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Missile antisatellite

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Pour les articles homonymes, voirASAT etmissile (homonymie).

Lancement d'un VoughtASM-135 ASAT (en) le par unF-15.

Lesmissiles antisatellites (enanglais :anti satellite activities, ASAT) sont desmissiles destinés à détruire dessatellites artificiels. Ils sont généralement dérivés des programmes dedéfense antimissiles balistiques.

Seuls quatre pays ont procédé à des tirs de tels missiles : lesÉtats-Unis d'Amérique (dernier tir en 1985, abandon officiel, puis nouveau tir en 2008), larépublique populaire de Chine (premier tir en 2007), l’URSS (aujourd'hui disparue) laRussie lui succédant, en 2015 et le). Vient ensuite larépublique de l'Inde (premier tir le).

Les États-Unis et l’URSS ont signé un accord excluant l’espace comme champ d’opérations. Au contraire, la Chine considère celui-ci comme un champ possible de combat, ce qui a entraîné le changement de position des États-Unis (tous deux en 2006).

À la suite de la destruction d'un satellite météo chinois par la Chine en, les États-Unis ont relancé des essais : le premier tir contre une cible réelle eut lieu lors de la destruction à 247 km d'altitude d’unsatellite espion en perditionUSA-193 le.

La relance des essais demissiles antimissiles et antisatellites menace l'équilibregéostratégique instauré par l'équilibre de la terreur et génère de nombreuxdébris spatiaux.

Méthode de destruction

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Au tout début de l’ère spatiale, du fait de la médiocre précision des premiers missiles, ceux-ci devaient embarquer unearme nucléaire devant détoner à proximité du satellite visé. Depuis, on peut créer un nuage de débris ou de projectiles sur le chemin de l'objet, qui l'endommage par la suite ou utiliser un engin percutant directement le satellite.

L'Union soviétique a également développé dessatellites anti-satellites : lesIS. Les traités internationaux signés par les principales puissances interdisent les armes offensives en orbite et ce type de satellite n'existe plus officiellement. On a spéculé que le satellite expérimentalKosmos 2499 (en) lancé en 2014 est un engin de ce genre[1].

Législation

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Le, un groupe de travail de l'ONU adopte pour la première fois une résolution demandant aux pays d'interdire les essais de missiles antisatellites destructeurs. Bien qu'elle ne soit pas juridiquementcontraignante, la résolution défendue par lesÉtats-Unis reflète une augmentation de l'appui politique international à l'interdiction de ces armes. D'autres pays ont relevé que les États-Unis avaient déjà testé leur capacité de destruction antisatellite et, par conséquent, la résolution limite les progrès d'autres pays[2].

Les missiles antisatellites reconnus

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UnBold Orion embarqué sous un B-47.
ASM-135 ASAT (en).
Lancement du missileStandard Missile 3 qui détruira le satelliteUSA 193.
  • Drapeau de la République populaire de ChineChine
    • La Chine aurait développé la série de missilesKT (Kaituozhe), une variante du missile balistiqueDF-21. Très peu de détails sont connus à ce sujet, en raison du secret qui entoure le projet.
    • La Chine a testé avec succès le missile antisatelliteDong Neng-3 le, ce qui constituerait le8e test en tout de ce type d'arme[3].
  • Drapeau de l'IndeInde :
    • Le, l'Inde annonce avoir abattu un satellite en orbite basse à 300 km avec un missile[6]Ballistic Missile Defence (BMD) Interceptor à trois étages[7].

Satellites détruits

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Le missileBallistic Missile Defence (BMD) Interceptor indien utilisé pour le tir d'essai du 27 mars 2019.

Le, la Chine réussissait à détruire un de ses anciens satellites météo évoluant à environ 800 km d'altitude à l'aide d'un missile probablement dérivé de ses armes intercontinentales. Fait notable, cette destruction volontaire est à l'origine de la plupart desdébris spatiaux encore en orbite[8]. Des essais similaires avaient déjà eu lieu précédemment, tant par les Américains que par les Soviétiques qui les avaient arrêté au milieu des années 1980.

Les États-Unis ont détruit, le ( vers 03 h 30 TU), un de leurs satellites espions en perdition au-dessus de l'océan Pacifique à 247 km d'altitude, à l'aide d'un missile tiré depuis le croiseur américainUSS Lake Erie. L'objectif officiel était d'empêcher la rentrée dans l'atmosphère de ce satellite contenant un réservoir de 450 kg d'hydrazine, carburant hautement toxique[9]. LePentagone affirme que celui-ci a été réduit en débris de faible taille[10] et, en particulier le réservoir d'hydrazine, qu'ils ne présentent plus aucun danger[11].

Mais le but pourrait être différent d'une simple mesure de protection[12]. Certains, dont laRussie et laChine, pensent que Washington a voulu éviter que d'éventuels morceaux de ce satellite ultra-secret, ne tombent aux mains de puissances étrangères, mais surtout que la destruction de ce satellite était l'occasion pour les États-Unis de tester leurs armes antisatellites[13], risquant ainsi de relancer la « Guerre des étoiles »[14],[15].

Le, lors de la mission Shakti (« Puissance » ou « Force », ensanskrit), un missile tiré depuis le centre d’essais de laDefence Research and Development Organisation (Organisation pour la recherche et le développement de la Défense indienne), sur l'île du docteur Abdul Kalam, située à une dizaine de kilomètres de la côte orientale de l'Inde, dans legolfe du Bengale détruit un satellite en orbite à environ 300 km d’altitude. La cible est lesatellite d'observation de la Terre Microsat-R (d'une masse au décollage d'environ 740 kg), placé le sur une orbite de 269 × 289 km[16].

