures de voltige. Ils sont de poids très faible grâce notamment audepron et à l'utilisation de micro-moteursbrushless à haut rendement :
Deux nouveaux records ont été établis le àÉole-en-Beauce (Eure-et-Loir) par Patrick Vallet, Jean-François Allais et Michel Ozog[8] en8 h 30 pour une distance de 257 km.
Le record du monde de durée de vol par un planeur a été établi le par Nicholas Shaw, avec un vol plané de 36 heures 3 minutes et 19 secondes, entre les villes de Ivinghoe Beacon etBuckinghamshire, auRoyaume-Uni.
Le record du monde de vitesse moyenne par un planeur a été établi le par Klaus Kowalski, avec un vol de239,70km/h, entre les villes deBottrop et Sterkrade enAllemagne.
Le record du monde de vitesse moyenne par un avion motorisé parréacteur, envol circulaire a été établi le par Leonid Lipinski, avec un vol de395,64km/h.
Le record du monde de durée de vol par un avion motorisé en vol libre a été établi le par les pilotes Maynard S. Hill, Barrett J. Foster et David G. Brown, avec un vol de86 h 52 min 19 s, entre les villes de Cape Spear auCanada et Mannin Beach, enIrlande.
Le record du monde de gain d'altitude par un hélicoptère a été établi le par Jean-Philippe Allogne, avec un gain de 2 940 m, près de la ville deBlagnac enFrance.
Le record du monde de durée de vol par un hélicoptère a été établi le par les pilotes Vladimir Bulatnikov, Yuri Bazanov et Alexander Orlov, avec un vol de5 h 59 min 51 s, près deMoscou, enRussie.
↑Le gain d'altitude consiste en le fait de décoller d'un lieu, de prendre le maximum d'altitude et d'atterrir à moins de 500 mètres du point de décollage.