Pour le clocher de la ville de Valence, en Espagne, voirMicalet.

À l'origine, lesmiquelets sont despartisanscatalans levés par le chef d'une bande demercenaires,Miquelot de Prats, auXVIIe siècle. Le mot s'emploie au singulier, mais, définissant des individus en bande armée, on les désigne le plus souvent au pluriel. Le premier corps de miquelets est créé par les catalans en 1640, lors dusoulèvement de la Catalogne contre la monarchie espagnole.
EnFrance, la distinction est faite entre les miquelets espagnols et les miquelets de l'armée française. Sur la frontière duRoussillon, durant laguerre de Hollande, on trouve en1674 douze compagnies de miquelets dans l'armée française ducomte de Schomberg[1] et en1676 quelque 800 ou 900 miquelets dans celle du roi d'Espagne[2]. Les miquelets espagnols sont recréés en1689, pour servir durant laguerre de la Ligue d'Augsbourg. Les miquelets français, eux, sont organisés en compagnies, puis régiments, d'infanterie légère de montagne et recrutés à l'origine dans la province de Roussillon.
Les miquelets ont une existence intermittente qui dure jusqu'au début duXIXe siècle[3].
Le dictionnaire de l'académie française[4] indique que ce mot est dérivé deMiquelot de Prats qui, auXVIIe siècle, prit la tête d'une bande de miquelets.
Cette étymologie est contestable. En effet le mot « miquelet » désigne également une version espagnole[pas clair] de laplatine à silex où le bassinet et le couvre-bassinet forment une seule pièce. Bien que la paternité soit contestée, il semble que le mécanisme a été inventé parMarquart, un armurier madrilène, fournisseur du roi d'Espagne dans lesannées 1570. En effet il se serait inspiré d'un modèle développé àBrescia en Italie.[réf. nécessaire]
Lesaint patron des Miquelets estSant Miquel, nom catalan desaint Michel.
Dans sonNouveau dictionnaire français-espagnol et espagnol-français[5] de 1775, Nicolas de Séjournant donne deux définitions différentes - et partiales - de miquelet. La première désigne un militaire, la seconde désigne unhors-la-loi (trabucaire), un paysan insurgé (que l'on appelle aussiangelet) :
Lesmiquelets sont des miliciens, des mercenaires ou des soldats auxiliaires d'origine cévenole ou catalane, qui constitueront les meilleures troupes d'infanterie légère au service, suivant les époques, soit de laprincipauté de Catalogne en rébellion contre l'Espagne (guerre des faucheurs), soit au contraire, de la couronne espagnole, entre leXVIe siècle et leXIXe siècle.
On en parle à propos des guerres de religion (miquelets cévenols), en citant ceux qui montèrent à l'assaut des troupes espagnoles deCharles Quint, dans la vallée du Rhône, en chantant les psaumes deMarot, au service deMarguerite d'Angoulême, reine deNavarre.On les voit engagés dans laguerre des gueux aux côtés des insurgés belges et bataves, à raison de 2 000 hommes en1580, puis dans lesguerres de Rohan.
Durant laguerre des faucheurs, dans le but de freiner l'intervention de l'armée espagnole dePhilippe IV, le corps des miquelets a été créé en1640 sous le nom deCompanyia d'Almogàvers (Compagnie des Almogavres), par les députations catalanes, à l'initiative deFrancesc de Cabanyes et il a reçu le surnom de «miquelets» d'après le nom d'un de ses premiers chefs,Miquelot de Prats (originaire probablement dePrats de Lluçanès). Au service de laprincipauté de Catalogne, ces miliciens ont combattu l'armée espagnole àTortosa et àCambrils; ils ont récupéréConstantí, libéré 300 prisonniers catalans et participé à la victoire franco-catalane lors de laBataille de Montjuïc le et ainsi que celle deMontblanc. Ce corps armé, formé à l'initiative des juntes de guerre et des députations catalanes en 1640 était essentiellement une force auxiliaire destinée surtout à des actions spéciales pour aider les troupes régulières.
Le corps était généralement reconnu comme descendant de celui desAlmogavres, sans qu'ils aient cependant aucune relation directe avec les troupes médiévales homonymes des couronnes d'Aragon et de Catalogne. L'équipement comprenait un sarrau rouge qui couvrait les genoux, des bas blancs, des espadrilles et un chapeau avec une grande plume. Les hommes portaient un grand nombre d'armes à feu « a la catalana ».
Le corps des miquelets a été dissous en 1642 à cause de son indiscipline, qui les conduisait à alterner les actions de guerre et les pillages.
En 1689, elles ont été à nouveau créées comme corps, tant par les autorités espagnoles que par les autorités françaises duRoussillon, afin de combattre dans laGuerre de Neuf Ans entre l'Espagne et la France, mais elles ont été à nouveau dissoutes lors duTraité de Ryswick en 1697.