Le la Russie détruit un de ses satellites : des dizaines de milliers de débris sont générés dans une zone située près de la Station spatiale internationale (ISS) contraignant l'équipage à prendre des mesures d'évacuation[17]

Solutions alternatives

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Il existe plusieurs moyens de mettre hors service un satellite sans le détruire physiquement tel l’éblouissement parlaser.

Conséquences environnementales

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Article connexe :débris spatial.

Indépendamment de la tension politique et de la course à l'armement engendrée, ces destructions de satellites posent un grave problème dedébris spatiaux en orbite moyenne ou géostationnaire. Ces milliers de débris, même de très petites tailles, sont particulièrement dangereux pour les satellites et les missions habitées[18].

Les débris d'une destruction de satellite peuvent donc engendrer la pertes d'autres satellites qui n'ont à priori pas été visés à l'origine. En effet, en orbite il n'y a pas d'air pour ralentir et arrêter les éclats d'une explosion. Les débris finissent néanmoins par retomber sur Terre naturellement après une durée de quelques mois à quelques milliers d'années selon l'orbite concernée et leur forme.

Le nuage de débris engendré par chaque destruction « pollue » donc plusieurs orbites. Si les orbites sont encombrées de trop nombreux débris, les satellites encore intègres qui les occupent seront à leur tour détruits venant aggraver encore plus la pollution orbitale. Cela peut donner lieu à une réaction en chaine incontrôlable. Ce phénomène, appelésyndrome de Kessler, pourrait conduire à la destruction des satellites évoluant dans la région de l'espace concernée (orbite basse,orbite moyenne,orbite géostationnaireetc.). L'humanité ne pourra alors plus bénéficier de l'espace jusqu'à une résorption suffisante du nuage de débris.

Dans un épisode de la série documentaire intituléeLes mystères de l'Univers, un des ingénieurs de laNASA explique qu'une simple écaille de peinture (de quelques milligrammes) lancée à28 000 km/h (vitesse des éléments en orbite) contre un des modules de laStation spatiale internationale produit un impact supérieur à une balle de calibre.44 Magnum tirée à bout portant. On imagine alors les risques qu'encourent les astronautes avec des débris pouvant atteindre plusieurs centaines de grammes ou plus.

Dans la fiction

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Le filmGravity, du réalisateurAlfonso Cuarón, décrit avec un certain réalisme le problème des destructions de satellites en orbite avec des missiles. La destruction d'un satellite russe par un missile engendre un certain nombre de débris. Leur nombre croissant est l'élément perturbateur initial du scénario. Le film est un exemple des dégâts collatéraux potentiellement importants de ce genre de missiles.

Dans le film, la navette spatialeExplorer effectue une mission de maintenance sur letélescope spatial Hubble (mission STS-157). Trois astronautes sont dans l'espace en train d'effectuer des travaux sur le télescope amarré dans la soute de la navette, lorsque le centre spatial de Houston informe l'équipage qu'un satellite russe a été détruit par un missile, engendrant un nuage de débris spatiaux. De prime abord sans danger, les débris se multiplient par réaction en chaîne (syndrome de Kessler) et certains d'entre eux se dirigent droit vers les astronautes. Ceux-ci se préparent à réintégrer la navette spatiale. Mais il est trop tard, les débris sont sur eux…

Bien que certaines erreurs se soient glissées dans le scénario, par exemple le fait qu'il faudrait plusieurs semaines, voire des mois, avant que des débris spatiaux même générés en masse viennent frapper précisément là où se trouve la navette spatiale, ce film révèle quand-même d'une certaine manière qu'un tel danger existe.

Notes et références

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  1. Sam Jones, « Object 2014-28E – Space junk or Russian satellite killer? », Financial Times,
  2. HeatherFoye et Gabriela RosaHernández, « UN First Committee Calls for ASAT Test Ban », surArms Control Association(consulté le)
  3. « China tests new missile to destroy US satellites »(consulté le)
  4. P78-1
  5. « Satnews Publishers: Daily Satellite News », surwww.satnews.com(consulté le)
  6. « Inde: un satellite en orbite basse abattu lors d'un exercice », surLe Figaro(consulté le)
  7. (en) Rahul Bedi, « Update: India successfully tests anti-satellite missile system », surJane's,(consulté le).
  8. (en) P. Anz-Meadoret al.,« Top Ten Satellite Breakups Reevaluated »[archive][PDF], surorbitaldebris.jsc.nasa.gov,Orbital Debris Quarterly News,(consulté le),p. 14
  9. La marine américaine a abattu un satellite, sur canoe.com, le 20 février 2008.
  10. En bref : USA 193 détruit en orbite par un missile, surFutura
  11. Le satellite espion pulvérisé, selon le Pentagone, surcanoe.com, le 21 février 2008
  12. « Pourquoi les Etats-Unis veulent-ils détruire le satellite USA 193 ? », surFutura(consulté le)
  13. « Washington suspectéde tester la guerre des étoiles »,Le Figaro,(consulté le)
  14. La Chine s'inquiète de la destruction du satellite américain, surcanoe.com, le 21 février 2008
  15. Moscou : La destruction d'un satellite américain cacherait un essai militaire, surcome4news.com
  16. Pierre-François Mouriaux, « L’Inde détruit un de ses satellites sur orbite »,Air et Cosmos,(consulté le).
  17. « Tir de missile antisatellite : la Russie veut prouver qu’elle n'est pas à la traîne technologique », surFrance 24,(consulté le).
  18. « Pollution spatiale en 2007 : année record pour les débris orbitaux », surFutura(consulté le).

Voir aussi

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Unecatégorie est consacrée à ce sujet :Missile antisatellite.

Articles connexes

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Bibliographie

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v ·m
Missiles par type
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