Les miquelets sont reformés par les autorités espagnoles, et en, du côté français, lerégiment d'Auvergne est appelé à leur faire la chasse.
On en parle encore deux siècles plus tard, dans les campagnes d'Italie qui contribuèrent à laguerre de Succession d'Autriche, où lesmiquelets n'eurent pas de peine à s'imposer face aux troupes légères italiennes constituées de montagnards des Alpes peu habitués à la rase campagne.
Deux compagnies d'infanterie et un escadron de cavalerie composé de deux compagnies furent créés pendant la refonte des armées àBuenos Aires en 1806. LeTercio de Catalans ainsi rassemblé, avait en un effectif de 583 hommes. Ils ont été engagés au combat pendant la Deuxième Invasion Anglaise de 1807, qui a été repoussée par les troupes espagnoles dans une défense à la baïonnette de la ville qui a fait beaucoup de morts. Ils ont été partiellement démobilisés en 1809.
Sous lePremier Empire, le maréchalSoult eut à affronter des bandes de miquelets catalans pendant l'occupation française. Durant laguerre d'indépendance espagnole, ils réussirent avec beaucoup de succès à harceler les troupes napoléoniennes dans les montagnes catalanes. Ils eurent l’audace de conduire des opérations en groupe, comme à Gérone en 1808 et 1809 et des coups de main sur les communes françaises frontalières. Ils étaient entretenus par les paroisses locales et levés par les autorités provinciales catalanes (junte). L'un de leurs chefs, à cette époque, fut le célèbreJuan Clarós. Ils se distinguent, mais parfois difficilement dessomatenes qui sont formés de l'ensemble de la population d'un village, levée en masse. »[6].
Ils avaient laissé de cuisants souvenirs au général Hugo, le père deVictor Hugo. Ce qui éclaire cette phrase du géant de la littérature française à propos deLuz-Saint-Sauveur :
« Charmante vieille ville, chose rare dans les Pyrénées françaises. Délicieusement situé dans une profonde vallée triangulaire. Trois grands rayons de jours y entrent pas les trois embrasures des trois montagnes. Quand les miquelets et les contrebandiers espagnols arrivaient d'Aragon par la brèche de Roland et par le noir et hideux sentier de Gavarnie, ils apercevaient tout à coup à l'extrémité de la gorge obscure une grande clarté, comme est la porte d'une cave à ceux qui sont dedans. Ils se hâtaient et trouvaient un gros bourg éclairé de soleil et vivant. Ils l'ont nommé lumière, Luz. »
Une guerre appeléeguerre des Miquelets a lieu au Portugal entre 1832 et 1834.
Côté français, ceux qu'on appellemiquelets sont appelés officiellementfusiliers de montagne (en catalanfusellers de muntanya). Ce sont des unités d'infanterie légère françaises créées en 1689, par le roiLouis XIV, dans le but de disposer d'une unité frontalière spécialisée pour lutter contre les miquelets espagnols.

Un ordre du prescrivait la levée enRoussillon de trois « compagnies de fusellers de montagne », suivi de l'ordonnance du concernant cette fois quatre « bataillons de fusiliers de montagne »[7].
Ces compagnies sont réorganisées enrégiment « Fusiliers de Montagne » en 1745, parLouis XV[8]. Chaque régiment est sous le commandement d'un colonel.
À Bouillon, on trouve une croix avec la mentionSaint Nicolas. Patron des Miquelets. Elle est insérée dans la façade de la maison située Rue du Brutz 37.
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